TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

jeudi 5 avril 2012

La «lettre aux Français» de Sarkozy

Ce sera la première conférence de presse du candidat Sarkozy. Un «show» qui doit réveiller cette fin de campagne anesthésiée par l'équilibre des temps de parole. Le président sortant veut nourrir à nouveau le débat, afficher sa maîtrise des dossiers, et défendre la cohérence de son projet. D'autres événements suivront, comme le rassemblement à ciel ouvert, place de la Concorde, le 15 avril - la mobilisation a été lancée dans toutes les fédérations, confirme-t-on à l'UMP. Mais jeudi, Nicolas Sarkozy veut montrer que les propositions faites avant son entrée en campagne, en tant que «président des crises», sont complètes et amplifient celles qu'il a égrenées depuis, en tant que «candidat du peuple». Le candidat de la «France forte» voudra souligner la «solidité» et le «sérieux» d'un projet qui tente de «réconcilier la France du oui et la France du non», selon sa formule.
Il présentera donc une «lettre aux Français», qui insistera davantage sur la philosophie de son projet que sur les mesures concrètes. Le président sortant l'a dit et redit depuis le début de la campagne, il ne veut pas que ce document ferme le ban des propositions possibles. Après la «Lettre à tous les Français» de François Mitterrand en 1988, Nicolas Sarkozy publie donc, lui aussi, «un écrit», à tonalité plus solennelle que personnelle. Il le fait après une campagne très différente de celle de son lointain prédécesseur à l'Élysée, qui était, à l'époque, le grand favori des sondages. Cette lettre devrait être accompagnée d'un deuxième document qui fera l'inventaire de la quasi-intégralité des propositions du candidat-président, depuis la TVA sociale, annoncée le 31 décembre, jusqu'au non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux dans les grosses collectivités territoriales, annoncé ce mardi.

«Traits de crédibilité»

Nicolas Sarkozy reprendra en partie l'esprit du discours devant les jeunes, samedi dernier, «qui n'a pas passé la rampe», reconnaît-on au QG de campagne. Il soulignera que son projet est aussi un appel à l'effort collectif, condition de «l'espoir» et du retour de la «confiance». Il insistera sur la nécessité de poursuivre cet effort, et non de l'interrompre, «comme veut le faire le candidat du Parti socialiste, qui propose plus de dépenses publiques et plus d'impôts, dès la première année», souligne son directeur de campagne, Guillaume Lambert.
Certes, rien dans le projet de Nicolas Sarkozy ne va aussi loin que l'Agenda 2010 décidé par l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder en 2003. Ni «travailler plus en gagnant moins», qui fut la condition du retour de la compétitivité allemande, ni diminution drastique des indemnités chômage - même si la réforme de la formation professionnelle que Sarkozy veut soumettre au référendum y ressemble un peu. Mais le président estime qu'il va aussi loin que possible dans cette direction, dans un contexte économique beaucoup plus fragile.
Depuis le début de la campagne, c'est sur la crédibilité de son projet que Nicolas Sarkozy veut être jugé face au favori, François Hollande. Il sait que les «traits de crédibilité» jouent désormais en sa faveur dans les sondages qualitatifs. «Le mois de mars a été très bon pour Sarkozy de ce point de vue», estime son entourage. «C'est la première fois qu'il est jugé mieux placé qu'Hollande pour incarner l'unité nationale», note un sondeur proche du chef de l'État, qui y voit la marque de «l'effet Toulouse». Un «effet» qui «a contribué à démoder l'antisarkozysme ambiant», estime-t-il, notamment «chez les 15 % de gens qui refusent encore de se prononcer pour le second tour».
Le moment est donc venu d'accuser encore le contraste entre le projet Hollande et le projet Sarkozy. La publication longtemps attendue du document de campagne du président-candidat est censée y contribuer. Pas au point non plus de bouleverser la donne. «Ce sera peut-être un événement pour la presse, mais pas pour les Français. Désormais, pour eux, l'événement, ce sera le duel du deuxième tour», nuance un conseiller. Car tout le suspense tient dans cette guerre des stratégies: «Soit Hollande réussit à jouer de l'antisarkozysme jusqu'au bout, et nous sommes cuits, soit ça se transforme en duel, et là il est perdu», résume un proche du président.

0 commentaires: