TOUT EST DIT

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mercredi 28 octobre 2009

Un ancien nazi néerlandais devant la justice allemande

Le procès d'Heinrich Boere, un ancien nazi néerlandais âgé de 88 ans, s'est ouvert mercredi devant le tribunal d'Aix-la-Chapelle, dans l'ouest de l'Allemagne. Il est jugé pour le meurtre de trois civils tués en représailles à une attaque de résistants contre les forces allemandes aux Pays-Bas durant la Seconde Guerre mondiale.

Il a reconnu avoir abattu les trois hommes alors qu'il appartenait à un escadron de la mort des Waffen SS. Il avait réussi à échapper à la justice pendant plus de soixante ans après la guerre.

Le procès doit durer sur 13 jours et s'achever le 18 décembre, mais pourrait se prolonger au-delà si nécessaire. Les audiences devraient se limiter à environ trois heures par jour pour tenir compte de l'âge et de la mauvaise santé de l'accusé.

Deux skinheads vêtus de noir ont été accueillis par des cris "Dehors les nazis, pas de fasciste ici!" à leur entrée dans la salle d'audience. Ils se sont assis et quelques minutes plus tard, le calme est revenu et le procès a pu commencer.

A l'extérieur du tribunal, plusieurs manifestants s'étaient rassemblés avec des panneaux noirs sur lesquels on pouvait lire "Pas de paix pour les criminels nazis" et "Ne pas pardonner, ne pas oublier". Elisabeth Souvignier, une institutrice d'Aix-la-Chapelle, a estimé que "cette affaire avait pris beaucoup trop de temps". "Je suis ici aujourd'hui parce je devais l'être", a-t-elle expliqué.

Heinrich Boere s'était porté volontaire à l'âge de 18 ans pour servir dans les Waffen SS, quelques mois seulement après l'invasion de son pays par les forces allemandes. Après avoir combattu sur le front russe, il était revenu aux Pays-Bas comme membre d'un escadron de la mort au nom de code de "Silbertanne" (pin d'argent), composé largement de volontaires SS néerlandais comme lui. Ils avaient pour mission de tuer des concitoyens en représailles à des attaques de la résistance contre des collaborateurs.

Dans une interview en 2007 au journal néerlandais "Algemeen Dagblad", Heinrich Boere s'était justifié en affirmant qu'il était désolé de ce qu'il avait fait, mais que c'était "une autre époque avec des règles différentes". Il risque la prison à vie.

A l'ouverture du procès, le fils d'une des trois victimes de l'ancien nazi, Teun de Groot, a longuement observé l'accusé, qui était assis de l'autre côté de la pièce dans un fauteuil roulant. Avant l'audience, il avait fait part de son optimisme devant les journalistes. "Je pense qu'il y aura une bonne décision". AP