samedi 4 octobre 2014
Pouvoir d’achat : le déclin français
Le président a dit qu’il serait l’homme du pouvoir d’achat. Il dispose d’un seul moyen pour y parvenir. Il consiste à diminuer d’une manière drastique la dépense publique, comme dans de nombreux pays.
Notre pouvoir d’achat est trop élevé (en moyenne), car, en France, nous dépensons plus de richesses que nous n’en créons ! Ce qui explique nos déficits et notre dette. Le président a dit qu’il serait l’homme du pouvoir d’achat. Il dispose d’un seul moyen pour y parvenir. Il consiste à diminuer d’une manière drastique la dépense publique, comme dans de nombreux pays. Les gaspillages, les fraudes, les abus, etc. sont estimés à environ 100 milliards par an. Tout est donc possible, avec du courage et une véritable rupture ! La fin du matraquage fiscal de nos entreprises, de nos investisseurs, des classes moyennes…
Ce « choc » fiscal aurait pour conséquence la fin du chômage de masse et la reprise d’une croissance saine : la responsabilisation des citoyens, la fin raisonnable et régulée d’un État providence en faillite, l’égalité des charges pour nos entreprises.
Qu’il serait doux d’avoir un gouvernement qui ait le courage de réduire les dépenses publiques… Pour comprendre le triste moral des Français : accablés par un État hypertrophié, prétentieux et omnivore qui entend s’occuper de nous et de tout, y compris de vertu, domaine où, pourtant, il n’est guère exemplaire. Prétendant faire notre bonheur malgré nous, multipliant les lois, les décrets, les contrôles, les comités Théodule, les impôts, les taxes, les prélèvements obligatoires, cela devient insupportable ! Comment s’étonner que, malmenés, infantilisés, rackettés, les Français aient le moral à zéro !
Les leçons de morale, de gestion des entreprises, de la part de nos politiques de droite et de gauche sont pitoyables ! Nos ministres de 2014 le sont tout autant… Pas une seule personnalité de la société civile et du monde économique. Rien que des fonctionnaires, des profs et des avocats ! Rectification : Macron ministre de l’économie… Il est bien le seul.
Ils ont accumulé 30 ans de chômage de masse, des déficits chroniques, 2000 milliards d’euros de dettes. Avec en plus une crise financière et économique dont ils portent une grande part de responsabilité. Pour quel bilan ?
Pourquoi il vaut mieux jouer à Pokémon qu’au socialisme
Vos enfants préfèrent jouer en réseau qu’étudier les sciences politiques ? Laissez-les faire : c’est en ligne qu’ils ont les plus grandes chances de comprendre les vertus de la liberté et de l’échange.
Les hommes politiques et ceux qui les élisent, et d’une façon générale ceux qui pensent avoir leur mot à dire dans les choix des autres, se comportent comme une armée de joueurs se battant pour le contrôle de la souris. L’expérience a déjà été menée, ce qui permet de se faire une bonne idée de ses conséquences sur le déroulement de la partie (ou l’état du monde).
On peut s’en faire une idée dans le monde réel ; les expériences du socialisme, du collectivisme et du dirigisme se sont toujours et partout soldées par des échecs. Mais puisqu’il se trouve toujours d’irréductibles pour refuser ou manquer de voir les choses telles qu’elles sont, il faut tirer les leçons d’une expérience bien plus simple (et moins destructrice) : Twitch Pokémon.
Le principe est le suivant : un jeu théoriquement conçu pour un joueur, Pokémon, est joué par des milliers de joueurs à la fois, les décisions étant prises collectivement. Au-delà de son caractère ludique, l’expérience est riche d’enseignements. Certains, ayant trait à la gestion de projet, sont recensés dans un article :
- Leçon n°1 : donnez aux gens du pouvoir mais pas de responsabilités, et beaucoup d’entre eux se changeront en bombes à retardement.
- Leçon n°2 : malgré la Leçon n°1, la plupart des gens ont de bonnes intentions et réussissent, mais ces réussites sont dissimulées par les gens mal intentionnés.
- Leçon n°3 : ce n’est pas suffisant de savoir quoi faire et à quel moment. L’essentiel est dans la réalisation.
- Leçon n°4 : quand tout le monde est un leader, personne ne l’est.
- Leçon n°5 : avec suffisamment de ressources et de temps, la plupart des projets « aboutissent », mais au prix d’énormément de temps et énormément de ressources.
Et on peut en tirer un enseignement plus large : prendre collectivement des décisions individuelles détruit de la valeur. Au lieu de jouer chacun leur partie, et avoir finalement des milliers de parties plus ou moins abouties, les joueurs se sont unis pour jouer une seule et même partie, consommant bien plus de ressources et de temps pour des résultats moindres. Même en écartant les joueurs mal intentionnés.
Car les joueurs ont des objectifs différents, et des stratégies différentes pour les atteindre. Les décisions prises collectivement, comme les traitements statistiques, écartent souvent l’exceptionnel et l’audacieux pour préférer le moyen (ou le médiocre, selon le point de vue).
La mise en commun des décisions, des ressources et des produits n’est pas le meilleur moyen d’avancer. Même en répliquant la partie jouée par les milliers de joueurs autant de fois qu’il y a de joueurs, le produit total ne sera pas aussi bon que si chaque joueur avait joué sa propre partie. Et il est possible de faire encore mieux.
En reliant les parties les unes aux autres, non par la centralisation des décisions, mais par l’échange et la coopération, les joueurs seront tous avantagés. Personne ne sera forcé de prendre part à l’échange, donc personne n’a quoi que ce soit à y perdre. Et chacun peut en bénéficier, tirant profit du niveau des meilleurs joueurs.
Au lieu de centraliser les commandes, il est bon de mettre en place une bourse d’échanges de Pokémon et d’objets. Et si le jeu le permettait, nul doute que la coopération se développerait ; dans des jeux multijoueurs comme Diablo, de nombreux débutants suivent de meilleurs joueurs pour acquérir plus rapidement de l’expérience et des objets et mener à bien leurs quêtes.

Moins un jeu est linéaire, plus il est censé laisser aux joueurs une marge de manœuvre – et plus chaque joueur a à gagner de l’échange avec les autres joueurs. Et le jeu le moins linéaire, c’est la vie.
Affirmons nos valeurs !
Affirmons nos valeurs !
L’acte est hautement symbolique. Ainsi l’a voulu Robert Ménard. En organisant le jumelage de sa commune avec la ville martyr de Maaloula, le nouveau maire de Béziers, qui n’hésite pas à proclamer sa foi catholique au grand désespoir des médias laïcards, a en effet voulu témoigner avec force aux chrétiens d’Orient la solidarité des Biterrois et de la vraie France face à la barbarie islamiste.
De tradition catholique
Celui qui, pour la première fois, a exigé et obtenu qu’une messe soit célébrée cette année en ouverture de la Féria de Béziers et rappelait quelques jours plus tard sur RMC que « ce pays est de tradition catholique et j’y tiens », l’avait annoncé fin août. Alors que plus d’un millier de personnes, anonymes et élus, s’apprêtaient à se rassembler, place de la Madeleine, pour « apporter leur soutien aux chrétiens et aux minorités d’Irak », Robert Ménard, via le service communication de la Ville, indiquait avoir noué « des contacts en Syrie pour faire part de sa proposition, qui a été très bien accueillie, d’un jumelage avec Maaloula ». Et il précisait : « Depuis des mois, des populations entières du Moyen-Orient sont persécutées par des fous d’Allah en raison de leur foi. Les chrétiens sont particulièrement menacés. Face à ces persécutions, la municipalité de Béziers ne peut rester inactive. Elle a décidé de témoigner de sa solidarité et de sa compassion. »
Invité jeudi sur Radio Bleu Hérault, Robert Ménard a annoncé cette fois-ci son départ, le 10 octobre prochain, pour Maaloula la chrétienne, « qui a été martyrisée, occupée par les islamistes, libérée, occupée, libérée » et qu’« on ne peut pas laisser tomber ». Aux journalistes, semble-t-il perplexes, l’ancien président de Reporter sans Frontières a expliqué : « Je suis différent des autres maires. Ils font des jumelages pour avoir des voyages faciles. Moi, (…) je justifie un jumelage, s’il y a un sens et pour affirmer des valeurs, ou s’il y a un intérêt économique. » Avant d’ajouter, non sans émotion : « Maaloula, c’est le dernier village où l’on parle l’araméen, la langue du Christ. Ce n’est pas rien… »
Maaloula, ville martyr
Située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Damas, Maaloula, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’un des berceaux du christianisme, connue dans le monde entier pour ses habitants parlant l’araméen, pour ses refuges troglodytiques datant des premiers chrétiens ou encore pour la ferveur avec laquelle on y célébrait chaque année la fête de l’Exaltation de la Croix, était la merveille chrétienne du Proche-Orient. Et puis, en huit mois, la ville est tombée par deux fois aux mains des djihadistes du Front al-Nosra, qui l’ont entièrement vidée de ses milliers d’habitants chrétiens.
Reprise en avril dernier par l’armée syrienne, les quelques réfugiés qui y sont revenus pour célébrer Pâques n’y ont trouvé que désolation. Les maisons ont toutes été pillées, incendiées ou détruites. Les lieux de cultes systématiquement saccagés. Présent ce jour-là, le patriarche grec-catholique Grégorios III n’a pas trouvé de mots assez forts pour dénoncer ce « véritable crime de guerre » : « c’est la dévastation du Temple, devait-il s’indigner, le mystère de l’iniquité. Un spectacle d’apocalypse s’est offert à nous. D’autres églises ont été détruites en Syrie, mais je n’ai jamais vu ça. J’ai pleuré et cherché vainement un moment de solitude pour prier… »
Il y a Maaloula. Et il y a beaucoup d’autres villes dans lesquelles les chrétiens sont aujourd’hui persécutés. Mais on attend encore que d’autres maires de France suivent le bel exemple donné par Robert Ménard.
GPA: Offres d'ovocytes à 300 m de l'Assemblée
Selon l'association Juristes pour l'enfance, une société américaine vendeuse de GPA, Circle Surrogacy, a organisé fin septembre une réunion et des consultations au cœur de Paris dans un hôtel de luxe proche du Palais Bourbon.
ALORS que le premier ministre annonce dans le journal La Croix que le gouvernement est «déterminé à renforcer la répression» contre «ces filières, ces officines qui chassent sur le territoire des États interdisant la GPA pour acquérir des parts de ce marché de l'humain de plus en plus attractif», les opposants à la gestation pour autrui (GPA) le prennent au mot et dénoncent le laxisme de l'État dans la lutte contre les entremetteurs, ces sociétés qui viennent chasser en France des éventuels candidats à la maternité pour autrui. Pour avoir commis un «délit d'entremise», les responsables de ces officines pourraient écoper de deux ans de prison et de 30.000 euros d'amende.
«Dix mois après notre première plainte déposée pouvant viser une société américaine organisant le processus de GPA, le business de la vente des bébés continue à s'implanter en France en toute impunité», dénonce une association proche de la Manif pour tous, Juristes pour l'enfance. Selon cette dernière, une autre société américaine vendeuse de GPA, Circle Surrogacy, a organisé fin septembre une réunion et des consultations au cœur de Paris dans un hôtel de luxe situé à 300 mètres de l'Assemblée nationale. Au menu, «des offres à 100.000 euros pour un enfant, un large choix de vendeuses d'ovocytes et de candidates à la gestation, et des dispositions contractuelles prévoyant les obligations réciproques des parties», rapportent, écœurés, les anti-GPA.
La société avertit les clients potentiels que la signature d'un tel contrat est contraire à la loi française, «mais qu'il n'est pas nécessaire de traverser l'Atlantique pour si peu ; le contrat est signé en France et envoyé par la poste ou par mail, bien que cela soit illégal», indique l'association. Les Juristes pour l'enfance ont décidé de porter à nouveau plainte en transmettant au procureur de la République l'enregistrement de la réunion à Paris, les plaquettes de présentation, les grilles tarifaires…
«L'enquête confiée à la Brigade de répression de la délinquance sur la personne à la suite d'une première plainte déposée le 10 janvier 2014 n'a encore donné lieu à aucune poursuite, alors que les faits dénoncés et contraires à la loi sont de notoriété publique!», s'est également émue Adeline Le Gouvello, l'avocate de Juristes pour l'enfance, jeudi dernier. Début mars, l'ancien Défenseur des droits avait par ailleurs alerté Christiane Taubira sur le développement de sites Internet mettant en relation des donneurs de sperme ou des mères porteuses avec des personnes désireuses de devenir parents. Le retour du ministère tarde à venir.
Les médecins grecs en grève contre les coupes budgétaires
Les personnels de santé grecs ont observé une grève de 24 heures ce jeudi 2 octobre, à l’appel des syndicats nationaux de médecins et d’infirmiers. Environ un millier d’employés des hôpitaux et centres de soin ont également manifesté à Athènes. « Hôpitaux fermés = cimetières ouverts », proclamait l’une des banderoles noires du cortège.
Les grévistes protestaient contre les coupes budgétaires dans la santé publique. L’avant projet de budget 2015 de la Grèce doit être dévoilé lundi au Parlement et ne nécessitera pas de nouvelles mesures de rigueur, a pourtant promis Antonis Samaras, Premier ministre de la coalition droite-socialistes au pouvoir.
Une organisation des soins « dans le rouge »
Les syndicats se montrent plus alarmistes. Lors d’une conférence de presse organisée la semaine dernière, ils ont dénoncé la réduction de 60 % des dépenses de fonctionnement du système de santé publique depuis 2009. Ils ont décrit une organisation des soins « dans le rouge »et « à la limite des règles de sécurité » où un poste sur trois n’est pas pourvu.
Selon eux, onze hôpitaux, 10 000 lits et 30 000 postes ont été supprimés en quatre ans en Grèce et les patients sont appelés « à mettre toujours davantage la main à la poche » pour se soigner. Le secteur de la santé en Grèce, généralement décrit comme corrompu et dispendieux, a subi de plein fouet les effets de l’austérité avec des dépenses en baisse de 11% par an en moyenne depuis quatre ans, selon l’OCDE.
Sommet de l'élevage. L'élevage français regarde vers le Sud
Le bassin méditerranéen offre des perspectives. Mais les Français sont chers.
Concurrencé sur ses marchés européens traditionnels du fait de l'embargo russe, et déjà inquiet de la fin des quotas laitiers en 2015, l'élevage français louche vers le Sud.Au Sommet de l'élevage à Cournon, près de Clermont-Ferrand (centre), rendez-vous international qui réunit jusqu'à vendredi plus de 30 pays, de l'Irak à la Turquie, les professionnels profitent d'être au pied du Massif Central pour exposer leur savoir-faire en emmenant les visiteurs dans les exploitations alentour admirer les Aubrac et les Salers.« La France n'est pas un pays d'élevage industriel, ici tout reste lié au terroir: c'est cette richesse qu'il faut mettre en avant », estime Dominique Guineheux, président de la commission Commerce extérieur d'Interbev, l'inter-profession des bétails et viandes.
Stéphane Le Foll en VRP de l'élevage
Créée l'an passé, cette commission témoigne de l'urgence à repousser les frontières. Avec le pourtour méditerranéen en coeur de cible: « On vise aussi le Japon et la Chine, mais pour le moment ce n'est pas ouvert. »C'est d'ailleurs devenu un leitmotiv du ministre Stéphane Le Foll, qui a promis jeudi de retourner en Algérie, en Tunisie et en Turquie, « si nécessaire », pour aider à lever les barrières douanières et sanitaires, après avoir lancé en janvier un « comité export » pour encadrer les éleveurs.
La concurrence de l'Inde
La filière, il le sait, préfère exporter des carcasses et conserver la valeur ajoutée en France. Mais les prix eux-mêmes font barrage. Car l'excellence française, vantée, fait aussi des bovins hexagonaux les plus chers d'Europe. Aussi les pays du Maghreb se fournissent-ils principalement en Inde, qui a succédé au Brésil depuis 2011 avec des prix imbattables.
Vendre la filière et plus seulement des animaux
C'est l'organisation de la filière - les différents maillons de la chaîne de l'élevage à l'abattage - qui intéresse une responsable algérienne en visite à Cournon: « Nous voulons sortir du simple rapport commercial », insiste Sabrina Ichou, responsable des filières animales au ministère algérien de l'Agriculture, de retour d'une tournée dans les exploitations.L'Algérie compte 900.000 têtes de bovins et consomme 420.000 tonnes de viande, dont 50.000 seulement sont importées; mais elle compte sur la filière française pour améliorer ses pratiques, la génétique et la formation des jeunes éleveurs.« On a une énorme marge de progrès à accomplir », confirme Kamel Chadi, président de Proda, société de gestion à capitaux publics (500 millions d'euros de chiffre d'affaires) qui cherche à nouer des partenariats pour développer « des fermes de référence » et des sociétés mixtes entre les deux pays. Interbev se dit prête à fournir des formations sur toute la chaîne.
Mais avec l'embargo russe, l'urgence est ailleurs pour les Français: faute de vendre à Moscou, la Pologne et l'Allemagne se rabattent sur l'Union européenne et attaquent la France sur ses marchés historiques. « Sur plus de 240.000 tonnes de viandes exportées par la France, 96% le sont vers l'Italie, la Grèce et l'Allemagne: or aujourd'hui, la Pologne est notre plus gros concurrent en l'Italie », note Dominique Guineheux.De plus, la consommation par tête tend à baisser au sein de l'Union européenne et les ventes suivent : -2% vers l'Italie en six mois (comparé à 2013), -11% vers l'Allemagne et -15% vers la Grèce. « Il faut absolument se positionner sur le marché mondial de la viande », prévient l'expert d'Interbev. Les « major players » - Brésil, Australie et Argentine - se recentrent massivement sur l'Asie, notamment la Chine où la France pourra jouer la carte du haut de gamme, mais sur des niches.Jeudi, l'annonce par Stéphane Le Foll de la suspension des tests de dépistage de l'ESB - ou maladie de la vache folle - a été saluée par les professionnels qui y voyaient un frein à l'exportation, alors que la plupart des pays européens les ont déjà abandonnés. « Ce n'est pas décisif, mais c'est un argument supplémentaire », juge Dominique Guineheux.
Un certain malaise…
Un certain malaise…
Cette campagne présidentielle, lancée 2 ans et demi à l’avance, ne m’inspire rien de bon. Monsieur Chirac soutient Alain Juppé. Madame Chirac soutient Nicolas Sarkozy. Etrange histoire de famille, un peu ridicule il est vrai… Tous deux, auxquels s’ajoute François Fillon, annoncent déja leur programme, 35 heures, fonction publique, Schengen, etc. Je voyais hier soir Alain Juppé sur France 2. Il me semblait tout dans la posture du sage, plaisantant, aimable, modeste. Peut-être est-ce sa vraie nature après tout. Un ami qui le connait bien me disait qu’il est adorable en privé, amical et adore plaisanter… En tout cas, tout semblait prévu pour le mettre en valeur: un contradicteur socialiste aboyeur et inintelligent, l’interpellation par une méchante responsable associative qui le victimise en le traitant de raciste tout en portant à son encontre des propos lamentables, l’accusant d’être "blanc et sexagénaire", une Marion Maréchal avenante, souriante et courtoise… Tout cela est bien gentil, mais n’est pas du tout à la hauteur. Encore une fois, le grand-guignol se concentre sur lespersonnes, les acteurs de la politique, le théâtre du combat des chefs, conflits d’egomalades, hypertrophiés. Posture, communication…Mais tout cela n’a rien à voir avec les enjeux de la France: comment remettre le pays en marche par une transformation de la République. Pourquoi rien ne fonctionne depuis une quarantaine d’années avec des gouvernements qui ne savent plus gouverner et ne parviennent pas à traiter les problèmes des Français, dont le chômage de masse? Pourquoi la France ne parvient plus à se gouverner? Pourquoi notre démocratie est-elle en panne? Pourquoi la poussée du vote protestataire et d’un gigantesque absentionnisme, signe de la défiance envers le politique? Pourquoi les Français paraissent se détourner de la construction européenne longtemps présentée comme leur avenir? Quels grands chantiers faut-il ouvrir, constitutionnels, européens, pour relancer la France et l’unité de Europe, la démocratie européenne? Les politiques font des annonces, trois ans à l’avance, pour capter l’attention. On va faire ceci ou cela… Ces annonces paraissent, non pas compter pour elle-même, mais au service de l’image de celui qui les formule… Des choses qu’ils ne feront sans doute jamais. Mais ce n’est pas du tout ce que la France attend: un questionnement profond sur la politique, la démocratie, les grands chantiers de l’avenir. Le temps est aux remises en cause, au bouleversements, pas aux effets d’annonces… Continuez, continuez… Une seule certitude de ma part: en 2017, ou même avant, rien ne se passera comme espéré par les uns et les autres, ni comme prévu.
TÉLÉ PUBLIQUE : NOUVELLE DÉMISSION SUR FOND D'INGÉRENCE ET DE CENSURE DU GOUVERNEMENT
Andreas Zoulas a démissionné de son poste de la commission de surveillance de la nouvelle télévision publique, accusant le gouvernement d’ingérence et de censure.
Une semaine après la démission de deux membres de la direction de NERIT pour cause d'ingérence du gouvernement dans les affaires de la nouvelle chaine publique, une nouvelle démission secoue le radiodiffuseur public.
Andreas Zoulas, le vice-président du comité de surveillance de NERIT a démissionné de son poste et a appelé les autres membres à faire de même. Après son départ, le comité se retrouve avec quatre membres. Selon la loi, le comité doit être composé de cinq membres pour fonctionner.
La démission de Zoulas fait suite à celles de deux anciens membres du conseil d'administration de NERIT: l'ancien président Andreas Makrydimitris et le vice-président Rodolfos Moronis. Les deux ont démissionné pour protester contre ce qu'ils ont dit être une ingérence directe du gouvernement dans la programmation du radiodiffuseur soi-disant indépendant. Dans l'incident le plus accablant, la porte parole du gouvernement aurait ordonné aux fonctionnaires de NERIT de ne pas retransmettre le discours du chef de l'opposition Alexis Tsipras lors de la Foire internationale de Thessalonique, un événement politique annuel pourtant majeur.
M. Zoulas a déclaré qu'il démissionnait pour protester contre le musellement du comité de surveillance. Selon Zoulas, après que l'organe de surveillance ait adopté une décision condamnant l'ingérence du gouvernement dans la programmation de Nerit, la décision a été gardée confidentielle.
Nerit a été créé après la fermeture surprise de l'ERT en juin 2013, largement critiquée en Grèce mais aussi à l'international. Le gouvernement avait alors donné des assurances répétées que la nouvelle chaîne publique, NERIT, serait totalement transparente et indépendante.
Une semaine après la démission de deux membres de la direction de NERIT pour cause d'ingérence du gouvernement dans les affaires de la nouvelle chaine publique, une nouvelle démission secoue le radiodiffuseur public.
Andreas Zoulas, le vice-président du comité de surveillance de NERIT a démissionné de son poste et a appelé les autres membres à faire de même. Après son départ, le comité se retrouve avec quatre membres. Selon la loi, le comité doit être composé de cinq membres pour fonctionner.
La démission de Zoulas fait suite à celles de deux anciens membres du conseil d'administration de NERIT: l'ancien président Andreas Makrydimitris et le vice-président Rodolfos Moronis. Les deux ont démissionné pour protester contre ce qu'ils ont dit être une ingérence directe du gouvernement dans la programmation du radiodiffuseur soi-disant indépendant. Dans l'incident le plus accablant, la porte parole du gouvernement aurait ordonné aux fonctionnaires de NERIT de ne pas retransmettre le discours du chef de l'opposition Alexis Tsipras lors de la Foire internationale de Thessalonique, un événement politique annuel pourtant majeur.
M. Zoulas a déclaré qu'il démissionnait pour protester contre le musellement du comité de surveillance. Selon Zoulas, après que l'organe de surveillance ait adopté une décision condamnant l'ingérence du gouvernement dans la programmation de Nerit, la décision a été gardée confidentielle.
Nerit a été créé après la fermeture surprise de l'ERT en juin 2013, largement critiquée en Grèce mais aussi à l'international. Le gouvernement avait alors donné des assurances répétées que la nouvelle chaîne publique, NERIT, serait totalement transparente et indépendante.
Overton : comment accepter l'inacceptable
Les politiques et les journalistes, comment manipulent-ils l'opinion publique ? Nous sommes souvent sceptiques envers les idées politiques nées dans les bureaux de différents groupes de réflexion. Mais ces technologies sont un jeu d'enfant par rapport à la méhtode appelée à faire accepter par la société même ce qui était auparavant absolument inacceptable et inconcevable.
Il s'agit du modèle d'ingénierie sociale baptisé Fenêtre Overton (TheOvertonWindow). Le modèle a été développé dans les années 1990 par Joseph P. Overton (1960-2003), ancien vice-président du centre analytique américain Mackinac Center for Public Policy. Dans sa théorie une fenêtre est un intervalle des idées qui peuvent être acceptées par la société à un moment donné et qui sont exprimées ouvertement pas les politiques sans être considérés comme des extrémistes.
Les idées passes les stades :
1/ d'inconcevables (inacceptable, défendu);
2/ de radicales (défendu mais avec des réserves);
3/ d'acceptables;
4/ d'utiles (raisonnable, rationnel);
5/ de populaires (socialement acceptable);
6/ de légalisation (dans la politique d'Etat).
L'utilisation de la fenêtre Overton est à la base de la technologie de manipulation de la conscience publique en vue de faire accepter par la société des idées qui lui étaient précédemment étrangères telles que la levée des tabous. L'essence de la technologie est dans le fait que le changement d'opinion recherché se divise en plusieurs pas dont chacun déplace la perception à un stade nouveau et la norme universellement admise à son extrême limite. Cela provoque un déplacement de la fenêtre même, en sorte que la situation obtenue se retrouve de nouveau dans son milieu ce qui permet de faire le pas suivant à l' intérieur de la fenêtre.
Les groupes de réflexion produisent et diffusent des opinionsà l'extérieur de la Fenêtre Overton en vue de rendre la société plus perceptible envers diverses idées et la politique. Quand un groupe de réflexion veut imposer une idée considérée comme inacceptable par l'opinion publique, il utilise par étapes la Fenêtre.
Pour montrer comment l'opinion publique peut être modifiée graduellement prenons l'exemple du mariage homosexuel. Dans le système de la Fenêtre Overton l'idée du mariage homosexuel restait pendant de longues années dans la zone défendue : la société ne pouvait pas accepter l'idée d'un mariage entre les personnes du même sexe. Pourtant les médias ne cessaient pas d'exercer un impact sur l'opinion publique en soutenant les minorités sexuelles. Peu à peu le mariage pour tous est devenu défendu mais avec des réserves, ensuite acceptable et, enfin, rationnel. A l'heure actuelle il est « socialement acceptable » et bientôt il sera évidemment complètement légalisé.
Le fonctionnement de la Fenêtre Overton est assuré par une multitude de spécialistes de manipulation de l'opinion publique : consultants politiques, chercheurs, journalistes, conseillers en communications, célébrités, institueurs. Quoi que ce soit, les thèmes comme le mariage homosexuel ou l'euthanasie ne nous semblent plus étranges. Ils ont subi l'ensemble du processus « technologique » de transformation depuis le stade d'inconcevable jusqu'à celui de légalisation.
Dans son blog vidéo Besogon.TV (Exorciste.TV) le réalisateur russe Nikita Mikhalkov expose le schéma de ce processus à l'exemple du cannibalisme qui est jusqu'à présent un phénomène inconcevable pour la société. Le déplacement de la Fenêtre Overton dans l'attitude envers le cannibalisme peut passer par les stades suivants :
Stade 0 : c'est l'état actuel où le problème est inacceptable, n'est pas discuté dans la presse et n'est pas admis entre les gens.
Stade 1 : le thème évolue de « tout à fait inacceptable » vers « défendu mais avec des réserves ». Il est affirmé qu'il ne doit avoir aucun tabou, le thème commence à être discuté lors de petites conférences pendant lesquelles des chercheurs rénommés font des déclarations sous forme de débats « scientifiques ». Parallèlement à ces débats pseudo-scientifiques une Société des cannibales radicaux est créée dont les déclarations sont parfois citées dans les médias. Le sujet cesse d'être tabou et est introduit dans l'espace médiatique. En résultat le sujet inacceptable est mis en circulation, le tabou est désacralisé, le problème ne suscite plus la même réaction, ses degrés différents apparaissent.
Stade 2 : le thème du cannibalismes passe du stade de radical (défendu, mais avec des réserves) au stade d'acceptable. Des chercheurs continuent d'être cités et des termes élégants sont créés : il n'y a plus de cannibalisme, mais il y a, disons, l'anthropophilie et ses dérivés : anthropophiles, par exemple. L'objectif est de déconnecter la forme du mot de son contenu dans la conscience sociale. Dans le même temps un précédent historique est créé (réel ou inventé) en vue d'enlever à l'anthropophilie son illégalité, au moins à un moment historique donné.
Stade 3 : la Fenêtre Overton se déplace transférant le thème du domaine de l'acceptable dans celui du raisonnable/rationnel ce qui est argumenté par la « nécessité biologique ». Il est affirmé que le désir de manger de la chair humaine est génétiquement prédéterminé. En plus, en cas de famine (« circonstance insurmontable ») l'homme doit avoir le droit de faire un choix. Il ne faut pas cacher l'information que chacun peut choisir entre l'anthropophilie et l'anthropophobie.
Stade 4 : de l'utile au populaire (socialement acceptable). Le débat est mené non seulement à l'exemple des personnages historiques ou mythiques, mais aussi à l'exemple des personnages médiatiques réels. L'anthropophilie commence a être largement discutée dans les programmes d'information, dans des débats télévisés, dans les films, la musique populaire et dans les clips. Pour populariser le thème on cite souvent en exemple une célébrité disant qu'elle est un anthropophile.
Stade 5 : du socialement acceptable à la légalisation. Le sujet est lancé dans le top d'actualités, est reproduit automatiquement dans les médias, dans le show-biz et reçoit une importance politique. A cette étape « l'humanisation » des adeptes du cannibalisme est utilisée pour justifier la légalisation. Comme quoi, ils sont des victimes d'une mauvaise éducation et pouvons-nous les juger ?
Stade 6: du thème populaire le cannibalisme passe dans le domaine de légalisation dans la politique d'Etat. Une base législative est créée, des lobbies apparaissent, des études sociologiques sont publiées en faveur des partisans de la légalisation du cannibalisme. Une dogme nouvelle voit le jour : « il ne doit pas interdire l'anthropophilie ». La loi est adoptée, le sujet pénètre dans les écoles et les jardins d'enfants et la génération nouvelle ne sait pas comment a-t-on pu penser autrement.
En attendant, cette exemple citée par Nikita Mikhalkov est hypothétique. Cependant de nombreuses idées contemporaines semblaient être absolument inconcevable il y a plusieurs dizaines d'années pour devenir complètement acceptables par la loi et aux yeux de la société. Ne croyez-vous pas que leur évolution a suivi le scénario ci-dessus ?
vendredi 3 octobre 2014
CORRUPTION, CLIENTÉLISME ET CENSURE DANS LE PAYSAGE MÉDIATIQUE GREC
Premier épisode d’une chronique sur la longue histoire de la corruption, du non-droit et de la censure dans le paysage des médias et de la presse en Grèce.
Cet article est le premier d'une chronique sur la longue histoire de la corruption, du non-droit et de la censure dans le paysage des médias et de la presse en Grèce. Une situation qui a empiré dans les dernières années dans le contexte de la dure crise économique qui touche le pays, mais qui a une histoire profondément enracinée dans le paysage politique grec.
Cet article a été initialement publié en anglais sur Truthout
Il y a un an, la Grèce fut, une nouvelle fois, poussée sous les feux de l'information internationale. Le 11 juin 2013 le gouvernement grec, soudainement et par surprise, ferma l'ERT, l'office public de diffusion audiovisuelle du pays. Ce soir-là les fréquences utilisées par l'ERT devinrent muettes, mettant un terme à une institution qui existait sans interruption depuis 1938. Cette fermeture d'un média audiovisuel public, sans précédent, a suscité de nombreux gros titres à l'international, et durant plusieurs semaines de l'été 2013, de nombreux journalistes et correspondants de presse l'ont rapportée comme étant l'exemple le plus récent et le plus flagrant de la limitation de la liberté d'expression et de la liberté de la presse dans la Grèce en pleine crise.
Ce que ne disait pas, cependant, la plupart des journalistes, Grecs ou étrangers, qui relataient la fermeture de l'ERT, était le fait qu'il y avait eu des précédents en Grèce. Ce n'était que le dernier exemple, dans la longue histoire de l'interventionnisme gouvernemental et de la censure des médias, qui couvre des décennies et qui comprend plusieurs autres cas où le gouvernement en place a exercé force et contrainte sur les médias.
Cette série d'articles relatera la longue histoire de la corruption du gouvernement, de la censure et de l'injustice envers la presse et l'audiovisuel en Grèce, la manière flagrante dont le gouvernement et les nababs des médias se moquent actuellement des lois encadrant la presse et les médias, ainsi que la pente dangereuse qui mène de la liberté d'expression à la censure. Dans ce contexte, la fermeture de l'ERT l'été dernier n'est qu'un des éléments dans un ensemble plus large de corruption, de jeux d'influences entre le pouvoir et les patrons des médias, et de l'accroissement du nombre des lois contraignantes, marque de fabrique de l'asservissement du système médiatique grec depuis des décennies.
Cet article est le premier d'une chronique sur la longue histoire de la corruption, du non-droit et de la censure dans le paysage des médias et de la presse en Grèce. Une situation qui a empiré dans les dernières années dans le contexte de la dure crise économique qui touche le pays, mais qui a une histoire profondément enracinée dans le paysage politique grec.
Cet article a été initialement publié en anglais sur Truthout
Il y a un an, la Grèce fut, une nouvelle fois, poussée sous les feux de l'information internationale. Le 11 juin 2013 le gouvernement grec, soudainement et par surprise, ferma l'ERT, l'office public de diffusion audiovisuelle du pays. Ce soir-là les fréquences utilisées par l'ERT devinrent muettes, mettant un terme à une institution qui existait sans interruption depuis 1938. Cette fermeture d'un média audiovisuel public, sans précédent, a suscité de nombreux gros titres à l'international, et durant plusieurs semaines de l'été 2013, de nombreux journalistes et correspondants de presse l'ont rapportée comme étant l'exemple le plus récent et le plus flagrant de la limitation de la liberté d'expression et de la liberté de la presse dans la Grèce en pleine crise.
Ce que ne disait pas, cependant, la plupart des journalistes, Grecs ou étrangers, qui relataient la fermeture de l'ERT, était le fait qu'il y avait eu des précédents en Grèce. Ce n'était que le dernier exemple, dans la longue histoire de l'interventionnisme gouvernemental et de la censure des médias, qui couvre des décennies et qui comprend plusieurs autres cas où le gouvernement en place a exercé force et contrainte sur les médias.
Cette série d'articles relatera la longue histoire de la corruption du gouvernement, de la censure et de l'injustice envers la presse et l'audiovisuel en Grèce, la manière flagrante dont le gouvernement et les nababs des médias se moquent actuellement des lois encadrant la presse et les médias, ainsi que la pente dangereuse qui mène de la liberté d'expression à la censure. Dans ce contexte, la fermeture de l'ERT l'été dernier n'est qu'un des éléments dans un ensemble plus large de corruption, de jeux d'influences entre le pouvoir et les patrons des médias, et de l'accroissement du nombre des lois contraignantes, marque de fabrique de l'asservissement du système médiatique grec depuis des décennies.
Arrière-plan : l'écheveau des relations entre l'Etat et les médias.
Avant même l'arrivée des radios et télévisions privées en Grèce en 1987, le pays offrait un large éventail de journaux et périodiques. Mais alors que beaucoup de ces publications circulaient, peu d'entre elles étaient considérées comme étant objectives et indépendantes. Evidemment beaucoup étaient vues comme des moyens destinés à exercer des pressions sur le pouvoir en place. Peu de ces journaux furent jamais rentables, mais dans la plupart des cas, le profit n'était pas l'objectif premier de leurs patrons. Ces journaux suivaient plutôt des buts politiques spécifiques, au service de partis ou d'hommes politiques tout en servant d'outils à la promotion d'autres intérêts financiers de leurs propriétaires, en vue de l'obtention de contrats ou de privilèges. Il a souvent été dit que nombre de grands patrons d'entreprises, dans leurs négociations avec les politiciens, les menaçaient de lancer un journal s'ils n'obtenaient pas un contrat ou une faveur. De nombreux spécialistes des médias et de la presse ont décrit les pratiques dominantes dans les médias comme clientélistes et instrumentalistes, avec des relations entre la presse et le pouvoir fondées sur l'optimisation politique et le profit économique plutôt que sur le marché de l'information et l'intérêt du public.
Un exemple est le journal "Avriani", qui est apparu sur le devant de la scène à la fin des années 1970 après la victoire électorale du PASOK et d'Andreas Papandreou. Avriani a fortement soutenu Papandreou et s'est retrouvé en tête des chiffres de diffusion dans le pays, avec un journalisme très partisan et souvent complaisant qui fut appelé "avrianisme" et qui n'hésitait pas à calomnier les concurrents de Papandreou, à l'intérieur comme à l'extérieur du PASOK, ainsi que d'autres personnalités dont les choix politiques heurtaient ceux du PASOK. Dans les faits, Avriani agissait comme un organe du PASOK et de Papandreou en particulier et on le retrouvait dans les bureaux de l'administration et des ministères. Le journal avait été fondé par Giogos Kouris, dont la famille deviendrait, au cours des années suivantes, un acteur de premier plan du secteur des médias grecs ainsi que de l'arène politique. Et bien sûr, le frère de Kouris, Makis Kouris, fut élu député du PASOK au parlement à la fin des années 1980.
Alors que la censure officielle de la presse a existé à plusieurs moments de l'histoire de la Grèce moderne, dont l'époque de la dictature militaire de 1967 à 1974, des formes plus subtiles de censure et d'auto-censure ont toujours caractérisé la presse grecque. Et la télédiffusion radio et TV n'a pas été épargnée. L'EIR (Office National de radio) reflétait les intérêts politiques du gouvernement en place et cela fut accentué lors de la dictature de la junte. En 1970, trois ans après la prise du pouvoir par la junte militaire, EIR fut rebaptisé EIRT, pour inclure l'ajout de la télévision, pendant qu'un réseau des forces armées, YENED, était également lancé. Evidemment, YENED, avec son orientation militariste, resta diffusée après la chute de la dictature en 1974, conservant son nom jusqu'en 1982 lorsque fut formellement créée l'entité nommée ERT .
Pendant cette période, comme dans d'autre pays européens, la télédiffusion resta un monopole d'état, sans opérateur privé autorisé. Et quel que soit le gouvernement en place, la télédiffusion d'état était considérée comme un outil de propagande gouvernementale plutôt que comme une entité d'intérêt public. Bien sûr, cette structure était reconnue par la Constitution nationale qui fut ratifiée après la chute de la junte. L'article 15 de la Constitution plaçait la télédiffusion sous le contrôle direct de l'état et ce n'est qu'en 1987, par décision du Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative, que cette clause fut abolie pour permettre une télédiffusion privée sous la "supervision de l'état" .
Ce fut en 1987 que le monopole d'état de la télédiffusion fut abrogé. Sans surprise, cependant, ce ne fut pas pour permettre la pluralité ou même la dérégulation du marché, mais dans des buts politiques. Les premiers télédiffuseurs "privés" furent les stations municipales de radio qui furent créées dans plusieurs villes grecques importantes et dont la première fut Radio Halkida à Halkida, suivie par d'autres à Athènes (Athènes 9.84), Thessalonique (FM 100), Piracus (Canal 1) et ailleurs, dans la même année. Les maires de ces cités avaient tous été élus avec le soutien du parti "Nouvelle Démocratie" , au cours de l'année d'élections municipales, et ces chaînes de radio avaient été lancées pour être des contrepoids à l'ERT et au gouvernement national où le PASOK était toujours au pouvoir.
Même auparavant, les nombreuses radios pirates qui avaient émergé tout au long des années 1980 , avec des stations très politisées comme Kanali 15 et Tyflopontikas FM, représentaient souvent des intérêts politiques, et beaucoup de ces radios furent brutalement réduites au silence par la police grecque et le Ministère des Communications, avec de temps à autre, les assauts de la force publique retransmis en direct sur les ondes.
A la suite de la décision du Conseil d'Etat de 1987, le Parlement grec vota la loi 1790/1987, suivie par le décret présidentiel 25/1988 qui établirent le droit d'autorisation de stations de radio privées au niveau local. Un petit nombre de licences fut émis mais il devint vite apparent qu'il n'existait pas de cadre dans lequel la loi pouvait être mise en oeuvre et les licences exercées. Au cours de la période couvrant la fin des années 1980 jusqu'au début des années 1990, les stations de radio privées commencèrent à proliférer, opérant souvent sans licence ou avec de pseudo-licences émises par les autorités locales. Presque du jour au lendemain, un monopole d'état se transforma en un "tout est libre" presqu'entièrement non régulé, avec des centaines de stations créées à travers le pays et plusieurs dizaines rien qu'à Athènes. Alors que beaucoup de ces radios furent lancées par des passionnés de radio, des petits entrepreneurs et des anciens "pirates", beaucoup d'autres furent créées par des groupes d'intérêts commerciaux et des diffuseurs de presse. Des figures comme l'armateur Minos Kyriakou (Antenna FM), Christos Lambrakis (Top FM) et Giorgios Koskotas (Sky) sont devenues des leaders sur le marché en pleine expansion de la radio. Evidemment, le panorama de la radio grecque de l'époque fut décrit comme une "jungle hertzienne" où "seuls les forts survivent". Il faut noter qu'une nouvelle loi qui réservait une petite frange des fréquences (de 100.7 à 107.4 MHz) aux radios non commerciales et associatives ne fut jamais mise en application.
Après le lancement des radios privées les pressions sur le gouvernement pour obtenir la libéralisation de la télévision se sont accrues. Initialement, et le gouvernement PASOK, et l'ERT furent hostiles au changement réclamé, mais ils ont commencé à fléchir en 1988 quand l'ERT a retransmis plusieurs chaînes internationale de télévision par satellite sur le réseau terrestre UHF d'Athènes. Ces chaînes comprenaient CNN International, l'Allemande SAT1, Horizon de l'URSS, RAI Due d'Italie, TV5 de France et Super Channel du Royaume-Uni. Ces chaines furent lancées pour freiner la demande pour des chaînes de télévision privées grecques, mais ce fut l'opposé qui arriva: l'appétit du public pour plus de diversité s'accrut. Dans la ville de Thessalonique le maire nouvellement élu lança TV 100, le pendant de la radio municipale Radio 100, en même temps qu'il faisait diffuser plusieurs chaînes de télévision par satellite. Au Pirée, la municipalité lança TV Plus, qui introduisit la télévision payante en Grèce, diffusant plusieurs programmes de début de soirée (prime-time), avec des films grand public, par abonnement mensuel et location d'un décodeur.
Ces deux initiatives firent face à de nombreux obstacles et à des tentatives de censure. Dans le droit fil de l'action brutale exercée par le gouvernement dans le traitement des radios pirates dans les années 1980 et laissant présager de plusieurs autres actes musclés, dont la fermeture d'ERT en 2013, le gouvernement envoya la police anti-émeutes investir les installations municipales de diffusion à Thessalonique, ainsi qu' à Athènes, où des salariés de la chaîne municipale et des employés municipaux, ainsi que des conducteurs de véhicules sanitaires furent mobilisés pour bloquer la route d'accès à l'antenne d'Athéna 9.84 et empêcher sa fermeture par la police. De la même manière, les émissions de TV Plus furent fréquemment la cible de brouillages de l'ERT, qui diffusait des programmes de télévision par satellite sur les fréquences utilisées par TV Plus, forçant celle-ci à constamment se repositionner sur d'autres fréquences. Il faut cependant noter que, dans les faits, le monopole de la télévision d'état avait été brisé antérieurement, dans les années 1980 grâce à des moyens ingénieux et toujours avec un objectif politique. Le politicien Georgos Karatzaferis, personnalité du parti "Nouvelle Démocratie", commença à diffuser des programmes vidéo sur abonnement, avec des enregistrements de ses entretiens politiques, proposant des points de vue politiques que l'on ne pouvait pas trouver alors sur l'ERT contrôlée par le PASOK.
En 1989, l'instabilité politique croissant et une fragile et inhabituelle coalition ayant émergé entre à droite "Nouvelle démocratie" et à gauche "Synaspismos", une nouvelle loi fut votée qui ouvrit formellement la voie à la télévision privée. A noter que la loi 1866/89 qui libéralisa l'industrie télévisuelle fut une loi sur mesure: elle stipulait, parmi les critères de sélection en vue de l'obtention d'une licence, la nécessité d'une expérience ou compétence préalable du requérant en matière de médias de masse ou bien son exercice dans une municipalité.
Ces clauses garantissaient dans les faits que les premières licences seraient conformes aux intérêts des principaux diffuseurs du pays et des autorités locales. Comme le montrèrent les années suivantes, une législation sur mesure (ou "sur portrait") devint un outil habituel du gouvernement pour contrôler la télédiffusion au profit d'intérêts politiques ou d'affaires.
Finalement, le gouvernement de l'époque décida d'attribuer deux licences de télévision nationale, mais conformément à ce qui allait devait devenir un thème récurrent, les autorisations étaient à base de politique: la première licence fut donnée à un consortium de diffuseurs importants de "centre-gauche" et d'hommes d'affaires alors proches du PASOK, comprenant Lambrakis, Vardi Vardinogiannis, Ionnis Bobolas, Christos Tegopoulos et Aristidis Alafouzos. Ce fut Mega Channel, lancée en novembre 1989. L'autre licence fut attibuée à un consortium de "centre-droit", incluant des hommes d'affaires comme Socratis Kokkalis ainsi que plusieurs diffuseurs de centre-droit, qui créa Nea Tileorasi. Cette dernière chaîne, pourtant, n'a jamais émis qu'un signal test. Mais la scène était en place pour une "libéralisation sauvage" de la télévision et l'entrée d'une nouvelle machine à pouvoir.
Avant même l'arrivée des radios et télévisions privées en Grèce en 1987, le pays offrait un large éventail de journaux et périodiques. Mais alors que beaucoup de ces publications circulaient, peu d'entre elles étaient considérées comme étant objectives et indépendantes. Evidemment beaucoup étaient vues comme des moyens destinés à exercer des pressions sur le pouvoir en place. Peu de ces journaux furent jamais rentables, mais dans la plupart des cas, le profit n'était pas l'objectif premier de leurs patrons. Ces journaux suivaient plutôt des buts politiques spécifiques, au service de partis ou d'hommes politiques tout en servant d'outils à la promotion d'autres intérêts financiers de leurs propriétaires, en vue de l'obtention de contrats ou de privilèges. Il a souvent été dit que nombre de grands patrons d'entreprises, dans leurs négociations avec les politiciens, les menaçaient de lancer un journal s'ils n'obtenaient pas un contrat ou une faveur. De nombreux spécialistes des médias et de la presse ont décrit les pratiques dominantes dans les médias comme clientélistes et instrumentalistes, avec des relations entre la presse et le pouvoir fondées sur l'optimisation politique et le profit économique plutôt que sur le marché de l'information et l'intérêt du public.
Un exemple est le journal "Avriani", qui est apparu sur le devant de la scène à la fin des années 1970 après la victoire électorale du PASOK et d'Andreas Papandreou. Avriani a fortement soutenu Papandreou et s'est retrouvé en tête des chiffres de diffusion dans le pays, avec un journalisme très partisan et souvent complaisant qui fut appelé "avrianisme" et qui n'hésitait pas à calomnier les concurrents de Papandreou, à l'intérieur comme à l'extérieur du PASOK, ainsi que d'autres personnalités dont les choix politiques heurtaient ceux du PASOK. Dans les faits, Avriani agissait comme un organe du PASOK et de Papandreou en particulier et on le retrouvait dans les bureaux de l'administration et des ministères. Le journal avait été fondé par Giogos Kouris, dont la famille deviendrait, au cours des années suivantes, un acteur de premier plan du secteur des médias grecs ainsi que de l'arène politique. Et bien sûr, le frère de Kouris, Makis Kouris, fut élu député du PASOK au parlement à la fin des années 1980.
Alors que la censure officielle de la presse a existé à plusieurs moments de l'histoire de la Grèce moderne, dont l'époque de la dictature militaire de 1967 à 1974, des formes plus subtiles de censure et d'auto-censure ont toujours caractérisé la presse grecque. Et la télédiffusion radio et TV n'a pas été épargnée. L'EIR (Office National de radio) reflétait les intérêts politiques du gouvernement en place et cela fut accentué lors de la dictature de la junte. En 1970, trois ans après la prise du pouvoir par la junte militaire, EIR fut rebaptisé EIRT, pour inclure l'ajout de la télévision, pendant qu'un réseau des forces armées, YENED, était également lancé. Evidemment, YENED, avec son orientation militariste, resta diffusée après la chute de la dictature en 1974, conservant son nom jusqu'en 1982 lorsque fut formellement créée l'entité nommée ERT .
Pendant cette période, comme dans d'autre pays européens, la télédiffusion resta un monopole d'état, sans opérateur privé autorisé. Et quel que soit le gouvernement en place, la télédiffusion d'état était considérée comme un outil de propagande gouvernementale plutôt que comme une entité d'intérêt public. Bien sûr, cette structure était reconnue par la Constitution nationale qui fut ratifiée après la chute de la junte. L'article 15 de la Constitution plaçait la télédiffusion sous le contrôle direct de l'état et ce n'est qu'en 1987, par décision du Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative, que cette clause fut abolie pour permettre une télédiffusion privée sous la "supervision de l'état" .
Ce fut en 1987 que le monopole d'état de la télédiffusion fut abrogé. Sans surprise, cependant, ce ne fut pas pour permettre la pluralité ou même la dérégulation du marché, mais dans des buts politiques. Les premiers télédiffuseurs "privés" furent les stations municipales de radio qui furent créées dans plusieurs villes grecques importantes et dont la première fut Radio Halkida à Halkida, suivie par d'autres à Athènes (Athènes 9.84), Thessalonique (FM 100), Piracus (Canal 1) et ailleurs, dans la même année. Les maires de ces cités avaient tous été élus avec le soutien du parti "Nouvelle Démocratie" , au cours de l'année d'élections municipales, et ces chaînes de radio avaient été lancées pour être des contrepoids à l'ERT et au gouvernement national où le PASOK était toujours au pouvoir.
Même auparavant, les nombreuses radios pirates qui avaient émergé tout au long des années 1980 , avec des stations très politisées comme Kanali 15 et Tyflopontikas FM, représentaient souvent des intérêts politiques, et beaucoup de ces radios furent brutalement réduites au silence par la police grecque et le Ministère des Communications, avec de temps à autre, les assauts de la force publique retransmis en direct sur les ondes.
A la suite de la décision du Conseil d'Etat de 1987, le Parlement grec vota la loi 1790/1987, suivie par le décret présidentiel 25/1988 qui établirent le droit d'autorisation de stations de radio privées au niveau local. Un petit nombre de licences fut émis mais il devint vite apparent qu'il n'existait pas de cadre dans lequel la loi pouvait être mise en oeuvre et les licences exercées. Au cours de la période couvrant la fin des années 1980 jusqu'au début des années 1990, les stations de radio privées commencèrent à proliférer, opérant souvent sans licence ou avec de pseudo-licences émises par les autorités locales. Presque du jour au lendemain, un monopole d'état se transforma en un "tout est libre" presqu'entièrement non régulé, avec des centaines de stations créées à travers le pays et plusieurs dizaines rien qu'à Athènes. Alors que beaucoup de ces radios furent lancées par des passionnés de radio, des petits entrepreneurs et des anciens "pirates", beaucoup d'autres furent créées par des groupes d'intérêts commerciaux et des diffuseurs de presse. Des figures comme l'armateur Minos Kyriakou (Antenna FM), Christos Lambrakis (Top FM) et Giorgios Koskotas (Sky) sont devenues des leaders sur le marché en pleine expansion de la radio. Evidemment, le panorama de la radio grecque de l'époque fut décrit comme une "jungle hertzienne" où "seuls les forts survivent". Il faut noter qu'une nouvelle loi qui réservait une petite frange des fréquences (de 100.7 à 107.4 MHz) aux radios non commerciales et associatives ne fut jamais mise en application.
Après le lancement des radios privées les pressions sur le gouvernement pour obtenir la libéralisation de la télévision se sont accrues. Initialement, et le gouvernement PASOK, et l'ERT furent hostiles au changement réclamé, mais ils ont commencé à fléchir en 1988 quand l'ERT a retransmis plusieurs chaînes internationale de télévision par satellite sur le réseau terrestre UHF d'Athènes. Ces chaînes comprenaient CNN International, l'Allemande SAT1, Horizon de l'URSS, RAI Due d'Italie, TV5 de France et Super Channel du Royaume-Uni. Ces chaines furent lancées pour freiner la demande pour des chaînes de télévision privées grecques, mais ce fut l'opposé qui arriva: l'appétit du public pour plus de diversité s'accrut. Dans la ville de Thessalonique le maire nouvellement élu lança TV 100, le pendant de la radio municipale Radio 100, en même temps qu'il faisait diffuser plusieurs chaînes de télévision par satellite. Au Pirée, la municipalité lança TV Plus, qui introduisit la télévision payante en Grèce, diffusant plusieurs programmes de début de soirée (prime-time), avec des films grand public, par abonnement mensuel et location d'un décodeur.
Ces deux initiatives firent face à de nombreux obstacles et à des tentatives de censure. Dans le droit fil de l'action brutale exercée par le gouvernement dans le traitement des radios pirates dans les années 1980 et laissant présager de plusieurs autres actes musclés, dont la fermeture d'ERT en 2013, le gouvernement envoya la police anti-émeutes investir les installations municipales de diffusion à Thessalonique, ainsi qu' à Athènes, où des salariés de la chaîne municipale et des employés municipaux, ainsi que des conducteurs de véhicules sanitaires furent mobilisés pour bloquer la route d'accès à l'antenne d'Athéna 9.84 et empêcher sa fermeture par la police. De la même manière, les émissions de TV Plus furent fréquemment la cible de brouillages de l'ERT, qui diffusait des programmes de télévision par satellite sur les fréquences utilisées par TV Plus, forçant celle-ci à constamment se repositionner sur d'autres fréquences. Il faut cependant noter que, dans les faits, le monopole de la télévision d'état avait été brisé antérieurement, dans les années 1980 grâce à des moyens ingénieux et toujours avec un objectif politique. Le politicien Georgos Karatzaferis, personnalité du parti "Nouvelle Démocratie", commença à diffuser des programmes vidéo sur abonnement, avec des enregistrements de ses entretiens politiques, proposant des points de vue politiques que l'on ne pouvait pas trouver alors sur l'ERT contrôlée par le PASOK.
En 1989, l'instabilité politique croissant et une fragile et inhabituelle coalition ayant émergé entre à droite "Nouvelle démocratie" et à gauche "Synaspismos", une nouvelle loi fut votée qui ouvrit formellement la voie à la télévision privée. A noter que la loi 1866/89 qui libéralisa l'industrie télévisuelle fut une loi sur mesure: elle stipulait, parmi les critères de sélection en vue de l'obtention d'une licence, la nécessité d'une expérience ou compétence préalable du requérant en matière de médias de masse ou bien son exercice dans une municipalité.
Ces clauses garantissaient dans les faits que les premières licences seraient conformes aux intérêts des principaux diffuseurs du pays et des autorités locales. Comme le montrèrent les années suivantes, une législation sur mesure (ou "sur portrait") devint un outil habituel du gouvernement pour contrôler la télédiffusion au profit d'intérêts politiques ou d'affaires.
Finalement, le gouvernement de l'époque décida d'attribuer deux licences de télévision nationale, mais conformément à ce qui allait devait devenir un thème récurrent, les autorisations étaient à base de politique: la première licence fut donnée à un consortium de diffuseurs importants de "centre-gauche" et d'hommes d'affaires alors proches du PASOK, comprenant Lambrakis, Vardi Vardinogiannis, Ionnis Bobolas, Christos Tegopoulos et Aristidis Alafouzos. Ce fut Mega Channel, lancée en novembre 1989. L'autre licence fut attibuée à un consortium de "centre-droit", incluant des hommes d'affaires comme Socratis Kokkalis ainsi que plusieurs diffuseurs de centre-droit, qui créa Nea Tileorasi. Cette dernière chaîne, pourtant, n'a jamais émis qu'un signal test. Mais la scène était en place pour une "libéralisation sauvage" de la télévision et l'entrée d'une nouvelle machine à pouvoir.
Expatriation : 10 raisons qui font qu’on ne doit rien à l’État !
Les étatistes accusent les expatriés d’avoir « profité » de l’État. Voici 10 bonnes raisons pour lesquelles chacun peut quitter l’État quand il veut.
Pour la énième fois, j’ai reçu une question surask.fm m’accusant d’avoir quitté la France alors que j’ai profité de l’école publique étant enfant, des routes publiques, des transports publics, etc. Je voulais y consacrer cet article pour y répondre une bonne fois pour toutes, parce que c’est une remarque qui me revient souvent et parce qu’elle est d’une grande absurdité. Voici donc 10 raisons pour lesquelles je ne dois rien à l’État et j’ai la liberté de le quitter quand je veux.
1. Techniquement, personne ne peut partir. L’état est en déficit constant, ce qui signifie que tout le monde a statistiquement reçu plus de services publics qu’il n’a payé d’impôts. À part une minorité de quadragénaires célibataires sans enfants et sans problèmes de santé, littéralement tout le monde a contribué (involontairement) à la dette publique.
2. L’État gère très mal ses dépenses publiques, merci de le confirmer.
3. Je n’ai signé aucune forme de contrat social. Je n’ai jamais été présenté avec la possibilité d’accepter ou de refuser les services de l’État. Et même si c’était le cas, je pense qu’il serait extrêmement fallacieux de prétendre que les très jeunes enfants soient en mesure de prendre une telle décision.
4. Il n’est indiqué nulle part que je dois m’acquitter de tout ce que j’ai pu profiter avant de quitter le pays. J’aimerais qu’on me montre une seule loi qui explicite que je doive rembourser mes années d’écoles avant de m’expatrier.
5. Parlant d’école, j’y suis entré quand j’avais 3 ans (ou 2, je ne sais plus exactement) et j’en suis sorti à 20. C’est le comble de la mauvaise foi que de me demander de rembourser quelque chose que j’ai profité alors que durant les quinze premières années je n’étais même pas majeur, je n’étais légalement pas dans la capacité de prendre une telle décision et je n’avais aucun des outils intellectuels pour comprendre la situation et faire le moindre choix différent.
6. Tous ces services publics sont en monopole. Quelle alternative y a-t-il ? L’école privée est financée à 80% par de l’argent public, les routes sont toutes publiques, les transports sont une série de monopoles et il est pratiquement impossible de quitter la sécu. N’est-ce pas encore une fois d’une immense mauvaise foi que de me reprocher d’utiliser quelque chose alors qu’il n’existe strictement aucune alternative légale ? Je dois m’être soigné avec des plantes qui ont poussé dans mon jardin pour avoir le droit de quitter le sol ?
7. Par la même logique, doit-on réclamer à tous les redoublants, tous ceux qui arrêtent leurs études et tous ceux qui changent de carrière pour un autre métier ou pour devenir parent au foyer ? C’est strictement la même situation : l’État fait un investissement financier conséquent pour que ces jeunes un jour contribuent à l’économie nationale, mais au final ils ne le font pas. Je propose que l’on taxe toutes ces mères au foyer ingrates qui coûtent à notre cher et précieux État.
8. Si la Roumanie mettait en œuvre cette logique, nous aurions une pénurie de chirurgiens. N’est-ce pas anormal que l’État roumain paie pour que l’on ait des chirurgiens formés gratuitement qui contribuent à notre économie ?
9. Qu’est-ce qui vous prouve que je ne contribue pas à l’économie française ? Avez-vous la preuve que je ne reviendrai pas dans plusieurs années avec beaucoup d’épargne pour investir et créer des emplois à forte valeur ajoutée sur le sol français ?
10. N’est-ce pas un peu ingrat que vous allez mourir en laissant une ardoise colossale à l’État ? Et qui va payer pour votre retraite et votre santé dans le futur pour lesquels vous n’avez pas épargné, espèce d’égoïste ?
Bref, vous voyez l’idée.
Une soirée chez les Chirac
Une soirée chez les Chirac
La nouvelle met du baume au cœur : les Chirac sont des Français comme les autres. Ils se disputent. Passée la sempiternelle question (« Qu’est qu’on mange ce soir ? ») parfois suivie d’un cri de révolte de l’ancien Président (« Ah non, pas encore de la tête de veau ! »), tout se déglingue. Ils en parlent et le ton monte vite. Elle : « Ton meilleur d’entre nous est un colin froid ». Lui : « Le tien est un agité. Comme toujours, on décide, il exécute ». Une question redoutable reste posée : que va choisir le chien, Juppé ou Sarko ? Prudent, le bichon maltais se tait. Il sait que son maitre peut avoir la dent dure : il surnommait un de ses prédécesseurs, un labrador, « Ducon ». Comme Michel Denisot s’en étonnait, Chirac expliqua : « Oui, c’est Giscard qui me l’a offert ».
Obsolescence programmée : Duflot part en bataille contre les Gremlins
Cécile Duflot, lorsqu’elle n’est pas en train de saboter le secteur immobilier à coups de lois écrites en état d’ébriété, se charge de peaufiner quelques amendements cavaliers sur la Loi de Transiture énergétique de Dame Ségolène. Et au plan politique, rien de tel qu’une âpre lutte contre un moulin à vent pour montrer au reste du monde qu’on a fièrement combattu.
Car pour Cécile, s’il y a bien un problème, en France, qui est souvent oublié, c’est que le pays est régulièrement en proie aux farfadets et autres leprechauns qui viennent grignoter nos récoltes, polluer notre air et tourmenter nos édiles. Heureusement, elle a compris qu’avec sa poudre de perlimpinpin, obtenue à grands soins par frottement d’huile de coude sur du crin de licorne, elle pourrait venir à bout de ce fléau et présente donc régulièrement des lois pour régler le problème.
Bien sûr, pour éviter de terminer en camisole dans un hôpital de seconde zone, elle ne mentionnera aucun lutin ni feu-follet dans le récit destiné à faire passer ses lubies en vote à l’Assemblée et elle utilisera plutôt sa faculté innée de camouflage pour aboutir à des amendements croustillants. Cette fois-ci, les petits korrigans choisis par Cécile sont ceux qui détraquent les objets trop tôt et les vilains gremlins qui grignotent l’électronique et la mécanique de nos appareils ménagers et les font tomber en panne le lendemain de l’expiration de la garantie. Et pour faire passer l’idée qu’ils existent, Cécile et sa clique les ont appelé « Obsolescence programmée ».
L’idée générale est que des industriels, des fabricants et des publicitaires interlopes se retrouvent certains soirs, dans des sous-sols et des caves sombres et humides, dans une lumière blafarde, et conspirent à voix basse pour s’assurer que les machines à laver garanties 2 ans ne dureront que 731 jours maximum, que les bas en nylon soient conçus avec des mailles trop fines pour durer plus d’une ou deux journées, et que les ampoules électriques claquent subitement après quelques mois d’utilisation alors que tout le monde sait qu’elles peuvent en réalité produire de la lumière 10 ans non-stop.
Quelle bande de salauds, quand on y pense ! Tout ça parce que le Grand Kapital a décidé – c’est évident – de vendre plus de produits ! Ces gens, prêts à toutes les bassesses, à tous les mensonges, à tous les profits, sont sans morale et sans scrupules à tel point qu’on dirait des politiciens ! Il fallait agir vite et c’est pourquoi Cécile a déposé son amendement, dont l’idée générale est qu’il faut absolument punir fermement ceux de ces industriels indélicats qui osent ce genre de pratiques, parce que rien dans l’arsenal législatif ne permettait déjà de régler le problème.
En pratique, sur le papier et législativement parlant, ça donne ceci :
« Soit sur la durée de vie du produit intentionnellement raccourcie lors de sa conception »
Et ceci se trouve après le troisième point de l’article L. 213‑1 du Code de la Consommation (qui est, je suppose, à la circulation des couteaux, des cuillères et des fourchettes ce que le code de la route est à celle des voitures). Concrètement, cela veut donc dire qu’un impétrant tentant de tromper un consommateur en raccourcissant intentionnellement la vie d’un produit lors de sa conception se verra puni d’un emprisonnement de deux ans au plus et d’une amende de 300.000 euros.
Eh oui, en France, on ne rigole pas avec les gremlins et les leprechauns. Et le fait que ce sont, réellement, des créatures mythologiques ajoute même au bénéfice qu’on peut avoir, lorsqu’on est un politicien, à produire des règlements à leur encontre. De la même façon qu’un vendeur d’alarmes contre les invasion de girafes serait assuré d’un taux d’échec extrêmement faible s’il en garantit l’usage sur le territoire français, faire passer une loi pour quelque chose qui n’existe pas garantit, par construction, que cette loi sera respectée très scrupuleusement. En outre, ici, le flou et la maladresse avec lesquels a été rédigé l’amendement ajoutent ce petit parfum de n’importe quoi inimitable qui fait maintenant la marque de fabrique de Duflot, décidément vraiment pas doué pour la législation.
Car on a beau tourner le bidule (« amendement », dans ce cas, est bien trop solennel pour cette salade de petits mots disjoints) dans tous les sens, aucun angle ne permet de voir autre chose qu’un désastre intellectuel malheureusement devenu routinier dans l’actuel hémicycle, et notoirement lorsque Cécile s’empare de son gros bic baveux. Je passe rapidement sur le concept même d’obsolescence programmée, si parfaitement crétin qu’il me suffira de renvoyer àquelques liens pour rappeler que ça n’existe pas, du tout, même pas en rêve.
Oui, bien sûr qu’il existe en revanche des industriels indélicats. Bien sûr qu’il y a, parfois, un vendeur imbécile croyant faire du bénéfice en imposant une limitation arbitraire à son produit. Cependant, l’écrasante majorité de ce que le grand public (et, derrière lui, les politiciens avides de s’attirer ses bonnes grâces) prend pour de l’obsolescence programmée est, bien plus simplement, une fort mauvaise compréhension de la façon dont fonctionne les processus industriels, les contraintes de qualités et leur rapport avec le prix. Si l’on y ajoute le biais du survivant, aussi psychologiquement puissant qu’il est connu et mal compris par ceux qui tombent dedans, on a tous les ingrédients réunis pour aboutir à donner un corps dodu à un mythe ridicule, d’autant qu’il est nourri par la doxa indécrottablement malthusienne et anti-consumériste des écologistes standards.
Mais, plus à propos de cet amendement, même en considérant les bonnes intentions éventuelles d’une député décidément pas aidée dans ses rédactions législatives, on ne peut s’empêcher de bondir en lisant la formulation proprement hallucinante du bidule. Des questions, lancinantes et impérieuses, se bousculent immédiatement :
- Qu’est-ce-que « la durée de vie d’un produit » ? En existe-t-il une officielle, reconnue de tous ? Un tableau (périodique, proprement remis à jour tous les trimestres) liste-t-il scrupuleusement cette durée de vie normale pour tous les objets qui peuvent faire l’objet d’une production et d’une consommation ? Est-on en droit de s’insurger si les boulons fournis par Ikea pour fixer ensemble les deux pans du magnifique Grøsbåff tiennent mal au bout de 10 ans ? Ou peut-on le faire dès 5 ans ? Quelle est la durée de vie officielle d’une pile LR5 ?
- Si on ne connaît pas la durée de vie d’un produit, par quelle contorsion mathématique ou physique rigolote va-t-on pouvoir déduire qu’elle a été réduite ? Si on peut concevoir que la question précédente est un piège (les boulons du Grøsbåff n’ont pas de durée de vie déterminée, zut alors), il n’en reste pas moins vrai qu’affirmer qu’une durée inconnue a été réduite tient du prodige. Nul doute que la brave Cécile doit pouvoir nous trouver une explication en béton armé à ce petit paradoxe.
- Enfin, en imaginant que, sans connaître la durée attendue, on a pu déterminer malgré tout que la durée observée est moindre, comment arriver à montrer de façon claire et sans ambiguïté que cette réduction est intentionnelle ? Déjà qu’aux deux questions précédentes, on sentait nettement nos députés écologistes lancés en brasse coulée dans une piscine de fondue savoyarde, on atteint avec cette notion deraccourcissement intentionnel sur une durée inconnue mais tout de même raccourcie un niveau de n’importe quoi que peu de politiciens atteignent régulièrement, même les plus entraînés.
Et ces questions ne sont pas anecdotiques puisque, finalement, l’infraction étant assortie d’une sévère punition, tout cela se jouera au pénal qui ne peut pas trop s’encombrer d’approximatif, au contraire des députés qui, eux, en font leur miel.
Rassurez-vous : tant ces questions, qui ne seront jamais posées et n’auront donc jamais la moindre réponse pertinente, que cet « amendement » n’ont la moindre importance. Que cette purée législative épaisse vienne alourdir un énième code (celui de la consommation) n’a pas non plus la moindre importance. Tout indique que cet exercice, purement scribouillard, ne sert qu’à montrer au peuple qu’on le dorlote, qu’on s’occupe de lui. Cécile Duflot et ses colistiers dans cette affaire confuse et mal boutiquée n’ont qu’un but bien compris : montrer qu’ils sont du côté des Gentils, et en lutte permanente contre les Méchants qui sont protéiformes, se cachent partout, notamment dans les détails, et pavent l’enfer de bonnes intentions, les veules.
Tremblez, gremlins. Frémissez, farfadets. Cécile vous garde à l’œil. Pleurez, Français. Vous payez pour ces conneries.
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