TOUT EST DIT

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jeudi 5 avril 2012

François Bayrou, quand la sauce béarnaise ne prend plus

Le candidat du MoDem, "troisième homme" en 2007, peine cette année à mobiliser. Son programme économique, empruntant sur sa gauche comme sur sa droite, a du mal à séduire dans une campagne très clivée. L'homme du Béarn tente de rebondir en proposant des mesures de moralisation de la vie publique.
François Bayrou semble en panne. Le troisième homme de 2007, qui avait recueilli plus de 18% des suffrages au premier tour de l'élection, est cette fois à la peine. Selon la dernière vague du baromètre Ipsos-logica Buisness Consulting pour Le Monde et Radio France et France Television, parue mardi, il recueillerait 10% des suffrages (-1,5 point), faisant de lui le "cinquième homme". L'homme du Béarn, n'est peut-être pas très à l'aise dans une campagne très clivante, où un apparent choc gauche-droite est recherché par les principaux candidats. François Bayrou pâtit certainement de son refus d'une approche aussi binaire. D'ailleurs, son programme économique et social emprunte aux deux principaux camps, selon les thèmes abordés, ce qui peut nuire à son image.

Une politique sociale marquée à droite
Ainsi, sur le terrain social, François Bayrou se situe nettement plus du côté de l'UMP, même s'il attache plus d'importance au dialogue avec les syndicats. Il est pour la remise en cause de la durée légale du travail, préférant que chaque branche négocie sa propre durée conventionnelle. Il milite pour un "contrat de travail unique", avec une "consolidation progressive des droits" qui pourrait être rompu par l'employeur sans avoir à se justifier mais qui donnerait droit à une indemnisation pouvant aller jusqu'à un mois par année d'ancienneté (au lieu du 1/5 légal actuel). Il réfute l'idée d'un retour à un droit à la retraite à 60 ans, préférant, à terme, instituer un régime par points.
Rétablir la progressivité del'impôt sur le revenu
Dans la lutte contre le surendettement de l'Etat, François Bayrou va beaucoup plus loin que Nicolas Sarkozy et François Hollande en se fixant pour objectif que la France "ne dépensera pas un euro de plus dans la sphère publique (Etat, Sécurité sociale, collectivités locales) pendant deux ans qu'elle n'aura dépensé en 2012". C'est le principe de "l'augmentation zéro en valeur". Pour y parvenir, le candidat MoDem rejoint François Hollande dans sa croisade contre les niches fiscales. Certaines devant disparaître, comme l'exonération fiscale sur les heures supplémentaires, les autres seront toutes soumises à un "coup de rabot" pour un montant total de 20 milliards d'euros.
Plutôt proche de François Hollande également, s'agissant de l'impôt sur le revenu. François Bayrou milite pour l'établissement de deux tranches supplémentaires, la tranche marginale actuelle à 41% serait portée à 45%, soit exactement la mesure préconisée par le candidat socialiste, et une tranche "de solidarité", dotée d'un taux marginal de 50%, pour les revenus supérieurs à 250.000 euros... A comparer à la tranche à 75%, pour les revenus supérieurs à 1 million d'euros, préconisée par François Hollande. En revanche, François Bayrou change de bord concernant les impôts indirects puisqu 'il milite pour une augmentation de deux points de la TVA : un point dès 2012 et un autre point au 1er janvier 2014, soit une recette attendue de 20 milliards d'euros au terme de trois années. Mais, attention, ce surplus serait affecté au budget et non à la compensation d'allègements de cotisations sociales patronales comme le préconise Nicolas Sarkozy avec la "TVA sociale".
Un referendum pour moraliser la vie publique
Un coup à droite, un coup à gauche donc, tel le roi Jean II le Bon, conseillé par son fils Philippe le Hardy. Sans doute conscient que ce n'est pas la meilleure façon de faire entendre sa différence en 2012, François Bayrou a dégainé ce mardi un "projet de loi-cadre de moralisation de la vie publique" qu'il souhaite faire, une fois élu président, adopter par référendum, parallèlement au premier tour des élections législatives, le 10 juin. Un texte destiné à faire faire des économie à l'Etat et à éviter les conflits d'intérêt...
François Bayrou propose de limiter le gouvernement à 20 membres ; de fixer le nombre des députés à 400 (au lieu des 577 actuels) dont 300 seraient élus au scrutin majoritaire et 100 au "scrutin de liste proportionnel correctif". Le nombre des sénateurs, lui, ne pourrait pas excéder 250. Pour marquer l'indépendance de la justice, la nomination du ministre de la Justice devrait être préalablement approuvée par un vote de l'Assemblée nationale, à la majorité des trois cinquièmes. Le mandat de député serait incompatible avec tout autre mandat électif.
Dans un autre domaine, pour imposer la parité, seuls les partis ayant présenté autant de femmes que d'hommes aux élections législatives pourront bénéficier du financement public.
Mettre fin aux conflits d'intérêt
Par ailleurs, le financement de la campagne présidentielle reposerait exclusivement sur des fonds publics (10 millions d'euros maximum remboursés aux candidats ayant dépassé les 5% des suffrages). Ce qui signifie que les dons des personnes physiques ou morales seront interdits. D'une façon plus générale, le montant des sommes qu'une personne physique serait autorisée à verser annuellement à un ou des partis serait plafonné à 7.500 euros globalement.
Last but not least, les personnes concourant à l'exécution d'un service public (ministres, élus, hauts fonctionnaires, membres de cabinets ministériels) ont l'obligation de veiller à ne pas se placer dans une situation qui les exposerait à un intérêt privé (par exemple une possession d'actions, directe ou indirecte, d'une entreprise relevant de leur secteur). Ces personnes concernées seront tenues d'adresser à la nouvelle "Autorité de déontologie de la vie publique" une déclaration d'intérêt préalablement à leur entrée en fonction. Cette déclaration sera renouvelée annuellement.
Indéniablement, en se plaçant sur le terrain de la moralisation de la vie publique, François Bayrou a bien joué. Il sait les Français sensibles à ce thème et il va obliger les autres candidats à se prononcer. Mais est-ce suffisant pour se relancer ?

Imprévisible 


C’est une affaire entendue, cette campagne est nulle. Experts, commentateurs et politologues nous le répètent en boucle, les candidats n’ont rien à dire, sinon insultes et mensonges… Et il est vrai que la journée d’hier a charrié son lot de petites phrases se rêvant assassines. Mais elle a également vu François Hollande présenter un programme d’action détaillé. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy nous précisera ses projets. Et tous, de marchés en meetings, loin des questions sur le dernier sondage, ils tentent d’expliquer ce qu’ils veulent faire, pour nous convaincre de voter pour eux… Dans moins de trois semaines, le dimanche 22 avril, nous saurons qui a été le plus convaincant. Mais en attendant ce jour, comme le dirait un grand journal du soir s’essayant à l’humour, la campagne reste « imprévisible » aux experts, commentateurs et politologues. Salauds d’électeurs !

Effet d’image 


La classe politique a rendu hier un hommage dithyrambique et unanime à Richard Descoings, le patron de Sciences Po Paris, décédé à New York dans des conditions inexpliquées. Il n’en a pas toujours été ainsi. Si le panache de Richard Descoings et son charisme n’ont jamais été discutés, il n’en a pas été de même de sa façon de « démocratiser » Sciences Po. La discrimination « positive », à la fois scolaire et financière, qu’il a mise en place pour recruter des lycéens de zones défavorisées a sérieusement écorné le vieux principe républicain de la méritocratie. Au nom de l’égalité des chances, la droite avait vivement combattu les premières conventions signées avec des lycées de banlieue, en 2001 : elles permettent l’accès d’élèves ne remplissant pas les conditions exigées de la part de leurs camarades.
Richard Descoings a fait voter l’année dernière la suppression, lors du concours d’entrée, de l’épreuve de culture générale (à Sciences Po, il fallait oser !), au profit d’un entretien destiné à jauger la personnalité des candidats. Le choix à la tête du client remplace la sélection par les connaissances. Cela rappelle l’allégement continu des programmes d’histoire et de géographie en collège et en lycée, pour mettre fin au « bachotage » et pour favoriser « l’épanouissement » des élèves. Le niveau scolaire et l’ardeur aux études n’en sortent pas grandis…
Qu’importe : c’est dans l’air du temps, et savoir « capter » cet air a sans doute été le plus grand talent de Richard Descoings. Il a magistralement retourné ceux qui doutaient de lui, devenant une star payée 24 000 euros nets par mois, avec des bonus et des avantages (chauffeur, voiture et logement de fonction) qui ne cadrent guère avec l’ouverture de sa grande école vers les banlieues défavorisées.
Manager moderne, constamment en mouvement et chouchou des médias parisiens, Richard Descoings a séduit Nicolas Sarkozy qui lui avait confié en 2009 une étude sur la réforme des lycées. Le directeur de Sciences Po avait alors tracé quelques pistes très générales, mettant l’accent sur l’orientation, les langues vivantes, la voie technologique et le rééquilibrage des bacs. Rien de bien révolutionnaire : dans le monde de l’éducation comme ailleurs, il n’y a ni miracle, ni sauveur suprême. Mais beaucoup d’effets d’annonce… et d’image.

Comme si… 



François Hollande décrit désormais sa première année à l’Élysée. Le candidat socialiste appelle cela sa « feuille de route » : 35 mesures concrètes traduisant en actes une partie de ses 60 engagements.
D’abord une salve de décrets. Ensuite une session extraordinaire du Parlement, au début de l’été. Puis, à partir de l’automne, les grandes lois économiques, sociales, éthiques et la révision constitutionnelle sur la laïcité — donc la délicate affaire du concordat…
On voit l’idée : au-delà des promesses, déjà formulées, Hollande donne un calendrier. Comme tout calendrier, celui-ci propose des images : Hollande sur le perron de l’Élysée, son Premier ministre (Ayrault ? Sapin ? Aubry ?) en conversation avec lui sur le gravier, la ronde des maroquins, le premier conseil des ministres, la photo de famille, les premiers textes au Journal officiel, une chambre rose et verte en juin, un mini-remaniement, les députés mis au travail. Bref, avant même le 1 er tour, faire « comme si » — pour accréditer que c’est presque fait, que c’est presque là.
En face, l’exercice en est l’exact contrepoint. Ce qui doit apparaître naturel, quand on est sortant, c’est la poursuite du travail et la continuité des images. D’où le choix d’abord, d’une série de grands discours de « bilan et perspectives » : Annecy, Marseille, Lille, etc. Puis, ce jeudi, Nicolas Sarkozy présentera son « projet » — c’est le mot choisi — qu’on annonce chiffré et daté. Et qui, surtout, s’enracinera dans la politique du premier quinquennat, la justifiera et l’amplifiera.
Là aussi, on fait « comme si ». Comme si l’alternance était une hypothèse déraisonnable, qui allait casser cet élan vers la France forte. Il y a un locataire à l’Élysée, il y en aura un à Matignon (Borloo ? Copé ? Ou même Bayrou ?), il y a des équipes au travail, elles n’ont pas démérité. Rebondir ? Oui, mais comme pour un triple saut.
Ce n’est pas un hasard si, de part et d’autre, on fait « comme si » au moment où les sondages promettent le premier tour à Sarkozy, le second à Hollande. Le président sortant doit accréditer l’idée que sa silhouette à l’Élysée va de soi, son adversaire celle que la sienne n’y serait pas déplacée.

L'Europe et les Balkans


Il y a un peu plus de vingt ans, l'Europe se réveillait avec « la gueule de bois ». La chute du Mur de Berlin, la fin de la Guerre froide et l'effondrement de l'empire soviétique, loin de lui apporter une ère de paix, de démocratie et de prospérité, ont ramené la guerre dans son « arrière-cour », les Balkans. L'implosion violente de la Yougoslavie a eu un impact dévastateur sur le moral des Européens, alors qu'ils auraient dû célébrer leur unité retrouvée dans la liberté.
Surprise par l'explosion de violence - plus de deux cent mille morts, tous conflits confondus - l'Europe s'est révélée initialement incapable d'y mettre fin à elle seule. Elle venait pourtant, par le Traité de Maastricht, de se doter d'une politique européenne de sécurité et de défense (PESC). Mais le contraste était trop grand entre ses intentions et ses capacités d'alors. Il fallut l'intervention des États-Unis pour imposer une paix fragile en Bosnie et au Kosovo.
Aujourd'hui, pourtant, le sang ne coule plus dans les Balkans. Les touristes sont revenus à Sarajevo. La Croatie, après la Slovaquie qui l'a fait en 2004, s'apprête à rejoindre l'Union européenne en juillet 2013. La Serbie vient d'être acceptée comme un pays candidat. À La Haye, les criminels de guerre répondent de leurs crimes devant le Tribunal spécial créé à cette fin.
En jouant un rôle important dans cette évolution positive, l'Europe a donné un sens à son existence, au moment où tant d'Européens perdaient confiance en elle. S'il y a, aujourd'hui, un peu plus d'Europe sur le plan diplomatique et sur celui de la sécurité, c'est en partie au moins grâce à cet épisode des Balkans.
La chance historique de cette région a été, bien sûr, de bénéficier de la « bonne géographie », c'est à dire de l'environnement régional de l'Union européenne. Cette dernière, contrairement au Proche-Orient si proche, encourage à la paix et à la réconciliation (loin d'être accomplie dans les Balkans) plutôt qu'à la violence. Il y a néanmoins un paradoxe à souligner et une réserve à formuler. L'objectif principal de la construction européenne était de transcender les États-Nations. Dans les Balkans, à l'inverse, l'Union a pour tâche principale d'aider au renforcement sinon à la création d'États-Nations. On ne peut unir que ce qui existe.
Enfin, il faut revenir en conclusion sur le rôle négatif qu'a pu jouer la Grèce. Premier pays des Balkans à devenir membre de l'Union européenne, elle n'a pas ¯ c'est le moins que l'on puisse dire ¯ donné le bon exemple, ni par son comportement interne ni à travers la question de Chypre.
Au début des années 1990, on disait qu'il fallait « européaniser les Balkans pour éviter une balkanisation de l'Europe ». L'éclatement de l'Europe ne s'est pas produit, même s'il existe aujourd'hui une vraie coupure économique et sociale entre l'Europe du Nord, tirée vers le haut par l'Allemagne et l'Europe du Sud, tirée vers le bas par la Grèce. L'Européanisation des Balkans est certes loin d'être complète. Ni la Bosnie ni le Kosovo ne peuvent encore se gérer seuls.
Mais si les problèmes qui hantaient cette région persistent, la contribution de l'Europe s'est révélée être décisive et nous donne des raisons de croire encore et toujours à la construction européenne.

L'impossible équation budgétaire de François Hollande

S'il est élu, le candidat PS promet de faire voter avant juillet son projet fiscal prévoyant 50 milliards de hausse d'impôts.
Désormais, ce sera programme contre programme. Nicolas Sarkozy doit présenter jeudi un récapitulatif des mesures qu'il a annoncées depuis le début de sa campagne. François Hollande a publié, de son côté, le calendrier de son projet et précisé l'ordre des premières décisions qu'il prendrait s'il devait être élu. Symbolique, la première mesure de la feuille de route serait la «réduction de la rémunération du chef de l'État et des membres du gouvernement de 30 %». Au bout de quelques semaines, il s'attachera à «redonner du pouvoir d'achat aux Français» (augmentation de l'allocation de rentrée scolaire de 25 %, blocage des prix du carburant…) et à «combattre les injustices» (droit à la retraite pour les personnes ayant commencé à travailler jeune…). Viendra alors le plat de résistance de son programme: une réforme fiscale d'envergure, qui préemptera tous les sujets. Même si toutes les mesures ne pourront pas entrer en vigueur immédiatement, Hollande veut qu'elles soient toutes votées dès l'été, lors la session extraordinaire du Parlement. Au menu: suppression de niches fiscales, modulation de l'impôt sur les sociétés au bénéfice des PME, relèvement de la taxation des revenus du capital au même niveau que les revenus du travail, surtaxe sur les banques et les sociétés pétrolières, tranche d'impôt à 75 % pour les revenus au-dessus de 1 million d'euros, retour au barème de l'ISF… Ce n'est qu'ensuite, à partir de l'automne 2012, que le projet prévoit de se pencher sur la décentralisation, l'embauche des 60.000 fonctionnaires dans l'éducation nationale, la création de la banque publique d'investissement ou encore la négociation avec les partenaires sociaux sur la réforme des retraites.

«Modèle grec»

Au total, la facture fiscale avoisine les 50 milliards d'euros, que le PS décompose de la manière suivante: 29 milliards d'euros sont nécessaires pour réduire le déficit public à 3 % du PIB en 2013 et 20 milliards d'euros de taxes en plus destinées à financer les nouvelles dépenses prévues au programme. Ce montant n'a pas été remis en question par les instituts de chiffrage indépendants. Ce qui n'empêche pas une furieuse bataille de chiffres entre la droite et la gauche! Dans le camp de Nicolas Sarkozy, on dénonce un matraquage fiscal jamais vu. François Hollande prévoit ainsi de relever le taux de prélèvement obligatoire de 1,8 point sur cinq ans, pour les faire passer à 46,9 % en 2017. Un record historique. Dans le camp PS, on balaie la critique, indiquant que «le débat n'est pas de savoir s'il y aura plus d'impôts, mais de savoir qui les paiera». «Les grandes entreprises et les ménages les plus aisés», répond Michel Sapin, en charge du projet présidentiel.
L'autre critique du côté de l'UMP vient du fait que nombre de mesures présentées mercredi par le candidat socialiste ne figuraient pas dans le projet initial… et ne rentrent donc pas dans l'enveloppe de 20 milliards de dépenses jusqu'à présent avancées par la gauche. Ces nouvelles promesses représentent «entre 28,2 et 39,9 milliards» de plus que prévu, a affirmé mercredi la porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse. Selon elle, le blocage pour trois mois des prix du carburant coûterait notamment 1 milliard d'euros, la réforme de la dépendance 4 milliards, le retour sur la hausse de la taxe sur les mutuelles de santé entre 5,5 et 11 milliards sur cinq ans...
Troisième critique: le PS prévoit des efforts largement insuffisants en matière de dépense publique. «François Hollande a cédé à l'ivresse de la dépense incontrôlée», a ironisé la ministre du Budget, en demandant: «Qui va payer?» Mercredi, le document de François Hollande faisait pourtant état d'un gel d'une partie des dépenses jusqu'à la publication du rapport de la Cour des comptes «pour éviter tout dérapage incontrôlé». Mais pour Valérie Pécresse, le PS «a choisi le modèle grec», celui qui conduira non «pas à l'équilibre en 2017, mais à la faillite en 2015». Le secrétaire général adjoint de l'UMP Hervé Novelli a, lui, considéré que ces mesures constituaient «le signal le plus négatif qui ait été envoyé depuis longtemps à des marchés attentifs et à des agences de notation aux aguets».
Côté Hollande, on parle aussi des «impôts cachés» et des «réductions de dépenses cachées» que prévoit le projet de Nicolas Sarkozy. Michel Sapin l'accuse de préparer un «saccage» de l'assurance-maladie et des services publics en annonçant 70 milliards de dépenses en moins sur le quinquennat. La Fondation Terra Nova, proche du PS, a reproché au candidat UMP de prévoir le «plus important plan de rigueur en France depuis 1945».

Des partenaires sociaux actifs

Si François Hollande est élu le 6 mai, syndicats et patronat  ne vont pas chômer. Dès sa prise de fonction, le candidat socialiste prévoit de les consulter, via  les conseils d'administration de la Cnaf et de la Cnav, sur la hausse de 25 % de l'allocation de rentrée scolaire et le droit de partir à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans  et ayant cotisé 41 annuités, deux mesures arrêtées par décret. Il prévoit d'engager une concertation sur la mise en place d'une caution solidaire afin de permettre aux jeunes d'accéder  à la location. Mais le gros du travail des partenaires sociaux aura lieu mi-juillet, lors de «la conférence nationale pour la croissance  et l'emploi». Objectif? Lancer  les chantiers sociaux des cinq ans à venir en matière d'emploi et  de formation (emploi des jeunes et des seniors, licenciements boursiers, sécurisation des parcours, lutte contre la précarité, égalité professionnelle), de politique salariale (smic)… Les 100.000 premiers emplois d'avenir et le contrat de génération ne seront créés qu'après la rentrée. Tout comme le lancement de  la négociation sur une «réforme globale des retraites» (âge  de départ, pénibilité, financement durable…) qui doit intervenir avant la fin de la première année de mandat de François Hollande.

La «lettre aux Français» de Sarkozy

Ce sera la première conférence de presse du candidat Sarkozy. Un «show» qui doit réveiller cette fin de campagne anesthésiée par l'équilibre des temps de parole. Le président sortant veut nourrir à nouveau le débat, afficher sa maîtrise des dossiers, et défendre la cohérence de son projet. D'autres événements suivront, comme le rassemblement à ciel ouvert, place de la Concorde, le 15 avril - la mobilisation a été lancée dans toutes les fédérations, confirme-t-on à l'UMP. Mais jeudi, Nicolas Sarkozy veut montrer que les propositions faites avant son entrée en campagne, en tant que «président des crises», sont complètes et amplifient celles qu'il a égrenées depuis, en tant que «candidat du peuple». Le candidat de la «France forte» voudra souligner la «solidité» et le «sérieux» d'un projet qui tente de «réconcilier la France du oui et la France du non», selon sa formule.
Il présentera donc une «lettre aux Français», qui insistera davantage sur la philosophie de son projet que sur les mesures concrètes. Le président sortant l'a dit et redit depuis le début de la campagne, il ne veut pas que ce document ferme le ban des propositions possibles. Après la «Lettre à tous les Français» de François Mitterrand en 1988, Nicolas Sarkozy publie donc, lui aussi, «un écrit», à tonalité plus solennelle que personnelle. Il le fait après une campagne très différente de celle de son lointain prédécesseur à l'Élysée, qui était, à l'époque, le grand favori des sondages. Cette lettre devrait être accompagnée d'un deuxième document qui fera l'inventaire de la quasi-intégralité des propositions du candidat-président, depuis la TVA sociale, annoncée le 31 décembre, jusqu'au non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux dans les grosses collectivités territoriales, annoncé ce mardi.

«Traits de crédibilité»

Nicolas Sarkozy reprendra en partie l'esprit du discours devant les jeunes, samedi dernier, «qui n'a pas passé la rampe», reconnaît-on au QG de campagne. Il soulignera que son projet est aussi un appel à l'effort collectif, condition de «l'espoir» et du retour de la «confiance». Il insistera sur la nécessité de poursuivre cet effort, et non de l'interrompre, «comme veut le faire le candidat du Parti socialiste, qui propose plus de dépenses publiques et plus d'impôts, dès la première année», souligne son directeur de campagne, Guillaume Lambert.
Certes, rien dans le projet de Nicolas Sarkozy ne va aussi loin que l'Agenda 2010 décidé par l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder en 2003. Ni «travailler plus en gagnant moins», qui fut la condition du retour de la compétitivité allemande, ni diminution drastique des indemnités chômage - même si la réforme de la formation professionnelle que Sarkozy veut soumettre au référendum y ressemble un peu. Mais le président estime qu'il va aussi loin que possible dans cette direction, dans un contexte économique beaucoup plus fragile.
Depuis le début de la campagne, c'est sur la crédibilité de son projet que Nicolas Sarkozy veut être jugé face au favori, François Hollande. Il sait que les «traits de crédibilité» jouent désormais en sa faveur dans les sondages qualitatifs. «Le mois de mars a été très bon pour Sarkozy de ce point de vue», estime son entourage. «C'est la première fois qu'il est jugé mieux placé qu'Hollande pour incarner l'unité nationale», note un sondeur proche du chef de l'État, qui y voit la marque de «l'effet Toulouse». Un «effet» qui «a contribué à démoder l'antisarkozysme ambiant», estime-t-il, notamment «chez les 15 % de gens qui refusent encore de se prononcer pour le second tour».
Le moment est donc venu d'accuser encore le contraste entre le projet Hollande et le projet Sarkozy. La publication longtemps attendue du document de campagne du président-candidat est censée y contribuer. Pas au point non plus de bouleverser la donne. «Ce sera peut-être un événement pour la presse, mais pas pour les Français. Désormais, pour eux, l'événement, ce sera le duel du deuxième tour», nuance un conseiller. Car tout le suspense tient dans cette guerre des stratégies: «Soit Hollande réussit à jouer de l'antisarkozysme jusqu'au bout, et nous sommes cuits, soit ça se transforme en duel, et là il est perdu», résume un proche du président.

La montée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages

La remarquable percée de Jean-Luc Mélenchon bouleverse la donne, non pas seulement pour le premier tour de la présidentielle, mais surtout pour le second, et, plus encore, pour les législatives.
Notons d’abord que cette remarquable percée tient à trois facteurs. Le premier est évidemment l’excellente campagne de l’archéo-marxiste : ses qualités de tribun, appuyées sur le toujours efficace appareil militant (payé par nos impôts !) du Parti communiste, font merveille. Le deuxième facteur est extrinsèque : il tient à la fadeur de la campagne de François Hollande. Ce dernier est tellement focalisé sur son objectif d’apparaître au-dessus des partis, pour réussir au second tour, qu’il abandonne tout le champ du débat strictement partisan, laissant les électeurs de gauche en déshérence. Enfin, le score annoncé de Mélenchon tient aussi au fait que les sondeurs, les médias, et tout le « microcosme », préfèrent voir Mélenchon que Marine Le Pen en « troisième homme ».

À ce propos, avez-vous remarqué que, chaque fois que Marine Le Pen passe à la télévision, on lui oppose un économiste pour démonter point par point son programme, tandis que le programme complément délirant du Front de gauche ne fait jamais l’objet de la moindre critique ?
Toute la question, pour le deuxième tour, réside dans le report des voix.

Or, plus le score de Mélenchon est haut et plus le report des voix se fera difficilement sur Hollande. Inversement, plus le score de Marine Le Pen est bas et plus le report des voix se fera correctement pour Nicolas Sarkozy. Car ces deux candidats disposent chacun d’un bloc d’électeurs fidèles, auquel s’ajoutent les électeurs « protestataires » qui voteront pour le mieux placé des candidats « anti-système » – et se reporteront donc difficilement sur Hollande ou sur Sarkozy.

Mais le pire est à venir pour le PS. Les Verts, avec qui il avait établi une alliance prioritaire (pensant en avoir fini avec le PC), ont négocié 60 circonscriptions, alors qu’Éva Joly plafonne à 2 % d’intentions de vote, loin derrière Mélenchon. Or, ces circonscriptions sont souvent détenues par des députés communistes. Il est évident qu’avec un Mélenchon à 12 %, le PC réclamera non seulement « ses » circonscriptions, mais aussi quelques autres. Les négociations s’annoncent rudes après le 22 avril.

Et un scénario se profile, qui n’est plus impossible (si Hollande est battu le 6 mai et que Mélenchon dépasse 12 % le 22 avril) : l’implosion du PS et la recomposition de la gauche…

L’année dernière, Chirac avait déclaré vouloir voter pour Hollande ! Bernadette Chirac a bien repris la main…

Le suicide d'un retraité dans les rues d'Athènes bouleverse la Grèce

Le suicide d'un septuagénaire qui s'est tiré une balle dans la tête en pleine rue d'Athènes a suscité l'émoi des Grecs, qui ont spontanément manifesté sur les lieux du drame et fait réagir l'ensemble de la classe politique face à une manifestation du "désespoir" amené par la crise.
Le pharmacien à la retraite âgé de 77 ans a mis fin à ses jours à quelques mètres du Parlement grec, sur une pelouse de la place Syntagma, théâtre depuis deux ans des manifestations contre l'austérité draconienne imposée au pays.

Une lettre manuscrite a été découverte dans une des poches de la victime, a indiqué la police, qui a refusé d'en dévoiler le contenu. Selon les diverses versions avancées par les médias, il y accusait le gouvernement de l'avoir privé de ressources, l'assimilant à l'exécutif mis en place par les occupants nazis en 1941. Le retraité était par ailleurs atteint d'un cancer du pancréas, selon une source policière.
Mobilisées via les réseaux sociaux, environ un millier de personnes a afflué sur les lieux du drame en début de soirée. Au pied d'un cyprès, elles ont déposé des bouquets de marguerites ou d'anémones, des cierges et des dizaines de messages manuscrits appelant notamment "au soulèvement du peuple". "Soulevez-vous, son sort sera le sort de nous tous", "Que cette mort soit la dernière de citoyens innocents. J'espère que les prochaines victimes seront les politiciens traîtres", pouvait-on lire sur ces notes.
La plupart des manifestants, silencieux et émus, refusaient de parler aux médias mais certains scandaient le mot "Assassins". La police a bouclé l'avenue longeant le Parlement. Le drame est intervenu peu avant 9 heures locales (8 heures à Paris), à l'heure de l'ouverture des bureaux et commerces.
"Il est tragique qu'un de nos concitoyens ait mis fin à ses jours. Dans ces moments difficiles pour notre société, gouvernement et citoyens, nous devons soutenir les gens qui se trouvent dans la détresse", a indiqué le premier ministre, Lucas Papadémos, dans un communiqué.
Le porte-parole du gouvernement, Pantélis Kapsis, a souligné que "les circonstances précises" de cette "tragédie humaine" n'étaient pas encore connues. Selon les médias, plusieurs témoins ont entendu l'homme crier qu'il ne voulait pas léguer de dettes à ses enfants, sans que la police ne confirme ce récit.
AUGMENTATION DES SUICIDES
Plusieurs études ont rendu compte ces derniers mois d'une augmentation des dépressions et suicides en Grèce, où la crise économique et sociale a fait bondir le taux de chômage, chuter salaires et retraites, paupérisant des pans entiers de la population. A l'image de ses voisins du Sud, la Grèce affiche toutefois un taux de suicide beaucoup plus bas que les pays du nord de l'Europe.
Alors que des élections législatives anticipées sont attendues début mai dans le pays, ce drame a fait réagir l'ensemble de la classe politique, qui y voit le signe du "désespoir" et de "la dépression" de la population grecque. "Je suis ébranlé, malheureusement ce n'est pas la première victime, nous avons un taux record de suicides. Il faut faire sortir les Grecs du désespoir", a déclaré Antonis Samaras, chef de Nouvelle Démocratie (conservateur), en tête dans les sondages.
"RÉFLÉCHIR À LA SITUATION DU PAYS"
De son côté, le Parti communiste a appelé "les coupables et les responsables du désespoir du peuple grec à se taire devant les résultats abominables de la crise capitaliste".
Plus mesuré, Evangélos Vénizélos, chef des socialistes du Pasok, parti majoritaire dans le gouvernement de coalition et artisan du deuxième prêt international accordé récemment au pays, a estimé que "les commentaires politiques n'ont pas leur place après cet incident choquant", ajoutant : "Il faut réfléchir à la situation du pays et faire preuve de solidarité et de cohésion."
En Italie, également sous le coup d'une sévère cure d'austérité, un maçon poursuivi pour fraude fiscale à Bologne et un Marocain de Vérone qui n'était plus payé depuis des mois se sont immolés par le feu la semaine dernière.

Heureusement, il nous reste le strudel

Après la chute du communisme, Prague, Varsovie, Budapest puis Bratislava se sont unis dans le groupe dit de Visegrád. Objectif : recréer l’esprit qui les unissait au Moyen-Age pour intégrer l’Ouest et peser politiquement. Mais aujourd’hui, elle semble suivre des chemins de plus en plus séparés. 

Réfléchissant à ce qui peut bien unir aujourd’hui la République tchèque, la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie, une seule idée m’est venue en tête, en forçant un peu le trait : quelques couches de pâte feuilletée parfumée, enrobées de pommes, de cannelle et de raisins secs. C’est l’un des secrets des grands-mères de Prague, de Bratislava, de Cracovie et de Pest.
Rares aujourd’hui sont les personnes capables d’indiquer sur une carte le lieu exact [Visegrád, en Hongrie] où se sont rencontrés, en 1335, les rois de Pologne, de Bohême et de Hongrie. Il y a 21 ans, le Groupe de Visegrád [qui réunit la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie] était constitué en grande pompe.

Difficile de leur trouver un dénominateur commun

Ses Etats membres partageaient un passé, une orientation pro-Europe occidentale et une aspiration à un sentiment de sécurité garanti par une appartenance à l’OTAN.
Si les quatre pays ont depuis adhéré aux structures occidentales, il semble, avec le temps, toujours plus difficile de leur trouver un dénominateur commun.
De nombreuses entreprises supranationales ne font plus de différences entre l‘Ouest et l‘Est de l’Europe. Il arrive ainsi parfois que Prague se trouve soumise à Londres ou qu’Istanbul prenne le contrôle de Budapest. Les banques ont installé leurs sièges régionaux à Vienne.
La Pologne prétend, de droit, égaler politiquement la France en termes de taille et d’importance. Chez nous [en République tchèque], on lorgne plutôt outre-Manche.
Quant au rêve [slovaque] d’une "nouvelle Suisse", il s’évanouit, entre autres raisons parce que dans les forêts profondes des Alpes vous ne courez pas le risque de tomber sur les traces d’un Gorille [scandale politique récent de grande ampleur].
Les difficultés que rencontre aujourd’hui l’économie hongroise ne portent pas vraiment les investisseurs à l’optimisme en ce qui concerne les marchés financiers des pays voisins.

Les enfants tchèques ne comprennent plus le slovaque

L’identité centre-européenne se dilue de plus en plus dans le fameux creuset de la culture globalisée. Les nostalgiques du passé, du temps où l’allemand constituait la lingua franca régionale, sont obligés de constater qu’aujourd’hui, dans les stations de ski autrichiennes, Hongrois et Slovaques commandent "two small beers".
Désormais, les enfants tchèques ne comprennent plus le slovaque, la langue ayant déserté les médias [tchèques]. Et vous [lecteurs tchèques], quand précisément êtes-vous allé voir le dernier film polonais ou hongrois sorti sur les écrans ?
La rencontre des trois rois à Visegrád, en 1335, avait notamment pour visée la création d’une coalition anti-Habsbourg. L’actuel Groupe de Visegrád euroaméricain n’a pas d’ennemi commun. Qu’il vienne discrètement à disparaître, personne ne le remarquera. Reste seulement à espérer que le strudel, au moins, saura survivre aux épreuves du temps.

mercredi 4 avril 2012

PRONOSTICS

6 MAI : HOLLANDE = LA FRANCE PASSE EN B
 6 MAI : SARKOZY = LA FRANCE RESTE EN A+

PAS PLUS COMPLIQUÉ QUE ÇA L'ÉCONOMIE.

QUAND ON VOUS DIT QU'ILS PÈTENT  LES PLOMBS !!!

La fin de l'euro dessinée par un garçon de 10 ans

Un schéma avec une pizza et un petit bonhomme suffit, selon un jeune Néerlandais, pour imaginer la fin de la monnaie unique. Il a séduit le jury du prix Wolfson, qui récompensera le meilleur projet organisant un effondrement de l'euro.

Organiser la sortie de la Grèce de la zone euro, un jeu d'enfant? Presque, à en croire le jeune Hurre Hermans, 10 ans. Ce garçon néerlandais a participé à un concours pour économistes, le prix Wolfson, et s'est vu attribuer mardi un prix honorifique de 100 livres sterling (120 euros) par le jury. Lancé par le riche conservateur britannique lord Simon Wolfson, le prix vise à récompenser l'économiste qui proposera la moins douloureuse des solutions pour en finir avec l'euro. Le vrai vainqueur sera désigné le 5 juillet.
Le très jeune économiste en herbe estime pour sa part que la Grèce doit sortir de l'euro. Mais comment faire? Il l'explique dans un schéma assorti d'une pizza, d'une machine à échanger drachmes contre euros, et d'un bonhomme visiblement malheureux. Plus concrètement, Hurre Hermans propose que les Grecs rendent tous leurs euros à leurs banques. Celles-ci leur donnent en échange des drachmes, l'ancienne monnaie grecque. Les récalcitrants, s'ils sont découverts, se voient infliger une amende s'élevant au double de la somme qu'ils ne veulent pas rendre à leur établissement. Avec les montagnes d'euros récoltés par les banques, l'État grec rembourse les créanciers qui lui ont permis d'accumuler sa dette colossale.

250.000 livres à gagner

Les organisateurs du prix Wolfson ont tenu à féliciter la fraîcheur du raisonnement du garçon lors de l'annonce des cinq finalistes retenus. L'affaire est sérieuse: le vainqueur remportera 250.000 livres (301.000 euros). Il s'agit de la plus grosse récompense financière offerte aux économistes après le prix Nobel, soulignent les organisateurs. Bien que lancé en 2011, le prix est d'actualité, car «malheureusement, le risque qu'un pays doive quitter la zone euro plane toujours», a déclaré lord Simon Wolfson, le riche inventeur du prix, mardi.
Parmi les cinq candidatures retenues, des investisseurs, des banquiers et des économistes. Roger Bootle, de Capital Economics, a travaillé sur la manière de rendre le moins douloureux possible la chute des salaires réels au sein d'un pays qui serait obligé de sortir de l'euro. Catherine Dobbs, pour sa part, propose de faire disparaître l'euro «par une solution originale et élégante», a estimé le jury. Elle aurait trouvé une solution pour décourager la fuite des investisseurs effrayés par l'effondrement de la monnaie unique. Certains des nominés se sont penchés sur les questions plus juridiques liées aux dettes libellées en euros, d'autres encore sur les raisons économiques profondes qui motivent la sortie d'un pays de la monnaie unique.

Le directeur de l'Institut d'études politiques (IEP) Sciences PO- Paris Richard Descoings est décédé mardi à New York.
Dont acte et condoléances à sa famille.

Richard Descoings se trouvait à New York pour une conférence de présidents d’université organisée sous l’égide des Nations unies. Il ne s’est pas présenté mardi matin à l’ouverture de la conférence, et se collègues inquiets ont fait ouvrir sa chambre  à l’intérieur, ils ont découvert le corps du haut fonctionnaire, nu et la chambre en désordre.
 On n’a vraiment pas de chance avec les chambres d’hôtel à New-York en ce moment.

Une source policière a tout d’abord parlé de circonstances « suspectes »  et il faut dire qu’après le numéro de DSK, les policiers new-yorkais doivent être sur la défensive.

Personnellement j’aurais attendu pour donner mon avis mais nous sommes en période électorale et le corps n’avait pas encore eut le temps de refroidir que Laurent WAUQUIEZ  allait faire de la retape à Sciences PO et que Nicolas SARKOZY, JUPPÉ et autres  rendaient hommage à ce grand serviteur de l’Etat.

Il fallait occuper le terrain avant que les apôtres de la pensée unique de la repentance de et de la démocratie s’en emparent, car ce grand serviteur de l’état était le promoteur de la discrimination positive et avait réussi en quelques années la transmutation de Sciences Po en Science Peau.

L’inflation, la dette et les réformes nécessaires

La dette remplace au­jourd’hui l’inflation. Un rappel historique permet de le comprendre.
Le règne de l’inflation en Europe a duré plus de 25 siècles :


– En 630 av. J.-C., Ardys, roi de Lydie, a mis en circulation les premières pièces de monnaie connues en Occident, qui contenaient de l’or et de l’argent, provenant du Pactole, le fameux fleuve coulant en Lydie.

– C’est de 560 av. J.-C. que date la première inflation connue des archéologues. Ils ont, en effet, analysé des pièces découvertes à Éphèse, dans le temple d’Artémis, la déesse de la chasse. Pièces offertes par Crésus, le petit-fils d’Ardys, et identiques aux pièces déjà fabriquées, mais contenant moins d’or…
– Et, pendant plus de 2 600 ans, pratiquement tous les gouvernements ont utilisé l’inflation pour financer leurs dépenses excessives. Ils se sont bien évidemment attribué le monopole de la création monétaire, punissant de la peine capitale les faux-monnayeurs.
– En 1715, pour éponger les dettes héritées de Louis XIV, le Régent fait appel au « financier » John Law. Celui-ci met en circulation des billets en papier. Ainsi est née, en Europe, la monnaie dite « fiduciaire ».
La porte est alors ouverte à tous les excès. Et, depuis, des gouvernements succombent sans arrêt à la tentation et font « marcher la planche à billets ». Mais le peuple n’aime pas les désordres monétaires et des troubles so­ciaux, parfois très graves, apparaissent presque toujours.
– Le 4 janvier 1973, pour s’opposer à l’inflation, les pays européens retirent aux gouvernements le monopole de la création monétaire et le transfèrent à leur banque centrale. Avec une consigne très précise pour la banque de France : aligner l’inflation française sur l’inflation allemande.
Le règne de l’inflation s’achève, celui de la dette commence.

Car, depuis 1973, aucun gouvernement français n’a modifié son comportement.
Chaque gouvernement continue à vouloir plaire à ses électeurs, en leur donnant de l’argent d’une façon ou d’une autre, sans pour autant augmenter les impôts. Ils empruntent donc de l’argent.
En 1977, La dette de la France n’est encore que de 70 milliards d’euros. En 1991, elle atteint déjà 400 milliards d’euros. En 1999, elle monte à 800 mil­liards. En 2012, enfin, elle dépasse le chiffre faramineux de 1 700 milliards…
Cette situation catastrophique devient insupportable.

Comment sortir de la dette ?


Les responsables français semblent ignorer que nos entreprises sont maintenant soumises à la concurrence de toutes les entreprises étrangères.

Il faut donc modifier nos lois en tenant compte de cette réalité incontournable et en respectant une chronologie. Il faut d’abord relancer l’économie, puis rembourser la dette.

Huit réformes nous semblent nécessaires :

1) Il faut modifier la parité fixe liant entre elles les anciennes monnaies européennes. Elles ne correspondent plus à la réalité économique. On peut le faire, soit en revenant aux monnaies nationales et en laissant le marché déterminer la valeur relative des monnaies ; soit en conservant l’euro. Une dévaluation d’au moins 16 % semble nécessaire. Nos entreprises redeviendront alors compétitives.
2) Il faut supprimer la progressivité de l’impôt sur le revenu.
3) Il faut supprimer l’impôt sur la fortune (l’ISF).
4) Il faut supprimer tous les impôts touchant les entreprises (en imitant la Suède).
5) On peut alors, au besoin, augmenter la TVA, sans diminuer le pouvoir d’achat des consommateurs. Car la TVA impose les produits venant de l’étranger et la concurrence pousse les entreprises à abaisser leurs prix. Ici, il faut imiter l’Allemagne.
6) Il faut simplifier radicalement la fiscalité française en n’ajoutant plus une nouvelle loi aux anciennes lois, mais en les remplaçant. Il faut imiter l’Italie.
La France deviendra ainsi un paradis fiscal attirant les entreprises et les riches, et imitant le Luxembourg ou Monaco.
Ensuite, quand la reprise économique sera là, on mettra en place les mesures s’opposant à la dette. Sinon, le chômage ne peut qu’augmenter.
7) Il faut rembourser la dette, en augmentant au besoin la TVA, durant quelques années.
8) Il faut cesser de dépenser plus qu’on ne gagne. Surtout en réduisant les dépenses.
Il faut, sans hésiter, copier ce qui réussit ailleurs.

Libération : les journalistes avouent être « inféodés » au PS

Les ficelles de la manipulation à la Pravda du parti socialiste et de François Hollande sont tellement grosses qu’elles mettent même les journalistes de Libération mal à l’aise. Ils ont publié un communiqué pour dénoncer la ligne éditoriale d’un journal « inféodé » au parti socialiste.

VÉRITABLEMENT AHURI,  HOLLANDE.
Le communiqué du personnel de la société du personnel de Libération dénonce « un traitement éditorial partisan en matière politique, qui semble inféoder le journal au PS ». Ah bon ? Mais ce n’est pas tout, les salariés du journal regrettent également les « unes racoleuses qui tantôt défigurent Libération, tantôt vont à l’encontre des valeurs qui ont toujours été les siennes ».
En clair, même les journalistes de Libé sont mal à l’aise du rôle d’organe de presse officieux que joue leur journal dans l’organigramme politique de François Hollande et réclament à corps et à cris un peu plus d’indépendance par rapport aux donneurs d’ordres de la rue Solférino.
Un coup de gueule qui vise notamment le directeur de la publication du journal, Nicolas Demorand, manifestement fortement contesté en interne. « Un an après l’arrivée de Nicolas Demorand, la greffe n’a pas pris », constatent d’ailleurs les salariés de Libération qui ironisent sur des  »pseudos évènements basés sur des interviews et non sur des enquêtes, ou la mise à l’écart de thèmes comme le « social, l’environnement, l’immigration ».
Mais que François Hollande se rassure. Si Libération entre en rébellion, le parti socialiste pourra quand même compter sur le soutien sans faille du Monde, du Nouvel Observateur, de Mediapart, de l’ensemble du service public et de la quasi-totalité des « intellectuels » parisiens.

« Dérobeurs » 

Y aura-t-il, avant le premier tour de la présidentielle, un débat télévisé à dix ? La question agite les esprits, les médias et les partis.
France 2, chaîne publique, tente de l’organiser pour le 16 avril. L’émission existe déjà : « Mots croisés ». Mais il risque bien de rester quelques cases blanches dans la grille ce soir-là : les « grands » candidats ne sont pas chauds pour débattre avec les « moyens » et les « petits ».
François Bayrou s’en offusque. Le candidat centriste estime qu’un tel débat doit avoir lieu. Avec les dix candidats eux-mêmes, pas avec des seconds couteaux.
Fâché du refus de Sarkozy et de Hollande, l’agrégé de Lettres les a traités de « dérobeurs », choisissant au passage un mot désuet, qui sent bien son Littré, mais reste clair et sévère.
Ces « dérobeurs » — on le sent bien — pensent que le vrai débat télévisé est celui du second tour. À deux, dans la « cour des grands ». Leurs équipes jugent qu’ils ont plus à perdre qu’à gagner à s’aligner sur l’écran avec d’autres candidats qui, sauf surprise, ne le seront plus le 23 avril. On peut juger cette attitude fuyante. Elle est surtout tactique.
À la vérité, ce débat à dix manquera-t-il beaucoup à la campagne pour éclairer l’électeur ? Les règles strictes (et complexes) qu’impose le Conseil supérieur de l’audiovisuel aux chaînes assurent déjà une présence équilibrée des dix candidats sur les écrans. La presse écrite et Internet offrent à chaque électeur la possibilité de suivre le grand débat continu de la campagne et d’approfondir les programmes, les postures et les biographies. S’il le veut, quand il le veut.
De fait, c’est bien plus au spectacle qu’à la démocratie que vont manquer les « dérobeurs ». Cette pièce de théâtre télévisée, avec ses deux premiers rôles tenus par des doublures, fera un peu moins d’audience. Mais tant mieux si elle révèle des talents jusqu’ici méconnus.

REFUGE POUR LES ALCOOLOS COMMUNISTES 

La cote de confiance de Sarkozy en hausse de 6 pts, selon Ifop

Nicolas Sarkozy gagne six points de confiance en un mois en tant que chef de l'Etat à 42%, selon le tableau de bord Ifop/Paris-Match diffusé mardi.
Le président-candidat n'avait pas atteint un tel niveau depuis deux ans, souligne l'institut de sondage.
Dans le même temps, le pourcentage des personnes interrogées désapprouvant son action baisse de six points, passant de 64% à 58%.

Cette amélioration de la cote du président de la République se double d'indicateurs plus favorables à Nicolas Sarkozy s'agissant des traits d'image comparés des deux principaux candidats à l'élection présidentielle.
François Hollande subit en effet une baisse sur l'ensemble des caractéristiques testées, au profit du candidat sortant qui redresse légèrement son image.
En effet, 47% des personnes interrogées considèrent que le candidat socialiste est le plus capable de mener une bonne politique sociale (-4), contre 20% pour Nicolas Sarkozy (+3), et 41% (-4) qu'il est le plus sensible aux préoccupations des Français, contre 20% pour le président sortant (+3).
Nicolas Sarkozy demeure perçu comme le candidat le plus à même d'incarner la fonction présidentielle.
Il est notamment jugé par 47% des personnes interrogées comme celui ayant le plus l'étoffe d'un président de la République (+5), contre seulement 22% pour François Hollande (-4).
En outre, 43% des Français considèrent Nicolas Sarkozy comme le plus capable de mener une politique efficace contre l'insécurité, soit une hausse de 4 points. François Hollande n'est crédité que de 20% en la matière.
Ce sondage a été réalisé du 29 au 30 mars auprès d'un échantillon de 1.004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Faut-il rire de la suffisance et de la bigoterie antiraciste d’Audrey Pulvar, ou bien faut-il s’en inquiéter ? Son attaque contre l’humoriste, le Conte de Bouderbala, samedi soir, dans l’émission de Laurent Ruquier, illustre à merveille le sectarisme et la volonté de contrôler la liberté de pensé et de parole d’une certaine gauche donneuse de leçon. Si Hollande est élu, l’humour et la dérision ne seront pas les bienvenus…

La mulâtre tente de faire du foin chez Ruquier, elle va finir sur la paille.
« J’ai été profondément choquée par le sketch sur les Roms », voilà comment Audrey Pulvar, représentante officieuse de François Hollande sur le service public (signez ici la pétition pour que cette militante ne soit plus payée à faire la campagne socialiste avec nos impôts), a entamé son interview du conte de Bouderbala, un comique  qui a osé faire un sketch sur les Roms, alors que tout le monde sait qu’il « y a des sujets interdits« .
Mais interdits par qui madame Pulvar ? Par la censure et l’inquisition bien pensante ? Par les élites parisiennes? Par les équipes de France Inter ? Par les intellos et les journalistes du PS ?
Au moins, jusqu’en mai, nous sommes dans un pays où il n’est pas de sujets « interdits », où l’on  parler (et rire) de tout. N’en déplaise à madame Montebourg/Pulvar, les Français ont toujours refusé et refuseront toujours qu’on leur interdise d’aborder des « sujets ». Au nom de quoi cette femme décide de quoi on peut parler et quels sont les « sujets interdits » ?
Ce qui ressort de la pathétique prestation de la propagandiste PS (tout le monde était gêné sur le plateau, le bobo Ruquier lui-même sentait la bêtise et la suffisance de l’intello en mini jupe), c’est son mépris flagrant envers les Français. D’ailleurs, elle trouve très bien que l’humoriste se « moque de la France ». Pour elle, ce peuple attardé de beaufs racistes n’est pas assez évolué pour comprendre l’humour. « Est-ce que les gens rient ? Oui, mais c’est ça le problème. Vous faites rire les gens sur des thèmes assez inquiétants », assène l’inquisitrice, qui sous-entend que les spectateurs ne sont pas capables de faire la part des choses.
« Les gens rient en ce disant : quand même, il faut dire ce qui est », insiste-t-elle, car elle sait , bien sûr, ce que pensent les gens. C’est pour cela qu’elle compte leur imposer une vision plus juste et belle, sa vision ! Si nous sommes tous obligés de penser et de parler comme Audrey Pulvar, la France deviendra un beau pays.
Le juge moral fini par donner son verdict : « je dis que c’est irresponsable ». Boum, la sanction est tombée. Le condamné est frappé du sceau de l’infamie ! Merci Audrey. Du haut de ses certitudes, Audrey Pulvar admet qu’elle a pris le sketch du comédien « totalement au premier degré ». Et comme elle représente l’intelligence et la finesse suprêmes, il est évident que tout le monde aura pris le sketch au premier degré, comme elle. Comment peut-on avoir une si forte image de soi-même ?
Enfin, la militante pro Hollande nous ressort les banalités fatigantes de la pensée unique : « on peut lire leur littérature », dit-elle pour souligner comme elle est cultivée et ouverte d’esprit sur les autres cultures, mêmes si cela n’a aucun sens de dire cela à un comique qui aurait bien du mal à faire rire ses salles en citant les classiques de la littérature Rom. « Il y a une libération du préjugé », conclue-t-elle. Le problème, c’est que cela fait 30 ans que la gauche nous rabâche le même discours, essaye de culpabiliser le petit peuple avec ses préjugés. Cette phrase n’a déjà aucun sens en soi. Au bout de trente ans, elle devient complétement grotesque. Elle est bien longue cette libération… Bien sûr, quand Pulvar sera ministre et limitera le droit de s’exprimer, les préjugés n’existeront plus.
Peut-on rire de tout ? Bien sûr, à condition de demander aux autorités compétentes (Pulvar et le PS), un certificat de bonne moralité

Comte BouderBala Vs Polony & Pulvar [Fun]... par peanutsie

UN GRAND MALAISE À "LIBÉ" SELON "LE MONDE"

"Un an après l'arrivée de Nicolas Demorand, la greffe n'a pas pris." Le constat, dressé par l'assemblée générale des équipes du journal Libération lundi 2 avril, est amer pour la direction. Dans un communiqué accessible en ligne, le personnel du quotidien évoque un "grand malaise" régnant dans la rédaction et qui "tient d'abord au sentiment d'être dépossédés du journal".


Les récriminations sont nombreuses : "des unes raccoleuses", "un traitement éditorial partisan en matière politique, qui semble inféoder le journal au PS", "la mise à l'écart de continents entiers du journal, comme le social, l'environnement, l'immigration"...
Une motion de défiance avait été adoptée à 78 % contre Nicolas Demorand, directeur de la rédaction du quotidien, en juin 2011.


DE QUI SE MOQUE 'LE MONDE" JOURNAL DES GAUCHES ? APPARTENANT À BERGÉ AMI DE HOLLANDE.
LES SCRIBOUILLARDS DE LIBÉ  SE PLAIGNENT D'ÊTRE TROP À GAUCHE ???
C'EST UN RÊVE ! UN CAUCHEMAR !
CE JOURNAL EST ET A TOUJOURS ÉTÉ TROTSKYSTE, IL FAIT PARTI DE L'APPAREIL SOCIALISTE, N'EST QU'UN OUTIL DE PROPAGANDE  DU PS. 
LES UNE ? 
ELLES ONT TOUJOURS ÉTÉ OUTRANCIÈRES ET LE FURENT ENCORE PLUS DURANT LA MANDATURE DE NICOLAS SARKOZY.
LA VÉRITÉ EST MOINS PROVERBIALE, DEMORAND FAIT DE LA RÉSISTANCE À ROTHSCHILD, AMI INTIME (ITOU) DE HOLLANDE. 
LES VENTES DE LIBÉ SONT EN CHUTTE LIBRE ET LE GROUPE PERD DU FRIC !!!
VOILÀ LA VÉRITÉ.

Pourquoi Sarkozy ne décolle pas au second tour

En tête dans les intentions de vote au premier tour, Nicolas Sarkozy ne parvient pas à inverser la tendance au second. Explications.
Les sondages d'intentions de vote au second tour s'accumulent et rien ne bouge. Dans l'étude quotidienne réalisée par l'Ifop pour Paris Match, François Hollande domine toujours largement Nicolas Sarkozy 54% contre 46%. Des scores qui n'évoluent plus depuis le 27 mars. Dans un sondage Harris interactive pour VSD et LCP publié mardi, les deux hommes sont évalués respectivement à 53% et 47%. L'enquête Ipsos pour France Télévisions, Radio France et Le Monde, publiée mardi également, donne 55% pour le socialiste et 45% pour le président sortant, un écart en hausse de deux points.
Pourtant, dans chaque sondage, c'est bien Nicolas Sarkozy qui est en tête des intentions de vote au premier tour, sauf dans une étude BVA pour le Parisien, où François Hollande conserve son avantage (28% contre 27%). Dans cette enquête, le champion du PS est même crédité de son plus haut score au second tour, avec 56%.

"Les sondages de second tour sont à prendre avec des pincettes"

Une accumulation de chiffres qui sonne comme un échec dans la stratégie de reconquête de l'opinion de Nicolas Sarkozy. Avant le "croisement des courbes" d'intentions de vote au premier tour, ses partisans assuraient qu'une fois la pole position acquise, une inversion de tendance se ferait sentir au second. Mais le candidat-président se veut confiant en expliquant, selon le Parisien de mardi, que "le second tour sera une tout autre histoire". Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop, confirme un peu, auprès du JDD.fr, les espoirs du candidat : "Les sondages de second tour sont à prendre avec des pincettes, car il manque une donnée fondamentale, les résultats du premier."
Et, ajoute-t-il, cette campagne reste "assez spéciale" : "Les sondages de second tour sont actuellement le reflet de l'antisarkozysme en France, un peu comme si un référendum pour ou contre le président sortant se jouait. Si Nicolas Sarkozy réduit l'écart dans les intentions de vote au second tour avant le 22 avril et que le référendum se transforme en match de la crédibilité, alors cela pourrait changer les choses. Mais on n'a jamais vu un président sortant aussi malmené…"

"Exploser" Hollande dans l'entre-deux-tours

Pour se refaire, Nicolas Sarkozy mise d'abord sur la poursuite de la hausse de sa cote au premier tour : s'il atteint son score de 2007 (31,17%), il espère enclencher une dynamique victorieuse. Et puis il estime que la campagne d'entre-deux-tours lui sera favorable. Notamment le traditionnel débat télévisé, lors duquel il compte "exploser" son adversaire. Une certitude qui lui donne envie d'obtenir l'organisation de deux duels, au lieu d'un seul.
Mais l'arithmétique est têtue et la tendance sur le second tour se pérennise. D'abord parce que la gauche, dans son ensemble, ne cesse de prendre du poids dans les sondages. Il y a deux mois, le 2 février, l'enquête quotidienne de l'Ifop estimait à 41,5% les voix de la gauche. Lundi 2 avril, le score était de 43,5%, deux points de plus acquis depuis la percée de Jean-Luc Mélenchon. Et sept points de plus que les résultats officiels du premier tour de 2007.

Remonter dans les sondages, mais avant le 6 mai ?

Et à droite? La droite parlementaire ne présente dans cette élection que Nicolas Sarkozy et… Nicolas Dupont-Aignan, crédité de 1% d'intentions de vote. Les autres personnes susceptibles de voter pour le candidat UMP sont à chercher au Front national ou au MoDem. Mais le score de Marine Le Pen s'érode. Et ses électeurs ne sont pas tous prêts à voter pour Nicolas Sarkozy. Selon l'Ifop, quelque 80% des électeurs se disant proches du Front National choisissent de soutenir le candidat-sortant. "Il y a au FN une part résiduelle d'électeurs (20% environ) qui ne veulent absolument pas de Nicolas Sarkozy et qui disent voter François Hollande", note Frédéric Dabi.
Au MoDem, 46% de ceux qui se disent proche de ce parti ont l'intention de voter pour le candidat socialiste et seulement 54% pour Nicolas Sarkozy. "C'était nettement plus en 2007", ajoute le directeur général adjoint de l'Ifop. A gauche, le candidat socialiste fait par contre l'unanimité. 100% de ceux qui se déclarent proches du Front de gauche veulent voter pour lui. Chez Europe-Ecologie-les Verts, le taux est de 90%. De quoi espérer des reports de voix très favorables.
Mais il ne s'agit là que de "virtuel". Et Nicolas Sarkozy rejette ces hypothèses : "La mode c'est de dire que je n'aurai pas assez de réserves de voix. Mais le deuxième tour, c'est une autre campagne", a martelé le chef de l'Etat devant les représentants de sa majorité lundi, selon Le Figaro. Un optimisme qui frise parfois l'euphorie. Vendredi, à Besançon, le candidat de l'UMP n'a pu s'empêcher de railler ce "petit club des socialistes heureux" qui se voyait déjà à l'Elysée. "Oui, mais je suis là", a-t-il plastronné. Mais certains dans son camp affichent des réserves : "Les excès d'optimisme d'aujourd'hui sont aussi ridicules que les excès de pessimisme d'hier, rien n'est fait", faisait observer un ministre à l'AFP vendredi. "La remontée de Sarkozy semble irréversible mais je ne suis pas sûr que les courbes se seront croisées le 6 mai", prophétisait-il. C'est bien tout l'objet du pari de Nicolas Sarkozy.