mardi 26 juillet 2011
E-mail : la boîte est pleine !
Les critiques se multiplient contre les messages électroniques qui ont envahi nos vies professionnelles et privées. Et les réseaux sociaux, Facebook en tête, offrent aux internautes des outils de substitution.
Inventé dans les années 1970, le bon vieux courrier électronique - l'e-mail - perd peu à peu de sa superbe. Pas une semaine sans qu'il subisse des attaques en règle. La plus violente est venue récemment du site de TechCrunch, le site d'actualité qui fait la pluie et le beau temps dans la Silicon Valley : « L'e-mail est le diable absolu », tonne le journaliste MG Siegler dans un message en forme de cri de colère intitulé « I'm Quitting Email » (« J'arrête l'e-mail »). « Il y en a trop. Cela ne s'arrête jamais. Et cela ne fait qu'empirer. »
Pourquoi tant de haine pour cet e-mail, qui a explosé à la fin des années 1990, avec la percée d'Internet dans le grand public et chez les professionnels ? La réponse se résume en deux mots : harcèlement et... désorganisation. Le constat est flagrant dans beaucoup d'entreprises : le temps consacré à trier, à répondre ou à supprimer les courriers électroniques n'a cessé de croître ces dernières années. « Certains cadres passent jusqu'à vingt heures par semaine et traitent entre 100 et 200 mails par jour. C'est un facteur de perturbation important », indique Marc-Henri Desportes, vice-président stratégie et innovation de la SSII Atos. L'arrivée du BlackBerry a, à cet égard, marqué un tournant, en « mettant à disposition » ses détenteurs vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
À l'origine, l'e-mail était « une métaphore du courrier traditionnel », explique Jean-Luc Valente, PDG de BlueKiwi, éditeur de réseaux sociaux pour entreprises. Mais très vite, il a largement débordé le cadre de l'échange privé entre deux individus. Il est maintenant utilisé pour converser en direct, échanger à plusieurs, organiser des événements, faire office de boîte à idées. « Sur un mail, il peut y avoir soixante échanges. À la fin, on ne sait plus où l'on en est », indique une victime de cette inflation.
Le déploiement de Facebook change la donne, en bouleversant les modes de communication. Tchatter, échanger à plusieurs, ou en privé, s'inviter à des spectacles, à des concerts, partager de l'information, des photos, des vidéos, donner son avis, l'internaute retrouve l'usage qu'il faisait du mail, mais de manière fluide et organisée. Du coup, parallèlement à l'explosion du réseau social, l'audience du mail a commencé à baisser. Aux États-Unis, la fréquentation des messageries électroniques grand public (Gmail, Yahoo, Hotmail, etc.) a reculé de 4,1 % entre novembre 2009 et mai 2011 à 156 millions de visiteurs uniques en mai, selon Comscore. Ce phénomène d'érosion est encore circonscrit. Ainsi en France, la conversion au numérique des seniors, qui apprécient « le confort de l'e-mail », maintient les audiences, indique une étude Comscore. Même constat dans le monde du travail, où beaucoup de salariés ne sont pas encore équipés. « Sur 25 millions d'actifs, 12 millions ont une boîte mail, mais 13 millions n'ont pas de PC. La demande est grande. Nous constatons une forte croissance d'Exchange [la messagerie de Microsoft] », indique Marc Jalabert, directeur du marketing opérationnel de Microsoft France.
Certains signaux sont tout de même révélateurs. Les messageries Internet les plus anciennes du Web - Hotmail ou Yahoo - ont enregistré en un an et demi des baisses d'audience respectives de 16 et 10 % en France. La mort de l'e-mail n'est bien sûr pas pour demain. « Il reste l'outil phare pour les conversations très privées ou pour gérer sa vie numérique : achats sur Internet, gestion de factures, des relations bancaires », indique Pierre-Éric Jacoupy responsable de Windows live. Mais il est à l'évidence condamné à évoluer.
La déferlante se déplace sur le mobile
La baisse de l'usage du Webmail (en consultant sur le site Web de la messagerie) constatée par Comscore aux États-Unis est concomitante de l'essor de l'usage du mail depuis son mobile. Dans sa dernière étude sur le sujet en janvier, le cabinet relevait que plus de 43 millions d'Américains possédant un mobile avaient consulté leurs e-mails sur leur smartphone en novembre 2010, une proportion en hausse de 40 % en un an. Le cabinet Gartner estime que le nombre d'utilisateurs de l'e-mail depuis un mobile devrait grimper à 1 milliard dans le monde d'ici à 2014.
Un phénomène lié à la démocratisation accélérée des smartphones dans le grand public et en entreprises. Le nombre d'utilisateurs professionnels du mail sur mobile devrait dépasser les 250 millions dans le monde en 2014 selon IDC, alors qu'ils sont estimés autour de 80 millions actuellement. Par ailleurs, le mobile est souvent le premier moyen d'accéder à Internet dans les pays émergents. Nokia en avait fait un des axes de sa stratégie et avait créé Ovi Mail, permettant de créer son compte directement depuis un portable basique. Le service, qui avait séduit plus de 5 millions d'utilisateurs, est en train de migrer vers Yahoo Mail. (D.C.)
Anders Breivik, itinéraire d’un pauvre type
Des mots aussi simples que "fou" et "ignoble" ne suffiront jamais à qualifier un tel homme et nous pouvons nous attendre dans les jours et les mois qui suivent à une analyse psychiatrique approfondie de cet horrible psychopathe de 32 ans. Nous allons appeler à comparaître et à témoigner toutes les fantasmagories de cet esprit qui se croit supérieur. Aux côtés des enquêtes norvégiens, nous allons essayer de comprendre comment ces démons ont pu le convaincre de commettre un acte d’une telle cruauté préméditée. Et pour ce faire, nous nous appuierons sur le manifeste de 1 500 pages que le meurtrier (et peut-être ses complices) a mis en ligne sur Internet.
Ce document est un monceau d’absurdités : recréer l’ordre des Templiers avec Anders Breivik comme "chevalier justicier". L’objectif annoncé est de rassembler une armée de demeurés haineux pour libérer l’Europe des immigrants d’ici 2083. Breivik semble avoir agi à l’occasion du 200e anniversaire de la mort de Karl Marx, qu’il déteste et accuse d’être responsable du développement de l’égalitarisme, du féminisme, du multiculturalisme et de toutes sortes de maux. Le Mein Kampf de Breivik regorge de ruminations adolescentes piochées sur Wikipédia à propos d’Antonio Gramsci, de Theodor Adorno ou l’islam et je dois bien avouer ne pas avoir m’être acharné à le lire en entier.
J’en ai toutefois lu suffisamment pour en saisir l’essentiel et il se dégage de ses obsessions quelque chose d’à la fois étrange et de troublant. Il déblatère contre l’EUSSR assimilation de l’UE à l’URSS et "l’Eurabia", s’en prend au multiculturalisme qu’il qualifie de "vaste mensonge" et affirme que "le politiquement correct étend son ombre sur les sociétés d’Europe occidentale". "L’Union européenne peut-elle changer ?, demande-t-il. J’en doute. L’Union européenne est tenue par une classe de bureaucrates égoïstes qui ne cherchent qu’à augmenter leur pouvoir et leur budget malgré tout le mal qu’ils font".
Breivik estime que l’Europe a été systématiquement trahie par l’immigration de masse en provenance des pays musulmans, et que les méthodes de cette immigration restent cachées aux yeux des électeurs. Il cite également un grand nombre de commentateurs britanniques pour étayer ses propos. De fait, il est surprenant de voir combien cet extrémiste norvégien maîtrise les discours politiques du monde anglo-saxon.
Des points communs avec certains terroristes islamistes
Chers amis, il n’y a pas d’autre façon de le dire : une bonne partie de ce que raconte ce dangereux déséquilibré pourrait être tiré de divers blogs et commentaires qu’on trouve dans les médias, notamment les plus conservateurs, au Royaume-Uni. Certains en lisant cette horrible logorrhée, se diront qu’il a été poussé à agir par des discours enflammés. Ils diront que cet acte barbare est la conséquence d’une haine féroce de l’EUSSR et de l’immigration, tout comme les attentats du 11 septembre ont été provoqués par des partisans d’un islam fanatique.Il ne fait guère de doute, a priori, qu'Anders Breivik a beaucoup de points communs avec certains terroristes islamistes responsables récemment d'attentats-suicides. L'émancipation féminine le dérange, et il estime que les femmes seraient mieux à la maison. Il semble plutôt remonté contre l'homosexualité. Et par-dessus tout – c'est ce qui le rapproche très nettement des islamistes –, il est convaincu qu'une profonde décadence règne chez les chefs religieux de sa propre confession et qu'ils ont dévié de l'orthodoxie. Tout ce qui ressemble de près ou de loin à un mélange des cultures le dégoûte, comme c'est le cas de bien des terroristes musulmans.
Beaucoup diront que nous sommes face à une image en miroir du terroriste islamiste : un homme motivé par une folie idéologique identique, mais inverse. Il y a certes une symétrie, mais dans un cas comme dans l'autre, dans celui de Breivik comme dans celui du kamikaze musulman, je ne crois pas que l'idéologie soit réellement au cœur du problème.
Dimanche, des journalistes de la télévision avaient retrouvé une de ses connaissances en Norvège, un type du nom d'Ulav Andersson, qui disait avoir bien connu Breivik. Toute l'histoire sur les Templiers l'a surpris, car Breivik n'avait jamais été très pieux, et son ami ne le savait pas versé dans la politique. "Il ne semblait pas avoir d'opinions très arrêtées", résume Ulav Andersson. Il s'était juste montré amer et irritable, se souvient-il, quand une fille qu'il aimait bien l'avait plaqué pour un autre homme, d'origine pakistanaise.
L'explication n'est pas à chercher dans l'immigration, l'Eurabie, les hadiths, ou le complot des eurocrates contre le peuple. L'explication ne tient pas à l'idéologie, ni à la religion. L'explication tout entière est à chercher dans cet homme, et dans son sentiment d'impuissance face à la gent féminine. Elle peut aussi être avancée (et elle l'a été) pour de nombreux jeunes terroristes musulmans. Les raisons fondamentales de leur cruauté prennent leurs racines dans leur sentiment de rejet et d'aliénation. L'idéologie, elle, vient seulement leur donner une cause à brandir, elle vient potentialiser le poison dans leur sang, leur fournir un prétexte pour mettre en scène cette rancœur qui les anime de façon formidable – et un prétexte pour tuer.
Impuissance et rejet
Une leçon importante doit donc être tirée du cas Anders Breivik. Il a tué au nom du christianisme mais, naturellement, nous n'accusons pas pour autant tous les chrétiens ni la "chrétienté". Pas plus que nous ne devrions, de fait, accuser l' "islam" de tous les actes terroristes commis par de jeunes musulmans. Il arrive que certains jeunes hommes pathétiques soient rongés par un sentiment d'impuissance et de rejet et exercent une terrible vengeance sur le monde qui les entoure. Il arrive que des gens se sentent si faibles qu'ils en viennent à ressentir le besoin de tuer pour se sentir forts. Tous ceux-là n'ont pas besoin d'une idéologie pour avoir ce comportement.Michael Ryan, le meurtrier de Hungerford [16 morts en 1987, en Angleterre] n'affichait aucune idéologie, pas plus que Thomas Hamilton à Dunblane [17 morts, dont 16 enfants, dans une école écossaise en 1996]. Chercher toute autre explication à leurs actes (étudier des facteurs "sociaux" complexes, ou se pencher sur les conséquences du multiculturalisme en Scandinavie), ce n'est ni plus ni moins qu'entrer dans leur jeu présomptueux.
Anders Breivik a peut-être bâti un manifeste pontifiant de 1 500 pages, mais comme tant d'autres hommes de son acabit, ce n'est guère plus qu'un individu narcissique et égotiste qui ne supportait pas d'être repoussé. Ne gâchons pas notre temps à réfléchir à son cas, gardons nos pensées pour les victimes et leur famille.
Si, parmi les auteurs de romans policiers ou de thrillers politiques, les Scandinaves ont tant de succès, c’est parce qu’ils savent diagnostiquer les maux de leur pays. Un Straalesen en Norvège, un Mankell en Suède, un Indridason en Islande ont repéré les failles de ce Nord qui n’est pas aussi lisse qu’il veut le croire. Le carnage d’Oslo confirme que la réalité n’a pas de peine à dépasser la fiction; la xénophobie nationaliste évoquée dans les romans peut hélas se muer en tragédie nationale.
Dans un registre moins glorieux, la littérature norvégienne a vu éclore un autre rayon, celui qui, de réunion politique en tract électoral, s’emploie à ancrer l’idée que l’islamisation est en marche, qu’elle va tout balayer et qu’elle est la cause de tous les vices.
Dans ce pays foncièrement protestant qu’est la Norvège, où l’Église luthérienne a rang d’Église officielle, la population étrangère a effectivement progressé en dix ans au point de représenter 10 % des 4,8 millions d’habitants. Mais cette proportion est largement due à des flux riverains venus des pays baltes, d’Allemagne, de Pologne, voire des Danois et des Suédois attirés par le pétrole norvégien et par un chômage inférieur à 3 %. Ce qui n’est pas de nature à bouleverser les équilibres antérieurs.
En surdimensionnant le poids réel de l’immigration pakistanaise, irakienne ou turque, la prose xénophobe qui circule en Norvège s’emploie surtout à exciter les esprits et à créer des réflexes de croisades et de contre-croisades dont le tueur d’Oslo a fait son discours halluciné. Si les partis populistes qui prospèrent en Europe n’ont aucune responsabilité organique dans la préparation des attentats d’Oslo, il faudra bien qu’ils s’interrogent sur le côté pyromane de l’argumentation qui se fait un devoir (et parfois un honneur) de présenter tout musulman comme un ennemi. On ne peut pas ironiser sur les islamistes qui s’inquiètent d’une invasion chrétienne en Somalie, en Irak ou en Afghanistan et s’extasier devant la rhétorique du chaos dont se délectent certains de nos élus européens.
Cette idéologie incite à la surenchère. Anders Breivik s’en est pénétré et l’a adoptée jusqu’à croire utile de tirer au fusil sur les jeunes militants socio-démocrates, comme si cette tuerie allait éliminer la prochaine génération des responsables politiques qu’il exècre tant.
On est ici au cœur d’un concept qui a traversé tous les siècles et toutes les cultures, l’idée que « c’était mieux avant », mieux parce que plus homogène et moins mouvant. En se saisissant de l’étendard chrétien comme s’il se promenait dans un jeu de rôles, Breivik a fait le contraire de ce à quoi il pensait. Il croyait se projeter dans le futur, il s’est couché dans le passé. Le héros qui rêvait de parader au tribunal en uniforme n’est qu’un dangereux paumé tout étonné de n’être pas traité en prisonnier de guerre. Quant au défenseur de la civilisation européenne, il est très banalement le clone occidental des terroristes d’al-Qaïda, aussi misérable, aussi pathétique et aussi stérile qu’eux.
La nouvelle batterie de mesures de l'UMP contre l'immigration
Après les 35 heures, l'immigration. L'UMP a réuni une nouvelle convention thématique sur ce sujet qui vient de faire l'objet d'une nouvelle loi au Parlement, jeudi 7 juillet. Une manière de répondre aux attaques venues à la fois de la gauche et du Front national sur cette question, dont s'est emparé le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, dans la perspective de 2012.
L'ENCADREMENT DE LA BINATIONALITÉ TOUJOURS SUR LA SELLETTE
En juin, la question de la binationalité a donné lieu à une brève passe d'armes entre les deux tendances. Lionnel Luca, membre de La Droite populaire, souhaitait encadrer la binationalité. Mais le gouvernement n'a pas souhaité le suivre sur ce terrain polémique. Notamment parce qu'une bonne partie des Français vivant à l'étranger, qui constituent un vivier électoral pour le parti présidentiel, possèdent deux nationalités.
M. Luca avait menacé de démissionner de son poste de secrétaire national à l'immigration. Mais il est finalement resté, Jean-François Copé ayant promis qu'une autre convention du parti serait consacrée à cette question. Mais Claude Guéant a déjà fait savoir son opposition de principe, rappelant, jeudi sur RTL, que "le gouvernement n'a aucune intention de changer la loi dans ce domaine". Le ministre précise qu'il s'agit d'"un faux problème parce que les binationaux n'ont pas le choix. Ils sont binationaux du fait des législations des Etats, et la réalité du problème c'est celle des conditions dans lesquelles on entre dans la nationalité française".
FUSIONNER LES ORGANISMES DE STATISTIQUES ?
Par ailleurs, le ministre a assuré une nouvelle fois, jeudi, qu'il serait "irresponsable de ne pas agir" pour réduire l'immigration légale, car "les capacités d'accueil de la société française ne sont pas sans limites". L'UMP propose par exemple d'interdire, sauf cas exceptionnel, la régularisation d'une personne entrée illégalement sur le territoire.
Le parti propose également une série de mesures au niveau européen : renforcement des moyens de Frontex, l'agence européenne de surveillance des frontières, ou création d'un système de "caution retour" : pour les cas considérés comme "à risque" par le parti, un visa de court séjour ne serait délivré qu'en échange d'une caution financière, rendue lors du retour de la personne.
Le coût de l'immigration, question qui agite l'extrême droite et la frange la plus droitière de la majorité, est également abordé. Le parti ne propose rien de moins que de fusionner l'Institut national de la statistique et des études économique (Insee), la direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) et l'Institut national des études démographiques (INED) en un seul, l'Institut national des études et statistiques (INES). Celui-ci "serait notamment chargé de proposer des pistes pour améliorer le recensement et les études sur l'immigration (coût, démographie…)".
DES STATUTS MODIFIÉS POUR LES MIGRANTS
L'UMP évoque aussi la mise en place d'un "contrat à durée déterminée de trois à cinq ans pour les travailleurs immigrés" assorti d'un volet de formation, ou encore la possibilité de faire payer aux entreprises qui embauchent des travailleurs immigrés une taxe destinée à prendre en charge une partie des coûts du contrat d'accueil et d'intégration que signent les migrants arrivant en France, et qui oblige à une série de formations, notamment à la langue française. Un système "à points" destiné à sélectionner des immigrés en fonction de compétences spécifiques pourrait aussi être expérimenté.
Enfin, le parti évoque un conditionnement des aides sociales et familiales au respect des "obligations scolaires" des enfants immigrés et au respect des conditions du contrat d'accueil et d'intégration.
La liste des métiers ouverts aux étrangers réduite de moitié
En avril, le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, formulait le souhait de "réduire l'immigration légale liée au travail." Le gouvernement voulait alors diminuer de moitié le nombre de permis de travail accordés aux étrangers sur le territoire français. Pour atteindre cet objectif, les ministères de l'intérieur et du travail viennent de transmettre aux syndicats un projet d'arrêté fixant la nouvelle liste des métiers "en tension" ouverts aux étrangers non ressortissants de l'Union européenne. Cette nouvelle liste devrait ainsi être diminuée de moitié par rapport à celle de 2008, affirme le quotidien Les Echos. Désormais, seules quinze familles de métiers seront accessibles aux non-Européens, contre trente auparavant.
Cette liste comprend en outre une nouvelle disposition qui permettra aux régions de l'adapter en fonction de leurs besoins spécifiques. Les préfets pourront en effet décider désormais ne pas retenir certaines familles de métiers de la liste si ces métiers ne sont pas en tension sur leur territoire. Ils pourront même "se contenter d'un seul métier" s'ils le veulent, souligne ainsi Les Echos.SECTEURS TOUCHÉS : LE BTP ET L'INFORMATIQUE
Sont désormais retirés de la liste des métiers comme agent d'assurance, installateur d'ascenseur ou géomètre, pour lesquels l'immigration par le travail était déjà quasi inexistante. Les restrictions les plus importantes concernent surtout les secteurs de l'informatique et du BTP. "Les postes de chargés d'études, de chefs de chantier et de conducteurs de travaux sortent ainsi de la liste, qui n'inclut plus, dans ce secteur phare, que le poste de dessinateur", explique ainsi le quotidien Les Echos.
Le ministère du travail a indiqué que la liste, soumise aux syndicats, pouvait encore être modifiée et qu'elle serait définitivement arrêtée dans la première quinzaine d'août. Les syndicat s'étaient montrés hostiles à une telle mesure, critiquant une approche "nationaliste" du gouvernement, et le patronat avait considéré que ce n'était pas une priorité.
Chaque année, près de vingt mille visas de travail sont délivrés. Ils concernent le plus souvent des changements de statut pour des personnes déjà présentes sur le territoire. Les conséquences de ces nouvelles restrictions sur le marché de l'emploi sont difficiles à évaluer. Selon les estimations des Echos, entre dix mille et douze mille postes seraient ainsi " libérés" sur le territoire français.
L'obsession sexuelle à la Française selon Newsweek
lundi 25 juillet 2011
ATTALI,SOCIALISTE OU LIBÉRAL ?
« Le dernier rapport de Jacques Attali n’a tiré aucune leçon de la crise. Pour « libérer la croissance », il propose la réduction de la dépense publique de 50 milliards d’euros en trois ans. Jacques Attali a donc eu une grande idée. Demander aux salariés, aux familles, aux bénéficiaires des prestations sociales, aux consommateurs, aux usagers des services publics de payer la facture de la crise. Souhaitons que ce rapport n’ait d’autre utilité que de faire parler de son auteur. » A écouter Benoit Hamon, porte parole du parti socialiste, on pourrait croire que l’ancien conseiller spécial de F.Mitterrand est un méchant super-ultra-néo-maxi libéral qui veut opprimer les faibles pour enrichir les riches. Alors, Libéral ou pas J.Attali?
Je n’ai pas lu le rapport en question. J’avais entamé le rapport pour libérer la croissance qu’il a remis au président de la République en 2008. Mais c’est sur un de ses deniers ouvrages, « Tous ruinés dans 10ans », que je vais bâtir mon analyse.
Cet ouvrage commence par une très longue présentation non-partisane de la dette souveraine, de son histoire, de ses mécanismes et des risques qu’elle fait peser sur la société quand elle n’est pas maitrisée. Il faut vraiment s’appeler Benoit Hamon, avoir son âme à l’extrême gauche de l’échiquier politique ou n’avoir absolument aucune idée du fonctionnement de l’économie (ce qui dans ces trois cas revient au même) pour penser que la dette, au niveau où elle est et au vu des marges de manœuvre qu’il nous reste, n’est pas un problème. Sans revenir sur ce qu’est la dette. Sans rappeler que l’épargne prêtée à l’Etat, c’est de l’épargne en moins pour que les entreprises investissent et embauchent. C’est la question politique qui est intéressante. Qu’ont soit de gauche et plutôt Keynésien, ou de droite et plutôt libéral… l’ensemble des économistes sont quand même d’accord sur un point : 30 années de déficits publics sans interruption sont nocives pour la santé économique d’un pays. A travers le monde, ce ne sont d’ailleurs pas forcément les gouvernements de droite qui ont mené des politiques de rigueur. Les gouvernement de gauche étant plus légitime à les mettre en œuvre, car plus proche du peuple aux yeux des gens. En France, on ne peut plus monter les impôts. Même si notre fiscalité est dans l’ensemble illisible et à certains égards injuste, il n’empêche qu’elle est globalement très lourde et qu’on ne peut pas l’alourdir encore sans détruire l’économie française pour les 50 années à venir. La maitrise de la dépense publique n’est pas un clivage gauche droite. La position prise par J.Attali n’est pas néolibérale. Elle est réaliste. Les gens qui prétendent aujourd’hui qu’on peut continuer sur le même modèle ne vivent pas dans le monde réel et leur discours ne peut être qualifié que d’extrémiste.
Là où il y a un vrai clivage, là où J.Attali se démarque, c’est au moment où il propose des solutions pour remédier à cette crise de la dette publique. A ce moment, il y a une différence fondamentale entre une politique libérale et une politique socialiste. Pour résumer très grossièrement la voie prônée par l’essayiste, c’est dans une forte centralisation et concentration du pouvoir de décision que nous trouverons la solution à nos problèmes. Il s’agit de confier notre souveraineté économique à une entité supranationale qui, parce qu’elle disposera de pouvoirs plus grand, sera plus sage et plus efficace : une banque européenne d’investissement pour financer les infrastructures, une harmonisation européenne de la fiscalité, une autorité européenne de régulation des marchés financiers, émission de bons pour s’endetter à l’échelon européen (un Trésor Européen), fond européen de garantie, caisse européenne d’amortissement de la dette…
Et c’est là où Attali est un véritable socialiste. Pour lui, la rédemption passe par une concentration des pouvoirs entre quelques mains qui devront user de ce pouvoir avec sagesse. Le socialisme, c’est ça : c’est cette idée que nous devrions tous mettre nos sous dans une grande boite et que ces sous serontt gérés avec sagesse par des gens très intelligents qui ne se tromperont jamais et qui ne seront jamais corrompus. Et pour qu’il soit plus fort ce socialisme, il doit être mutualisé à l’échelon européen. Les libéraux auront une réponse tout à fait différente.
Un libéral vous dira que quand la FED (Banque centrale des USA) a trop de pouvoir, elle injecte parfois beaucoup trop de liquidité dans l’économie et alimente les bulles spéculatives… c’est un exemple parfait de l’impacte néfaste de trop de pouvoir entre peu de mains. Un libéral vous dira que la concurrence, c’est aussi bon en ce qui concerne la fiscalité. La compétition entre les Etats européens pour attirer les entreprises les poussera à la plus grande efficience de l’économie. Le pouvoir de décision ne doit pas être confisqué à un échelon toujours plus lointain. Il doit être redonné aux citoyens et pas laissé entre les mains de quelques technocrates… La politique budgétaire des Etats européens n’échappe pas à une règle comportementale. Plus le risque est mutualisé, plus il y a un risque d’aléa moral : faire porter par les autres les risques qu’on prend soi-même. Dans ce cas, le laxisme budgétaire. Chacun risque de se dire, puisqu’il y a un fond de réserve, puisqu’il y a une solidarité imposée entre Etats européens, en cas de défaut de paiement, Bruxelles viendra à mon secours. Exactement comme les banques américaines qui ont pris des risques inconsidérés parce qu’elles savaient qu’elles seraient sauvées par le Trésor Américain.
J.Attali n’est pas libéral. mais bien socialiste. Il a juste accepté que l’économie de marché était plus efficace pour produire des richesses, pour pouvoir en redistribuer. Les solutions qu’il propose n’en sont pas moins socialistes. Ce communiqué de presse du PS nous montre surtout que ce parti n’est pas en mesure aujourd’hui de prendre ses responsabilités et regarder la réalité en face.
Mort de Michel Cacoyannis, réalisateur de "Zorba le Grec"
Né à Chypre, Cacoyannis est devenu internationalement connu avec Zorba le Grec, primé de trois Oscars en 1964.
Le film était une adaptation du roman de l'auteur grec Nikos Kazantzakis. Anthony Quinn, Alan Bates, Irène Papas, Lila Kedrova jouaient dans le film, sur une bande originale de Mikis Theodorakis, l'un des plus célèbres compositeurs grecs. Dans la scène ci-dessous, Zorba apprend à Basil, un écrivain britannique en visite en Grèce, à danser le sirtaki
Son film Electre, tiré de la tragédie d'Euripide, a reçu le prix de la meilleure transposition cinématographique et le grand prix de la Commission supérieure technique du cinéma français en 1962 au Festival de Cannes, où il a été six fois en compétition au cours de sa carrière. Ces dernières années, Michel Cacoyannis avait dirigé la mise en scène de nombreuses pièces de théâtre, précise I Kathimerini.
Autre lien :TO BHMA
Nafissatou Diallo : "Je n'ai pas le choix, je dois me montrer en public"
La femme de chambre qui accuse Dominique Strauss-Kahn de tentative de viol rompt son silence lundi 25 juillet dans la presse américaine, déclarant à Newsweek que l'ancien directeur du FMI lui est apparu comme un "homme fou" et l'a attaquée alors qu'elle entrait dans sa suite de l'hôtel Sofitel de New York le 14 mai.
Nafissatou Diallo donne au magazine et à la chaîne ABC News, à qui elle a également accordé un entretien, la permission de l'identifier par son nom. Son visage apparaît de profil à la "une" de l'édition du 25 juillet de Newsweek. C'est la première fois que cette immigrée guinéenne âgée de 32 ans s'exprime dans les médias alors que Dominique Strauss-Kahn doit comparaître dans une semaine, le 1er août, pour une nouvelle audience. Les avocats de l'ancien ministre socialiste dénoncent une tentative tardive de la part de la jeune femme et sa défense pour obtenir de l'argent de Dominique Strauss-Kahn.
UN NOM ET UN VISAGE
"Je veux la justice. Je veux qu'il aille en prison, déclare Nafissatou Diallo dans son entretien à la chaîne ABC News, qui sera diffusé lundi matin. Je veux qu'il sache qu'il y a des endroits où on ne peut pas utiliser son argent, où on ne peut pas utiliser son pouvoir." L'un de ses avocats, Douglas Wigdor, a déclaré qu'elle avait décidé de s'exprimer publiquement pour que le monde sache qu'elle n'est "ni une artiste du racket ni une prostituée". "Elle est attaquée (...) et elle a jugé important de mettre un nom et un visage sur son récit", a-t-il ajouté.
Douglas Wigdor a également déclaré que Nafissatou Diallo comptait prochainement déposer une plainte au civil, ce qui implique que son nom soit alors rendu public. L'usage veut qu'aux Etats-Unis l'identité des victimes présumées de viol ne soit pas dévoilée, même si le nom de Nafissatou Diallo a déjà circulé dans de nombreux médias. "Je n'ai jamais voulu me montrer en public, mais je n'ai pas le choix, déclare la jeune femme qui a passé deux mois recluse dans un hôtel avec sa fille adolescente depuis sa plainte. Je dois maintenant me montrer en public. Je le dois, pour moi-même, je dois dire la vérité."
"BONJOUR ? SERVICE DE CHAMBRE"
Pour Newsweek, Nafissatou Diallo revient sur ce qui s'est passé le 14 mai dans la suite 2806 du Sofitel. Après que l'un de ses collègues lui a indiqué que la suite était libre, elle entre et lance à la cantonade "Bonjour ? Service de chambre." Aucune réponse. La femme de chambre pénètre dans la suite. Alors qu'elle inspectait le séjour à la recherche de bagage, un homme nu apparaît. "Oh, mon dieu, lance-t-elle, je suis désolée !" "Vous n'avez pas à être désolée", lui aurait répondu Dominique Strauss-Kahn.
S'ensuit alors une lutte, au cours de laquelle celui qui est alors le directeur général du FMI va la forcer, selon sa version des faits, à lui prodiguer une fellation. "Je l'ai poussé. Je me suis levée. Je voulais l'effrayer. J'ai dit : 'Ecoutez, mon superviseur est juste là !'" DSK lui aurait alors répondu que personne n'allait les entendre. La jeune femme parvient à s'échapper. "J'ai couru. J'ai couru hors de la suite. Je ne me suis pas retournée. J'ai couru dans le couloir. J'étais si nerveuse, si effrayée. Je ne voulais pas perdre mon travail", se souvient-elle.
Nafissatou Diallo avait laissé son matériel de nettoyage dans la chambre 2820, juste avant d'aller vérifier si la suite 2806 était bien libre. Après avoir vu M. Strauss-Kahn quitter l'étage, elle retourne chercher ses affaires. "Je ne savais pas quoi faire", explique-t-elle à Newsweek. Le bureau du procureur émettra par la suite quelques doutes sur sa version des faits après sa sortie de la suite.
Devant le grand jury, elle avait indiqué qu'elle s'était cachée dans le couloir. Elle modifiera sa version par la suite, racontant qu'elle avait nettoyé la chambre 2820, puis commencé à s'occuper de la suite de M. Strauss-Kahn. Citant le rapport de l'hôpital où elle a été examiné quelques heures après les faits, Newsweek indique que beaucoup d'éléments de sa version des faits s'y reflètent, notamment une "rougeur" à l'entrejambe et une douleur à l'épaule.
Au début de juillet, l'affaire a connu un spectaculaire rebondissement avec la remise en question de la crédibilité de l'accusatrice, soupçonnée d'avoir menti sur plusieurs aspects de sa vie passée, puis la levée de l'assignation à résidence de Dominique Strauss-Kahn. Dans son entretien à ABC, la femme de chambre reconnaît des "erreurs", selon la chaîne, mais celles-ci ne doivent pas, selon elle, empêcher l'accusation de poursuivre son travail.
Newsweek revient sur le fameux coup de téléphone à l'origine de ce rebondissement. Quelques jours après les faits, Nafissatou Diallo avait appelé un homme, détenu en Arizona pour trafic de drogue. Elle lui aurait déclaré : "Ne t'inquiète pas, ce type a beaucoup d'argent. Je sais ce que je fais." "La citation était une paraphrase d'un résumé de l'enregistrement, et les mots exacts sont quelque peu différents", croit savoir l'hebdomadaire, qui se fonde sur plusieurs sources anonymes.
Au sujet de cet homme, la femme de chambre explique qu'elle ne lui parle plus et que ce dernier a utilisé son compte en banque à son insu pour faire circuler des dizaines de milliers de dollars dans le pays. "C'était mon ami. Je lui faisais confiance", raconte-t-elle. Elle a, en revanche, reconnu que le récit à l'appui de sa demande d'asile était "enjolivé". Ce mensonge pourrait l'empêcher de remporter la bataille judiciaire contre M. Strauss-Kahn, indique Newsweek.
Un porte-parole du bureau du procureur de Manhattan chargé du dossier, Cyrus Vance, n'a pas souhaité commenter ces interviews. "Nous ne parlerons pas des faits ou des preuves dans ce qui reste une enquête en cours", a-t-il dit.
"CAMPAGNE MÉDIATIQUE"
L'ancien favori socialiste à l'élection présidentielle de 2012, qui est âgé de 62 ans, rejette les accusations de Diallo. "Elle est la première accusatrice de l'histoire à mener une campagne médiatique pour persuader un procureur de maintenir les charges contre une personne auprès de qui elle espère obtenir de l'argent, déclarent les avocats de l'ancien patron du FMI, Benjamin Brafman et William Taylor, dans un communiqué. Ses avocats et ses consultants en relations publiques ont orchestré un nombre sans précédent d'événements et de rassemblements médiatiques pour faire pression sur les procureurs dans cette affaire après qu'elle a dû admettre ses efforts extraordinaires pour les induire en erreur."
Les avocats de Nafissatou Diallo et de Tristane Banon, une Française qui accuse également DSK de tentative de viol, se sont rencontrés le 19 juillet au bureau du procureur de New York. France Soir publie en "une" ce lundi un témoignage de l'avocat de Tristane Banon, David Koubbi, qui dit avoir rencontré Nafissatou Diallo et avoir été impressionné par son courage.
Fan de vélo, comme chacun sait, Nicolas Sarkozy a dû savourer à sa juste mesure l’épilogue de ce Tour de France 2011. Il aurait sans doute préféré une victoire tricolore - c’est toujours bon pour le moral de la France. Il s’est certainement trouvé une infinité certaine avec le vainqueur comme avec le scénario de cette édition dite « du renouveau » aussi animée que l’année électorale qui s’annonce.
À plusieurs reprises, le futur candidat a déclaré qu’il ne souhaitait pas courir avec le maillot jaune sur les épaules. Il est effectivement loin de le porter si l’on en croit les derniers sondages mais on peut comprendre aujourd’hui pourquoi ce retard ne semble pas le stresser plus que de raison. Certes, dans les intentions de vote, son retard avec François Hollande reste toujours de 14 points et d’une dizaine sur Martine Aubry, mais il n’est plus aussi décroché qu’il ne l’était au printemps quand certains observateurs le disaient quasiment en perdition. Le voilà aujourd’hui, petite étape par petite étape, qui commence à grappiller les secondes ici et là. Les grosses défaillances semblent derrière lui quand elles n’ont pas encore affecté ses principaux rivaux, si on met de côté, bien sûr, la chute prématurée de DSK. Dans le sondage du «Journal du dimanche» d’hier, qui l’avait crédité en avril de son plus mauvais score depuis le début du quinquennat, il a brutalement repris six points. Une embellie qui ne doit rien au hasard puisqu’elle suit une échappée internationale où il a marqué des points, en particulier sur le dossier grec et sur celui de la renaissance du couple franco-allemand.
S’il n’est jamais bon quand il fait la course en tête -c’est toujours dans cette situation qu’il commet des erreurs- le coureur Sarkozy est un excellent poursuivant. Déjà, en 2007, c’est dans les trois derniers mois de la compétition qu’il avait produit l’effort décisif.
Depuis quelques semaines, il a su se faire habilement oublier sur les horizons français. C’est qu’il se réserve pour les rendez-vous de la montagne où il est capable de mettre le grand braquet et de le tenir jusqu’à la ligne d’arrivée. Il ne risque pas la fringale puisqu’il a déjà mangé son pain noir et qu’il en a tiré une énergie de revanche.
Sera-t-il capable, à la façon d’un Contador, de dépasser le rejet d’une partie du public pour s’imposer à l’usure comme Cadel Evans ? La route est encore longue.
«Le PS est un parti égotique, obsédé par lui-même»

Sarkozy a-t-il changé d'attitude depuis que ses sondages sont meilleurs ?
Absolument pas. Il ne se laisse pas distraire quand sa cote de popularité remonte et n'est pas affecté quand elle recule. Quels que soient les sondages, le président est le même. Il fait preuve de détermination et de concentration. Il n'est pas rentré dans l'arène politicienne et ne fait aucun commentaire sur l'affaire Dominique Strauss-Kahn et la primaire socialiste. Il y a quelques mois encore, toutes les critiques se focalisaient à tort sur lui. Ce n'est plus le cas. Les Français ne vont plus seulement juger Nicolas Sarkozy. Ils vont le comparer aux autres candidats. Or, il est le seul crédible.
Les promesses de 2007 ont-elles été tenues ?
Oui. En outre, beaucoup a été fait dans des domaines où l'on n'attendait pas forcément la droite : l'enseignement supérieur, l'environnement, la culture. Surtout, les impôts pour les classes moyennes n'ont pas augmenté. C'est la première fois depuis Georges Pompidou.
Que pensez-vous de la situation au PS ?
Je ressens une vraie fébrilité. Au PS, c'est l'événement qui dicte la pensée. Il suffit qu'il y ait des morts de militaires en Afghanistan pour que, du jour au lendemain, les socialistes demandent le retrait des troupes sans peser les conséquences d'une telle décision sur le risque terroriste. Il y a un terrible tsunami au Japon et immédiatement le PS réclame dans la précipitation et la hâte la fin du nucléaire en France. Sur l'euro, nous avons assisté avant le sommet de jeudi à beaucoup de désordre dans les déclarations, alors que le sujet exige de la prudence. Le PS manque de sang-froid. Les candidats à la primaire réagissent à chaud, au gré des événements, sans qu'aucune ligne commune ne se dégage entre eux. Le PS est un parti égotique, obsédé par lui-même. Ses leaders donnent l'image de politiques qui se préoccupent davantage d'eux que des problèmes des Français. C'est consternant.
Que doit faire la majorité pour continuer à marquer des points ?
Ouvrir dès maintenant les portes de l'arène politicienne serait une erreur et un piège. Laissons à l'opposition les préoccupations politiciennes ! Le gouvernement poursuit son travail. La majorité le soutient tout en jouant son rôle d'aiguillon et de proposition. Et l'UMP tourne à plein et construit le projet. Chacun a sa place.
Décès du neuropsychiatre David Servan-Schreiber
Le neuropsychiatre David Servan-Schreiber, qui luttait contre une grave rechute d'un cancer apparu en 1992, s'est éteint dimanche soir à l'hôpital des Hauts Falaises à Fécamp, en Seine-maritime, a annoncé son frère Franklin à l'AFP. "Mon frère s'est éteint entouré de ses trois frères et de sa mère (...) Il est parti en douceur. Il s'est éteint en paix et sereinement." Agé de 50 ans, David Servan-Schreiber, décédé peu avant 22h, était "depuis trois jours dans un semi-coma", a précisé Franklin. "Son fils Sacha était présent une heure avant qu'il parte", a-t-il ajoutédimanche 24 juillet 2011
Les dividendes du sauvetage grec
En contrepartie, l’Élysée a accepté en dernier ressort le principe d’un défaut, c’est-à-dire de pertes pour certains établissements financiers. "Cet accord a été finement négocié sur la base de propositions très divergentes", salue Philippe Marini, rapporteur UMP du budget au Sénat. "Nous avons fait un pas considérable. C’est un profond changement dans la nature des mécanismes européens", se félicite Gilles Carrez, son homologue à l’Assemblée.Une hausse de 15 milliards d’euros de la dette française à l’horizon 2014
Nicolas Sarkozy entend continuer de creuser ce sillon porteur. Le chef de l’État promet de faire de nouvelles propositions pour renforcer l’intégration européenne. Et, sur le plan intérieur, il n’a pas renoncé à porter la "règle d’or" devant le Congrès, au nom de la crédibilité financière de la France. Cette loi constitutionnelle qui engage le gouvernement à réduire les déficits est refusée par la gauche et n’a aucune chance d’être adoptée. Mais elle permet à l’UMP d’instruire le procès en laxisme du PS, faisant oublier que la majorité a voté en 2007 la baisse d’impôts la plus coûteuse de l’histoire, dans la loi Tepa. Résultat, Martine Aubry et François Hollande ont amendé mi-juillet le projet du PS, qui repoussait d’un an la réduction du déficit. Ils s’alignent sur la programmation du gouvernement à 3 % pour 2013.Le chef de l’État a laissé son Premier ministre dévoiler une face plus sombre du sauvetage grec. François Fillon a indiqué vendredi que la mise en œuvre du plan se traduira par une hausse de 15 milliards d’euros de la dette française à l’horizon 2014. Le gouvernement, qui tablait sur une baisse de l’endettement à partir de 2013, va devoir refaire ses comptes. En théorie, cette nouvelle charge sera indolore pour les contribuables. Sauf si le redressement promis par Athènes est une nouvelle fois retardé. Or, les 50 milliards d’euros de privatisations promis par la Grèce restent à concrétiser et, à Paris, la commission des finances du Sénat doute que la somme puisse être rapidement réunie. La stabilité des impôts français est entre les mains des Grecs.
Grèce: "le chemin est long" (Papoulias)
L'accord de la zone euro sur un nouveau plan d'aide à la Grèce est une avancée pour l'intégration européenne mais "le chemin est encore long", a affirmé dimanche le chef de l'Etat grec, Carolos Papoulias.
"Après un grand retard pris, un pas a été fait pour l'intégration européenne mais le chemin est long", a souligné M. Papoulias à l'occasion de la célébration des 37 ans depuis la restauration de la démocratie en Grèce après la chute de la dictature des colonels, le 24 juillet 1974.
Après avoir accordé en 2010 une première aide à la Grèce, la zone euro a décidé jeudi à Bruxelles de soutenir le pays avec un deuxième paquet d'environ 160 milliards d'euros pour alléger sa dette colossale et empêcher une contagion de la crise à d'autres pays européens. Réitérant que la Grèce "se trouve à un point crucial", M. Papoulias a incité les autorités à lutter contre l'évasion fiscale, problème endémique dans le pays et "faire payer ceux qui cachent leurs revenus ou qui ont des comptes bancaires lourds à l'étranger".
"L'enjeu est d'instaurer des règles de démocratie économique. Les salariés et les retraités ont déjà payé beaucoup", a lancé M. Papoulias faisant allusion à la hausse des impôts et des taxes après la rigueur stricte imposée depuis le début de la crise en 2010. "Il faut activer la législation sur le blanchiment d'argent et lever le secret bancaire quand les revenus déclarés et la fortune d'un contribuable sont disproportionnés", a dit M. Papoulias.
Le président a estimé que "la crise économique était devenue une crise politique" et que "certains faisaient en sorte qu'elle devienne aussi une crise de la démocratie".
L'Etat doit veiller à "la justice sociale et avoir un plan pour dissuader les tensions sociales incontrôlables", a-t-il ajouté. Lors des manifestations des milliers de personnes à Athènes fin juin contre un nouveau programme d'austérité, la police a été fortement critiquée par les partis, les médias et les associations des droits de l'Homme pour l'usage de gaz lacrymogènes "disproportionné" causant environ 200 blessés.
Sarkozy, le rebond
Les sondages le donnent toujours battu au second tour
Bruxelles tend la main à l'Irlande
L’irruption du terrorisme dans le quotidien d’un peuple est toujours un traumatisme absolu. En Norvège, elle est vécue avec d’autant plus de douleur qu’elle est totalement étrangère à l’histoire du pays et de son peuple. Quand les Danois vivent depuis 2006 avec la crainte de représailles contre les caricatures de Mahomet qui avaient provoqué la colère des fondamentalistes musulmans dans le monde arabe, les Norvégiens, eux, se croyaient à l’abri d’un danger qui effraie le monde occidental depuis maintenant dix ans.
La situation provoque un désarroi à la mesure de l’inexplicable qu’elle suscite. Le massacre d’Oslo n’obéit à aucune démarche rationnelle. C’est précisément ce vide inédit qui empêche l’un des États les plus paisibles du monde d’assumer ce qui s’est passé et de le dépasser. Ce matin, la Norvège est KO debout.
On trouve bien quelques voix pour critiquer une coupable passivité du gouvernement norvégien devant la montée d’un extrémisme de droite dont on aurait sous-estimé la capacité de nuisance, même cet argument ne convainc pas. Le pays a connu, pourtant, une progression d’un nationalisme identitaire qui a peu à peu fait une percée dans le paysage électoral : le parti qui en porte les concepts est le deuxième de l’opposition et il est confortablement représenté au Parlement.
Mais le poids politique de cette évolution est loin d’être suffisant pour écraser, même à la marge, la tradition profondément libérale propre à la société norvégienne.
Ici, le pouvoir ne saurait empiéter sur les libertés. Il demeure très proche des citoyens qui ne souhaitent pas l’entourer, comme dans tous les pays scandinaves, de protection et de précaution particulière. Pas question de mettre en place des systèmes de sécurité renforcés qui auraient pour conséquence de corseter une démocratie qui entend demeurer décontractée.
Les images terrifiantes des deux attentats d’Oslo n’ont pour le moment pas plus de véritables significations que les tueries de folie qu’ont connues les États-Unis et récemment l’Allemagne. Si elles plongent la Norvège dans le désarroi, elles ne parviennent pas pour autant à la faire basculer dans le chaos de passions incontrôlées. Seule lueur rassurante d’un événement sans référence.



















