TOUT EST DIT

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lundi 13 décembre 2010

Le spectacle peut commencer

Au théâtre, on appelle ça un filage. Plus qu’une dernière répétition, une mise en place. Chacun prend ses marques avant les trois coups. On rode ses mouvements, sa gestuelle, ses répliques en accéléré. Sur la scène politique, ce moment là existe aussi. C’est ce week-end qu’il s’est produit. Pour ceux qui l’ignoraient encore, la campagne de la présidentielle 2012 est lancée.

A 500 jours du premier tour, les manœuvres ont commencé pour que les premiers rôles - qui ne sont pas tous encore distribués - n’aient plus qu’à faire leur entrée en scène un peu plus tard dans le premier acte. Un scénario très classique.

PS, UMP, Verts, MoDem et Front national ont chacun réglé le jeu qu’ils vont jouer. Est-ce l’instinct ? Sans se concerter, les quatre mouvements se sont spontanément accordés pour placer le début de la représentation dès le début de l’année 2011. Autrement dit, bien avant le calendrier qu’ils ont eux-mêmes annoncé. L’échéancier du quinquennat a sa propre horloge interne, celle du désir et de la nécessité, qui échappe aux stratégies et même aux volontés.

Voilà un constat qui, en fait, contrarie beaucoup de monde. Une partie des Socialistes, pour commencer, qui s’aperçoivent combien il sera impossible de jouer la montre jusqu’en septembre-octobre pour attendre le retour, qu’ils espèrent triomphal, de leur champion de Washington. En attendant, ses concurrentes, Martine Aubry et Ségolène Royal, ont fait le grand show de l’unité, une représentation peu crédible dont elles espèrent malgré tout tirer profit pour leur propre compte.

L’Elysée, lui aussi, a un problème avec le temps. Le Président n’est pas pressé, on le sait, d’annoncer sa candidature, mais il voit Jean-François Copé pousser à la roue en évoquant le « danger » qui menacerait la majorité. Donc : urgence ! Comme pressé de ferrailler, le nouveau secrétaire-général a commencé à mettre au pas l’UMP, piaffant pour descendre dans l’arène de l’épreuve-reine, et déterminé à montrer ses talents de sauveur de roi, avant de les utiliser pour lui-même. Plus tard. La présence à son côté de François Fillon, toujours aussi apprécié parmi les cadres du mouvement, brouille un peu plus les cartes tant elle met en évidence le lien avec les élus que le Premier ministre continue patiemment de faire fructifier. Jusqu’où ?

François Bayrou, lui, n’est sans doute pas fâché de voir tourner les aiguilles de la grande pendule du mandat présidentiel. Il a survécu à la phase de critique sans relâche du modèle sarkozyste et affirme maintenant vouloir construire. Son MoDem l’a réélu avec un score soviétique sans qu’on sache si ce parti perpétuellement fragile sera assez costaud pour soutenir sa nouvelle aventure présidentielle.
Mais c’est sûr : il ira. Enfin, une certitude…


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