TOUT EST DIT

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mercredi 4 juillet 2012

Les Français préfèrent l'argent au temps libre

61% des Français préfèrent di­sposer de plus d'a­r­gent que de da­va­ntage de te­mps li­bre, se­lon un so­ndage réalisé par TNS So­fres pour ING Di­rect. La crise a débouché sur une re­va­lo­ri­sa­tion de l'a­r­gent aux yeux de nos co­m­pa­tri­o­tes. Ni­colas Sa­r­kozy n’est plus prési­dent de la Répu­bli­que, mais sa fa­meuse fo­rmule « tra­va­i­ller plus pour gag­ner plus » de­meure d’actu­a­lité. Près des deux ti­ers des Français (61% exa­cte­ment) préfèrent en effet di­sposer de da­va­ntage d’ar­gent que de plus de te­mps li­bre, se­lon un so­ndage réalisé par TNS So­fres pour la ba­nque en ligne ING Di­rect, et pu­blié ce ma­rdi. "L’ar­gent a auj­ourd’hui un rôle ce­n­tral, mo­teur, dans la vie des Français, il est va­lo­risé", insi­ste Na­tha­lie Léauté, di­re­c­trice du dépa­rte­ment Fi­na­nce de TNS So­fres. La Fra­nce en au­rait-elle fini avec le ta­bou de l’ar­gent ? Celui-ci ne se­rait-il plus sy­n­o­nyme de vulga­rité mais de réussite, co­mme dans les pays an­glo-sa­xons ? Pas si vite ! Un peu plus de la moitié de nos co­m­pa­tri­o­tes ju­gent en­core qu’il n’est pas de bon ton de pa­rler d’ar­gent. Et, pour 55% des ho­m­mes et 67% des fe­m­mes, l’ar­gent appo­rte avant tout de la sécurité, loin de­vant le pla­i­sir (33% et 43%).
La peur d’une "améri­ca­ni­sa­tion" de la Fra­nce
Si les Français font auj­ourd’hui la part belle à l’ar­gent dans le­urs pri­o­rités, ce n’est donc pas pour « fla­mber » mais bien pour as­surer le­urs arrières, dans le co­nte­xte actuel de crise éco­no­mi­que et fi­na­ncière. La pre­uve, s’il leur était possi­ble de gag­ner 20% de plus, un bon ti­ers des Français affe­cte­ra­i­ent ces re­ve­nus suppléme­nta­i­res à leur épa­rgne, pourtant déjà très élevée avec un taux de 16,8% en 2011, et non à une améli­o­ra­tion de leur train de vie.
"Co­mpte tenu de la crise des fi­na­n­ces pu­bli­ques, les Français re­doutent une "améri­ca­ni­sa­tion" du pays, avec une pro­te­ction par l’Etat qui ri­sque de s’ame­nu­i­ser et donc de re­ndre plus di­ffi­cile leur accès aux pre­sta­ti­ons de santé, par exem­ple", ex­pli­que Jea­nne La­za­rus, chargée de re­che­r­che au CNRS. A quoi s’aj­oute la peur du chômage, les plans so­ci­aux se mu­lti­pli­ant, avec, à la clé, le ri­sque de pe­i­ner à fi­na­n­cer les étu­des des en­fa­nts et, plus glo­ba­le­ment, de voir son pouvoir d’achat di­mi­nuer.
Les Français ne voi­ent pas la ba­nque co­mme un pa­rte­na­ire
Plus fourmis que ja­mais, les Français ne s’ave­ntu­rent guère hors des se­nti­ers ba­ttus pour fa­ire fru­cti­fier leur bas de la­ine. « Ils pri­vilégi­ent des solu­ti­ons d’épa­rgne cla­ssi­que », co­mme le Li­vret A, indi­que Na­tha­lie Léauté. Les pro­duits très re­nta­bles mais ri­squés, très peu pour eux. Ils sont d’ai­lle­urs un peu plus de 80% à fa­ire le vœu de pro­duits ba­n­ca­i­res plus sûrs et plus si­m­ples. Une re­ve­ndi­ca­tion qui a pour toile de fond le désa­mour des Français vis-à-vis des ba­nques. "La rupture a été très fo­rte lors de la crise fi­na­ncière de 2008, une pa­rtie de l’opi­nion pu­bli­que re­mettant en ca­use l’expe­rtise des ba­nqui­ers", souligne Na­tha­lie Léauté.
Même les ba­nques mu­tu­a­li­stes n’écha­ppent plus à l’ave­rsion des Français pour le se­cteur ba­n­ca­ire. Il faut dire qu’elles "sont très pui­ssa­ntes, qu’elles ont fait bea­u­coup d’acqui­si­ti­ons et ont inve­sti sur les ma­rchés, co­mme les au­tres ba­nques", décry­pte Jea­nne La­za­rus. Conséque­nce, un Français sur cinq seule­ment voit auj­ourd’hui dans la ba­nque "un pa­rte­na­ire" ou "une solu­tion."
Re­stre­i­ndre l’of­fre de pro­duits ba­n­ca­i­res
"Il y a toute une re­la­tion de co­nfi­a­nce à re­bâtir, pour les ba­nques. Le métier de ba­nquier doit re­trouver une certa­ine humi­lité", ad­met Benoît Le­grand, di­re­cteur général d’ING Di­rect Fra­nce. Pour qui, de toute façon, la ma­tu­rité du ma­rché ba­n­ca­ire français est te­lle qu’il paraît di­ffi­cile de co­n­cevoir des pro­duits en­core plus so­phi­stiqués que ceux qui exi­stent déjà. "L’in­no­va­tion véri­ta­ble rési­de­rait dans le fait d’avoir moins de pro­duits", estime Benoît Le­grand. La si­m­pli­fi­ca­tion de l’of­fre ba­n­ca­ire, les cli­e­nts ne dema­n­dent que ça.

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