TOUT EST DIT

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dimanche 10 juin 2012

Faire vivre la démocratie 


Deux anniversaires ont été célébrés cette semaine. L'un et l'autre avaient un point commun, ce que l'on appelle le courage et l'indépendance.
C'était d'abord le soixantième anniversaire du couronnement de la reine Elizabeth d'Angleterre. Femme forte, s'il en est, qui a su résister à bien des épreuves, d'abord celle de la guerre qu'elle traversa courageusement en prenant part aux opérations de secours lors des bombardements aériens, mais aussi en supportant les autres difficultés qui surgirent dans l'après-guerre : celles du ravitaillement d'un pays exsangue, celles de la reconstruction puis, plus grave encore, celles issues de la coupure de l'Europe, de la menace à l'Est.
Certes, en tant que souveraine, elle n'était pas directement impliquée dans les décisions de ses gouvernements successifs, mais elle les assumait en s'efforçant de sauvegarder la cohésion et l'unité de son peuple. Ce long règne aura vu des bouleversements considérables dans tous les domaines, mais la Reine est toujours là, admirable dans sa sérénité, au-dessus de la mêlée, assurant la pérennité de la démocratie.
Le deuxième anniversaire était celui du Débarquement du 6 juin 1944, une épopée invraisemblable qui aurait pu se terminer en fiasco terrible, une entreprise considérable dont le président de la République a rappelé les tenants et aboutissants. C'était au Mémorial de Caen, haut lieu où l'on peut méditer sur les raisons et les buts du conflit des années 1940. Il s'agissait alors d'un combat qui dépassait de loin les oppositions traditionnelles entre nations européennes. L'enjeu était ni plus ni moins que la disparition ou la survie de la démocratie dans nos pays. Tel est le message du Mémorial.
L'émergence d'une conscience européenne
Or, le président de la République l'a rappelé : « La barbarie a été possible au XXe siècle. Elle peut revenir au XXIe... Seule l'émergence d'une conscience européenne commune nous prémunira contre le retour de la haine, du nationalisme, de l'extrémisme, du populisme... Il s'agit de savoir d'où l'Europe vient et où elle doit aller. »
C'est bien de cela que dépend l'avenir de la démocratie et de la paix. C'est cela que nous devons avoir à l'esprit au moment de décider de voter ou de s'abstenir demain. On voit où est notre devoir qui est aussi une forme d'engagement plus simple, moins radical que celui des combattants d'autrefois. Mais au regard de leur sacrifice, nous ne pouvons nous mettre hors-jeu comme si nous étions devenus indifférents à cette démocratie pour laquelle ils ont souffert, pour laquelle beaucoup d'entre eux sont morts.
Cela nous impose de ne pas laisser décliner cette manière si précieuse de vivre ensemble. L'histoire nous a montré combien l'absence de cette forme de société est douloureuse et combien il est difficile ensuite de la restaurer. Voter, c'est construire la démocratie.