TOUT EST DIT

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mardi 8 mai 2012

Nicolas Sarkozy soigne sa sortie

Défait dimanche, il a pris sa décision : il ne s'exprimera plus devant les Français.

EN 1981, Valéry Giscard d'Estaing, qui s'attendait si peu à la défaite, avait enregistré une dernière adresse aux Français: «Avant de vous quitter, je vous souhaite bonne chance (…). Je souhaite que la Providence veille sur la France.» Il avait terminé sur un «au revoir» solennel, avant de quitter la pièce, laissant une chaise vide. Après la passation des pouvoirs, VGE avait quitté l'Élysée à pied, sous des huées. Jacques Chirac, lui aussi, avait enregistré un message d'adieu, à la veille de sa passation de pouvoirs avec Nicolas Sarkozy: «Restez toujours unis et solidaires», avait-il lancé.
Voilà comment on fait, connard.

Tu veux essayer, ducon ?

Et t'oublieras pas de t'mettre de la laque ou d'la gomina, abruti !
Son successeur, défait dimanche, a pris sa décision: il ne s'exprimera plus devant les Français. Ses derniers mots resteront ceux qu'il a prononcés dimanche soir à la Mutualité, devant plusieurs centaines de militants UMP. Son conseiller Franck Louvrier rappelle que ce discours a été regardé par «20 millions de téléspectateurs». «Je vous aime», avait lancé Sarkozy, avant de quitter la scène. «Il fait de l'anti-Giscard, décrypte un proche. VGE était resté prostré pendant des jours, avant de faire des adieux grandiloquents. Lui a choisi de dire au revoir dans le feu de l'action. Il n'y reviendra plus.»

«Il va tenir promesse»

Pour le reste, Nicolas Sarkozy ne veut pas rater sa sortie. Sa décision d'inviter François Hollande à la cérémonie du 8 Mai y contribue. «Il est en train de réussir son départ, note un conseiller. On lui avait reproché son arrivée… On ne pourra rien dire de sa sortie! Il n'a jamais été aussi présidentiel…» À l'issue de la passation des pouvoirs, le 15 mai, le président quittera l'Élysée en voiture. «Ce sera sobre, simple», note son directeur de campagne, Guillaume Lambert. «Il n'y aura pas de sifflets quand Sarkozy quittera l'Élysée», assure un autre conseiller.
En attendant, Sarkozy restera discret. Mercredi, il offrira un pot à l'issue du dernier Conseil des ministres. Ensuite, il n'a plus rien dans l'agenda. «C'est fini, note Franck Louvrier. Il quitte progressivement la sphère publique pour rentrer dans la sphère privée.» En janvier, Sarkozy avait prévenu qu'il couperait complètement en cas de défaite. Et qu'on ne l'entendrait plus. «Il va tenir promesse», jure un conseiller. Le président sortant, qui disposera d'un bureau dans Paris, partira se reposer.
Il devrait ensuite reprendre son activité d'avocat. «Il souhaite prendre du champ», avant de «définir lui-même sa place», note le patron des députés UMP Christian Jacob. Dans Le Naufragé(Flammarion), paru dès lundi, les journalistes Jérôme Chapuis et Benjamin Sportouch rapportent des confidences du chef de l'État, à la veille du premier tour: «Je n'ai aucune crainte, aucune appréhension. J'ai une longue expérience de la vie, j'ai eu des ruptures à plusieurs reprises. Je sais que, derrière la porte, il y a une autre pièce, avec d'autres trésors à découvrir.»