TOUT EST DIT

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mercredi 19 mai 2010

Et alors ?

L'euro va mal et alors ? La baisse de notre monnaie ne peut qu'être un stimulant pour nos exportations et la compétitivité de notre industrie, donc pour la production et la relance. Et puis il faut arrêter de plaindre et d'aider les spéculateurs qui gagnent de l'argent avec de l'argent et font fermer les entreprises. Les dirigeants européens gagneraient à se convaincre que pas plus que celle de la France, la politique de l'Europe ne doit se faire à la corbeille. La différence avec notre actualité, c'est qu'en énonçant cette vérité toujours première, le général de Gaulle se préparait à une politique monétaire rigoureuse et au refus de la domination du dollar, avec la dignité politique dont il avait fait sa marque.

Au lieu de cela nous venons, à coups de décisions partielles et temporaires, de sauver, à nouveau, les banques françaises et allemandes qui ont dans leurs comptes près de 50 % de la dette grecque, pour éviter un nouvel épisode des actifs pourris et le retour d'une autre version des subprimes. Et tant pis pour ceux qui croyaient que les considérations budgétaires avaient cédé le pas à la magnanimité et à la solidarité envers la Grèce en grandes difficultés.

La France et l'Union doivent reconquérir leur autorité économique et ne plus garantir les pertes des organismes financiers avec les impôts des citoyens. Elles empêchent ainsi les marchés de s'assainir et nient leur credo libéral qui fait si volontiers l'éloge du risque. C'est dans ce contexte de manque de fermeté politique, qu'a germé l'hypothèse controversée du contrôle des budgets nationaux par Bruxelles dont les ministres des finances débattaient hier encore. Tant que n'existe pas un Conseil des États européens, cette idée n'équivaut qu'à donner plus de pouvoir à la bureaucratique commission. Or ce n'est pas de bureaucratie dont la zone euro a besoin mais d'une politique forte pour ne plus vivre au rythme des émotions des marchés.

L'harmonisation financière, pour servir la croissance, doit s'appuyer sur l'harmonie des politiques de développement. Quand elle sera fondée sur l'aspiration au progrès de tous ceux qui la composent, l'Europe aura du sens. Sinon elle restera une banale zone de libre-échange.

DANIEL RUIZ

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