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Madame Monsieur,
Savez-vous quel est le point commun entre les terroristes Chérif Kouachi (12 victimes), Amedy Coulibaly (6 victimes), Mehdi Nemmouche (4 victimes) et Mohamed Merah (6 victimes) ?
Ne comptez pas sur le gouvernement ou les médias pour vous le révéler - et encore moins la ministre de la Justice Christiane Taubira.
Car ce qui relie le parcours de ces terroristes n'est pas seulement le radicalisme islamique.
Tous les 4 sont des criminels multirécidivistes qui ont bénéficié pendant toute leur vie du laxisme et des failles béantes de notre justice pénale.
Tous les 4 auraient dû être en prison au moment de leurs attentats.
Vous avez bien lu (et je vais vous le prouver dans un instant) : si notre système pénal fonctionnait normalement, toutes les victimes de ces terroristes seraient encore en vie aujourd'hui : la policière municipale, les victimes de Charlie Hebdo, de l'Hyper Cacher, du Musée juif de Bruxelles, les militaires du régiment de Montauban et les enfants de l'école juive de Toulouse.
Coulibaly, condamné à 5 ans de prison en 2013
Prenez le parcours criminel d'Amedy Coulibaly. Voici ce qu'en dit le journal Libération :
« Le casier d’Amedy Coulibaly témoigne d’un lourd passé de braqueur alors qu’il n’avait même pas 18 ans. En 2001, il avait été condamné à trois ans ferme, dont deux avec sursis, par le tribunal d’Evry puis, la même année, à quatre ans dont deux avec sursis toujours pour des «vols aggravés». En 2002 encore, douze mois dont neuf avec sursis pour vol aggravé et recel. En 2004, le voilà renvoyé devant la cour d’assises des mineurs du Loiret, qui lui inflige six ans de prison pour un vol à main armée dans une agence BNP avec deux complices. En 2005, le tribunal correctionnel de Paris condamne Coulibaly à trois ans d’emprisonnement pour «vol aggravé, recel et usage de fausses plaques d’immatriculation». En mai 2007, il prend dix-huit mois pour trafic de stupéfiants. »
Ce que le journaliste oublie de préciser, c’est qu’un seul vol à main armée, dans notre code pénal, est un crime puni théoriquement de 20 ans de réclusion criminel. Mais Coulibaly, malgré ses multiples braquages, s'en est sorti avec quelques années de détention au total.
Plus grave encore : le 20 décembre 2013, il a encore été condamné à 5 ans de prison.
Mais il a bénéficié des remises de peine accordées depuis des années à tous les détenus, y compris les plus dangereux. Certes, il a fait de la détention provisoire. Mais s'il avait purgé la totalité de cette peine, la jeune policière et les victimes juives de l'Hyper Cacher seraient encore en vie.
Et saviez-vous que, pour Christiane Taubira, ces remises de peine sont encore insuffisamment généreuses ?
Pour elle, il était injuste que les récidivistes bénéficient de remises de peine réduites par rapport aux primo-délinquants. Dans sa toute récente réforme pénale, entrée en vigueur au 1er janvier 2015, elle a donc décidé que les récidivistes pourraient désormais avoir des remises de peine plus longues !
Kouachi, parti au Yémen malgré son "contrôle judiciaire"
Cherif Kouachi a aussi un sérieux casier judiciaire de délinquant. Déjà bien connu de la police et de la Justice pour de nombreux délits, il a été condamné à 3 ans de prison en 2008 pour djihadisme dont 18 mois avec sursis.
Mais dans son cas, la faillite de la justice est encore plus hallucinante.
En 2010, il est à nouveau arrêté et placé en détention provisoire pour avoir préparé l'évasion d'un terroriste notoire.
La justice décide de le libérer, en attendant son procès, mais elle lui impose un « contrôle judiciaire » jusqu'en avril 2013 : interdiction de quitter la région et obligation de pointer toutes les semaines au commissariat de Gennevilliers.
Sauf que quelques mois plus tard, Cherif Kouachi part au Yemen s'entraîner dans un camp d'Al-Quaïda, dans la plus parfaite impunité. Ni la police, ni la justice ne viendront l'inquiéter (et encore moins le sanctionner) pour cela.
Une faille, une bavure ? Non, c’est le fonctionnement habituel de notre système.
Un juge interrogé par Le Figaro révèle ce que savent tous les spécialistes : « les pointages au commissariat dans le cadre de contrôle judiciaire ne font jamais l'objet de contrôles stricts. Au mieux, ce n'est qu'au bout de la quatrième ou cinquième absence que le commissariat prévient le tribunal… ». Et quand la Justice est prévenue il est rare qu'elle réagisse, « et « il est encore plus rare que le non-respect des obligations débouche sur une incarcération ».
Bref, c'est l'impunité la plus totale pour nos criminels, y compris les plus inquiétants. Et ils le savent pertinemment. Tout récemment, devant la cour d'Assises du Nord, l'auteur du meurtre d'un commerçant était interrogé par le juge : « pourquoi n'avez-vous pas respecté les obligations de votre contrôle judiciaire ? ». « Cela ne m'intéressait pas », avait-il répondu.
N’est-il pas temps de faire en sorte que les criminels dans notre pays soient « intéressés » aux conséquences de leurs actes ?
Car l'impunité de Kouachi ne s'arrête pas là. En 2010, les juges ont établi qu'il possédait des images pédopornographiques sur son ordinateur. Croyez-vous que la justice a réagi avec fermeté, vu le profil de ce multirécidiviste aux inquiétantes connections djihadistes ?
Non, c’est tout le contraire : elle a tout simplement « classé l'affaire », comme elle le fera à de nombreuses reprises vis à vis des crimes de Mohamed Merah (voir plus loin).
Nemmouche, braqueur multirécidiviste
Medhi Nemmouche, celui qui a tué 4 personnes au musée juif de Bruxelles, a exactement le même profil que Coulibaly. A seulement 14 ans, il est déjà arrêté pour cambriolage. S'ensuit une longue série de délits en tous genre : recels, vols avec violence, dégradations de bien. A 17 ans, il agresse au couteau une enseignante. Tout cela dans la plus grande impunité, puisqu'il faudra attendre qu’il commette de multiples braquages pour que la justice l'envoie enfin en prison.
Au total, il sera incarcéré à 5 reprises à partir de 2004. A chaque fois, pour des durées dérisoires, sachant qu'un seul braquage est théoriquement puni jusqu’à 20 ans de prison. Et à chaque fois, la justice le relâchera bien avant la fin de sa peine.
Lui aussi aurait dû être en détention (et pour de longues années encore !) le 24 mai 2014, date de la tuerie de Bruxelles.
Mohamed Merah, libre à 23 ans malgré 18 condamnations
Le parcours de Mohamed Merah est le plus spectaculaire de tous. Sans doute parce qu’on dispose de tous les détails, plusieurs livres étant paru sur son compte.
Saviez-vous que, moins d'un mois avant ses 6 meurtres, il avait été condamné à un mois de prison ferme ? Et que la Justice l'avait immédiatement remis en liberté, malgré ses 18 condamnations au casier judiciaire ?
Pour vous donner une idée de l'impunité dont il a joui tout au long de son parcours criminel il faut lire sa fiche Wikipédia :
« En 2002, il frappe au visage une assistante sociale. Le tribunal pour enfants le condamne pour violences volontaires. Ses éducateurs se plaignent de lui « Il injurie, insulte les filles, […] qui nous demandent de les protéger et de fermer leur chambre à clé. Chaque jour, nous devons intervenir pour une dégradation, un vol, un conflit, une agression dont Mohammed est l'auteur ». Dans une lettre à un juge datée de 2003, la mère de Mohammed Merah déplore à son tour d'avoir été agressée physiquement par l'adolescent « La violence de mon fils est telle que je me trouve dans l'incapacité d'y faire face ». En février 2004, il est arrêté pour avoir jeté des pierres sur un autobus, il s'en tire avec une simple admonestation. En janvier 2005, il tient tête à l'une des éducatrices du foyer Mercadier et la frappe à l'œil avant de fuguer. Il est condamné à cinq mois de prison avec sursis pour coups et blessures volontaires. Il faudra une convocation assortie d'une menace de révocation de sursis envoyée chez sa sœur Souad pour qu'il reprenne contact avec la Justice des mineurs. En 2005, il est arrêté au volant d'une moto Honda volée. En 2006, il est poursuivi pour un vol de portable avec violence, de moto, et des insultes. Il agresse à coups d'extincteur son oncle qui lui demandait d'arrêter un rodéo bruyant en quad, dans la cité des Izard. Durant sa minorité, il est condamné à quatorze reprises par le tribunal pour enfants pour diverses affaires de dégradations, de manquements à l'autorité ou de vols.
En 2007, il se rend avec un pistolet chez son frère Abdelkader et la compagne de ce dernier. Il tire dans l’écran plat posé sur le meuble télé et saccage leur appartement, jetant les objets par la fenêtre du 4e étage. Il quitte les lieux en menaçant « Si tu lèves encore une fois la main sur moi, je t'en loge une ». En décembre 2007, il arrache le sac d'une personne âgée dans le hall d'une banque. Pour ce vol avec violence, Mohammed Merah devenu majeur, est condamné à 18 mois de prison ferme selon la procédure de comparution immédiate (première incarcération !).
En décembre 2008, il refuse d'obtempérer à un contrôle policier forcé et est réincarcéré à la maison d'arrêt de Seysses jusqu'en septembre 2009. Début juillet 2010, il vient consulter un avocat pour entamer une procédure aux prud'hommes en raison d'heures de travail non payées, chez son carrossier. Un an plus tard, il insulte et menace une employée de la concession Renault qui lui aurait donné par téléphone une indication erronée : « Toi, si je te retrouve dehors, tu es morte ». En février 2012, il est jugé une nouvelle fois pour conduite en 2009 d'une moto sans permis, ainsi que pour blessures involontaires, puis condamné à un mois de prison ferme, mais laissé libre. »
Et encore, il manque dans ce récit tous les faits pour lesquels il n'a pas été poursuivi !
Une mère de famille a révélé dans la presse ce que M. Merah avait fait subir à sa famille deux ans avant ses meurtres : « Il a conduit mon fils à son domicile. (…) Puis il lui a imposé de regarder des vidéos d'Al Qaïda (des scènes insoutenables dans lesquelles des femmes sont exécutées d’une balle dans la tête et des hommes égorgés). Mon fils m'a appelé. On a finalement pu le récupérer. Il est resté enfermé là bas de 17h à minuit... ». La mère a alors déposé plainte, ce qui a provoqué la colère de M. Merah : « Il est venu devant chez nous. Il m'a menacée et frappée. (…) Il disait aussi que lui et ses amis viendraient prendre mon fils et qu'il ne me resterait plus que mes yeux pour pleurer ». Le surlendemain, il s’en est effectivement pris à son fils : « Il l'a frappé, et ma fille est intervenue. Il l'a rouée de coups. Il y avait beaucoup de monde, mais personne n'a bougé ». La femme précise qu’elle a « tout gardé » : « la robe de sa fille tâchée de sang et déchirée, le dépôt de plainte, les courriers de relance, des photos et les certificats médicaux... ». L’avocat de cette mère de famille, Me Mouton, confirme qu’une « plainte très circonstanciée » a été déposée le 25 juin 2010. La mère de famille a relancé les autorités à de nombreuses reprises. Sans aucune suite. « Pourquoi, malgré tous mes signalements, Mohamed Merah n'a-t-il pas été arrêté ? Nous l'avons encore vu la semaine dernière. Il nous narguait. J'ai tout raconté à de nombreuses reprises à la police et à la préfecture. (…) C'est incompréhensible et révoltant. »
Tout ceci alors que Mohamed Merah était déjà ultra-connu de la police et de la justice !!!
Maintenant, la question que nous devons nous poser est la suivante :
Croyez-vous que le gouvernement va tirer les leçons de ces affaires ? Croyez-vous qu'il va, de lui-même, sans pression populaire, prendre les mesures qui s'imposent ?
A la fin de l’année dernière, Christiane Taubira annonçait vouloir réformer la Justice des mineurs, qu’elle jugeait trop ferme et insuffisamment compréhensive vis-à-vis des délinquants…
Le 9 janvier dernier, le jour même de l'attaque de l'Hyper Cacher, Christiane Taubira adressait un document de 2 pages aux 40 Procureurs généraux. Elle leur donnait la ferme instruction d'appliquer immédiatement sa nouvelle réforme consistant à augmenter la durée les remises de peine des récidivistes.
Vendredi 16 janvier dernier, Christiane Taubira a diffusé un communiqué de presse. Pour répondre à la situation actuelle, elle déclare que l'urgence est de durcir l'arsenal répressif contre… le racisme et l'homophobie !
Ne pensez-vous pas qu'il est temps pour nous, citoyens de France, de nous lever en masse pour réclamer une Justice pénale qui nous protège des vrais criminels ?
N'est-il pas temps d'adresser un signal clair au gouvernement sur les priorités que NOUS souhaitons qu'ils appliquent ?
Ne croyez-vous pas qu'il est temps de mettre un coup d'arrêt au laxisme incroyable qui met en danger la vie de nos enfants et nos petits-enfants ?
Si oui, alors je vous demande solennellement de participer en urgence à notre grand référendum national en vous rendant ici.
Je vous demande également de transmettre immédiatement ce message à tous vos contacts pour qu’ils participent eux aussi à cette grande mobilisation.
Nous ne pouvons pas attendre les prochaines élections, les bras croisés, en espérant qu'un nouveau gouvernement prenne les mesures qu'il faut prendre AUJOURD'HUI.
Nous ne pouvons pas observer sans rien faire que notre ministre de la Justice facilite, décision après décision, le travail des criminels et des terroristes.
Il faut agir MAINTENANT.
Alors vraiment, merci de prendre quelques minutes pour participer à notre grand référendum pour la Justice.
Je compte sur vous,
Laurence Havel
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mardi 20 janvier 2015
LE CRI
lundi 19 janvier 2015
Le gouvernement de l’émotion
Une semaine après la série d’attentats tragiques et la réaction magnifique du peuple français, certains se demandent toujours si les choses vont reprendre comme avant. Il y a les optimistes, tendance rêveurs, qui pensaient que la concorde nationale ouvrirait pour longtemps une nouvelle ère. Ceux-là sont déjà déçus : de premières fissures sont apparues dans le bloc de granit de l’union politique ; une partie de la population française a osé avouer qu’elle n’était pas Charlie ; le climat social se tend à nouveau avec une grève des routiers et l’échec des négociations patronat-syndicats sur la réforme du droit du travail.
Tous ces faits nourrissent les pessimistes, tendance revenus de tout : ils constatent que dans une grande partie du monde musulman, la pression monte brutalement à l’égard de la France ; ils voient l’engrenage de la provocation se mettre en place ; ils savent que les questions de l’exclusion, de l’école, des banlieues, de l’assimilation, de la fracture sociale, et en arrière-fond de tout cela du chômage, n’ont pas avancé d’un iota à la faveur de cette mobilisation nationale. Sont-ils désabusés lorsqu’ils expliquent que cela prouve bien que, une fois le choc passé, la vie reprendra exactement comme avant ? Sont-ils cyniques lorsqu’ils prédisent que la bulle de popularité dont bénéficient le chef de l’Etat et son Premier ministre s’envolera, et qu’à la fin de l’histoire c’est comme toujours le Front national qui capitalisera le plus sur la peur ? Ou sont-ils simplement réalistes lorsqu’ils constatent que déjà François Hollande, multipliant les discours, les interventions, les visites, inaugurations et commémorations, a repris son costume à grosses coutures politiciennes ? Qu’il est ainsi en train de dilapider ses gains auprès des Français ? Car, optimistes ou pessimistes, ils savent tous que gouverner sur l’émotion ne fait pas une politique.
Turquie : le pays d'Erdogan, terreau fertile du djihadisme
Un rapport des services de renseignements turcs dévoile la présence de "cellules dormantes" en Turquie. Le gouvernement jouerait-il un double jeu ?
Sur le sol turc, trois mille personnes entretiendraient des liens avec l'État islamique. C'est l'inquiétant constat qui ressort d'un rapport des services de renseignements turcs, publié samedi dans le quotidienHurriyet. Une présence synonyme pour les autorités de risques accrus d'attaques contre les ressortissants et intérêts occidentaux présents sur le territoire.
Sur le sol turc, trois mille personnes entretiendraient des liens avec l'État islamique. C'est l'inquiétant constat qui ressort d'un rapport des services de renseignements turcs, publié samedi dans le quotidienHurriyet. Une présence synonyme pour les autorités de risques accrus d'attaques contre les ressortissants et intérêts occidentaux présents sur le territoire.
Si les rôles de ces "cellules dormantes" et le danger qu'elles représentent sont encore à déterminer, moins d'une semaine après les sanglantes attaques à Paris qui ont fait 17 morts, la nouvelle est prise très au sérieux par les services turcs. Immédiatement, les niveaux de sécurité ont été poussés à leur maximum dans les bâtiments diplomatiques. Les
infrastructures de l'Otan seraient également dans le viseur de l'organisation terroriste.
Jeudi, le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, rappelait déjà que 700 Turcs (1 000, selon plusieurs observateurs) avaient choisi de rejoindre les rangs de l'EI en Syrie. Une trentaine d'entre eux auraient perdu la vie dans des combats. Le chef de la diplomatie a rappelé qu'Ankara avait interdit d'entrée sur son sol environ 7 250 étrangers suspectés de vouloir se rendre (via la Turquie) en Syrie et que 1 160 personnes avaient été expulsées pour des liens entretenus avec des organisations djihadistes. Un déballage de chiffres coutumier de la part du gouvernement Davutoglu, censé anticiper les éventuelles critiques des alliés occidentaux de la Turquie. En effet, le pays - toujours frileux à l'idée de s'engager dans la coalition contre l'EI - est suspecté d'avoir longtemps fermé les yeux sur le transit par son territoire de nombreux candidats au djihad partis combattre les forces de Bachar el-Assad, ennemi déclaré d'Ankara.
Depuis plusieurs mois, le gouvernement turc est même régulièrement accusé de soutenir clairement l'organisation terroriste de l'EI dans sa guerre contre le régime syrien et les forces kurdes du PYG (branche syrienne du PKK), seconde bête noire du pouvoir turc. Fourniture d'armes, de matériel, d'assistance logistique et médicale, achat de pétrole de contrebande en provenance du califat autoproclamé, entraînement des djihadistes et soutien des renseignements : autant d'accusations systématiquement balayées par la Turquie. À cela elle rétorque que c'est elle, et elle seule, quiaccueille sur son sol et à ses frais 1,6 million de réfugiés syriens fuyant la barbarie du régime de Damas et la menace djihadiste.
Une menace qui, après la publication de ce rapport (et les alertes des services américains), ne semble plus si éloignée de la Turquie. Au sein même de la République, l'imprégnation serait bien réelle. À l'automne 2014, le New York Times et Newsweek affirmaient - provoquant par la même occasion l'ire d'Erdogan - que certains quartiers défavorisés des grandes villes turques serviraient de base de recrutement à l'EI, dont Ankara, la capitale, et Istanbul, la plus grande ville du pays. Un constat que confirme Gunes Murat Tezcur, maître de conférences en sciences politiques à la Loyola University Chicago. À Istanbul sont particulièrement concernés "Bagcilar et Gaziosmanpasa, deux districts situés sur la rive européenne de la ville". En plus de fournir des recrues à l'EI, ces quartiers "abriteraient également de vastes réseaux islamiques, dont certains soutiennent activement les efforts des djihadistes".
Des recrues dont Gunes Murat Tezcur et son collègue Sabri Cifti ont voulu dresser un portrait type. Les djihadistes turcs seraient en majorités des hommes, au profil socioprofessionnel divers (du fonctionnaire à l'étudiant, en passant par l'avocat), dotés d'un niveau d'éducation plus élevé que la moyenne nationale et issus de toutes les régions de Turquie (avec une forte présence de Kurdes). Parmi eux, on compte plusieurs vétérans des guerres de Bosnie, de Tchétchénie ou d'Afghanistan. Les deux hommes rappellent que si cet islam radical a pris de l'ampleur en Turquie, c'est à sa politique interne que l'AKP le doit : "La radicalisation en Turquie va de pair avec l'évolution ces dernières années de la société civile et des institutions politiques sous les gouvernements AKP." L'ère Erdogan, marquée par une nette amélioration de la situation économique du pays, s'est également illustrée - dans ses premières années - par une plus grande ouverture en matière de libertés (expression, presse, associations, etc.) et un retour de l'islam dans le champ politique dont les activistes radicaux et djihadistes ont su largement profiter pour s'implanter dans la société turque.
Une poussée radicale qui a également fait les affaires d'al-Nosra (mouvance djihadiste implantée en Syrie et affiliée à al-Qaida) et dont la force de nuisance en Turquie inquiète les renseignements turcs. "L'EI est certes une plus grande menace pour la région par sa capacité d'action et par son aspect plus violent et cruel qu'al-Nosra, mais la branche d'al-Qaida représente un danger plus grave pour la Turquie par son influence croissante et sa normalisation dans le pays", analyse ce professeur de sciences politiques d'une université privée d'Istanbul qui souhaite rester anonyme. Une présence qui ne serait pas enrayée par l'AKP, bien au contraire. Plusieurs observateurs affirment que le pouvoir turc aiderait même indirectement la mouvance djihadiste, ennemi déclaré du régime de Damas. Un "soutien discret" toujours d'actualité, selon l'universitaire. "L'AKP fonctionne à travers un vaste réseau d'ONG et de groupes islamiques radicaux qui soutiennent activement l'action d'al-Nosra et recrutent des jeunes religieux pour la cause."
Un enrôlement particulièrement efficace - qui tend à échapper au pouvoir - dans les universités, mais aussi auprès d'une jeunesse défavorisée et vulnérable. Une sphère djihadiste multiple qui représente une véritable menace intérieure qui serait dirigée contre les intérêts occidentaux et qui pourrait se complexifier avec le retour des combattants djihadistes. "Comme on l'a vu à plusieurs reprises après l'Afghanistan, l'Algérie, la Bosnie, ces ex-combattants ne déposent que rarement les armes une fois rentrés au pays", explique l'universitaire turc. Et de rajouter : "La Turquie ne s'y est pas préparée."
dimanche 18 janvier 2015
L’Europe au pied du mur
L'Europe unie est en guerre contre le terrorisme. Depuis hier soir nous savons que les menaces ne sont pas exclusivement hexagonales, mais qu'elles visent toute l'Union. L'intervention de la police belge pour mettre hors d'état de nuire une cellule djihadiste a fait la démonstration que les réseaux s'activent et sont à la man'uvre pour tenter de déstabiliser le Vieux Continent.
L'Europe unie ne doit pas s'étonner de la présence de bases et de filières du terrorisme djihadiste en Belgique. C'est une réalité assez ancienne. C'est en effet chez nos voisins que fut planifié l'attentat contre Massoud. C'est en Belgique que s'est produit l'attentat contre le Musée juif de Bruxelles, le 24 mai 2014. C'est en Belgique qu'existent des filières de fournitures d'armes de guerre. Les enquêteurs français ont de forts soupçons sur l'approvisionnement dans ce pays des frères Kouachi et de Coulibaly, dans les semaines passées. La Belgique abrite des organisations d'inspiration salafiste, parfaitement connues et repérées, filières d'endoctrinement et de recrutements de jeunes radicalisés pour un départ en Syrie. Ces organisations 'uvrent auprès des jeunes précaires et en rupture sociale. Les spécialistes estiment à trois cents, les engagés djihadistes Belges partis en Syrie ou en Irak.
L'Europe unie va être au pied du mur. Personne ne pourra dire qu'il est protégé de ce cancer. La mondialisation du terrorisme s'appelle ici djihadisme européen. Donc l'Europe doit agir. Il est probable que nos concitoyens qui ont aimé les directives européennes sur les nitrates ou sur la forme idéale des légumes à mettre sur les marchés, aimeront davantage une action concertée et forte de l'Union contre le terrorisme.
L'Europe unie doit s'emparer du dossier au-delà des incantations. D'abord en participant au financement pour une lutte dont actuellement une grande partie du coût est supportée par la France et par la Grande-Bretagne. Ensuite, en créant une organisation de l'antiterrorisme, et enfin en contrôlant nos ressortissants qui partent ou qui rentrent de Syrie avec des projets criminels.
Un effet presse écrite
La presse écrite ira-t-elle mieux ? Pas de précipitation. Mais la séquence d'actualités que nous vivons a ramené les lecteurs devant les kiosques et dans les maisons de la presse. Première observation de cette semaine tragique : les ventes inhabituelles des journaux papier.
À événements exceptionnels, ventes exceptionnelles. Les titres de la presse nationale ont affiché des taux de vente de + 40 % à + 50 %, le 8 janvier. La presse quotidienne régionale est a + 30 % en moyenne, comme les éditions de notre journal avec une pointe à + 65 % pour l'édition de Clermont-Métropole. Une tendance qui, malgré un fléchissement, a montré une constante dans les jours qui ont suivi.
L'attentat contre une rédaction n'est pas pour rien dans cette envie pressante de lire un journal papier. Il s'agissait d'abord d'un acte de solidarité porté par l'émotion envers ce type de presse. Quel qu'il soit. L'attente de l'édition du Charlie Hebdo de mercredi a conduit beaucoup de Français chez les diffuseurs de presse, des lieux où ils n'allaient plus. Et finalement chacun repartait du kiosque avec un journal sous le bras, Charlie Hebdo ou un autre titre.
Ce regain d'intérêt pour la presse écrite traduit également une reconnaissance de légitimité, une attente d'explication, un désir de comprendre, une recherche de sens, pour aller au-delà du déroulé en « live » de l'information à haute vitesse des chaînes en continu et des directs des sites Web. Ici la prime au journal est d'abord la prime à l'écrit. Dans un contexte de grande violence et de forte demande de solidarité de la communauté nationale, le journal papier est un outil de partage, mais aussi un outil à conserver pour la mémoire commune. Cette tragédie a par ailleurs réconcilié (pour combien de temps ?) les Français avec trois corps intermédiaires pourtant très décriés ces dernières années : les policiers, une partie des hommes politiques et les journalistes. Pour ces derniers, la nécessité d'une presse écrite qui explique n'est pas étrangère au retournement d'opinion.
Les étrangetés de l’air du temps
Une semaine après les attentats terroristes qui ont ensanglanté Paris, l’air du temps a quelque chose d’étrange, d’extrêmement lourd, chargé d’incongruités. « Et vous, êtes-vous Charlie? » devient la question rituelle de tous les interviews, radio, presse, télévision.
Ne pas être Charlie revient à se singulariser, ringardiser, se placer à contre-courant, endosser une image douteuse. Nous assistons à un curieux basculement, qui voit le chantre de l’anticonformisme et de la contestation par l’humour devenir un label de convenance. Ses créateurs auraient-ils apprécié? Qui peut le dire? Hier matin dans le bus qui m’emmenait à mon travail, j’entendais cette histoire d’un homme d’une trentaine d’années, ayant fait la queue devant le kiosque à journaux dès 5 heures du matin, pour acheter un stock d’exemplaires et les revendre plusieurs fois leur prix au marché noir. La « récup », c’est maintenant… Et puis, en vertu de l’union sacrée, un silence pesant écrase le pays. Pour qui se souvient des suites de l’affaire Mehra en mars 2012, l’absence aujourd’hui de toute polémique, de toute discussion, voire velléité de questionnement sur les failles éventuelles de la puissance publique dans ce bain de sang, a quelque chose de sidérant. Souvenons nous de la mise en cause violente du président de l’époque, de son ministre de l’Intérieur, des services de renseignement. Le silence aujourd’hui, l’Omerta qui règne est invraisemblable. On sait que les médias sont largement acquis au pouvoir actuel, à 80%. Oui, mais là, c’est grave car ce genre de questions fait partie de la démocratie. L’union nationale, même sous la Grande Guerre de 1914-1918, n’a jamais interdit de légitimes interrogations sur la conduite des opérations, qui s’exprimaient alors à la Chambre. Mais il y a plus grave. Certes ce drame a profondément traumatisé la France. Mais il ne donne pas lieu, sauf exception, au débat de société qui devrait s’imposer. Il soulève à mes yeux des questions fondamentales de civilisation sur l’échec du monde occidental face à l’islamisme radical, le séisme planétaire que représente l’instauration de l’Etat islamique d’Irak (daesh) et l’impuissance du monde occidental, le désastre engendré dans les sociétés européennes par le modèle communautariste et le repli identitaire, l’effroyable chaos des « cités de non droit », largement occulté et ignoré par « la France d’en haut », la fragmentation de la société française qui remonte à des décennies et ne fait que s’aggraver, sa violence, verbale, physique, le déclin de l’autorité, au sens noble du terme, et de la solidarité nationale – le lien de fraternité. Le silence qui pèse sur ces sujets fondamentaux, tenant à la conception même du monde, de la société et de son Etat, ses orientations et son devenir, ne fait qu’aggraver la tension perceptible en ce moment, le désarroi général et le sentiment de fatalisme.
NB: je remercie par avance les auteurs de commentaires, et je demande à certains de bien vouloir comprendre qu’un modeste blog d’échanges et de réflexion partagée comme celui-ci, n’a pas vocation à héberger des propos partisans ou de propagande en faveur de personnalités ou de partis, et encore moins des déclarations fustigeant des personnes, des groupes de personnes. Des mots déplacés ou scandaleux auraient pour effet immédiat de m’obliger à mettre fin à ce blog dont je suis personnellement responsable du contenu. Or, il est ma créature de quatre années, reçoit désormais 1000 à 2000 visites chaque jour; j’y tiens beaucoup, et je le protègerai jusqu’au bout en empêchant ce genre de dérapages. C’est ainsi. La « toile » est vaste et il existe de multiples blogs ou sites se prêtant mieux au défoulement des passions. Sincèrement, merci de votre compréhension.
vendredi 16 janvier 2015
Fanfan et Manu
Dieu que l’amour est une jolie chose ! Il est encore plus émouvant lorsqu’il surgit au sommet de l’Etat. Car, tant à l’Elysée qu’à Matignon, on le proclame : jamais les relations entre le Président et le Premier ministre n’ont été aussi bonnes. L’entente est totale, la confiance infinie. Les tragédies de l’autre semaine ont accouché d’un alliage censé être indestructible. Au point que les conseillers du Château parlent d’ « une profonde fusion de l’exécutif ». Et ceux du chef du gouvernement sont encore plus explicites : pour eux, « il s’agit d’une extraordinaire articulation du duo ». Les mauvais esprits verront une opération de communication de ces extatiques. Qu’ils glosent. Chut, nous, ne réveillons pas les deux amoureux : Fanfan et Manu sont en pleine lune de miel.
Fort sur les principes, faible sur leur application
Le modèle républicain ? Depuis des années, c’est une République abstraite, aussi idéalisée qu’irréelle, que l’on convoque à tout bout de champ. Et un citoyen rêvé – forcément libre, égal et fraternel – que l’on invoque pour mieux masquer notre impuissance à freiner la désintégration sociale. Comme si à la montée patente du communautarisme, il suffisait d’opposer la tradition de l’intégration par assimilation. Comme si la fabrique d’inégalités sociales qu’est devenu notre système scolaire pouvait être sauvée à force d’égalitarisme forcené.
Comme si face à l’inquiétante invasion du fait religieux à l’école ou dans l’entreprise, répéter « laïcité, laïcité, laïcité » réglait pour partie la question. Fort sur les principes, faible sur leur application, aveugle à leur violation : telle a été la règle.
Bien sûr, il faudra du temps pour donner du sens à l’immense mouvement de fraternité du 11 janvier. L’émotion passée, la tentation sera pourtant grande pour les uns et les autres d’appliquer la grille de lecture qui prévalait avant l’effroyable drame pour expliquer comment rénover – ou non - le modèle républicain. Sur le service militaire, sur la loi de 1905, sur la liberté d’expression ou sur l’intégration, déjà le débat s’engage. Rien de plus naturel.
Mais face à la dignité et à la maturité dont a fait preuve la nation, il serait dommage (pour ne pas dire dangereux) que cette confrontation des idées repose sur des a priori biaisés, des clichés éculés, les dénis habituels plutôt que sur la réalité.
Sans vrai diagnostic sur les failles et les faillites du système, la réinvention d’un « modèle » devenu inefficace ne mènerait à rien.
Philippe Tesson dérape: "C'est pas les musulmans qui amènent la merde en France aujourd'hui?"
Lors d'un débat diffusé sur Europe 1, le journaliste Philippe Tesson s'est laissé aller à des propos islamophobes, accusant les musulmans d'être responsables des manquements à la laïcité en France.
Qu'est-il arrivé à Philippe Tesson? Sur Europe 1 ce mercredi, le journaliste s'est lancé dans une diatribe anti-musulmansparticulièrement violente.
Invité par Jean-Marc Morandini dans son émission Le Grand Direct de l'actu, le journaliste de 87 ans, fondateur du Quotidien de Paris, était là pour intervenir dans un débat portant sur la laïcité et les établissements scolaires religieux, avant d'élargir à la question de l'islam en France.
"Ce qui a crée le problème, ce n'est quand même pas les Français" (sic)
Après avoir rappelé les grands principes de la loi de 1905, qui a établi la séparation de l'Eglise et de l'Etat, Philippe Tesson a abordé les manquements à la laïcité dans certains établissements scolaires, comme le rapporte le site internet Arrêt sur Images: "Ce qui a créé le problème, ce n'est quand même pas les Français (...)D'où vient le problème de l'atteinte à la laïcité sinon des musulmans? On le dit ça? Et ben moi je le dis!" Et d'en rajouter une couche en interpellant Jean-Marc Morandini: "C'est pas les musulmans qui amènent la merde en France aujourd'hui? Il faut le dire quoi!"
Double erreur de la part de Philippe Tesson, ancien chroniqueur du Canard Enchaîné, du Figaro, du Point et deValeurs actuelles. D'abord comme citoyen, puisque les propos tenus sont susceptibles de le conduire devant les tribunaux pourdiffamation, injure, et/ou incitation à la haine.
Le chroniqueur est aussi dans l'approximation sur le plan professionnel. Les manquements à la laïcité dans les établissements scolaires sont aussi le fait d'autres religions, comme le montrait très bien dès 2004 ce rapport qui fait référence, commandé par Luc Ferry, alors ministre de l'Education nationale.
Une plainte déposée
Lundi, le Conseil français du culte musulman relevait une explosion d'actes hostiles à l'égard de la communauté et listait une cinquantaine d'actes antimusulmans. Ce jeudi, le président de la République François Hollande soulignait encore que les musulmans étaient les "premières victimes du fanatisme, du fondamentalisme, de l'intolérance".
Selon les informations du Parisien, une plainte pour incitation à la haine raciale a été déposée le 14 janvier auprès du tribunal de grande instance de Paris.
"Il me semble avoir dit une évidence"
Joint par Le Parisien, Philippe Tesson persiste et signe: "Il me semble avoir dit une évidence". "Lorsque j'évoque les musulmans, je ne parle pas de l'ensemble de la communauté musulmane, j'utilise un terme générique, et je pense que tout le monde a compris" s'étonne le journaliste. Et de conclure: "J'ai toujours été comme ça, je dis ma vérité. Je n'attaque pas l'ensemble des musulmans. Je comprends que cela ait pu blesser certains, je le regrette, mais j'ai toujours dit les choses de manière très crue, et ce n'est pas à mon âge que l'on va me changer".
Vivre ensemble
Au-delà de tout discours péremptoire ou grandiloquent, on ne pourra pas dire que les assassinats des fanatiques islamistes, la semaine passée, n'ont pas changé la France. On ne pourra pas dire non plus que la grande marche du 11 janvier n'a pas marqué une volonté de rupture avec nos petites ou grandes renonciations.
Dans leur sauvagerie, les fous d'Allah ont contraint dirigeants et citoyens de notre pays à un douloureux « devoir d'inventaire », jusque-là refoulé, mais nécessaire à la construction d'un véritable vivre ensemble. Il a fallu pour cela mettre sur la table des vérités dérangeantes, trop longtemps dissimulées par les politiques.
On n'osait pas qualifier les terroristes d'islamistes, par crainte d'amalgame, on n'osait pas évoquer les désordres communautaristes grandissants dans les classes, par crainte de contagion. Ces « pudeurs », sans rien régler, n'ont fait que nourrir les fantasmes d'une partie de l'opinion et les réflexes identitaires. Les massacres d'il y a une semaine ont tout changé. Ils ont tué les non-dits.
Le grand mérite de François Hollande, en cette période, a été d'impulser ce mouvement de réflexion par des discours de vérité, fermes, équilibrés et rassembleurs. Hier matin, à l'Institut du Monde arabe, il a délivré un message d'apaisement aux Français de confession musulmane qui « ont les mêmes droits et les mêmes devoirs que tous les citoyens et doivent être protégés ». Après les hommages rendus par l'exécutif aux victimes juives des attentats, les responsables musulmans attendaient ces paroles de réconfort.
Que les imams, trop longtemps mutiques sur les attentats, participent au dialogue démocratique et calment les jeunes des cités, cloîtrés dans le refus de toute injonction à défiler ou se justifier, constitue une avancée. Le chemin sera encore long, bien sûr, pour surmonter toutes les incompréhensions. Les réactions virulentes suscitées dès mercredi, par la Une de Charlie Hebdodans les milieux musulmans, montrent combien les règles du vivre ensemble demanderont de sens aigu des responsabilités pour concilier la liberté des uns et le respect des autres.
Coup de gueule
Coup de gueule
Certes le temps est au deuil et au recueillement en souvenir des assassinés et au soutien pour les familles....
Mais je pousse un coup de gueule !!!
JE NE COMPRENDS PAS et NE SUPPORTE PAS QUE L'ON ME DEMANDE DE NE PAS FAIRE L'AMALGAME...
JE NE COMPRENDS PAS et NE SUPPORTE PAS QUE L'ON ME DEMANDE DE NE PAS FAIRE L'AMALGAME...
Oui "JE SUIS CHARLIE"
Oui JE SUIS POUR UNE MIXITÉ"
Nos politiques dans leur ensemble demandent aux Français de ne pas faire l'amalgame entre les attaques parisiennes et
les Musulmans de France.
Désolé mais :
Lorsque lentement, insidieusement, les arbres de Noël disparaissent de nos écoles, je fais l'amalgame.
Lorsque lentement, insidieusement, les crèches disparaissent de nos hôtels de ville, je fais l'amalgame.
Lorsque lentement, insidieusement la viande de porc est supprimée dans les cantines scolaires, je fais l'amalgame.
Lorsque des "petites merdeuses" nées en France se promènent voilées dans les rues de nos villes en nous narguant, je
fais l'amalgame.
Lorsque je fais mes courses en super marché ou les femmes voilées sont légion, je fais l'amalgame.
Cet amalgame est encouragé par la lâche complicité des hommes politiques qui, pour récupérer des électeurs acceptent
de baisser leur froc.
Jusqu'à quand ? ? ? ?
Faut il attendre un autre "Charlie Hebdo" ? ? ?
mercredi 14 janvier 2015
La Grèce bouscule le calendrier de la BCE
Décryptage. Loïc Signor interroge Cyrille Lachèvre, journaliste économique à l'Opinion, sur la renégociation de la dette grecque.
Grèce : pourquoi Antonis Samaras joue la carte sécuritaire
Récupérer les attentats de Paris
Aussi son parti, Nouvelle Démocratie (ND), exploite-t-il non sans outrances les attentats commis sur le sol français la semaine dernière. Dans un clip de campagne lancé lundi 12 janvier et traduit en français par le site d'information Okeanews, ND utilise des images de la marche parisienne du 11 janvier pour proclamer que « au moment où l'Europe s'arme, Syriza propose le désarmement des agents de police, la suppression des prisons de haute sécurité pour les terroristes et la naturalisation sans règles... » Et de conclure : « Avec Nouvelle Démocratie, la sécurité des Grecs n'est pas négociable. » Déjà, le soir même de l'attaque contre Charlie Hebdo, le 7 janvier, Antonis Samaras, dans un meeting avait fait le rapprochement entre cet attentat et la naturalisation des migrants clandestins soi-disant souhaitée par Syriza, la coalition de la gauche radicale qui est actuellement en tête des sondages.
L'échec de la peur du Grexit
Désormais, Antonis Samaras ne manque pas une occasion d'insister sur sa volonté de protéger les Grecs et de soutenir les forces de l'ordre. En réalité, la volonté de mener la campagne sur ce terrain traduit un échec : celui de l'utilisation (comme lors du précédent scrutin en juin 2012) de la peur pour amener les Grecs à « bien » voter. La menace de « Grexit », agitée fort opportunément par le gouvernement allemand le 3 janvier via l'hebdomadaire Der Spiegel, n'a pas impressionné les Grecs, ni Syriza.
Le parti d'Alexis Tsipras a affirmé très clairement qu'il ne souhaitait pas sortir de la zone euro. Du reste, cette menace a fait l'effet d'un boomerang puisque la menace a rendu les marchés très nerveux, prouvant dans les faits qu'un Grexit ne serait pas aussi anodin que le pense le gouvernement allemand... Il a donc cessé rapidement d'être agité, y compris par Berlin.
Des sondages inquiétants pour Antonis Samaras
Le boomerang a également frappé Antonis Samaras qui, comme le titrait en une lequotidien Avgi mardi 13 janvier, a toutes les raisons de crier : « Au secours, sainte vierge! » Les sondages sont, depuis quelques jours, très favorables à Syriza. Après une réduction de l'écart entre ND et Syriza la semaine dernière, le voilà qui se creuse à nouveau. Une enquête de Public Views, sortie lundi, donne ainsi 38 % d'intentions de vote au parti d'Alexis Tsipras contre 30 % à celui d'Antonis Samaras. Un autre sondage, paru le même jour et réalisé par ProRata, attribue une avance de 5,5 points à Syriza (31 % contre 25,5 % pour ND).
Même si les deux alliés possibles d'Antonis Samaras, les sociaux-démocrates du Pasok et les centristes de To Potami, entraient au parlement, l'actuel Premier ministre ne semble pas en mesure de former une majorité au parlement. Pour le moment, Syriza non plus, mais sa probabilité d'en obtenir une est, chaque jour, plus élevée.
Maigre bilan économique, faible programme économique
C'est qu'Antonis Samaras ne peut guère s'appuyer sur son bilan économique. Les vertus de l'excédent primaire ne séduisent guère les Grecs qui, dans leur vie quotidienne, continuent de subir les conséquences de la crise et de l'austérité. Son incapacité à obtenir, malgré cet excédent primaire, une renégociation sur la dette comme les Européens le lui avaient promis en 2012, a sapé une bonne partie de sa crédibilité, laquelle n'a pas résisté non plus à sa volonté hâtive de vouloir sortir du plan de sauvetage cet automne.
Enfin, les électeurs grecs n'auront pas manqué de remarqué que le programme économique de ND, publié lundi, semble assez fantaisiste : il s'agit d'obtenir une croissance annuelle de 4 % avec des baisses de taxes et la "poursuite des réformes". Antonis Samaras prétend en effet être le seul à pouvoir discuter avec l'Europe. Or, la Troïka réclame des hausses d'impôts et de nouvelles coupes budgétaires. Et chacun sait en Grèce qu'Antonis Samaras n'a jamais fait preuve de beaucoup de résistance face aux Européens...
Antonis Samaras dos au mur
Antonis Samaras est donc incapable d'incarner le besoin de changement qui est désormais très fort en Grèce et qui se concrétise dans le rejet des deux partis traditionnels ND et Pasok, donné au mieux à un peu plus d'un tiers des suffrages exprimés. Acculé, il retrouve ses réflexes nationalistes qui, au début des années 1990, l'avait déjà mis en avant. A l'époque, il avait claqué avec fracas la porte de la Nouvelle Démocratie et fait chuter le gouvernement Mitsotakis sur la question macédonienne. Il peut espérer ainsi jouer sur un certain rejet de l'immigration dans certains milieux. Mais l'importance de l'économie dans le choix du 25 janvier rend sans doute cette stratégie perdante.
D'autant que, si Antonis Samaras reste plus populaire sur le plan personnel qu'Alexis Tsipras, ce dernier apparaît nettement plus serein. A Kavala, mardi, il a tranquillement répondu à son adversaire que « l'on ne peut rien construire avec des attaques sombres et de la peur ». C'est donc en posture d'homme d'Etat que se place Alexis Tsipras face à un Premier ministre qui semble perdre pied...
lundi 12 janvier 2015
Un message d’exigence à nos politiques
Mission accomplie : le peuple français, mobilisé comme jamais dans l’histoire, a envoyé à ses agresseurs un message d’une force incomparable. « Nous n’avons pas peur », ont dit d’une seule voix deux à trois millions de Français et les représentants de nombreux pays amis ; « Vous ne nous ferez pas taire ; vous n’imposerez pas vos valeurs, votre dictature de la pensée, votre antisémitisme ; vous ne gagnerez pas ».
Ce succès est exceptionnel, enthousiasmant. Tant mieux. Mais il ne règle évidemment aucune des questions qui nous ont explosé au visage pendant ces jours terribles. Prenons garde, alors, qu’il ne soit trompeur. On peut en effet se saouler de mots, s’enivrer de concepts – laïcité, République, vivre ensemble – en croyant que cela nous protégera. Il n’en est rien. Ce serait d’ailleurs une erreur de penser que toute la France a défilé, ce week-end : une partie d’entre elle ne se reconnaît pas dans cette mobilisation. Une partie d’entre elle se sent exclue et, sans approuver un seul instant la violence des terroristes, sait bien que les bons sentiments et l’unanimisme des réactions ne régleront pas les immenses problèmes que notre société doit affronter.
C’est l’autre message venu des millions de manifestants et des autres. Il s’adresse à nos dirigeants, actuels et futurs, à ceux-là même qui défilaient au premier rang. Ce n’est pas un message de soutien, c’est un message d’exigence. Il les oblige. Dans l’immédiat, quelles réformes mettre en place, quelle prévention, quel durcissement des conditions de circulation des hommes, quelle surveillance aux frontières ? Et puis, plus largement, que faire pour remettre nos valeurs au centre, quelle éducation, quelle façon de vivre, quel monde du travail, quel arbitrage entre libertés et contrôles, entre droits de l’homme et répression ? C’est bien tout l’équilibre de notre société qui est en jeu.
Et toute sa manière de construire l’avenir.
On est tous d’accord sur la liberté d’expression, bien sûr.
En quelques jours, quelques heures même, la situation est passée d’assez morose à celle d’un magma effervescent où l’émotionnel semble tout dicter. La tension est presque palpable. Sur les réseaux sociaux, l’électricité règne dans les échanges et on s’étonne presque que, pour le moment, ni Zemmour, ni Dieudonné (par exemple) ne se soient fait buter. Au fait, s’ils tombent sous une rafale, combien porteront un petit panonceau « Je Suis Zemmour » ? Et pour le sulfureux hebdomadaire de droite (extrême ?), un panneau « Je suis Minute », ça le fait ? En tout cas, on peut souhaiter qu’ils seront aussi nombreux que ceux qui portèrent, sans hésiter, le panonceau « Je suis Charlie ».
En effet, on ne pourra que s’accorder sur le fait que, si tout le monde a porté le pin’s Je Suis Charlie, s’est procuré le t-shirt ou le mug Je Suis Charlie, si tant ont même poussé la conscience jusqu’à s’abonner à un journal que pourtant, plus personne ne lisait, tout le monde, ou à peu près, est maintenant d’accord sur l’impérative et absolue nécessité de sauvegarder la liberté d’expression. Tout le monde doit, dès lors et pour éviter de faire un deux poids, deux mesures, s’accorder aussi sur la nécessité de laisser chacun s’exprimer, même s’il choque. Ne l’oublions pas : c’est parce qu’ils ont choqué que les dessinateurs de Charlie Hebdo sont morts. Ce sont ces morts que tous, nous déplorons. C’est cette liberté de ton que, tous, nous nous devons de leur reconnaître. C’est donc en toute logique que nous nous devons de l’accorder à tous.
Parce qu’après tout, la liberté d’expression ne souffre pas de segmentation. Comme je le disais dans un précédent billet, ce concept même de liberté d’expression n’a pas été conçu pour protéger les gens qui pensent et s’expriment comme tout le monde, qui évoquent la météo et le temps qui passe, mais bien pour ceux qui disent des choses qui dérangent, qui choquent ou qui remettent en cause l’ordre établi.
Si on refuse ce postulat, si l’on admet qu’on puisse restreindre la liberté d’expression, on s’avance sur une pente glissante où l’on admet dans la foulée que certaines expressions n’ont pas droit de cité, que certaines opinions sont interdites, que certains dessins blasphèment une religion, une loi, l’Histoire, la science ou les croyances des uns ou des autres. Si l’on admet, même un tant soit peu, que la liberté d’expression n’est pas totale, alors on admet le besoin de définir, dans la loi, des limites à ce qu’il faut penser. On admet aussi, de facto, qu’il va falloir des gens pour juger ce qui tombe ou pas sous le coup de la loi, ce qui est un discours autorisé de celui qui contrevient à la loi. On va devoir aussi admettre qu’il faudra couper l’article qui viole la loi, couper le site qui héberge un contenu illégal, poursuivre celui qui aura ainsi exprimé une idée de travers.
Et ça, bien sûr, personne ne le veut. Censurer des journaux, couper des passages dans les livres, poursuivre des auteurs, des journalistes, des caricaturistes, ce serait, immanquablement, sombrer dans les Heures Les Plus Sombres de Notre Histoire Tagada Tsoin Tsoin.
Bien.
Maintenant que nous sommes tous bien d’accord sur ce concept de liberté d’expression, qu’il n’y a plus d’ambiguïté ni sur ce qu’il recouvre, ni sur son étendue et sa nécessaire complétude, quand revient-on sur la loi Gayssot, pour en couper les parties qui concernent, justement, les restrictions à la liberté d’expression ?
Oh, je crois voir des sourcils qui se froncent, d’un coup…
Et puis, de façon plus générale, quand annule-t-on les lois mémorielles qui, finalement, expliquent ce qu’il est bon de croire, ne pas croire, dire ou ne pas dire en matière d’Histoire de France et du monde ? Je le rappelle : il ne s’agit pas ici de faire l’apologie de l’une ou l’autre théorie portée par certains, mais bien de leur faire retrouver le droit pour lequel des penseurs, des auteurs, des caricaturistes viennent de se faire tuer. Si l’on est cohérent, si l’on est bien Charlie, on ne peut plus l’être à moitié, ou seulement pour les opinions qui ne bousculent personne.
Tant qu’on y est, la liberté d’expression souffre profondément qu’on stipendie les médias qui la permettent normalement. Quelle liberté d’expression peut-il y avoir dans un pays où la presse est massivement subventionnée ? Ainsi, quand coupera-t-on complètement le cordon ombilical entre les médias et l’État, ce cordon de subventions, d’aides et de facilités fiscales, ce cordon qui a permis de vivre à une presse répondant aux impératifs des pouvoirs publics et qui a constitué, de la façon la plus sournoise possible, la meilleure des censures ? Si l’on est bien Charlie, on doit se rappeler que l’hebdomadaire dont il est question refusait justement ces aides.
Quand renonce-t-on enfin au politiquement correct gluant qui s’est diffusé partout, ce politiquement correct qui, par exemple, fait écrire que « les prénoms ont été changés » pour ne pas choquer de belles âmes, et travestir ainsi de simples faits, ce politiquement correct qui a fermé toute possibilité de débat sur les drogues (article L.630 du code de la santé), ce même politiquement correct qui a muselé tout débat sur l’ouverture du monopole de la sécurité sociale, ce politiquement correct qu’on retrouve dans toutes ces lois imbéciles qui ferment un débat en le rendant illégal ? Quand acceptera-t-on une vraie transparence, alors même qu’il y a encore en France, actuellement, une loi qui interdit la diffusion du patrimoine des élus ? Quand assurera-t-on, a contrario, la protection du secret des sources ?
Ah oui, la liberté d’expression, décidément, ça dérange, parce qu’en réalité, on est tous, peu ou prou, l' »islamiste intégriste » de quelqu’un. Tous, nous pouvons voir notre « prophète », notre opinion, notre croyance, notre vision de la société, de l’histoire, de la science ou de la politique choqué par l’expression de l’opinion d’un autre ou la caricature qu’il fait de la nôtre. Et tous, à un moment ou un autre, nous pouvons estimer, trop facilement, avoir été agressé et réclamer protection, réparation… vengeance.
Dans ce contexte, les lois Gayssot, Taubira, toutes les lois qui « encadrent » la liberté d’expression, c’est la façon soft de faire taire ceux qui dessinent les caricatures de nos opinions, en utilisant le petit marteau du juge. Bien sûr, ce marteau est plus propre que la balle de kalachnikov, mais le silence qui suit l’un n’a philosophiquement rien de différent de celui qui suit l’autre.
Alors, la liberté d’expression pleine et entière, chiche ?
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Vivement 2017 !
L’année 2017 sera le signal que la présidence socialiste touche à sa fin puisque nous entrerons dans une année électorale où la droite, ayant désigné son champion, reprendra les rênes du pouvoir ou de ce qu’il en restera. D’ici là, que dire ? Que faire ? Prendre son mal en patience en assistant un peu plus à l’effondrement d’un pouvoir réduit à ses dorures et à ses titres, colifichets aussi coûteux qu’inutiles ? Si l’urgence n’était pas aussi grande, ce spectacle pourrait avoir un caractère divertissant. En effet, quoi de plus réjouissant que de voir ces victoires municipales et sénatoriales en 2014, permettant d’anticiper les reconquêtes départementales et régionales de 2015 ? Le temps du socialisme local a vécu et c’est heureux.
Laissons un instant de côté ces considérations politiciennes qui font vibrer les états-majors et les militants, mais transforment si peu le quotidien de nos concitoyens. Les politiques veulent souvent faire croire qu’ils ont le pouvoir d’influer jusque sur la course du Soleil elle-même. Cela n’est évidemment qu’un théâtre d’ombres que tous les ex-ministres pourraient confirmer dans un éclair de lucidité.
La France doit cesser de se voir telle une immense pyramide où tout découlerait du sommet ; cette construction est périmée, inefficace et désormais dangereuse. Le général de Gaulle ne l’avait-il pas compris en proposant aux Français un référendum portant sur la régionalisation et la réforme du Sénat ? Il fallait desserrer l’étau de l’État, aérer notre organisation territoriale, simplifier nos institutions. Les conservateurs de tous bords lui firent payer son audace.
En 2015, la solution viendra des femmes et des hommes de ce pays ; celles et ceux qui, chaque jour, se lèvent, travaillent, paient leurs impôts, sans jamais défiler, se plaindre ou se répandre sur les réseaux sociaux.
Nos gouvernants ne veulent pas voir que les Français ont évolué, qu’ils ne sont ni bloqués en 1960 ni à l’époque du Roi-Soleil ou dans un âge d’or mythique. La retraite à 60 ans, le rôle de l’État ou le travail le dimanche ne sont plus des totems intouchables. Les Français de 2015 savent qu’ils devront travailler plus longtemps, que l’État ne peut pas tout et que l’ouverture des magasins le dimanche dans les grandes villes du pays n’est pas une aberration. Ils savent également que les expériences menées sur nos enfants au nom d’un extrémisme égalitariste sont vouées à l’échec. L’État socialiste, n’ayant que les mots “respect des différences” à la bouche, ferait bien de prendre en compte celles qui, à l’école, permettent de se former et de se construire au contact des autres. Supprimer les notes et tout ce qui pourrait différencier les élèves les uns des autres est une hérésie pédagogique et un mensonge fait à ces enfants.
La meilleure nouvelle pour l’année à venir est certainement la baisse des prix du pétrole, de 50 % en 2014, qui devrait avoir un effet considérable sur le pouvoir d’achat des ménages. Essentiel dans notre vie de tous les jours, voici un exemple parfait d’une situation sur laquelle l’État n’a aucune prise : surabondance de l’offre liée à l’essor du pétrole de schiste produit aux États-Unis et au maintien d’un niveau de production élevé par les pays de l’Opep. En l’espèce, la seule mission de l’État français est de garantir la baisse des prix à la pompe pour tous les consommateurs.
En 2015, je souhaite que l’État se retire progressivement de la vie des Français, en réduisant massivement le nombre de ses normes, car c’est là que sont les réserves de croissance, nichées dans chaque foyer où sont nos futurs entrepreneurs. La France de ce début de XXIe siècle est prête pour tenir son rang au milieu des nations du monde, comme elle le fait déjà depuis plus de vingt ans mais toujours avec un bras attaché dans le dos, son droit du travail, et un boulet au pied, son système fiscal.
« Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain : / Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. » (Pierre de Ronsard.) La vie est aujourd’hui, n’attendons pas une hypothétique reprise venue d’en haut, elle est en nous. 2015 est une étape vers la reconquête de la France par son peuple comme le sera 2016. Dès aujourd’hui, tournons nos yeux et nos coeurs vers l’avenir et crions “vivement 2017 !”, que la France renaisse après cinq années d’abandon.
Déclin : La France devient la 6ème puissance mondiale
Déclassement. On ne peut que le déplorer : la France poursuit sa chute. D’après les informations rapportées par le Figaro, la France serait en passe de perdre son rang et de devenir la 6ème puissance mondiale.
La France était la cinquième puissance économique mondiale. François Hollande s’y accrochait et le répétait inlassablement pour tenter de rappeler aux Français touchés par le pessimisme que « nous appartenons à un grand pays ». Désormais, l’exercice oratoire sera plus compliqué pour le Chef de l’Etat. La France a perdu une place.
Le Royaume-Uni passe devant la France
Le Figaro révèle que « la France était effectivement «la cinquième puissance économique du monde» encore en 2013. Son PIB […] arrivait au 5e rang, derrière les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Allemagne et devant le Royaume-Uni. Or celui-ci nous devance désormais: en 2014, le PIB britannique aura dépassé de 98 milliards d'euros celui de la France (2232 milliards d'euros pour le premier et 2134 milliards pour le second). Ces chiffres figurent dans un document de la Commission européenne consultable sur son site.
Un PIB de 2134 milliards
Dans le quotidien, Jean-Luc Proutat, économiste à BNP Paribas, donne une explication : «Sur les quatre derniers trimestres dont on connaît les résultats - du quatrième trimestre 2013 au troisième de 2014 -, les calculs font apparaître que le PIB français a été de 2134 milliards d'euros en France et de 2160 milliards d'euros outre-Manche», observe Jean-Luc Proutat, économiste à BNP Paribas ».
C’est une bien mauvaise nouvelle pour les Français qui viennent d’écouter les vœux de François Hollande, se voulant rassurant et souhaitant nous faire croire à nouveau aux vertus de sa politique économique.
Le retour de la censure politique
Dans la France de Hollande, la polémique est quasiment un délit. Le dénigrement est désormais interdit. De même que la nostalgie d’une France fière de son identité.
Depuis quelques mois, l’opinion publique se crispe. Elle se crispe parce que François Hollande s’échine à opposer une moitié des Français à l’autre. Il a commencé en prenant le parti des fonctionnaires contre les cadres du secteur privé assommés fiscalement. Ensuite, en imposant sans concertation le mariage homosexuel et en cassant les codes de la filiation, il a amené la France à divorcer d’avec elle-même. Enfin, en s’attaquant systématiquement aux traditions judéo-chrétiennes de la France au profit des rites musulmans, il a donné un élan aux pires communautarismes qui rongent la République et l’unité du pays.
Mais gare maintenant à ceux qui pointent du doigt la manière dont le chef de l’État accentue le déclin français. Son déclin économique, diplomatique, scientifique ou académique. Mais surtout le déclin de l’identité nationale. Ce qu’Éric Zemmour a très bien défini dans son best-seller, le Suicide français. Plus son livre battait des records de vente, plus la police de la pensée a été envoyée sur le front médiatique pour tenter de réfuter les thèses incontestables du polémiste, contredire ses chiffres et crier à la falsification. Avec cette fois-ci une grosse différence, c’est que, lorsqu’un héraut de la bien-pensance était diligenté pour démolir les thèses de Zemmour, son livre connaissait un regain de succès. Pour beaucoup de nos concitoyens, acheter et lire le Suicide français était un acte et une preuve de résistance. Résistance à cet insupportable multiculturalisme dont on nous rebat les oreilles. Résistance à ces théories héritées de Mai 68 pour déconstruire la société. Résistance enfin à ce prêt-à-penser que la plupart des médias audiovisuels ou subventionnés diffusent sans discernement.
Chacun sait comment tout cela s’est terminé. Éric Zemmour, qui, depuis dix ans, faisait la meilleure émission d’iTélé, a été limogé sans préavis, victime de la censure politique. Et le vent du boulet ne lui est pas passé loin sur RTL où il assure plusieurs chroniques par semaine. Ce que Coluche pouvait dire il y a trente ans sur les immigrés, les fonctionnaires ou les politiques à une heure de grande écoute, un journaliste de renom n’a plus le droit de le dire sur une chaîne d’information. Cela en dit long sur la régression du débat intellectuel dans notre pays, sur notre incapacité à discuter de sujets de fond qui déterminent la survie de l’identité française et sur la chape de plomb qui pèse désormais sur des sujets tabous comme l’immigration, le communautarisme, l’islam conquérant, la christianophobie, la dégradation dramatique de l’Éducation nationale ou l’assistanat.
Ce combat que mènent les censeurs contre tous ceux qui veulent ouvrir les yeux des Français n’est pas terminé. À peine sorti en librairie, le roman de Michel Houellebecq, Soumission, qui met en scène une islamisation de la France dès 2022, est déjà caricaturé, ridiculisé et cloué au pilori par les tenants de la bien-pensance et nos élites autoproclamées. Ce romancier de talent se défend de faire de la provocation. Il décrit simplement en accéléré et de manière romancée l’évolution possible de notre pays, si rien ne change. Bien sûr, son livre fait peur. Mais c’est une manière de crier au désespoir dans cette France où tout est devenu guimauve et Bisounours. Comme Éric Zemmour, Michel Houellebecq prend un gros risque. Celui d’être censuré, interdit de plateaux de télévision et mis au ban des médias. Ou pis encore, d’être marginalisé.
Il est très loin le temps où, sous la monarchie absolue, un homme comme Voltaire pouvait s’écrier : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »Belle époque que celle des Lumières où, dans les salons littéraires et philosophiques, chacun faisait valoir ses idées en toute liberté, et prenait goût à débattre et à écouter ses contradicteurs. Dans la France de François Hollande, le débat, la polémique, l’échange d’idées est quasiment un délit. Le chef de l’État l’a dit clairement pendant ses voeux aux Français. Le dénigrement de la France, c’est-à-dire de sa politique, est désormais interdit. De même que la nostalgie d’une France fière de son identité, de sa souveraineté et de sa diversité. La police de la pensée veille. Valeurs actuelles le sait bien pour être systématiquement la cible d’associations proches du Parti socialiste et l’objet de cambriolages ou de filatures. Mais sur tous ces sujets qui touchent à l’identité française, nous ne lâcherons jamais rien. Parce que vous, nos lecteurs, méritez de connaître la vérité. Et parce que comme l’écrivait Juvénal il y a déjà deux mille ans : « La censure épargne les corbeaux et s’acharne sur les colombes. »
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