TOUT EST DIT

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samedi 8 mars 2014

La benne à ordures

La benne à ordures


On peut se demander pourquoi la politique française sombre ainsi dans l’ordure pure et simple. L’histoire des enregistrements Buisson est tout simplement minable, à vomir. A l’origine ? Une fuite d’un ordinateur à la maison ne peut sans doute  venir que d’un sordide règlement de compte privé. Tout commence dans la pourriture et se poursuit dans la manipulation. L’univers politico-médiatique fait une montagne, un Everest, de propos enregistrés clandestinement et volés qui n’ont, à ce stade, pas le moindre espèce d’intérêt politique ou historique : la une du Monde, les télés, les radios se repaissent de l’immondice. Pendant ce temps, la Commission place la France « sous surveillance » pour sa situation économique calamiteuse, qui la voue au ban des nations européennes. Et moi qui ne suis pas fédéraliste, mais euro-réaliste, je le dis sans ambages: la Commission a entièrement raison ! Nous sommes embarqués dans une entreprise de crétinisation de masse, de destruction de l’esprit civique et de l’intelligence de la part d’un monde politico-médiatique sans foi ni loi qui n’a plus qu’une seule préoccupation : survivre dans le désastre, conserver ses rentes de situations, son influence et ses privilèges. Ce qui lui fait peur aujourd’hui, à tort ou à raison, c’est un éventuel retour du président Sarkozy dans l’arène politique qui viendrait chambouler l’équilibre de la pourriture en train de se cristalliser. Pour l’éviter, ils sont prêts à tout, à livrer le pays au chaos, à la honte et à l’extrémisme, à détruire et à tuer.

Yannis Varoufakis: "Il aurait mieux valu que la Grèce fasse faillite"


Yanis Varoufakis, économiste éconoclaste, fait partie du petit nombre des experts qui ont prédit la crise des subprimes. Il juge - sévèrement - les politiques menées face à la crise par les institutions du Vieux Continent. Interview. 

Le "Dr. Doom" grec. C'est par ce surnom -"M. Catastrophe"- que nombre de ses concitoyens connaissent Yanis Varoufakis, ancien conseiller de Georges Papandréou. Mais c'est en critiquant les plans de sauvetage d'Athènes, en 2010 et 2011, qu'il s'est rendu célèbre, s'attirant au passage l'hostilité des cercles dirigeants du pays, au point de devoir s'exiler aux Etats-Unis, en 2011. A quelques jours d'un Conseil européen important (le 20 mars) et à quelques semaines d'élections européennes à haut risque, Varoufakis juge - sévèrement - les politiques menées face à la crise par les institutions du Vieux Continent. Alors que la Grèce préside depuis le 1er janvier l'Union européenne, celui qui enseigne désormais à l'Université du Texas à Austin fait aussi part de son inquiétude pour son pays. 
La Commission européenne estime que la Grèce commence à sortir la tête de l'eau. Qu'en pensez-vous?
C'est une absurdité. La Commission met en avant les indicateurs qui l'arrangent. Elle soutient que le taux auquel le pays emprunte a baissé, mais la Grèce n'est pas retournée sur les marchés depuis 2010! Par ailleurs, une grande partie de la dette est désormais détenue par les autres Etats européens. Donc, cela n'a pas vraiment de signification.  
De la même manière, on nous explique que la Bourse d'Athènes reprend des couleurs. Mais la plupart des grandes entreprises sont parties s'installer au Luxembourg ou au Royaume-Uni. Il n'y a plus guère que les banques qui soient cotées. Or les hedge funds parient que leur cours va un peu se redres -ser : c'est la seule raison pour laquelle la Bourse remonte ! 
A quels indicateurs peut-on se fier?
Il faut regarder, en premier lieu, l'investissement. C'est la force qui entraîne l'économie. Il a diminué sans discontinuer depuis quatre ans, y compris au dernier trimestre de 2013. Deuxième indicateur : l'emploi. Le chômage continue à augmenter. Enfin, dernier élément : le crédit, notamment les prêts destinés aux start-up et, plus généralement, aux petites et moyennes entreprises.  
Là aussi, on observe une chute. Voilà les vrais indicateurs, et l'histoire qu'ils racontent est très triste. Le plan adopté pour le pays en 2010 a été une énorme erreur de politique économique : on a échangé un sauvetage financier contre une austérité très violente, qui a fait exploser la dette au lieu de la réduire. Il aurait mieux valu laisser le pays faire faillite. La Grèce paie aujourd'hui encore les conséquences de cette décision. 
Comment jugez-vous la situation actuelle du pays, sur le plan économique et social?
La Grèce est un Etat exsangue, avec une minorité qui prospère grâce à la corruption, et une majorité qui dépérit. Les véritables décisions sont prises par les commissaires européens. Les seuls biens que nous exportons, ce sont nos jeunes, partis s'installer sous d'autres cieux. 
Comment évaluez-vous les risques politiques et sociaux dans le pays?
C'est bien connu : l'Histoire se répète parfois sous forme de tragédie, parfois sous forme de farce. Les premières années de la crise ont été marquées par de nombreux troubles sociaux ; il y en a beaucoup moins maintenant. Les gens rentrent chez eux et lèchent leurs plaies. Ils essaient de joindre les deux bouts, et de mettre de quoi manger sur la table. Pour résumer, les rues sont calmes, mais le mécontentement est fort, et la pauvreté, un cancer qui tue les gens psychologiquement.  
De très nombreux ménages sont surendettés. Ce que j'ai pu observer au sein des familles, c'est une forme de dépression au sens clinique du terme, qui s'apparente beaucoup aux états bipolaires. Un jour, les gens sont catatoniques et, le lendemain, ils sont dans une forme d'optimisme bizarre, où ils éprouvent le sentiment totalement irréaliste que tout est possible. Puis la dépression revient. Pas besoin d'être grand clerc pour savoir de quoi tout cela est le terreau, on l'a déjà expérimenté dans les années 1930, et pas seulement en Allemagne... 
Aube dorée, le parti d'extrême droite, ne recueille pourtant qu'une minorité des suffrages...
Aube dorée n'est pas au gouvernement, mais cela ne veut pas dire que ses idées ne sont pas au pouvoir. En 2012, juste avant les élections législatives, le gouvernement socialiste a ordonné que les femmes SDF à Athènes soient soumises sans leur consentement à des tests VIH et que, si elles étaient séropositives, elles soient emprisonnées et que leurs photos soient affichées à l'extérieur des commissariats.  
A l'été 2012 encore, des députés du parti au pouvoir [sous le gouvernement conservateur d'Antonis Samaras] ont déposé au Parlement un amendement qui stipule que, pour entrer dans la police ou l'armée grecque, il ne faut pas seulement être citoyen du pays, mais pouvoir prouver que l'on est de sang grec. Si les partis traditionnels font cela, que feront les fascistes ? 
Après avoir longtemps été professeur à l'université de Sydney, vous êtes revenu en Grèce en 2000, où vous avez été conseiller économique de Georges Papandréou entre 2004 et 2006. Puis vous avez à nouveau quitté le pays à la fin de 2011. Pourquoi?
Je suis revenu effectivement en Grèce en 2000. Le pays était alors traversé par une vague de xénophobie, et j'avais trouvé que Papandréou, en tant que ministre des Affaires étrangères, y avait bien répondu. C'est pour cela que j'ai accepté de le conseiller. Puis j'ai commencé à avoir des divergences avec lui à propos de son management, mais aussi de la politique économique menée. J'ai démissionné en 2006, et j'ai commencé à alerter sur les risques de crise financière mondiale. J'ai été traité comme l'idiot du village. 
Ensuite, la crise a éclaté et a touché la Grèce, en 2009. En tant qu'ancien conseiller de Papandréou, j'étais un des seuls à dire : il ne faut pas accepter le plan de sauvetage, il aura des conséquences catastrophiques; mieux vaut laisser l'Etat faire défaut. Dès lors, j'ai commencé à être considéré en Grèce comme un "agent du mal", celui qui voulait que le pays fasse faillite. Cela ne s'est pas arrangé l'année suivante, quand j'ai critiqué le second plan de sauvetage, qui alimentait la corruption financière, avec la bénédiction de la troïka [NDLR: Union européenne, Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international]. Ma famille a alors commencé à recevoir des menaces, et j'ai décidé de quitter le pays. Voilà pourquoi je vous parle aujourd'hui depuis l'Université du Texas, à Austin. 
Au-delà de la Grèce, que pensez-vous de la situation de la zone euro? Bruxelles estime là encore que la situation s'améliore, tandis que certains experts s'alarment du risque de déflation...
Notre premier devoir, c'est de conceptualiser les problèmes que nous rencontrons. Prenez, par exemple, le changement climatique. Vous observez des inondations en Australie, un dégel en Sibérie, des ouragans à New York ou à La Nouvelle-Orléans. Si vous considérez ces phénomènes séparément, vous n'avez aucune chance de résoudre le problème. C'est pourtant ce que l'on a fait avec la zone euro, alors que la pauvreté en Grèce, le chômage en Espagne, les minijobs en Allemagne, le déficit de compétitivité de la France sont tous liés aux dysfonctionnements de l'architecture de la zone euro. On a voulu résoudre ces difficultés par des politiques d'austérité généralisées, avec le succès que l'on sait. 
Le risque de déflation est-il réel?
La spirale déflationniste est d'ores et déjà enclenchée. Les prix manufacturiers ont commencé à chuter dans certains secteurs. L'Allemagne vient d'annoncer que les salaires réels avaient baissé en 2013. Si les salaires diminuent en Allemagne, que va-t-il se passer en France ou en 
Espagne? Il faut rappeler que cette stratégie de déflation salariale a été mise en oeuvre sciemment par la Commission pour remédier à la crise. Dans sa grande sagesse, elle a récem -ment demandé au Portugal de baisser encore les rému -nérations ! Mais je ne blâme pas les autorités politiques : si l'on considère que l'architecture de la zone euro est sacrosainte, alors la BCE ne peut pas monétiser la dette, elle ne peut pas non plus jouer les inter médiaires entre les établissements financiers et les Etats... Elle ne peut rien faire! 
Vous proposez justement dans un ouvrage récent (1) plusieurs mesures pour résoudre ces problèmes sans modifier les traités...
Nous proposons en premier lieu que la BCE puisse émettre elle-même des obligations pour le compte des Etats, ce qui permettrait de faire baisser les taux d'intérêt auxquels ils empruntent. Deuxièmement, il faudrait autoriser la BCE à recapitaliser directement les banques en difficulté via le Mécanisme européen de stabilité. Cette faculté romprait le lien entre les banques et les Etats dont elles sont originaires.  

Scène de la vie quotidienne

Scène de la vie quotidienne


 Ce n’est pas la première fois qu’une telle mésaventure m’arrive. Mercredi, vers 18 heures, sortant du métro, à deux pas de chez moi, je discute avec une amie de "l’affaire Buisson". J’aperçois un homme d’une trentaine d’années en train de bousculer violemment et d’insulter une jeune femme, grande, mince, brune, accompagnée de deux tout jeunes enfants d’environ 3 et 5 ans qui se tiennent la main. Je m’interpose et lui dis d’arrêter. Son haleine empeste l’alcool à deux mètres. "C’est ma femme, connard, je fais ce que je veux!" Je reçois une bordée d’injures et un mauvais coup au thorax. Deux personnes se joignent à moi, détournant ainsi sur elles la fureur de l’ivrogne. J’en profite pour dire à la dame: "Venez, je vous accompagne au commissariat, vous ne pouvez pas rester ainsi." Elle me répond tristement: "Je vous remercie beaucoup Monsieur, mais ce n’est pas possible". "Si! vous allez venir avec moi au commissariat!" "Non, je suis désolée, Monsieur, je ne peux pas faire une chose pareille". L’abruti se rapproche de sa compagne: "Allez viens, on rentre à la maison". J’essaye de nouveau de m’interposer. Les deux passants m’arrêtent: "c’est inutile, si elle n’est pas d’accord, vous ne pouvez rien faire!". Je vois donc le sale type s’éloigner d’un pas mal assuré, "allez, viens, on rentre à la maison", suivi de sa femme en pleurs et de deux minuscules têtes blondes, une fille et un garçon, main dans la main, qui doivent se demander ce qu’ils sont venus faire en ce monde pourri.

jeudi 6 mars 2014

Quand le mandat de François Hollande ressemble à un jour sans fin

Remaniement, retour de Sarko, couacs, ouverture vers le centre... Tour d'horizon de tous ces sujets qui reviennent avec la régularité d'un métronome à la une de l'actualité.

Deux ans après l'accession de François Hollande à l'Élysée flotte dans l'air une litanie d'interrogations. Les circonstances ont beau changer, l'actualité s'emballer, rien n'y fait, les mêmes sujets hantent toujours l'esprit des commentateurs, de l'opinion publique et des ministres... Florilège de ces lancinantes questions.
1) Le remaniement, c'est pour quand ?

Le remaniement à la une. Encore. Depuis sa victoire à la présidentielle, François Hollande n'a opéré que des modifications à la marge du gouvernement dirigé par Jean-Marc Ayrault. Dans la foulée des législatives en 2012 et en réaction à des imprévus : la démission de Jérôme Cahuzac, puis le limogeage de Delphine Batho. Alors, depuis des mois, les observateurs, les commentateurs, les acteurs, médiatiques, politiques, lancent des rumeurs et s'en nourrissent. Remanier le gouvernement. Oui, mais quand ? Oui, mais avec qui ? Oui, mais pourquoi faire ? Pour l'instant, il ne s'est rien passé, hormis une campagne souterraine des candidats à Matignon, digne du lobbying pratiqué par les prétendants aux Oscars avant la cérémonie et le sacre. Éventuel.
2) Le retour de Nicolas Sarkozy
Le retour sur la scène politique de l'ancien président ponctue la vie politique avec une régularité de métronome. Un feuilleton orchestré par l'intéressé, qui alterne petites confidences destinées à filtrer et sorties plus spectaculaires, comme lors de la tournée musicale de Carla Bruni ou la campagne municipale de Nathalie Kosciusko-Morizet à Paris. Nicolas Sarkozy ne maîtrise en revanche pas l'aspect judiciaire, alors que son nom revient dans plusieurs affaires (Bettencourt, Karachi, Tapie, etc.). Il ne maîtrise pas non plus le dernier épisode en date de sa saga politique. Ce sont les écoutes clandestines réalisées par son ancien lieutenant Patrick Buisson, et révélées par Le Pointqui sont désormais à l'affiche. Principale victime de cette pratique unanimement condamnée : Nicolas Sarkozy lui-même.
3) Les Verts doivent-ils partir ?
Deux ministres écolos et un nombre de polémiques inversement proportionnel à ce faible taux.Dernière en date ayant entraîné la question, "les Verts doivent-ils quitter le gouvernement ?" : le soutien de Cécile Duflot aux manifestants contre Notre-Dame-des-Landes, projet d'aéroport défendu par Jean-Marc Ayrault. En octobre 2013, le soutien d'EELV aux manifs lycéennes après l'expulsion de Leonarda suivait de près l'accrochage public entre la ministre du Logement et Manuel Valls sur la question de l'intégration des Roms. En août 2013, le maintien au gouvernement était le principal sujet de conversation lors des journées d'été d'EELV. Début juillet, les Verts laissaient planer le (faux) suspense sur un éventuel départ, après le limogeage de la ministre de l'Écologie Delphine Batho. Ils étaient déjà en colère après celui de Nicole Bricq du même ministère un an plus tôt. Ce tour d'horizon est non exhaustif et des reculs probables promettent de beaux lendemains au débat sur le maintien des Verts au gouvernement.
4) L'aile gauche en colère
Ils étaient des socialistes heureux, pendant la campagne présidentielle. Heureux du discours du Bourget et de la promesse de lutter contre la finance folle. Heureux du projet de taxe à 75 % sur les très, très hauts salaires. François Hollande n'était pas leur favori en interne, mais il ferait sans doute un bon président de gauche. Et puis, patatras ! Une fois élu, il a commandé un rapport à Louis Gallois, défendu surtout les entreprises via d'abord la création du CICE, avant de se déclarer social-démocrate et de créer le pacte de responsabilité, de s'afficher avec Pierre Gattaz et de faire un hug aux Pigeons. Sans parler des sujets sociétaux maltraités. La loi famille abandonnéela jeunesse négligéele droit de vote des étrangers reporté... Régulièrement, l'aile gauche est au minimum "déçue", souvent "en colère". Dernière révolte en date, un texte publié dans Le Monde intitulé : "Il n'y a pas qu'une seule politique possible".
5) Hollande et Ayrault chutent dans les sondages
À force de chuter dans les sondages, il est incroyable que François Hollande et Jean-Marc Ayrault soient encore au-dessus de 0 % d'opinion favorable. Depuis septembre 2012, tous instituts confondus et quelle que soit la manière de poser la question, le résultat est presque toujours le même : "Hollande, Ayrault : la chute continue".
6) Couacs, couacs, couacs
Depuis septembre 2012, les "couacs" se multiplient au gouvernement. Le Monde en avait, en octobre 2013, recensé une bonne partie. Vincent Peillon favorable à un débat sur la dépénalisation du cannabis, Kader Arif annonçant la libération d'otages français... qui n'étaient pas libérés, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Cécile Duflot réclamant un assouplissement de la politique d'austérité, etc. Sans compter l'affaire Florange, ou la guerre ouverte entre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg... Et bien sûr, le magistral cas Jérôme Cahuzac, ou l'aveu du ministre délégué au Budget qu'il possède un compte caché en Suisse après quatre mois de mensonges aux plus hautes autorités de l'État. Vainqueur toutes catégories. Pour le moment.
7) Le coup monté
À droite, les hostilités commencent en novembre 2012 avec l'élection du président de l'UMP. Jean-François Copé et François Fillon se déchirent devant les caméras des chaînes d'info en continu, les deux camps mettent en scène eux-mêmes une télé-réalité. Copé devient le patron sur fond de soupçons de triches. Le livre Le Coup monté des journalistes Bruno Jeudy et Carole Barjon vient rapidement étayer cette thèse. Cette rivalité entre les deux hommes émaille le quinquennat. Au casting figurent aussi de jeunes ambitieux : Bruno Le Maire, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, NKM, Laurent Wauquiez, etc.Tous prétendants aux plus hautes fonctions. 
8) Les coups de gueule de Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon est un homme en colère. Révolté. Contre la gauche en général, contre le PS et contre ses alliés du PCF en particulier, contre la droite, contre l'extrême droite, contre l'Europe, contre les États-Unis, contre les journalistes, etc. Et il le fait savoir. Dans les médias, sur son blog. Une recherche "coups de gueule de Mélenchon" dans Google permet de saisir l'ampleur du phénomène.Cet automne, il nous confiait sa "lassitude". Il plaidait : "Tout ne peut pas reposer sur moi." Mais, à l'approche des élections européennes, son véritable objectif, nul doute qu'il reprend du poil de la bête. 
9) Le centre... Ou pas
Grand absent du débat médiatique de ce début de quinquennat : le centre. François Bayrou espère que la fin de sa longue traversée du désert passera par une victoire à Pau. Jean-Louis Borloo, hospitalisé, est contraint à une cure de silence. Hervé Morin a posté un selfie de lui au Salon de l'agriculture. Pourtant, à l'approche des européennes, en pleine période d'euroscepticisme, leurs voix auraient pu compter dans le débat. 

Le billet de Michel Schifres

Grandes oreilles et petits bras


Parmi les questions posées par l’horreur Buisson, une dépasse les querelles françaises : elle touche la planète ; sa dimension géopolitique est indéniable. Que savait la NSA ? Comment imaginer en effet que la centrale américaine ne se soit pas branchée sur le dictaphone du petit bricoleur de l’Elysée ? Elle qui recueille des dizaines de millions de conversations dans le monde n’aurait pas prêté attention à l’appareil qui ne quittait pas le chauve au costume sombre ?  On espère le contraire. Certes les longues heures enregistrées par Buisson ne sont pas grand-chose par rapport à la masse récoltée par Washington. Mais que les Américains aient choisi de les ignorer signifierait que nous ne comptons guère. Pauvre de nous si les grandes oreilles n’écoutent plus les petits bras.  

mercredi 5 mars 2014

La bourse ou la guerre ?

La bourse ou la guerre ?


Vladimir Poutine va-t-il devoir choisir entre la bourse ou la guerre ? Les bruits de bottes en Ukraine lui ont fait perdre 58 milliards de dollars de capitalisation boursière de vendredi à lundi. Soit 7 milliards de dollars de plus que le coût des Jeux d'hiver de Sotchi. Hier, comme par hasard, la Bourse de Moscou a redressé la tête (+ 5 % en fin de séance au lieu de -10 % la veille) en même temps que Vladimir Poutine baissait d'un ton. S'exprimant dans une conférence de presse très détendue, pour la première fois depuis le début de la crise, il a quelque peu édulcoré sa rhétorique guerrière. Cela a eu pour effet immédiat de rassurer les milieux financiers internationaux.
C'est que la guerre, au-delà des gesticulations militaires, se joue désormais aussi (et peut-être surtout) sur le terrain économique. Le temps n'est plus de la splendeur du colosse soviétique aux pieds… solides. La Russie d'aujourd'hui, gravement désindustrialisée et guettée par la récession, a besoin de relations fortes, principalement avec les Européens qui ont développé avec elle des coopérations technologiques et multiplié les investissements.
D'où la pertinence de l'arme économique brandie comme moyen de pression. Encore conviendrait-il qu'Européens, entre eux d'abord, et avec les Américains ensuite, s'accordent sur le niveau des représailles. Les États-Unis, moins concernés que les Européens par des partenariats industriels, sont les plus véhéments. Au sein de l'UE, les positions sont davantage nuancées entre des États baltes intransigeants, des Anglais réticents sur des sanctions commerciales pénalisant la City, ou encore des Allemands conciliants qui abritent le siège européen de Gazprom.
Aux menaces, la Russie oppose de son côté sa « diplomatie gazière » en oubliant que les USA et les Européens s'emploient à réduire leur dépendance. On voit bien que l'arme économique est à double tranchant et génère un nouvel équilibre de la terreur. C'est pour cela qu'au-delà des discours bravaches, personne n'a vraiment envie de mourir pour Sébastopol.

Sarkoleaks : les trois trahisons de Patrick Buisson (4e extrait)


Suite à la publication par le Canard Enchaîné du verbatim d'une réunion à l'Elysée le 27 février 2011, Atlantico publie des extraits d'un enregistrement de la matinée du samedi 26 février 2011 réalisé par Patrick Buisson à l'insu de Nicolas Sarkozy et de ses conseillers.

Première trahison

Comme le révélait Le Point il y a trois semaines - sans preuves à l’époque - , Patrick Buisson, longtemps décrit comme l’éminence grise de Nicolas Sarkozy, a donc bien enregistré, à leur insu, l’ancien président ainsi que ses conseillers à l’Elysée.

Pourquoi aucun doute n’est possible. Tout d’abord maître Gilles-William Goldnadel, l’avocat de Patrick Buisson a reconnu l’authenticité de l’enregistrement mentionné par le Canard Enchaîné le 4 mars. A l’écoute de celui qu’Atlantico s’est procuré, réalisé à un autre moment, on entend Patrick Buisson, seul, insérer un enregistreur dans la poche de sa veste puis rejoindre Nicolas Sarkozy et ses conseillers. L’enregistrement d’une durée de plusieurs heures comprend aussi bien les conversations de Patrick Buisson avec différents conseillers  qu’une réunion stratégique organisée le samedi 26 février 2011 à la Lanterne à Versailles. Il se conclut une fois que Patrick Buisson est à nouveau seul, après avoir salué la dernière personne avec laquelle il se trouvait.
Pourquoi il s’agit bien d’une trahison. Contrairement à ce qu’a tenté de laisser entendre l’avocat de Patrick Buisson après la publication de l’article du Canard Enchaîné, Nicolas Sarkozy n’était absolument pas informé des enregistrements pirates de son conseiller. Atlantico en a obtenu la confirmation auprès de différents membres de l’entourage de l’ancien président. Michel Gaudin en particulier, son actuel directeur de cabinet, nous l’a formellement confirmé et ne juge pas du tout crédible que ces bandes aient été des enregistrements de travail comme Patrick Buisson l’a soutenu au cours de la journée du 4 mars par la voix de son avocat.

Deuxième trahison

Plutôt que d’avoir confessé ces enregistrements pirates au moment des révélations du Point et d’avoir prévenu Nicolas Sarkozy du fait que certains n’étaient plus en sa possession, Patrick Buisson n’a retrouvé la mémoire qu’au fur et à mesure de la journée du 4 mars, au terme de laquelle il a fini par reconnaître « de très bonne grâce avoir utilisé un dictaphone » et plus grave, avoir malheureusement laissé traîner certains de ces enregistrements et s’en être, selon lui, fait dérober d’autres par une personne X.
Problème, selon des informations d’Atlantico, Patrick Buisson se serait en fait déjà ému dans le passé auprès de membres de son entourage professionnel du fait que des copies de ces enregistrements puissent être entre les mains d’un de ses familiers avec lequel il se trouve dans un conflit privé violent.
Pendant trois semaines, celui qui dénonçait « un mensonge total et ignominieux » et qui annonçait qu’il portait plainte pour diffamation contre Le Point a tout fait pour convaincre Nicolas Sarkozy et l’ensemble de ses interlocuteurs qu’il ne s’agissait que d’un complot politique.
Bon indicateur de cette volonté de dénégation absolue de l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, les « éléments de langage » très buissonniens repris dans le feuilleton épistolaire de Valeurs Actuelles qui dévoile chaque semaine les dessous de la vie politique. Dans l’article « Une ténébreuse affaire » signée de M. de Rastignac mais dont l’auteur est un proche de Patrick Buisson par ailleurs employé au Figaro sur les pages Figarovox, on lisait ainsi comment l‘entretien entre Nicolas Sarkozy et son ex-conseiller se serait déroulé à la veille des révélations du Point. « Les deux hommes évoquèrent rapidement ce qu’ils appelèrent ce "bruit de vespasiennes" pour s’entretenir ensuite de tout autres sujets. Comme pris en faute, Martial Kropoly (NDLR : Nicolas Sarkozy) expliqua pourquoi il avait choisi de se rendre à la réunion publique d’Eleonore de Conygham (NDLR : Nathalie Kosciusko-Morizet) : "j’ai fait tout cela par amitié" s’excusait-il. » Cerise sur le gâteau des éléments de langage buissonniens, à en croire Valeurs Actuelles, ce ne serait pas Nicolas Sarkozy qui aurait pris ses distances avec son ancienne éminence grise mais Patrick Buisson lui-même : « cette conversation était hantée par l’inquiétude qu’à l’ancien chef de l’Etat de perdre son conseiller. On sentait aussi dans l’atmosphère la lassitude du conseiller, adulé en campagne, oublié entre deux élections. »
Toujours selon « Mr de Rastignac »,  « le lendemain [des révélations du Point], après la parution du funeste écho les deux hommes se sont parlé sur l’étrange cornet. Les cornets furent froids et sévères. La malveillance était parvenue à son but. Le jeudi, alors que Martial Kropoly était parti en voyage au bout du monde, son directeur de cabinet appelait M. de Bièvres (NDLR : Patrick Buisson) pour l’assurer de la confiance et de l’amitié du "président". Mais le conseiller ne dissimulait pas sa colère. "Vous direz à Martial Kropoly, a-t-il répondu, que je suis très choqué de son attitude" »
Selon les informations recueillies par Atlantico auprès de l’entourage de Nicolas Sarkozy, l’échange aurait effectivement été très très froid, l’ancien président ayant, lui, été extrêmement choqué par les révélations du Point.
Trois semaines plus tard, avec l’article du Canard Enchaîné et les bandes d’Atlantico, plus question de dénégation de la part de Patrick Buisson. Après plusieurs versions successives des arguments visant à défendre son client, Me Gilles-William Goldnadel en est venu à affirmer : « C’est bien lui qui a procédé mais il m’a expliqué que cela lui servait de notes. Ce n’était pas une fraude. (…) C’étaient des enregistrements de travail pour préparer les prochaines réunions. D’habitude, il les détruisait. Certaines ne l’ont pas été. Aujourd’hui, on en fait un usage malveillant. Ce n’est pas Patrick Buisson qui les a rendus public. Il n’en a pas fait le moindre usage… Il fera un communiqué pour le dire. Ce n’était pas dans un but pervers ou clandestin. D’ailleurs, il n’était pas le seul à user des enregistrements… » a indiqué l’avocat. Une dernière affirmation que rien n’étaye.
Selon le Point, l’ancien journaliste du périodique d’extrême droite Minute n’en serait pas à son coup d’essai. Patrick Buisson avait été soupçonné d’avoir fait installer des micros dans le bureau d’un des actionnaires du journal.

Troisième trahison

Outre le fait d’avoir enregistré Nicolas Sarkozy à son insu, la loyauté de Patrick Buisson envers l’ancien président est également mise à mal par le contenu même de ces enregistrements pirates. A plusieurs reprises et alors qu’il ne se trouve pas avec le président, Patrick Buisson échange avec d’autres interlocuteurs des propos peu respectueux sur Nicolas Sarkozy et son épouse.
Juste avant la fin de l'enregistrement, Patrick Buisson démontre par ailleurs l’estime dans laquelle il tient Nicolas Sarkozy en soulignant l’influence qu’il a sur le chef de l’Etat, notamment sur les questions d’immigration et d’intégration.
L’ancien journaliste de Minute et actuel président de la chaine Histoire, conclut par un rappel de son ADN politique profond… le royalisme.

Verbatim de l'extrait présenté dans cet article

JEAN-MICHEL GOUDARD : Sans nous, il ne le fait jamais. (NDLR : prendre des décisions)
PATRICK BUISSON : Jamais. Ça c’est sûr. Ça fait quand même trois quatre fois que je reviens à la charge depuis un mois…
JEAN-MICHEL GOUDARD : Ah ouais, ah ouais. Le grand moment, c’est il y a quatre ou cinq jours quand tu balances…
PATRICK BUISSON : … L’immigration.
JEAN-MICHEL GOUDARD : oui.
PATRICK BUISSON : Non mais attends, moi je ne suis pas du genre à subir et à attendre que les autres… Il était temps, il était temps.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Plutôt que de faire se demande Pierre (le sondeur Pierre Giacometti, NDLR), qui n’arrivait à rien… Trois heures pour discuter de la strat’… Là on a joué notre rôle vraiment, dans le style de Nicolas. C’est ce qui se passe dans les 8 jours. D’accord, mais il y a un vrai tournant politique.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Et quelque part on revient aux fondamentaux.
PATRICK BUISSON : Ah bah On revient aux fondamentaux. Pas quelque part. C’est pour ça qu’il ne faut pas qu’il émascule le propos sur les périls. Et l’autre la, le Pierre, dire « oui mais l’intégration »… c’est ça. Au moment où…
JEAN-MICHEL GOUDARD : Il est gentil euh Nicolas… Quand il a discours bouclé, il veut encore rajouter un truc qui rassemble, le rassemblement etc… entre toi et moi… ça n’a rien à foutre là..
PATRICK BUISSON : Mais rien à foutre, et l’intégration non plus. Au moment où il en arrive 500 000 de plus et on n’a pas intégré les six millions qu’on a.
JEAN-MICHEL GOUDARD : c’est un vrai euh…  Giscardien.
PATRICK BUISSON : Oui !
JEAN-MICHEL GOUDARD : c’est pas un gaulliste…ben toi t’es pas gaulliste non plus…t’es comme papa…
PATRICK BUISSON : Nooon…exagère pas …gaulliste c’est …le Général de Gaulle, c’est un général de guerre civile… Il a pas hésité à faire tirer…
JEAN-MICHEL GOUDARD : Mais est-ce que tu te sens gaulliste ? Non… Tu te sens ailleurs…
PATRICK BUISSON : Non c’est pas ma référence si tu veux mais en tout cas c’est un homme d’action et puis c’est un homme de décision.
JEAN-MICHEL GOUDARD : C’est quoi ta référence ?
PATRICK BUISSON : Ma référence ? Profondément ? Moi je suis le fils d’un camelot du roi. Je suis monarchiste, je suis royaliste.
JEAN-MICHEL GOUDARD : Enfin les rois…
PATRICK BUISSON : Oui mais d’accord…mais c’est ma culture, voilà.

Un sondage explosif

Un sondage explosif


Me promenant sur les sites d’actualité d’Internet, je tombe sur une véritable bombe: "Dominique Strauss-Kahn crédité de 56% d’opinions favorables : il s’agit du résultat d’un sondage commandé par Le Parisien magazine pour son édition du week-end du 1er et 2 mars et révélé par France Info mardi. Le sondage réalisé par l’institut BVA teste 14 personnalités politiques en demandant aux sondés si ces dernières étaient capables de faire mieux que François Hollande. Résultat, DSK arrive en tête avec 56%, juste devant Alain Juppé (55%), Nicolas Sarkozy (49%) et Manuel Valls (48%)."D’abord, en toute sincérité, j’ai refusé d’en croire mes yeux. J’ai cru à une erreur, la reprise d’une vieille enquête de 2010… Puis, j’ai compris que ce n’étais pas un gag et j’ai songé à trois hypothèses:
- Un sondage totalement truqué, correspondant, avant une période électorale, à une tentative supplémentaire de brouiller les pistes et d’enfumer l’opinion;
- Un signe de la perte générale des repères intellectuels et moraux du pays, du déclin de l’esprit critique, de la mémoire collective, d’une société décérébrée, prête à accepter tout et n’importe quoi, inexorablement aimantée par la bassesse, le sordide, le sensationnel, le néant du scandale;
-Au contraire une manifestation de l’intelligence populaire,  une gifle à la classe politico-médiatique, un fantastique message de dérision, une réponse au mépris ressenti de la part des élites. Le meilleur, le Roi, c’est lui, c’est DSK, l’homme du Sofitel de New York… Et alors, que dire des autres…
J’hésite entre les trois, mais penche plutôt pour la dernière.

Enregistrements de Sarkozy par Buisson : ce que révèle Le Canard enchaîné


L'hebdomadaire satirique publie ce mercredi le verbatim de l'enregistrement d'une réunion à l'Elysée, réalisé en 2011 à l'aide d'un dictaphone par Patrick Buisson à l'insu de Nicolas Sarkozy.
C'est la bombe politico-médiatique du jour. Le Canard enchaîné et le site internet Atlantico publient mercredi plusieurs extraits d'enregistrements d'échanges entre Nicolas Sarkozy et ses conseillers réalisés à leur insu en 2011 par son conseiller controversé Patrick Buisson. Et voici ce que révèle l'hebdomadaire satirique.
<<<<<< A lire sur le sujet : Sarkoleaks : les trois trahisons de Patrick Buisson>>>>>
Le contexte : 27 février 2011, réunion de travail autour de Nicolas Sarkozy à quelques heures du remaniement qu'il va annoncer. Patrick Buisson, Henri Guaino, le conseiller spécial de l'ex-président, Franck Louvrier, son conseiller en communication, mais aussi le publicitaire Jean-Michel Goudard et le sondeur Pierre Giacometti ont pour objectif de régler les dernières modalités du discours que va faire le président.
Les révélations : Selon Le Canard, le dictaphone de Patrick Buisson tourne et ce à l'insu des protagonistes de la réunion. L'enregistreur retrace dès lors le déroulé de deux heures et demi entre l'arrivée au Palais du conseiller du président et son retour à son domicile. Selon le journal satirique, par exemple, après l'enregistrement de l'allocution dans laquelle il annonce le remaniement, l'ex-président revient: ""On n'a pas entendu ces connards de chiens qui aboyaient" (dans les jardins élyséens)?"
Le Canard poursuit en écrivant : "Buisson spirituel: "Tu parlais des journalistes?" Puis courtisan: 'C'était très bien! Tu avais les bonnes intonations. Tu as bien détaché les phrases importantes. Faut pas y toucher." En clair : le Canard moque le "fayot" Patrick Buisson qui se répand en encouragements et en félicitations auprès du chef de l'Etat.
Lors de cette réunion privée, Nicolas Sarkozy évoque aussi le cas de Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur en passe d'être évincé. "Vous n'avez pas d'états d'âme sur Brice ?" demande-t-il. Réponse de Patrick Buisson : "On en a tous. On aime tous Brice. Le problème est de faire un choix politique." Réplique de Nicolas Sarkozy : "Brice dit que le sentiment d'insécurité a régressé. Toutes les études montrent que ce n'est pas vrai."
Patrick Buisson, à l'origine de la stratégie de droitisation de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle de 2012, poursuit : "En matière d'immigration, Brice est inhibé. Une partie de notre électorat manifeste une certaine impatience". A l'issue de cette réunion, le conseiller du chef de l'Etat s'en prendra aussi aux anciens ministres Roselyne Bachelot, Michèle Alliot-Marie ou Xavier Darcos, qu'il qualifie d''archinuls".
Dans un communiqué transmis mardi soir par son avocat Gilles-William Goldnadel à l'AFP, Patrick Buisson se défend : "En tant qu'intervenant essentiel de ces réunions" il "ne pouvait prendre des notes écrites et utilisait ces enregistrements pour préparer la réunion suivante". Ces derniers "étaient détruits au fur et à mesure sauf manifestement quelques uns qui lui ont été dérobés et dont il est fait présentement un usage extravagant et pervers", affirme-t-il.
A moins d'un mois des élections municipales et alors que les rumeurs d'un retour de Nicolas Sarkozy en politique se font de plus en plus insistantes, ce Sarkoleaks ne devrait pas rester sans conséquences.