vendredi 11 avril 2014
La guerre des gauches est déclarée
La guerre des gauches est déclarée
Avec l'arrivée de Manuel Valls, homme raisonnable, à Matignon, on allait enfin pouvoir respirer. D'autant que sa nomination coïncidait, entre autres, avec le départ du gouvernement de Mme Duflot du ministère du Logement, où, avec la loi absurde qui porte son nom, elle avait réussi à ruiner pour longtemps la politique de l'habitat en France.
Un Valls ne fait pas le printemps. Certes, le Premier ministre parle vrai, comme son maître Rocard, et il a tout ou presque pour lui : le cran, une tête bien faite, des priorités carrées et la confiance du chef de l'État. Mais il n'a apparemment pas de majorité pour sa politique.
Telle est la désolante nouvelle des derniers jours : la gauche socialiste s'est réveillée ; avec ses jobardises économiques à la Diafoirus, elle entend désormais mettre sous surveillance le président et son Premier ministre, coupables, les apostats, de vouloir stopper la dérive des finances publiques. Là serait la cause de tous les maux, et en particulier de la déroute des municipales.
La gauche du PS a bonne conscience. C'est normal : elle est de gauche, c'est un métier et, en plus, un brevet moral. Donc, même quand tout va mal, elle dort bien la nuit, ce qui ne l'empêchera pas de troubler, dans les prochaines semaines, le sommeil de MM. Hollande et Valls.
Si la politique du président n'a pas donné les résultats escomptés, c'est qu'il n'est pas assez à gauche. Emmanuel Maurel, l'un des chefs de file de l'aile dure, a trouvé depuis longtemps l'explication à l'abyssale impopularité du pouvoir : il ne serait pas assez socialiste, figurez-vous ! Il suffisait d'y penser.
Défense de rire. Une centaine de députés socialistes sont sur cette ligne stupide, et le mot est faible. Gageons qu'on trouvera bientôt parmi eux quelques cruches pour déclarer que tout ira mieux avec de nouveaux impôts et quelques nationalisations supplémentaires. Sans oublier une vague d'embauches dans la fonction publique.
La gauche tribunicienne, comme on dit à Sciences po, prétend rester fidèle à de grands principes généreux qu'elle étale comme du miel sur la tartine, la bouche en coeur et la fleur au fusil. Son programme : moins d'Europe et plus de dépenses. Telles sont, selon elle, les conditions du redémarrage de l'économie, qui pourtant, les faits nous l'ont appris, ne peut repartir que sur des bases saines.
Même s'il lui arrive de se dire marxiste, cette gauche soi-disant populaire est, comme la noria souverainiste, l'héritière intellectuelle du bon pharmacien Émile Coué de la Châtaigneraie (1857-1926), initiateur de la fameuse méthode Coué et inventeur avant l'heure de la prophétie autoréalisatrice. Il avait mis au point une sorte de culte et distribuait à ses patients des cordons à vingt noeuds, comme des chapelets, afin qu'ils récitent continuellement la même phrase : "Tous les jours et à tous points de vue, je vais de mieux en mieux."
Les récitants socialistes du catéchisme néo-con répètent en boucle : "Dépensons et empruntons plus, ça ira mieux." Ne faisant jamais dans la nuance, la gauche de la gauche est convaincue que le monde est divisé en deux. Les gentils et les méchants. Les bons travailleurs et les horribles patrons, suceurs de sang des pauvres. La réjouissante dictature cubaine et l'atroce démocratie américaine. Le dévoué secteur public et le secteur privé.
Si l'économie française décline, qu'à cela ne tienne, Le Monde diplomatique, porte-parole de cette gauche neuneu, a la solution : il faut taxer les riches et relancer la dépense, quitte à creuser les déficits et augmenter la dette. Qu'importe si cette politique débile plomberait davantage les comptes publics et nous éloignerait davantage des perspectives de croissance.
La capacité d'aveuglement de la gauche de la gauche est sans limite. Elle ne tire jamais les leçons du passé. Elle refuse de voir les réalités les plus évidentes : ainsi, les centaines de millions de personnes que la mondialisation a permis de sortir de l'extrême pauvreté au cours des vingt dernières années. C'est un tabou au même titre que le début de "miracle" africain, qui semble gêner nos idéologues antédiluviens, encore dans le déni. Ces phénomènes ne correspondent pas à leurs codes mentaux. Dans les deux cas, c'est en effet le libéralisme économique qui tire vers le haut des populations qui, il n'y a pas si longtemps, figuraient parmi les damnés de la terre.
Mme Aubry peut savourer sa revanche "posthume". Après son échec à la primaire, elle a au moins réussi à pourrir le quinquennat de M. Hollande : lui laissant en héritage un groupe parlementaire Vert, elle a également parachuté dans les circonscriptions une escouade de jeunes invertébrés archéo-socialistes qui, depuis peu, lèvent l'étendard de la révolte contre une politique qualifiée, oh ! le gros mot, de "sociale-démocrate". Des bombes à retardement. Elles peuvent désormais exploser à tout moment, rendant possible le scénario de la dissolution.
Le grand brouillard
Les événements politiques de ces derniers jours ont accru le brouillard politique français à un niveau sidérant. Réécoutons le discours de politique générale du Premier ministre. Il est axé sur la baisse des charges sur les entreprises; les économies budgétaires et la régionalisation. Je ne dis pas que tout cela se traduira dans les faits, mais l’allocution elle-même est pleine d’enseignement. Elle n’a rien de socialiste ou plus généralement "de gauche". Un Premier ministre "de droite" aurait pu prononcer la même allocution, au mot près. Ainsi, la suppression des départements nous est annoncée. Avec eux, c’est un héritage majeur de la Révolution française, donc de gauche au sens historique, qui disparaîtrait. Quant aux grandes régions qui seraient mises en place, cette idée régionaliste est historiquement bien plus de droite que de gauche, renvoyant aux provinces de l’ancien régime et à un penseur que je ne citerai pas. En face, l’opposition ne donne aucun signe de réveil et de renouveau: vacarme dérisoire à l’Assemblée, reprise des hostilités Copé/Fillon sur fond de révélations sordides. Le choix des têtes de listes aux européennes, fondé sur le recasage de politiciens au rancard, parfois battus aux législatives nationales, dégage une sinistre odeur de moisissure. Enfin les supposés "antisystèmes" (fn et fdg) s’enfoncent dans leur délire commun antimondialiste et antilibéral, au rebours de tout réalisme et prise en compte de l’histoire. Bref, dans la sphère des idées, du discours, tout est brouillé, plus personne n’y comprend rien. D’ailleurs, en dehors de la tyrannie des postures et du carriérisme, il y a-t-il encore quelque chose à comprendre?
Harlem Désir secrétaire d'État aux Affaires européennes, une sanction-promotion
Nommé secrétaire d'État aux Affaires européennes, Harlem Désir pourrait vaincre ou échouer. Un cadeau empoisonné offert par François Hollande.
Le nouveau gouvernement de François Hollande est désormais au complet avec 16 ministres et 14 secrétaires d'État. Cependant, une nomination fait polémique. Harlem Désir est le nouveau secrétaire d'État aux Affaires Européennes. Quand certains y voient unepromotion pour l'ancien premier secrétaire du PS, d'autres estiment que ce poste est une sanction.
Fragilisé par l'affaire Leonarda
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| Mr mauvais en tout |
Depuis le revers de la gauche aux élections municipales du mois dernier, l'ex-patron de SOS Racisme était très critiqués lorsqu'il était à la tête du PS.
Son sort était scellé depuis l'affaire Leonarda et le fiasco médiatique qu'elle a entraîné. Le 19 octobre dernier, François Hollande intervient à la télévision pour permettre à l'adolescente de revenir en France, mais seule.
Mais dans les minutes qui suivent, Harlem Désir déclare que tous les enfants de la famille Dibrani doivent être accueillis dans l'Hexagone. Le chef de l'État ne pardonnera jamais ce couac spectaculaire au premier secrétaire du parti socialiste.
Son sort était scellé depuis l'affaire Leonarda et le fiasco médiatique qu'elle a entraîné. Le 19 octobre dernier, François Hollande intervient à la télévision pour permettre à l'adolescente de revenir en France, mais seule.
Mais dans les minutes qui suivent, Harlem Désir déclare que tous les enfants de la famille Dibrani doivent être accueillis dans l'Hexagone. Le chef de l'État ne pardonnera jamais ce couac spectaculaire au premier secrétaire du parti socialiste.
On vous jette dans la piscine, soit vous nagez et c'est bon, soit vous vous noyez.Sophie Dessus, député PS
Désormais, se pose la question de savoir comment le débrancher. Faut-il lui faire porter le chapeau de la vague bleue aux élections municipales ? Harlem Désir s'accroche encore mais avec la pression qui monte, il n'a plus le choix : sortir par le haut ou bien être renversé à Solférino.
Le poste de secrétaire d'État est une sanction-promotion que les députés PS ont bien du mal à défendre. Christian Paul n'a pas "trouvé que Harlem Désir avait permis au PS de jouer tout son rôle". Quant à Sophie Dessus, elle estime que l'"on vous jette dans la piscine, soit vous nagez et c'est bon, soit vous vous noyez".
Le poste de secrétaire d'État est une sanction-promotion que les députés PS ont bien du mal à défendre. Christian Paul n'a pas "trouvé que Harlem Désir avait permis au PS de jouer tout son rôle". Quant à Sophie Dessus, elle estime que l'"on vous jette dans la piscine, soit vous nagez et c'est bon, soit vous vous noyez".
Mauvais élève au Parlement européen
Ce transfert a priori légitime pour cet eurodéputé qui siège à Strasbourg depuis 15 ans, est entaché par les statistiques. Il est en effet l'un des députés les plus absents au Parlement européen. Son poste ressemble à un cadeau empoisonné.
jeudi 10 avril 2014
La vie sans texto
La vie sans texto
Il n’aura pas fallu longtemps au Président pour traduire dans les faits l’impulsion qu’il attend du gouvernement de Manuel Valls. Dès mercredi, il a pris les choses en main, tranchant comme à son accoutumée les questions les plus épineuses. Sans trembler, il a décidé que les téléphones portables seraient bannis du conseil des ministres. La situation est trop grave pour qu’il en soit autrement. Les ministres devront cesser de pianoter et de transmettre à l’extérieur ce qui se dit à l’intérieur. Y compris les bons mots du chef de l’Etat qui en est friand. Faute de relais, il a donc dû faire savoir lui-même que les modifications à l’Elysée étaient un « changement qui s’inscrit dans le changement ». Ce n’est pas parce que la crise est là que l’on n’a pas le droit de rigoler !
Un couac nommé Désir
Le Premier ministre, limogé. Le patron du Parti socialiste, dégagé. Le principal collaborateur du chef de l'Etat, viré. Qu'il s'agisse du gouvernement, du premier parti de la majorité ou du cœur même de l'Elysée, on comprend donc que François Hollande s'était entouré de personnalités qui ne faisaient plus l'affaire. Pire, qui ne l’ont jamais faite si l'on en juge par les résultats électoraux calamiteux. Affligeant constat. Car au-delà des hommes, cette grande lessive signe l'échec de deux années de pouvoir. Deux années de décisions à contresens qu'il faut maintenant corriger. Après le matraquage des impôts, le baume fiscal ; après le harcèlement anti-patronal, l'ode aux entreprises ; après le tout-emploi subventionné, le retour à la loi de la compétitivité ; après les traumatismes sur la famille et l'école, le gel de l'apaisement annoncé.
Plus qu'une nouvelle phase, c'est une sorte d'anti-quinquennat qui commence. Un tel constat d'échec dans tous ces domaines suffira-t-il à redonner du souffle au gouvernement ? On jugera sur pièce. Mais on sait d'ores et déjà qu'il manque un élément au dispositif : l'appui d'une majorité, un soutien politique franc qui aille au-delà du cercle des hollandais et des fidèles que l'on place aux verrous stratégiques. On sait aussi qu'il manquera un carburant: la confiance. Celle des Français, qui en ont trop vu et trop entendu pour se laisser bercer par la seule musique bien rythmée d'un discours. Et celle de l'étranger, des Européens en particulier qui seront sûrement heureux d'apprendre que, non contents de repousser leurs engagements, les Français récompensent l’un des responsables de leurs échecs en lui confiant les affaires européennes. Comme aurait pu dire Laurent Fabius: « Harlem Désir au gouvernement, on rêve »...
Un couac nommé Désir
Un couac nommé Désir
Nouveau Premier ministre. Nouveau secrétaire général à l'Élysée. Nouveau premier secrétaire du Parti socialiste. Ce n'est pas un remaniement, c'est un chamboulement ! Tout l'édifice socialiste est en réfection. Du sol au plafond. Et après cela, il ne faudra plus dire que François Hollande a perdu la main. Inutile de gloser à l'infini sur le rapport de forces entre le chef de l'État et le Premier ministre. Parce qu'évidemment, François Hollande est au c'ur de la man'uvre et d'un dispositif stratégique dont il veut garder le contrôle. Trop matois pour faire confiance aveuglément à son ambitieux Premier ministre, il « balise » avec ses amis. Le moindre n'est pas Jean-Pierre Jouyet, pardonné après sa passade sarkozyste et nommé secrétaire général à l'Élysée.
Du coup, la « deuxième mi-temps » du remaniement gouvernemental a obéi, hier, aux mêmes règles qu'à l'occasion de la désignation des ministres. La liste des quatorze secrétaires d'État (un peu plus que prévu) répond au souci identique d'équilibre entre « familles » du parti. Si plusieurs « poids lourds » recalés il y a quelques jours ont obtenu un lot de consolation qu'on ne discutera pas (André Valllini, Jean-Marie Le Guen, Christian Eckert), on sera moins indulgent avec la « promotion » d'Harlem Désir au secrétariat d'État aux Affaires européennes.
Voilà un « hochet » que ne méritait pas celui qui fut un calamiteux Premier secrétaire du PS ne sachant pas sur quel « godillot » danser. Nommé par confort à la tête du PS, cet apparatchik assagi a conduit le parti au désastre électoral en faisant campagne à la manière du « pote » de jadis à SOS Racisme.
Cette promotion dictée d'en haut n'est pas seulement une insulte au mérite et aux procédures de fonctionnement interne du parti. C'est aussi un manque de considération pour l'Europe qui mériterait de plus conquérants défenseurs. Il ne faudrait pas, au moment où se dessinent des élections difficiles, qu'elle devienne le trop commode refuge de nos politiciens en échec. Évitons de nous habituer à « bruxelliser » ceux qui méritent d'être… limogés.
Peut-être de la vie dans un océan caché sur une lune de Saturne
Un océan caché sous la surface d'une lune de Saturne, Encelade, pourrait abriter une vie microbienne extraterrestre, ont annoncé jeudi des scientifiques de la Nasa.
Les premières mesures ont été effectuées sous la surface du pole sud de cette lune glacée par la sonde Cassini. La surface de cette mer est à peu près équivalente à celle du Lac Supérieur aux Etats-Unis, le deuxième plus grand lac de la Terre, et son fond est constitué de roches, ce qui pourrait être favorable au développement de petites formes de vie.
Les astronomes avaient évoqué la possibilité de l'existence d'un tel océan sous-terrain dès 2005, après que de la vapeur a été détectée s'échappant de plusieurs trous près du pole sud de cette lune.
"Ces jets près du pole sud d'Encelade contiennent de l'eau salée et des molécules organiques, les ingrédients chimiques élémentaires pour créer la vie", a expliqué Linda Spilker, chef du projet Cassini à la Nasa.
"Cette découverte change notre point de vue quant aux +zones habitables+ à l'intérieur de notre système solaire et dans les systèmes planétaires appartenant à d'autres étoiles", a-t-elle ajouté.
La sonde Cassini a détecté la forme du champ gravitationnel d'Encelade au cours de trois survols entre 2010 et 2012. Les données recueillies lors de ces passages ont été étudiées de près pour déterminer assez précisément la composition d'Encelade.
Les chercheurs estiment que cet océan large d'environ 500 kilomètres est enveloppé d'une épaisse couche de glace cristallisée.
"Pour la première fois nous avons utilisé une méthode géophysique pour déterminer la structure interne d'Encelade", a souligné de son côté David Stevenson, professeur de sciences planétaires à l'Institut californien de technologie, et co-auteur de l'étude.
La mission Cassini est dirigée par la Nasa, qui oeuvre en coopération avec l'Agence spatiale italienne et l'Agence spatiale européenne. La sonde a été lancée en 2004 et a étudié les plus grosses lunes de Saturne.
Celle-ci, la sixième planète en partant du soleil, possède des anneaux caractéristiques et possède pas moins de 53 lunes connues.
Ces dernières découvertes ont été publiées par le magazine Science.
Les premières mesures ont été effectuées sous la surface du pole sud de cette lune glacée par la sonde Cassini. La surface de cette mer est à peu près équivalente à celle du Lac Supérieur aux Etats-Unis, le deuxième plus grand lac de la Terre, et son fond est constitué de roches, ce qui pourrait être favorable au développement de petites formes de vie. Les astronomes avaient évoqué la possibilité de l'existence d'un tel océan sous-terrain dès 2005, après que de la vapeur a été détectée s'échappant de plusieurs trous près du pole sud de cette lune.
"Ces jets près du pole sud d'Encelade contiennent de l'eau salée et des molécules organiques, les ingrédients chimiques élémentaires pour créer la vie", a expliqué Linda Spilker, chef du projet Cassini à la Nasa.
"Cette découverte change notre point de vue quant aux +zones habitables+ à l'intérieur de notre système solaire et dans les systèmes planétaires appartenant à d'autres étoiles", a-t-elle ajouté.
La sonde Cassini a détecté la forme du champ gravitationnel d'Encelade au cours de trois survols entre 2010 et 2012. Les données recueillies lors de ces passages ont été étudiées de près pour déterminer assez précisément la composition d'Encelade.
Les chercheurs estiment que cet océan large d'environ 500 kilomètres est enveloppé d'une épaisse couche de glace cristallisée.
"Pour la première fois nous avons utilisé une méthode géophysique pour déterminer la structure interne d'Encelade", a souligné de son côté David Stevenson, professeur de sciences planétaires à l'Institut californien de technologie, et co-auteur de l'étude.
La mission Cassini est dirigée par la Nasa, qui oeuvre en coopération avec l'Agence spatiale italienne et l'Agence spatiale européenne. La sonde a été lancée en 2004 et a étudié les plus grosses lunes de Saturne.
Celle-ci, la sixième planète en partant du soleil, possède des anneaux caractéristiques et possède pas moins de 53 lunes connues.
Ces dernières découvertes ont été publiées par le magazine Science.
Le triste bilan d'Harlem Désir au PS
Le premier secrétaire du PS va entrer au gouvernement comme secrétaire d'État. Une manière de l'exfiltrer du parti, où il n'a pas brillé.
Que restera-t-il d'Harlem Désir à la tête du PS ? Au mieux, pas grand-chose. Depuis son accession à la tête du parti en octobre 2012, la Rue de Solférino a des allures de morne plaine. Les élus socialistes, députés et sénateurs, lèvent les yeux au ciel ou soufflent d'exaspération à la moindre question sur le rôle du parti. Ils le jugent tellement inutile qu'ils préfèrent ne pas en parler.
Que restera-t-il d'Harlem Désir à la tête du PS ? Au mieux, pas grand-chose. Depuis son accession à la tête du parti en octobre 2012, la Rue de Solférino a des allures de morne plaine. Les élus socialistes, députés et sénateurs, lèvent les yeux au ciel ou soufflent d'exaspération à la moindre question sur le rôle du parti. Ils le jugent tellement inutile qu'ils préfèrent ne pas en parler.
Les plus indulgents s'interrogent sur les marges de manoeuvre de toute formation politique en période de pouvoir. Après tout, les fortes têtes sont ministres, le pouvoir est au gouvernement, au Parlement. Mais, dans le fond, comme le PS pourrait être utile ! Il devrait relayer les décisions de l'exécutif, les expliquer sur le terrain. Il aurait, par exemple, pu animer la campagne municipale, qui s'est achevée pour la gauche par une débâcle historique... Dont le chef de l'État attribue en partie la faute... au parti !
Gaffes en série
On retiendra d'Harlem Désir au PS quelques gaffes. La plus spectaculaire : lorsqu'il s'est démarqué de... François Hollande dans l'affaire Leonarda. Le président a proposé le 19 octobre dernier à la jeune fille expulsée dans le cadre scolaire de rentrer seule du Kosovo... Désir a répliqué en disant qu'il fallait aussi accueillir sa mère et ses frères et soeurs. François Hollande recadré par le patron de son propre parti, c'était cocasse. "Surréaliste, inouï, d'une naïveté confondante" pour les socialistes.
Sa gaffe la plus insolite ? Entre les deux tours des municipales, lors d'une conférence de presse, il a annoncé que le PS se retirait du second tour à Tarascon pour lutter contre le FN. Problème : avec 6,43 % des voix au premier tour, la liste socialiste était déjà éliminée.
Harlem Désir, ancien leader charismatique de SOS Racisme, député européen, avait gagné du galon en animant le PS pendant la primaire de 2011. Une alliance improbable de ministres - Manuel Valls, Stéphane Le Foll, Pierre Moscovici et Vincent Peillon - l'a porté au pouvoir pour contrer Jean-Christophe Cambadélis qui rêvait du poste. C'est ce dernier, député de Paris, qui devrait le remplacer. Si sa mission est de faire mieux qu'Harlem Désir, il devrait y parvenir sans trop de difficultés.
mercredi 9 avril 2014
Valls, à gauche, mais vaguement...
Un discours de politique générale, cela est destiné à inviter les députés à voter pour vous. Ce n'est donc pas un exercice de style. L'usage veut qu'après une déclaration liminaire de circonstance, l'impétrant ouvre rapidement le catalogue des propositions concrètes qui, rassemblées, constituent son programme de gouvernement. Et il conclut en général cet inventaire par quelques accents de lyrisme plus ou moins bien sentis.
Manuel Valls n'a pas dérogé, mardi, à cette règle. Après une brève référence à Pierre Mendès France et une invocation de la vérité, il énuméra avec précipitation et concision une abondante série d'intentions. On en avait le tournis. Vint enfin la péroraison, qui fut un moment de grande sincérité, sur son attachement à la France.
Quelles conclusions tirer de cette intervention marquée par la clarté, la densité et l'énergie ? Elle fait un programme, elle ne fait pas une politique. Ou, plutôt, elle fait une politique difficilement identifiable selon nos critères habituels de classification. Elle s'inscrit dans l'esprit des nouvelles orientations définies par Hollande en janvier dernier sous l'appellation de sociale démocratie. Mais elle va au-delà. Elle les corrige dans un sens plus libéral. À gauche, mais vaguement. Une gauche plus moderne, Valls oblige, plus ouverte et plus réaliste, qui respecte les entreprises et ceux qui les dirigent, une gauche plus rassembleuse et plus apaisante, plus tolérante, bref, moins sectaire. Tout aussi sociale, évidemment, et éprise de justice. Mais le Premier ministre ajoute : "La justice sans la force est impuissante..."
Hollande-Valls, le conservateur et le progressiste
La référence à Hollande est constante, notamment à propos de la mise en oeuvre du pacte de responsabilité. De fait, ce qu'annonce Valls rejoint, pour l'essentiel, ce que l'on sait du contenu de ce pacte. Donc le principe de continuité est acquis. D'ailleurs, le Premier ministre l'avait dit l'autre lundi dans sa bien pauvre allocution télévisée : il n'y aura pas de rupture. Mais les mots ne sont que les mots. Valls n'allait pas, dès mardi, désavouer Hollande. La tonalité du discours y suffisait, et ce qui distingue la personnalité et la culture des deux hommes.
En sous-texte, on entendait dans la bouche du nouveau Premier ministre ce qu'il écrivait en 2008 à propos de Blair, dans son livre Pour en finir avec le socialisme : "S'il s'agit d'un discours alliant responsabilité et solidarité, d'une attitude décomplexée au monde, je suis blairiste. Blairiste, moins le cynisme si l'on pense que les partis de gauche doivent épouser leur temps, et l'assumer, et le théoriser : l'épouser pour ne pas passer à côté du réel, et être capable d'agir." Y a-t-il pire condamnation de ce que Hollande représente ? Dans le vocabulaire ("agir", "réel", "décomplexée"), dans le comportement, dans l'idéologie ?
Voici deux hommes associés par les hasards de la politique et par obligation dans une entreprise commune à un moment difficile de l'histoire, et que tout sépare. Le conservateur et le progressiste. Un attelage contre nature. Lequel se soumettra à l'autre ? Quelles sont les limites de la patience du second ? Ce sont les faits qui en décideront, c'est-à-dire le sort que va connaître la mise en oeuvre de la nouvelle politique qu'ils ont en charge.
Quels moyens ?
Cela nous renvoie à la réalité du programme qui nous a été exposé mardi par le Premier ministre, dans un ordre encore très confus. Il est d'une grande ambition. Il va dans un premier temps calmer le jeu. Il contient de quoi modérer l'hostilité des entrepreneurs, des patrons, de la droite. Il peut réveiller une certaine énergie. Il est assorti d'un pacte de solidarité dont quelques dispositions, confirmées hier, ont de quoi tempérer le mécontentement populaire, apporter une espérance aux plus faibles.
Mais ce programme pose une question essentielle et redoutable : la France a-t-elle les moyens de le réaliser ? Non seulement Valls n'a, à aucun moment, évoqué le problème du financement des économies auxquelles il s'engage, mais il a ajouté de nouvelles dépenses à venir sans en préciser le montant total, qui se chiffre à plusieurs milliards. On est ici au coeur du réel. Tout le reste est discours et bonnes intentions.
Manuel Valls, Premier ministre de cohabitation?
Les Français ne savent plus où donner de la droite
Ce week-end, le JDD publiait une enquête sondant l’opinion des Français quant à l’appartenance politique du nouveau Premier ministre. Verdict : si l’on additionne aux 15% des Français qui jugent Valls «à droite», les 29% qui pensent qu’il n’est «ni à droite ni à gauche» et les 26% qui le voient «au centre», il apparaît que pour 60% des sondés, le nouvel hôte de Matignon n’est de toute façon pas… à gauche.
Pour un homme ayant mené toute sa carrière au Parti Socialiste, de tels résultats ont de quoi surprendre. Un retour sur ses origines politiques rocardiennes permet peut-être d’y voir plus clair. Au sein du PS, le rocardisme est apparu à la fin des années 1970 avec l’arrivée du dissident du PSU qu’était Michel Rocard. Figure incontournable du socialisme français, comme Mendès France en son temps, Rocard s’opposait aux nationalisations intégrales défendues par les mitterrandistes, leur préférant un modèle social-démocrate décentralisateur.
À l’intérieur d’une gauche qui n’a pas su abandonner ses vieilles lunes révolutionnaires, malgré le tournant libéral de 1983, les héritiers de Rocard sont l’exception. Depuis l’Union de la gauche scellée dans les années 1970, des pans entiers du parti socialiste se joignent aux communistes, et rallient aujourd’hui les écologistes français fervents militants de la démondialisation, dans le refus de l’économie de marché. Il y a donc une certaine logique à ce qu’avant même son discours de politique générale, Manuel Valls ait provoqué des réactions épidermiques chez tous les plus «à gauche de la gauche ». Au sein même du groupe socialiste, 83 députés menacent aujourd’hui de ne pas voter la confiance au gouvernement. À cette révolte interne au PS s’ajoute le rejet de Jean-Luc Mélenchon et la dérobade des Verts qui ont fui les responsabilités gouvernementales à l’annonce de sa nomination.
Compte tenu du rapport de forces à l’Assemblée et au sein du PS, on comprend que François Hollande ait freiné des quatre fers avant de nommer Valls premier ministre. L’admiration sans bornes que le président de la République voue à François Mitterrand le porte en outre à se méfier de l’héritier du rocardisme. D’autant que Valls reste un de ses rivaux dans la bataille présidentielle.
Comme nous le rappelle le sondage du JDD cité plus haut, le curseur délimitant les antagonismes politiques entre la droite et la gauche françaises est en train de bouger. Valls perçu comme un homme de droite, le Front national mué en parti étatiste et républicain, des frontières entre droite et extrême droite qui s’estompent : voilà les cartes du jeu politique rebattues. Tandis que le conflit entre la droite du PS et les tenants d’une gauche dure se renforce, la promotion de Manuel Valls à Matignon prend des allures de cohabitation aux yeux des Français.
Et si c’était finalement cela, le fameux changement qu’on nous annonce depuis deux ans : moins un changement de politique qu’un changement dans la vie politique ?
Une part de vérité
Une part de vérité
La complexité de la tâche qui attendait Manuel Valls hier avait été suffisamment soulignée pour qu'on le crédite d'une performance très honorable, ponctuée par une vibrante tirade sur le mérite républicain. Imaginez qu'il lui fallait réaliser une synthèse acrobatique : ne pas être totalement lui-même sans être totalement un autre. Alors, oui, on a reconnu Manuel Valls, en même temps que l'on a discerné chez lui les contraintes imposées par ses nouvelles responsabilités. Déterminé mais impassible, malgré les beuglantes irrespectueuses dont il faudra bien que nos parlementaires apprennent à se départir, Manuel Valls a confirmé à quel point il était un anti-Ayrault.
Autant la déclaration de politique générale de son prédécesseur avait été lénifiante, autant la sienne fut tonique et ramassée, truffée de formules et de mots-clés balisant son propos. Empruntant au « parler vrai » de Michel Rocard, Manuel Valls tenait à prononcer un « discours de vérité ». Et c'est ici qu'interviennent les objections de fond, Car il y a eu des oublis volontaires dans cet exposé.
On dira que Manuel Valls a seulement livré une part de vérité, tout en lui concédant qu'à l'impossible nul n'est tenu. Comment aurait-il pu détailler, avant d'ultimes arbitrages, le mode de financement resté très flou des baisses d'impôts, de charges ou de cotisations, pour les entreprises, les salariés et les familles modestes ? Sans doute la parole élyséenne à venir devra-t-elle compléter l'insuffisant effort de pédagogie.
L'indéniable « effet Valls », ajouté à l'attention portée au Parlement, suffira-t-il à réconcilier la gauche avec la politique de l'offre et à créer un consensus autour de projets aussi explosifs que la réforme territoriale ? À travers la volonté d'apaisement manifestée dans l'approche des réformes sociétales, on devine chez Manuel Valls le souci de rassembler et de réconcilier, au-delà des clivages politiques. Et, pourquoi pas, d'aller vers des majorités d'idées, projet par projet ? Parce que la confiance, somme toute mesurée, obtenue hier par Manuel Valls lui sera plus chichement accordée à l'avenir.
Avec « Le 1 », Eric Fottorino veut réinventer le journal
Peut-on encore lancer des journaux en 2014 ? « Oui ! », répondent avec enthousiasme l'ancien directeur du Monde Eric Fottorino et ses complices, Laurent Greilsamer, qui le secondait au quotidien, et Natalie Thiriez, son épouse, qui devaient inaugurer, mercredi 9 avril, Le 1, un nouvel hebdomadaire présenté comme « une nouvelle expérience de presse ».
Il est vrai que Le 1 ne ressemble en rien à ses aînés. Il tient en huit pages et une seule feuille de papier, obligeant le lecteur à le déplierpour passer du format A4 au format A1 et se retrouver face à 84 centimètres de « print ». Plutôt que de chercher à parler de tout, chaque numéro se concentre sur un seul sujet.
ADMINISTRATEUR DU THINK TANK TERRA NOVA
Le premier d'entre eux demande ainsi : « La France fait-elle encorerêver ? » Mais ces sujets sont éclairés par plusieurs points de vue : celui du philosophe Ollivier Pourriol, du poète Louis Chevaillier, du statisticien Loup Wolff ou de l'anthropologue Julien Clément… Il s'agit pour ses fondateurs d'un « journal d'idées » qui est aussi « un bel objet qu'on regarde ».
« Le 1 est né d'une envie forte de faire table rase, de repartir de zéro en s'interrogeant sur la crise de la presse papier, raconte Eric Fottorino. Notre conviction est que le papier n'a pas dit son dernier mot si on réinvente son contenu. » De cette approche est né ce concept d'un journal plus mince, sur le modèle de l'italien Il Foglio, qui renonce à la tentation généraliste pour mieux approfondir une question. « L'enjeu est de poser la bonne question », résume M. Fottorino.
Pour donner corps à cette vision, les trois fondateurs se sont associés à Henry Hermand, une figure du monde de la presse et de la gauche réformiste, qui a notamment collaboré à la revue Esprit, dans les années 1950, et racheté Le Matin de Paris, dans les années 1980. A 89 ans, celui qui est aussi administrateur du think tank proche du PS Terra Nova a replongé dans une aventure de presse en prenant 51 % du capital, Eric Fottorino, Laurent Greilsamer et Natalie Thiriez se partagent les 49 % restants.
CASTING SOIGNÉ
Les quatre actionnaires ont opté pour un modèle économique léger, avec un noyau de neuf collaborateurs permanents. Des collaborateurs « irréguliers » viendront nourrir les colonnes de leurs articles ou dessins, tandis qu'un comité éditorial se réunira chaque trimestre pour« discuter des grandes orientations de la rédaction ».
Parmi les « sages » réunis par M. Fottorino, on trouve Edgar Morin, Michel Rocard, Elisabeth Badinter, Régis Debray, Erik Orsenna, Tahar Ben Jelloun, Yves Michaud, Muriel Mayette-Holtz ou encore Boris Razon – un casting particulièrement soigné.
Les recettes viendront intégralement des ventes (2,80 euros le numéro) et des abonnements, puisque Le 1 ne contient aucune publicité. Les fondateurs espèrent atteindre une diffusion de 30 000 exemplaires, qui correspond au point d'équilibre de l'entreprise. En cours de développement, un site d'accès payant proposera des contenus complémentaires mais non substitutifs à l'expérience print, qui se veut unique.
Voilà là un journal de....gauche, un de plus avec la particularité d'être écrit par des journalistes qui n'en sont pas et un ramassis d'abrutis comme Morin ou Thiriez.
QUEL MERDE !
L'occasion manquée de Manuel Valls
Mais où est passé Manuel Valls? Qu'est devenu l'esprit libre qui, jadis, bousculait joyeusement les totems et les tabous de la vieille gauche socialiste? Qu'est-il arrivé à l'ardent iconoclaste qui devait faire souffler sur la France l'air nouveau d'un réformisme de gauche enfin assumé? Hier, ce Valls-là n'était pas à l'Assemblée. Celui qui a parlé à sa place est apparu, sur le fond sinon sur la forme, contraint, emprunté, ligoté - en un mot, hollandisé.
À vrai dire, depuis quelques jours, on s'en doutait un peu. La reconduction, quasiment à l'identique, de ce gouvernement perclu d'échecs et d'impopularité était de mauvais augure. La tonalité de la première intervention télévisée du nouveau chef du gouvernement, tout entière placée sous le signe de la continuité de l'action de Jean-Marc Ayrault, faisait craindre le pire. Les tractations partisanes, dignes des plus beaux jours de la IVe République, qui ont précédé le grand oral du premier ministre ne laissaient rien présager de bon. Depuis hier, il n'est malheureusement plus permis de douter. La gravité de la situation française exigeait un hussard, c'est en équilibriste qu'il s'est exprimé. Manuel Valls, déjà digéré par la machine, ne sera pas le réformateur que l'on espérait.
Certes, le nouveau premier ministre n'est pas Jean-Marc Ayrault. Il a du souffle, de l'énergie à revendre, une rhétorique efficace - quoiqu'un peu surjouée. Ici ou là, dans son discours, un mot, une expression témoignaient heureusement de sa volonté de s'abstraire du dictionnaire des idées reçues socialistes. L'hommage appuyé aux entreprises était bienvenu ; l'exaltation de la fierté française ne manquait pas de panache. Le premier ministre a même osé proclamer que l'euro trop fort était un drame pour nos exportations. Bravo! Mais il ne suffit pas, le menton impérieux, de convoquer à la tribune les mânes de Jaurès, de Clemenceau et dugénéral de Gaulle pour sauver la République!
Manuel Valls a sans aucun doute l'autorité qui manquait à son prédécesseur. Bien des drames et des psychodrames gouvernementaux en seront peut-être évités. Tant mieux! Mais toutes ces améliorations de «forme» et de «style», qui passionnent les commentateurs, ne permettront pas de ranimer la croissance ou de réduire le chômage, ne serait-ce que d'un demi-point. Ce qui compte, c'est le fond. Et, dans ce discours de politique générale où l'on serait bien en peine de trouver une seule proposition originale qui porte la marque du premier ministre, c'est malheureusement le fond qui change le moins. Hier, à l'Assemblée, la musique était bien de Manuel Valls, mais les paroles, du François Hollande pur jus.
Hollandissime, cette obsession de «l'équilibre» qui conduit maintenant Manuel Valls à assortir chaque pas à droite d'un autre pas à gauche pour en amortir la charge symbolique et en neutraliser la portée. Pacte de responsabilité ET de solidarité. Sérieux budgétaire, MAIS PAS austérité. Compétitivité, MAIS sortie du nucléaire. Volonté d'apaisement en matière sociétale, MAIS maintien, si l'on comprend bien, des projets de loi qui divisent les Français (réforme pénale, famille, fin de vie…). Manuel Valls, désormais, «n'a pas d'adversaire à gauche». Au risque de mécontenter des deux côtés…
Hollandissime aussi, cette manière d'entretenir encore et toujours le flou sur les fameux 50 milliards d'économies dont on avait pourtant cru comprendre qu'ils étaient la pierre de touche de la «nouvelle étape». Où les trouvera-t-on? Mystère! Du côté des fonctionnaires, de leur nombre, de leur rémunération? Manuel Valls n'en a pas parlé. Du côté de l'hôpital ou du déremboursement d'un certain nombre de médicaments? Ce sujet-là aussi aura été évité. Tout juste a-t-on compris qu'il y aurait une «mise en cohérence de notre système de prestations». Nous voilà bien avancés…
Ce qui est clair, en revanche, ce sont les dépenses nouvelles d'ores et déjà programmées. Les baisses de charges et d'impôts sur les entreprises prévues par le pacte de responsabilité, à quoi vient s'ajouter - miracle des municipales - un «coup de pouce aux bas salaires». Ce qui est clair, aussi, c'est que le gouvernement va demander un nouveau délai à Bruxelles pour tenir des engagements dont la réalisation recule avec l'horizon. Bruxelles acceptera peut-être, mais les agences de notation?
La situation exigeait un hussard, c'est un équilibriste qui s'est exprimé
Hollandissime, enfin, l'absence quasi totale dans l'intervention du premier ministre de ces réformes dites «de structure», qui ne coûtent rien, qui exigent seulement du courage, et dont Manuel Valls a longtemps soutenu qu'elles étaient les seules à pouvoir libérer la croissance et relancer l'emploi. Rien sur les rigidités du droit du travail et les effets de seuil, qui sont autant de freins à l'embauche! Rien sur les modalités d'indemnisation du chômage, qui découragent la recherche d'un nouvel emploi! Rien sur le temps de travail, qui est pourtant - Valls le disait jadis - notre principal gisement de productivité! La seule réforme ambitieuse évoquée hier est celle des collectivités territoriales. Mais, rassurons-nous, elle ne débutera pas avant 2017 (à la veille de la présidentielle!) ou, pour les départements, 2021! N'est pas Gerhard Schröder - ni Matteo Renzi - qui veut…
On ne voit que trop bien ce qui a conduit Manuel Valls à refuser l'obstacle. La peur de déplaire à sa majorité. La crainte de froisser le président. Mais le danger était-il si grand? Les députés socialistes grognent, grondent, mais ils ne sont pas prêts - on les comprend - à courir le risque d'une dissolution. Quant à François Hollande, qui peut croire, dans l'état d'impopularité où il se trouve, qu'il puisse avant longtemps se payer le luxe de changer de premier ministre? Manuel Valls avait l'occasion de renverser la table et d'imposer sa marque. Il l'a laissée passer. C'est dommage pour la gauche de gouvernement, qui n'accomplira pas aujourd'hui sa révolution réformatrice. C'est triste pour la France, qui devra attendre encore longtemps le moment de se redresser.
Valls, fureur d’un socialisme
Valls, fureur
d’un
socialisme
d’un
socialisme
Manuel Valls, premier ministre, va prononcer son discours de politique générale. Et alors ? Comme le souligne notre distingué collègue, c’est le 37ème de la Vème, pour l’absence de résultats que l’on sait. Coincé entre sa fausse réputation de dur de la sécurité, ce type qui n’a jamais su que faire tabasser au gaz lacrymogène les dangereuses mégères de la Manif pour Tous et laisser filer les djeunes du Trocadéro, cette terreur des statistiques qui n’ont pas tremblé d’un pouce malgré son activisme de façade devant les caméras, ce type-là doit aussi faire la bise aux rouges-roses de son parti qui se raccrochent désespérément aux vieilles lunes mauroyciennes, style moins de travail et plus d’allocs, ainsi qu’aux verts qui veulent piétiner les centrales nucléaires de sable de leur bac à sable et propager la flavescence dorée parce que c’est une maladie naturelle.
Mais le plus inquiétant, c’est le Valls qui s’énerve très, très facilement, comme on a pu le voir sur des vidéos sur YouTube, qu’il s’agisse de stigmatiser les manifestants qui ne lui plaisent pas, mais aussi dans des prises de positions politiques. Encore une fois, cliquez sur le Net. La vindicte dont il poursuit le comique de couleur qui ne sait pas se tenir à sa place de comique de couleur n’a que peu à voir avec un souci de bien public, mais bien plutôt d’un souci de bien privé. Et cette violence latente, à fleur de peau, on la retrouvera quand son absence de « programme » socialiste se perdra dans les méandres de l’économie réelle. Nous aurons un Valls plein de fureur tenté de se radicaliser. Parce que si un socialiste, ça ne sait pas, ça sait virer autocrate, comme nous l’ont enseigner des heures sombres de notre Histoire européenne.
Coincés
Si le président a certes changé de gouvernement (et quel changement !), il n’a malheureusement pas changé de situation économique. Il y a un mois, la fausse décontraction d’un Moscovici compulsivement incolore avait déjà bien du mal à camoufler le surplace navrant de l’économie française. Quelques semaines plus tard, le nouveau ministre de l’économie aura beau frétiller de sa vigoureuse chevelure bouclée, le constat économique reste globalement le même : le piétinement continue.
Quoi qu’il en soit, nos deux ministres vont avoir fort à faire pour convaincre les économistes, les politiciens et les patrons d’Outre-Rhin de toute la bonne volonté de la France en matière de réforme, mot devenu tabou depuis plusieurs décennies. En effet, on apprend parallèlement au déplacement des Laurel et Hardy de l’économie française que la puissante fondation Bertelsmann vient de publier une étude sur l’état de la France, ce pays « pas compétitif » selon leurs experts (non, vraiment, sans blague ?) ; et si le classement qu’elle établit sur 41 pays de l’OCDE place la France 14ème en matière de performance des politiques publiques (ce qui est honorable lorsqu’on voit le résultat), elle la place aussi 28ème pour la qualité de sa démocratie et 27ème pour la capacité de son exécutif à mener des réformes.
Mais la réalité est têtue et malheureusement, ne se laissera pas faire par les petites admonestations caliméresques du président du Parlement, ou les roucoulades enrouées de l’être bicéphale de Bercy. La réalité, c’est que tout ce petit monde est coincé.
D’autre part, les contribuables n’ont plus aucune marge de manœuvre en matière de ponction. Les entreprises ont tant perdu en compétitivité avec l’avalanche d’impôts et de taxes, le chômage a tant augmenté qu’il n’y a plus dans l’augmentation de la fiscalité aucun espoir de trouver des finances pour faire durer le plaisir. Quant à l’étape suivante, le chyprage violent des comptes bancaires, il est évidemment redouté par toute la classe politique et signera surtout l’échec complet de la politique hollandiste. Il ne peut en être question, même à demi-mot, avant un moment.
Et les réformes (dont les annonces, toutes aussi pétaradantes et médiatisées que vides de contenu) se succèdent sans pour autant convaincre ni les Français, ni (et c’est plus grave) le reste des Européens qui commencent à trouver les petits entrechats français assez pénibles à financer. À peine arrivé en poste, Arnaud du Redressement a fait comprendre que les réformes, c’était bien joli mais pas facile et qu’avec la marge de manœuvre dont il dispose, un petit arrangement à l’amiable serait préférable. Tant que c’était lui, du reste, personne ne s’en est offusqué ; tout le monde a déjà jaugé l’asticot, et chacun connait certainement dans sa famille ou celle du voisin l’adolescent un peu revêche, facilement rebelle, qui sévit avec ses caprices et ses petites saillies un peu déplacées. Par analogie, les emportements de Montebourg rappellent ce temps où, encore jeune, on avait certes une grande gueule, mais surtout de petits bras, pas un rond et une mobylette pourrite.
En revanche, lorsque Michel Sapin, l’énarque aux relents de comptable provincial avec patchs en cuir intégrés sous les coudes, déclare lui aussi qu’il va falloir à la France un petit délai pour aménager la baisse des déficits et engager les réformes indispensables au retour de la croissance, là, les dents grincent et les mines se ferment. Le refus, du reste, ne se fait pas attendre. Olli Rehn, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, a ainsi déclaré sans la moindre ambiguïté :
« Si je m’en réfère au pacte de stabilité et de croissance, un nouveau délai pourrait seulement se justifier par des événements économiques inattendus et défavorables avec des conséquences pénalisantes pour les finances publiques. Je ne vois pas de tels événements économiques inattendus et défavorables depuis le mois de juin dernier. Au contraire, la zone euro connaît actuellement une reprise qui va se renforçant. »
Il aurait pu ajouter « sauf pour la France qui continue à pédaler dans un dessert lacté épais et paralysant », mais cela aurait pu entraîner des petits désagréments diplomatiques. Néanmoins, le délai demandé par Sapin est donc clairement refusé. Ni une, ni deux, les deux ministres de l’Économie et des Finances ont décidé d’aller expliquer leur position… aux Allemands.
Et c’est vrai qu’il peut y en avoir besoin. D’abord, deux ministres là où la France n’en avait jadis qu’un seul, qui suffisait amplement à saboter l’économie française, on peut s’étonner : difficile d’imaginer qu’à deux, ils seront plus efficaces pour donner de grandes orientations au paquebot Bercytanic dont la soute, consciencieusement déchiquetée sur 30 à 40 ans, engouffre les déficits et la dette à gros bouillons tous les jours. D’autant qu’on sait que nos deux acolytes ne s’entendent pas exactement comme des larrons en foire. Montebourg, bouillant littéraire dont les capacités à manipuler les chiffres restent à prouver, est probablement une assez bonne antithèse de Sapin, bivalve froid et calculateur à l’énarchie profondément chevillée au corps. Là où, en Allemagne, les deux ministères, traditionnellement séparés, permettent une tenue rigoureuse des comptes, en France, on s’attend d’emblée à la cacophonie. Ne soyons pas méchant, l’avenir nous permettra de juger, mais il n’en reste pas moins qu’on sent déjà quelques flottements : le voyage français à Berlin avait tout d’abord été annoncé pour Sapin seul, avant que Nono ne s’invite.
Quoi qu’il en soit, nos deux ministres vont avoir fort à faire pour convaincre les économistes, les politiciens et les patrons d’Outre-Rhin de toute la bonne volonté de la France en matière de réforme, mot devenu tabou depuis plusieurs décennies. En effet, on apprend parallèlement au déplacement des Laurel et Hardy de l’économie française que la puissante fondation Bertelsmann vient de publier une étude sur l’état de la France, ce pays « pas compétitif » selon leurs experts (non, vraiment, sans blague ?) ; et si le classement qu’elle établit sur 41 pays de l’OCDE place la France 14ème en matière de performance des politiques publiques (ce qui est honorable lorsqu’on voit le résultat), elle la place aussi 28ème pour la qualité de sa démocratie et 27ème pour la capacité de son exécutif à mener des réformes.
En cause selon la fondation : « la réticence des pouvoirs publics à décrire les problèmes franchement », ce qui est une façon polie de dire que les politiciens enfument le contribuable et le citoyen français depuis un petit moment à tel point que toute franchise est maintenant exclue. Pire, les experts expliquent même qu’ « alors qu’elle se bat pour adapter son modèle économique et social à un monde changeant, les problèmes s’aggravent bien plus qu’ils ne diminuent. » Et pourquoi ce marasme français ? Parce qu’il y a pour eux, « culturellement, une méfiance fondamentale envers les marchés et une croyance largement répandue que l’action publique est un moyen efficace de guider l’économie et de résoudre les problèmes ».
Une situation qui s’aggrave ? Une classe politique infoutue de la moindre franchise ? Une méfiance culturelle contre l’économie de marché ?
Oh ! Zut et flûte, voilà que des Teutons portent des constats similaires aux miens, et, abomination supplémentaire, aux constats formés par les économistes anglais dont les parutions, dans l’hebdomadaire de la fourbe Albion, The Economist, ont régulièrement défrayé la chronique ici et ailleurs. (Et je ne mentionnerai même pas que parmi les experts du rapport allemand se trouve même un Français, l’universitaire Yves Mény, parce qu’on me dira que ce traître à sa patrie a été à l’évidence acheté par le capitalisme néolibéral apatride et que son opinion n’a donc plus aucune valeur).
Et la mise en face à face de ce rapport, de ces conclusions et de ces remarques avec les petits couinements ridicules de Claude Bartolone n’en est alors que plus savoureux : pendant que les économistes expliquent que la situation mérite un volte-face et beaucoup de courage, le président de l’Assemblée, aussi détendu du mobile et de la dépense publique qu’on peut l’être lorsqu’on a toujours vécu exclusivement de l’argent des autres s’empresse de demander… des délais, histoire de bien faire comprendre à tout ce petit monde qu’il serait judicieux de continuer avec calme et pondération ce qui n’a pas marché sur les dernières années.
Mais la réalité est têtue et malheureusement, ne se laissera pas faire par les petites admonestations caliméresques du président du Parlement, ou les roucoulades enrouées de l’être bicéphale de Bercy. La réalité, c’est que tout ce petit monde est coincé.
D’une part, l’Europe ne pourra plus guère lui fournir de délai, sans mettre en péril toute l’Union et sans faire grogner plus que de mesure le partenaire allemand. Tous les autres pays à l’exception de la France ont, à un moment ou l’autre, fait des efforts, même s’ils ont été modestes, au moins pour tenter des réformes. Pour Sapin et Montebourg, le moment est venu de faire passer une amère pilule à tout le monde. En ont-ils l’étoffe ? Au vu de leur historique, on peut raisonnablement en douter.
D’autre part, les contribuables n’ont plus aucune marge de manœuvre en matière de ponction. Les entreprises ont tant perdu en compétitivité avec l’avalanche d’impôts et de taxes, le chômage a tant augmenté qu’il n’y a plus dans l’augmentation de la fiscalité aucun espoir de trouver des finances pour faire durer le plaisir. Quant à l’étape suivante, le chyprage violent des comptes bancaires, il est évidemment redouté par toute la classe politique et signera surtout l’échec complet de la politique hollandiste. Il ne peut en être question, même à demi-mot, avant un moment.
Enfin, en matière de réformes, les mensonges, les atermoiements et le populisme ont tant ancré dans le collectif français qu’il existait bel et bien une solution socialiste, solidaire, festive et citoyenne que toute autre solution, réaliste, pas du tout festive et franchement pas solidaire sera farouchement combattue par tous les tenants du merveilleux modèle social que le monde regarde nous mettre aux pieds avant que nous sautions dans l’eau boueuse et profonde. Autrement dit, les coupes claires dans les aides sociales (et les ponctions qui les abondent), les réformes massives dans la fonction publique et la réduction drastique du périmètre de l’État feront inévitablement sortir tout le peuple de ses gonds alors qu’il n’y a plus d’autres solutions.
On comprend dès lors que Hollande et sa troupe, plus prudents, cyniques et politiciens que réformateurs, se contenteront d’une série de pas microscopiques et d’effets de manche dont le seul but sera de limiter la casse sur leur petite personne. Pour le reste, c’est évident : ce pays est foutu.
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