TOUT EST DIT

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mardi 24 avril 2012

Le recul de Sarkozy reste relatif par rapport aux résultats électoraux des partis au pouvoir en Europe

Dans un éditorial pour le quotidien Les Echos, Jean-Francis Pécresse attire l’attention sur le fait que Nicolas Sarkozy, « avec 27,2% des suffrages exprimés, a offert une relative résistance au choc d’une élection de crise ayant pris, de surcroît, l’allure d’un référendum personnel ».
Il relève que le président candidat a perdu 1,7 millions de voix entre le premier tour 2007 et le premier tour 2012, et qu’il a subi des reculs notables chez tous les soutiens sociologiques de la droite (retraités, artisans, commerçants, chefs d’entreprise). La géographie des résultats est aussi plutôt défavorable à Nicolas Sarkozy, notamment dans ses bastions. Il recule par exemple dans plusieurs grandes villes, comme Marseille, Nice, Toulon.
Mais Jean-Francis Pécresse remarque que « ce revers infligé à Nicolas Sarkozy est moins ample que la droite ne pouvait le craindre, compte tenu du contexte économique et de la configuration politique de ce scrutin ». Car il compare cette élection aux suffrages dans d’autres pays d’Europe, en remarquant que « la sanction réservée (…) à Nicolas Sarkozy apparait moins sévère » que celle infligée aux autres partis au pouvoir.
Par exemple, en Espagne, aux élections générales de novembre 2011, le Parti socialiste au pouvoir a subi un recul de 15 points pour tomber à moins de 29%. De même, le Premier ministre socialiste portugais avait reculé de 8 points six mois plus tôt, ce qui lui a coûté son poste. En mai 2010, le parti travailliste britannique a perdu 6 points et a dû céder sa place aux conservateurs.
« Dans aucun de ces pays, le choix de l'alternance n'a pris la forme d'une vague électorale, plutôt celle d'un vote par dépit », note Jean-Francis Pécresse. « Publié dimanche soir, un sondage Harris Interactive montre que seuls la moitié des électeurs de François Hollande (49 %) auraient voté pour lui par « adhésion » (contre 58 % pour Nicolas Sarkozy). La résilience notable du chef de l'Etat ne constitue sans doute pas un socle assez solide pour espérer l'emporter le 6 mai. Mais, dans ce cas, il serait moins victime d'une vague rose que d'une extrême droite à visage populiste revenue, en proportion des suffrages exprimés, à son niveau de 2002. »

Sarkozy défonce Libération, Yannick Noah et la gauche DSK

Plus combatif que jamais, Nicolas Sarkozy a entamé la campagne du second tour sans retenir ses coups contre la gauche, qui a fait depuis cinq ans de l’antisarkozysme son fond de commerce. En meeting à Saint-Cyr, le président de la République a refusé les incessantes leçons de morale de la gauche DSK et dénoncé la collusion entre François Hollande et les médias.
« Je n’accepterai pas de prendre de leçons de morales, et certainement pas d’une gauche qui voulait installer M. Strauss-Kahn à l’Elysée », a lancé Nicolas Sarkozy sous les huées de la foule, rappelant au passage que François Hollande est un candidat de substitution et que les socialistes souhaitaient massivement que DSK soit leur candidat à la présidentielle.
Mais Nicolas Sarkozy, qui a été victime depuis le début de la campagne d’un « matraquage sans précédent » de la part des médias, tout acquis à François Hollande et au parti socialiste, a aussi lancé un clin d’oeil à Libération, pravda socialiste et fer de lance de l’antisarkozysme qui ressasse depuis cinq ans l’épisode du Fouquet’s… mais appartient au milliardaire de la gauche caviar, le baron Edouard de Rotschild.
« Cela fait si longtemps que les dirigeants socialistes préfèrent fréquenter les diners en ville que les ouvriers », a repris Nicolas Sarkozy en faisant référence aux déjeuners trois étoiles réunissant François Hollande et BHL autour d’une salade de mâche à 140 euros. Puis de lancer une pique à Libération, mais aussi au Monde, qui a oublié à l’occasion de cette présidentielle sa traditionnelle neutralité… et qui comme par hasard a été récemment racheté par le mécène du parti socialiste Pierre Bergé et un autre golden boy de la gauche caviar Matthieu Pigasse.
« Ses amis (de la gauche) peuvent acheter de journaux pour faire leur propagande. Ils peuvent se rencontrer dans des restaurants de luxe. Ils peuvent inviter dans les réunions publiques des exilés fiscaux et cela ne choque personne », a conclu le président de la République dans une attaque à peine voilée contre Yannick Noah, soutien star de François Hollande et exilé fiscal notoire.

Après Hollande, Aubry va-t-elle fuir le débat avec Copé ?

Déjà convaincus d’avoir gagné la présidentielle, les socialistes préfèrent se partager les postes que de débattre. Après les dérobades de François Hollande, qui a refusé plusieurs débats contre Nicolas Sarkozy malgré une demande en ce sens des plus grandes radios françaises, comment va réagir Martine Aubry, à qui Jean-François Copé propose un débat entre patrons de partis ?

Certes, Martine Aubry a autrement plus de courage et de suite dans les idées (y compris les plus dévastatrices pour la France) que François Hollande, mais aura-t-elle le cran de relever le défi démocratique proposé par Jean6françois Copé : les dirigeants des deux principaux partis (évoqués de surcroît pour s’installer à Matignon en cas de victoire de leur champion) engagés dans une joute verbale pour aider les citoyens à trancher entre deux programmes ?
Rien n’en est hélas moins sûr, tant les socialistes prennent de précaution à éviter tout embryon de débat contradictoire depuis le début de la campagne électorale, bien aidé en cela par le soutien sans faille d’un appareil médiatique « déchaîné » contre Nicolas Sarkozy et qui se refuse à relever les contradictions du projet de la gauche.
Pourtant, qu’il serait nécessaire d’entendre Jean-François Copé et Martine Aubry expliquer aux Français les options retenus par leurs candidats et présenter clairement leur vision de la France sous le feu de la contradiction. Car pour l’heure, les socialistes ont beau jeu d’enquiller les propositions vagues et de bâtir des châteaux en Espagne.
S’il sont aussi sur de leur fait qu’ils ne le disent, pourquoi Martine Aubry se refuserait le plaisir de venir moucher Jean-François Copé ? On attend avec impatience la réponse de la Dame des 35 heures.

Qui suis-je ??


Mon père était un riche bourgeois (Médecin ORL, propriétaire de plusieurs cliniques) et il militait à l’extrême droite aux côtés de Maître Tixier-Vignancourt et pour l’OAS...
J’ai passé mon enfance à Bois-Guillaume, ville résidentielle (sur les hauteurs de Rouen) où habitent les plus riches normands.


Je fus élevé chez les « bourges du privé », que je critique constamment à « St Jean-...Baptiste de la Salle à Rouen ».


Puis j’ai continué mes études dans la commune des aristocrates et des grands-bourgeois : à NEUILLY SUR SEINE où mes parents avaient acheté une superbe propriété.



Malgré ma fortune et mon patrimoine estimé à plus de 10 Millions d’Euros, je ne paie pas l’ISF car un montage ingénieux sous forme de plusieurs SCI me rend quasiment introuvable par le fisc français.



A la fin des années 70, sortant de l’ENA je sens que la droite va perdre et que Mitterrand est sur la pente ascendante, pour assurer mon avenir je choisis alors de rejoindre le PS.


Je n’ai jamais dirigé une grande ville.

Je n’ai jamais dirigé une grande région.

Je n’ai jamais été ministre ni secrétaire d’état.



Je dirige malgré tout le département de la Corrèze qui est devenu grâce à moi en 4 ans le plus endetté de France (+ 25% de dette soit 3 fois plus que la moyenne nationale) et le seul où le nombre de fonctionnaires a augmenté de 50% dans le même temps (de 831 à 1231).



Pour 2012 dans mon département, j’ai déjà fait voter une hausse de 6.5% de la taxe foncière, de 300% les taxes sur les permis de construire. J’ai supprimé : les bourses étudiantes, la gratuité des transports scolaires, les 1000 € de prime de garde d’enfants et diminué presque toutes les aides aux personnes âgées ou dépendantes.



Je ne déjeune pas au Fouquet's, je vais dans un endroit plus discret mais encore plus chic où j'ai fêté ma récente victoire aux primaires socialistes et où dernièrement j'ai été l'invité d'un assez pauvre, Pierre BERGE. Ma cantine, c'est chez LAURENT dans le 8ème.



J'envisage d'augmenter de 45 milliards d'euros les impôts et taxes en tout genre car c'est plus facile que de diminuer le nombre de fonctionnaires, je souhaite d'ailleurs en embaucher 65.000 de plus ... Ce qui coûtera 100 milliards à la FRANCE car un fonctionnaire est payé par l’état à vie, sécurité de l’emploi oblige!!!



Je n’aime pas les riches qui gagnent plus de 4000 euros par mois mais j'en gagne 7,5 fois plus avec mes 30.387 € par mois !!!
Donc 63% de plus que le Président de la République (19 331 € par mois) que j'accuse d'être proche des riches ...



Je m’appelle………….

François HOLLANDE



Vous avez voté pour moi, je vous ruinerai en 5 ans. Le changement c’est maintenant !



Sources: cour des comptes.

Job 


Mais comment font-ils ? Nicolas Sarkozy était hier soir en meeting à Saint-Cyr-sur-Loire. Il est ce matin à la télévision, ce soir à Longjumeau. Même agenda de folie pour François Hollande, hier soir à Quimper, ce soir sur TF1. Ils en ont encore sur ce rythme pour près de deux semaines. Et ils y sont déjà depuis... depuis longtemps, depuis toujours, dirait-on. La gamelle est bonne, raille le râleur national. Peut-être, mais ça ne suffit pas: on peut gagner plus de 19 000 euros mensuels en manageant beaucoup moins de 65 millions de personnes, et sans l’angoisse du bouton nucléaire. L’attrait du pouvoir, alors ? Sans doute, mais est-ce péché ? L’essentiel est qu’ils fassent bien le job, n’est-ce pas. Ils ont assuré au premier tour, à voir la fréquentation des isoloirs. Souhaitons-leur pareil succès au second, et bon courage: le vaincu sera achevé, le vainqueur en prendra pour cinq ans, au même rythme...

a Grèce devrait quitter l'Euro pour redevenir compétitive (patron d'Ifo)

Le président de l'institut économique allemand Ifo ne voit pas d'avenir pour la Grèce au sein de la zone Euro... Lors d'un discours à New York, Hans-Werner Sinn, a ainsi indiqué que "la Grèce n'a aucune chance d'être compétitive en restant dans la zone Euro". Précisant qu'il parlait à titre personnel, il a ajouté que d'autres pays européens en difficulté auront également du mal à baisser les salaires dans les proportions nécessaires pour une relance de leur économie : "Baisser les salaires et réduire les prix dans les proportions nécessaires sera impossible à réaliser dans certains pays du sud de l'Europe, quoi qu'en disent les hommes politiques", a-t-il ajouté, sans citer nommément d'autres pays que la Grèce...

Au passage, le responsable a critiqué l'injection massive de liquidités de la BCE (1.000 Milliards d'Euros) à travers des prêts à 3 ans. Cette mise sous perfusion encourage selon lui les pays à ne pas accélérer leur désendettement... L'économiste a aussi estimé que "des taux d'intérêt uniformes pour toute la zone Euro conduiront à de nouvelles mauvaises allocation de capital en Europe".

Concernant la Grèce, "si elle reste au sein de la zone Euro, elle subira un chômage de masse de façon durable. Si elle sort, elle verra une rapide amélioration", a affirmé M. Sinn, en ajoutant que le retour à un drachme dévalué par rapport à l'Euro permettrait d'améliorer la compétitivité du pays. Il a ajouté que les quelque 100 Milliards d'Euros déjà versés à la Grèce pour l'aider à rembourser ses dettes auraient été mieux employés s'ils avaient servi à l'aider à abandonner l'Euro...

Rappelons que des élections législatives se tiennent en Grèce le 6 mai prochain, dont les résultats pourraient déboucher sur une remise en cause du plan de rigueur et de réduction de la dette mis au point avec la communauté internationale. Les partis grecs favorables à une sortie de la zone Euro, et qui n'ont pas signé les engagements d'austérité pris par la coalition actuelle, pourraient en effet réaliser une percée électorale importante à l'occasion de ce scrutin...

 ATTENTION, LES ALLEMANDS AIMENT LA GRÈCE, OUI,
MAIS  EN VACANCES

Eva Joly se rend-elle compte qu'elle est l'idiote utile du succès de Marine Le Pen ?

Eva Joly a déclaré au soir du premier tour : "Les apprentis sorciers de l’identité nationale, à force de discours de haine ont permis à Marine le Pen de faire son meilleur score à l’élection présidentielle". Mais les électeurs du Front sont-ils ceux de la haine ou simplement des Français en quête de leur identité ?

André Bercoff : Il faudrait commencer par balayer devant sa porte… et se poser de sérieuses questions concernant les autruches nationales, les apprentis sorciers de l’aveuglement et de la surdité. Ceux-là qui prétendent qu’il n’y a pas de problème d’identité, pas de problème de culture, de communautarisme, de civilisation. "Circulez, il n’y a rien à voir !", disent-ils.
Si j'étais Marine Le Pen, j’enverrais des fleurs tous les jours à Eva Joly et à ceux qui tiennent des discours similaires. Car c’est justement grâce à cette surdité et cette bonne conscience aveugle, grâce à ceux que Lénine appelait les « idiots utiles », que Marine Le Pen progresse autant.
Eva Joly recherche sujet désespérément. Elle ne sait plus où aller. Elle parlait de jours fériés pour juifs et musulmans en début de campagne puis là, on revient aux fondamentaux : attiser les haines. La question que devraient se poser ces autruches c’est pourquoi Marine Le Pen fait 18% pendant qu’eux en font 2% ?
Le vrai problème c’est l’indignation à géométrie variable. Je veux bien que l’on s’indigne, et qu’on soit anti-raciste ; je le suis d’ailleurs. Mais alors, que l’on soit anti-raciste sur tous les plans ! Il faut que la Ligue des droits de l’homme ne soit pas la "Ligue de certains hommes". On doit s’indigner sur le sort des clandestins et de certains immigrés, mais on devrait aussi pouvoir s’indigner sur la condition de la bonne femme qui s’est fait arracher son sac, et qui n’ose plus rentrer chez elle. Aujourd'hui, dire cela c'est passé pour un facho ! C'est ça qui est stupide. 
Ivan Rioufol : La phrase d'Eva Joly est la meilleure démonstration de l’aveuglement collectif qu'on connait depuis longtemps à travers les positions convenues. Je trouve ces propos imbéciles, mais c’est usuel dans le discours commun. Cela revient à dire qu’on refuse de se confronter aux faits et que ce que décrit Marine le Pen est un fantasme. On est dans le déni, c’est une très vielle posture. Cela fait 30 ans qu’on est dans cette position-là...
Nous sommes confrontés à deux crises : une crise économique d’une part, et une crise de la cohésion nationale à laquelle on ne veut pas réfléchir d’autre part. De mon point de vue elle est beaucoup plus importante que la crise économique qui se règlera techniquement. La crise de la cohésion nationale est posée par deux sujets tabous que sont l’immigration et l’islam radical.
Tant que ce ton politiquement correct s’imposera dans les médias, il y aura toujours Eva Joly qui récitera sa leçon. La faute à la pensée dominante qui interdit de se confronter aux réalités. A partir du moment où l’on ne s’adresse pas à cette France, de la classe moyenne, que le sarkozysme ne découvre que trop tard, celle-ci se réfugie malheureusement vers des classes politiques qui auront au moins l’intelligence de l'écouter. Il y a un grand gâchis à laisser au FN le soin d’être le porte-parole de cette France-là. Alors que ce que dit cette dernière est tout à fait admissible. Ça n’a rien de déshonorant d'affirmer sa volonté de maitriser son destin et préserver son mode de vie et son identité. Le Président sortant s’est enfin résolu à comprendre ce que voulait dire ce peuple-là en disant que « le souci de nos compatriotes était de préserver leur mode de vie qui est la question centrale de cette élection ». Effectivement, et ce n’est pas être fasciste ou extrémiste que de dire cela.
On aurait pu croire le candidat du Front de Gauche ait pu capter cet électorat. Seulement, le problème de Jean-Luc Mélenchon est qu’il n’a voulu voir qu’une partie de la crise. Il s’est largement penché sur la crise sociale et économique qui suscite des souffrances mais a omis cette crise identitaire, cette crise du vivre ensemble. Ces petits blancs qui vivent dans des relégations et qui parfois sont obligés de céder la place à un nouveau  peuple. Jean-Luc Mélenchon a fait le discours inverse en disant qu’il fallait accentuer cette communautarisation.
Il a séduit l’électorat des cités mais pas l’électorat populaire traditionnel. Il est intéressant de voir que tous les candidats qui comme François Bayrou n’ont pas voulu aborder ce problème identitaire, ou comme Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly ont voulu flatter ce communautarisme musulman, ont été sanctionnés dans les urnes. Cette élection démontre à ceux qui ne voulaient pas l’entendre, notamment les commentateurs et les sondeurs, que l’immigration et l’islam radical intéressent les Français. Ces deux thèmes portent Marine le Pen et signent l’échec de ceux qui niaient ces réalités-là.  Comme je le dis souvent, les réalités sont plus fortes que les idéologies.

Peut-on parlerà propos de la perception du FN, d'une fracture géographique entre Paris et les grandes agglomérations, et la province  ?

André Bercoff : Je ne sais pas s’il faut parler de fracture géographique ou d’une fracture culturelle ou identitaire. Je m'interroge. Effectivement, François Hollande est majoritaire à Paris et Marseille et en zones périurbaines. Mais je pense que la fracture est surtout culturelle et identitaire, non pas entre immigrés et Français, ou entre "ethnies" différentes, mais il s’agit d’un choc des visions concernant ce qui est choquant ou pas. Selon moi, s’il n’y a plus de porc dans certaines cantines françaises, il y a quelque chose de gênant voire choquant. Je veux bien que les gens qui mangent halal et casher aient totalement ce droit mais je croyais que la République française était d’abord laïque et je ne comprends pas qu’on se soit battu pendant deux siècles contre les curés pour se coucher devant les imams et les rabbins.
J'ai préfacé le livre L’apéro saucisson-pinard à l'invitation des mouvements Riposte Laïque et du bloc identitaire. Même si je ne me sens pas proche de leurs idées, ils représentent des secteurs d’opinion, et en tant que journaliste et écrivain, il m’intéressait de les entendre. Cela m'a été reproché avec virulence sur le plateau de Laurent Ruquier : Audrey Pulvar m'a demandé "Comment pouvez-vous mettre votre notoriété au service de ces groupes ?" Mais qu’ont-ils fait ? Ont-ils tué ou assassiné ? Ce ne sont pas des nazis. Il y a tant d'amalgames qui sont faits par cette police de la pensée ! Audrey Pulvar, ce soir là, a quitté son rôle de journaliste pour devenir une commissaire politique. C'est sans doute anecdotique mais typique d’une certaine manière de voir la réalité, je dirais même qu’il s’agit d’un déni de réalité.
Tous les gens qui votent Marine le Pen ne sont pas Lepénistes au sens traditionnel du terme. Au second tour, deux choses se jouent : il y a ce problème de l’identité, de l’art de vivre à la française que le monde politico-médiatique a tendance à négliger. Je ne crois pas être réactionnaire en disant qu’on doit considérer cette dimension civilisationelle. Et de l’autre côté l’économie : la dette, l’Europe, les marchés… Tant qu’on est endetté, on est à la merci des marchés. Quel que soit le nouveau Président, "les terrifiants pépins de la réalité" sont là, comme disait Prévert. Qui va tenir le cap sur ces deux problèmes là ? Cela va être extrêmement difficile pour Nicolas Sarkozy, mais rien n’est joué.
Ivan Rioufol : Michel Maffesoli a cette phrase qui me plaît beaucoup et qui illustre parfaitement la fracture dont souffre la France « la parole publique n’est pas la parole publiée ». En effet, l’opinion, la parole publique, la parole de la société civile n’est pas la parole des médias, ni celles des hommes politiques. Et s’il y a une crise de conscience dans le monde politique, il y en a aussi une dans la vie médiatique. Les médias ne sont plus, depuis très longtemps, l’écho – si ce n’est très partiel - de ce que pense la France silencieuse, la France des invisibles. Et nous vivons naturellement avec cette grande coupure là : ce sont les médias qui ont des problèmes de perceptions.
Tout le monde médiatique nous annonçait une percée de Jean-Luc Mélenchon. On l’annonçait hier encore dans les premiers sondages à 17 ou 18 %. Il y a des instrumentalisations médiatiques qui ne correspondent pas à la réalité du terrain.
Je pense qu’aujourd’hui on découvre petit à petit que l’opinion publique et les réalités françaises ne sont pas conformes à ce qui en est donné par le discours convenu, notamment par cette caricature faite par Eva Joly - qui lui a valu de récolter 2 %. C’est le côté réjouissant de cette élection !





Les socialistes n’ont jamais eu l’esprit tourné vers la ruralité, supposée rétrograde. Alors même qu’ils ont toujours trouvé dans certains départements ruraux (Ariège, Lot, Landes, Limousin) leurs terreaux électoraux les plus favorables.
À tout le moins, la gauche n’a-t-elle pas contesté une des plus grandes réussites des années 1960-70 : la politique d’aménagement du territoire et de développement rural assortie d’une politique agricole interventionniste appuyée sur l’Europe. La DATAR (Délégation interministérielle à l'Aménagement du Territoire et à l'Attractivité Régionale), créée en 1962, avait connu ses grandes heures à ce moment-là. La majorité de son personnel y était même de gauche.

Cette politique répondait à une double nécessité :
  • Redresser les déséquilibres historiques du territoire français : entre la région parisienne et le reste du territoire, entre les régions de tradition industrielle (au nord-est de la ligne Le Havre-Marseille) et celles qui en étaient dépourvues (au sud-ouest de cette même ligne) ;

    • Accompagner le recul inévitable des effectifs agricoles, tout en maintenant un tissu d’exploitations compétitives.

Les résultats furent largement positifs : les métropoles régionales se sont développées de manière remarquable depuis quarante ans, des régions comme l’Ouest grâce à l’agro-alimentaire ou le Sud-ouest grâce à l’aéronautique se sont dotées d’un tissu industriel.
Malgré ces efforts, un tiers du territoire environ (zones rurales dites profondes) : plateaux de l’Est (Meuse, Haute-Marne), Massif central, la "diagonale aride" des géographes, s’est trouvé vidé de sa population. Seule la politique rurale dynamique des années 1970, marquée par la création du commissariat au Massif central et, parmi d’autres dispositifs, l’instauration de l’aide spéciale rurale à la création d’emplois, put, un temps, mais un temps seulement, enrayer ce déclin.
Or, il faut bien le dire, les acquis de cette politique d’aménagement du territoire se sont trouvés remis en cause dès l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. L’aide spéciale rurale fut immédiatement supprimée. On considéra que la décentralisation tiendrait désormais lieu de politique d’aménagement du territoire. Au lieu d’une grande politique nationale de rééquilibrage, on décida que chaque région gérerait à sa manière ses déséquilibres, ce qui, face à un enjeu national comme la désertification rurale, faisait perdre à cette politique une grande partie de son impact. Encore a-t-elle pu continuer quelque temps à vivre sur ses acquis.
Une autre raison, moins illégitime, explique la remise en cause de la politique d’aménagement du territoire : l’ampleur des restructurations industrielles, en particulier de la sidérurgie et du textile. Avant d’installer des industries là où il n’y en avait pas, on considéra qu’il était plus urgent de la défendre les territoires où il y en avait, ce qu’on ne fit d’ailleurs que très partiellement.
Au tournant des années 1970, une nouvelle antienne vit le jour dans les milieux de gauche : le soutien au monde rural, cela sentait le pétainisme ! Tiens, on ne s’en était pas avisé pendant 45 ans ! Tout cela parce qu’un écrivain issu de la gauche, porte-plume du maréchal, Emmanuel Berl, lui avait fait dire que : « La terre, elle, ne ment pas ! »
Un tel argument portait d’autant plus que durant la même période, la mémoire des horreurs de l’occupation revenait, de manière insistante, à la surface au travers de l’affaire René Bousquet, longtemps étouffée par son ami François Mitterrand, et surtout du procès Maurice Papon.
Il fut également acquis aussi que "à l’heure de l’Europe", seuls importaient désormais les grandes unités : grandes métropoles d’échelle européenne reliées par de grands axes autoroutiers et des TGV, aux dépens des petites unités : moyennes et petites villes, villages dont le maillage fin constitue pourtant depuis toujours un des atouts de la civilisation française.

Cet état d’esprit aboutit à l’effacement de beaucoup de départements ruraux, comme le Lot, de la carte d’éligibilité à la prime d’aménagement du territoire, lors de la réforme de 1998.
Une des conséquences de l’abandon de la politique d’aménagement du territoire fut la crise du logement dans les métropoles, et en particulier dans la région parisienne. On ne favorise pas sans précaution la concentration, d’autant que le laxisme en matière d’immigration, laquelle commence généralement par l’installation dans une grande ville, accroissait encore les besoins de logement.
A la même époque, les logements inoccupés se sont multipliés dans les petites villes.
La loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) du 13 décembre 2000, chef d’œuvre de complication technocratique, limitait aussi la construction de manière draconienne dans les villages. D’ailleurs, son intitulé lui-même constitue une négation de la spécificité du monde rural.



Nicolas Sarkozy convaincu de pouvoir l'emporter

Le président-candidat, qui a livré sa feuille de route pour l'entre-deux-tours, fera un grand discours sur le travail le 1er mai à Paris.
«Tout commence. Demain, on reprend la route…» Dès dimanche soir à la Mutualité, Nicolas Sarkozy a livré sa feuille de route pour l'entre-deux-tours: accélérer encore et se battre jusqu'au bout. Lundi matin, le président-candidat a réuni son comité de campagne, à son QG. Détendu, il a pris le temps d'analyser les résultats, tout en dévoilant sa stratégie. «Les Français me font souffrir mais ils m'ont aussi donné le score qui me permet de faire le match, a-t-il noté. Ce n'est pas plié. Les Français veulent que je souffre encore un peu…» «Avant la rédemption?», a terminé Jean-Marie Bockel, président de la Gauche moderne. «Oui, c'est ça, a souri Sarkozy. Avant la rédemption. Car je vais gagner!»

«Un vote de crise»

Le président a ensuite longuement analysé ce vote FN qu'il n'a pas réussi à «siphoner» dès le premier tour, contrairement à 2007, et dont il aura impérativement besoin pour gagner le 6 mai. «On ne peut pas dire n'importe quoi sur ce vote, a-t-il analysé. Ce n'est pas un vote protestataire, c'est un vote de crise. Il traduit un sentiment de déclassement. Nous devons parler à ces gens.» Sarkozy a répété qu'il ne négocierait pas: «Je ne parle pas aux chefs mais aux électeurs!»Un conseiller décrypte: «Il faut continuer à parler à l'électorat populaire qui a voté pour Le Pen et Mélenchon. Et ne pas donner l'impression de tractation, comme Chirac en 1988.»
Nicolas Sarkozy devrait donc continuer à parler immigration et frontières, sécurité et justice, islam et laïcité, ou encore «protection» contre les délocalisations et les effets de la crise dans un monde mondialisé. «On appuie sur l'accélérateur avec la même stratégie qu'avant le premier tour», confirme un conseiller. Et cette fois, plus question d'«édulcorer» le discours, comme ce fut le cas dans les deux dernières semaines avant le premier tour. «Les gens n'ont pas envie qu'on leur parle d'économie ou de Banque centrale européenne mais d'immigration et d'autorité», relève un proche, qui critique en creux le discours de la Concorde du 15 avril, jugé trop théorique.

«Harceler Hollande»

Sarkozy, qui devrait faire de nouvelles promesses d'ici au 6 mai, compte bien pousser François Hollande dans ses retranchements sur le droit de vote des étrangers - il est persuadé que les Français y sont hostiles - ou la «régularisation massive des irréguliers» (ce que le candidat PS ne propose pas). «On va être odieux!» rigole un conseiller, qui reconnaît que tous les coups seront permis. «Il faut harceler Hollande comme ils m'ont harcelé», a conseillé Sarkozy. Il a précisé à ses proches qu'il s'adresserait aussi aux électeurs de Bayrou. «On répond au vote de crise et on rassemble. On est tous des humanistes.» Même si la veille, à l'Élysée, Sarkozy avait reconnu que les hésitations entre sa stratégie ancrée à droite et les appels du pied à Bayrou lui avaient sans doute «coûté la première place». «J'ai bien fait de ne pas écouter tous ceux qui me conseillaient de me recentrer. Je continuerai à parler au peuple».
Nicolas Sarkozy, qui a effectué son premier déplacement d'entre deux tours à Tours (lire ci-dessous), sera mardi à Longjumeau, mercredi à Mulhouse, jeudi au Raincy, vendredi à Dijon, samedi en Auvergne. Dimanche, il pourrait faire un meeting à Aix-en-Provence. Lundi prochain, ce sera Toulouse. Puis Toulon. Surtout, le président candidat organisera le 1er mai un grand meeting de plein air à Paris, au Trocadéro, autour de la valeur travail: «À la gauche, les syndicats, à moi, le vrai travail et tous ceux qui travaillent dur», a-t-il résumé.
Dimanche soir, le président s'est attardé dans le carré VIP de la Mutualité, entouré de Carla, ses deux fils aînés, du chanteur Didier Barbelivien et de son ami, l'avocat Thierry Herzog. Sarkozy s'est tourné vers l'un des piliers de sa campagne, qui portait autour du cou un chèche de couleur verte: «Cette écharpe, il ne faut surtout pas la quitter. Le vert, c'est la couleur de l'espoir!»

Fillon : «Le match Sarkozy-Hollande, c'est maintenant !»

Pour le premier ministre, le premier tour de la présidentielle montre qu'«il n'y a pas de réelle envie de gauche».
 - La victoire de Nicolas Sarkozy le 6 mai est-elle encore possible?
François FILLON. - J'ai toujours dit que cette élection serait très serrée. Tout était fait depuis des mois pour convaincre les Français que les jeux étaient faits d'avance, que c'était plié. Or, après cinq ans de bombardements intensifs anti-Sarkozy, après une crise qui a provoqué la chute de plusieurs gouvernements européens, après une campagne d'une violence inouïe contre le bilan et le président, il n'y a que 1,4 point d'écart entre Nicolas Sarkozy et François Hollande! C'est la démonstration qu'il n'y a pas de réelle envie de gauche.
La poussée du vote FN vous inquiète-t-elle?
Ce vote protestataire est l'expression de souffrances, d'un mal-vivre, d'une grande inquiétude sur l'identité française et la capacité des vieux pays européens à résister à la mondialisation. Il faut apporter des réponses à cela. C'est ce que fait Nicolas Sarkozy depuis le début de cette campagne. Ses réponses sont plus crédibles que celles de François Hollande, que ce soit sur la sécurité, l'immigration ou la protection des Français dans un contexte de mondialisation.
Malgré tout, Nicolas Sarkozy n'a pas réussi à siphonner les voix FN dès le premier tour, comme il l'avait fait en 2007. Est-ce un constat d'échec?
Mais, entre-temps, il y a eu la crise! Regardez ce qui s'est passé dans la quasi-totalité des pays européens: les gouvernements en place ont été battus! Et dans un grand nombre de pays, on a assisté à la hausse d'un vote de protestation. La France par rapport à ces pays résiste mieux. Ce vote protestataire nous renvoie à la nécessité d'aller plus vite dans la mise en œuvre des réformes. Et il nous concerne tous, à droite comme à gauche.
Le conseiller du président, Patrick Buisson, répète que le centre de gravité du pays s'est déplacé à droite, ce que vous avez toujours contesté. Le premier tour valide-t-il son analyse?
Les Français qui expriment un vote de protestation se moquent éperdument de la droite, de la gauche ou du centre! Ils expriment un ressenti des difficultés de leur vie. La campagne qu'a faite Nicolas Sarkozy au premier tour n'était ni à droite, ni à gauche, ni au centre. Il n'en changera pas au second tour. Il s'agit désormais d'aller à l'épreuve de vérité avec le candidat de gauche, et non pas de zigzaguer pour aller chercher tel ou tel électeur. Ce serait contraire à l'esprit de la Ve République.
Quelle sera votre stratégie entre les deux tours? Comment s'adresser à la fois aux électeurs de Marine Le Pen et de François Bayou?
Il faut parler au peuple français! J'ajoute que Nicolas Sarkozy est le seul qui soit réellement engagé sur la réduction des déficits, tandis que François Hollande a annoncé une série de dépenses nouvelles. Sur la question européenne, le candidat PS remet en cause les engagements européens de la France et les traités. Et son nouvel allié, Jean-Luc Mélenchon, disait dès dimanche soir qu'il fallait casser l'axe franco-allemand! Le seul qui incarne un projet européen fort, c'est Nicolas Sarkozy. C'est donc lui qui répond le mieux aux attentes des centristes. Moi-même, je n'ai d'ailleurs jamais cessé de dialoguer avec les centristes. S'agissant des attentes des électeurs du FN, Nicolas Sarkozy est plus crédible sur l'immigration, la sécurité et la lutte contre les délocalisations. Comme sur la lutte contre les communautarismes et le refus d'accorder le droit de vote aux étrangers non communautaires aux élections locales. Pour résumer, le président ne variera pas de stratégie, comme il n'a jamais varié depuis le début de sa campagne.
Redoutez-vous que le 6 mai se transforme en référendum anti-Sarkozy?
On a déjà présenté le premier tour comme un référendum contre Nicolas Sarkozy ; il ne s'est pas produit! Je crois que les Français veulent le match, dans toute sa vérité. Le match, c'est maintenant! C'est pourquoi Nicolas Sarkozy a proposé trois débats. Il attend avec impatience la confrontation avec un candidat socialiste qui a basé toute sa stratégie sur le «Sarko-bashing», le rejet du président. Ça n'a pas marché. Lors de cette confrontation attendue des idées et des personnalités apparaîtra clairement la détermination du président, son autorité, sa capacité à assumer la fonction de chef d'État dans la crise. Ce qui ne sera pas le cas pour François Hollande.
En cas de défaite de Nicolas Sarkozy, quelle position prendrez-vous, au soir du deuxième tour?
Dans tous les cas de figure, ma position sera la même: j'appellerai à l'unité de la majorité pour conduire la bataille des législatives.

Jean-Marie Le Pen répond à « Présent » 

De façon directe et avec des mots très chaleureux pour notre journal, Jean-Marie Le  Pen nous a livré ses premières impressions à chaud alors que venait de tomber les scores.
– Jean-Marie Le Pen, vous êtes un président d’honneur et un père heureux ce soir ?
– D’abord je suis très heureux de vous voir, cela me rappelle tellement de bons souvenirs, c’est bien que vous soyez avec nous ce soir. Cette victoire, voyez-vous, c’est la victoire du mérite, de la ténacité, de la persévérance et de la fidélité à la ligne politique du Front national.
– Votre ligne ?
– A vous je le dis, on ne peut pas satisfaire tout le monde et son père. Si la ligne de Marine n’est pas parfaite, je crois vraiment que, vu le contexte, il faut faire avec les idées qui sont les siennes, qui ne trahissent rien de l’essentiel, qui défendent notre voix et qu’elle porte au plus haut niveau. Je pense tout à fait comme vous à Présent – à l’exception notoire du dernier papier de Trémolet de Villers que je n’ai pas compris – et vous avez pris la bonne position. C’est un excellent résultat ce soir avant les législatives. Les millions d’électeurs qui ont confiance en nous seront représentés. Je sais pour ma part ce qu’une campagne présidentielle représente comme efforts et comme sacrifices. Marine a accompli cela de manière héroïque. Elle est une relayeuse. Je lui ai passé le bâton. Tant mieux si elle court plus vite.

lundi 23 avril 2012

Irritants, ces médias pour qui l'élection était jouée d'avance !

En se déplaçant massivement, en portant Marine Le Pen à 18%, en délaissant Jean-Luc Mélenchon, "les Français ont déjoué tous les pronostics", ont répété les médias. Des pronostics qu'ils ont été les premiers à créer, faiseurs ou défaiseurs de Rois, véritables stars de l'élection.
Ils avaient voté que les Français s’abstiendraient massivement, ils avaient voté que Jean-Luc Mélenchon était le troisième homme, ils avaient voté que les cartes étaient distribuées et ils se sont comportés comme si jour après jour il fallait confirmer ces « prédictions »… ils avaient même, non sans enthousiasme, envisagé que Nicolas Sarkozy pourrait ne pas être au second tour, et puis comme d’habitude ils sous estimaient le Front national.
Le grand cirque touche à sa fin et c’est un soulagement, y compris certainement pour les « petits candidats » contraints de mentir sur leurs chances de succès avec une assurance qui discréditait tout le reste ! On ne sait s’il fallait  admirer leur constance à affirmer qu’ils  seraient au deuxième tour ou s’il fallait les traiter d’illuminés… J’en connais qui ont voté pour eux au premier tour, non pas pour leur programme mais par pitié et aussi dans le  secret espoir  de faire mentir les instituts de sondage !
Qui n’a pas rêvé  de les voir se tromper juste  pour le plaisir  d’avoir l’impression que tout était ouvert ?
On sort quand même d’une campagne d’intox, pleine d’insinuations et prégnante, minée par des commentaires qui occultaient la nécessaire pédagogie d’un monde en mutation. 
30% des Français ont confiance dans l’économie de marché contre une moyenne de 70% dans les autres pays. Merci aussi aux médias qui, c’est le moins qu’on puisse dire, ne font pas la promotion du libre échange et poussent inconsciemment les politiques  à laisser croire que la France était un irréductible village au modèle exceptionnel.
Irritants  toujours ces médias, et certains journalistes, qui au fur et à mesure des nouveaux pourcentages de vote attribués traitaient avec de moins en moins  de considération ceux qui baissaient dans les sondages, jusqu’à redoubler de déférence envers celui qui montait ! Faiseurs de rois ou pensant l’être, les médias ont été  les stars de cette interminable période électorale.
Le deuxième tour devrait sonner la délivrance car on peut espérer que seules les  questions de fond vont demeurer et que c’en est fini de la couleur de la montre de Sarkozy, des variations de poids (les kilos, pas le poids électoral) de Hollande. Ouf !  Finie aussi la honte des ralliements de dernière minute, les retournements de vestes (à J-4).
Les journalistes eux, n’ont toutefois  pas renoncé et ils se transforment maintenant en fins calculateurs des  probabilités d’additions des voix. Ce n’est pas « Qui Veut Gagner des Millions « mais : Qui va donner ses voix, à qui ?
La mode, inaugurée par Ségolène Royal en 2007 non sans panache, consiste à perdre en ayant gagné. Leurs idées ont triomphé, les Français leur ont fait confiance et ils détiennent les clés du second tour.
Marine Le Pen triomphe et c’est de bonne guerre, Jean-Luc Mélenchon subtil donne consigne de battre Sarkozy mais pas de voter Hollande. Bayrou est habité par la vraie vérité qui n’arrive pas à percer, mais il demeure le socle de l’avenir de la France. Hollande semblable à lui même : modeste. Sarkozy flambant neuf dans son énergie à vaincre.
On a  zappé sur BFM TV pour  voir Anne Sinclair… décevante, pas à la hauteur du  feuilleton dévastateur qui a mis Hollande au premier plan par défaut ; un commentaire sans grand intérêt et un second rôle d’observatrice de ce dont elle aurait pu être l’héroïne.
La bonne nouvelle c’est que les Français sont concernés par cette élection et s’y sont intéressés malgré ou à cause de ces mêmes medias ; la mauvaise c’est que si on additionne autre chose que des reports de voix on s’aperçoit que Mélenchon + Le Pen = 30% de Français qui ont peur des autres, veulent un retour vers le passé et préfèrent prendre aux riches que de prendre des risques.

Jean-Luc Mélenchon : créature médiatique et bide électoral

C’est peu dire que les médias se sont épris de la campagne populiste de Jean-Luc Mélenchon (tout en se permettant de cracher sur celle pas plus populiste de Marine Le Pen). Pourtant, la « sensation » de la campagne n’a séduit que les bobos et a prouvé une fois de plus le divorce entre la gauche et le Peuple.
Les envolées lyriques de Jean-Luc Mélenchon, très (trop ?) largement reprises par les médias, n’y ont rien fait. Le Peuple de France a le coeur à droite face à la crise économique, à l’immigration et à la perte de valeurs héritée de trente années de laisser-faire libertaire et gauchiste.

Mais pour les électeurs, Jean-Luc Mélenchon n’a pas fait illusion : il n’est qu’un supplétif un poil plus vociférant de François Hollande et du parti socialiste. Contre le Peuple quand il veut régulariser massivement les sans-papiers ! Contre le Peuple quand il veut dépénaliser la drogue qui gangrène nos banlieues ! Contre le Peuple quand il se fait le défenseurs des communautarismes musulmans ou gays !
La gauche bobo s’était créée un pseudo-révolutionnaire pour s’exalter sans risquer de tout perdre. Les médias ont suivi en faisant du Front de gauche les perturbateurs de la campagne. Mais les citoyens ne se sont pas laissés leurrés par cette supercherie. Et il ne s’y laissera pas leurrer au second tour.
De quoi retourne-t-il ? Veut-on une France sans frontières ? Plus d’immigration ? Un retour au laxisme des années Chirac/Jospin ? La drogue dépénalisée ? Le retour des policiers copains accusés de « bavures » dès qu’ils tentent de s’opposer aux voyous ?
Veut-on une France sans repères ? Les valeurs de la famille atomisées par le mariage homosexuel ou l’adoption par les couples gays ? La laïcité et la mixité bafouées pour promouvoir tous les communautarismes et dissoudre l’unité nationale ? Le droit de vote aux étrangers qui fera que les citoyens français ne décideront plus dans leur propre pays ?
François Hollande et son fidèle allié Jean-Luc Mélenchon ne se cachent pas de préparer ce projet de société. La France a commencé à dire non à cette folie. Il reste le deuxième tour pour transformer l’essai.

Hollande refuse les 3 débats télévisés

Dimanche soir, misant sur la défense de son bilan et l'inexpérience qu'il prête à son rival, le président sortant a proclamé sa "confiance", proposant que "trois débats" soient organisés avec le candidat socialiste entre les deux tours. "Sur des questions économiques et sociales, de société et les questions internationales", a précisé Nicolas Sarkozy.
François Hollande a aussitôt refusé, affirmant ne vouloir qu'un seul débat, comme c'est la tradition en France. Selon lui, il convient de s'en tenir à un seul duel, "qui durera le temps qu'il faudra".
"Ce n'est pas parce que, hier soir, M. Sarkozy a été désavoué par les Français qu'il faut changer les règles du jeu institutionnel de la Ve République pour lui faire plaisir", a estimé ce lundi le directeur de campagne de François Hollande, Pierre Moscovici.
De son côté, la porte-parole de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, a accusé le candidat PS d'avoir "peur" de la confrontation, rappelant qu'il y avait eu quatre débats entre les candidats à la primaire PS.

Il manquera 4% à Sarkozy au second tour parce qu'il a été trop mou, pas parce qu’il a été trop dur

Si le Président sortant ne l'emporte pas au second tour, ça ne sera pas à cause des électeurs du Front national qui se seront détournés. Les électeurs qu'il n'aura pas, ce sont ceux de la droite libérale, déçus que le Président ait renoncé à ses réformes dès la première grève des chauffeurs de taxi.

Entre le premier tour de 2007 et celui de 2012, Nicolas Sarkozy a perdu environ 4 % des voix.
On fantasme toujours sur les aller-retours de l’électorat du Front National. Personne n’ose penser que ces 4 %, ce puisse être les Français de la droite orléaniste, libérale, déçus que le premier Président élu en prenant le parti de la mondialisation, de l’esprit d’entreprise, de la responsabilité individuelle, ait si vite renoncé. La réforme fiscale ? Disparue dans le va et vient pathétique du bouclier fiscal. La libéralisation économique, vaillamment incarnée par la Commission Attali ? Mise entre parenthèses dès la première grève des taxis, et définitivement balayée par la crise financière et le retour, avec le discours de Toulon de septembre 2008, à une rhétorique colbertiste. Le rationnement budgétaire, symbolisé par le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ? Négligeable, puisque la dépense publique atteint aujourd’hui le niveau record de 56 % du PIB (contre 45 % en Allemagne par exemple). L’immigration choisie ? La circulaire Guéant l’a finalement remplacée par l’émigration forcée. La protection des libertés individuelles ? Elle s’est abîmée dans le fichier Edvige et autres recensements biométriques. 
Là où les réformes eurent lieu, elles s’arrêtèrent à mi-chemin. L’autonomie des Universités ? Il fallait la parachever avec la possibilité de sélectionner les étudiants. La simplification administrative pour les auto-entrepreneurs ? On attend toujours qu’elle s’applique aux entreprises elles-mêmes. L’élévation de l’âge de la retraite à 62 ans ? Elle est dans presque tous les autres pays de l’Union Européenne à 65 ans. Le RSA ? Il n’a pas été complété par la simplification du code du travail, second volet nécessaire de la « flexicurité ».
Ces 4 %, ce sont ceux qui manqueront à Sarkozy au second tour. Pourtant, il y eut en février un frémissement, quand la presse se fit l’écho d’une rumeur persistante : le presque candidat Sarkozy aurait décidé de s’atteler à une vaste réforme de l’Etat-Providence, et proposerait de remettre enfin en cause le statut de la fonction publique. Gerard Schröder, en visite à l’Elysée peu de temps auparavant, aurait déterminé Sarkozy à entreprendre à son tour la réduction drastique des dépenses publiques à laquelle l’Allemagne doit essentiellement son succès actuel. Sarkozy aurait donc été prêt à retrouver les accents libéraux de sa campagne de 2007. C’était d’ailleurs la stratégie que lui conseillait The Economist au début de l’année.
Las ! Sarkozy recentra vite sa stratégie sur la droite conservatrice, condamna violemment le Financial Times et l’idéologie du libre-échange, et The Economist en fut réduit à constater « le déni français ». Ce dimanche, au soir du premier tour, le candidat UMP se contenta d’un discours fort triste sur la maîtrise de l’immigration, le renforcement de la sécurité et la protection des frontières.
Sarkozy avait promis de ne pas être, comme Louis XVI, le serrurier de Versailles. Il l’imita pourtant en multipliant les réformes esquissées et inabouties. Comme l’écrivait Tocqueville au sujet de la France pré-révolutionnaire : « Le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d’ordinaire celui où il commence à se réformer ».
Nous voici donc arrivés au moment le plus dangereux.

La fuite des capitaux hors de France a déjà commencé

Et cela n’est rien en comparaison de l’exil du capital humain auquel nous nous préparons.
Un phénomène est passé inaperçu depuis août 2011: la lente fuite des capitaux français vers l’étranger. La crise bancaire de l’été dernier a donné le signal d’une course extrêmement défavorable pour l’économie française : l’aversion sourde mais grandissante des acteurs économiques pour notre pays.
Plusieurs signaux faibles sont régulièrement émis sur ce sujet, sans que l’opinion publique n’en ait acquis une conscience claire ni ne les interprète simplement. Dans un monde où la circulation des capitaux est le lot commun, après tout, plus rien n’attire vraiment l’attention dès lors qu’il s’agit d’une sphère où la notion de nationalité a perdu son sens.
Pourtant, le 17 avril, Bloomberg a publié un article au titre évocateur : «La France pourrait-elle quitter l’euro? Certains épargnants pensent que oui». L’article est un tantinet racoleur et malhonnête, car il mélange des notions assez différentes.
En fait, Bloomberg pointe du doigt le fait que, depuis le mois d’août 2011, la banque de France a déboursé près de 90 milliards d’euros auprès des banques nationales allemandes et hollandaises, qui sont autant de liquidités en moins sur le marché français. Pour être schématique, les sommes colossales que la Banque centrale européenne a déversées sur le marché bancaire depuis la crise de l’été dernier ont principalement servi à acquitter des factures au profit des banques allemandes et hollandaises.
Cette mécanique est prévue par les traités. Les banques nationales, dans l’eurosystème, ont en effet pour fonction d’assurer les transferts monétaires entre pays de l’Union dans le cadre des échanges intra-communautaires. Pour être précis, elles assurent les règlements des paiements scripturaux internationaux ou transfrontaliers.
Dans un contexte où notre déficit extérieur est abyssal, le phénomène s’explique aisément: la banque de France transfère plus de liquidités vers ses voisins qu’elle n’en reçoit d’eux, puisque nous importons beaucoup plus que nous n’exportons.
Le problème est que, jusqu’en août 2011, le phénomène inverse se produisait. La France était bénéficiaire nette des flux de capitaux provenant de ses voisins, dans une Europe où l’Irlande, l’Italie et dans une certaine mesure l’Espagne, perdaient chaque jour une part de leurs liquidités.
Depuis août 2011, la France a rejoint le bataillon des contributeurs, Italie et Espagne en tête, dont les banques centrales inondent les marchés hollandais et allemands de liquidités prêtées à bas prix par la banque centrale européenne. Simplement pour équilibrer la balance commerciale.
Voici la France financièrement réduite au rang de ses voisins méditerranéens, de plus en plus dépossédée de ses avoirs.
Selon Bloomberg, il faut y voir le signe d’une tentation pour beaucoup de Français de quitter l’euro. Objectivement, l’explication est fumeuse, mais elle nous renseigne utilement sur les paris que les financiers américains font aujourd’hui quant à l’avenir de la monnaie unique, et quant à la capacité de la France à y tenir un rôle. Les marchés ont acquis la conviction que l’euro était en phase terminale et que la France pourrait bien être celle qui lui donnerait le coup de grâce

Signe des temps, le 13 avril, les Echos publiaient un article sur l’assurance-vie au Luxembourg. Cette sorte de publi-reportage expliquait patiemment pourquoi le moment était venu de placer son argent sur des comptes au Luxembourg, au lieu de gaspiller son épargne sur des contrats français. Petit à petit, la conviction se fait donc jour que les capitaux ont tout intérêt à quitter la France.
Encore cela n’est-il rien en comparaison de l’exil du capital humain auquel nous nous préparons. Déjà, tant de matière grise française émigre vers les pays anglo-saxons pour échapper aux pesanteurs aristocratiques de notre société. Un jeune de talent, qui ne sort pas d’une grande école, n’a aucun intérêt objectif à rester en France.
Ce mal français-là, est bien plus grave que le mal financier.

Les bourses européennes chutent à l'ouverture

Panique sur les places financières européennes. Les différentes places boursières européennes s'orientaient à la baisse ce lundi matin après le premier tout de l'élection présidentielle en France.
Les Bourses européennes ont ouvert en baisse lundi, au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle française remporté par François Hollande, et de l'échec des discussions budgétaires aux Pays-Bas laissant entrevoir des législatives anticipées.
La Bourse de Paris évoluait en nette baisse lundi dans les premiers échanges (-1,62%). A 09h16, le CAC 40 perdait 51,58 points à 3.137,00 points. Vendredi, il avait pris 0,46%. Dans la foulée, le taux à 10 ans de la France se tendait sur le marché obligataire, signe d'une certaine nervosité des investisseurs. Plusieurs analystes s'interrogeaient en particulier sur l'influence qu'aura sur le résultat du second tour le 6 mai, le score historique du Front National, ainsi que les reports de voix de la part du Front de Gauche et du Modem. Quoiqu'il en soit, en ce qui concerne les deux candidats qui se disputeront la victoire, François Hollande et Nicolas Sarkozy, "il manque aux deux programmes une stratégie crédible et intelligible pour doper la compétitivité et la croissance", ont estimé les analystes de Crédit Agricole CIB. D'autres analystes, comme Markus Huber, chez ETX Capital voit dans l'éventuelle victoire de François Hollande un risque que "la chancelière allemande (Angela Merkel, ndlr) perde son principal allié" en la personne de Nicolas Sarkozy, dans la gestion de la crise de la dette.
Inquiétude sur les Pays-Bas
Cette élection en France se tient alors que la situation en zone euro inquiète les investisseurs qui se demandent comment les déficits pourront être réduits comme prévu dans un contexte de faible croissance ou de récession. Les Pays-Bas ont échoué samedi à s'attendre sur la réduction du déficit, ce qui devrait entraîné la tenue d'élections législatives anticipées et fait courir le risque au pays d'une perte de son triple A.
Parmi les valeurs, les financières et les industrielles pesaient sur la tendance. Société Générale perdait 2,86% à 16,81 euros, BNP Paribas 2,47% à 28,88 euros et Crédit Agricole 2,62% à 3,64 euros. Par ailleurs, ArcelorMittal cédait 3,87% à 12,44 euros.
Les bourses marquent le coup après le mauvais indice PMI
L'indice vedette Dax de la Bourse de Francfort creusait ses pertes lundi en matinée, perdant 2,02% à 6.613,78 points vers 09h45. La publication de mauvais chiffres sur le moral des industriels (indice PMI) est venue accentuer une tendance à la baisse après l'arrivée en tête de François Hollande au premier tour de la présidentielle française.
Le CAC 40 réagissait aussi à l'indice décevant du moral des industriel en avril (indice INSEE). L'indicateur synthétique du climat des affaires a reculé à 95 points, contre 98 en mars (chiffre révisé de deux points à la hausse) et reste inférieur à sa moyenne de longue période fixée à 100 points, indique l'Insee dans un communiqué.
Madrid et Milan chutent de plus de 3%
La Bourse de Madrid poursuivait sa chute lundi, en dessous des plus bas niveaux de 2009, abandonnant plus de 3%, dans un climat d'incertitude après le premier tour de la présidentielle française et dans l'attente des chiffres d'Eurostat sur le déficit espagnol. L'indice Ibex-35 des principales valeurs de la Bourse de Madrid perdait 3,24% à 6.812,6 points, à 09h44. Quant à la Bourse de Milan, ellecreuse ses pertes et chute de plus de 3% elle aussi.
LE SPECTRE DE HOLLANDE FAIT DÉJÀ RÉAGIR LES MARCHÉS

Un entre-deux tours acharné 


François Hollande et la gauche abordent la dernière ligne droite avec un vrai avantage arithmétique et psychologique. Nicolas Sarkozy subit la désaffection annoncée. Marine Le Pen fait mentir les enquêtes et bat le record de son père en 2002. Jean-Luc Mélenchon redescend de son nuage sondagier et François Bayrou, dont le discours courageux n'a pas payé, divise son score par deux.

La sanction est réelle pour le président sortant, qui n'a pas progressé depuis sa déclaration de candidature. Pour autant, le second tour s'annonce plus compliqué que prévu. Les arbitres ne sont pas tout à fait ceux que l'on croyait. Et plus d'un tiers de l'électorat ne se reconnaît pas dans les deux qualifiés.
Principale satisfaction ¯ partagée ¯ de ce dimanche : la participation, bien qu'un peu inférieure à celle de 2007, reste très convenable et fait mentir la tendance observée depuis trente ans. Les Français, que l'on disait peu passionnés par cette élection, ont usé du privilège que reste la liberté de voter. La mobilisation est surtout le fait du Parti socialiste ¯ le fameux vote utile ¯ et du Front national. Au détriment de François Bayrou et de Nicolas Sarkozy.
Jamais un président sortant, pourtant privé de plusieurs concurrents à droite, n'a réalisé un aussi mauvais score. Et jamais la droite dite de gouvernement n'est tombée aussi bas. Mais, inversement, jamais le total des droites n'a été aussi élevé. Le Front national, dédiabolisé, a acquis une position de force et d'arbitre. De son électorat dépend, en partie, le score de Nicolas Sarkozy au second tour.
Parions que Marine Le Pen ne sera pas pressée de soutenir le président sortant : la victoire de François Hollande lui permettrait d'espérer un éclatement de l'UMP, de devenir la leader de l'opposition et de prendre position aux législatives. C'est dire si, pour Nicolas Sarkozy, la situation est compliquée. Il va devoir droitiser sa campagne de second tour ¯ protectionnisme, immigration, sécurité, rigueur ¯ pour refaire son retard. Ce faisant, il risque de s'éloigner de l'électorat centriste qui a déjà en partie voté pour François Hollande.
La situation n'est guère plus simple pour le candidat socialiste, en dépit de l'élan d'hier. Si la menace Mélenchon est moins forte ¯ et son score idéal pour ne pas effaroucher les électeurs modérés ¯ la réserve de voix de gauche, et même centristes, est aussi en deçà de ses espérances. François Hollande n'a d'autre choix que de se montrer rassembleur, signal qu'il a donné dès hier soir en s'adressant aux électorats de Jean-Luc Mélenchon, d'Eva Joly, de François Bayrou et même du Front national.
Car, alors que Nicolas Sarkozy a fait campagne jusque-là contre neuf détracteurs, François Hollande va se retrouver dans un face-à-face acharné. Le président sortant considère qu'une nouvelle campagne s'ouvre ce matin et que la confrontation télévisée, projet contre projet, personnalité contre personnalité, sera le moment de vérité.
Il sait aussi qu'il existe un piège pour François Hollande : celui d'une victoire trop annoncée qui démobiliserait son camp. Espoir ambitieux pour Nicolas Sarkozy : par rapport à 2007, la droite classique enregistre trois ou quatre points de retard !

Présidentielle : pour qui votent les people ?

Avant le premier tour de la présidentielle, tour d'horizon des engagements des stars. De quoi faire fléchir les derniers indécis. 

On disait que les people fuyaient leurs responsabilités, qu'ils se montraient particulièrement discrets cette année, par rapport à leur engagement massif, il y a cinq ans, derrière Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy. Mais il faut reconnaître qu'une fois de plus les deux grands favoris des sondages de 2012 ont réussi à rallier leur quota de célébrités, avec, il est vrai, plus ou moins de grands ténors à leurs côtés.
Le président-candidat Nicolas Sarkozy peut encore compter sur sa fidèle vieille garde, même si elle s'est quelque peu dégarnie en fin de parcours. On retrouve là le chanteur Didier Barbelivien, Enrico Macias - qui dit avoir le coeur à gauche, mais le bulletin à droite -, Christian Clavier, Jean Reno et Thierry Roland. Se sont ajoutés certains poids lourds, comme l'écrivain Jean d'Ormesson, le réalisateur Claude Lelouch, Gérard Depardieu, Emmanuelle Seigner, la navigatrice Maud Fontenoy ou encore la star du petit écran Véronique Genest.
Le tableau de chasse du président compte quelques trophées inattendus, comme Nadine Trintignant, ancienne communiste aujourd'hui repentie, ou Florent Pagny, qui estime qu'il ne faut pas changer de capitaine dans la tempête, même s'il n'a jamais voté et "ne votera jamais". Et des ralliés hétéroclites, tels les frères Bogdanoff ou encore le jeune et bouillant Mickaël Vendetta, l'ex-vainqueur de l'émission La ferme des célébrités, reconverti depuis dans le militantisme extrême : "François Hollande président, a-t-il prévenu sur son blog, est la plus grande catastrophe qui pourrait arriver pour le pays : c'est le nouveau Staline en crétin."

La nouvelle génération affiche sa sympathie pour Hollande

Une analyse politique que ne semblent pas partager d'autres artistes regroupés autour de leur champion socialiste, parmi lesquels le chanteur Yannick Noah, Jane Birkin, Jacques Higelin, l'écrivaine Mazarine Pingeot, les comédiens Michel Piccoli, Pierre Arditi, Denis Podalydès et Gérard Darmon, sous le charme depuis déjà plusieurs mois : "Il sait que ce sera très difficile, il se dit plein de ferveur, très enthousiaste, c'est très séduisant."
Plusieurs noms de la nouvelle génération affichent également leur sympathie pour François Hollande, tels Jamel Debbouze, les chanteurs Benjamin Biolay, Bénabar et Joyce Jonathan. Sans oublier des soutiens plus populaires, comme ceux de Jean Benguigui, l'humoriste Gérald Dahan, l'animatrice Valérie Damidot ou encore l'insubmersible Geneviève de Fontenay, qui a déjà voté autrefois pour Arlette Laguiller, puis pour Ségolène Royal. Même si la possible victoire du candidat socialiste à la présidentielle a soudainement gonflé ses troupes dans les dernières semaines, sa récente sortie contre les hauts salaires en a aussi affolé plus d'un. Le projet d'imposer à 75 % les revenus annuels supérieurs à un million d'euros a suscité nombre de réactions chez des sympathisants, comme Jamel Debbouze - une taxe jugée "ridicule" - ou Patrick Bruel, qui fustige cet impôt "confiscatoire et spoliateur" et ne souhaite donner aucune consigne de vote cette année.

Une cohorte de prudents

Les deux leaders politiques du moment ayant fait le plein, les autres candidats doivent se contenter des dernières stars encore motivées par la présidentielle. François Bayrou peut compter sur l'écrivain Yann Moix et l'acteur François Berléand, qui résume son choix ainsi : "Cela fait vingt-cinq ans que la droite et la gauche se partagent le pouvoir et rien n'a été fait. Au contraire, la dette n'a cessé d'empirer." Jean-Luc Mélenchon a enrôlé l'actrice Anémone, l'ancien instituteur Yvan Le Bolloc'h et le chanteur Bernard Lavilliers, séduit "pour son côté rock and roll". Quant à Marine Le Pen, elle s'appuie sur l'avocat Gilbert Collard et la mythique Brigitte Bardot, fidèle à ses opinions. De leur côté, Georges Moustaki trouve Philippe Poutou "attendrissant" et la chanteuse islandaise Björk avoue son admiration pour "l'incorruptible" Eva Joly.
Enfin, il reste la cohorte des indécis ou des prudents, ceux pour qui il est trop tard pour se prononcer ou trop risqué de s'aventurer dans l'arène publique, si terrible pour l'image. Ainsi, les artistes Faudel, Doc Gynéco et Jean-Marie Bigard se montrent aujourd'hui très discrets, eux qui ont payé au centuple leur ex-engagement pour Sarkozy en se mettant à dos une partie de leur public. Line Renaud et Michel Sardou refusent de rentrer plus en avant dans le débat, tandis que le réalisateur Mathieu Kassovitz prône l'utilité du vote blanc, "un message de contestation générale du système politique".
Plus stratège, Johnny Hallyday ménage la chèvre et le chou, si l'on peut dire, en se disant ami avec Sarkozy tout en dînant avec Hollande. Quant aux deux grandes stars françaises du moment, Jean Dujardin et Omar Sy, activement courtisées par les candidats, elles préfèrent garder une neutralité médiatique. Pourquoi aller gâcher une gloire toute fraîche ? Le silence est d'or, surtout pendant la présidentielle.

Trompettes 


Les contents ont soufflé hier soir dans leurs trompettes et crié qu’ils vont gagner. Les déçus ont boudé les buffets. Et les télévisions ont fait le spectacle. Comme d’habitude… Mais au-delà de ce folklore, rien n’est comme d’habitude, dans cette élection marquée plus que toute autre par la crise. Nous avons vécu une campagne de crise, entre dégradations des économies européennes et récession annoncée. Un vote de crise, comme dans toute l’Europe, avec la sanction du pouvoir en place. Des votes de crise, encore, avec des scores record pour l’extrême droite et la gauche radicale. Se dessine enfin un mandat de crise pour le prochain Président, qu’il se nomme François Hollande ou Nicolas Sarkozy : il devra affronter une crise économique sous la menace d’un euro moribond, et une crise politique qui risque de tourner à la crise de système. Franchement, pas de quoi souffler dans les trompettes.

Nouvelle ère ? Les cartes rebattues par le premier tour

En position de favori, François Hollande, arrivé en tête, repart en campagne en Bretagne et Nicolas Sarkozy sera en Touraine cet après midi. Après les surprises du premier tour, c'est une nouvelle campagne qui commence.
Dimanche soir, avant de s’exprimer, les deux finalistes ont longuement étudié -pour en tirer les enseignements-  les résultats de ce premier tour qui n’a pas manqué d’apporter son lot de surprises.
La première réside dans le taux de participation : moins de 20% d’abstentions alors que les estimations ne pronostiquaient guère plus de 70% de votants. Cette affluence aux urnes est venue contredire le désintérêt que les Français disaient éprouver pour les thèmes qui ont jalonné la  campagne. Mais ils n’ont pas négligé pour autant l’occasion qui leur était offerte  de s’exprimer ! L’autre surprise qui n’est pas sans lien avec la première, c’est le score de Marine Le Pen : la candidate du Front National rafle la troisième place avec plus de 18% des voix, et réalise ainsi un résultat jamais atteint par son parti.
Vote de crise, comme le clamait dès 20h le Secrétaire Général de l’UMP, Jean-François Copé, avant que l’expression ne soit reprise par le président-candidat ? Ou vote rejet comme le décryptent  les partisans de François Hollande, de Jean-Luc Mélenchon et… de Marine Le Pen. Nicolas Sarkozy dit avoir entendu l’ « inquiétude des Français face à ce nouveau Monde » et comprendre leurs angoisses. Mais, arrivé en seconde position ,du jamais vu pour un président qui sollicite un nouveau mandat, il est loin d’être le favori de ce deuxième tour et se retrouve en position de challenger face à François Hollande.
Le candidat socialiste qui estime que ce premier tour est « une sanction  du quinquennat » s’estime le mieux placé pour l’emporter le 6 mai. Fort du désistement d’Eva Joly et de Jean-Luc Mélenchon qui « veut tourner la page des années Sarkozy », François Hollande affronte ce deuxième tour avec un avantage arithmétique face à Nicolas Sarkozy. Il a subrepticement adressé un message aux électeurs de François Bayrou en prônant un Etat impartial, thème cher à François Bayrou.
Nicolas Sarkozy va, lui aussi, tenter de choyer l’électorat centriste; il compte sur ses alliés, tel Jean-Louis Borloo pour le faire, car lui va reprendre les thématiques de la sécurité pour tenter de reconquérir une partie de l’électorat FN et tenter de faire mentir les pronostics de Marine Le Pen et de Gilbert Collard qui affirmait à propos du Front National  «  On est la nouvelle Droite » !
Quant à François Bayrou, il veut soumettre ses propositions aux deux candidats avant de se prononcer ! Mais avec moins de 10% des voix, il n’est pas en position de « faiseur de Roi ». Pour lui c’est une autre bataille qui commence, avant même le deuxième tour, celle de la recomposition du Centre. Et là, tout dépend des résultats du 6 mai prochain.

Sarkozy, 14 jours pour reconquérir les Français

Après un premier tour loin des espérances de ces derniers jours, Nicolas Sarkozy veut relancer une nouvelle campagne avant le 6 mai, pour séduire notamment les électeurs du Front national. "Dès demain, on reprend la route", a-t-il juré.
Pas de surprise, contrairement à ce qui était tant espéré. Nicolas Sarkozy n'a pas réussi à accrocher la première place du premier tour de la présidentielle ce dimanche. Quelque 26,9% des suffrages se sont portés sur lui, loin des 31,18% de 2007. Un score qui rend très délicate la reconquête : tous ses partisans et conseillers assuraient depuis des semaines qu'il fallait être en tête le 22 avril pour créer une dynamique et l'emporter.
Dimanche soir, les résultats imposent une conclusion : ça n'a pas marché. Alors il faut adapter la stratégie. Dans son allocution dimanche soir à la Mutualité à Paris, le président sortant a donné quelques clefs. "Avec une participation supérieure à 80%, les Français (…), en agissant ainsi, (…) ont démenti toutes les prédictions et déjoué tous les pronostics". Sous entendu, si les sondeurs et les observateurs se sont trompés sur la participation, mais aussi sur les scores de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, ils peuvent se tromper sur leurs estimations pour le second tour. Ce dimanche soir, sur les plateaux des télévisions, les proches du chef de l'Etat n'ont cessé de répéter cet élément de langage.

Lundi, Raffarin publie une tribune sur le site "Le centre n'est pas de gauche"

Le candidat-président souhaite aussi profiter de ce duel en mettant en avant son expérience à la tête de l'Etat. Jamais avare d'un défi, il a proposé non pas deux débats, comme il disait auparavant le vouloir, mais trois débats entre les deux tours. "Tout doit être débattu, sans hypocrisie, sans esquive, sans faux-fuyant", a-t-il lancé à son rival. "Les Français ont le droit à la vérité et à la clarté, nul ne pourra se dérober!" "Nous étions à neuf contre un, cette fois nous sommes à un contre un", a renchéri le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, pour qui "c'est un nouveau match qui commence". Jean-Christophe Lagarde, issu du Nouveau Centre, a expliqué dimanche soir à la Mutualité que les Français devaient se poser une seule question: "Hollande est-il capable d'être président?"
Autre axe : la "droitisation" de la campagne va se poursuivre. Avec les près de 20% de Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy doit absolument séduire une grande partie de ses électeurs pour pouvoir être reconduit le 6 mai. Pour l'heure, seuls 48% d'entre eux s'apprêtent à le faire, selon un sondage de l'Ifop. L'UMP a donc décidé d'attaquer frontalement le PS et François Hollande sur le droit de vote des étrangers. Nicolas Sarkozy a d'ailleurs fait un clin d'oeil aux électeurs frontistes en appelant ceux "qui mettent l'amour de la patrie au-dessus de toute considération partisane" à le rejoindre.
"Le souci de nos compatriotes de préserver leur mode de vie est la question centrale de cette élection", a-t-il fait encore valoir en citant le "respect de nos frontières, la lutte déterminée contre les délocalisations, la maîtrise de l'immigration, la valorisation du travail, la sécurité". Quid des électeurs centristes dans ce cas? Avec 9,19% des voix, François Bayrou va forcément être approché. Mais ce ne sera pas par Nicolas Sarkozy, qui, lui, va assurer cette ligne "à droite toute". Lundi, Jean-Pierre Raffarin et Marc Laffineur, deux centristes de l'UMP, vont publier un texte appelant les électeurs du MoDem à porter leur choix sur Nicolas Sarkozy. La tribune sera publiée sur le site "Le Centre n'est pas de gauche". Séduire le centre et l'extrême-droite s'annonce comme une "quadrature du cercle impossible", analyse pour leJDD.fr, Jérôme Fourquet, de l'Ifop.
"Dès demain, on reprend la route", a conclu le chef de l'Etat. En effet, lundi, il sera à Tours (Indre-et-Loire) sur les terres de son trésorier de campagne Philippe Briand et du jeune porte-parole Guillaume Peltier. Sans les cadres de l'UMP. Nicolas Sarkozy veut reprendre ses habits de "candidat du peuple" qui parle à la "majorité silencieuse". Et qu'il doit convaincre.

Présidentielle : les sondages se sont beaucoup trompés

Les sondages ont sous-estimé le score de Marine Le Pen et celui du taux de participation et sur-estimé celui de Jean-Luc Mélenchon, pour ce premier tour de la présidentielle.
«C'est le plantage des sondages». C'est l'un des principaux enseignements que la ministre chargée de l'Apprentissage Nadien Morano a tirés ce soir sur TF1 de ce premier tour de la présidentielle. Force est de constater qu'entre le score élevé de Marine Le Pen, celui plus faible que prévu de Jean-Luc Mélenchon et le taux de participation entre 5 et 10 points supérieur à celui anticipé, les sondages ont montré leurs limites.
• Marine Le Pen sous-estimée
Comme en 2002, le score du Front national a été sous-estimé par les sondages. Il y a cinq ans, Jean-Marie Le Pen avait obtenu 16,86%, accédant au second tour de la présidentielle pour la première fois. Le candidat d'extrême droite avait ainsi été sous-estimé de 3,3 points entre le dernier sondage et le vote. Bis repetita pour cette élection: sa fille, qui avait été créditée de 14% et 16% selon les intentions de vote, obtient un score jamais atteint par le Front national, selon les estimations des principaux instituts: entre 18% et 18,5%.
• Jean-Luc Mélenchon sur-estimé
Le candidat du Front de gauche a perdu son pari. Il n'aura pas battu Marine Le Pen comme il l'avait annoncé. Pire pour lui, Jean-Luc Mélenchon réalise un score inférieur (entre 10% et 11%) aux intentions de vote dont il était crédité avant le premier tour (entre 12% et 15%). Mais parti en campagne avec 5% des intentions, le candidat du Front de gauche considère que ce score à deux chiffres est «un succès».
• La politique plus forte que la météo et les vacances
La météo grisâtre et la collusion avec les vacances n'auront pas empêché les Français de se déplacer en masse pour aller voter. Les sondages attendaient environ 25% d'abstention. Au final, à la surprise générale, près de 80% des électeurs ont déposé leur bulletin de vote dans les urnes. Un score certes moins élevé qu'en 2007 (16,5% d'abstention), mais qui prouve que les Français ont pris conscience de l'enjeu tant économique que social de cette élection.
• Les grands écarts entre les sondages à 20 heures
Au moment de l'officialisation des résultats, les écarts entre les principaux sondeurs, Harris Interactive, OpinionWay, Ipsos ou encore le CSA, ont surpris.Notamment pour Marine Le Pen qui, à 20 heures, était crédité de 16% à... 20%.