mercredi 21 janvier 2015
Hymne à la médiocrité
Les jeunes Français doivent avoir envie de devenir milliardaires, a lancé Emmanuel Macron dans une interview accordée aux Échos, alors qu’il s’était rendu au CES (Consumer Electronics Show) à Las Vegas. “Milliardaire”… Mais que n’avait donc pas dit le ministre de l’Économie ?
La gauche est aussitôt montée au créneau, démontrant une fois encore sa médiocrité et sa vacuité économique. D’abord, la gauche de la gauche. « Ce ne sont pas quelques milliardaires de plus qui vont nous aider à sortir de la crise », a estimé Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, suivi par Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche : « Après Rebsamen, pour qui les chômeurs doivent chercher vraiment du boulot, voilà Macron, pour qui les jeunes doivent vouloir être milliardaires. » Rappelons-leur que c’est par leur travail que ces jeunes (entrepreneurs) deviendront riches et qu’à ce titre, ils auront embauché et payé des impôts.
Mêmes critiques au sein du PS : « Macron se démasque, l’homme des milliardaires, déjà que la France en a de trop et trop de pauvres en même temps », s’est écrié Gérard Filoche, que l’on imagine bien avec un couteau entre les dents. Tandis que dans le gouvernement des voix s’élevaient également : « Le rêve français, ce n’est pas forcément de devenir milliardaire… c’est que nos enfants vivent mieux que nous », a “tweeté” Fleur Pellerin, ministre de la Culture. Les fondateurs de Twitter, de Facebook ou de Google ne laissent pas penser une minute qu’ils sont malheureux… Bien curieuse sortie de l’ancienne secrétaire d’État à l’Économie numérique qui, l’année dernière, avait pourtant fait le déplacement au CES pour vanter les sociétés françaises.
Ne soyons pas dupes : derrière les réactions à la phrase d’Emmanuel Macron apparaissent en filigrane le dégoût et la haine que la gauche a pour l’ambition : pour elle, mieux vaut niveler par le bas grâce au modèle social que de s’en sortir par le haut. C’est justement parce qu’il y a eu des Bill Gates et des Steve Jobs que des centaines de jeunes ont voulu créer leur entreprise. Laissons donc juste les jeunes rêver en leur rappelant que, même pour pleurer, mieux vaut le faire dans une Rolls-Royce que dans une 2CV!
L’heure de la résistance a sonné
Oui, la France est en guerre pour protéger son mode de vie et sa civilisation. Dans cette guerre, chacun doit se mobiliser contre l’islam radical et la terreur.
Ne nous y trompons pas. La semaine passée, à trois reprises, c’est la France tout entière qui a été attaquée. Bien sûr Charlie Hebdo a concentré la plus grande part de cet assaut de terreur. Bien sûr ce journal satirique, qui a très tôt alerté sur les dangers du communautarisme islamique, a été décapité de manière horrible. Bien sûr à travers cet attentat odieux et insupportable, c’est aussi la liberté d’opinion qui a été mise en cause. Mais il ne faut pas oublier que pendant cette semaine quatre personnes présentes dans une épicerie casher ont été fauchées. De même que trois représentants des forces de l’ordre. C’est donc la France dans sa diversité d’opinions, de croyances ou de couleurs qui a été ensanglantée.
Nous sommes tous tristes. Nous sommes tous en colère. Nous sommes tous révoltés. Mais nous le sommes encore plus à Valeurs actuelles où, dans ces colonnes, nous avons tenté d’alerter à plusieurs reprises l’opinion et les pouvoirs publics sur le fait que notre civilisation et notre mode de vie sont menacés par l’islamisation rampante du pays. Nous avons expliqué que la théorie des loups solitaires ne tenait pas debout et démontré qu’il existe bien une odieuse meute de loups très organisée, capable de semer la terreur sur tout le territoire. Nous avons enfin ressassé que la naissance d’un État islamique puissant et armé constituait une menace aussi importante que ce qu’était le nazisme il y a soixante-quinze ans.
Face à cette attaque inédite depuis la fin de la guerre d’Algérie, la France devrait être unie dans la riposte. Elle devrait l’être dans la prise de conscience de ce choc de civilisation qui frappe notre pays, et qui va continuer à le meurtrir. Elle devrait l’être dans les moyens à mettre en oeuvre. Hélas — trois fois hélas ! — elle ne l’est pas. Elle ne l’est pas parce que la plupart de nos dirigeants politiques ne veulent pas pointer du doigt un certain islam. Elle ne l’est pas parce que ceux qui nous dirigent se refusent à voir la réalité en face. Elle ne l’est pas parce qu’une immense marche républicaine n’occultera jamais le fait que, dans des centaines d’écoles, des enfants ont fait le V de la victoire au lieu de se recueillir pendant la minute de silence. Elle ne l’est pas parce qu’à Besançon des feux d’artifice ont salué l’attentat de Charlie Hebdo. Elle ne l’est pas parce que dans de multiples cités, des jeunes ont crié que “le prophète était vengé” !
La France devrait être unie comme jamais dans cette période. Et l’opposition a fait preuve d’une responsabilité remarquable. De la même manière que chacun doit s’estimer fier de la manière dont les pouvoirs publics ont fait le job pour mettre ces islamistes hors d’état de nuire. Mais si désormais la France n’est pas unie dans le combat qui demeure, c’est parce que « la République est morte », comme l’a expliqué Michel Houellebecq dans l’Obs du 8 janvier après s’être lentement « suicidée » ainsi que l’a démontré Éric Zemmour dans son dernier livre.
La République est morte dès lors qu’elle laisse des femmes enfermées dans des linceuls noirs toute la journée. La République est morte dès lors qu’elle permet à des imams de professer que l’instruction publique est un danger pour les enfants. La République est morte dès lors que nos organismes sociaux ne se battent pas contre la polygamie pratiquée en France en contradiction avec nos lois. La République est morte à partir du moment où notre pays a laissé se développer un communautarisme, poison de notre pacte national (comme l’explique, page 87, notre chroniqueur Robert Redeker, victime d’une fatwa). La République est morte. Il n’en reste plus qu’un fantôme avec ses institutions, ses dirigeants, ses parlementaires et ses énarques. Mais elle est morte avec la suppression du service militaire, la disparition des hussards noirs de nos écoles, la “hallalisation” des banlieues et le piétinement de la laïcité.
La France est pourtant belle quand elle est rejointe par des chefs de gouvernement étrangers pour défiler contre cette terreur islamiste. La France est pourtant forte quand elle salue le courage et la bravoure des forces de l’ordre qui veillent sur nos libertés sans les entraver. La France est remarquable et remarquée quand le glas de Notre-Dame salue la mémoire de journalistes de Charlie Hebdo qui n’ont pourtant pas ménagé les catholiques. C’est dans ces moments d’unité nationale que la République peut renaître. À condition d’en finir avec l’attitude béate qui consiste à parler de loups solitaires ou de déséquilibrés. À condition de dire et de crier que ce qui se passe est bien une guerre de civilisation. À condition d’entrer en résistance contre toutes les lâchetés qui ont permis que de telles horreurs arrivent. À condition, enfin, de cesser d’ânonner que l’islam est compatible avec la République.
Nommer l’ennemi
C’est ce que nous avons décidé de faire, car ce n’est pas avec des demi-vérités qu’on réarme une nation !
À événement exceptionnel, dossier exceptionnel : passé le temps de la peine et du deuil,Valeurs actuelles a pris le parti de donner à ses lecteurs toutes les clés pour comprendre la semaine sanglante que nous avons vécue. Car, au-delà de l’hommage rendu aux forces de l’ordre, dont l’action exemplaire a permis de retrouver puis d’éliminer une poignée d’assassins, il importe plus que jamais de désigner l’origine de cette tragédie : la mystique du djihad, bien évidemment, mais aussi l’aveuglement de ceux qui, en négligeant de la considérer pour ce qu’elle est — une guerre sainte —, lui ont permis, depuis des décennies, de prendre pied en France et de s’y implanter.
Au nom du refus légitime de la xénophobie, on a voulu croire que l’autre était nécessairement le même, qu’entre sa culture et la nôtre, les différences finiraient bien par s’abolir dans le tourbillon bienfaisant du consumérisme. De Khaled Kelkal, en 1995, aux frères Kouachi, en 2015, en passant par Mohamed Merah, qui paradait en coupé sport dans la banlieue de Toulouse avant de tirer sur des enfants, les djihadistes ont prouvé qu’ils pouvaient se fondre dans la civilisation des “marques” tout en suivant à la lettre les messages de haine de certains prédicateurs…
Et, comme le démontre Frédéric Pons, c’est au moment où l’on aurait le plus besoin de moyens pour débusquer d’autres assassins potentiels que l’État, faute d’argent, limite ses efforts en matière de renseignement criminel. Depuis trop d’années, désarmement moral et désarmement matériel vont de pair. Si l’on ne veut plus voir couler le sang, il est grand temps de changer de braquet.
Camille Pascal : "De petites fissures…dans l'unité"
La traversée du temps. Nous pouvons être fiers de l’esprit d’unité de la France face au terrorisme ! Mais d’autres témoignages, de haine, ne cessent de me hanter.
Cette chronique n’a pas d’autre ambition que de jeter sur l’actualité en général, et la société française en particulier, un regard distant, nostalgique parfois, mais toujours amusé, faute de parvenir à être amusant. Aussi n’imaginais-je pas devoir commenter, un jour, des événements qui relèvent de l’actualité de guerre. Le lecteur qui me fait l’honneur de me lire, toutes les semaines et depuis deux ans, aura compris que je n’aime pas tremper ma plume dans l’encre trop épaisse de la gravité.
J’ai donc longuement hésité à aborder les tueries dont la France vient d’être le théâtre épouvanté. Des policiers, des journalistes, des humoristes, une psychanalyste, des employés, les clients d’une épicerie casher ont été abattus de sang-froid par des tueurs qui ne leur ont laissé aucune chance. Il n’était pas possible de rester silencieux ni même, par pudeur, de traiter d’autre chose.
La dignité et l’esprit d’unité, malgré quelques hoquets fâcheux, dont le pays a fait preuve face à l’attaque terroriste, ont pu, je crois, remplir chacun de fierté.
La rencontre, puis la poignée de main, entre l’ancien président de la République et l’actuel occupant de la fonction fut un symbole fort et rassurant.
Personne n’a plus idée aujourd’hui de polémiquer sur le coût de la protection rapprochée de certaines personnalités. Personne n’est venu contester le nombre impressionnant de ceux qui ont manifesté dans toute la France leur soutien aux victimes et leur refus de la haine. Personne n’a reproché au bourdon de la cathédrale Notre-Dame de Paris, qui accompagne les joies et les peines de la capitale depuis huit siècles, d’avoir sonné le glas au moment où tous les drapeaux français étaient mis en berne. Personne, enfin, n’a refusé de chanter la Marseillaise au prétexte que ses paroles seraient d’une autre époque.
Pour autant, j’ai le sentiment que des milliers de petites fissures terribles et anonymes sont venues insidieusement lézarder le mur de la cohésion nationale. Dès les premières heures suivant l’attentat du 7 janvier, j’ai, comme beaucoup, cherché à m’informer sur le Net, mais en découvrant les centaines de commentaires qui avaient déjà été laissés là, comme autant d’insultes à la douleur, j’ai vu ce que j’aurais aimé ne pas voir. J’ai lu des témoignages de haine pure, également partagés entre ceux qui accusaient, en bloc, la communauté musulmane de notre pays et ceux qui, en face, se réjouissaient du sort réservé aux caricaturistes de Charlie Hebdo. Lors du respect de la minute de silence en l’honneur des victimes de ces massacres on a, semble-t-il, entendu dans des établissements scolaires des propos qui venaient s’ajouter à ceux qui circulaient déjà sur les réseaux sociaux.
Je veux croire de toutes mes forces à l’unité de la nation dans l’épreuve et dans sa capacité de réaction, mais ce que j’ai lu le jour même du massacre de la rédaction de Charlie Hebdo ne cesse pas de me hanter.
mardi 20 janvier 2015
L’union oui, l’unanimisme non
Que, dans un accès de plénitude satisfaite, François Hollande ait pu déclarer : « Le pays a changé, le regard qu’il porte sur ma présidence aussi », peut se comprendre. La séquence des attentats et leurs suites immédiates ayant été parfaitement gérées, la cote de popularité du chef de l’Etat a naturellement bondi et son optimisme atavique aussi. Mais de là à croire que tout ce qui était échec va se transformer en succès, il y a un pas qu’il serait hasardeux de franchir. Il en va de même pour l’esprit de concorde nationale : que ce petit miracle impose à tous une forme de retenue dans l’expression de ses différences et oblige à repenser ses priorités est naturel. Mais qu’il soit invoqué en toute occasion pour faire taire ses désaccords et imposer un vrai-faux consensus est un non-sens.
C’est pourtant le danger qui guette : s’adressant aux « forces vives de la Nation », le président de la République a ainsi formé le vœu d’une conclusion rapide des négociations entre patronat et syndicats sur le droit du travail. Ce serait, a-t-il expliqué, montrer de la part de chaque acteur du social « un sens élevé de ses devoirs et de son unité ». En somme, pour se mettre en symbiose avec l’air du temps, chaque négociateur devrait en rabattre sur ses exigences. Pour répondre au climat de l’instant, chaque partie devrait sacrifier sa vision de l’avenir. Au risque de traîner pour des années les conséquences d’un mauvais accord entre partenaires sociaux pour le seul effet d’image qu’une signature pourrait produire.
L’union nationale ne peut pas devenir l’unanimité nationale, encore moins l’unanimisme. Et la défense de grandes valeurs de la République comme la liberté d’expression ne peut se faire au détriment de la diversité des opinions.
LE CRI
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Madame Monsieur,
Savez-vous quel est le point commun entre les terroristes Chérif Kouachi (12 victimes), Amedy Coulibaly (6 victimes), Mehdi Nemmouche (4 victimes) et Mohamed Merah (6 victimes) ?
Ne comptez pas sur le gouvernement ou les médias pour vous le révéler - et encore moins la ministre de la Justice Christiane Taubira.
Car ce qui relie le parcours de ces terroristes n'est pas seulement le radicalisme islamique.
Tous les 4 sont des criminels multirécidivistes qui ont bénéficié pendant toute leur vie du laxisme et des failles béantes de notre justice pénale.
Tous les 4 auraient dû être en prison au moment de leurs attentats.
Vous avez bien lu (et je vais vous le prouver dans un instant) : si notre système pénal fonctionnait normalement, toutes les victimes de ces terroristes seraient encore en vie aujourd'hui : la policière municipale, les victimes de Charlie Hebdo, de l'Hyper Cacher, du Musée juif de Bruxelles, les militaires du régiment de Montauban et les enfants de l'école juive de Toulouse.
Coulibaly, condamné à 5 ans de prison en 2013
Prenez le parcours criminel d'Amedy Coulibaly. Voici ce qu'en dit le journal Libération :
« Le casier d’Amedy Coulibaly témoigne d’un lourd passé de braqueur alors qu’il n’avait même pas 18 ans. En 2001, il avait été condamné à trois ans ferme, dont deux avec sursis, par le tribunal d’Evry puis, la même année, à quatre ans dont deux avec sursis toujours pour des «vols aggravés». En 2002 encore, douze mois dont neuf avec sursis pour vol aggravé et recel. En 2004, le voilà renvoyé devant la cour d’assises des mineurs du Loiret, qui lui inflige six ans de prison pour un vol à main armée dans une agence BNP avec deux complices. En 2005, le tribunal correctionnel de Paris condamne Coulibaly à trois ans d’emprisonnement pour «vol aggravé, recel et usage de fausses plaques d’immatriculation». En mai 2007, il prend dix-huit mois pour trafic de stupéfiants. »
Ce que le journaliste oublie de préciser, c’est qu’un seul vol à main armée, dans notre code pénal, est un crime puni théoriquement de 20 ans de réclusion criminel. Mais Coulibaly, malgré ses multiples braquages, s'en est sorti avec quelques années de détention au total.
Plus grave encore : le 20 décembre 2013, il a encore été condamné à 5 ans de prison.
Mais il a bénéficié des remises de peine accordées depuis des années à tous les détenus, y compris les plus dangereux. Certes, il a fait de la détention provisoire. Mais s'il avait purgé la totalité de cette peine, la jeune policière et les victimes juives de l'Hyper Cacher seraient encore en vie.
Et saviez-vous que, pour Christiane Taubira, ces remises de peine sont encore insuffisamment généreuses ?
Pour elle, il était injuste que les récidivistes bénéficient de remises de peine réduites par rapport aux primo-délinquants. Dans sa toute récente réforme pénale, entrée en vigueur au 1er janvier 2015, elle a donc décidé que les récidivistes pourraient désormais avoir des remises de peine plus longues !
Kouachi, parti au Yémen malgré son "contrôle judiciaire"
Cherif Kouachi a aussi un sérieux casier judiciaire de délinquant. Déjà bien connu de la police et de la Justice pour de nombreux délits, il a été condamné à 3 ans de prison en 2008 pour djihadisme dont 18 mois avec sursis.
Mais dans son cas, la faillite de la justice est encore plus hallucinante.
En 2010, il est à nouveau arrêté et placé en détention provisoire pour avoir préparé l'évasion d'un terroriste notoire.
La justice décide de le libérer, en attendant son procès, mais elle lui impose un « contrôle judiciaire » jusqu'en avril 2013 : interdiction de quitter la région et obligation de pointer toutes les semaines au commissariat de Gennevilliers.
Sauf que quelques mois plus tard, Cherif Kouachi part au Yemen s'entraîner dans un camp d'Al-Quaïda, dans la plus parfaite impunité. Ni la police, ni la justice ne viendront l'inquiéter (et encore moins le sanctionner) pour cela.
Une faille, une bavure ? Non, c’est le fonctionnement habituel de notre système.
Un juge interrogé par Le Figaro révèle ce que savent tous les spécialistes : « les pointages au commissariat dans le cadre de contrôle judiciaire ne font jamais l'objet de contrôles stricts. Au mieux, ce n'est qu'au bout de la quatrième ou cinquième absence que le commissariat prévient le tribunal… ». Et quand la Justice est prévenue il est rare qu'elle réagisse, « et « il est encore plus rare que le non-respect des obligations débouche sur une incarcération ».
Bref, c'est l'impunité la plus totale pour nos criminels, y compris les plus inquiétants. Et ils le savent pertinemment. Tout récemment, devant la cour d'Assises du Nord, l'auteur du meurtre d'un commerçant était interrogé par le juge : « pourquoi n'avez-vous pas respecté les obligations de votre contrôle judiciaire ? ». « Cela ne m'intéressait pas », avait-il répondu.
N’est-il pas temps de faire en sorte que les criminels dans notre pays soient « intéressés » aux conséquences de leurs actes ?
Car l'impunité de Kouachi ne s'arrête pas là. En 2010, les juges ont établi qu'il possédait des images pédopornographiques sur son ordinateur. Croyez-vous que la justice a réagi avec fermeté, vu le profil de ce multirécidiviste aux inquiétantes connections djihadistes ?
Non, c’est tout le contraire : elle a tout simplement « classé l'affaire », comme elle le fera à de nombreuses reprises vis à vis des crimes de Mohamed Merah (voir plus loin).
Nemmouche, braqueur multirécidiviste
Medhi Nemmouche, celui qui a tué 4 personnes au musée juif de Bruxelles, a exactement le même profil que Coulibaly. A seulement 14 ans, il est déjà arrêté pour cambriolage. S'ensuit une longue série de délits en tous genre : recels, vols avec violence, dégradations de bien. A 17 ans, il agresse au couteau une enseignante. Tout cela dans la plus grande impunité, puisqu'il faudra attendre qu’il commette de multiples braquages pour que la justice l'envoie enfin en prison.
Au total, il sera incarcéré à 5 reprises à partir de 2004. A chaque fois, pour des durées dérisoires, sachant qu'un seul braquage est théoriquement puni jusqu’à 20 ans de prison. Et à chaque fois, la justice le relâchera bien avant la fin de sa peine.
Lui aussi aurait dû être en détention (et pour de longues années encore !) le 24 mai 2014, date de la tuerie de Bruxelles.
Mohamed Merah, libre à 23 ans malgré 18 condamnations
Le parcours de Mohamed Merah est le plus spectaculaire de tous. Sans doute parce qu’on dispose de tous les détails, plusieurs livres étant paru sur son compte.
Saviez-vous que, moins d'un mois avant ses 6 meurtres, il avait été condamné à un mois de prison ferme ? Et que la Justice l'avait immédiatement remis en liberté, malgré ses 18 condamnations au casier judiciaire ?
Pour vous donner une idée de l'impunité dont il a joui tout au long de son parcours criminel il faut lire sa fiche Wikipédia :
« En 2002, il frappe au visage une assistante sociale. Le tribunal pour enfants le condamne pour violences volontaires. Ses éducateurs se plaignent de lui « Il injurie, insulte les filles, […] qui nous demandent de les protéger et de fermer leur chambre à clé. Chaque jour, nous devons intervenir pour une dégradation, un vol, un conflit, une agression dont Mohammed est l'auteur ». Dans une lettre à un juge datée de 2003, la mère de Mohammed Merah déplore à son tour d'avoir été agressée physiquement par l'adolescent « La violence de mon fils est telle que je me trouve dans l'incapacité d'y faire face ». En février 2004, il est arrêté pour avoir jeté des pierres sur un autobus, il s'en tire avec une simple admonestation. En janvier 2005, il tient tête à l'une des éducatrices du foyer Mercadier et la frappe à l'œil avant de fuguer. Il est condamné à cinq mois de prison avec sursis pour coups et blessures volontaires. Il faudra une convocation assortie d'une menace de révocation de sursis envoyée chez sa sœur Souad pour qu'il reprenne contact avec la Justice des mineurs. En 2005, il est arrêté au volant d'une moto Honda volée. En 2006, il est poursuivi pour un vol de portable avec violence, de moto, et des insultes. Il agresse à coups d'extincteur son oncle qui lui demandait d'arrêter un rodéo bruyant en quad, dans la cité des Izard. Durant sa minorité, il est condamné à quatorze reprises par le tribunal pour enfants pour diverses affaires de dégradations, de manquements à l'autorité ou de vols.
En 2007, il se rend avec un pistolet chez son frère Abdelkader et la compagne de ce dernier. Il tire dans l’écran plat posé sur le meuble télé et saccage leur appartement, jetant les objets par la fenêtre du 4e étage. Il quitte les lieux en menaçant « Si tu lèves encore une fois la main sur moi, je t'en loge une ». En décembre 2007, il arrache le sac d'une personne âgée dans le hall d'une banque. Pour ce vol avec violence, Mohammed Merah devenu majeur, est condamné à 18 mois de prison ferme selon la procédure de comparution immédiate (première incarcération !).
En décembre 2008, il refuse d'obtempérer à un contrôle policier forcé et est réincarcéré à la maison d'arrêt de Seysses jusqu'en septembre 2009. Début juillet 2010, il vient consulter un avocat pour entamer une procédure aux prud'hommes en raison d'heures de travail non payées, chez son carrossier. Un an plus tard, il insulte et menace une employée de la concession Renault qui lui aurait donné par téléphone une indication erronée : « Toi, si je te retrouve dehors, tu es morte ». En février 2012, il est jugé une nouvelle fois pour conduite en 2009 d'une moto sans permis, ainsi que pour blessures involontaires, puis condamné à un mois de prison ferme, mais laissé libre. »
Et encore, il manque dans ce récit tous les faits pour lesquels il n'a pas été poursuivi !
Une mère de famille a révélé dans la presse ce que M. Merah avait fait subir à sa famille deux ans avant ses meurtres : « Il a conduit mon fils à son domicile. (…) Puis il lui a imposé de regarder des vidéos d'Al Qaïda (des scènes insoutenables dans lesquelles des femmes sont exécutées d’une balle dans la tête et des hommes égorgés). Mon fils m'a appelé. On a finalement pu le récupérer. Il est resté enfermé là bas de 17h à minuit... ». La mère a alors déposé plainte, ce qui a provoqué la colère de M. Merah : « Il est venu devant chez nous. Il m'a menacée et frappée. (…) Il disait aussi que lui et ses amis viendraient prendre mon fils et qu'il ne me resterait plus que mes yeux pour pleurer ». Le surlendemain, il s’en est effectivement pris à son fils : « Il l'a frappé, et ma fille est intervenue. Il l'a rouée de coups. Il y avait beaucoup de monde, mais personne n'a bougé ». La femme précise qu’elle a « tout gardé » : « la robe de sa fille tâchée de sang et déchirée, le dépôt de plainte, les courriers de relance, des photos et les certificats médicaux... ». L’avocat de cette mère de famille, Me Mouton, confirme qu’une « plainte très circonstanciée » a été déposée le 25 juin 2010. La mère de famille a relancé les autorités à de nombreuses reprises. Sans aucune suite. « Pourquoi, malgré tous mes signalements, Mohamed Merah n'a-t-il pas été arrêté ? Nous l'avons encore vu la semaine dernière. Il nous narguait. J'ai tout raconté à de nombreuses reprises à la police et à la préfecture. (…) C'est incompréhensible et révoltant. »
Tout ceci alors que Mohamed Merah était déjà ultra-connu de la police et de la justice !!!
Maintenant, la question que nous devons nous poser est la suivante :
Croyez-vous que le gouvernement va tirer les leçons de ces affaires ? Croyez-vous qu'il va, de lui-même, sans pression populaire, prendre les mesures qui s'imposent ?
A la fin de l’année dernière, Christiane Taubira annonçait vouloir réformer la Justice des mineurs, qu’elle jugeait trop ferme et insuffisamment compréhensive vis-à-vis des délinquants…
Le 9 janvier dernier, le jour même de l'attaque de l'Hyper Cacher, Christiane Taubira adressait un document de 2 pages aux 40 Procureurs généraux. Elle leur donnait la ferme instruction d'appliquer immédiatement sa nouvelle réforme consistant à augmenter la durée les remises de peine des récidivistes.
Vendredi 16 janvier dernier, Christiane Taubira a diffusé un communiqué de presse. Pour répondre à la situation actuelle, elle déclare que l'urgence est de durcir l'arsenal répressif contre… le racisme et l'homophobie !
Ne pensez-vous pas qu'il est temps pour nous, citoyens de France, de nous lever en masse pour réclamer une Justice pénale qui nous protège des vrais criminels ?
N'est-il pas temps d'adresser un signal clair au gouvernement sur les priorités que NOUS souhaitons qu'ils appliquent ?
Ne croyez-vous pas qu'il est temps de mettre un coup d'arrêt au laxisme incroyable qui met en danger la vie de nos enfants et nos petits-enfants ?
Si oui, alors je vous demande solennellement de participer en urgence à notre grand référendum national en vous rendant ici.
Je vous demande également de transmettre immédiatement ce message à tous vos contacts pour qu’ils participent eux aussi à cette grande mobilisation.
Nous ne pouvons pas attendre les prochaines élections, les bras croisés, en espérant qu'un nouveau gouvernement prenne les mesures qu'il faut prendre AUJOURD'HUI.
Nous ne pouvons pas observer sans rien faire que notre ministre de la Justice facilite, décision après décision, le travail des criminels et des terroristes.
Il faut agir MAINTENANT.
Alors vraiment, merci de prendre quelques minutes pour participer à notre grand référendum pour la Justice.
Je compte sur vous,
Laurence Havel
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lundi 19 janvier 2015
Le gouvernement de l’émotion
Une semaine après la série d’attentats tragiques et la réaction magnifique du peuple français, certains se demandent toujours si les choses vont reprendre comme avant. Il y a les optimistes, tendance rêveurs, qui pensaient que la concorde nationale ouvrirait pour longtemps une nouvelle ère. Ceux-là sont déjà déçus : de premières fissures sont apparues dans le bloc de granit de l’union politique ; une partie de la population française a osé avouer qu’elle n’était pas Charlie ; le climat social se tend à nouveau avec une grève des routiers et l’échec des négociations patronat-syndicats sur la réforme du droit du travail.
Tous ces faits nourrissent les pessimistes, tendance revenus de tout : ils constatent que dans une grande partie du monde musulman, la pression monte brutalement à l’égard de la France ; ils voient l’engrenage de la provocation se mettre en place ; ils savent que les questions de l’exclusion, de l’école, des banlieues, de l’assimilation, de la fracture sociale, et en arrière-fond de tout cela du chômage, n’ont pas avancé d’un iota à la faveur de cette mobilisation nationale. Sont-ils désabusés lorsqu’ils expliquent que cela prouve bien que, une fois le choc passé, la vie reprendra exactement comme avant ? Sont-ils cyniques lorsqu’ils prédisent que la bulle de popularité dont bénéficient le chef de l’Etat et son Premier ministre s’envolera, et qu’à la fin de l’histoire c’est comme toujours le Front national qui capitalisera le plus sur la peur ? Ou sont-ils simplement réalistes lorsqu’ils constatent que déjà François Hollande, multipliant les discours, les interventions, les visites, inaugurations et commémorations, a repris son costume à grosses coutures politiciennes ? Qu’il est ainsi en train de dilapider ses gains auprès des Français ? Car, optimistes ou pessimistes, ils savent tous que gouverner sur l’émotion ne fait pas une politique.
Turquie : le pays d'Erdogan, terreau fertile du djihadisme
Un rapport des services de renseignements turcs dévoile la présence de "cellules dormantes" en Turquie. Le gouvernement jouerait-il un double jeu ?
Sur le sol turc, trois mille personnes entretiendraient des liens avec l'État islamique. C'est l'inquiétant constat qui ressort d'un rapport des services de renseignements turcs, publié samedi dans le quotidienHurriyet. Une présence synonyme pour les autorités de risques accrus d'attaques contre les ressortissants et intérêts occidentaux présents sur le territoire.
Sur le sol turc, trois mille personnes entretiendraient des liens avec l'État islamique. C'est l'inquiétant constat qui ressort d'un rapport des services de renseignements turcs, publié samedi dans le quotidienHurriyet. Une présence synonyme pour les autorités de risques accrus d'attaques contre les ressortissants et intérêts occidentaux présents sur le territoire.
Si les rôles de ces "cellules dormantes" et le danger qu'elles représentent sont encore à déterminer, moins d'une semaine après les sanglantes attaques à Paris qui ont fait 17 morts, la nouvelle est prise très au sérieux par les services turcs. Immédiatement, les niveaux de sécurité ont été poussés à leur maximum dans les bâtiments diplomatiques. Les
infrastructures de l'Otan seraient également dans le viseur de l'organisation terroriste.
Jeudi, le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, rappelait déjà que 700 Turcs (1 000, selon plusieurs observateurs) avaient choisi de rejoindre les rangs de l'EI en Syrie. Une trentaine d'entre eux auraient perdu la vie dans des combats. Le chef de la diplomatie a rappelé qu'Ankara avait interdit d'entrée sur son sol environ 7 250 étrangers suspectés de vouloir se rendre (via la Turquie) en Syrie et que 1 160 personnes avaient été expulsées pour des liens entretenus avec des organisations djihadistes. Un déballage de chiffres coutumier de la part du gouvernement Davutoglu, censé anticiper les éventuelles critiques des alliés occidentaux de la Turquie. En effet, le pays - toujours frileux à l'idée de s'engager dans la coalition contre l'EI - est suspecté d'avoir longtemps fermé les yeux sur le transit par son territoire de nombreux candidats au djihad partis combattre les forces de Bachar el-Assad, ennemi déclaré d'Ankara.
Depuis plusieurs mois, le gouvernement turc est même régulièrement accusé de soutenir clairement l'organisation terroriste de l'EI dans sa guerre contre le régime syrien et les forces kurdes du PYG (branche syrienne du PKK), seconde bête noire du pouvoir turc. Fourniture d'armes, de matériel, d'assistance logistique et médicale, achat de pétrole de contrebande en provenance du califat autoproclamé, entraînement des djihadistes et soutien des renseignements : autant d'accusations systématiquement balayées par la Turquie. À cela elle rétorque que c'est elle, et elle seule, quiaccueille sur son sol et à ses frais 1,6 million de réfugiés syriens fuyant la barbarie du régime de Damas et la menace djihadiste.
Une menace qui, après la publication de ce rapport (et les alertes des services américains), ne semble plus si éloignée de la Turquie. Au sein même de la République, l'imprégnation serait bien réelle. À l'automne 2014, le New York Times et Newsweek affirmaient - provoquant par la même occasion l'ire d'Erdogan - que certains quartiers défavorisés des grandes villes turques serviraient de base de recrutement à l'EI, dont Ankara, la capitale, et Istanbul, la plus grande ville du pays. Un constat que confirme Gunes Murat Tezcur, maître de conférences en sciences politiques à la Loyola University Chicago. À Istanbul sont particulièrement concernés "Bagcilar et Gaziosmanpasa, deux districts situés sur la rive européenne de la ville". En plus de fournir des recrues à l'EI, ces quartiers "abriteraient également de vastes réseaux islamiques, dont certains soutiennent activement les efforts des djihadistes".
Des recrues dont Gunes Murat Tezcur et son collègue Sabri Cifti ont voulu dresser un portrait type. Les djihadistes turcs seraient en majorités des hommes, au profil socioprofessionnel divers (du fonctionnaire à l'étudiant, en passant par l'avocat), dotés d'un niveau d'éducation plus élevé que la moyenne nationale et issus de toutes les régions de Turquie (avec une forte présence de Kurdes). Parmi eux, on compte plusieurs vétérans des guerres de Bosnie, de Tchétchénie ou d'Afghanistan. Les deux hommes rappellent que si cet islam radical a pris de l'ampleur en Turquie, c'est à sa politique interne que l'AKP le doit : "La radicalisation en Turquie va de pair avec l'évolution ces dernières années de la société civile et des institutions politiques sous les gouvernements AKP." L'ère Erdogan, marquée par une nette amélioration de la situation économique du pays, s'est également illustrée - dans ses premières années - par une plus grande ouverture en matière de libertés (expression, presse, associations, etc.) et un retour de l'islam dans le champ politique dont les activistes radicaux et djihadistes ont su largement profiter pour s'implanter dans la société turque.
Une poussée radicale qui a également fait les affaires d'al-Nosra (mouvance djihadiste implantée en Syrie et affiliée à al-Qaida) et dont la force de nuisance en Turquie inquiète les renseignements turcs. "L'EI est certes une plus grande menace pour la région par sa capacité d'action et par son aspect plus violent et cruel qu'al-Nosra, mais la branche d'al-Qaida représente un danger plus grave pour la Turquie par son influence croissante et sa normalisation dans le pays", analyse ce professeur de sciences politiques d'une université privée d'Istanbul qui souhaite rester anonyme. Une présence qui ne serait pas enrayée par l'AKP, bien au contraire. Plusieurs observateurs affirment que le pouvoir turc aiderait même indirectement la mouvance djihadiste, ennemi déclaré du régime de Damas. Un "soutien discret" toujours d'actualité, selon l'universitaire. "L'AKP fonctionne à travers un vaste réseau d'ONG et de groupes islamiques radicaux qui soutiennent activement l'action d'al-Nosra et recrutent des jeunes religieux pour la cause."
Un enrôlement particulièrement efficace - qui tend à échapper au pouvoir - dans les universités, mais aussi auprès d'une jeunesse défavorisée et vulnérable. Une sphère djihadiste multiple qui représente une véritable menace intérieure qui serait dirigée contre les intérêts occidentaux et qui pourrait se complexifier avec le retour des combattants djihadistes. "Comme on l'a vu à plusieurs reprises après l'Afghanistan, l'Algérie, la Bosnie, ces ex-combattants ne déposent que rarement les armes une fois rentrés au pays", explique l'universitaire turc. Et de rajouter : "La Turquie ne s'y est pas préparée."
dimanche 18 janvier 2015
L’Europe au pied du mur
L'Europe unie est en guerre contre le terrorisme. Depuis hier soir nous savons que les menaces ne sont pas exclusivement hexagonales, mais qu'elles visent toute l'Union. L'intervention de la police belge pour mettre hors d'état de nuire une cellule djihadiste a fait la démonstration que les réseaux s'activent et sont à la man'uvre pour tenter de déstabiliser le Vieux Continent.
L'Europe unie ne doit pas s'étonner de la présence de bases et de filières du terrorisme djihadiste en Belgique. C'est une réalité assez ancienne. C'est en effet chez nos voisins que fut planifié l'attentat contre Massoud. C'est en Belgique que s'est produit l'attentat contre le Musée juif de Bruxelles, le 24 mai 2014. C'est en Belgique qu'existent des filières de fournitures d'armes de guerre. Les enquêteurs français ont de forts soupçons sur l'approvisionnement dans ce pays des frères Kouachi et de Coulibaly, dans les semaines passées. La Belgique abrite des organisations d'inspiration salafiste, parfaitement connues et repérées, filières d'endoctrinement et de recrutements de jeunes radicalisés pour un départ en Syrie. Ces organisations 'uvrent auprès des jeunes précaires et en rupture sociale. Les spécialistes estiment à trois cents, les engagés djihadistes Belges partis en Syrie ou en Irak.
L'Europe unie va être au pied du mur. Personne ne pourra dire qu'il est protégé de ce cancer. La mondialisation du terrorisme s'appelle ici djihadisme européen. Donc l'Europe doit agir. Il est probable que nos concitoyens qui ont aimé les directives européennes sur les nitrates ou sur la forme idéale des légumes à mettre sur les marchés, aimeront davantage une action concertée et forte de l'Union contre le terrorisme.
L'Europe unie doit s'emparer du dossier au-delà des incantations. D'abord en participant au financement pour une lutte dont actuellement une grande partie du coût est supportée par la France et par la Grande-Bretagne. Ensuite, en créant une organisation de l'antiterrorisme, et enfin en contrôlant nos ressortissants qui partent ou qui rentrent de Syrie avec des projets criminels.
Un effet presse écrite
La presse écrite ira-t-elle mieux ? Pas de précipitation. Mais la séquence d'actualités que nous vivons a ramené les lecteurs devant les kiosques et dans les maisons de la presse. Première observation de cette semaine tragique : les ventes inhabituelles des journaux papier.
À événements exceptionnels, ventes exceptionnelles. Les titres de la presse nationale ont affiché des taux de vente de + 40 % à + 50 %, le 8 janvier. La presse quotidienne régionale est a + 30 % en moyenne, comme les éditions de notre journal avec une pointe à + 65 % pour l'édition de Clermont-Métropole. Une tendance qui, malgré un fléchissement, a montré une constante dans les jours qui ont suivi.
L'attentat contre une rédaction n'est pas pour rien dans cette envie pressante de lire un journal papier. Il s'agissait d'abord d'un acte de solidarité porté par l'émotion envers ce type de presse. Quel qu'il soit. L'attente de l'édition du Charlie Hebdo de mercredi a conduit beaucoup de Français chez les diffuseurs de presse, des lieux où ils n'allaient plus. Et finalement chacun repartait du kiosque avec un journal sous le bras, Charlie Hebdo ou un autre titre.
Ce regain d'intérêt pour la presse écrite traduit également une reconnaissance de légitimité, une attente d'explication, un désir de comprendre, une recherche de sens, pour aller au-delà du déroulé en « live » de l'information à haute vitesse des chaînes en continu et des directs des sites Web. Ici la prime au journal est d'abord la prime à l'écrit. Dans un contexte de grande violence et de forte demande de solidarité de la communauté nationale, le journal papier est un outil de partage, mais aussi un outil à conserver pour la mémoire commune. Cette tragédie a par ailleurs réconcilié (pour combien de temps ?) les Français avec trois corps intermédiaires pourtant très décriés ces dernières années : les policiers, une partie des hommes politiques et les journalistes. Pour ces derniers, la nécessité d'une presse écrite qui explique n'est pas étrangère au retournement d'opinion.
Les étrangetés de l’air du temps
Une semaine après les attentats terroristes qui ont ensanglanté Paris, l’air du temps a quelque chose d’étrange, d’extrêmement lourd, chargé d’incongruités. « Et vous, êtes-vous Charlie? » devient la question rituelle de tous les interviews, radio, presse, télévision.
Ne pas être Charlie revient à se singulariser, ringardiser, se placer à contre-courant, endosser une image douteuse. Nous assistons à un curieux basculement, qui voit le chantre de l’anticonformisme et de la contestation par l’humour devenir un label de convenance. Ses créateurs auraient-ils apprécié? Qui peut le dire? Hier matin dans le bus qui m’emmenait à mon travail, j’entendais cette histoire d’un homme d’une trentaine d’années, ayant fait la queue devant le kiosque à journaux dès 5 heures du matin, pour acheter un stock d’exemplaires et les revendre plusieurs fois leur prix au marché noir. La « récup », c’est maintenant… Et puis, en vertu de l’union sacrée, un silence pesant écrase le pays. Pour qui se souvient des suites de l’affaire Mehra en mars 2012, l’absence aujourd’hui de toute polémique, de toute discussion, voire velléité de questionnement sur les failles éventuelles de la puissance publique dans ce bain de sang, a quelque chose de sidérant. Souvenons nous de la mise en cause violente du président de l’époque, de son ministre de l’Intérieur, des services de renseignement. Le silence aujourd’hui, l’Omerta qui règne est invraisemblable. On sait que les médias sont largement acquis au pouvoir actuel, à 80%. Oui, mais là, c’est grave car ce genre de questions fait partie de la démocratie. L’union nationale, même sous la Grande Guerre de 1914-1918, n’a jamais interdit de légitimes interrogations sur la conduite des opérations, qui s’exprimaient alors à la Chambre. Mais il y a plus grave. Certes ce drame a profondément traumatisé la France. Mais il ne donne pas lieu, sauf exception, au débat de société qui devrait s’imposer. Il soulève à mes yeux des questions fondamentales de civilisation sur l’échec du monde occidental face à l’islamisme radical, le séisme planétaire que représente l’instauration de l’Etat islamique d’Irak (daesh) et l’impuissance du monde occidental, le désastre engendré dans les sociétés européennes par le modèle communautariste et le repli identitaire, l’effroyable chaos des « cités de non droit », largement occulté et ignoré par « la France d’en haut », la fragmentation de la société française qui remonte à des décennies et ne fait que s’aggraver, sa violence, verbale, physique, le déclin de l’autorité, au sens noble du terme, et de la solidarité nationale – le lien de fraternité. Le silence qui pèse sur ces sujets fondamentaux, tenant à la conception même du monde, de la société et de son Etat, ses orientations et son devenir, ne fait qu’aggraver la tension perceptible en ce moment, le désarroi général et le sentiment de fatalisme.
NB: je remercie par avance les auteurs de commentaires, et je demande à certains de bien vouloir comprendre qu’un modeste blog d’échanges et de réflexion partagée comme celui-ci, n’a pas vocation à héberger des propos partisans ou de propagande en faveur de personnalités ou de partis, et encore moins des déclarations fustigeant des personnes, des groupes de personnes. Des mots déplacés ou scandaleux auraient pour effet immédiat de m’obliger à mettre fin à ce blog dont je suis personnellement responsable du contenu. Or, il est ma créature de quatre années, reçoit désormais 1000 à 2000 visites chaque jour; j’y tiens beaucoup, et je le protègerai jusqu’au bout en empêchant ce genre de dérapages. C’est ainsi. La « toile » est vaste et il existe de multiples blogs ou sites se prêtant mieux au défoulement des passions. Sincèrement, merci de votre compréhension.
vendredi 16 janvier 2015
Fanfan et Manu
Dieu que l’amour est une jolie chose ! Il est encore plus émouvant lorsqu’il surgit au sommet de l’Etat. Car, tant à l’Elysée qu’à Matignon, on le proclame : jamais les relations entre le Président et le Premier ministre n’ont été aussi bonnes. L’entente est totale, la confiance infinie. Les tragédies de l’autre semaine ont accouché d’un alliage censé être indestructible. Au point que les conseillers du Château parlent d’ « une profonde fusion de l’exécutif ». Et ceux du chef du gouvernement sont encore plus explicites : pour eux, « il s’agit d’une extraordinaire articulation du duo ». Les mauvais esprits verront une opération de communication de ces extatiques. Qu’ils glosent. Chut, nous, ne réveillons pas les deux amoureux : Fanfan et Manu sont en pleine lune de miel.
Fort sur les principes, faible sur leur application
Le modèle républicain ? Depuis des années, c’est une République abstraite, aussi idéalisée qu’irréelle, que l’on convoque à tout bout de champ. Et un citoyen rêvé – forcément libre, égal et fraternel – que l’on invoque pour mieux masquer notre impuissance à freiner la désintégration sociale. Comme si à la montée patente du communautarisme, il suffisait d’opposer la tradition de l’intégration par assimilation. Comme si la fabrique d’inégalités sociales qu’est devenu notre système scolaire pouvait être sauvée à force d’égalitarisme forcené.
Comme si face à l’inquiétante invasion du fait religieux à l’école ou dans l’entreprise, répéter « laïcité, laïcité, laïcité » réglait pour partie la question. Fort sur les principes, faible sur leur application, aveugle à leur violation : telle a été la règle.
Bien sûr, il faudra du temps pour donner du sens à l’immense mouvement de fraternité du 11 janvier. L’émotion passée, la tentation sera pourtant grande pour les uns et les autres d’appliquer la grille de lecture qui prévalait avant l’effroyable drame pour expliquer comment rénover – ou non - le modèle républicain. Sur le service militaire, sur la loi de 1905, sur la liberté d’expression ou sur l’intégration, déjà le débat s’engage. Rien de plus naturel.
Mais face à la dignité et à la maturité dont a fait preuve la nation, il serait dommage (pour ne pas dire dangereux) que cette confrontation des idées repose sur des a priori biaisés, des clichés éculés, les dénis habituels plutôt que sur la réalité.
Sans vrai diagnostic sur les failles et les faillites du système, la réinvention d’un « modèle » devenu inefficace ne mènerait à rien.
Philippe Tesson dérape: "C'est pas les musulmans qui amènent la merde en France aujourd'hui?"
Lors d'un débat diffusé sur Europe 1, le journaliste Philippe Tesson s'est laissé aller à des propos islamophobes, accusant les musulmans d'être responsables des manquements à la laïcité en France.
Qu'est-il arrivé à Philippe Tesson? Sur Europe 1 ce mercredi, le journaliste s'est lancé dans une diatribe anti-musulmansparticulièrement violente.
Invité par Jean-Marc Morandini dans son émission Le Grand Direct de l'actu, le journaliste de 87 ans, fondateur du Quotidien de Paris, était là pour intervenir dans un débat portant sur la laïcité et les établissements scolaires religieux, avant d'élargir à la question de l'islam en France.
"Ce qui a crée le problème, ce n'est quand même pas les Français" (sic)
Après avoir rappelé les grands principes de la loi de 1905, qui a établi la séparation de l'Eglise et de l'Etat, Philippe Tesson a abordé les manquements à la laïcité dans certains établissements scolaires, comme le rapporte le site internet Arrêt sur Images: "Ce qui a créé le problème, ce n'est quand même pas les Français (...)D'où vient le problème de l'atteinte à la laïcité sinon des musulmans? On le dit ça? Et ben moi je le dis!" Et d'en rajouter une couche en interpellant Jean-Marc Morandini: "C'est pas les musulmans qui amènent la merde en France aujourd'hui? Il faut le dire quoi!"
Double erreur de la part de Philippe Tesson, ancien chroniqueur du Canard Enchaîné, du Figaro, du Point et deValeurs actuelles. D'abord comme citoyen, puisque les propos tenus sont susceptibles de le conduire devant les tribunaux pourdiffamation, injure, et/ou incitation à la haine.
Le chroniqueur est aussi dans l'approximation sur le plan professionnel. Les manquements à la laïcité dans les établissements scolaires sont aussi le fait d'autres religions, comme le montrait très bien dès 2004 ce rapport qui fait référence, commandé par Luc Ferry, alors ministre de l'Education nationale.
Une plainte déposée
Lundi, le Conseil français du culte musulman relevait une explosion d'actes hostiles à l'égard de la communauté et listait une cinquantaine d'actes antimusulmans. Ce jeudi, le président de la République François Hollande soulignait encore que les musulmans étaient les "premières victimes du fanatisme, du fondamentalisme, de l'intolérance".
Selon les informations du Parisien, une plainte pour incitation à la haine raciale a été déposée le 14 janvier auprès du tribunal de grande instance de Paris.
"Il me semble avoir dit une évidence"
Joint par Le Parisien, Philippe Tesson persiste et signe: "Il me semble avoir dit une évidence". "Lorsque j'évoque les musulmans, je ne parle pas de l'ensemble de la communauté musulmane, j'utilise un terme générique, et je pense que tout le monde a compris" s'étonne le journaliste. Et de conclure: "J'ai toujours été comme ça, je dis ma vérité. Je n'attaque pas l'ensemble des musulmans. Je comprends que cela ait pu blesser certains, je le regrette, mais j'ai toujours dit les choses de manière très crue, et ce n'est pas à mon âge que l'on va me changer".
Vivre ensemble
Au-delà de tout discours péremptoire ou grandiloquent, on ne pourra pas dire que les assassinats des fanatiques islamistes, la semaine passée, n'ont pas changé la France. On ne pourra pas dire non plus que la grande marche du 11 janvier n'a pas marqué une volonté de rupture avec nos petites ou grandes renonciations.
Dans leur sauvagerie, les fous d'Allah ont contraint dirigeants et citoyens de notre pays à un douloureux « devoir d'inventaire », jusque-là refoulé, mais nécessaire à la construction d'un véritable vivre ensemble. Il a fallu pour cela mettre sur la table des vérités dérangeantes, trop longtemps dissimulées par les politiques.
On n'osait pas qualifier les terroristes d'islamistes, par crainte d'amalgame, on n'osait pas évoquer les désordres communautaristes grandissants dans les classes, par crainte de contagion. Ces « pudeurs », sans rien régler, n'ont fait que nourrir les fantasmes d'une partie de l'opinion et les réflexes identitaires. Les massacres d'il y a une semaine ont tout changé. Ils ont tué les non-dits.
Le grand mérite de François Hollande, en cette période, a été d'impulser ce mouvement de réflexion par des discours de vérité, fermes, équilibrés et rassembleurs. Hier matin, à l'Institut du Monde arabe, il a délivré un message d'apaisement aux Français de confession musulmane qui « ont les mêmes droits et les mêmes devoirs que tous les citoyens et doivent être protégés ». Après les hommages rendus par l'exécutif aux victimes juives des attentats, les responsables musulmans attendaient ces paroles de réconfort.
Que les imams, trop longtemps mutiques sur les attentats, participent au dialogue démocratique et calment les jeunes des cités, cloîtrés dans le refus de toute injonction à défiler ou se justifier, constitue une avancée. Le chemin sera encore long, bien sûr, pour surmonter toutes les incompréhensions. Les réactions virulentes suscitées dès mercredi, par la Une de Charlie Hebdodans les milieux musulmans, montrent combien les règles du vivre ensemble demanderont de sens aigu des responsabilités pour concilier la liberté des uns et le respect des autres.
Coup de gueule
Coup de gueule
Certes le temps est au deuil et au recueillement en souvenir des assassinés et au soutien pour les familles....
Mais je pousse un coup de gueule !!!
JE NE COMPRENDS PAS et NE SUPPORTE PAS QUE L'ON ME DEMANDE DE NE PAS FAIRE L'AMALGAME...
JE NE COMPRENDS PAS et NE SUPPORTE PAS QUE L'ON ME DEMANDE DE NE PAS FAIRE L'AMALGAME...
Oui "JE SUIS CHARLIE"
Oui JE SUIS POUR UNE MIXITÉ"
Nos politiques dans leur ensemble demandent aux Français de ne pas faire l'amalgame entre les attaques parisiennes et
les Musulmans de France.
Désolé mais :
Lorsque lentement, insidieusement, les arbres de Noël disparaissent de nos écoles, je fais l'amalgame.
Lorsque lentement, insidieusement, les crèches disparaissent de nos hôtels de ville, je fais l'amalgame.
Lorsque lentement, insidieusement la viande de porc est supprimée dans les cantines scolaires, je fais l'amalgame.
Lorsque des "petites merdeuses" nées en France se promènent voilées dans les rues de nos villes en nous narguant, je
fais l'amalgame.
Lorsque je fais mes courses en super marché ou les femmes voilées sont légion, je fais l'amalgame.
Cet amalgame est encouragé par la lâche complicité des hommes politiques qui, pour récupérer des électeurs acceptent
de baisser leur froc.
Jusqu'à quand ? ? ? ?
Faut il attendre un autre "Charlie Hebdo" ? ? ?
mercredi 14 janvier 2015
La Grèce bouscule le calendrier de la BCE
Décryptage. Loïc Signor interroge Cyrille Lachèvre, journaliste économique à l'Opinion, sur la renégociation de la dette grecque.
Grèce : pourquoi Antonis Samaras joue la carte sécuritaire
Récupérer les attentats de Paris
Aussi son parti, Nouvelle Démocratie (ND), exploite-t-il non sans outrances les attentats commis sur le sol français la semaine dernière. Dans un clip de campagne lancé lundi 12 janvier et traduit en français par le site d'information Okeanews, ND utilise des images de la marche parisienne du 11 janvier pour proclamer que « au moment où l'Europe s'arme, Syriza propose le désarmement des agents de police, la suppression des prisons de haute sécurité pour les terroristes et la naturalisation sans règles... » Et de conclure : « Avec Nouvelle Démocratie, la sécurité des Grecs n'est pas négociable. » Déjà, le soir même de l'attaque contre Charlie Hebdo, le 7 janvier, Antonis Samaras, dans un meeting avait fait le rapprochement entre cet attentat et la naturalisation des migrants clandestins soi-disant souhaitée par Syriza, la coalition de la gauche radicale qui est actuellement en tête des sondages.
L'échec de la peur du Grexit
Désormais, Antonis Samaras ne manque pas une occasion d'insister sur sa volonté de protéger les Grecs et de soutenir les forces de l'ordre. En réalité, la volonté de mener la campagne sur ce terrain traduit un échec : celui de l'utilisation (comme lors du précédent scrutin en juin 2012) de la peur pour amener les Grecs à « bien » voter. La menace de « Grexit », agitée fort opportunément par le gouvernement allemand le 3 janvier via l'hebdomadaire Der Spiegel, n'a pas impressionné les Grecs, ni Syriza.
Le parti d'Alexis Tsipras a affirmé très clairement qu'il ne souhaitait pas sortir de la zone euro. Du reste, cette menace a fait l'effet d'un boomerang puisque la menace a rendu les marchés très nerveux, prouvant dans les faits qu'un Grexit ne serait pas aussi anodin que le pense le gouvernement allemand... Il a donc cessé rapidement d'être agité, y compris par Berlin.
Des sondages inquiétants pour Antonis Samaras
Le boomerang a également frappé Antonis Samaras qui, comme le titrait en une lequotidien Avgi mardi 13 janvier, a toutes les raisons de crier : « Au secours, sainte vierge! » Les sondages sont, depuis quelques jours, très favorables à Syriza. Après une réduction de l'écart entre ND et Syriza la semaine dernière, le voilà qui se creuse à nouveau. Une enquête de Public Views, sortie lundi, donne ainsi 38 % d'intentions de vote au parti d'Alexis Tsipras contre 30 % à celui d'Antonis Samaras. Un autre sondage, paru le même jour et réalisé par ProRata, attribue une avance de 5,5 points à Syriza (31 % contre 25,5 % pour ND).
Même si les deux alliés possibles d'Antonis Samaras, les sociaux-démocrates du Pasok et les centristes de To Potami, entraient au parlement, l'actuel Premier ministre ne semble pas en mesure de former une majorité au parlement. Pour le moment, Syriza non plus, mais sa probabilité d'en obtenir une est, chaque jour, plus élevée.
Maigre bilan économique, faible programme économique
C'est qu'Antonis Samaras ne peut guère s'appuyer sur son bilan économique. Les vertus de l'excédent primaire ne séduisent guère les Grecs qui, dans leur vie quotidienne, continuent de subir les conséquences de la crise et de l'austérité. Son incapacité à obtenir, malgré cet excédent primaire, une renégociation sur la dette comme les Européens le lui avaient promis en 2012, a sapé une bonne partie de sa crédibilité, laquelle n'a pas résisté non plus à sa volonté hâtive de vouloir sortir du plan de sauvetage cet automne.
Enfin, les électeurs grecs n'auront pas manqué de remarqué que le programme économique de ND, publié lundi, semble assez fantaisiste : il s'agit d'obtenir une croissance annuelle de 4 % avec des baisses de taxes et la "poursuite des réformes". Antonis Samaras prétend en effet être le seul à pouvoir discuter avec l'Europe. Or, la Troïka réclame des hausses d'impôts et de nouvelles coupes budgétaires. Et chacun sait en Grèce qu'Antonis Samaras n'a jamais fait preuve de beaucoup de résistance face aux Européens...
Antonis Samaras dos au mur
Antonis Samaras est donc incapable d'incarner le besoin de changement qui est désormais très fort en Grèce et qui se concrétise dans le rejet des deux partis traditionnels ND et Pasok, donné au mieux à un peu plus d'un tiers des suffrages exprimés. Acculé, il retrouve ses réflexes nationalistes qui, au début des années 1990, l'avait déjà mis en avant. A l'époque, il avait claqué avec fracas la porte de la Nouvelle Démocratie et fait chuter le gouvernement Mitsotakis sur la question macédonienne. Il peut espérer ainsi jouer sur un certain rejet de l'immigration dans certains milieux. Mais l'importance de l'économie dans le choix du 25 janvier rend sans doute cette stratégie perdante.
D'autant que, si Antonis Samaras reste plus populaire sur le plan personnel qu'Alexis Tsipras, ce dernier apparaît nettement plus serein. A Kavala, mardi, il a tranquillement répondu à son adversaire que « l'on ne peut rien construire avec des attaques sombres et de la peur ». C'est donc en posture d'homme d'Etat que se place Alexis Tsipras face à un Premier ministre qui semble perdre pied...
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