TOUT EST DIT

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vendredi 3 février 2012

Des «cercueils fous»

Malcolm Brocklehurst a deux passions, le club de foot de Blackpool et son ancien métier d'ingénieur aéronautique, et il n'a pas l'intention d'y renoncer dans l'au-delà. Alors il s'est fait construire un cercueil en forme d'avion, orné du blason du club et peint à ses couleurs, orange vif.
«Je veux des funérailles gaies. Je ne veux pas que les gens pleurent», explique ce retraité de 77 ans devant son cercueil, exposé à Londres au salon «La mort: un festival pour les vivants».
Les ailes de l'avion sont amovibles pour faciliter l'accès au crématorium où il a demandé à faire son entrée au cri de «parez au décollage».
Cette bière est l'oeuvre de Crazy Coffins («Cercueils fous»), entreprise de pompes funèbres de Nottingham qui s'est reconvertie dans ce nouveau créneau dans les années 90 quand ses clients ont commencé à demander des cercueils personnalisés.
«Je pense que nous sommes en mesure de répondre à toutes les demandes», explique David Crampton, son directeur général.
«Les clients sont les concepteurs: nous ne faisons que réaliser leur souhait. Nous leur disons: pour cette ultime décision, vous avez le choix».
L'entreprise a déjà à son actif des cercueils et des urnes funéraires en forme de drakkars, de voitures (notamment une Rolls Royce avec des roues qui tournent), de skateboards, de bouchons ou encore de cerfs-volants.
La plupart de ses créations sont maintenant six pieds sous terre, mais certaines ont été commandées de leur vivant par des clients qui ont planifié leurs obsèques.
Comme ce cercueil brillant en forme de chausson de danse et orné de taffetas, propriété d'une infirmière à la retraite.
«Mon grand-père, pianiste, travaillait régulièrement à l'école de danse, et l'un de mes tout premiers souvenirs, c'est moi, assise à côté du piano, en train de regarder évoluer les chaussons roses», raconte Pat Cox, 70 ans.
«Choisir quelque chose de léger brise les tabous», assure-t-elle.
Car les Britanniques, soulignent les entrepreneurs de pompes funèbres présents au salon, ont du mal à parler avec leur famille de leur enterrement.
«Nous sommes une nation réservée», confirme Andy Derriman, qui exerce à Brighton. «Personne ne pense à ses funérailles avant qu'il ne soit trop tard. Nous ferions mieux de prendre le temps d'y réfléchir».
Le directeur de Crazy Coffins, John Gill, le confirme: la plupart des commandes sont passées par les familles après le décès d'un proche, ce qui laisse très peu de temps pour la réalisation. Aussi l'entreprise, sur son site, exhorte-t-elle ses clients à «acheter d'abord et à mourir plus tard».
Brian Holden, 83 ans, lui, a commencé à concevoir son cercueil après la mort de sa femme, pour s'occuper.
Le couple adorait les trains et prenait souvent la «Northern Belle», une ligne touristique de trains de luxe en Grande-Bretagne. Il a voulu que son cercueil soit à l'image d'un des wagons.
«J'ai réservé six trajets cette année», explique le vieil homme. «Un de ces jours, j'en raterai un, mais je pourrai alors monter dans ce wagon-là. Comme ça, je suis sûr de finir dans la "Northern Belle".»
Pour Crazy Coffins, le succès grandissant de ses créations est le signe que les gens commencent malgré tout à être plus enclins à réfléchir à leur fin. Comme la foule des visiteurs au salon qui se font prendre en photos devant les cercueils, quand ils ne s'étendent pas dedans.
Les clients sont d'ailleurs de plus en plus créatifs, note David Crampton.
À l'instar de ce jeune homme atteint du sida, qui avait commandé une bière avec un plateau en verre de façon à pouvoir l'utiliser comme table basse jusqu'à sa mort.
«C'était sa façon de dire à ses amis: ne

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