TOUT EST DIT

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jeudi 26 août 2010

Découvrez la carte des bons et des mauvais élèves de la zone euro

Au sein de la zone euro, les indices se suivent et ne se ressemblent pas. L'économie allemande plastronne avec sa croissance à 3 % alors que les dettes et déficits publics de l'Irlande, de l'Espagne et de la Grèce ne laissent pas d'inquiéter.
Quel est le point commun entre l'économie allemande, toute pimpante de sa forte croissance, et l'économie irlandaise, fraîchement déclassée par l'agence de notation Standard and Poor's ? L'euro. La zone monétaire européenne affiche en effet en son sein une forte disparité en dépit — ou à cause, diront certains — de ses taux d'intérêt uniques de la Baltique à l'Algarve fixés à Francfort par la Banque centrale européenne (BCE).

Les optimistes qui avaient espéré que les pays de l'euro convergeraient après la crise liée à la dette publique de plusieurs d'entre eux, en premier lieu la Grèce, en sont pour leurs frais. En abaissant d'un cran sa note sur la solidité financière de l'Irlande, Standard and Poor's vient de rappeler que la zone euro est loin d'être sortie d'affaire.Pour ajouter à la fébrilité sur les maillons faibles de la zone euro, les désormais fameux Pigs (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne), le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, a décidé de diriger en personne, aujourd'hui jeudi, la réunion de ses principaux ministres chargés de l'économie et des comptes publics.

À l'inverse, la première économie de la zone euro, l'Allemagne, fait preuve d'un insolent optimisme, relayé avec une moindre amplitude par ses voisins néerlandais et autrichien. Le climat des affaires outre-Rhin atteint un pic : en août, l'indice Ifo, relevé auprès de quelque 7.000 firmes, est, contre toute attente, au plus haut niveau depuis trois ans. Les firmes allemandes peuvent se financer au très favorable taux d'intérêt bas commun valable pour les 16 pays de l'euro, presque au risque d'une prochaine surchauffe. La banque centrale allemande prédit du coup une croissance de 3 % cette année en Allemagne et, surtout, que le déficit public allemand va retomber dès 2012 au seuil de 3 % du produit intérieur brut (PIB), fixé par le Pacte de stabilité européen.

Le rêve de la France

Une performance dont rêve la France, même si sa croissance au deuxième trimestre (+ 0,6 % par rapport à l'hiver dernier) n'est pas des plus mauvaises. Avec l'Italie (+ 0,4 % de croissance au printemps), la France fait partie de ce groupe de pays de la zone euro dont le PIB progresse mais qui inquiètent, en particulier les marchés financiers, sur leur capacité à réduire nettement et fortement leurs déficits et dettes publics. Le directeur de la recherche chez Natixis, Patrick Artus, distingue, lui, les pays « qui profitent peu de la croissance du commerce mondial et de celle des pays émergents » et « où la profitabilité des entreprises est insuffisante » (France, Espagne, Italie, Portugal) et ceux qui, à l'instar de l'Allemagne, savent tirer profit des économies émergentes.

Le spectre d'une restructuration de la dette grecque hante à nouveau les salles de marché. "Nous n'imaginons pas un défaut d'un pays de la zone euro", rassure Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires. Mais l'absence de cohésion dans la zone euro fait débat. "Un important conflit autour des orientations des politiques économiques s'annonce", anticipe Patrick Artus. La politique monétaire de la BCE est ainsi excessivement favorable à l'Allemagne et, peut-être, pas assez pour les "mauvais élèves".

Robert Jules et Frank Paul Weber

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