TOUT EST DIT

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samedi 5 mars 2011

Fillon : «Sarkozy seul et meilleur candidat pour 2012»

Le chef du gouvernement relativise les mauvais sondages, à 14 mois de la présidentielle, et plaide pour un candidat unique de la droite et du centre en 2012.  
Les mauvais sondages se multiplient. La cote du président est au plus bas. La droite peut-elle encore gagner en 2012?
François FILLON. - Primo, si loin de l'élection, les sondages se sont toujours trompés. Deuxièmement, nous venons d'affronter une crise économique et financière mondiale, une crise monétaire qui a failli mettre l'euro par terre. Les révolutions qui se déroulent sur la rive sud de la Méditerranée sont porteuses de grands espoirs, tout en comportant des risques pour la croissance et la prospérité de nos pays. Il n'y a rien d'anormal à ce que le gouvernement soit dans une situation difficile. La gauche veut nous attirer vers le débat électoral de 2012, alors que les Français attendent que nous continuions à gouverner sérieusement et le plus longtemps possible. Fiscalité, justice, dépendance, nous poursuivons les réformes. Nous n'aurons pas à rougir de notre bilan. Et, à l'automne 2011, quand nous entrerons dans le débat de la présidentielle, la confrontation des projets nous sera favorable.
Nicolas Sarkozy est-il le seul candidat possible à droite?
Non seulement il est le seul, mais il est le meilleur candidat possible. Il n'y a pas l'ombre d'un doute. C'est lui qui rassemble le plus largement possible la majorité. Et il pourra faire campagne sur la crédibilité. Toute autre candidature serait une candidature de division qui ouvrirait un boulevard à la gauche.
Vos relations avec le président sont passées par des hauts et des bas. Comment les qualifier aujourd'hui?
Je les ai toujours qualifiées d'excellentes. En quatre ans, nous avons tous les deux appris à nous connaître et nous travaillons dans une atmosphère extrêmement confiante. Bien sûr, comme dans tout mariage, il peut y avoir des nuages. Mais, dans l'histoire récente, vous ne trouverez pas beaucoup de couples exécutifs qui aient fonctionné aussi longtemps et aussi bien.
On vous a qualifié d' «hyper premier ministre» puis vous êtes apparu en retrait , Alain Juppé étant décrit comme un «premier ministre bis»…
Quand donc allez-vous vous lasser de ces formules vides de sens? Je n'ai jamais cru un instant à ce qualificatif d'«hyper premier ministre» qui est contraire à toute l'histoire de la Ve République. Quant à Alain Juppé, c'est une grande chance de pouvoir s'appuyer sur son expérience et sa compétence.
Michèle Alliot-Marie a dû quitter le gouvernement après ses vacances tunisiennes. Vous-même avez été critiqué pour vos vacances égyptiennes . Quelles conclusions tirez-vous de ces polémiques?
Je me suis expliqué sur ces vacances en Égypte. Ce séjour s'est effectué selon les règles qui valent pour les déplacements des premiers ministres. Dans le cas de Michèle Alliot-Marie, il n'y avait rien d'illégal, mais l'enchaînement de ses prises de parole a rendu sa voix inaudible. Avec le président, nous en avons tiré les conséquences, sans plaisir. L'intérêt de la France était en jeu à un moment où l'on a plus que jamais besoin d'être présent dans les pays de la rive sud de la Méditerranée.
Un candidat centriste serait-il utile à Nicolas Sarkozy pour le deuxième tour de la présidentielle?
Je suis clairement en faveur d'une seule candidature de la droite et du centre. S'il y avait des différences idéologiques, pourquoi pas, mais où sont-elles? Aujourd'hui la politique conduite par le chef de l'État est à équidistance des trois familles politiques qui composent l'UMP, gaullistes, libéraux et centristes. Souveraineté nationale, compétitivité et solidarité, Europe politique: ce sont là nos valeurs communes.
Et François Bayrou?
François Bayrou n'est pas dans la majorité présidentielle. Son positionnement consistant à emmener ses amis centristes vers la gauche a été une erreur. S'il souhaite établir un dialogue avec la majorité, nous y sommes prêts.
Êtes-vous prêt au même dialogue avec Dominique de Villepin?
Sa candidature serait une candidature de division supplémentaire, dangereuse pour la famille politique à laquelle il appartient. Faut-il lui tendre la main? Il faut toujours tendre la main… Simplement, il faut que la probabilité qu'il tende la sienne existe.
À l'UMP, Jean-François Copé a lancé beaucoup de débats (TVA sociale, 35 heures, laïcité). Le moment n'est-il pas plutôt à l'action qu'au débat?
Un parti a vocation à organiser des débats pour faire émerger des idées. Le chef du gouvernement a vocation à rassembler la majorité et à prendre des décisions pour résoudre les problèmes qui se posent au pays. Chacun est dans son rôle.
Que vous inspire le débat sur la laïcité ?
Il n'est pas anormal de réfléchir à des évolutions pour faire en sorte que la liberté de culte, le respect des règles du pacte républicain soient une réalité. Réfléchir ensemble à la manière d'apporter un soutien à nos concitoyens de confession musulmane pour qu'ils puissent se doter de lieux de culte est un débat utile, nécessaire et qui honore notre pays. L'absence de culture française de certains imams est aussi un problème. Lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy avait mis en place une formation pour les imams. Il faut développer cette expérience positive et regarder comment certaines universités publiques pourraient s'engager dans cette voie. Nous devons veiller à ce que chacun respecte le pacte républicain car certaines dérives ne sont pas acceptables. La société française doit aborder ces questions sans tabou mais sans stigmatiser qui que ce soit.
À l'issue de ce débat, préconisez-vous une loi?
Je ne vois pas la nécessité d'une loi. Par exemple, la question des prières dans la rue doit se résoudre d'abord par une offre de lieux de culte.
À gauche, quel serait le candidat le plus «coriace» face à Nicolas Sarkozy?
On est dans un pays où le rapport droite-gauche est presque équilibré. Quel que soit le candidat qui représentera la gauche, il sera redoutable.
Que vous inspire l'avant-projet de Martine Aubry ?
Ce que j'en ai lu est désespérant, tellement il est éloigné des réalités économiques! On pouvait espérer que la longue période d'opposition traversée par le PS l'aurait amené à s'ouvrir aux réalités. Le PS se caractérise aujourd'hui par ses outrances: Martine Aubry a osé comparer le président de la République à l'escroc Bernard Madoff! Et les Jeunes Socialistes le comparent à Hitler! Le débat politique est rude mais est-on obligé de s'abaisser à ce niveau pour gagner les élections?
Que vous inspire le procès de Jacques Chirac ?
Le chef du gouvernement ne fait pas de commentaires sur les procès en cours. Je dirai simplement mon affection pour Jacques Chirac. Je suis triste qu'on lui impose cette épreuve.


«Matignon, ce n'est pas l'enfer»

Vous êtes à Matignon depuis quatre ans. Vous arrive-t-il d'avoir en­­vie de poser votre sac ?
Non. La succession de crises qu'on vient de connaître rend les choses plus difficiles mais aussi la mission plus exaltante. Je ne dis pas que, de temps en temps, je n'aimerais pas retrouver une vie normale. Le plus déroutant, c'est de se dire que, depuis quatre ans, je n'ai jamais passé un instant seul. Mais je n'ai jamais compris ceux qui disent que Matignon est «un enfer». C'est peut-être une question de caractère. J'essaie toujours de prendre du recul par rapport à l'actualité immédiate. J'essaye de ne jamais être prisonnier de l'urgence.

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