mercredi 4 décembre 2013
Pisa : pas de fatalité
Pisa : pas de fatalité
Mauvais pour la France, les résultats de l’enquête Pisa sur l’éducation ? Après plusieurs évaluations annuelles du même tonneau, la nouveauté n’est pas vraiment là, mais plutôt dans l’aggravation du constat. Surtout, ce qui devrait alarmer davantage encore que le bonnet d’âne en maths, c’est l’accentuation persistante des écarts entre les élèves « très performants » et les élèves les « plus en difficulté ». Comme si le pays avait pris pour acquis le volant de 20 % d’une classe d’âge que l’entrée en 6e prend en défaut de maîtrise des quelques fondamentaux nécessaires à une poursuite d’études harmonieuse.
Cette « poche de résistance » à la réussite éducative, c’est bien celle que les cartographies officielles identifient essentiellement dans les contours de ce que l’on appelle les zones d’éducation prioritaire, là où se concentrent toutes les difficultés économiques et sociales et les plus forts pourcentages de populations éloignées, au départ, du système éducatif français.
Or, l’ouverture d’un vaste chantier national de réforme des dispositifs censés, depuis trente ans, « donner plus à ceux qui ont le moins », figure justement parmi les priorités assignées à la Refondation de l’école, concomitamment avec la relance de la scolarisation des moins de trois ans, le dispositif « plus de maîtres que de classes » et autres réorganisations des rythmes scolaires. Dans cette perspective, Pisa, plutôt que de désespérer la rue de Grenelle devrait avoir – dit le gouvernement – valeur d’aiguillon, voire servir d’« électrochoc » pour doper davantage encore les troupes parties à l’assaut de la forteresse « échec scolaire ». Et faire pointer l’espoir que la fatalité du déclin cède, demain, la place au redressement de la courbe ?
C’est, en tout cas, faire le pari qu’à l’absence presque totale de mixité sociale dans ces territoires désolés peut suppléer un surcroît de moyens, d’imagination, de courage et d’obstination. Si la démonstration réussit, elle pourrait nous faire gagner quelques places vers le haut du tableau de Pisa, mais sans qu’ait été entamée une forme de ségrégation à laquelle on s’est tout doucement habituée. Amère victoire que celle que nous nous préparons…
Pourquoi ne pas supprimer l'Assurance-maladie?
L'Assurance-maladie est-elle encore utile ? C'était le premier axe de réflexion du nouveau think tank fondé et présidé par Gérard Larcher, ancien président du Sénat de 2008 à 2011. Selon Le Figaro, qui a pu se procurer le premier rapport du Cercle Santé Innovation en avant-première, il serait carrément question de modifier en profondeur la structure de notre système de santé et de supprimer l'Assurance-maladie telle qu'elle existe aujourd'hui : « Cette institution doit être remplacée par une agence sous contrôle de l'État», estiment les auteurs de ce rapport.
Le Cercle Santé Innovation propose par ailleurs une régionalisation du système et une plus grande indépendance de gestion pour les hôpitaux. «Il n'est pas normal que les investissements de l'hôpital de Champagnole soient décidés à Paris!», illustre-t-il.
Étatiser pour faire des économies
Pour l'instant, notre système de santé fait l'objet d'une double gestion : par l'État et par l'Assurance-maladie. Étatiser les tâches de l'Assurance-maladie reviendrait à simplifier le parcours des patients et permettrait de réaliser des économies, selon le think tank. Mais comme le souligne Le Figaro, il y a un problème : « passer de l'hôpital à la ville est aussi difficile, pour le patient, que sauter par dessus un précipice avec des béquilles » !
Ce rapport, qui sera publié officiellement ce mercredi, a été rédigé sous la responsabilité de Jean de Kersvadoue, Directeur de la chaire d'économie et de gestion des services de santé au Centre National des Arts et Métiers et de Victor Rodwin, Professeur de management de la santé à la Wagner Graduate School of Public Service de New-York.
Dans les mois à venir, le think tank envisage de se pencher sur le parcours de soins, la réforme du système de santé et la prise en charge de la santé mentale.
Un nouvel "ordre moral"?
Un nouvel "ordre moral"?
Ne confondons pas la morale, c’est-à-dire l’éthique, etl’ordre moral, ou la tartufferie érigée en idéologie dominante. La France politico-médiatique est de plus en plus dominée par une sorte d’ordre moral hypocrite, qui gagne tous les secteurs de la vie sociale. J’en donnerai quelques exemples :
- La palme d’or 2013 au festival de Cannes, comporte (paraît-il) une scène d’amour torride entre deux femmes qui dure 40 minutes. Pourtant, il est strictement interdit de parler en société "d’érotisme" à propos de ce film, car ce serait trahir le génie supérieur d’un "chef d’œuvre" (que je ne critiquerai pas, ne l’ayant pas vu…)
- Le Parlement veut sanctionner les clients des prostituées : ira-t-on jusqu’à punir Monsieur Tartempion, grand notable de province, électeur de centre-gauche, qui largue bobonne une fois par semaine, monte à Paris le vendredi pour sauter sa maîtresse et la remercie d’une enveloppe bien garnie qui finance la garçonnière ? Non! Et après tout, c’est sa vie privée.
- Chacun sait que la société française, sa jeunesse en particulier, est dévastée par le chômage qui explose depuis 2008, plus encore depuis un an et demi, et poursuit son aggravation au rythme impitoyable de la destruction des emplois. Pourtant, même sans en penser un mot, il faut dire dans la bonne société que depuis les "bons chiffres d’octobre" (- 20 000 demandeurs d’emplois grâce aux radiations et aux subventions), la courbe s’est inversée et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
- Tout en préservant autour de la formation politique créée par M. Le Pen une dose de "diabolisation" bien calculée, la presse, les radios et les télévisions n’ont de cesse de la mettre en valeur, de l’encenser et de la promouvoir en démultipliant ses apparitions médiatiques dans l’espoir de lui donner le leadership de l’opposition, d’interdire ainsi l’alternance et de figer la situation politique pour les 1000 ans à venir.
- Il ne faut surtout pas travailler le dimanche, au nom d’une sacro-sainte tradition d’origine judéo-chrétienne et des principes d’équilibre familial, dans un pays où l’on se soucie comme d’une guigne du message, des symboles et des valeurs judéo-chrétiens et de la famille.
- La France est paraît-il pays des droits de l’homme, une terre d’accueil généreuse pour l’’immigration; mais alors, pourquoi cette étrange manie de laisser entrer des centaines de milliers de personnes qu’on est incapable d’accueillir dignement, pour les repousser ensuite, les exclure et les condamner à vivre dans le désœuvrement, le chaos des squats sordides en grande banlieue et des "cités interdites" ?
- On se gargarise du mot "égalité" dans un pays qui n’a jamais été plus inégalitaire, opposant les grandes écoles, les collèges et les lycées élitistes des bons quartiers, aux établissements de banlieues à l’abandon, ravagés par l’échec scolaire.
"L’hypocrisie est un vice privilégié qui jouit en repos d’une souveraine immunité" (Molière, Don Juan).
Qui fait louper à la France la reprise européenne ? La part du gouvernement, la part du système français, la part du contexte
Selon l’Insee, l’investissement manufacturier devrait encore baisser en France en 2014. Il se replierait de 0,2 % l’an prochain, après une baisse de 0,7 % en 2013. La France ne parvient pas à combler son retard industriel alors que la reprise s'accélère ailleurs en Europe.
- La reprise s'accélère en novembre pour le secteur manufacturier de la zone euro. L'indice signale une expansion en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Autriche et en Irlande. Mais la France ne profite pas de cette progression et enregistre même une accélération des reculs de la production et du nombre de nouvelles commandes. La France s'enfonce alors que le reste des pays de la zone euro se redressent. Quelle est la part de responsabilité du gouvernement dans cette absence de reprise ? Quelles décisions ou absence de décision ont-elles pu être préjudiciables ?
Alain Fabre : Les dernières indications sur la situation industrielle en Europe semblent faire émerger un scénario que je redoutais depuis plusieurs mois. Un décrochage non plus par rapport à l’Allemagne mais par rapport à l’ensemble de l’Europe. On parle beaucoup de l’Allemagne dont l’activité tourne de façon plus équilibrée, la poussée de la consommation des ménages prenant le relais sous l’effet de la progression des salaires, des échanges extérieurs. En Espagne, on assiste avec trois ans de retard au scenario allemand. Après la compression de la demande intérieure, l’Espagne sort de la crise par les échanges extérieurs. Les Espagnols vont connaître en 2013 leur premier excédent de la balance des paiements courants depuis 1990. La Grèce donne également des signes qui vont dans ce sens tout en ne jouissant pas des mêmes atouts que l’Espagne. Même si l’on sent en France des indices d’enrayement de la dégradation que ce soit sur sa croissance ou même sur le chômage – même si ces chiffres doivent être lus avec un peu de prudence – on ne détecte pas un processus de sortie de crise fondé sur les moteurs robustes à l’œuvre ailleurs. Comme le montrent l’évolution très dégradée de l’investissement et de la production industriels, la France consomme encore notamment en raison de son modèle social qui le lui permet sans avoir à produire. En revanche la production est en panne. L’économie n’est pas en récession ; elle s’effondre. C’est notre stratégie qui est prise en défaut et les mois qui vont venir ne feront qu’accentuer ces tendances.
Erwan Le Noan : Hier, le site américain Business Insider a publié un article qui expliquait que le secteur manufacturier français était toujours dans un « sale état » (« is still looking very ugly »). C’est vrai sur le constat et sur l’idée que cela n’est pas nouveau. Le gouvernement de François Hollande est responsable, au même titre que les précédents, pour ne pas prendre les décisions à la hauteur des enjeux : libérer les entreprises des contraintes qui pèsent sur elles à commencer par la fiscalité écrasante(la France a le taux d’Impôt sur les sociétés le plus haut de toute l’Europe et celui qui a le moins baissé depuis une décennie).
Alors qu’on pouvait reprocher au précédent gouvernement de ne pas aller assez loin et assez vite, ou de ne pas faire grand-chose, celui de François Hollande est lui responsable de prendre des mesures qui vont à contresens (par exemple quand il réfléchissait à taxer l’EBE) ou quand il s’emmêle tellement que plus personne ne sait où il va.
Au-delà de la responsabilité conjoncturelle du gouvernement, notre retard en matière industrielle - la France est aujourd'hui derrière l'Angleterre en termes de développement industriel - est-il dû à notre modèle de développement ?
Alain Fabre : C’est exactement cela. La France continue à penser que la croissance résulte de la consommation provenant de la dépense publique et non de la production des entreprises. Nous avons sacrifié notre industrie au nom du mythe de la fin du travail et d’un monde post-industriel. Quand nous en prenons conscience, c’est pour réveiller les mannes de Colbert. Alors que le monde d’aujourd’hui est celui de l’innovation, des avantages comparatifs et de entrepreneuriat, le gouvernement continue à sanctuariser la dépense publique et à colmater nos retards industriels en montant sur ses ergots d’État stratège. La fermeture des pianos Pleyel – ceux de Frédéric Chopin – et les difficultés de PSA ont en commun ce diagnostic français erroné. La croissance économique est affaire d’entrepreneurs qu’on laisse libre de déployer leurs talents, non de technocrates aussi brillants soient-ils.
Erwan Le Noan : La France a connu une désindustrialisation (due pour une partie seulement à la mondialisation) importante. La différence avec la Grande-Bretagne par exemple, c’est que là bas les entreprises sont sur une tendance plutôt dynamique : en juin dernier leFinancial Times se demandait même si le pays n’allait pas pouvoir rivaliser avec le fameux mittlestand allemand.
Si la France a un modèle, je ne suis pas certain que « de développement » soit la meilleure façon de le qualifier. Les réglementations et la fiscalité françaises empêchent les entreprises de grandir.
Même si la baisse annoncée de 0,2% des investissements l’an prochain est assurément meilleure que celle de cette année, qui devrait atteindre 0,7% et non -0,6% comme les industriels l’avaient indiqué en juillet dernier, les chefs d’entreprises interrogés n’ont toujours pas le cœur à investir. Comment expliquez-vous cette prudence des patrons français ?
Alain Fabre : On voit bien ce qui se passe en France par contraste avec nos voisins. Progressivement, la composante conjoncturelle de la crise laisse place à la phase haussière du cycle. Nous aussi nous allons en profiter. Mais moins que les autres, car nous courrons avec des boulets aux pieds. Les meilleurs athlètes n’y réussissent pas. Depuis 2012, l’orientation gouvernementale reste foncièrement orientée dans un sens contraire au dynamisme des entreprises. Les milieux d’affaires internationaux sont très marqués par cette situation. Il y a de leur part une grande réticence à travailler avec la France, pays perçu comme compliqué et hostile aux entreprises. Les chefs d’entreprises français sont d’abord pénalisés par la situation financière très dégradée, ce qui limite leurs moyens pour se projeter dans des investissements. Le climat est marqué sur le plan psychologique par un fort attentisme. Le discours des pouvoirs publics est confus, souvent contradictoire. La remise à plat de la fiscalité dont notre pays a vraiment besoin est perçu au mieux comme un exercice tactique, au pire par des tours de passe-passe qui alourdiront la fiscalité des « riches ». Enfin, le fait que la remise à plat se fasse à dépenses et prélèvements constants ne fait qu’alimenter le scepticisme sur un sujet de fond.
Erwan Le Noan : Les chefs d’entreprise comme les ménages sont confrontés à un contexte économique de très lourde incertitude. Les plans du gouvernement sont d’une rare instabilité et d’une opacité totale : on ne peut pas être certains de les avoir bien compris et une fois qu’ils sont annoncés, il faut s’attendre à les voir modifier. A la rentrée, le gouvernement parlait de « pause fiscale », puis il y a eu une avalanche d’annonces de taxes et maintenant il prône la révolution en voulait chambouler toute la fiscalité. Le plus sûr pour les investisseurs est d’attendre…
La France a-t-elle trop longtemps privilégié les services au détriment de l'industrie lourde ? Plus encore qu'à notre manque de compétitivité, cela tient-il plus largement aux structures historiques de notre économie ?
Alain Fabre : Le gouvernement et les élites dirigeantes découvrent rétrospectivement leur erreur fondamentale mise en lumière par Christian Saint-Étienne notamment, d’avoir voulu à partir du milieu des années 1990 rallier le monde post-industriel. On a vécu il y a quinze ans dans le mythe d’une société de services et de fin du travail. Nous ne sommes pas les seuls. Les Anglais et les Espagnols ont vécu dans cette idée aussi. Celles de l’affranchissement du travail productif dans les bulles financières ou immobilières. Ce qui nous distingue d’eux, c’est de continuer à nier le réel. Les réformes engagées chez nos deux voisins reposent fondamentalement sur une ré-industrialisation de l’économie. On le voit en matière de coût du travail dans les deux cas. On le voit aussi en Angleterre avec la montée en puissance des gaz de schiste. En Espagne comme au Royaume-Uni, l’industrie automobile retrouve de l’allant.
Erwan Le Noan : La France n’a pas vraiment à "privilégier" l’industrie ou les services. Elle devrait plutôt se préoccuper de laisser les entreprises prospérer et on verrait bien quels secteurs prennent le dessus. Bien sûr, on ne peut pas avoir une économie faite de coiffeurs et d’assureurs ; mais on ne peut pas non plus produire des Ford T à la chaîne… La meilleure chose que puisse faire le Gouvernement aujourd’hui c’est de laisser les entreprises tranquilles !
Notre modèle social très "redistributeur" est-il également un handicap ?
Alain Fabre : C’est Jacques Delors qui ne passe pas pour un adepte du néo-libéralisme qui dénonçait en son temps l’illusion de redistribuer ce qu’on n’avait pas encore produit.Dominique Strauss-Kahn a eu un mot savoureux pour rappeler que « Marx a écrit le Capital, pas la Sécurité sociale ». Nous avons les dépenses publiques les plus élevées et de loin, de la zone euro. A PIB identique, la France dépense 240 milliards d'euros de plus que l’Allemagne et 150 milliards de plus que l’Italie. On n’a pas affaire chez nos deux voisins à des conceptions thatchériennes. Au contraire, les réformes réalisées en matière de retraite par exemple, étaient destinées à préserver à moyen terme la protection sociale qui demeure associée à notre conception européenne de la personne humaine.
Erwan Le Noan : Le modèle français n’est pas si redistributeur que cela. En fait, il prend à une minorité (les 53% de contribuables qui paient l’IR, les 50% d’entreprises qui paient l’IS) de manière très concentrée (3% des particuliers les plus riches paient 40% de l’IR en 2009 et 10% des entreprises du CAC paient 75% de l’IS de toutes les boîtes de leur rang) et il redistribue moins que le modèle britannique (comme le CREDOC vient de le montrer).
Ensuite, notre système social n’est pas vraiment un modèle, sauf à apprécier lechômage endémique des jeunes, l’isolement des personnes âgées, la pauvreté qui croît… Il coûte cher et il n’aide pas vraiment ceux qui en ont besoin. L’Etat-providence a distribué les subventions et l’argent public en général pendant toutes les 30 Glorieuses. Depuis les années 1990, il est en crise : les Français se battent pour en garder quelques pièces à leur bénéfice propre car, la société étant figée, ils savent que s’ils sont sûrs de perdre, ils n’ont rien à espérer en l’état actuel des choses. Pour les convaincre, il faut rendre les dépenses publiques efficaces et la société plus fluide.
Comment rattraper une partie de notre retard sans forcément détruire notre modèle de développement et notre modèle social ?
Alain Fabre : La situation française est intenable à terme. Nous avons la chance d’avoir des taux d’intérêt très bas. Cette situation tient à la qualité de notre dette ; elle tient aussi à la gestion des politiques monétaires qui nous favorisent. Mais la prise de conscience peut être brutale et l’on devrait pas oublier les mises en garde de Standard & Poor’s. Nous avons la chance aussi de pouvoir bénéficier de la complaisance de la Commission qui blâme les bons élèves comme l’Allemagne et accorde des satisfecits aux élèves qui ne font pas leurs devoirs. Tout ceci nous est favorable mais demeure artificiel. Si nous continuons à décrocher non pas par rapport à l’Allemagne mais par rapport à l’Espagne, les marchés risquent de réviser leurs appréciations. Je ne le souhaite pas mais je le redoute. La première chose à faire est de réduire les dépenses, non pas chez les militaires mais dans les administrations civiles. Nous devons porter l’âge de la retraite à 65 ans en 2020. Enfin, il faut ramener à un an d’ici trois ou quatre ans la durée d’indemnisation du chômage. Nous devrions réaliser des réductions de dépenses de 25 milliards par an pendant dix ans. 15 milliards devraient être affectés à la réduction des déficits et 10 milliards à la baisse des prélèvements. L’objectif est de reconstituer des conditions générales permettant aux entreprises de pouvoir à nouveau innover, investir, produire, exporter.
Ne pas se tromper de débat
Ne pas se tromper de débat
Le rapport Bailly, remis lundi à Jean-Marc Ayrault, prône « plus de souplesse » pour le travail dominical, couplée avec un maintien de la spécificité de ce jour de repos hebdomadaire, indispensable pour… conserver les compensations salariales qui lui sont propres. Derrière la prudence relative des propositions de Jean-Paul Bailly, l’ancien patron de La Poste, on voit assez clairement ces lignes de force. Le projet de loi déjà annoncé par le Premier ministre pose le principe : « Pas d’ouverture sans contrepartie pour les salariés. » En cette période de paupérisation généralisée, l’issue est évidente : on travaillera encore davantage le dimanche en France. Même si Ayrault prétend qu’il s’agit d’encadrer ce travail « dans de meilleures conditions, plus simples et plus claires ».
Tout, dans le rapport, va d’ailleurs dans le sens de l’élargissement : l’extension du droit d’ouverture de cinq à douze dimanches par an, la redéfinition de « périmètres d’animation concertés » touristiques et commerciaux, la clarification de la brouille avec les magasins de bricolage qui ouvrent dans l’illégalité depuis septembre. Car « à titre personnel », Jean-Paul Bailly est convaincu d’un effet « positif » de l’ouverture des commerces pour l’économie.
Son rapport ne va pas cependant jusqu’à vouloir accorder de nouvelles dérogations permanentes aux magasins de bricolage, et propose de revenir sur celles accordées aux grands magasins d’ameublement en 2008. Mais aussitôt il prône l’inscription provisoire, « jusqu’au 1er juillet 2015 », du « secteur du bricolage dans la liste des dérogatoires ». Vous n’y comprenez rien ? Normal, c’est de l’enfumage.
Aussi sont-ce les organisations patronales et les politiques les plus favorables au démantèlement du dimanche qui ont salué le rapport avec le plus d’enthousiasme, à commencer par Frédéric Lefebvre, ancien secrétaire d’Etat au Commerce et à la Consommation, lapidaire : « Chacun doit être libre de travailler différemment pour gagner plus. » Les syndicats, dans leur ensemble, sont contre, au nom du droit au repos des salariés et des garanties salariales qu’ils jugent insuffisantes. La CFTC, en particulier, dénonce l’« incohérence » du rapport dont la mise en œuvre aboutirait à une forte augmentation du travail dominical.
Il y aura donc une nouvelle loi, dès 2014 a promis Jean-Marc Ayrault, un brin moralisateur pour mieux embobiner le quidam : il s’est dit hostile à une société du « tout mercantile » où « l’optimum des loisirs serait le centre commercial ». De toute façon, a-t-il ajouté, on peut toujours faire ses courses le dimanche : « Il suffit d’allumer son ordinateur. »
Et c’est tout cela qui va « dynamiser l’économie » en un « cercle vertueux », comme le dit un représentant de 18 000 entreprises, Guillaume Cairou ? Les pays européens où le travail du dimanche est imposé, souvent à la faveur d’exigences des créanciers sous la houlette de plans de sauvetage européens, ne s’en portent pas particulièrement mieux. Voyez l’Italie, le Portugal, l’Espagne…
Qui trinquera ? Eh bien, sur le plan économique, les petits commerces et ce qui reste de vie de famille… Mais ce n’est pas tout.
A force de riposter sur le plan économique et social, on en vient en effet à oublier l’essentiel – même les porte-parole de l’Eglise de France qui se gardent bien de parler d’abord et surtout de la signification réelle du dimanche. Pour respecter la laïcité ?
Or le dimanche, ou plus précisément le « septième jour », qui a été donné à l’humanité tout entière depuis le début comme jour de repos, et dont le caractère gravement obligatoire a été confirmé par le Décalogue, est avant tout le signe que l’homme a été créé pour l’être et non pour l’avoir, pour la relation avec Dieu et non pour le faire, au sommet de ce monde matériel qui l’entoure et non soumis à lui.
Il en va du repos du dimanche comme de la défense du mariage vrai : tant qu’on reste « aux périphéries », sans construire sa défense sur le fond de la question de peur de choquer ceux qui ne partagent pas une morale transcendante, on ne peut en réalité rien faire, car on écarte les vraies raisons du combat.
Les vraies raisons du repos dominical, ou du septième jour, dépassent le monde matériel et jusqu’aux rythmes naturels du temps : la semaine est la seule coupure du temps qui ne soit assise sur les mouvements de la terre et des astres, mais sur un commandement révélé dans la Genèse. Et le mot sept, en hébreu, renvoie à l’alliance avec Dieu : se « septer », pourrait-on traduire, signifie « s’engager dans une alliance ».
L’alliance de Dieu avec l’homme, et de l’homme avec Dieu, l’homme qui n’est pas seulement fait pour le travail, l’économie, ni même les relations sociales, mais pour ce qui le dépasse.
Voilà qui mérite plus ample réflexion.
La fin du déni
La fin du déni
Cela ne vous étonnera pas : c'est dans la classe politique que l'enquête Pisa a provoqué le plus de chahut. Le décrochage annoncé et confirmé de la France dans ce classement international a immédiatement déclenché la polémique entre la rangée de droite et celle de gauche. Dans l'opposition on a mis en cause les années Jospin et… la réforme Peillon. Dans la majorité, on a imputé aux « dix années de la droite au pouvoir » la cause du fiasco absolu. Déplorable débat qui occulte les responsabilités partagées de tous les gouvernements, depuis des dizaines d'années, dans des réformes jamais évaluées.
À la place de vaines disputes, c'est un ressaisissement collectif de toute la communauté enseignante et parentale qui s'impose, dans l'intérêt supérieur des enfants. Il est salutaire que cette enquête Pisa, plutôt négligée dans ses précédentes éditions, contribue enfin à sortir nos dirigeants du déni. On a trop vanté notre ruineux système dans lequel nous dépensons 30 milliards d'euros de plus que l'Allemagne ou le Royaume-Uni pour le même nombre d'élèves.
Cela n'empêche pas 120.000 jeunes par an de quitter les études sans diplôme. Et cela n'a pas empêché le creusement des inégalités en dépit du généreux discours sur une école de l'égalité des chances. L'octroi d'un bac au rabais pour 80 % d'une classe d'âge a masqué la réalité d'une baisse de niveau. Le pire est qu'on a sacrifié l'apprentissage des fondamentaux aux lubies des pédagogistes. Sans parler de débats subsidiaires sur le caractère vexatoire de la notation.
Dès lors que l'on veut bien se départir des idéologies, les solutions existent. L'éducation nationale ne manque pas de moyens. Elle doit mieux les utiliser en se défaisant des rigidités administratives et des conservatismes. Pour lutter contre les inégalités, l'accent doit être mis sur le primaire, là où pèsent les déterminismes sociaux. L'abandon du dogme de collège unique, l'instauration des classes de niveau constituent des pistes à explorer. Tout cela ne va évidemment pas sans formation des enseignants et revalorisation du métier dans le cadre d'un statut rénové. « L'électrochoc Pisa » doit servir à cela. Et rien qu'à cela.
mardi 3 décembre 2013
La 'génération Y' est-elle la plus surestimée de l'histoire?
La « génération Y » se compose de jeunes dans la vingtaine, hautement diplômés et ambitieux, mais ayant peu d'argent, peu d'expérience et peu de chances de réaliser leurs idées novatrices. Bien que la plupart des observateurs partent du point de vue que le style ouvert, prêt à collaborer et progressiste de la « génération Facebook » y parviendra à terme, Andrew Hill du Financial Times n'en est pas encore sûr.
Les jeunes professionnels ont de beaux diplômes et une très bonne connaissance de la technologie, mais peuvent difficilement supporter le fait qu'ils ne reçoivent de leurs supérieurs ni soutien ni respect, contrairement à ce dont ils ont bénéficié de la part de leurs parents et de leurs établissements d’enseignement, deux éléments auxquels ils pensent avoir droit. Selon eux, la manière de travailler des entreprises est dépassée, mais ils n'ont pas la possibilité de faire mieux. L'état du marché du travail actuel génère en outre une source supplémentaire de frustration.
Cette lutte entre générations n’est, selon Andrew Hill du Financial Times, pas tout à fait neuve. Charles Dickens décrivait déjà le phénomène dans son livre « Nicholas Nickelby », dans lequel un jeune professeur essaie de briser l'attitude statique de la vieille direction. Il se demande aussi dans quelle mesure il est réaliste de penser que les « millenials » réussiront à imposer à court terme leur vision des choses.
Dans « Generation Facebook », Gary Hamel écrit que ce qu'attendent les jeunes du management est déterminé par leurs expériences en ligne et , selon une enquête auprès de 300 topmanagers de Kingfisher (propriétaire entre autre de B&Q et Castorama), il y a une grande différence par rapport à la connaissance: les responsables plus âgés essaient de protéger leur connaissance, alors que les plus jeunes tentent de la partager autant que possible.
De tels points de vue peuvent être intéressants, mais selon Hill et Ian Cheshire (CEO de Kingfisher), il faudra encore deux décennies avant qu'ils fassent trembler les bases de la culture d'entreprise traditionnelle, structurée de manière hiérarchique- si jamais cela se produit.
Pendant cette longue période que Hill et Cheshire prévoient, il peut néanmoins se passer beaucoup de choses:
- La génération Y n'est pas immunisée contre la tendance des jeunes à devenir plus conservateurs dans la mesure où ils vieillissent et forment une famille.
- Les diplômés européens préfèrent déjà maintenant la sécurité des grandes entreprises et des services de l'état.
- Au royaume Uni, il reste, malgré le cliché de jeunes très entreprenants, des personnes de plus de 50 ans qui, depuis le début de la crise, forment la majorité des nouveaux entrepreneurs et indépendants.
En 1997, Arie de Geus écrivait qu'une grande entreprise abrite sous son toit 3 générations: un groupe de jeunes embauchés, une couche de leaders potentiels entre 30 et 50 ans et un groupe de seniors managers plus âgés. Une « entreprise vivante » veille à ce que chaque génération prépare sa propre succession, mais dans la pratique, on se protège plutôt qu'on ne s'expose à ces nouvelles tendances.
Hill conclut: « Dans « Nicholas Nickelby », le héros échappe finalement à son patron malveillant, mais c'est de la fiction. Dans la vie réelle, il est plus vraisemblable que les jeunes embauchés devront s'adapter à leurs employeurs que le contraire ».
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Un dimanche déjà dépassé
Un dimanche déjà dépassé
Si Dieu choisit de se reposer le dimanche, il n’en va pas de même pour la technocratie. Le rapport Bailly, présenté hier au Premier ministre, ne laisse pas augurer la fin de la cacophonie dominicale. À en juger par les propositions de l’ancien directeur de la Poste (établissement fermé le dimanche), les disparités ne seront pas toutes gommées, loin s’en faut.
Le gouvernement entend cependant faire voter une loi destinée à clarifier la situation actuelle. Et, comme le veut désormais la tradition, il y aura une phase de consultation avant l’élaboration du texte qui sera présenté au Parlement. On souhaite bien du plaisir aux consultants. Le rapport Bailly propose de remplacer un puzzle par un jeu de construction. Il y aura toujours des disparités selon les zones. La liste des commerces ouverts ou pas risque de faire grincer les dents des exclus. On annonce d’ores et déjà « dérogations » et « règles transitoires » qui sont autant de bombes à retardement. Ainsi, l’Alsace-Moselle conservera son statut fixé par le droit local, allègrement contourné par ceux qui profitent des dimanches ouverts au commerce en Allemagne ou chez des voisins moins contraints.
Jean-Marc Ayrault promet qu’il « n’y aura pas de remise en cause de la règle du repos dominical ». Sauf qu’un tiers des salariés travaille déjà occasionnellement ou régulièrement ce jour-là, volontairement ou non. La future loi devra encadrer les modalités du travail dominical pour éviter les dérives. Il faudra donc accorder les violons des syndicats et ceux des patrons. Le tout sous l’œil des consommateurs qui, eux, veulent majoritairement faire leurs courses le dimanche.
Ce dossier apporte une nouvelle preuve de l’évolution de la société. La pratique religieuse régresse et les modes de consommation changent. Le e-commerce ignore les heures et les jours d’ouverture. Il est le principal concurrent des enseignes en dur. Le rapport Bailly s’y réfère et prévient que le commerce traditionnel doit se préparer à des heures d’ouverture plus larges. Le débat sur l’ouverture dominicale risque d’être rapidement dépassé par celui sur l’avenir des magasins plombés par les achats sur internet.
Le « Mélenshow »
Le « Mélenshow »
Incontestablement, Jean-Luc Mélenchon est, dans tous les sens du terme, un « acteur » politique qui compte. C'est tellement vrai que son appel à marcher sur Bercy, dimanche, a rencontré un écho inattendu. Ceux que les diatribes du coprésident du Parti de gauche insupportent auraient pourtant pu se contenter de souligner la relative modestie d'une manifestation moins rassembleuse qu'envisagé. Au lieu de cela, ils sont stupidement tombés dans le piège de la provocation qui leur a été tendu en entrant dans une bataille de chiffres. Aux 100.000 participants inconsidérément dénombrés par Mélenchon, la préfecture de police a cru opportun d'opposer une évaluation dérisoire de 7.000 « marcheurs ».
Si l'Intérieur a pris ainsi le risque du discrédit, c'est tout simplement parce que Jean-Luc Mélenchon irrite profondément le pouvoir. Au-delà de ses outrances, l'ancien ministre délégué à l'Enseignement professionnel assène quelques vérités dérangeantes pour les dirigeants socialistes. Les réactions virulentes de plusieurs solfériniens, hier, ne s'expliquent pas autrement.
Mais plutôt que d'entrer dans la surenchère verbale où il excelle, mieux vaudrait interroger Mélenchon sur un projet qui a du mal à rassembler ce petit peuple de « nigauds » et d'« esclaves » qu'il méprise et insulte quand il porte un bonnet rouge. Mieux vaudrait le questionner sur l'ambiguïté de ses rapports avec un PC qui conclut des alliances électorales avec le PS honni. Mieux vaudrait savoir, enfin, où il veut emmener ceux que subjuguent ses déclamations.
La véritable interrogation est de savoir si le « mélenchonisme » ne se réduit pas à un exercice de cabotinage qui s'épanouit dans le « théâtre de rue » ainsi qu'au contact des médias qu'il vilipende tout en les utilisant. En témoigne cette interview sur TF1, mise en scène dimanche, devant un groupe de figurants. Que la chaîne privée se soit prêtée à ce trucage n'est pas glorieux. Que l'ex-trotskiste y ait consenti, ou l'ait demandé, montre que la manipulation de l'opinion n'effraie pas toujours notre « Mélenshow ».
Antiracisme : en avant, marche !
Antiracisme : en avant, marche !
« On est tous pareils ! » – « Nous sommes tous Arabes, Noirs et musulmans ! »… Irréalistes ou surréalistes, les slogans des pèlerins de l’antiracisme avaient samedi un arrière-goût de déjà-vu.
Ils étaient 600 à Lille, 100 à Amiens et 50 à Abbeville ; 400 à Périgueux, 600 à La Rochelle ; 1 700 à Nantes, 600 à Toulouse ; et ainsi dans d’autres villes. Bref, ils n’étaient pas beaucoup à s’être mobilisés samedi contre le racisme. A Paris, ils étaient entre 25 000 (chiffre des organisateurs) et 3 900 (chiffre de la police).
Les marches antiracistes ne font plus recette, de l’aveu même de certains participants, comme cet élu de l’Essonne d’origine antillaise, Steevy Gustave : « Je n’arrive pas à comprendre pourquoi nous sommes si peu. » Qu’il s’adresse à Pierre Tartakowski, le président de la Ligue des droits de l’homme, lui a l’explication : « La participation ne pouvait de toute façon qu’être insuffisante face à la gravité de la situation. »
Nombreux ou pas, l’AFP certifie qu’à Paris « dans une ambiance paisible, se côtoyaient de nombreux Antillais, des francs-maçons ou encore des collectifs de sans-papiers »… Joli tableau pour un téléfilm.
Des assoces à la ramasse
Fait notable, la marche de samedi n’a pas été organisée par SOS Racisme, association qui fait du lard depuis déjà pas mal de temps, mais par deux collectifs d’ultramarins : Collectifdom et CM98, « affectés », paraît-il, par les attaques contre Taubira. Ce n’est que dans un deuxième temps que les ont rejoints SOS Racisme, la LDH, la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme, le Mrap, puis les syndicats (« rassemblés autour de valeurs fondamentales ») et enfin la piétaille des mouvements de jeunesse, Fidl, Unef, UEJF…
Le Parti de Gauche était là, le Parti socialiste aussi ; mais du gouvernement seule George Pau-Langevin était là. Le ministre délégué chargé de la Réussite éducative est une ancienne présidente du Mrap.
Racismes et réalités
Après trente ans de rééducation antiraciste, le ministre pouvait en constater le semi-échec. Les Français, confrontés à la réalité de l’immigration-invasion et au racisme anti-Blanc, ne supportent plus la leçon que leur donnent à longueur de discours ou d’émissions des hommes politiques, des journalistes, les gens du show-biz. La complaisance avec laquelle on interviewe les acteurs du film La Marche, Djamel Debbouzze en particulier, les rend insupportables, et leur message avec. Vous êtes formidable, vous en êtes une autre, et ainsi de suite.
La lutte contre le prétendu racisme, c’est tout ce qui reste au gouvernement pour mobiliser des troupes qui ne défileront pas contre lui. C’est l’ultime leurre qu’il lance au peuple pour détourner sa colère de l’Elysée et de l’Assemblée nationale. C’est la dernière diversion qu’il trouve dans sa besace pour écarter le Front national des urnes des municipales de 2014. Ça sent le roussi pour la Ve République.
Le ministre de la Culture, Aurélie Filipetti, a rappelé lundi dans une tribune de Libération que « le combat contre le Front national est un combat fondamentalement culturel ». Car, « on le sait » (c’est quasi scientifique), « le racisme participe au repli sur soi, d’une peur de l’autre ; la culture permet au contraire l’ouverture aux autres ». Une idéologie des années Mitterrand face aux réalités des années 2010 : qu’ils s’étonnent que cela ne marche pas.
Au cinéma, une femme sur trois est nue ou à moitié nue
L'industrie du cinéma est toujours un monde d'hommes et malgré quelques signaux positifs, le sexisme reste flagrant dans la distribution des rôles. Une actrice sur quatre doit se dénuder, de plus en plus d'adolescentes sont montrées à moitié nues. Logique, puisque derrière la caméra, on ne compte encore que 9% de réalisatrices. D'après les chiffres de la New York Film Academy.
Le cinéma du XXIe siècle reste une affaire d’hommes. Une infographie réalisée par la New York Film Academy révèle les disparités flagrantes entre la représentation des femmes et celle des hommes à l’écran. Dans les studios, les rôles-clés de direction et de production sont majoritairement occupés par des hommes.
Des rôles féminins hypersexualisés
D’après les chiffres présentés dans cette infographie, les femmes n’occupent que 30% des rôles qui à texte dans les films ; parmi celles-ci, une sur trois sera présentée dans une tenue sexuellement suggestive ou partiellement nue. Plus inquiétant, la représentation de corps dénudés de mineurs a progressé de 32% entre 2007 et 2012. Un signe d’une tendance au jeunisme qui affecte le cinéma et toute la société, et qui transforme les adolescentes en lolitas programmées pour séduire. Sur l’ensemble des actrices amenées à figurer dans un film, plus d’un quart seront déshabillées à l’écran, contre seulement 9% des hommes.
De fait, les actrices gagnent moins, même lorsqu’elles gagnent beaucoup : l’acteur le mieux payé d’Hollywood, Robert Downey Jr, a gagné 75 millions de dollars en 2013, alors qu’Angelina Jolie, actrice la mieux payée, en a gagné 33. Les cachets record du cinéma ne sont jamais empochés par des femmes.
De fait, les actrices gagnent moins, même lorsqu’elles gagnent beaucoup : l’acteur le mieux payé d’Hollywood, Robert Downey Jr, a gagné 75 millions de dollars en 2013, alors qu’Angelina Jolie, actrice la mieux payée, en a gagné 33. Les cachets record du cinéma ne sont jamais empochés par des femmes.
91% des réalisateurs et 98% des monteurs sont des hommes
Cette disparité de représentation n’a rien d’étonnant, puisque le secteur est encore largement géré et dominé par les hommes : on compte une femme pour 5 hommes dans les travailleurs du cinéma, seulement 9% de réalisatrices, 15% de scénaristes, 17% de productrices exécutives, un quart de productrices, 20% de monteuses, et 2% de cadreuses…
Dans toute l’histoire des Oscars, quatre réalisatrices ont été nominées pour l’oscar du meilleur réalisateur, une seule l’a emporté : Kathryn Bigelow en 2010. Parmi les 19 catégories de l’édition 2013, 140 hommes étaient nominés, contre 35 femmes. Logique, les trois quarts des membres du jury des Oscars sont des hommes.
La New York Film Academy a néanmoins tenu à féliciter les signes de progrès du cinéma sur la question de la parité et des stéréotypes de genre, en mettant en valeur les nouvelles femmes influentes du secteur, comme Lena Dunham, créatrice de la série Girls, qui s’attaque sans complexes à la plupart des clichés sur la féminité, ou encore la productrice Kathleen Kennedy (E. T., Jurassik Park, Le Sixième Sens ou l’épisode 7 de Star Wars). Des rôles modèles aussi sont rappelés, comme autant d’exemples à suivre pour mettre en scène des héroïnes moins lisses et moins stéréotypées : Katniss Everdeen de Hunger Games, Lisbeth Salander, ou Marjane Satrapidans Persepolis.
Dans toute l’histoire des Oscars, quatre réalisatrices ont été nominées pour l’oscar du meilleur réalisateur, une seule l’a emporté : Kathryn Bigelow en 2010. Parmi les 19 catégories de l’édition 2013, 140 hommes étaient nominés, contre 35 femmes. Logique, les trois quarts des membres du jury des Oscars sont des hommes.
La New York Film Academy a néanmoins tenu à féliciter les signes de progrès du cinéma sur la question de la parité et des stéréotypes de genre, en mettant en valeur les nouvelles femmes influentes du secteur, comme Lena Dunham, créatrice de la série Girls, qui s’attaque sans complexes à la plupart des clichés sur la féminité, ou encore la productrice Kathleen Kennedy (E. T., Jurassik Park, Le Sixième Sens ou l’épisode 7 de Star Wars). Des rôles modèles aussi sont rappelés, comme autant d’exemples à suivre pour mettre en scène des héroïnes moins lisses et moins stéréotypées : Katniss Everdeen de Hunger Games, Lisbeth Salander, ou Marjane Satrapidans Persepolis.
lundi 2 décembre 2013
Clopes sans frontières
Clopes sans frontières
La ligne Maginot érigée par nos législateurs contre les achats de tabac dans les autres pays européens est morte. L’Assemblée s’apprête à voter la fin des quotas d’importation. Les fumeurs français pourront aller faire le plein chez leurs voisins sans risquer les foudres de la douane.
Les députés français ne voteront pas cette réforme de gaîté de cœur. Ils sont obligés de revoir la loi sous la pression de la Cour européenne de justice, qui estime que les restrictions à l’importation servaient à protéger la production française de tabac. Eh oui, on ne mégote pas avec l’Union européenne, même quand on met en avant l’excellent argument de la santé des bronches nationales.
La nouvelle n’a pas de quoi réjouir les buralistes français, proches de pays où le tabac est moins cher. L’opération « clopes sans frontières » est lancée et on risque de voir revenir des voitures émettant une jolie fumée, aussi bleue que le drapeau d’une Union qui fait tout et son contraire. On ne peut dépenser des milliards d’euros dans la lutte contre le tabagisme et, dans le même temps, au nom de l’ouverture des frontières, menacer un État de représailles parce qu’il érige des quotas protecteurs de la santé.
Pour être, malgré tout, optimiste, ces nouvelles normes permettront, peut-être, de freiner le trafic de cigarettes qui surfe sur les hausses à répétition du tabac. Les dealers risquent de ne pas être les seuls à râler. L’État a, lui aussi, quelques soucis à se faire, car cette mesure pourrait bien priver le Trésor public de taxes, si utiles en ces périodes difficiles. Les hausses du prix des paquets vilipendés arrangeaient bien les finances du pays. La future augmentation de 20 centimes, prévue le 1er janvier, risque fort de renforcer les charters de la nicotine, au détriment de la bronchite civique.
Évidemment, le fumeur de la Creuse ou de la Haute-Loire sera lésé. Il n’aura guère le loisir de franchir la frontière pour remplir sa pipe. Faudra-t-il voter une défiscalisation au nom de l’égalité ? On en doute. Ces enclavés se retourneront peut-être vers la grande armée des vapoteurs, reconnaissables à leurs petits nuages de fumée aromatisée.
Esprit d’ouverture
Esprit d’ouverture
Ouvrir un peu plus mais pas trop ! Voici en substance ce que va probablement suggérer au Premier ministre le rapport Bailly sur l'ouverture des magasins le dimanche. Certains le trouveront trop tiède, d'autres lui reprocheront d'ouvrir une porte à la banalisation du travail dominical. Impossible d'échapper à la polémique dans ce débat récurrent où s'opposent des intérêts contradictoires, sur fond d'hypocrisie. Car si les Français approuvent à 63 % le travail du dimanche, c'est évidemment pour les autres. En tout cas, c'est une difficile « remise à plat » qui attend Jean-Marc Ayrault.
On conviendra qu'il a hérité du précédent gouvernement d'une situation qualifiée de « kafkaïenne ». Il n'en demeure pas moins que le sujet se prête à merveille à l'affrontement entre « archaïques » et « modernistes ». Il y a ceux qui, avec des binocles d'un autre âge, lorgnent sur des acquis sociaux jugés intangibles. Et il y a ceux qui, éblouis par les commodités du libéralisme, feraient volontiers du dimanche un jour comme les autres. On notera que les deux « courants » traversent un PS divisé. À l'évidence, le problème ne trouvera sa solution que par la prise en compte des évolutions sociétales.
Qu'on le veuille ou non, les modèles d'organisation familiale et sociale ont changé avec la modification des conditions de travail. Le cadre spatial et temporel s'est modifié avec internet qui bouscule les règles du commerce. Faut-il ignorer cette concurrence ? Faut-il ignorer que 30 % des salariés travaillent en horaires décalés ?
Sous un prétexte brandi par des syndicats désavoués par leurs mandants, devrait-on condamner les salariés au « repos forcé » le dimanche, pour les protéger contre eux-mêmes et contre l'exploitation des patrons ? Il y aurait dans cette entrave à la liberté un non-sens absolu en période de chômage. Puisque nous allons vers des extensions limitées et une uniformisation des zones commerciales, plaidons plutôt pour un dialogue social responsable par branche ou entreprise, et prévoyant des garanties et contreparties pérennes et égales pour tous. En somme, plaidons pour un esprit… d'ouverture.
Sondage : on a parfois envie de répondre "oui, on nous prend pour des andouilles"
Sondage : on a parfois envie de répondre "oui... par rtl-fr
Travail dominical : avant la remise du rapport Bailly, cacophonie au PS
Lundi 2 décembre, à 9 heures, l'ancien patron de la poste, Jean-Paul Bailly, doit rendre son très attendu rapport sur le travail dominical au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Commandé après une fronde de plusieurs enseignes de bricolage qui ont bravé une décision de justice leur interdisant d'ouvrir le dimanche, ce rapport doit servir de base à une nouvelle législation.
Mais il n'a pas encore été remis que plusieurs ténors du PS donnent leur avis sur la question dans une certaine cacophonie.
Que prônerait le rapport ?
L'exercice est difficile pour Jean-Paul Bailly. Il devra réaliser un vrai numéro d'équilibriste pour satisfaire à la fois les défenseurs du repos dominical et ceux qui prônent un assouplissement.
Déjà, des information ont fuité dans les Echos. Selon le quotidien, il devrait notamment proposer, dans son rapport remis lundi à 9 heures, d'augmenter le nombre de jours dérogatoires que les maires peuvent accorder, passant de cinq dimanches aujourd'hui à "une dizaine" par an. En revanche, pas question d'étendre les dérogations permanentes, déjà octroyées à la jardinerie ou l'ameublement, à de nouveaux secteurs comme le bricolage. Et ce, malgré la pression naissante des secteurs comme les biens culturels ou sportifs, confrontés à la montée en puissance des ventes en ligne.
Le ministre du Travail pour une "souplesse ordonnée"
Interrogé sur BFMTV, le ministre du Travail, Michel Sapin, a estimé nécessaire de faire évoluer la situation actuelle, qu'il a qualifiée de "désordre absolu". "D'un côté d'une rue, ça ouvre, de l'autre côté ça n'a pas le droit d'ouvrir, vous avez des salariés qui sont payés deux fois plus cher le dimanche, d'autres rien du tout, il faut évidemment remettre de l'ordre dans le désordre d'aujourd'hui", a-t-il résumé.
Sans donner de détails sur le contenu du rapport, Michel Sapin a jugé qu'une"souplesse ordonnée" des dispositifs était possible et qu'elle devait s'organiser sur une "base territoriale". Bref, pour lui, les autorités locales sont les mieux à même de connaître la réalité du terrain et les habitudes commerciales de leurs administrés.
Martine Aubry ne veut pas qu'on touche au repos dominical
Avant même l'intervention du ministre du Travail, la maire de Lille, Martine Aubry a prévenu dimanche, devant des partisans réunis à huis clos à Paris, que la législation actuelle sur le travail du dimanche était une "digue qui ne doit pas reculer", selon des propos rapportés par ses proches.
La maire de Lille s'exprimait à l'occasion du lancement de son association, intitulée "Renaissance", sorte de laboratoire d'idées rassemblant des parlementaires proches. Parmi eux, Christian Paul, a rapporté qu'"elle a dit avec beaucoup de détermination son opposition à toute extension de l'autorisation de travailler le dimanche".
D'après une participante sur Twitter, elle aurait lancé que "si on passe les bornes et on choisit la consommation plutôt que la famille, je m'exprimerai".
Travail du dimanche:si on passe les bornes, et on choisir la consommation plutôt que la famille,je m'exprimerai @MartineAubry #renaissance
— laurence rossignol (@laurossignol) 1 Décembre 2013
Ségolène Royal veut décentraliser les autorisations
De son côté, l'ex-candidate PS à la présidentielle, Ségolène Royal ne semble pas voir d'un mauvais œil le travail dominical. La présidente de Poitou-Charentes, invitée de Tous politiques (France Inter/Le Parisien/France24), a proposé que la décision d'ouverture des magasins le dimanche soit "décentralisée" aux "préfets, en liaison avec les élus locaux".
Pour elle, "ce n'est pas à l'Etat, au niveau centralisé, ni à la loi, de régler ce genre de problème qui doit être au cas par cas". Elle a proposé qu'"on reste sur la dérogation, on maintient le salaire supplémentaire quand on travaille le dimanche, mais on décentralise cette autorisation et on fait le bilan dans un an!"
"Le principe, c'est le repos dominical", a-t-elle encore souligné, mais "comment trouver ce juste équilibre entre le droit de ne pas travailler le dimanche, le respect d'un certain nombre de règles" et la prise en compte "des évolutions comportementales des consommateurs, des types de consommation"?
Anne Hidalgo prête à réfléchir à l'ouverture de plus de zones
Quant à la candidate PS à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, invitée sur Forum Radio J, elle a redit être prête à "réexaminer" la carte des zones touristiques. C'est dans ces zones que le travail du dimanche est autorisé dans la capitale.
A Paris, "aujourd'hui, on a sept zones touristiques, j'ai toujours dit que j'étais favorable à réexaminer ces zones touristiques. Il faut remettre de l'ordre et moi j'y suis prête", a-t-elle expliqué. Elle a assuré que si elle est élue, cela se fera dans "la concertation avec les riverains et avec des accords avec les salariés".
Sa rivale UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet, a dénoncé un "volte-face". Pour la porte-parole de NKM, Anne Hidalgo "essaie de suivre le sens du vent". "Chiche, Madame Hidalgo !", a-t-elle lancé. "Commencez à classer, dès aujourd'hui, Bercy village en zone PUCE" (périmètre à usage de consommation exceptionnelle, où l'ouverture des commerces le dimanche est autorisée) puisque "tout est prêt". Le chef de file de l'UMP dans le 18e arrondissement de Paris, Pierre-Yves Bournazel, ne manque pas non plus de critiquer la candidate socialiste.
#hidalgo / #travailledimanche c'est un discours pro puis anti et de nouveau pro! Mais jamais d'actes alors que la ville est décisionnaire
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