TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

vendredi 16 janvier 2015

Vivre ensemble

Au-delà de tout discours péremptoire ou grandiloquent, on ne pourra pas dire que les assassinats des fanatiques islamistes, la semaine passée, n'ont pas changé la France. On ne pourra pas dire non plus que la grande marche du 11 janvier n'a pas marqué une volonté de rupture avec nos petites ou grandes renonciations.
Dans leur sauvagerie, les fous d'Allah ont contraint dirigeants et citoyens de notre pays à un douloureux « devoir d'inventaire », jusque-là refoulé, mais nécessaire à la construction d'un véritable vivre ensemble. Il a fallu pour cela mettre sur la table des vérités dérangeantes, trop longtemps dissimulées par les politiques.
On n'osait pas qualifier les terroristes d'islamistes, par crainte d'amalgame, on n'osait pas évoquer les désordres communautaristes grandissants dans les classes, par crainte de contagion. Ces « pudeurs », sans rien régler, n'ont fait que nourrir les fantasmes d'une partie de l'opinion et les réflexes identitaires. Les massacres d'il y a une semaine ont tout changé. Ils ont tué les non-dits.
Le grand mérite de François Hollande, en cette période, a été d'impulser ce mouvement de réflexion par des discours de vérité, fermes, équilibrés et rassembleurs. Hier matin, à l'Institut du Monde arabe, il a délivré un message d'apaisement aux Français de confession musulmane qui « ont les mêmes droits et les mêmes devoirs que tous les citoyens et doivent être protégés ». Après les hommages rendus par l'exécutif aux victimes juives des attentats, les responsables musulmans attendaient ces paroles de réconfort.
Que les imams, trop longtemps mutiques sur les attentats, participent au dialogue démocratique et calment les jeunes des cités, cloîtrés dans le refus de toute injonction à défiler ou se justifier, constitue une avancée. Le chemin sera encore long, bien sûr, pour surmonter toutes les incompréhensions. Les réactions virulentes suscitées dès mercredi, par la Une de Charlie Hebdodans les milieux musulmans, montrent combien les règles du vivre ensemble demanderont de sens aigu des responsabilités pour concilier la liberté des uns et le respect des autres.