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mardi 6 décembre 2011

La Macédoine gagne une bataille contre la Grèce sur son nom

D’après l’arrêt rendu lundi 5 décembre par la Cour internationale de justice, la Grèce a eu tort de s’opposer à l’adhésion de la Macédoine à l’Otan. 

Sommet de Bucarest, avril 2008. L’Otan ouvre ses portes à l’Albanie et à la Croatie mais les referme pour la Macédoine. Cette dernière se retrouve en état de choc :  la Grèce a joué de son veto pour interdire à son voisin l’accès à l’organisation internationale, en raison du conflit homérique (1) qui oppose les deux pays sur le nom du jeune état né de l’implosion de la Yougoslavie en 1991.
Athènes veut que soit associé à son nom un qualificatif, tel que « Macédoine du Nord », pour distinguer son voisin du patrimoine historique héllénique et de sa province qui porte le nom de Macédoine.
En raison de ce différend qui dure depuis vingt ans, la Macédoine garde l’appellation provisoire d’ex-République yougoslave de Macédoine (Erym), parfois dénommée Ery Macédoine, ou encore ancienne République yougoslave de Macédoine (Arym, Fyrom en anglais) et reste marginalisée sur la scène internationale, le processus d’adhésion à l’Union européenne étant suspendu depuis son accès au statut de candidate en 2005.

Obligation de négocier pour les deux Etats

Econduite, l’Erym avait dénoncé en 2008 « la violation flagrante » de l’accord intérimaire de 1995 qui régit les relations gréco-macédoniennes. La Cour internationale de justice lui a, lundi 5 décembre, partiellement donné raison.
Elle juge en effet que la Grèce « ne s’est pas conformée » à ses obligations, notamment celle de l’article 1 de l’accord intérimaire qui dispose qu’Athènes « ne s’opposera pas à la demande d’admission  (de l’Erym) dans des organisations et institutions internationales, multilatérales ou régionales ».
Pour autant, la Cour n’a pas répondu favorablement à l’autre requête de l’Erym, qui voulait que la Grèce ne puisse plus s’opposer à l’avenir à toute demande d’adhésion sur la scène internationale. Car le même accord intérimaire réserve à la Grèce « le droit d’élever des objections » si une telle demande est faite sous une autre appellation que celle d’ex-République yougoslave de Macédoine.
En dernier lieu, la cour rappelle aux deux états leur obligation de négocier et juge bon de préciser qu’il ne s’agit « pas seulement d’entamer des négociations » mais qu’il convient « de les poursuivre autant que possible, en vue d’arriver à des accords »…

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