TOUT EST DIT

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samedi 23 juin 2012

Pourquoi l'économie allemande ralentit... (et si c'était aussi une bonne nouvelle pour l'Europe ?)

L'indice des directeurs d'achats PMI au plus bas depuis 3 ans, des chiffres du chômage en demi-teinte : l'Allemagne traverse actuellement une situation particulièrement difficile. L'occasion de réorganiser l'équilibre des forces économiques de la zone euro.

A travers la crise de l'euro, une réalité s'est imposée : la force de l'économie allemande, avec peu de chômage et une forte croissance dans le marasme du continent. Nos décideurs se sont mis à gesticuler en chantant les louanges du “modèle allemand.” Cependant, cette vitalité était toujours illusoire : l'industrie allemande est construite sur une base de subvention monétaire par la banque centrale européenne, qui permet aux pays de la périphérie d'emprunter pour acheter à l'Allemagne.
Il apparaît que le rideau est peut être en train de tomber. En quelques jours, de nombreux indicateurs-clés de l'économie allemande se sont effondrés : un indice de production industrielle, un indice de confiance des entreprises et un indice de confiance des ménages. C'était inévitable. La politique d'austérité promue par l'Allemagne appauvrit les autres pays d'Europe — qui sont aussi ses principaux clients. 

Quels sont les enseignements à retenir de cette évolution ?

Sur le court-terme, c'est bien sûr une mauvaise chose. Le ralentissement d'une économie est toujours mauvais. Et ce n'est pas seulement mauvais pour les allemands, mais pour tous leurs partenaires (la France étant le premier) qui bénéficieront moins de leur croissance.
Mais sur le long terme, peut être qu'un ralentissement de l'économie allemande est ce dont l'Europe a besoin. Pour schématiser brutalement la perspective allemande, les Allemands ont passé la précédente décennie à travailler dur en faisant pression sur leurs salaires pour avoir une économie “saine” alors que les pays du sud ont passé la décennie à bronzer sur la plage en boostant leur économie avec de la spéculation et, pour les grecs, de la fraude fiscale. Dans ce contexte, pour les allemands, le marasme de la périphérie est de sa faute ; ils doivent souffrir pour expier, et ce n'est pas à la fourmi allemande de secourir la cigale méditerranéenne.
La réalité est évidemment plus complexe : la bulle de crédit des pays du sud est l'envers de la pièce de la production allemande, financée par cette bulle. 
Mais tant que l'économie allemande se portera bien sur ses exportations, non seulement ça sera un signal du déséquilibre de la politique monétaire de l'Eurozone, mais il n'y aura pas de pression politique sur les dirigeants allemands pour changer de point de vue.
Nous sommes tous dans le même bateau. La dévastation de l'économie de l'Eurozone ne peut qu'être mauvaise pour l'économie allemande. Et pour être saine, l'économie allemande doit faire partie d'une Eurozone où les autres pays renouent avec la croissance.
Pour ce faire, il faut éponger la dette des pays de la périphérie et mettre en place non seulement certaines réformes structurelles nécessaires, mais également des plans de relance. Pour cela, il faut une politique active de la Banque centrale européenne, et peut être une réorientation de l'économie allemande vers la consommation, voire un peu d'inflation.
Pour l'instant ces idées sont tabou en Allemagne. Mais peut être qu'un coup de frein économique leur ferait comprendre que l'alternative est un marasme sans fin pour tous.

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