TOUT EST DIT

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lundi 23 février 2015

La droite patauge dans la semoule !

Le parti socialiste se déchire, mais l'UMP peine à définir une stratégie crédible face au Front national. Une chance pour François Hollande ?
Les socialistes vont subir de sévères raclées lors des prochaines élections départementales et régionales. Mais François Hollande est encore loin d'avoir perdu par avance la présidentielle de 2017, la "mère de toutes les batailles" pour reprendre une phraséologie imagée du regretté linguiste Saddam Hussein.
Certes, le PS est en miettes : il n'arrive pas à amorcer le tournant réformiste que les sociaux-démocrates allemands ont, eux, effectué lors du congrès de Bad Godesberg en... 1959 ! Plus d'un demi-siècle de retard : c'est un peu longuet pour une mise à jour... Pourtant, François Hollande surnage. L'image régalienne du président reprend quelques couleurs après les attentats de Paris et la gestion volontariste de la crise ukrainienne en compagnie d'Angela Merkel.
François Hollande accroche des médailles à foison, passe presque quotidiennement des troupes en revue le regard fiché sur la France éternelle. À Istres, il défend le sanctuaire inviolable des forces nucléaires gaulliennes. Envolé, M. "petites blagues", le capitaine de pédalo, l'homme des synthèses mi-chèvre mi-chou. C'est désormais Zeus brandissant la foudre. Pour peu que la situation économique s'améliore d'ici deux ans et sans qu'il y soit pour grand-chose, le président peut entrevoir un opportun petit coin de ciel bleu. 

La droite joue placée, pas gagnante

En face, la droite patauge dans la semoule. Ses nombreux chefs font penser au prince de Soubise cherchant son armée à la lueur d'une lanterne au soir de la défaite de Rossbach (1757). L'UMP vote la censure contre une loi Macron, certes timide, mais qui va plutôt dans le sens de ce qu'elle préconisait. Comprenne qui pourra. Nicolas Sarkozy n'est pas dans le match. Le style onctueux ne lui va pas très bien. Le loup s'est transformé en cocker afin d'éviter de trop briser la porcelaine de l'UMP. Il paraît avoir renoncé à tondre la laine sur le dos du Front national dont l'électorat s'est cristallisé. Son ambition politique est claire : figurer au second tour face à Marine Le Pen afin de se retrouver dans la situation de Jacques Chirac en 2002. Mais ce n'est pas gagné. Car deux conditions sont à remplir : rassembler au premier tour un nombre de suffrages substantiel, et que François Hollande se "jospinise".
Alain Juppé est le favori des Français, mais pas vraiment de son propre parti. Les primaires risquent de lui être fatales, à moins qu'il ne franchisse le Rubicon et finisse par faire cavalier seul. Après tout, il y a un précédent : Giscard n'avait pas l'UDR derrière lui (sauf une quarantaine de dissidents menés par Jacques Chirac) quand il a devancé Jacques Chaban-Delmas en 1974 pour finalement être élu président au second tour. Juppé pourrait alors ratisser au centre et jusque sur les marges du PS. Mais la manoeuvre est risquée.
Reste François Fillon, un peu passe-muraille, qui tourne en rond comme sur le circuit du Mans qu'il affectionne. Puis quelques autres aussi, comme Bruno Le Maire, qui, plus jeunes, jouent sans doute le coup d'après.
Bien sûr, l'équation peut changer, une dynamique se créer mais, pour l'instant, la droite ne joue pas gagnante dans la course présidentielle, tout au plus placée.