TOUT EST DIT

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dimanche 20 mai 2012

Taubira veut supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs

Après la condition pénitentiaire, la permanence de l'antenne des mineurs au palais de justice de Paris. La garde des sceaux, Christiane Taubira, qui a consacré sa première sortie ministérielle, vendredi 18 mai, à un tournoi de basket entre détenus et surveillants au palais omnisports de Bercy, a poursuivi dimanche 20 mai la visite symbolique des lieux dans lesquels la nouvelle majorité entend marquer la rupture avec la politique du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Couloirs étroits, plafonds bas, lumières tristes, bureaux de permanenciers surchargés, la ministre a découvert en milieu de matinée "l'arrière-cuisine" du palais de justice, selon la formule du premier président de la cour d'appel de Paris, Jacques Degrandi.
Au tribunal pour enfants, où elle s'est entretenue avec une représentante du parquet et avec une juge pour enfants, Christiane Taubira a aussi retrouvé une connaissance de longue date, Pierre Joxe, qui assurait ce dimanche la permanence d'avocat commis d'office. Entré au barreau de Paris à sa sortie du Conseil constitutionnel, l'ancien ministre de l'intérieur et de la défense se consacre exclusivement à la défense des mineurs et milite pour le respect de l'ordonnance de 1945, dont les principes fondateurs ont été remis en cause sous le gouvernement précédent.
"REDONNER À LA JUSTICE POUR MINEURS SA SPÉCIFICITÉ"
La réaffirmation de la "primauté de l'éducatif sur le répressif", l'individualisation et l'atténuation de la peine liée à la minorité, et la suppression des dispositions de la loi du 10 août 2011 créant un tribunal correctionnel pour mineurs, figurent parmi les engagements du président de la République, François Hollande, tels qu'il les avait notamment rappelés en avril 2012 dans une lettre adressée à la présidente de l'Association française des magistrats de la jeunesse et de la famille, Catherine Sultan.
Pour la nouvelle garde des sceaux, cette lettre constitue une "feuille de route". "Les mineurs sont des citoyens en devenir, il est nécessaire de redonner à la justice des mineurs sa spécificité", a indiqué Christiane Taubira face à des professionnels manifestement soulagés de voir "les orientations réorientées", selon la formule de Pierre Joxe.
BASSE DU PLAFOND, VOILÀ TAUBIRA  DANS SES ŒUVRES

Bayrou n'exclut pas une fin de l'euro

Le patron du MoDem relève que "des milieux de la banque s'y préparent". 

Le président du MoDem François Bayrou a estimé dimanche 20 mai que la fin de l'euro était possible en raison de la crise en Grèce et en Espagne.
Interrogé par le "Grand Jury" de RTL/LCI/Le Figaro pour savoir si "la fin de l'euro est possible", l'ancien candidat centriste à l'élection présidentielle a répondu: "Oui et je dis cela sans joie, et je dis cela avec de très grandes craintes, mais je pense que si on ne fait pas attention, on peut avoir de graves accidents".
"Je pense qu'il y a des milieux qui s'y préparent et le souhaitent. J'ai lu beaucoup de déclarations, y compris en Allemagne, de milieux qui sont des milieux de la banque allemande qui non seulement s'y préparent, mais envisagent cette hypothèse sans inquiétude", explique François Bayrou.
"Je ne sais pas si vous mesurez ce que cela signifierait pour nous tous", a ajouté François Bayrou, fervent défenseur de la construction européenne et de la monnaie unique.
"Je n'ai pas dit que la fin de l'euro était proche, même pas dit qu'elle était probable, j'ai dit qu'elle était possible si on multipliait les bêtises", a-t-il immédiatement précisé, en réponse aux questions des journalistes.
"Je pense que l'euro est viable pourvu qu'il se dote d'une direction politique sérieuse et réactive", a-t-il souligné.
"En France, on sous-estime la crise qui vient, le tsunami qui risque de prendre naissance en Grèce", a-t-il déploré. "C'est le tsunami du doute et du soupçon. Dans une zone monétaire qui a une monnaie unique, comme la zone euro, quand tout à coup, on n'a plus confiance dans les prêts que l'on fait, dans la parole des Etats, dans la parole des banques, à ce moment là, de partout, il y a une déstabilisation qui se met en place".
"C'est un conseil que je donne à ceux qui ont les responsabilités: s'ils peuvent tout faire pour que la Grèce ne s'effondre pas, qu'ils le fassent", a-t-il lancé.

MAIS ON SE FOUT TOTALEMENT DE L'AVIS DE CE CONNARD !!!!

Badinter veut la fin de la présence à vie des ex-présidents au Conseil constitutionnel

Alors que Nicolas Sarkozy devrait s'installer au Conseil constitutionnel, dont il est désormais membre de droit, l'ancien Garde des sceaux, demande, dans une tribune publiée samedi, que soit mis fin à cette exception française. 

La présence à vie des ex-présidents de la République au sein du Conseil constitutionnel est une insoutenable exception française, proclame Robert Badinter. Dans une tribune publiée dans Le Monde, samedi, l'ancien Garde des sceaux souhaite qu'il y soit mis fin. Sa prise de position intervient alors que la plupart des proches de Nicolas Sarkozy ont pronostiqué que celui-ci reprendra son activité d'avocat et s'installera au Conseil constitutionnel, dont il est désormais membre de droit. Un bureau lui est d'ores et déjà réservé au Palais-Royal. 
Deux autres ex-chefs de l'Etat, Valéry Giscard d'Estaing, 86 ans, et Jacques Chirac, 79 ans - qui n'y siège plus depuis mars 2011 - sont membres de droit du Conseil constitutionnel, s'ajoutant aux neuf membres nommés. 
Robert Badinter argumente que les anciens présidents "ne prêtent pas serment comme les membres nommés du Conseil" et que donc, "ils ne sont pas tenus de respecter toutes les obligations qui pèsent sur les membres du Conseil, notamment celle de ne pas intervenir publiquement dans les débats politiques". 
De même, "qu'ils fassent l'objet de condamnations pénales ne les expose à aucune mesure de suspension, voire de révocation de leurs fonctions". 
Une institution qui s'est transformée "en instance juridictionnelle"
Le président du Conseil constitutionnel de 1986 à 1995 fait valoir aussi qu'au fil du temps, et plus encore depuis l'introduction dans le droit de la Question prioritaire de constitutionnalité (QPC), l'institution s'est transformée "en instance juridictionnelle". 
Selon lui, "l'arrivée du président Sarkozy au Constitutionnel met en lumière le risque de déstabilisation et la composition de l'institution dans l'avenir". "La durée de vie s'allongeant, on verra d'anciens présidents, toujours plus nombreux", le mandat présidentiel ayant été réduit de sept à cinq ans, "siéger pendant des décennies en sus des membres nommés pour neuf ans", prédit-il. 
Pour Robert Badinter, "il n'est que temps d'en finir avec cette aberration institutionnelle". "Nous attendons donc du président Hollande qu'à l'occasion de la révision annoncée du statut du président de la République, il soit mis un terme à cette insoutenable exception française", conclut l'ex-Garde des sceaux. 
AH ! BADINTER, LE PENSUM, LA PLAIE, LE CON. 
CE TRISTE SIRE NE VEUT PAS QUE SON PETIT STAGIAIRE SOIT GÊNÉ PAR LES SAGES DE DROITE.

Najat Vallaud-Belkacem renonce aux législatives

Fraîchement nommée ministre aux droits des femmes et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem renonce à se présenter aux élections législatives à Lyon pour se consacrer à son portefeuille.

«Pour mieux assumer cet engagement sans délai et cette implication sans partage, je fais toute confiance à Anne Brugnera, et à son suppléant, Walter Graci, pour mener, au nom de la majorité présidentielle, la bataille des législatives dans la 4eme circonscription du Rhône», écrit ce matin sur son site Najat  Vallaud-Belkacem.
A 34 ans, la benjamine du gouvernement, proche de Ségolène Royal, et qui fut une des quatre porte-parole de François Hollande dans la campagne électorale, avait déjà été candidate en 2007 dans cette circonscription lyonnaise remportée alors avec une large avance - 56,57% - par l’UMP Dominique Perben. Dans cette même circonscription, Nicolas Sarkozy a réuni 53,88% des voix le 6 mai.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé mercredi soir que les ministres qui seraient battus aux élections législatives de juin ne pourraient pas rester au gouvernement.
Philippe Meunier, député UMP du Rhône, a fustigé la décision de l'adjointe au maire de Lyon, de ne pas se présenter devant les électeurs. «Madame est servie... Les électeurs attendront!», «de qui se moque t’on?», a interrogé l’élu de la 13e circonscription (Meyzieu, Décines), co-fondateur du collectif de la Droite populaire, à l’aile droite de l’UMP.
LA PLACE EST TROP BONNE, POURQUOI PRENDRE LE RISQUE DE SE VOIR REJETÉE DANS L'OMBRE ??

Compteurs à zéro

L’esprit républicain est une bonne chose mais il n’est pas toujours désintéressé. S’il est probablement en harmonie avec les convictions profondes de Nicolas Sarkozy, il ne suffit pas, à lui seul, à expliquer l’attitude du président déchu au lendemain du 6 mai. Plus que la volonté de réussir sa sortie, tout semble indiquer qu’il s’est évertué à remettre les compteurs à zéro dans la perspective des législatives.


Dédouanant les siens en assumant seul la responsabilité de la défaite, il a refusé de mener la bataille des législatives pour l’UMP. Si c’est bien sa personne, plus que ses idées, qui a été rejetée, sa présence aurait d’avance plombé le résultat. Il ne suffisait cependant pas qu’il s’efface. Il devait aussi gommer les séquelles de la campagne présidentielle. En invitant à la commémoration du 8-Mai François Hollande, qui aurait peut-être dû refuser, il a coupé l’herbe sous le pied à ceux qui lui ont reproché de dresser les Français les uns contre les autres. Il a remplacé l’image d’une France divisée qui lui collait à la peau par celle d’une République unie devant la tombe du Soldat inconnu. Les mêmes qui l’accusaient d’avoir piétiné durant cinq ans l’esprit de la constitution et les valeurs de la nation lui ont décerné un brevet de bon républicain se privant ainsi de leurs meilleurs arguments. Un beau tour de passe-passe qui permet à la droite de se présenter aux législatives sans handicap rédhibitoire.
Du coup, la pression est sur le camp du vainqueur en quête d’une majorité à l’assemblée nationale. Pour le PS, coincé entre une droite qui a perdu son épouvantail à voix et un Front de gauche qui, depuis la chute de Sarkozy, n’a plus de raison de soutenir Hollande, les législatives ne sont pas gagnées d’avance. D’autant que, pour l’instant, les mesures symboliques prises par le gouvernement sont plutôt ambiguës : le revenu des ministres baisse mais le gouvernement coûte plus cher, les ministres battus partiront mais Najat Vallaud-Belkacem et Christiane Taubira renoncent à obtenir l’onction du suffrage universel entachant d’une certaine lâcheté la charte de déontologie.
Cependant, c’est essentiellement à l’aune de leur vie quotidienne que les Français éliront leurs futurs députés. Là, ce sont les nouveaux gouvernants qui ont la main. Ils seraient bien inspirés de trouver de vraies mesures concrètes pour convaincre les électeurs que le changement c’est déjà maintenant et non après les élections. Sinon leur vie, et l’hémicycle, seront moins rose qu’espérés.

Dur d'être un Ayrault

On ne dira jamais assez du mal de Dieu qui a multiplié les langues pour punir les hommes. D'où les problèmes de communication, voire de diplomatie. Ainsi Jean-Marc Ayrault n'a pas de chance avec la langue arabe puisque son nom signifie paraît-il « pénis ». Pour contourner ce problème épineux (j'espère qu'épineux n'a pas de sens fâcheux), les médias arabes ont dû transformer quelque peu son nom. Jusqu'au ministère français des Affaires étrangères qui s'en mêle et conseille de transcrire phonétiquement toutes les lettres de Ayrault, y compris le L et le T. N'aurait-il pas été plus simple d'inverser le problème et de nommer le Premier ministre Jean-Marc Pénis, pénis ne voulant a priori rien dire dans la langue arabe.

Le cercle des grands
Cherchez le clown !!!


Quels vont être les premiers marqueurs de la nouvelle diplomatie française ? Avec un week-end partagé entre le sommet du G8 à Camp-David et celui de l'Otan à Chicago, le président de la République qui fait la connaissance de ses homologues n'a pas le droit à une séance d'apprentissage. Il doit entrer dans le vif du sujet aussi, pour effacer son inexpérience de la diplomatie et de ces rassemblements essentiels pour les orientations économiques et de défense, il est accompagné de quelques experts rompus aux réunions des plus grands de ce monde.


Inconnu, François Hollande doit se présenter et profiter de l'opportunité de la présidentielle américaine pour s'inscrire dans le sillage d'un Barack Obama favorable comme lui à une politique de croissance. Or, le Premier ministre britannique David Cameron a prévenu : il n'y a pas de croissance sans rigueur budgétaire ! L'État des finances publiques de la zone euro mais aussi la menace d'une nouvelle récession sont au cœur des discussions. Tous les dirigeants savent qu'un chômage très élevé persistant et une économie durablement moribonde sur le Vieux continent auront des conséquences lourdes sur le commerce mondial.
À cette insécurité économique s'ajoute l'instabilité qui résulte des guerres régionales et d'une menace terroriste moins visible mais toujours très présente. François Hollande qui est en désaccord avec la Maison Blanche sur la date de retrait des troupes d'Afghanistan, sur le projet de bouclier antimissiles et dubitatif sur l'approche de la question iranienne doit faire valoir son point de vue.
Il lui faut redire ce qu'il n'a cessé de décliner pendant sa campagne en France sinon il apparaîtra en retrait. Ce serait d'entrée un aveu de faiblesse devant ses homologues. Le président de la République doit s'imposer sans indisposer. L'homme des synthèses au Parti socialiste saura-t-il se montrer aussi subtil avec les chefs d'État et les généraux ? À lui de faire ses preuves.

L’étoffe des Ayrault

Gouvernement : la légion hollando-hollandaise
« Je préfère qu’il soit dedans et pisse dehors plutôt que dehors et pisse dedans » disait Clemenceau d’un de ses adversaires. Avec sa main de fer couverte d’un gant de velours, François Hollande a retenu la leçon du Tigre en proposant un grand ministère à son ancienne rivale Martine Aubry, histoire d’éviter toute cohabitation avec Solferino. Las ! Pour la maire de Lille, ce fut Matignon ou rien… Jean-Marc Ayrault nommé rue de Varenne, les aubrystes obtiennent néanmoins la part belle au gouvernement.

Un gouvernement qui manque de bouteilles, justement !!!
A commencer par Marylise Lebranchu, oubliable garde des Sceaux sous Jospin, qui résume l’esprit de la nouvelle équipe : « Objectif de rigueur mais obligation de résultat ». Mazette, la terreur rouge déferle sur l’Elysée, Matignon et tous les ministères, avant une éventuelle razzia sur le Palais-Bourbon. La preuve : le gauchiste Pierre Moscovici, formé à l’école strauss-kahnienne, hérite de Bercy, attifé au Budget de Jérôme Cahuzac, le rouge président de la Commission des Finances de l’Assemblée élu par une majorité d’élus UMP, qui doute ouvertement de la taxation des hauts revenus à 75%. Dieu merci, à la différence de 1981, aucun représentant du Front de Gauche, mélenchoniste ou néo-stal déguenillé, ne déboulera dans une administration ministérielle la bave aux lèvres et le couteau entre les dents. Cécile Duflot, en verte ministre de l’égalité des territoires et du logement, pourra s’en donner à cœur joie dans la construction d’habitats à la pollution renouvelable, pendant que Jean-Vincent Placé se consolera à la cantine du Sénat.
A la santé et aux affaires sociales, Marisol Touraine, digne fille de son père, l’éminent sociologue de la deuxième gauche, complète l’escouade social-démocrate également incarnée par le nouveau ministre du travail Michel Sapin et l’arrivée du sécuritaire de gauche Manuel Valls place Beauvau, qui fera peut-être un peu moins d’esbroufe que Claude Guéant à l’Intérieur.
Parmi ces trente-quatre hommes et femmes (dix-sept de chaque sexe, on a scrupuleusement compté !), seules deux fausses notes bouleversent la mélodie hollando-hollandiste : j’ai nommé Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, anciens compagnons du NPS devenus respectivement « ministre du Redressement productif » (en gros, l’industrie élargie) et ministre délégué à l’économie sociale et solidaire. Comme en 2000 Mélenchon et Lienemann, les tenants du protectionnisme européen joueront les assistants sociaux (masculinisons, il en restera bien quelque chose !) de la social-démocratie. Avec un enjeu notable à la clé : le rapport de forces avec l’Allemagne, notamment sur la politique de relance européenne, le dogme de l’euro fort et l’intangibilité d’une Banque Centrale Européenne rétive aux eurobonds proposés par le PS. Le premier sommet européen d’importance étant judicieusement programmé le lendemain du second tour des législatives, on observera si le volontarisme de Hollande passe sous les fourches caudines européennes, comme le triste précédent du traité d’Amsterdam, qui eut jadis raison de « l’Autre europe » jospinienne, nous incite à le penser. Comme disait Zemmour face à Najat Vallaut-Belkacem, « on en reparlera dans trois mois »…
La sémillante Najat, parlons-en. Au rayon gadgets du gouvernement Ayrault, sa promotion au ministère du droit des femmes, assorti d’un poste de porte-parole de gouvernement, en fait une Yvette Roudy glamour. Mais les autres égéries de la jeune garde socialiste ne sont pas en reste. Delphine Batho, ex bébé Julien Dray recyclée dans le ségolo-hollandisme, prend du galon auprès de la Garde des sceaux Christiane Taubira (un autre symbole…). Autre figure de proue du PS, Aurélie Filipetti, transfuge des Verts, investit le Palais-Royal, preuve de l’esprit d’ouverture et de diversité qui caractérise la nouvelle majorité présidentielle. A l’instar de Christine Albanel, la nouvelle ministre de la culture risque d’être mal accueillie par les lobbystes gays, qui estiment que ce poste est naturellement dévolu à l’un des leurs.
En esprits anarchiques, terminons ce passage en revue des effectifs par les premiers dans l’ordre protocolaire. Fabius au Quai d’Orsay, outre sa gémellité physique et astrale avec son prédécesseur Juppé, revêt les habits de l’éternel numéro deux du gouvernement. Décidément, au PS comme à l’UMP, il ne fait pas bon avoir été le « meilleur d’entre nous », premier ministre chouchou d’un ancien locataire de l’Elysée. En numéro trois, l’intellectuel Vincent Peillon, spécialiste du socialisme de Pierre Leroux, récupère l’Education nationale après avoir fait ses classes dans toutes les crèmeries du PS (NPS, Désirs d’Avenir, strauss-kahnie, Hollande…).
Cerise sur le gâteau, le ministère délégué aux anciens combattants est confié à une gueule cassée du socialisme : le jospinien Kader Arif, vétéran du 21 avril 2002, présidera aux commémorations des 11 novembre et 8 mai. L’étoffe des Ayrault, vous disais-je !

Investiture : Hollande, juge de son pair

Vincent Peillon est une sorte de M. Homais avec un physique de gendre idéal ! Il a parfois des phrases colériques, des mouvements de révolte sociale, alors il s’empourpre : on pourrait presque, dans ces moments intenses, le confondre avec une manière de Saint-Just pour musée Grévy1. S’il soutient un peu son effort, ce philosophe pour stade terminal, on le prendra pour un révolutionnaire.
Bref, M. Peillon y est allé de ses commentaires, à la télévision (TF1), en compagnie de l’ineffable Jean-Pierre Jouyet, naguère encore secrétaire d’État d’« ouverture », sous Sarkozy. Ils ne l’appelleront plus François, c’est fini ! Ils diront M. le Président, car il ne leur appartient plus, sa charge l’isole définitivement. M. Peillon sera-t-il ministre de l’éducation nationale ? Sa famille l’espère secrètement, lui le croit, car « le changement, c’est maintenant » ! Jean-Michel Ribes, le grand résistant du rond-point des Champs-Élysées, trouve à François Hollande « un sourire d’enfant » et, précise-t-il, « quelqu’un qui a un sourire d’enfant trouvera un chemin ! ».
La très jolie Delphine Batho semblait aux anges : son avenir s’ouvre sous les meilleurs auspices. Rendra-t-elle prochainement, au profit d’une famille moins favorisée qu’elle, son appartement de 108 m2, appartenant à la ville de Paris ? Son loyer mensuel est de 1 524 euros par mois, soit plus de 37 % inférieur au tarif du secteur privé, selon la chambre régionale des comptes. Une jeune députée qui gagne 7 100 euros brut mensuels, augmentés de 6 412 euros brut de frais de représentation et de 9 138 euros destinés à la rémunération de ses collaborateurs, a les moyens de s’offrir un logement au moins ajusté au prix du m2 de la location parisienne !
M. Hollande a eu des propos de réconciliation nationale. Il a rendu un bel hommage à tous les présidents de la Ve république – Charles De Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac. À chacun d’eux, il a accordé, fort élégamment, une vertu dont a bénéficié la nation entière. Mais Nicolas Sarkozy ne fut gratifié d’aucune qualité ; il lui adressa de simples et froid voeux « pour la nouvelle vie qui s’ouvre à lui ». Eh bien, cette manière de congédier son immédiat prédécesseur fut d’une insigne mesquinerie ! M. Hollande n’est pas juge des hommes d’État, M. Hollande n’est pas l’Histoire. Il vient à peine d’y entrer, dans quel état en sortira-t-il ?

  1. Jules Grévy (1807-1891), élu par deux fois président de la République.

Nicolas Sarkozy : « Plus jamais je ne me présenterai à une élection présidentielle »

Pour terrasser l'adversaire, Nicolas Sarkozy et François Hollande n'ont reculé devant aucune manœuvre. Mais loin des stratégies élaborées en petit comité, une autre campagne s'est déroulée. C'est cette aventure souterraine que révèlent Nathalie Schuck et Nicolas Barotte dans "Coups pour coups" (Extrait 1/2).
Et si tout se jouait à la fin ? Les débats n’ont jamais changé le cours d’une présidentielle. Mais celui-là ? On allait voir ce qu’on allait voir, promettait Sarkozy. Quelques jours avant le duel télévisé du 2 mai, il mime la scène devant des journalistes, faisant mine d’étrangler l’un d’eux : « Hollande, pendant le débat, je vais le prendre comme ça et je vais serrer, serrer, serrer… » Sûr de lui, il va le « débusquer ».
Excès de confiance. Le soir venu, le socialiste se montre pugnace. Hollande n’explose pas. À la fin, il inflige à son adversaire une longue tirade, d’ailleurs improvisée sur le moment. « Moi président… », répète-t-il seize fois. « Au bout de la troisième fois, je me suis mis à rigoler », raconte Aquilino Morelle, dans les loges, stupéfait que Sarkozy encaisse. « C’est dommage qu’il n’y ait pas eu de plans de coupe », s’amuse Hollande à la sortie. Au siège du PS, Ségolène Royal, Martine Aubry et Laurent Fabius, qui se partagent le canapé, affichent des mines enchantées. Ils ont même joué entre eux à savoir qui serait cité le plus de fois par Sarkozy ! Un ministre soupire : « Quelle déception. Par moments, il avait l’air désarçonné ».
Le Président dort mal, refait le match dans sa tête. « J’aurais dû parler de la dette abyssale de la Corrèze ». Lorsqu’il retrouve ses stratèges le lendemain, il sait qu’il n’a pas fait la différence. « Je regrette de m’être laissé enfermer sur mon bilan, mais je devais le défendre ». Il y croit encore. Le soir venu, coup de tonnerre : François Bayrou annonce qu’il vote Hollande, lequel apprend la nouvelle à la fin de son meeting de Toulouse. Les socialistes n’imaginent plus la défaite. Ils font la fête avant l’heure. « Pour quelqu’un de moyen, il a été pas mal lors du débat », s’esclaffe dans la foule Martine Aubry, se moquant de ses propres préjugés.
Seul comme jamais, Nicolas Sarkozy persiste à croire en son étoile. « Ce sera très très serré. Les résultats risquent d’être contestés comme Bush en Floride », glisse-t-il le vendredi. Hollande a vent de la confidence. « Ce ne sera pas possible », plaisante-t-il samedi sur le marché de Tulle. « Le candidat démocrate avait fait plus de voix que Bush. Si je fais plus de voix, je serai élu ». Mais sous son apparence joviale, il angoisse plus que jamais. Avec le maire de Tulle Bernard Combes, il échange quelques impressions : « Ça se resserre ». Son ami lui rappelle qu’il faudra repartir à la députation s’il n’est pas élu. « On verra ça demain », répond Hollande.
En cette veille de second tour, Sarkozy se donne encore « une chance sur deux ». Mais le soir, lorsqu’il découvre les derniers sondages confidentiels, il comprend que c’est bien fini.
Dimanche matin, 6 mai, jour de l’élection, Hollande n’en mène pas large cependant. « L’appréhension » de la victoire…
« Ça se termine comment, votre livre ? » nous interroge-t-il. « On verra ce soir », lui répondons-nous. Mais, sur le terrain, les retours sont tous excellents. À gauche, la victoire se prépare en humant aussi l’odeur de la division à droite. « J’espère que ça va saigner », se réjouit un proche du candidat.
À 17 heures, Nicolas Sarkozy convoque Henri Guaino, Xavier Musca et Guillaume Lambert dans son bureau pour rédiger ses adieux politiques. Édouard Balladur, Alain Minc et Claude Guéant le poussent à conduire son camp aux législatives. Il refuse. Et Carla s’y oppose. Devant quelques ministres et ténors UMP, il tue les derniers espoirs : « Plus jamais je ne me présenterai à une élection présidentielle ». Exit 2017 ? Pendant ce temps-là, à Tulle, François Hollande devient président comme si de rien n’était. Au conseil général, on vient féliciter le nouveau chef de l’État. La victoire était « logique » pour lui, raconte un témoin : « On ne peut pas dire qu’il y ait eu une surprise ». « Il a fallu attendre que son visage apparaisse à 20 heures pour qu’il y ait une explosion de joie partagée », souligne-t-on. Cette fois, on boit du champagne.
Peu après 20 heures, Nicolas Sarkozy appelle François Hollande, lui souhaite « bonne chance ». Le socialiste est seul à Tulle dans son bureau à ce moment-là. Valérie Trierweiler et Aquilino Morelle le rejoignent ensuite. À la Mutualité, devant ses partisans, un moment plus tard, visage blême, le battu tire sa révérence : « Je m’apprête à redevenir un Français parmi les Français ».
À 21 heures 20, son successeur s’exprime devant la cathédrale de Tulle. Hollande lance un appel attendu au rassemblement. Son discours se conclut sur un air d’accordéon : La Vie en rose, d’Édith Piaf. Il est euphorique comme rarement. Il embrasse sa compagne et retourne au micro pour dire un dernier mot aux Tullistes : « Nous ne nous séparerons jamais, je reviendrai ». Dans sa loge à Paris, avec son dernier carré de fidèles, Nicolas Sarkozy a presque l’air soulagé. Giscard d’Estaing, Sarkozy, même destin ? Début 2011, celui-ci confiait qu’il ne serait pas aigri par l’échec, contrairement à son prédécesseur : « L’Élysée, j’y reviendrai sans problème ». En attendant, c’est François Hollande qui file vers Paris. Dans la voiture qui l’emmène à l’aéroport de Brive, il reçoit des appels d’Angela Merkel et de Barack Obama. Direction la place de la Bastille, à Paris, en successeur de François Mitterrand.

Que veut François Hollande ? 


La pluie insistante du premier jour de son quinquennat ne l'a pas fait fondre. François Hollande n'est pas en sucre. C'est une certitude. La composition du gouvernement a montré sa capacité au pardon. François Hollande est souple. C'est une confirmation. On est sûr que la matière dont est fait le nouveau président de la République résistera à ces cinq années qui s'annoncent brutales. On se demande toujours, en revanche, quelle politique il va opposer à la crise.


Son élection n'a pas effrayé les marchés. Ils savent que les socialistes au pouvoir ne sont pas les ennemis de la finance. Mais ils voudront savoir ce que veut vraiment le nouveau président français. Et nous aussi.
François Hollande est un socialiste tempéré, tenant d'une social-démocratie à la française. La difficulté pour lui est qu'il arrive au pouvoir au moment où la social-démocratie européenne est en crise. Ce système politique, qui a fait les beaux jours de l'Europe du Nord, repose sur des fondations que la crise, justement, a ébranlées.
La social-démocratie vise une amélioration des conditions de vie du plus grand nombre par la redistribution des richesses. L'État providence, et une économie mixte, régulent les effets inégalitaires du libéralisme. Le dialogue social dans les entreprises atténue les tensions entre classes et renforce l'efficacité de l'appareil de production.
Mais on ne distribue que ce qu'on a. Or, la croissance faisant défaut, les richesses à distribuer stagnent, quand les besoins sociaux, eux, vont croissant.
On augmente donc les prélèvements obligatoires, qui ne jouent plus comme des amortisseurs sociaux, mais pèsent sur la compétitivité des entreprises.
La puissance syndicale, l'autre fondement du consensus national, s'appuyait sur des filières industrielles riches en main d'oeuvre. Or, l'émergence des services, la spécialisation industrielle au niveau mondial, ont redistribué les cartes. La classe ouvrière n'est plus ce qu'elle était.
François Hollande veut renouer avec la croissance. Mais comment ? Par la relance de la consommation (au risque d'augmenter les importations) ? Par de grands investissements publics (au risque d'alourdir la dette) ?
Il veut redonner du tonus à nos entreprises. En baissant leurs charges et en diminuant le coût du travail (au risque d'accentuer les inégalités dans un premier temps) ? En investissant dans la recherche et l'innovation (sans pouvoir en récolter les fruits lors de ce quinquennat) ?
Devant ces choix cornéliens, François Hollande va devoir se dévoiler. Social-démocrate ou social-libéral ? Peste ou choléra pour Jean-Luc Mélenchon, mais question cruciale pour les marchés et les partenaires de la France.

Ils sont marrants, ces Américains !

Pour un peu, on nous aurait fait croire qu'ils attendaient Valérie Trierweiler avec plus d'impatience et de curiosité que François Hollande. Ainsi iraient donc les États-Unis où, si l'on se réfère à certains médias, les relations conjugales seraient plus importantes que les relations internationales. Oui, la compagne de François Hollande, baptisée pour l'occasion « First girlfriend » (pas besoin de traduire) par la chaîne CNN, alimentait les commentaires vaguement outrés des journaux. Voilà un pays qui se pique de rigorisme même s'il en a vu de belles avec ses présidents. 

On n'ose pas écrire ce qui se passa, en des temps pas si lointains, dans le prestigieux bureau ovale. Précisément celui que François Hollande a découvert hier, lors d'un entretien avec Barack Obama, à l'occasion de son premier rendez-vous international hors d'Europe. Et là, pas question de fredaines ou de fariboles. Ce n'est le genre ni de Barack Obama ni de François Hollande. À l'issue de leur entretien, les deux hommes ont tenu conférence de façon courtoise et pondérée, réaffirmant leur attachement à l'entente Paris-Washington. 

 Barack Obama s'est découvert un nouvel « ami américain », assurément moins expansif que celui qu'il avait soutenu pour la présidentielle française, mais également attaché à la solidité du couple franco-américain. Ils se sont même découvert des goûts communs pour la croissance, indispensable à l'Europe, mais aussi, par répercussion, aux États-Unis.

Si Obama et Hollande ne sont pas allés plus loin dans les effusions, c'est que le président américain, en campagne électorale, ne peut s'afficher trop ostensiblement avec un « socialiste » sans provoquer l'ire républicaine. Il n'empêche que François Hollande ne manquera pas d'exhiber cette alliance sous le nez de la chancelière allemande, Angela Merkel, pour l'amener à composer et accepter ce ménage à trois !

« Yes », « Oui », « Nein » 


Que de réunions du « G8 », puis du « G20 » (avec les « émergents » conviés à la table des vieilles gloires) pour seulement aboutir à des vœux pieux couchés dans la plus ampoulée des langues diplomatiques !
Du moins en apparence car en presque cinquante ans, ces shows politiques entre « bien pensants » ont modelé la société en introduisant des fils directeurs comme le libéralisme, la libre-concurrence ou la mondialisation. En les instaurant en credo de l’économie planétaire. Pour le meilleur ou pour le pire…
Le sommet de Camp David apportera-t-il un changement ? Pas dans l’immédiat. Toutefois, un nouveau fil directeur est déroulé. Paradoxalement, il vient des États-Unis, pays-parangon du sacro-saint marché. Au grand plaisir de François Hollande confronté à la rigidité d’Angela Merkel, Barack Obama plaide pour la relance, et tant pis pour les déficits abyssaux. Parce que, à six mois de l’élection présidentielle, l’économie américaine est repartie. Avec 2,5 % de croissance, une industrie automobile de nouveau en pointe et une chimie qui exporte ses produits de base à meilleurs prix que les Chinois grâce à l’énergie bon marché fournie par le peu écologique gaz de schiste.
Mais une économie exposée au marasme mondial, menacée par la paralysie de la zone euro, par la chute de la Grèce, les difficultés de l’Espagne, de l’Italie… Washington craint un krach à la « Lehman-Brothers » sur tout le vieux continent. En dénonçant l’incapacité politique de l’Europe. En pointant du doigt la chancelière Merkel.
Elle n’avait pas la partie facile hier. Pourtant, outre-Rhin aussi des feux commencent à clignoter. Par exemple, les exportations baissent vers l’Euroland en récession et, devant un éventuel « défaut » de la Grèce (avec effet domino), l’Allemagne, principale créancière, serait en première ligne. Oui, mais changer de politique, voire de parcours idéologique, s’apparente à la quadrature du cercle face à une majorité conservatrice soudée par la « Sparpolitik » !
Diplomatie oblige, le « G8 » évite la confrontation sur la relance entre le « yes » d’Obama, le « oui » de Hollande et le « Nein » (feutré…) de Merkel. Il se contente de conjuguer « croissance » et « stabilité budgétaire ». Sans précisions et en attendant enfin des décisions en Europe. Elles risquent fort d’être prises dans l’urgence.

Hollande estime avoir mis la croissance au coeur du débat au G8

CAMP DAVID, Maryland (Reuters) - Dirigeant inexpérimenté à l'international, François Hollande a participé à son premier G8, où le nouveau président français estime avoir réussi à imposer le mot-clé de "croissance", unique porte de sortie pour un monde en crise.
Celui qui qualifiait en 2003 le G8 de "club de riches et de puissants" pense être resté fidèle à ses promesses de campagne en convainquant ses interlocuteurs de la nécessité de s'écarter d'une politique marquée du sceau de l'austérité -sans toutefois convaincre tout à fait le Britannique David Cameron ou l'Allemande Angela Merkel sur les moyens d'y parvenir.
"Il apparaît d'évidence que la croissance a été le grand sujet de ce G8", a-t-il souligné lors de la conférence de presse finale, réitérant son message selon lequel "il n'y aura pas de croissance sans confiance, et il n'y aura pas de confiance sans croissance".
On voit bien Hollande imposer la croissance à ses "partenaires" !!!
Aux dires de ses conseillers, François Hollande a insisté sur ce point auprès de tous ses interlocuteurs, qu'il s'agisse de Barack Obama vendredi à la Maison blanche, des dirigeants italien, britannique, japonais et canadien rencontrés en particulier, ou des autres participants.
"Que tous se retrouvent autour du thème de la croissance, c'est déjà en soi un succès politique notable", pense ainsi un diplomate français.
Plus nuancé pour prévenir les susceptibilités, notamment allemandes, le communiqué final du G8 plaide pour une zone euro "forte et unie" conservant la Grèce en son sein, déterminée à "encourager la croissance" et à lutter contre les déficits. Mais reconnaît que les mesures à prendre "ne sont pas les mêmes pour chacun".
MAINTIEN DE LA GRÈCE DANS L'EUROZONE
En matière de croissance, "la France et l'Allemagne n'ont pas de divergences, sinon nous n'aurions pas pu nous mettre d'accord sur le communiqué", a déclaré Angela Merkel, que François Hollande est allée rencontrer à Berlin mardi, quelques heures après son entrée en fonctions.
Pas question pour autant d'isoler Angela Merkel, qui a demandé à rencontrer Barack Obama en fin de journée. "Si elle se sent mise en cause, cela ne facilitera pas les choses", dit une source française, selon laquelle Barack Obama a tout intérêt à s'engager lui aussi pour la croissance.
A l'orée de sa campagne électorale, le président américain "ne veut pas qu'il y ait une difficulté en Europe, que l'austérité se poursuive, qu'une difficulté liée à la Grèce se répercute ici", dit cette source.
Pour François Hollande, l'objectif est atteint.
"J'avais au nom de la France l'objectif de mettre la croissance au coeur des débats et de faire que cette dimension de croissance, ajoutée à la consolidation budgétaire et aux efforts de redressement des comptes publics, puisse trouver sa place dans toutes les réunions", a-t-il fait valoir.
Prochaine étape: le conseil européen informel de mercredi à Bruxelles, où les dirigeants tenteront de s'entendre sur l'évolution du traité de discipline budgétaire à l'heure où les menaces planent sur la Grèce, mais aussi l'Espagne et l'Italie.
RELANCER LA CROISSANCE
François Hollande y fera des propositions pour la croissance, et les eurobonds en feront partie, a-t-il précisé à Camp David, où il a aussi plaidé pour une recapitalisation des banques "par des mécanismes de solidarité européenne".
Quant au cas de la Grèce, le chef de l'Etat a de nouveau demandé que le pays conserve l'euro, "respecte ses engagements mais soit appuyé, accompagné par l'Europe pour stimuler la croissance".
Observé à la loupe à Camp David où les médias du monde entier découvraient ce dirigeant jusqu'ici méconnu, François Hollande s'est montré à l'aise, multipliant les signes de bonne humeur comme lors de la photo de famille en plein air qui l'a vu saluer de la main et désigner la presse française à son voisin Barack Obama.
"Bonjour", a dit en français le président américain, ajoutant à propos de son voisin: "He's my translator" ("C'est mon interprète").
En coulisses néanmoins, le chef de l'exécutif américain n'a pas manqué de faire part de ses inquiétudes sur le choix de François Hollande de retirer d'Afghanistan les troupes combattantes françaises d'ici la fin 2012.
Le sujet dominera le sommet de l'Otan de dimanche et lundi à Chicago, où François Hollande sera accompagné par son nouveau ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

L’orthographe pour les nulles et autres billevesées

Hier, je notais avec une joie renouvelée par la montée de sève printanière que notre société s’acheminait, guillerette, vers des lendemains qui chantent, quitte à faire rentrer l’envie de câlins à grand coups de low kicks. Aujourd’hui, je vous offre une brassée de preuves que certains Français ont vraiment trop de temps libre.
On dit, partout, que la France est le pays de la grande productivité.
C’est logique, du reste : avec une administration pléthorique et un État qui bouffe 56% du PIB national, on se retrouve dans la position — enviée mais jamais copiée — d’avoir un peu moins de la moitié de la population active qui bosse pour à peu près tout le reste de la population, active, semi-active, au chômage, aux études, en prison, en retraite et en branlette subventionnée.
Et on a bien du mal à estimer la proportion réelle de personnes qui sont en roue libre et vivent cette situation avec la plénitude détendue des innocents (ou des électeurs grégaires, je le redis).
Sans rentrer dans une petite bataille de chiffre et la polémique attenante (Les branleurs sont-ils un ou deux ou plusieurs millions ? Sont-ils nécessaires ou pas dans la société ? Doit-on réellement chercher à les éradiquer ? Est-ce seulement possible ? La production de cacas thermomoulés peints en rouge entre-t-elle dans la catégorie Branlette Artistique ou Art Comptant Pour Rien ?) je vous propose donc de vous plonger dans quelques uns de ces cas symptomatiques de glandage républicain en mode surmultiplié.
On pourrait commencer en évoquant rapidement l’impressionnant déchaînement de bien-pensance chimiquement pure obtenu avec l’affaire des soi-disant quotas à la FFF. Je dis rapidement, parce que d’autres en ont déjà parlé, et que franchement, le foute ne me passionne pas.
Il n’en reste pas moins qu’on peut d’ores et déjà constater le nombre incroyable de secondes, de minutes et d’heures que des journalistes, pas du tout de la presse sportive, ont consacré aux réflexions forcément philosophiques et forcément de haute volée de toute une clique de tapeurs de ballon.
On pourra noter aussi toute la finesse d’analyse du peloton de zouaves qui forme le gros de ce qu’on peine à appeler une rédaction chez Médiapart, analyse dont la puissance aura permis de faire un grand bon en arrière dans le crime-pensée tout en donnant l’occasion à Pulitzer de faire des salto-arrière carpés dans son cercueil. Le vieux en avait bien besoin : la liberté d’expression s’use décidément très vite lorsqu’on est du mauvais côté du micro d’un journaliste « engagé. »
En tout cas, maintenant, on sait :
- que Laurent Blanc est raciste (merci Edwy, trop chou !)
- grâce à la projection de merde dans le ventilateur médiatique, on a appris que Lilian Thuram est aussi raciste selon la Grille d’Analyse Anti-Racisme Edwypleniapart©™.
- tous ces gens pensent plein de choses, dont certaines nauséabondes et qui nous rappellent un peu les heures les plus noires colorées de notre histoire, et ont beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps à perdre en chasse aux sorci
Il y en a d’autres, plus discrets, mais qui font aussi un travail de sape branlouille vigoureux ; on pourra noter par exemple cette initiative absolument indispensable dans ce monde pas encore suffisamment lisse bien qu’ayant été aplati par un progressisme rigolo de 15.000.000 de tonnes.
Pour ceux qui ont cliqué sur le lien, trop tard, pour les autres, contentez-vous de savoir qu’une phalange d’extrêmes-féministes désœuvrées n’a pas trouvé de cours de bricolage ou de place en stand de tir et s’est rabattue sur la mise en ligne d’une pétition pour obtenir l’égalité orthographique.
Oui. Vous avez bien lu, et non, ce n’est pas la petite vodka de tout à l’heure qui vous fait halluciner (ce petit alcool ne peut pas faire de mal) : une meute d’adorables féministes a donc trouvé du temps et des moyens pour mettre en place une pétition qui permettra à chacun-e d’accorder l’adjectif en fonction de la proximité des genres.
Tout ceci est très mignon et permettra enfin que le grenouille et la crapaud soient attirées l’un-e à l’autre et s’entrelacent dans une débauche de tirets et de typos percutant-es qui rendront, soyons en sûrs, la lecture encore plus simple et définitivement à porté-e des petits abrutis que l’EdNat produit dans un grand brassage multiculturel bigarré de réformes orthographiques multiples, mal digérées et mal comprises.
Youpi. C’était indispensable, ce fut chose faite.

Enfin, dans ma panoplie de notules d’outre-espace qui placent de nouveaux jalons sur l’échelle de branlosité et des points hauts sur le graphique établi au glandouillomètre Demaerd Corp., on pourra citer le pénible censeur de pensées malsaines et parangon flétri de vertu Patrick Lozès, plus ou moins président du CRAN, qui se lance dans la présidentielle 2012.
Parce que voyez-vous, être président d’un machin-truc payé par les impôts des autres au travers de subventions juteuses, ça n’occupe pas trop son homme. Il faut, pour l’homme affairé, trouver un ouvrage digne de son envergure, et ce même si celle-ci se doit d’être d’une modestie exemplaire, comme par exemple, se placer dans la lignée de grands hommes comme Gambetta ou de Gaulle.
Notons au passage qu’il n’a pas pris, dans son humilité dégoulinante, Martin Luther King ou Nelson Mandela. Trop grands, sans doute, et pas assez Français non plus, peut-être. Allez savoir…
Et mise à part cette envie irrésistible de manger au râtelier républicain, qu’est-ce qui pousse le gars Patrick à partir en campagne ? Pour faire totalement nouveau et original, notre zélé néoglandeur se propose comme président pour une France plus égalitaire.
Aaaah, nous voilà rassurés. Toute cette originalité qui jaillit à gros bouillons est rafraîchissante, tiens.

À la lecture de ces quelques éléments, une idée m’est venue : de la même façon qu’il existe maintenant en France une journée officielle que les salariés consacrent — via une taxe — à la solidarité républicaine et festive, je propose d’instaurer une Journée d’Alterglandouille où l’on inverserait, pendant 24H, le rôle des branleurs survitaminés et ceux des gens qui bossent pour les nourrir.
Pendant toute cette Journée d’Alterglandouille, toute la France qui a autre chose à faire de son temps que faire des pétitions pour décider du genre de « grenouille », se présenter aux présidentielles ou jeter l’anathème raciste sur des tapeurs de ballon, pourrait s’adonner à des activités ludiques comme celles décrites (ou la poterie, le macramé ou les collier de nouilles peintes, je m’en fiche) pendant que l’autre France, la micro-corporation des sodomites à diptères devrait se coltiner le travail réel, sans « oui mais non mais enfin bon et roohhh pfffuu » habituels dans ce cas de figure.
J’aurais bien monté une pétition pour cette proposition, mais, vous allez rire, j’ai un peu autre chose à faire.
ères.

Comment se passerait une sortie grecque de la zone euro ?

Il semble maintenant acquis que la Grèce va sortir de l’Euro. Et puisque cette hypothèse devient plus crédible à mesure que les borborygmes des politiciens dépassés par les événements deviennent plus incompréhensibles, penchons-nous le temps d’un court billet sur ce qui pourrait arriver dans ce cas-là…

Tout d’abord, il faut préciser que cette sortie ne pourra pas avoir lieu dans n’importe quelle condition.

Comme le rappelle à bon escient le Dr. North sur son blog (et lisible en français sur Contrepoints), la Grèce ne sortira que si elle le veut vraiment : les traités ne permettent pas de bouter un pays fautif hors de la zone euro ; eh oui, que voulez-vous, les habiles rédacteurs du traité européen n’ont absolument pas prévu de possibilité de sortie ni même de sanction. Cette absence en dit long sur la façon dont a été vue la mise en place de la zone euro : c’est un processus continuel, sans retour arrière possible, sans erreurs ni problèmes possibles.
Et surtout, ce fut un traité basé sur la foi inébranlable que chacun des participants se comporterait comme un parfait gentleman (ou gentlestate, dans le cas qui nous occupe). Autrement dit : au moment même où l’encre des signatures séchaient sur le papier du traité, on savait que chacun des signataires aurait tout intérêt à en tirer le maximum de profit. Il ne tint finalement qu’à la morale luthérienne des États du Nord de l’Europe de n’avoir pas cédé à la tentation évidente de monnayer leurs lubies avec l’argent gratuit des autres, ce que les États du Sud, à commencer par la Grèce, rapidement suivie par l’Espagne, l’Italie et la France, pas la dernière à se goinfrer gratis, ne se sont pas gênés pour faire.
Le fait est maintenant que la Grèce devra donc sortir « volontairement » : on comprend dès lors les pressions de tous les pays pour que l’encombrant membre débiteur s’en aille et évite d’entraîner dans sa chute (inévitable, maintenant) le reste des pays qui lui sont arrimés par un traité et une monnaie mal foutus. Une pression possible pourrait être un refus de la BCE à financer phynancer en pure perte les prochaines échéances grecques, et là, paf la faillite…
À ce moment, l’option la plus simple pour le pays est de purement et simplement répudier toute la part de sa dette souveraine détenue par le secteur privé et par la BCE. On peut raisonnablement penser que les dettes contractées auprès du FMI seront, elles, honorées autant que possible : la Grèce aura besoin de cet allié, n’en ayant plus aucun du côté des Européens. La Grèce qui sort de l’Euro veut donc dire, peu ou prou, que 90 à 100% de ses dettes souveraines seraient annulées. De loin, ça peut ressembler à un gros ballon d’oxygène que certains gauchistes s’empresseraient de saisir. Mais c’est de loin, seulement…
Car sortir de l’Euro veut aussi dire, pour la Grèce, introduire une nouvelle monnaie. Le retour de la drachme (préparé ou non par le reste des Européens) pourrait être fait, au départ et pour des raisons de facilités, avec un taux simple genre 1 drachme pour 1 euro. Le joyeux plantage de centaines de milliards de dettes entraînera mécaniquement la dévaluation dans la seconde de cette monnaie. Plusieurs experts l’estiment à au moins 40% (1,66 drachme pour 1 euro). Une dévaluation plus forte est parfaitement envisageable. Parallèlement, tous les contrats et instruments financiers sous loi grecque sont libellés en drachme, toujours avec le taux officiel de 1:1. Et comme ça, c’est parfaitement prévisible, on peut s’attendre à un bank run d’ampleur nationale en Grèce (d’ailleurs, ce bank run a déjà commencé, bien qu’il ne soit pas encore en mode panique).
En clair, si « paf la faillite de l’État grec », l’étape quelques microsecondes après est « paf le système bancaire grec ». Évidemment, tous les autres contrats et instruments financiers, ceux-là en monnaies étrangères, deviennent difficiles voire impossibles à honorer (eh oui : avec une monnaie en carton, cela devient plus compliqué, d’un coup, de rembourser ses dus). À la panique bancaire succède raisonnablement une panique économique des secteurs commerciaux en relation avec l’étranger.
When in doubt, inflate !Autrement dit, la sortie de la Grèce signifie très concrètement que le pays devra passer par une dépression carabinée, avec un gouvernement totalement incapable d’emprunter ensuite en drachme (ou à des taux quasiment rigolos, parce que rigOlO contient deux O, qui font comme des 0 dans 100%)…

Soyons clair : l’avenir grec est particulièrement peu plaisant.
Et côté zone euro, regardons à présent les joyeux membres de la Confrérie de la Monnaie Qui Donne La Colique.
Sur le plan politique, le départ de la Grèce signifie qu’à partir de ce point, n’importe quel pays peut, à son tour, partir. Évidemment, il y a toujours la situation douloureuse où les petits copains se rassemblent et désignent un vilain canard pour le kicker hors de la zone (l’Espagne, le Portugal, l’Irlande puis la France et/ou l’Italie pourraient correspondre à la description). Le marché sentira cette possibilité, ce qui se traduira concrètement par une fuite, d’abord ténue, puis visible et enfin massive, des capitaux de ce pays vers d’autres plus solides.
Ici, on peut déjà se poser la question : dans les pays qui sont actuellement en difficultés, lesquels subissent les fuites de capitaux les plus importantes ? Et d’ailleurs, je ne parle pas que des capitaux financiers, ici, le capital humain étant, in fine, la richesse future d’un pays, le raisonnement se tient aussi pour celui-là… À ce propos, on comprendra qu’une solide augmentation des taxes et des impôts est exactement la bonne mesure à mettre en place pour exacerber encore ce mouvement (wink wink nudge nudge mon cher François H).
L’autre possibilité, bien sûr, est que certains prendront cette mesure avant d’y être forcé, voire le feront pour limiter la casse chez eux. Qu’en pense Angela ?

Aaah, le redressement productif…

Au sein du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, Arnaud Montebourg s’est vu attribuer le ministère du « redressement productif ». Un ministère dont le surprenant intitulé ne dit rien sur la politique qu’entend mener celui qui en a la charge.

Voilà donc Arnaud Montebourg nommé ministre du « Redressement Productif », un maroquin qui aurait sans doute mieux convenu à Marc Dorcel, si du moins on se fie au nom. Mais si seulement ce nom était le seul problème…

Protectionnisme et interventionnisme…

Les contours du nouveau ministère sont encore flous, tout comme la politique qu’entend mener celui qui en a la charge. Cependant, les premières déclarations d’Arnaud Montebourg laissent déjà deviner la direction prise, comme en témoigne cet extrait du Huffington Post :
“Le producteur, l’entrepreneur, le chef d’entreprise, le créateur, l’ingénieur, le travailleur sont ceux qui assurent la prospérité d’un pays et sans eux, impossible d’imaginer un avenir”, a-t-il continué en insistant sur le fait que le pays aura besoin “d’imagination, de créativité, d’audace et de réalisme”.
“La France a besoin d’imaginer les nouvelles frontières de son économie et de son industrie”, a-t-il affirmé, avant de souhaiter à son prédécesseur François Baroin “bon vent pour la suite”.
L’article du Huff Post note en outre qu’Arnaud Montebourg se verra sans doute chargé de mettre en œuvre la promesse de François Hollande : une loi contraignant les industriels se désengageant d’une usine française à la céder à un repreneur.

… vous avez dit “colbertisme”?

En clair, donc : politique industrielle interventionniste et protectionnisme (“imaginer de nouvelles frontières”). Bref, le grand retour du colbertisme, si du moins il a un jour quitté la France. Car c’est là l’ironie : le président sortant, Nicolas Sarkozy, avait lui aussi fait de la création de “grands champions nationaux” l’essentiel de sa campagne. Le colbertisme, nous apprend Wikibéral,
…est une doctrine économico-politique interventionniste élaborée par Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) et menée sous le règne de Louis XIV. C’est un des premiers courants de pensée en économie. Elle est la variante française de la théorie économique du mercantilisme dont les principales caractéristiques sont la thésaurisation des richesses (or, argent …), la protection du marché intérieur (protectionnisme), l’octroi de subsides à l’exportation et la mise en place de commandes publiques. Elle est également influencée par la physiocratie.
Même si une telle doctrine tolère une certaine liberté du commerce, elle n’est pas d’essence libérale. Elle recherche systématiquement un excédent de la balance des paiements, ce qui permet à l’État de s’enrichir et de constituer une armée puissante (principal but sous Louis XIV). Le terme de colbertisme est employé aujourd’hui par les étatistes français pour justifier la part plus importante de l’intervention de l’État dans l’économie française en comparaison avec les autres pays occidentaux, une “exception française” qui serait ainsi justifiée historiquement en invoquant la figure prestigieuse du ministre de Louis XIV.
Avec cela, tout est dit.

L’autoroute de la servitude

Malheureusement pour la France, l’essentiel de la création de richesse n’est pas l’apanage des grandes industries dont les gouvernements successifs se veulent les champions. Elle est principalement assurée par les PME et les TPE, qui sont aussi, comme en Belgique, les principales créatrices d’emplois. Or, si le climat anti-entrepreneurs est déjà détestable en Belgique, il est encore plus marqué en France, où de nombreux tribunaux (notamment les tribunaux du travail) prennent systématiquement le parti des travailleurs, et où la fiscalité punitive pousse de nombreux entrepreneurs à l’exil.
Le protectionnisme, que le gouvernement Hollande entend à nouveau appliquer, ne sauvera pas l’économie française du désastre. Le protectionnisme est une doctrine absurde qui poussera le pays et ses citoyens à la ruine. Et c’est un Français qui l’a démontré de la manière la plus éloquente: l’économiste Frédéric Bastiat, auteur de la célèbre « Pétition des fabricants de chandelles », à qui je laisserai le dernier mot de cette chronique :
La question, et nous la posons formellement, est de savoir si vous voulez pour la France le bénéfice de la consommation gratuite ou les prétendus avantages de la production onéreuse. Choisissez, mais soyez logiques; car, tant que vous repousserez, comme vous le faites, la houille, le fer, le froment, les tissus étrangers, en proportion de ce que leur prix se rapproche de zéro, quelle inconséquence ne serait-ce pas d’admettre la lumière du soleil, dont le prix est à zéro, pendant toute la journée ?

Soyons un peu plus américains !

La crise grecque et le manque de réaction décisive de la part des dirigeants européens ont fini par masquer l’enjeu plus large de l’avenir de l’UE. Alors que les Etats-Unis ont su trouver des solutions efficaces à la crise, il est temps de s’inspirer de leur état d’esprit, argumente un chroniqueur tchèque.
Le 6 mai, sept partis grecs sont entrés au Parlement. Du point de vue des principaux courants politiques européens, quatre d’entre eux – trois partis de gauche et un de droite – peuvent être considérés comme extrémistes. Un gouvernement n'ayant pas pu être formé, les Grecs se rendront à nouveau aux urnes [le 17 juin]. Mais entre-temps, les caisses de l’Etat non réformé auront été épuisées et la Grèce aura très probablement quitté la zone euro.

Les politiciens européens, y compris le nouveau président français, vont donc être obligés de prendre des décisions par rapport à des évènements sur lesquels ils n’ont qu’une influence limitée, si ce n’est aucune. Plutôt que de jouer la carte de la prévention, les responsables politiques européens vont donc éteindre l’incendie (la troisième fois au moins depuis l’automne 2009). Encore une fois, la crise aigüe de la Grèce, qui aurait pu être résolue depuis longtemps par une faillite contrôlée, les détourne de la question stratégique de l’évolution future de l’Europe et des réponses à y apporter.

Suicide économique 

Dans une perspective à long terme, la prospérité de l’Europe tiendra davantage à la manière dont les chefs de la zone euro sauront articuler soutien à la croissance et politique de coupes budgétaires, qu’à la question de savoir si les Grecs décideront d’opter, à travers des élections démocratiques, pour un suicide économique. Il semble que l’Europe s’approche d’une décision qu’elle aurait dû déjà prendre depuis longtemps : sortir la Grèce de la zone euro.
Les Américains ont été frappés par une crise similaire, mais ils ont été capables de prendre des décisions stratégiques rapides et cruciales : ils ont aidé le secteur bancaire et les entreprises clés de leur économie nationale, comme l’industrie automobile. La solution rapide a payé. L’aide de l’Etat a déjà été remboursée et Détroit s’anime à nouveau, alors qu’en Europe, on continue à tourner en rond.
Les Américains ont su regarder vers l’avenir et décider. Quand ils doivent faire face à une difficulté majeure, les Européens louvoient. Pris au cœur d’une crise de l’intégration européenne, nous vivons en quelque sorte un remake de cette situation qu’il y a 10 ans, le penseur américain Robert Kagan décrivait ainsi dans son fameux essai [La Puissance et la Faiblesse. Les Etats-Unis et l’Europe dans le nouvel ordre mondial] : les Américains viennent de Mars et les Européens de Vénus.
Il existe des différences fondamentales dans les conceptions portant sur la manière de résoudre les problèmes à long terme. Les Américains réagissent en engageant des mesures rapides et radicales afin que les difficultés ne viennent pas menacer leur société, leur mode de vie et la stabilité de leur système politique. C’est précisément pour ces mêmes raisons que les Européens, qui vivent dans la coquille de l’intégration européenne et de l’Etat-Providence qui a été si difficile à construire dans l’après-guerre, ont peur des solutions rapides à long terme.

Bannière commune

Il faut du temps aux Européens pour concevoir l’idée qu’un jour ils pourraient risquer leur vie sous une bannière commune et payer un impôt commun. L’introduction d’une telle taxe serait pourtant susceptible de contribuer à la réduction du déficit démocratique de l’Union européenne – les contribuables pourraient et voudraient mieux contrôler les dépenses de Bruxelles. Les Etats-nations seront pendant encore longtemps des unités fonctionnelles essentielles du continent européen, mais les difficultés actuelles de la zone euro, qui sans cesse se répètent, devraient les obliger à penser dans une logique à plus long terme.
Dans la perspective du prochain sommet de l’OTAN [20 et 21 mai 2012 à Chicago], il y aura certainement en amont des discussions sur l’état des rapports transatlantiques et sur la crise des relations entre l’Europe et les Etats-Unis. Il peut donc être utile de rappeler la vieille idée de Kagan, cette fois-ci appliquée à la politique économique : les Américains sont tout simplement plus flexibles et entreprenants et ils savent réfléchir de façon plus stratégique.
Si l’Union européenne entend survivre en tant qu’entité globale compétitive, elle n’a qu’une solution : changer sa culture stratégique du court terme, pensée dans les catégories confortables de l’État-Providence et des cycles électoraux de quatre ans. Elle a besoin de personnalités visionnaires qui montrent la voie vers un nouveau mode de connexion au sein de l’espace européen, qui indiquent où et comment il est possible d’investir et d’accroître la compétitivité.
Et elle a également besoin de dire fermement à ceux qui sabotent les objectifs communs que la prospérité sera construite sans eux. Tout dépend de leur choix, qui reste libre et démocratique. La solidarité en Europe a et doit avoir deux faces. C’est seulement ainsi que l’UE pourra continuer d’avancer.

samedi 19 mai 2012

Valérie Trierweiler en fait-elle trop?

Omniprésente depuis le 6 mai, la compagne de François Hollande connaît bien la politique. Elle doit trouver sa place de première dame, sans réitérer les erreurs des années Sarkozy. Une question qui n'a rien d'anecdotique alors que le président entame son mandat dans un contexte difficile. 
Il est 20h10, ce 6 mai, et le portable de François Hollande ne répond plus. Trop d'appels. L'appareil sature. A l'Elysée, quelqu'un essaie de le contacter depuis quelques minutes: Nicolas Sarkozy. Il admet sa défaite. Son conseiller en communication, Franck Louvrier, a une idée pour prévenir l'homme aux 51,6% des voix. Il connaît Valérie Trierweiler, car elle a longtemps suivi la politique à Paris Match - elle continue de travailler dans cette rédaction, mais sur la partie culturelle. Il lui envoie un SMS: "Le président cherche à joindre François Hollande." 
Mais non, c'est pas si simple.
Elle se trouve à ses côtés, au conseil général de Corrèze. François Hollande est dans son bureau en train de plancher sur son premier discours de président élu. Il a étalé une douzaine de pages devant lui, qu'il rature sans fin. Elle l'interrompt. Puis presse tous les conseillers vers la sortie. "Est-ce qu'on peut laisser François tout seul?" demande-t-elle, un peu sèchement. Un photographe a juste le temps de prendre un cliché. Valérie Trierweiler elle-même s'éclipse et part se maquiller dans une salle voisine. 
Sarkozy: "Il faudra que Valérie se prépare"
Resté seul, le socialiste se lève. Pendant que la communication s'établit avec l'Elysée, son regard s'évade par la fenêtre vers la ville de Tulle. Au bout du fil, Nicolas Sarkozy se montre amical et bon perdant. Il le tutoie, parle de la fonction, lui délivre quelques conseils. Dont celui-ci: "Cela n'a pas été facile pour Carla, il faudra que Valérie se prépare."  
A 21 heures, Hollande file vers la place de la Cathédrale de Tulle. Debout sur la scène qui jouxte le bâtiment moyenâgeux, il salue la foule corrézienne. Quand il aperçoit sa compagne, son soutien indéfectible depuis si longtemps, il lui fait signe de monter. Et voilà les deux tourtereaux qui affichent leur joie, un bouquet à la main. Le maire, Bernard Combes, s'approche. "François, ne t'en va pas, il y a encore quelque chose", le prévient-il, d'un air mystérieux.  
Deux accordéonistes et une clarinettiste font leur apparition près du pupitre et entonnent l'air de La Vie en rose. Hollande n'était pas au courant. La surprise est signée Valérie Trierweiler, avec la complicité de Bernard Combes. Un clin d'oeil à la fois politique et intime - une ambivalence qu'elle savoure. Des supporteurs reprennent les paroles d'Edith Piaf : "Quand il me prend dans ses bras, il me parle tout bas, je vois la vie en rose." Trois jours plus tôt, l'élégante journaliste de 47 ans a eu l'idée de mettre cette chanson à l'honneur et a monté son coup en douce. La direction parisienne de l'équipe de campagne n'a pas été consultée. L'image la plus regardée de la soirée, celle qui restera dans la mémoire collective, leur a échappé. 
De l'ombre totale à la lumière totale...
Ainsi va Valérie Trierweiler. Jalouse de sa discrétion. Influente, pas forcément là où on l'imagine. Sans rôle bien défini, mais incontestablement active. Elle ne sera pas l'avatar de tante Yvonne ou de Mme Coty. Surtout, ne pas être une "potiche", selon la formule qu'elle a glissée au Times. Elle veut continuer à écrire, être indépendante, pourvoir aux besoins de ses trois enfants. La "femme de" rêve de vivre sans être suivie en permanence par un officier de sécurité et demande à ses confrères de "respecter" sa vie et de ne pas planquer en bas de chez elle, dans le XVe arrondissement de Paris.  
Elle a la nostalgie de l'ombre, mais, sous le regard du public et des caméras de télévision, à la Bastille, la fameuse nuit du 6 mai, elle se laisse aller à un baiser après avoir glissé à François Hollande : "Embrasse-moi sur la bouche maintenant" - propos qu'elle dément, malgré des images qui ne laissent pas de place au doute. Sur l'estrade, quelques instants plus tôt, le président a donné une accolade affectueuse à la mère de ses quatre enfants, Ségolène Royal. 
Une exposition entre politique et sentiments qui ne tranche pas vraiment avec l'ère précédente. François Hollande a érigé l'antisarkozysme en ligne fondatrice de sa campagne comme de la semaine de transition avant la cérémonie d'investiture du 15 mai, sauf dans un domaine: l'affichage de son couple, la présence de plus en plus visible de sa compagne. Carla et, avant elle, Cécilia ont défrayé la chronique par une présence médiatique inédite, et exercé une influence parfois réelle sur la composition des équipes. Qu'en sera-t-il avec la nouvelle first lady? 
"Valérie Trierweiler est passée très vite de l'ombre totale à la lumière totale", résume un cadre de la campagne, qui exige l'anonymat. Comme presque tout le monde, quand il s'agit de parler d'elle. Peur bleue des caciques roses. "Si tu te grilles avec elle, tu te grilles avec François", résume l'un d'entre eux. Son caractère franc et volcanique n'arrange rien, dans un milieu politique très masculin, parfois misogyne.  
"Quand elle arrive dans une réunion, sa venue jette un froid, raconte un autre. Elle est vue comme l'oeil de Moscou." Son passé professionnel lui a donné une connaissance précise des personnages qu'elle côtoie. "Comme journaliste politique jusqu'en 2005, elle a été détentrice de certaines confidences de cadres du PS, ajoute Constance Vergara, auteur de Valérie, Carla, Cécilia, Bernadette et les autres, en campagne, aux éditions Tallandier. C'est une position compliquée."  
Certains lui prêtent le pouvoir d'écarter du premier cercle ses bêtes noires et celui de promouvoir ses chouchous. Le choix du gouvernement? Valérie Trierweiler assure s'être tenue à mille lieues des tractations. Quand elle interroge son conjoint sur une rumeur de désignation, Hollande n'aurait pas dérogé à sa réputation d'homme secret: "C'est une hypothèse." Les disgrâces de certains proches? "Je n'ai écarté qu'une personne, c'est Julien Dray, assume-t-elle. Et je ne le regrette pas." Le 9 mai, elle chasse le député de l'Essonne d'un pot au QG parisien de l'avenue de Ségur. Elle le croise, l'attrape par la veste, en le voyant près de l'entrée. "Toi, tu dégages, tout de suite..." Le malheureux, à qui elle reproche depuis longtemps d'avoir eu des mots durs sur elle, tourne les talons et quitte les lieux. Humiliant.  
Un coup de fil de Carla Bruni-Sarkozy
Quelques heures plus tôt, elle était encore, avec Pierre Moscovici, Manuel Valls et Aquilino Morelle, dans le bureau de l'ex-candidat, assise dans un fauteuil tandis que François Hollande lui fait face dans le canapé. Il est question, entre autres, de la cérémonie d'investiture et des législatives. Pèse-t-elle donc sur les choix politiques? "Personne, ou presque, n'a d'influence politique sur François - sa ligne, il en décide le plus souvent seul, et il s'y tient, explique un fidèle.  
En revanche, on peut regarder les choses de manière inversée: il n'est pas inutile qu'elle vous apprécie pour s'approcher de lui. Regardez le parcours de Manuel Valls, dont elle a dit elle-même qu'ils étaient passés de la confiance à la complicité... Certes, il a énormément travaillé pendant la campagne, mais être dans les petits papiers de Madame est un atout maître pour gravir les échelons." Tous les ingrédients d'une future cour sont réunis. 
Cette fille d'une famille modeste d'Angers (sa mère était caissière à la patinoire municipale) a longtemps décrit dans ses reportages la vie des grands de ce monde - il lui est même arrivé de relater la journée des épouses de chefs d'Etat, en marge d'un sommet international. Après avoir observé les autres, c'est elle désormais que l'on observe. Les voyages officiels, avec leurs contraintes de protocole, vont accélérer la mue. Trouver sa place. " 
Je ne pense pas créer de nouvelles fondations, mais peut-être aider celle qu'a lancée Danielle Mitterrand", confie-t-elle. Le 11 mai, elle s'est entretenue avec Carla Bruni-Sarkozy, qui l'a appelée. Carla : elle fut la première à avoir tenté de poursuivre cahin-caha sa carrière professionnelle en dépit de sa fonction. Sans rencontrer le même succès qu'avant son entrée à l'Elysée. "Elle a payé le rejet de son mari, estime Valérie Trierweiler. Son talent n'est pas en cause. Nous avons tous acheté ses disques." 
Carla Bruni-Sarkozy n'a pas tardé à prendre ses distances avec la gauche bobo, se rangeant derrière le sarkozysme le plus assumé. Valérie Trierweiler gardera-t-elle sa (petite) liberté de ton ? Déjà, elle hésite à conserver son compte Twitter, où ses propos fleurent plus la spontanéité que la déclaration soupesée. Le moindre de ses mots rencontre un écho. "Je répète souvent qu' "il faudra réinventer la fonction" et, à plusieurs reprises, cela s'est traduit par une dépêche AFP." La presse l'analyse à la loupe. "Il y a peut-être un peu de jalousie de la part des journalistes, note Constance Vergara. Elle a la place rêvée, au coeur des décisions. Et, aux yeux de certains, elle a trahi la profession." 
Dîners discrets avec une flopée de people
Longtemps, Valérie Trierweiler a accompagné son champion dans les moments clefs. D'abord de loin. A Lorient, en juin 2009, elle évite de croiser son amoureux lors du lancement du club Répondre à gauche - la véritable naissance de l'offensive présidentielle de François Hollande. Pas question, alors, que soit publiée une photo des deux ensemble. Deux ans plus tard, rien n'a changé. Lors du premier meeting de la primaire socialiste, à Clichy-la-Garenne, elle se fond dans la masse, assise dans les derniers rangs du théâtre Rutebeuf. C'est Sylviane Agacinski, l'épouse de Lionel Jospin, qui va la convaincre, lors d'un déjeuner, d'assumer sa place. Elle le fait le 22 octobre, à la halle Freyssinet, à Paris, pour l'investiture officielle du PS. Et sa place, c'est le premier rang. A côté des leaders socialistes.
Ce jour-là, Valérie Trierweiler sort de la coulisse, qui fut son domaine réservé. Pendant la traversée du désert de François Hollande, après son départ de la direction du PS en 2008, le couple voyage en Italie, parcourt des îles grecques à scooter. Le futur candidat est politiquement au fond de l'abîme. Mais il se reconstruit sur le plan personnel. Elle lui répète, comme pour le motiver: "On se construit un destin avec le pire et le meilleur."  
Pendant la présidentielle, elle n'a pas abandonné son travail dans l'ombre. Le couple rencontre une flopée de people, à l'occasion de dîners discrets: les acteurs Lorànt Deutsch, Charlotte Gainsbourg, Yvan Attal, les écrivains Yasmina Reza et Fred Vargas, les chanteurs Johnny Hallyday, Nolwenn Leroy, Raphaël, le paléontologue Yves Coppens, l'humoriste Elie Semoun, l'homme de télévision Bruno Gaccio, des grands chefs d'entreprise, des responsables d'institution scientifique. 
C'est désormais devant les caméras que Valérie Trierweiler devra trouver sa place. Se faire violence, au nom de la Vie en rose. Savoir jusqu'où ne pas aller trop loin. En août 2011, le couple avait quitté Hossegor pour une escapade en Espagne. Dernière pause avant le sprint final de la primaire. Sur le trajet, si François Hollande feuillette un guide Michelin, il rechigne manifestement à quitter la France. A 500 mètres de la frontière, Valérie Trierweiler, au volant, a compris. Elle arrête la voiture. Et fait demi-tour.  

Valérie trierweiler

1965 Naissance à Angers. 
1988 Entre à Profession politique. 
1989 Intègre la rédaction de Paris Match. 
2005 Présente des émissions sur la chaîne Direct 8. 
2005 Début de sa relation avec François Hollande. 
2007 Annonce de la séparation du couple François Hollande- Ségolène Royal. 
2010 François Hollande évoque pour la première fois Valérie Trierweiler, la "femme de sa vie" (Gala). 

Dieu n’est pas keynésien

L’application des recettes keynésiennes nous a conduit à  la faillite et a permis à notre « élite » de se maintenir au pouvoir. Économiquement, elle a piteusement échoué. Politiquement, elle a magnifiquement réussi, grâce a Keynes.

Tous les trimestres, dans toutes les grandes démocraties, nous assistons à la publication des résultats du « PNB » local  (produit national brut). Des centaines voire des milliers d’économistes attendent ces publications avec anxiété, tant les résultats risquent d’avoir de l’influence sur leurs carrières selon qu’ils les auront prévu convenablement ou pas (remarquons au passage que si quiconque pouvait prévoir quoi que ce soit, le socialisme fonctionnerait et l’Union soviétique serait le pays le plus développé du monde).
Ces résultats sont immédiatement intégrés dans des modèles « économétriques multi-variables », remplis d’équations mathématiques compliquées, censés encore une fois prédire l’avenir.
Avant même de commenter plus avant, remarquons que les meilleurs de ces modèles ont rarement une erreur d’estimation inférieure à la variation moyenne d’un trimestre sur l’autre du PNB officiel, ce qui fait irrésistiblement penser à la fameuse blague : « Les économistes ont été inventés pour que les astrologues aient l’air sérieux. »
Mais le pire, c’est que tous ces braves gens passent leur temps à essayer de prévoir l’évolution de quelque chose qui en bonne théorie économique ne veut strictement rien dire et que cela entraine des graves erreurs de politique économique.
Je m’explique.
En théorie, le PNB est censé être la somme des valeurs ajoutées créées dans un pays pendant la période sous étude.
Calculer la valeur ajoutée dans le secteur privé est très facile et s’apparente quelque peu  au calcul des bénéfices pour une société industrielle ou commerciale. Si on agrège toutes ces valeurs ajoutées, il est également aisé de calculer ce que l’on pourrait appeler le PNB du secteur privé, que l’Insee en son temps appelait le PNB « marchand ». Ce PNB marchand est établi en fonction de règles comptables simples et compréhensibles qui sont parfaitement compatibles avec la théorie de la valeur subjective des Autrichiens (la seule valable), dans la mesure où toutes les transactions qui sont à l’origine de ces calculs sont volontaires, faites dans un marché concurrentiel et à partir de prix libres.
Ce n’est pas du tout le cas dans le secteur public.
Là, il n’y a pas de prix de marché, la concurrence n’existant pas dans les « services  publics » dont nul ne sait comment calculer la rentabilité. Comment calculer la valeur ajoutée créée par l’arme atomique, la police, la Sécurité Sociale ou l’ANPE ?
Devant cette difficulté conceptuelle une solution toute simple a été trouvée : la valeur ajoutée créée par le secteur non marchand sera égale à la somme des salaires versées par l’État à tous ses employés. Le PNB français va donc monter prochainement de la somme des salaires versés par Monsieur Hollande aux 60.000 nouveaux professeurs qui vont être embauchés, ce qui sera salué avec enthousiasme par les supporters du nouvel élu.
Peut-être ces 60.000 nouveaux professeurs vont-ils créer de la valeur ajoutée, peut-être ne vont-ils rien créer du tout si ce n’est des déficits budgétaires accrus, personne ne peut le dire ni le calculer. Ce qui veut dire en termes clairs que la part « étatique » du PNB est calculé selon les principes de la valeur travail, chers à ce bon vieux Marx.
Le PNB est donc le résultat de l’addition de deux agrégats, l’un calculé selon la théorie de la valeur autrichienne et l’autre selon la théorie de la valeur marxiste dont chacun a pu constater les mérites en URSS, au Cambodge ou dans la Chine  maoïste.
Or ces deux théories sont complètement incompatibles l’une avec l’autre. On additionne donc gravement des pommes et des oranges selon la plus vieille méthode qui date des origines de l’humanité celle dite (en anglais) « GIGO » ou « garbage in, garbage out » (ordures en input=ordures en output), ce qui est tout simplement hilarant.
Prenons l’exemple de la France.
Depuis 1992 (vingt ans), c’est à dire depuis la politique d’abord du franc fort et ensuite de l’euro, en termes nominaux, l’économie « marxiste » a cru de 4% par an et l’économie libérale de 1,5% alors qu’auparavant, les deux économies avaient des taux de croissance similaires. De ce fait, le poids de l’État dans l’économie a considérablement augmenté, et comme nous n’avons jamais présenté un budget en équilibre depuis 1973, la dette a explosé puisque l’État ne se finance pas en réinvestissant des profits, mais en émettant de la dette pour régler ses factures.
Cette hausse structurelle du poids de l’État a entraîné une baisse tout aussi structurelle du taux de croissance de notre pays et bien sûr un sous-emploi et donc un chômage en constante progression. La France a le record mondial du chômage de longue durée. On a les records mondiaux que l’on peut. [1]
Et tout cela s’est fait alors même que la population était persuadée par les media que tous ses malheurs venaient d’un libéralisme débridé.
Parler des excès du libéralisme alors même que le poids de l’État dans l’économie ne cesse d’augmenter constitue en fait la vraie, la seule « exception culturelle Française ». Pour être honnête, pendant ces vingt ou ces trente dernières années, la gauche et la droite ont alterné au pouvoir sans que l’on puisse remarquer la moindre différence.
En dehors de l’erreur de politique monétaire (franc fort, euro, largement supporté par les deux camps) qui explique largement les désastres actuels (merci Monsieur Trichet), remarquons quand même que toutes les élites françaises communient sur les autels de l’Église keynésienne et que c’est sans doute là que se trouve l’explication.
L’application de recettes keynésiennes nous a conduit à  la faillite, comme on pouvait s’y attendre. Mais cela a permis à cette soi-disant élite de rester au pouvoir. Économiquement, elle a piteusement échoué. Politiquement, elle a magnifiquement réussi, grâce a Keynes.
Il faut donc la féliciter et souhaiter bonne chance à son dernier représentant qui vient d’être élu, tout en souhaitant qu’une fois au pouvoir Saul se transforme en Paul de Tarse.
Une petite remarque en terminant.
Quand nous avons été chassé du Paradis, Dieu ne nous a pas dit « consommez, empruntez, la croissance suivra » mais bien « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». Ce qui veut dire, si je comprends bien : tu bosses et après tu consommes, si tu as bien bossé. À mon humble avis, Dieu n’est pas keynésien. Comme le disait Reagan : « Les économistes sérieux croient en Dieu, les Keynésiens croient au Père Noël. L’embêtant c’est que le Père Noël n’existe pas. »
Nous sommes le 25 décembre au matin et les Français vont se rendre compte qu’il n’y a rien dans leurs chaussures. Le monde est injuste.