TOUT EST DIT

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lundi 19 mars 2012

Le Parlement européen, une démocratie inachevée

Dans une UE que tout le monde souhaite plus démocratique, les députés européens ne remplissent pas encore leur rôle de représentants du peuple. La faute aux système communautaire qui les prive de souveraineté, mais aussi à leur manière de travailler inadaptée.
Le cirque itinérant se rassemble à la gare du Midi, à Bruxelles. De là, un long train spécialement affrété amène les députés européens, leurs collaborateurs et les autres (notamment les journalistes) à leur deuxième lieu de résidence, Strasbourg.
Pour avoir changé de mains, entre la France et l’Allemagne, cinq fois en un siècle, la ville est censée symboliser la réconciliation de l’après-guerre. Mais ces derniers temps, la caravane mensuelle est devenue on ne peut plus emblématique de la propension de l’Union européenne au gaspillage.

Dans leurs voitures avec chauffeur, les députés se rendent rapidement du rutilant complexe du Parlement européen à leurs hôtels et dans les restaurants, lesquels gonflent sans vergogne leurs prix pour l’occasion.

Plus son pouvoir augmente, plus les citoyens s'en désintéressent

La plupart des membres du Parlement détestent toute cette perte de temps. Mais ils n’y peuvent pas grand-chose à cause d’un système à deux sièges (sans compter les fonctions annexes au Luxembourg) inscrit dans les traités, qui ne peut être changé qu’à l’unanimité.
Leurs tentatives de supprimer l’une des 12 sessions à Strasbourg cette année a provoqué l’ire de Paris, qui a déposé plainte. En d’autres termes, le Parlement européen est impuissant.
C’est ainsi que les réjouissances à Strasbourg sont doublement scandaleuses. En premier lieu, les coûts supplémentaires engendrés par les sessions tenues à Strasbourg, évalués à quelque 180 millions d’euros par an, sont choquants en période de rigueur extrême.
En second lieu, le Parlement n’est pas d’un grand secours quand il s’agit de résoudre les problèmes. D’où ce paradoxe : plus son pouvoir augmente, moins les citoyens sont nombreux à se rendre aux urnes pour élire ses membres.
La plupart des sujets qui comptent aux yeux des électeurs, comme la santé, l’éducation et la sécurité, sont du ressort des parlements nationaux. Les accords européens traitent principalement d’obscures questions réglementaires.
Mais cela n’explique qu’en partie le peu de cas fait par les électeurs au choix de leurs députés. C’est la Commission européenne, c’est-à-dire les fonctionnaires de l’Union européenne dirigés par un collège nommé par les Etats membres, qui propose les lois.
Ces textes doivent ensuite être approuvés par le Conseil des ministres (où les gouvernements se mettent d’accord en coulisses) et par le Parlement européen (où les alliances fluctuent au gré des dossiers). Les différences ne seront aplanies qu’après maintes tractations entre les trois entités. Le système permet d’assurer un grand équilibre des pouvoirs. Mais les électeurs ne peuvent pas se débarrasser des incapables.
Ce problème chronique de légitimité démocratique devient aiguë avec la crise de l’euro. Bruxelles a acquis de nouveaux pouvoirs pour surveiller les budgets nationaux et autres possibles  “déséquilibres”. Les pays sauvés de la faillite – Irlande, Portugal et, surtout, Grèce – se sont vus imposer des mesures d’austérité et des réformes.

Le Parlement : un ado agressif

Mais la “gouvernance économique” se fait également sentir ailleurs. En Italie, le technocrate Mario Monti a remplacé Silvio Berlusconi à la tête du gouvernement. En Belgique, quelques jours seulement après son entrée en fonctions le nouveau Premier ministre s’est vu prier de procéder à des coupes budgétaires sous peine de sanctions. La Hongrie, elle, a appris qu’elle perdrait 495 millions d’aides l’année prochaine si elle ne réduisait pas son déficit budgétaire.
“Les gouvernements viennent seulement de se rendre compte à quel point ils ont renoncé à leurs pouvoirs au profit de l’Union”, note un eurocrate. Mais à qui conférer ces pouvoirs ? Le Parlement européen est un organe imparfait dans un système imparfait. Peut-il compenser la perte de souveraineté nationale ?
C'est ce que pensent certains. M. Monti s'est rendu à Strasbourg le mois dernier pour féliciter le Parlement d'avoir soumis à une étroite surveillance la Commission (dont il faisait jadis partie). Dans un article rédigé avec la députée européenne française Sylvie Goulard, il a fait porter la plus grande responsabilité de la crise sur les démocraties nationales. Angela Merkel, la chancelière allemande, parle d'une future "union politique" dotée d'un Parlement fort et d'un président de la Commission élu au suffrage direct.
D'autres considèrent que le Parlement n’apporte pas de solution mais constitue une partie du problème. Jack Straw, ancien ministre des Affaires étrangères britannique, a récemment plaidé pour son abolition. Le "déficit démocratique" serait selon lui mieux comblé par une assemblée de députés nationaux que par un organe élu au suffrage direct.
La Cour constitutionnelle allemande a jugé en 2009 que le Parlement européen n’avait pas une crédibilité suffisante pour que le Bundestag lui cède le contrôle du budget, entre autres. Les députés européens peuvent donc influer sur la façon dont les fonds européens sont dépensés, et non pas sur celle dont ils sont récoltés.
Le Conseil des Ministres considère le Parlement comme un adolescent agressif : ses membres pensent savoir ce qui est bon pour l'Europe mieux que les ministres ; ils parlent beaucoup, ils se comparent au Congrès américain sans en avoir les moyens ; ils exigent constamment davantage de pouvoir et d'argent et ils veulent toujours plus d'Europe, quoi que les électeurs puissent en penser.
Les membres de la Commission expriment également leur exaspération (en privé) : même si le Parlement européen est souvent leur allié, il a le pouvoir de dissoudre la Commission mais n’assume pas les conséquences de ses actes.
Il n'y a pas de solution claire au problème de la démocratie dans ce système qui est en partie intergouvernemental et en partie fédéral. On peut difficilement avancer que Bruxelles a besoin d'une démocratie moins directe à l'heure où elle acquiert davantage de pouvoir.

La légitimité requiert des réformes nationales et européennes

Les affaires européennes sont désormais trop complexes pour être gérées par des temps partiels. Regardez le Conseil de l'Europe, le voisin du Parlement européen à Strasbourg, un organisme plus ancien qui est distinct de l'UE : il possède une assemblée de députés nationaux qui se réunit deux fois par an, mais ses travaux sont tellement obscurs que les conservateurs britanniques peuvent y être alliés du parti Russie unie de Vladimir Poutine.
La légitimité requiert des réformes au niveau national comme européen. Les effectifs du Parlement, 754 personnes, doivent être revus à la baisse de même que ses énormes coûts. Ses travaux donnent lieu à des accords confortables entre les coalitions de grands partis européens. Ceci dit, les Etats demeureront au centre de l'UE quelle que soit l'ampleur de l'intégration. Ce sont eux qui confèrent à l'UE ses pouvoirs et ses fonds. Ce sont les gouvernements qui font appliquer les lois européennes.
Et surtout, la vie politique est essentiellement nationale. Il faut donc que les parlements nationaux soient plus impliqués dans les travaux de l'UE, qu'ils puissent pour commencer examiner plus attentivement ses politiques.
Le système danois est un bon exemple : le Folketing (parlement) autorise les ministres à négocier des mandats avant qu'ils n'aillent à Bruxelles. Malgré tous ses défauts, le Parlement européen est encore là pour longtemps. Les passagers pour Strasbourg, en voiture !




François Hollande peine à séduire les dirigeants de PME

Interrogés dans le cadre du baromètre La Tribune-LCL, ils ne sont que 5% à déclarer qu'ils voteront pour la candidat socialiste.

Heureusement pour François Hollande, le candidat socialiste, les chefs d'entreprises ne seront pas les seuls à se déplacer les 22 avril et 6 mai pour élire le prochain président de la République. Interrogés par la Tribune dans le cadre du baromètre La Tribune-LCL, 42% des dirigeants de PME se disent séduits par Nicolas Sarkozy. Ils ne sont que 5% à trouver des charmes à François Hollande. Il faut toutefois noter que 51% des entrepreneurs ne sont pas du tout convaincu par les deux poids lourds présumés du premier tour.
Un effet Villepinte
Le discours tenu à Villepinte par le président sortant a donc plutôt marqué positivement les esprits, tant et si bien qu'il explique quasiment à lui seul la remontée d'un point de l'indice synthétique d'Ipsos en mars qui mesure le moral des dirigeants de PME. Toutefois, à 99 unités, il reste toujours sous la barre des 100 points, sa moyenne de longue période.
« Il y a un effet Villepinte, les questions censées mesurer les efforts du gouvernement étant en hausse » explique Yves Fradier, directeur de clientèle chez Ipsos. Un entrepreneur sur deux a également été séduit par la proposition de Nicolas Sarkozy de réformer les accords de Schengen.

La demande de la grande consommation en baisse
« Le reste des autres indicateurs est en revanche orienté à la baisse », poursuit-il. C'est le cas notamment de la demande adressée aux PME par la grande consommation, ce qui affecte mécaniquement la production et, in fine, l'emploi. « L'indice des facteurs de production reste à un niveau bas mais progresse légèrement ce qui ne compense que très partiellement la forte chute de points concédée en janvier. Cette remontée cache une évolution hétérogène de ces composantes. Les perspectives d'embauches continuent à se détériorer alors que les achats d'équipement se redressent fortement à un niveau toujours inférieur à son plus haut du dernier trimestre 2012 », constate Werner Perdrizet, économiste chez LCL.
Les pôles de compétitivité sont très peu connus
Dans ce contexte, on se demande où sont les signes tangibles de la reprise que certains commencent à entrevoir, notamment dans l'industrie qui bénéficient d'un soutien important de l'Etat depuis 2005 avec la création des pôles de compétitivité puis avec la refonte du crédit impôt recherche, le lancement du Grand emprunt ... Un soutien qui peut encore avoir du mal à être connu des entrepreneurs.
Interrogé par La Tribune sur le niveau de leurs relations avec les pôles de compétitivité, 89% des chefs d'entreprises ont déclaré n'en avoir aucune ! Ce chiffre est aussi à mettre en relation avec le fait que les PME industrielles ne représentent que 17% de l'échantillon de cette étude.
« Au final, le niveau du baromètre et de ces composantes en mars traduit toujours un climat des affaires dégradé et une activité économique orientée à la baisse. Ces indicateurs appuient ainsi notre prévision d'un recul de 0,3% de la croissance au premier trimestre 2012, consécutif notamment à un recul de l'investissement des entreprises dont la profitabilité s'est détériorée », explique l'économiste.

« Ca c’est sûr »: Bernard Tapie appelle à voter Nicolas Sarkozy 

Interrogé sur France2, Bernard Tapie a appelé à voter Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle de 2012. "Sarkozy a fait plein de choses qui m'ont pas plu et je suis pas UMP. Je ne partage pas leur point de vue sur tout ce qui touche à l'immigration", a souligné l'ancien ministre de François Mitterrand. Mais quand la banque américaine Lehman Brothers "a explosé" en 2008, "Nicolas Sarkozy prend la responsabilité tout seul de dire : je garantis l'épargne des Français". "Il a sauvé le système bancaire en Europe et dans tous les pays occidentaux", a poursuivi Bernard Tapie. A propos du candidat socialiste, il a affirmé qu'il n'allait "certainement pas appeler à voter pour Hollande". "Je crois qu'il a pas bien compris la crise telle qu'elle se présente. Quand il dit, 'mes adversaires c'est le monde de la finance', il oublie que des milliards nous sont versés par le monde de la finance tous les mois pour payer nos fonctionnaires", a poursuivi M. Tapie, qui avait déjà soutenu Nicolas Sarkozy en 2007.

A L'ÉPOQUE OÙ IL ÉTAIT PATRON DE L'OM, TOUTE LA FRANCE L'AIMAIT
AUJOURD'HUI, C'EST FRANCHEMENT DIFFÉRENT ; BIZARRE, NON ?

LES SOCIALISTES FONT LA MÊME CHOSE AVEC SARKOZY...ET POURTANT 




Gilbert Bécaud - L'orange (1964) par Leroidukitch

Ségolène Royal : insultes, insinuations et théorie du complot

L’ancienne candidate socialiste Ségolène Royal vit décidément dans une autre planète. La papesse de la « République irréprochable » s’est laissée aller dimanche à un exercice d’insultes et d’insinuations sans précédent à l’égard de Nicolas Sarkozy. La Madone du Poitou aurait-elle encore entendu des voix ?
Selon Ségolène Royal les motivations de Nicolas Sarkozy ne sont pas que politiques à la veille de cette élection présidentielle. La présidente du conseil régional de Poitou-Charentes est persuadée que le président de la République a surtout besoin d’être réélu pour échapper aux foudres de la justice !
Comme dans un bon vieil épisode de X Files, Ségolène Royal a des preuves irréfutables pour étayer sa théorie du complot. Et d’appeler les « spécialistes du comportement » à la rescousse pour décrypter les attitudes et tics (nombreux) de Nicolas Sarkozy. « Les spécialistes du comportement, lorsqu’ils analysent ce comportement physique survolté, l’expliquent par la peur », a-t-elle affirmé.


S. Royal : "N. Sarkozy a peur de perdre son... par antennerelais
Si elles n’étaient pas aussi grotesques, ces accusations seraient scandaleuses. Que l’une des principales dirigeantes du parti socialiste pollue de la sorte le débat démocratique avec des insinuations fumeuses n’a rien à faire dans une campagne présidentielle. Et que Ségolène Royal se rassure, Nicolas Sarkozy (dont le comportement était déjà « survolté » avant son élection) s’expliquera devant la justice dans 5 ans s’il a quelque chose à se reprocher.

La campagne passe à l'écrit 

La « dictature » du CSA démarre cette semaine. Alors que la campagne présidentielle entre dans sa période la plus intéressante, radios et télévisions vont moins traiter de politique. Absurde, illogique, bizarre… Jean-Pierre Pernaut nous confie : « Les Français vont s'intéresser au fond ; nous devons nous arrêter à la forme. Au temps de parole. Si un candidat annonce une idée intéressante, on ne pourra pas développer. » À la télévision et à la radio, la campagne est presque finie. D'ici le 22 avril, pas de débat. Les émissions politiques s'arrêtent. Plus d'analyses. Ou presque. Pas de panique, la presse écrite prend le relais ! Certains candidats ne manqueront pas de nous le reprocher : nous jouirons d'une vraie liberté pour approfondir, vérifier, contredire, tendre le micro – ou plutôt le stylo – aux électeurs, bref faire du journalisme. Le CSA est devenu l'allié des journaux. Notre liberté nous autorisera à mettre « de côté », voire à dénoncer des valeurs antidémocratiques ou antirépublicaines de certains candidats. Bien sûr, nous redeviendrons séduisants pour ces derniers. Jusqu'ici attirés comme des moustiques par les projecteurs de l'audiovisuel, ils accordaient peu d'intérêt aux sollicitations des journaux. La situation risque de changer. Pas question pour autant que le Courrier picard s'implique pour l'un ou l'autre pendant cette période excitante qui mettra en valeur la force de l'écrit : celle de procéder à un « arrêt sur images » des propositions. Mais ce n'est pas au CSA que nous devons rendre des comptes. C'est à nos lecteurs. Dont les réactions, écrites bien sûr, ont plus que jamais leur place dans ces colonnes.

Le pouvoir moral 

Président de la République en Allemagne, une fonction essentiellement protocolaire ? Oui, dans le courant normal de la vie politique dominée par la chancellerie, le Bundestag et les Länder. Mais le président fédéral détient de vraies prérogatives lors d’une crise parlementaire. Il peut aussi refuser de décréter des lois votées, déjà huit fois depuis que la RFA existe. Surtout, le chef de l’Etat dispose du pouvoir moral, si important outre-Rhin… et difficile à expliquer en France.
Ainsi, la démission pour malversations présumées de Christian Wulff le mois dernier, après celle de Horst Köhler en mai 2010, avait créé un vide constitutionnel. Un désarroi certain, aussi, exprimé à longueur de colonnes dans la presse. Comme si le « Bundespräsident », pourtant largement ignoré ailleurs en Europe où on ne connaît que la chancelière Merkel, était un personnage-clé de la vie publique. Non parce qu’il incarnerait l’Allemagne, plutôt parce qu’il est placé au-dessus de la politique du quotidien, transcendant en quelque sorte l’intendance politicienne dans un rôle de débonnaire « chef de famille » aux relents de monarchie nordique, tout en jouissant d’une liberté d’esprit et de parole pour les questions touchant à la société. Par exemple, en critiquant, le cas échéant, la chancellerie et les partis politiques. Or ces remontrances constitutionnelles ou sociétales, toujours publiques, portent leurs fruits dans la population, et par ricochet, chez les élus. Du moins, quand le président fédéral assume pleinement son rôle, quand il ne prend pas sa résidence du Palais Bellevue pour une « cage dorée » à destination d’hommes politiques « placardisés ».
Ce ne sera pas le cas de Joachim Gauck, membre d’aucun parti. L’ex-pasteur et inlassable prédicateur est connu pour son franc-parler. Quitte à commettre quelques impairs en apportant son soutien au banquier Thilo Sarrazin dans ses critiques sur la place de l’islam ou en désapprouvant ouvertement les manifestations à l’allemande du mouvement « Occupy Wall Street ».
Comme Angela Merkel, Joachim Gauck est originaire de l’ex-RDA, un régime que lui – contrairement à la chancelière – a vraiment combattu. Comme Angela Merkel, il porte ses attentions à l’Europe de l’Est. Juste après son intronisation, il se rendra en Pologne pour renforcer les liens de voisinage. Un symbole ?

La méprise de la Bastille

C’est une révolution ? « Non, sire une indignation » répondrait le Duc de Liancourt s’il conseillait Sarkozy, Hollande ou Bayrou après avoir vu cette place de la Bastille, noire de monde et rouge de colère. La mobilisation réussie derrière un Jean-Luc Mélenchon étreint par l’émotion et galvanisé au sondage à deux chiffres, fait écho au succès d’édition du livret « Indignez-vous » de Stéphane Hessel. Cette insurrection civique se nourrit de la crise, des mesures d’austérité du moment et puise ses racines dans le non à la Constitution européenne de 2005 que nos dirigeants ont contourné par des traités alambiqués pour remettre l’Europe sur son rail libéral. Ce cri du peuple monte pour dénoncer les inégalités, qui à force de se creuser sont devenues des injustices. Mélenchon fédère cette indignation et la gauche de la gauche.
Son ascension complique le deuxième tour de Nicolas Sarkozy qui ne dispose pas dans son camp d’une réserve aussi forte et fiable. Elle affaiblit les écologistes. Pour Hollande et Bayrou, l’idée d’un Président élu par défaut, sur un référendum pour ou contre Sarkozy, n’est plus tenable. Aucun candidat ne peut commettre une méprise sur la Bastille. C’est bel et bien Mélenchon qui secoue la campagne.

Enseignements d'une campagne 

  La campagne présidentielle semble souvent manquer de fond. Trop souvent superficielle, politicienne. Elle n'en a pas moins le mérite de nous apprendre beaucoup sur notre société, ses peurs, ses attentes, ses difficultés, voire son refus d'aborder certaines questions. Par ce qu'elle dévoile, comme par ce qu'elle laisse de côté, elle constitue un moment important de notre vie collective.

Premier enseignement : les mots de chômage, de précarité, d'exclusion ou de relégation sociale ne sont pas des abstractions, des problèmes techniques que des experts économiques et des technocrates pourraient régler. Ils désignent des hommes et des femmes qui font ou refont partie du paysage politique. De ce point de vue, la campagne est une grande réussite. C'est ainsi, en particulier, qu'une figure a refait son apparition : celle des ouvriers.
Hier, le prolétariat était le sel de la terre, appelé, en se libérant de ses chaînes, à libérer l'humanité tout entière. Le mouvement ouvrier, depuis l'atelier ou l'usine, menait, avec ses syndicats, des luttes dont le sens pouvait irriguer toute la vie publique, politique, intellectuelle. Puis, désindustrialisation et délocalisations aidant, les ouvriers ont pratiquement disparu de notre imaginaire et des médias, sauf à se mobiliser sur un mode violent pour éviter des fermetures d'entreprise et des suppressions d'emplois. Les voilà qui réapparaissent, constituant un électorat que l'extrême droite tente de représenter - ce qui nous éloigne de l'époque où ils étaient supposés voter à gauche, et notamment pour le Parti communiste.
De façon plus générale, en rendant visibles des figures sociales jusque-là invisibles, la campagne actuelle nous donne une image de la société plus réelle que celle qui prédominait auparavant.
Simplification à outrance
Deuxième enseignement, diamétralement opposé : les enjeux culturels de la vie collective sont gommés, ou traités sur un mode singulièrement défensif. La campagne ne nous dit pas grand-chose des questions de diversité, des demandes de reconnaissance identitaire. Elle n'examine que sur le mode du scandale et de la simplification à outrance les questions de l'identité nationale, de la laïcité ou de l'islam. Les principaux candidats n'ont que le mot de « République » à la bouche, ce qui ne laisse guère d'espace pour réfléchir aux attentes culturelles des minorités, aux statistiques dites ethniques ou au multiculturalisme, mais aussi à l'environnement ou à l'écologie, qui sort sinistrée de la phase actuelle, et pas seulement du fait de la personnalité de sa candidate.
Disons-le d'un mot : dans le contexte général de crise financière et économique, la campagne permet de mieux connaître les enjeux et les problèmes sociaux du moment, en même temps qu'elle dramatise ou refoule les questions culturelles, pratiquement non traitées à gauche, et réduites, à droite et à l'extrême droite, à la défense de l'identité nationale, à la critique de l'immigration et à la hantise de l'islam.
Il faut souhaiter qu'immédiatement après l'élection présidentielle et les législatives qui s'ensuivront, les figures sociales, devenues un temps visibles, ne redeviennent pas invisibles, pour être alors oubliées, et que les questions culturelles, pour l'instant délaissées, bénéficient d'un réel traitement politique.

Mélenchon à la Bastille: le révolutionnaire en peau de lapin

Ses propositions correspondent partiellement à une véritable nécessité. Mais le candidat de la Bastille ne propose aucune mesure applicable.

«Résistance, résistance!» criait la foule, «Vite, la VIe République!», «Battre la droite et changer la gauche», «Mélenchon, enfant des lumières, le peuple est avec toi», pouvait-on lire sur des pancartes dans le cortège, composé de jeunes mais surtout d'une majorité de plus de 45 ans, dont certains arboraient des bonnets phrygiens.
Acclamé à son arrivée sur la mini-scène toute blanche et rouge devant l'opéra, le candidat du Front de Gauche à l'Elysée, actuellement crédité de la meilleure dynamique de campagne (TNS-Sofres), a déploré, dans un court discours de près de 25 minutes, une «France défigurée par les inégalités». «Génie de la Bastille qui culmine sur cette place, nous voici de retour, le peuple des révolutions et des rébellions en France. Nous sommes le drapeau rouge!», a-t-il lancé, de sa voix grave de tribun, sous un ciel maussade… »
La démagogie fait recette.
Désolé de décevoir tant de belles joies et tant d’enthousiastes élans républicains: Jean-Luc Mélenchon est un rigolo. Un rigolo de prétoire, un rigolo de JT, un rigolo malin, un rigolo drôle. Mais un candidat dont le programme est un tissu de conneries. On peut admettre le but: faire rendre gorge à la finance, renverser le nouvel Ancien Régime, celui des marchés financiers, OK, c’est populaire, c’est tendance.
Ça correspond même partiellement à une véritable nécessité. Mais le candidat de la Bastille propose-t-il une seule mesure véritablement applicable? Une mesurette qui changerait un tant soit peu la vie pauvrette des millions de citoyens asservis? Que dalle.
Jean-Luc Mélenchon, c’est Hugo Chavez, le président du Venezuela, sans le pétrole. La seule référence correcte qui me vient à l’esprit c’est Alphonse Allais: Jean-Luc Mélenchon nous promet l’eau chaude pour tous mais sans les récipients. Jean-Luc Mélenchon veut par exemple et tout simplement abolir la précarité. C’est Alphonse allais qui annonçait l’extinction du paupérisme à partir de 5 heures du soir.
Les Français adorent commémorer la Révolution de 1789. Abattons la Bastille, renversons l’ancien Régime ! Cette fois-ci les tyrans sont les marchés financiers : coupons leur la tête ! Les citoyens d’abord ! L’humain toujours d’abord ! Jean Luc Mélenchon, l’homme du discours incantatoire rencontre un succès facile.
Mais lisez, dans le détail, son programme. C’est bien simple: on est chez les comiques. En dehors de toutes réalités, dans la déclamation. Rien n’est sérieux. Sauf le rêve. Le smic à 1.700 euros, la retraite à 60 ans à taux plein, des bourses pour tous les jeunes, le remboursement de la santé à 100%, le blocage des loyers et 800.000 embauches dans la fonction publique. Le rêve!
On finance comment? Fieffé réactionnaire qui pose la question! On prendra aux banques, et si elles ne veulent pas on les mettra sous contrôle social, les Soviets en 2012.
Jean-Luc Mélenchon veut créer des millions d’emplois, il en détruirait des millions. Si son programme était appliqué, les couches populaires en souffriraient les premières bien plus que les banquiers qui auraient le temps de déguerpir.
Alors je sais bien, il ne s’agit pas d’un programme de gouvernement. Il s’agit de se faire  plaisir et de raconter des sornettes révolutionnaires. Mais, pour le coup, je trouve que Mélenchon ne va pas assez loin: c’est un révolutionnaire en peau de lapin. Qu’il lise jusqu’au bout Alphonse Allais, il verra «qu’il faut demander plus à l’impôt et moins au contribuable».
Et, encore plus fort, il faut «ne plus travailler le lendemain des jours de repos pour, enfin, vaincre définitivement la fatigue du peuple.»
Sacré Alphonse ! Sacré Jean-Luc!

FÉBRILITÉ

Nicolas Sarkozy remonte dans les sondages, il prend la pas sur  "l'autre pays du fromage" au premier tour ; c'est pourquoi les attaques les plus basses se multiplient.
Ségolène Royal en bon petit soldat dépité, aigri et rencunier y va de ses allégations mensongères,
Dupont-Aignan le faux souverainiste, taxe notre président d"être : "un cas de schizophrénie"
Quant à notre Mimolette, ce dernier déclare, tout de go : "Il n'y a pas de grand quinquennat sans grand projet culturel. S'il y a eu un petit projet culturel c'est qu'il y a eu un petit quinquennat." "Tous les présidents - sauf le dernier - ont apporté une dimension culturelle à leur bilan"

C'EST QU'IL COMMENCE À FAIRE VRAIMENT PEUR NOTRE PRÉSIDENT, QUE SON "BILAN" N'EST PAS SI MAUVAIS, QU'IL A LA TÊTE SUR LES ÉPAULES,LUI.

dimanche 18 mars 2012

Présidentielle : Bernard Tapie appelle à voter pour Nicolas Sarkozy

L'ancien ministre et homme d'affaires Bernard Tapie a appelé dimanche à voter pour Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, parce qu'"il a sauvé le système bancaire en Europe et dans tous les pays occidentaux".

"Ca c'est sûr !", s'est-il exclamé sur France2 alors qu'on lui demandait s'il allait appeler à voter pour le président-candidat.
"Sarkozy a fait plein de choses qui m'ont pas plu et je suis pas UMP. Je ne partage pas leur point de vue sur tout ce qui touche à l'immigration", a souligné l'ancien ministre de François Mitterrand.
Mais quand la banque américaine Lehman Brothers "a explosé" en 2008, "Nicolas Sarkozy prend la responsabilité tout seul de dire : je garantis l'épargne des Français", a-t-il expliqué : "S'il le fait pas, les banques explosent".
Hollande "n'a pas bien compris" la crise
"Il a sauvé le système bancaire en Europe et dans tous les pays occidentaux", a poursuivi Bernard Tapie.
A propos du candidat socialiste, il a affirmé qu'il n'allait "certainement pas appeler à voter pour Hollande". "Je crois qu'il a pas bien compris la crise telle qu'elle se présente. Quand il dit, 'mes adversaires c'est le monde de la finance', il oublie que des milliards nous sont versés par le monde de la finance tous les mois pour payer nos fonctionnaires".
En 2007, Bernard Tapie avait déjà soutenu Nicolas Sarkozy à la présidentielle.
ON PEUT DIRE DE TAPIE TOUT ET N'IMPORTE QUOI, MAIS IL A TOUJOURS EU LE COURAGE DE SES CONVICTIONS, 
IL N' A JAMAIS PRATIQUÉ LA LANGUE DE BOIS, ET, TOUJOURS SU VOIR LES VÉRITÉS SANS LES ESQUIVER.
SES PRISES DE DÉCISIONS LUI ONT FAIT PLUS DE TORT QU'À AUCUN AUTRE HOMME, IL S'EN EST TOUJOURS REMIS.
CE N'EST PAS DONNÉ À TOUT LE MONDE.

Slutwalks, Sandra Fluke: Salopes de tous les pays, unissez-vous

L’animateur radio américain ultra-conservateur Rush Limbaugh a traité une étudiante de «salope» car elle défendait la contraception gratuite. Et si cette polémique donnait l'opportunité d'une réforme de la loi américaine sur le viol?
  Sandra Fluke a fait remarquer que Rush Limbaugh essayait de la réduire au silence en la traitant de salope et de prostituée la semaine dernière. Mais le plus vieux truc utilisé pour faire taire les femmes n’a pas fonctionné cette fois.
Forte de son expérience d’activiste et de l’impeccable coup de fil de soutien du président Obama, Fluke a persévéré dans sa tentative de convaincre l’université de Georgetown d’inclure la contraception dans sa formule de couverture santé.
Elle a 30 ans, pas 14, et à chacune de ses interventions télévisées aussi sobres qu’intelligentes, Sandra Fluke en fait plus que la plupart d’entre nous pour désamorcer la force des insultes visant la sexualité des femmes.
C’est sa force de persuasion qui a poussé Limbaugh à s'excuser pendant le week-end, excuses vaseuses et inappropriées s’il en fut. Comment peut-il prétendre n’avoir pas eu l’intention d’attaquer Fluke personnellement alors qu’il l’avait pilonnée trois jours durant, allant jusqu’à la suggestion débile que les femmes utilisant une contraception devraient mettre les vidéos de leurs ébats en ligne «pour que nous puissions tous en profiter
Puissent les annonceurs qui ont déserté l'émission de Limbaugh, rejoints lundi par AOL, en rester le plus éloignés possible.

Les SlutWalks et Sandra Fluke, même combat?

Le SlutWalks, mouvement de protestation né au printemps dernier au Canada et qui s’est étendu à plus de 70 villes du monde entier, cherche entre autres à se réapproprier le mot de salope (slut).
Inspirées dans leur colère par un policier de Toronto qui avait déclaré que la meilleure façon d’éviter de se faire violer était «de ne pas s’habiller comme des salopes», les femmes qui rejoignent les SlutWalks ont défilé en soutien-gorge, guêpières et autres parures affriolantes.
Cela leur a valu à la fois l’approbation enthousiaste et des réactions ambivalentes de la part de la blogosphère féministe. SlutWalks, et la projection de reconquête au sens plus large que ses membres et Sandra Fluke défendent, représente un virage culturel qui place la sexualité des femmes sur le devant de la scène au lieu de la draper d’un voile pudique.
Ce changement pourrait-il aussi être la clé qui permettra une réforme de la loi sur le viol à l’ère moderne?

Le tournant féministe de la «positivité sexuelle»

C’est la thèse que défend Deborah Tuerkheimer, professeur de droit à DePaul University, l’une des premières universitaires à synthétiser le phénomène des SlutWalks.
Dans un récent article, Deborah Tuerkheimer avance que «l’émergence de la positivité sexuelle», comme elle l’appelle, est «l’initiative féministe la plus significative de ces dernières décennies».
Le trait distinctif de cette reconquête est que les femmes insistent à la fois sur le droit au sexe sans viol et à la sexualité sans jugement. Et c’est cette insistance, souligne Tuerkheimer, qui défie directement la loi traditionnelle sur le viol.
Take Back the Night, le mouvement de protestation de mes années d’étudiante, prenait la forme de manifestations de femmes revendiquant le droit de se déplacer à pied à la nuit tombée sans risquer d’être agressées. Le principal sujet de préoccupation était le viol par des inconnus et la sécurité physique.

Aux Etats-Unis, difficile de faire reconnaître un viol sans violence

SlutWalks est davantage concerné par le viol commis par une connaissance ou lors d’un rendez-vous—viols qui représentent 90% de l’ensemble des agressions sexuelles.
Quand des femmes (ou des hommes) accusent une connaissance de viol, la police ou les procureurs ont davantage de difficulté à gérer le problème car la légalité de la relation porte sur la question du consentement plutôt que sur l’usage de la force.
Traditionnellement, c’est sur cette dernière que se concentre la loi sur le viol. Cela paraît rétrograde, je le sais bien, mais comme nous le rappelle Tuerkheimer, dans la majorité des états américains «le non-consentement d’une femme ne suffit donc pas à lui seul à établir le viol».
Cela rend la tâche très difficile dans le cas d’un viol lors d’un rendez-vous où c’est la parole de l’un contre celle de l’autre. Et cela signifie également qu’un juge ou un jury peut estimer qu’une femme totalement passive parce qu’elle dort ou qu’elle est droguée, par exemple— n’a pas pu être violée, même si elle affirme le contraire.

Si vous ne baisez pas «moralement», vous ne pouvez pas être violée

La loi sur le viol considère encore que certains types de comportements féminins sont inacceptables en les excluant de la loi empêchant d’utiliser l’histoire sexuelle d’une femme à ses dépens lors d’un procès pour viol.
La loi sur la protection des victimes de viol interdit normalement aux personnes accusées d’agression sexuelle de se servir du passé d’une femme pour la décrédibiliser.
Mais les tribunaux permettent encore le recours à ce genre d’éléments si le juge estime que cela démontre, d’une certaine façon, des comportements caractéristiques.
Dans de nombreux cas il est estimé que ce sont des déviances qui caractérisent l’histoire intime d’une femme, ce qui permet au tribunal de donner au jury une chance de conclure que la plainte pour viol est alors moins légitime.
«Les femmes qui ont eu dans le passé, de manière consensuelle, des rapports sexuels que la morale réprouve sont supposées impossibles à violer», écrit Tuerkheimer. «Les plus réprouvés étant les actes de prostitution, de sexe collectif et de sadomasochisme».

Pour la reconnaissance du viol par une connaissance

Les manifestantes de SlutWalks réfutent bien évidemment tout cela. Elles estiment que ce sont les femmes, et non des jugements obsolètes rendus par l’État, qui doivent définir le type de relations sexuelles qu’elles désirent et celles qu’elles n’autorisent pas.
Tuerkheimer voit dans cet emportement féministe un moyen de modifier le paradigme du viol une bonne fois pour toutes. Elle veut que les juges cessent de traiter certaines femmes comme si elles ne pouvaient pas être violées en se basant sur le genre de pratiques sexuelles auxquelles elles ont consenti dans le passé.
Et elle veut que soit créé un nouveau crime, celui de viol par une connaissance, qui fasse tomber la règle selon laquelle le viol n’est légalement reconnu que s’il y a recours à la force.
On constate un progrès sur ce front dans la nouvelle définition du viol annoncée par le département de la Justice en janvier dernier dans le cadre de la collecte des statistiques locales sur les agressions sexuelles.
Ce ministère définit dorénavant le viol comme «la pénétration, aussi superficielle soit-elle, du vagin ou de l’anus» qui se produit «sans le consentement de la victime
Tuerkheimer considère la rébellion à plus grande échelle contre les insultes sexuelles comme cruciale pour imposer un plus grand nombre de changements de ce genre à la fois dans les tribunaux et chez les législateurs.

La sexualité, part intégrante de notre personnalité

La conscience féministe, affirme-t-elle, pourrait «permettre une modification de la loi qui ne serait pas possible autrement.» Ce n’est pas mon genre d’imaginer les féministes investies de ce genre de pouvoir, mais dans le contexte de la tempête déclenchée par Limbaugh, pourquoi pas?
Tuerkheimer presse les manifestantes des SlutWalks de commencer à dialoguer avec les professeurs de droit et les juristes, et vice versa.
Il faut être professeur de droit pour pouvoir dire ça bien sûr, mais peut-être Tuerkheimer a-t-elle mis en évidence une qualité du féminisme musclé qui rejette fièrement les injures sexuelles, ce que les féministes elles-mêmes ont manqué de faire jusqu’à présent.
Sandra Fluke joue aussi un rôle dans cette affaire. En argumentant que les femmes ont besoin d’une assurance santé englobant la contraception —pour protéger leur santé dans certains cas, et dans d’autre, oui, pour avoir une vie sexuelle tout simplement— elle nous rappelle qu’évidemment cela fait partie intégrante de notre personnalité.
Nous n’avons pas à détourner chastement les yeux de cette réalité ou à garder le silence sur le sujet. C’est ce qu’a compris le président Obama lorsqu’il a affirmé à Sandra Fluke que ses parents pouvaient être fiers d’elle.
Les féministes ont un tas de bonnes raisons d’être fière de Sandra Fluke, elles aussi. Parce qu’elle a tenu tête à Limbaugh, bien sûr, mais aussi pour avoir contribué à faire de la révolte contre les injures sexuelles un combat aussi populaire qu’elle l’est devenue elle-même.

Peut-on être riche et de gauche ?

Il n'est pas un homme d'argent, mais il s'attaque aux super-revenus. Que veut François Hollande ? 

Coupables, forcément coupables... Les riches, l'argent, les banques seraient, aux yeux d'une certaine gauche bien-pensante, responsables depuis des années de la spoliation des petits travailleurs par de gros profiteurs. Ils doivent rendre gorge. Chaque élection est l'occasion de raviver ce cliché idéologique. 2012 ne fait pas exception.
Le champion des socialistes a commencé par désigner la finance comme l'"ennemi" lors de son meeting du Bourget, avant de s'en prendre aux super-riches en proposant de taxer à 75 % les revenus au-delà de 1 million d'euros par an. Peu lui importent les commentaires raillant l'irréalisme d'une telle mesure punitive, les protestations des footballeurs et des artistes, le constat du chef de l'État déplorant une initiative qui ferait fuir les meilleurs. Le but de François Hollande est d'apparaître comme le Robin des bois du peuple et surtout de renvoyer Nicolas Sarkozy à son image de "président des riches", cette tunique de Nessus dont le "sortant" tente de se débarrasser depuis qu'il est candidat.
Voilà près de quarante ans, depuis le premier choc pétrolier de 1973, que l'on trouve des boucs émissaires aux malheurs français. Si la crise a bon dos, la gauche y ajoute immanquablement l'action égoïste des privilégiés, l'impudeur des patrons du CAC 40, l'irresponsabilité des maîtres de la finance, tous ne pensant qu'à se "goinfrer" pendant que les pauvres trinquent.

Surenchère

C'est traditionnellement le rôle des socialistes que de fustiger les excès d'inégalités et les abus de position dominante, qui, certes, existent jusqu'à l'indécence. François Mitterrand en son temps avait dénoncé "l'argent qui corrompt, l'argent qui achète, l'argent qui écrase, l'argent qui tue, l'argent qui ruine et l'argent qui pourrit jusqu'à la conscience des hommes". Ce qui ne l'empêchait pas d'être entouré de très généreux amis milliardaires. Aujourd'hui, alors que François Hollande n'a rien d'un ayatollah, il reprend l'antienne à sa façon, se plaçant sur le plan de la morale. Bien sûr, il fait de la politique, cherchant à mobiliser au maximum son propre camp en vue d'un premier tour sans doute serré. La plupart des Français ne sont pas dupes. Mais une grande partie du public est acquise.
Face à une crise mondiale sans précédent depuis 1929, les socialistes avaient le choix, une fois de plus, entre proposer de "faire payer les riches" ou accepter une logique mondiale à laquelle le pays devrait s'adapter. Hollande tente un savant mélange, naviguant à vue, un jour promettant la vérité, un autre désignant des méchants. Il n'est pas le seul : Nicolas Sarkozy a donné l'exemple en s'en prenant lui aussi à la "folie" des rémunérations des patrons. La surenchère a suivi, contraignant le président à contrer son adversaire sur le thème tout aussi classique de la démagogie.
François Hollande, pour relancer une campagne qui s'essoufflait sous les coups de boutoir de Nicolas Sarkozy, a fait un coup. Un pari à l'ancienne : mieux vaut solidifier son socle que miser sur un centre incertain. L'essentiel est d'arriver le plus fort possible au soir du premier tour. Il sera toujours temps, pense le candidat socialiste, de se montrer plus compréhensif entre les deux tours. On ne sait si ce choix s'avérera payant. Mais le fait est qu'en France les citoyens ont beau évoluer, l'argent des autres reste un objet d'envie et de suspicion. Nicolas Sarkozy a appris à ses dépens ce qu'il en coûte de passer pour l'ami du "grand capital". François Hollande n'a pas hésité à faire vibrer cette corde peu glorieuse, même si nombre de ses proches sont un peu gênés par son simplisme électoraliste.
Peut-on être riche et de gauche sans hypocrisie ni contorsions ? La mouvance socialiste compte en son sein son lot de millionnaires, qui parviennent à concilier, disent-ils, leurs convictions généreuses et leur train de vie de nabab. Dans les rangs du PS, on leur pardonne, leur talent - et leur argent - étant utile à la cause. Pierre Bergé et Claude Perdriel, par exemple, savent se montrer intelligemment entreprenants.

Goût de luxe

Les politiques fortunés ou aisés tentent de ne pas faire étalage de leurs biens, voire de les cacher. Laurent Fabius, dans sa jeunesse, a réduit le rôle de son père, éminent antiquaire, à celui de "brocanteur". Le couple Badinter - monsieur a été un avocat à succès et madame est l'héritière de Bleustein-Blanchet - est d'une discrétion à toute épreuve côté train de vie. Jack Lang n'en finit pas de se justifier de posséder un "modeste" appartement place des Vosges à Paris. Parfois, les digues craquent. Les socialistes détournent alors pudiquement leur regard. Ils n'ont pas aimé que soient étalés sur la place publique les goûts de luxe de l'ancien ministre des Affaires étrangères Roland Dumas. Encore moins que les ennuis judiciaires de Dominique Strauss-Kahn aux États-Unis aient révélé l'ampleur de la fortune de sa femme, Anne Sinclair, et rappelé ses propres penchants pour l'argent facile. Ne disait-il pas lui-même, avant sa mésaventure new-yorkaise, qu'il avait trois points faibles,"l'argent, les femmes et la judéité" ? Aujourd'hui, c'est le mouton noir de la famille. Comme sont en train de le devenir des barons locaux ayant pris des libertés avec la morale et les fonds publics et que le PS a lâchement couverts pendant des années.
La gauche n'est pas à un paradoxe près : beaucoup de talentueux membres socialistes de cabinets ministériels sont partis à la conquête de l'entreprise et de la banque, se procurant de très confortables revenus. On n'a guère revu ces "pantouflards" rue de Solférino. Ils ont contribué à forger des politiques économiques et fiscales de moins en moins socialistes au fil du temps, au point que Nathalie Kosciusko-Morizet, la porte-parole du président-candidat, s'est amusée à affirmer que c'était la gauche qui avait été la plus favorable aux riches.
N'est-ce pas Laurent Fabius qui avait dit : "La gauche ne court pas beaucoup de risques d'être battue par la droite, mais elle peut l'être par les impôts et par les charges" ? À l'écouter, au rythme où va la campagne, marquée par le "rich- bashing", Hollande pourrait entrer dans la zone de danger. Trop d'impôt tue l'impôt, mais, à en croire les sondages, pas le candidat...


Déjà, Jaurès...

Quand le grand leader de la gauche fustigeait l'argent et les riches.
Sur la laïcité :
" L'argent menace plus que le cléricalisme. "
A propos du scandale de Panama (1891-1893) :
" La puissance de l'argent fausse à sa source la conscience nationale "
Sur les privilégiés :
" Parce que le milliardaire n'a pas récolté sans peine, il s'imagine qu'il a semé. "

«Invisibles» et «super-riches»: le populisme dangereux de la campagne

Les candidats n'usent que de raisonnements simplistes. La France a bien besoin de solutions radicales, mais pas de celles qui sont nostalgiques (ah, le franc!), irréelles (dehors les immigrés! Faisons payer les riches!) ou magiques (y a qu'à...). 

La campagne présidentielle a pris un déplorable tour populiste et cela risque d'empirer dans le mois qui reste avant le premier tour du 22 avril. Les candidats Nicolas Sarkozy et François Hollande sont sous la pression de leurs extrêmes, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Tous les quatre se font la course pour séduire les couches défavorisées, appelées du nouveau nom à la mode d'«invisibles».

Les solutions que proposent Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon aux problèmes des «invisibles» sont totalement absurdes (sortie de l'euro pour elle, nationalisation de l'économie pour lui), mais elles sont simples, compréhensibles et clinquantes.
Si elles étaient appliquées, les «invisibles» en seraient, salement, les premières victimes. Mais elles semblent plaire à près d'un tiers des Français, entraînant Nicolas Sarkozy et François Hollande sur le terrain de la démagogie. Le premier dénonce les immigrés et les fraudeurs de l'«assistanat», le deuxième fait de la finance l'ennemi et les deux s'engagent dans une sorte de concours fiscal quotidien contre les super-riches, les exilés fiscaux, les grands groupes du CAC 40. La radicalité spectaculaire mais fumeuse occupe l'espace électoral.
Le paradoxe est que la France a besoin de solutions radicales, mais certainement pas de celles-là, qui sont nostalgiques (ah, le franc!), irréelles (dehors les immigrés! Faisons payer les riches!), magiques (y a qu'à...).
Les «invisibles» sont des victimes réelles, en effet, du chômage, de la précarité et de la peur du déclassement. Mais croire qu'il est encore possible de répondre aux nouveaux maux sociaux de la France du XXIe siècle, des technologies et de la mondialisation, par la dénonciation de boucs émissaires, par des réflexes protectionnistes et par un renforcement des politiques fiscales et redistributives est un leurre.
Plus d'impôts? Mais c'est ne pas s'interroger pour savoir pourquoi l'impôt est délégitimé. Plus de protection? Mais c'est ne pas voir que les protections d'hier sont devenues le problème puisqu'elles épargnent toujours les mêmes, les hommes blancs salariés de 30 ans à 50 ans, et pénalisent les jeunes, les femmes, les immigrés. Plus d'Etat au secours de l'industrie? Mais pourquoi la politique industrielle qui a échoué dans les années 1980 marcherait-elle aujourd'hui? Plus de volontarisme? Mais quid de l'austérité qui va obliger à réduire les dépenses?

Pourquoi un Etat social si cher et si défaillant?

La France n'a pas eu un seul budget en équilibre depuis trente-cinq ans: cette singularité est maintenant sur la place publique. Mais une autre ne l'est toujours pas: pourquoi la France est-elle le seul pays qui, dans le même temps, n'est jamais parvenu à descendre son taux de chômage sous les 7%?
Pourquoi, plus largement, l'Etat social est-il si cher et pourtant si défaillant? Pourquoi tant d'aides sociales et tant d'«invisibles» et tant de pessimisme généralisé? Pourquoi, justement, au moins un tiers des Français sont-ils perdus dans la société actuelle?
Les réponses sont maintenant assez bien connues. Toute une littérature d'économistes et de sociologues, depuis dix ans, a mis au jour la gravité du mal français. C'est l'Etat social qui fabrique les inégalités en étant devenu une machine de reproduction de classe. C'est l'école républicaine qui laisse en déshérence sans aucune formation un quart de ses élèves. C'est, comme l'explique Pierre Rosanvallon, globalement, l'idée même de justice sociale qu'il faut redéfinir à l'époque de l'individualisme et de la concurrence mondialisée (1).
Reconstruire la République: voilà qui aurait pu être le thème central de la campagne. Avec par exemple pour sous-thème: Quelle école demain? Quelle politique de défense dans l'austérité? Existe-t-il une bonne politique de la culture sans les subventions? Que doit proposer la France face à l'Allemagne pour reconstruire l'Europe d'après-crise? Qu'est-ce qu'une politique de la santé juste? Comment encourager le réformisme syndical pour renouer le dialogue social? Comment remonter le handicap de compétitivité face à l'Allemagne?
Sur tous les sujets, les candidats ne répondent que superficiellement. Soit par calcul électoral: après tout, la démagogie paie puisqu'un Français sur trois est attiré par des solutions absurdes. Soit, plus gravement, parce que la classe politique française n'a toujours pas pris la mesure de la profondeur des maux du pays. La misère des «invisibles» en est, si l'on peut dire, la partie visible, les blessés de la guerre mal conduite, sans mouvement, de la France depuis trente-cinq ans contre la réalité du capitalisme moderne mondialisé.

Zemmour face à Pulvar : signez la pétition contre la journaliste

 Invité chez Laurent Ruquier pour parler de son dernier livre, Le bûcher des vaniteux, Éric Zemmour a du subir l’inquisition socialiste d’Audrey Pulvar. Comme à son habitude, la midinette a défendu becs et ongles les idées du Parti socialiste. Loin d’une journaliste engagée, Audrey Pulvar est une militante. La pétition qui demande son retrait des antennes de télévision pendant la campagne présidentielle a atteint plus de 3000 signatures.

Zemmour ne s’est pas laissé faire et la petite Pulvar s’est ridiculisée face à son successeur. Par ailleurs, il n’y avait pas d’invité politique cette semaine chez Laurent Ruquier. Pourtant, la petite copine d’Arnaud Montebourg continue à déverser sa propagande. Et tous les invités n’ont pas le savoir et la rhétorique de Zemmour pour affronter ce bras armé de la campagne de François Hollande.
C’est pourquoi, il est important de continuer à signer et à diffuser la pétition « Pour qu’Audrey Pulvar ne présente plus On n’est pas couché pendant la campagne », disponible ici. Jamais, depuis l’histoire de la république, une compagne d’un personnage central d’une campagne présidentielle n’est restée à une place de journaliste politique, pour des raison évidentes de déontologie, de séparation des pouvoirs et de respect de la démocratie.
A moins qu’elle ne soit officiellement militante, auquel cas son temps de parole devrait être décompté…
Quelques petites remarques pour ceux qui estiment qu’il n’y a as de problème puisque Natacha Polony représente la droite et Pulvar la gauche. D’abord, Polony ne va pas aux soirées de fête de l’UMP, ni ne vit en couple avant un dirigeant éminent. Ensuite, Polony est censée représenter la droite, pas l’UMP. Pulvar défend clairement le PS et non pas toute la gauche. Et puis, il faut vraiment être un socialiste de mauvaise foi pour estimer que Natacha Polony est de droite. Sympathisante du parti radical (gauche de la droite) elle est de plus en plus molle et ne fait désormais qu’acquiescer les attaques haineuses et partisanes d’Audrey Pulvar.
Pas de temps de parole à la droite dans nos télévisions, la censure socialiste approche…

Merkel vexée par Sarkozy?

Selon Der Spiegel, la chancelière allemande Angela Merkel n'aurait pas appréciée d'apprendre que Nicolas Sarkozy ne souhaitait plus sa présence lors d'un meeting. 

La chancelière allemande Angela Merkel, qui a apporté son soutien à Nicolas Sarkozy, est agacée par la volte-face du candidat à la présidentielle française et exclut désormais de participer à l'un de ses meetings électoraux, selon la presse allemande.  
La dirigeante allemande et présidente du parti conservateur CDU a manifesté sa mauvaise humeur devant ses proches collaborateurs en apprenant que M. Sarkozy ne souhaitait plus sa présence lors d'un meeting, affirme l'hebdomadaire Der Spiegel samedi dans son édition en ligne (article en allemand).  
Elle l'a fait savoir à l'intéressé quelques jours plus tard en marge du sommet de l'Union européenne à Bruxelles, selon la même source.  
Merkel: "Une campagne électorale, c'est l'affaire des Français"
Toutefois, poursuit le magazine allemand, Angela Merkel ne serait finalement pas si mécontente de ne pas venir soutenir le candidat de l'UMP (droite), en raison des déclarations récentes de Nicolas Sarkozy sur l'immigration.  
Le président sortant a notamment menacé de faire sortir la France de l'espace Schengen si les accords européens sur la libre circulation n'étaient pas révisés.  
M. Sarkozy avait affirmé mercredi qu'Angela Merkel viendrait "à un moment ou un autre" durant la campagne électorale "parler de l'Europe" avec lui. Toutefois, la chancelière ne viendra "pas à un meeting car une campagne électorale, c'est l'affaire des Français", avait-il ajouté.  
Mme Merkel avait apporté publiquement son soutien au candidat Nicolas Sarkozy à l'occasion d'un conseil des ministres franco-allemand début février à Paris. "Je soutiens Nicolas Sarkozy sur tous les plans, car nous appartenons à des partis amis", avait-elle alors déclaré. 
Le même Spiegel avait révélé il y a quelques jours que les principaux dirigeants conservateurs européens avaient décidé conjointement de ne pas recevoir le candidat socialiste, François Hollande. Une information ensuite démentie par les intéressés. 

A Lyon, Sarkozy pilonne les socialistes et Hollande, candidat du "cynisme" et du "mensonge"

le président-candidat Nicolas Sarkozy s'est livré samedi lors d'un meeting dans la banlieue de Lyon à des attaques tous azimuts contre son adversaire socialiste, accusé notamment d'"abandon du champ de bataille républicain", de "mensonge" et de "cynisme". 
  Nicolas Sarkozy a vigoureusement pris samedi les socialistes pour cible, menant la charge contre son principal adversaire François Hollande. "J'en ai assez des donneurs de leçons!", a lancé le président, en lice pour un second mandat, lors d'un meeting électoral à Lyon.

"La France est un peuple libre, frondeur, qui ne laissera personne décider à sa place. Voilà la vérité de cette campagne électorale", a souhaité M. Sarkozy, devant une foule de militants fervents, scandant: "on va gagner, on va gagner". Le camp du président sortant s'est réjoui cette semaine d'une tendance plus favorable dans les sondages, du moins pour le premier tour de l'élection présidentielle.

Dans la capitale des Gaules, Nicolas Sarkozy s'est abstenu de formuler de nouvelles propositions, mais il a axé son discours sur la critique du candidat du PS, François Hollande, donné largement favori du second tour depuis le début de la campagne.

"On ment aux Français si on ne leur dit pas qu'il y a un effort à faire pour réduire la dépense publique", a-t-il accusé. "Si l'on prend le prétexte de la croissance qui reviendra bien un jour pour ne jamais dire non, à aucune clientèle, à aucune demande, alors ce n'est pas croissance qui nous attend, c'est la faillite!", a-t-il averti, dénonçant un hypothétique "pouvoir incapable de dire non". "La poche des Français n'est pas inépuisable, c'est une vérité que les socialistes n'ont jamais comprise", a-t-il lâché.

"Lorsque l'on postule à la magistrature suprême, et que sur un sujet aussi important pour la République que l'interdiction de la burqa, on ne prend même pas part au vote, cela s'appelle un abandon du champ de bataille républicain", a-t-il critiqué. Comme la grande majorité des députés socialistes, François Hollande n'a pas participé au scrutin sur la loi interdisant le port du voile intégral, le 13 juillet 2010, selon le dossier mis en ligne par l'Assemblée nationale.

"J'en ai assez", s'est emporté le président sortant, dressant une longue liste de reproches à l'encontre des socialistes. "J'en ai assez d'entendre tout le temps des mensonges", "assez des donneurs de leçons qui ont commis tant de fautes qu'ils s'avèrent parfaitement incapables de les regarder en face".

"J'en ai assez de recevoir des leçons de volontarisme économique de la part de ceux qui n'ont jamais cessé de répéter quand ils étaient au pouvoir que l'Etat ne pouvait rien (...) et que contre le chô mage il n'y avait plus rien à faire, parce qu'ils pensaient qu'ils avaient tout essayé", a-t-il expliqué. "J'en ai assez de recevoir des leçons de ceux qui ont laissé aux Français la facture de la retraite à 60 ans et des 35 heures".
"J'en ai assez des leçons de morale d'une gauche qui, au cours des trente dernières années, a été à l'origine des plus grands scandales de la République (...) Franchement, quand on a un bilan pareil, on ne donne à personne des leçons de morale", a-t-il asséné.

Les socialistes "préfèrent la guerre des mots plutô t que celle des idées", a estimé Nicolas Sarkozy, pointant du doigt comme une "inconséquence morale" et une "ignorance honteuse" la proposition de François Hollande de supprimer le mot "race" de la Constitution.

"Le mot race a été écrit dans le préambule de 1946 (...) avec le sang, le sang des Français libres, le sang des résistants, le sang des fusillés, le sang des déportés des camps d'extermination (...) pour que nul n'oublie jamais les millions de victimes de la plus grande entreprise raciste que le monde ait connu", a-t-il rappelé.

Enfin, Nicolas Sarkozy a de nouveau critiqué fermement l'attitude des "syndicalistes", dans une allusion claire aux manifestants de l'usine ArcelorMittal de Florange, qui se sont heurtés aux gendarmes mobiles à proximité de son siège de campagne, jeudi à Paris.

Disant s'adresser aux "ouvriers", "certains de vos syndicats vous trahissent: ils préfèrent faire des coups politiques plutô t que de défendre vos emplois", a-t-il affirmé. "Ma porte reste ouverte aux ouvriers, aux vrais ouvriers, aux syndicalistes, aux vrais syndicalistes, pas aux permanents qui veulent faire de la politique derrière le paravent du syndicalisme", a-t-il ajouté.

Comme à son habitude, le président-candidat a conclu son meeting par un appel au "peuple de France". "Aidez-moi à bâtir cette France forte", a-t-il lancé. "Françaises, Français, j'ai besoin de vous".

Sarkozy en pôle position

Selon la première enquête Ifop après le dépôt des candidatures, Nicolas Sarkozy devance François Hollande d’un demi-point au premier tour. Mais à 50 jours du second, le socialiste reste en tête 
 L’essentiel, aux yeux de Nicolas Sarkozy, c’est la première place au soir du premier tour. En une semaine, il a atteint cet objectif après lequel il courait depuis son entrée en campagne le 15 février. Le voilà devant François Hollande d’une courte tête. Un demi-point symbolique pour un Président candidat donné archi-battu depuis des mois et des mois.
Si, dans notre enquête Ifop/JDD, Nicolas Sarkozy a pris la tête (27,5%), son avance est plus que fragile. Il perd un point par rapport à l’enquête Ifop du début de semaine et voit surtout remonter Marine Le Pen (17,5 %). "La dynamique n’est pas encore installée, estime Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop. Nicolas Sarkozy ne bénéficie pas de l’éclaircissement de l’offre électorale et Marine Le Pen se stabilise à la hausse." La candidate du FN reste une menace. Et les reports de voix pour le second tour demeurent compliqués.

Jusqu’où montera Jean-Luc Mélenchon?

À la baisse depuis deux semaines, François Hollande a fini par se faire doubler (27%). Le candidat socialiste avait été le premier à mettre ses troupes en garde. Passé le choc, il affiche sa sérénité et se rassure avec les intentions de vote de second tour (54 % contre 46). Reste que la fébrilité a gagné son camp surtout après sa prestation assez moyenne sur France 2.
Quelques inconnues perdurentt dans cette présidentielle qui pourrait réserver un des plus grands suspenses de l’histoire de la Ve : jusqu’où montera Jean-Luc Mélenchon qui atteint pour la première fois 11 %? François Bayrou peut-il repartir à la hausse? Sans compter le niveau de l’abstention qui pourrait battre des records. Selon l’Ifop, 29% des Français n’ont pas envie de voter. Preuve que la campagne ne les enthousiasme pas. Ni les propositions de changement.

Parrains sous pressions

Les avez-vous vus, nos « impétrants », arborant un large sourire en allant remettre au Conseil constitutionnel leurs 500 signatures ? Ils ressemblaient à des candidats au baccalauréat ayant la certitude d'obtenir leur précieux sésame pour passer à l'échelon supérieur. Certes, ils n'étaient pas tous là. Les premiers de la classe, depuis longtemps assurés de passer l'épreuve avec leurs besaces remplies de milliers de signatures, avaient snobé le déplacement. Et puis, il y avait ceux qui, se sachant recalés, avaient préféré rester chez eux en critiquant un système inique faisant la part trop belle à la tête du client.
Et de fait, cette session 2012 des parrainages pour la présidentielle pourrait bien être la dernière, sous cette forme. Comme le bac, le système est à bout de souffle. Sous réserve des validations du Conseil constitutionnel, il y aura bien une dizaine de candidats admis, sur la trentaine de postulants, mais le processus a révélé des faiblesses grandissantes, après avoir été conçu pour contenir des abus.
Si l'inflation de participants a été évitée, le sérieux des candidatures n'a pas été garanti. Et surtout, apparaissent d'énormes irrégularités. Jamais n'ont été aussi fortes les pressions des états-majors sur les élus sollicités par des « petits » candidats. Résultat : par crainte de représailles, les parrainages de certains maires sont allés plus facilement vers des candidats inoffensifs que vers des gêneurs des grands partis. Voilà comment le « sulfureux » Jacques Cheminade, qui veut coloniser Mars, sera au départ pendant que Corinne Lepage n'est pas certaine (au moment où nous écrivons ces lignes) de pouvoir défendre notre planète.
Le cas de Dominique de Villepin, sabordé volontaire, mérite moins d'apitoiement. L'ancien Premier ministre s'est interdit de « bachoter » pour être parrainé. Son forfait très politique est calculé. Celui que Sarkozy voulait pendre à un croc de boucher pourrait finir en… « raccroc » du Président !

Le citoyen, l'électeur et l'étranger 


Nicolas Sarkozy fut contre, puis pour, puis contre. François Mitterrand disait qu'il allait le faire et ne le faisait jamais. On veut parler du vote des ressortissants étrangers hors Union européenne aux élections municipales.


Quand François Mitterrand le brandissait, c'était pour effrayer le flanc droit de l'opinion et favoriser un Front national qui gênait son opposition. Quand Nicolas Sarkozy le propose avant 2007, c'est pour piquer ses idées au camp opposé et déstabiliser sa base électorale.
Le président-candidat ne le propose plus aujourd'hui parce que l'esprit du temps est au repli sur soi, et qu'il faut mobiliser fortement à droite pour espérer battre un candidat de gauche qui a le vent en poupe.
En réalité, le droit de vote des étrangers aux élections locales ne devrait pas scinder la France entre droite et gauche, mais entre républicains convaincus et républicains vacillants.
La nation française version républicaine est bâtie sur le principe d'une adhésion d'individus libres et égaux à un projet commun. La notion de citoyenneté est donc pour nous étroitement liée à celle de nationalité. La République étant une et indivisible, la citoyenneté, et donc le droit de vote, le sont tout autant.
Le maire détient une part de souveraineté qui pour être locale n'en est pas moins légitime, d'autant qu'il exerce un certain nombre d'attributions au nom de l'État. Un « morceau » de peuple c'est encore le peuple. Il exerce sa souveraineté dans le cadre d'institutions qui se complètent et ne se divisent pas. Cette continuité est démontrée par l'élection de sénateurs, représentants nationaux, par un collège d'élus locaux.
Pour ses partisans, ce qui légitime le vote des étrangers aux élections locales, c'est qu'ils paient des impôts. Étrange argument qui réhabilite le suffrage censitaire. Dans ce cas, il faudrait interdire aux citoyens français non imposables de voter. Personne ne l'a encore proposé !
Une certaine gauche ne reconnaît plus son héritage politique républicain et ne veut plus rien d'autre que l'extension infinie des droits.
Une certaine droite promeut, à travers cet élargissement du droit de vote, la disparition de la notion de communauté de citoyens au profit d'une agrégation d'individus défendant, y compris le jour du vote, des intérêts circonstanciels. L'électeur devient, lui aussi, un consommateur.
Dans tous les cas, on oublie que ces étrangers peuvent voter, et à toutes les élections, en devenant français. Encore faudrait-il que la société française ait en ce moment assez de coeur, de force, et de confiance en elle pour encourager et faciliter ces naturalisations. On n'en est pas sûr.
Un « morceau » de peuple c'est encore le peuple.
Il exerce sa souveraineté dans le cadre d'institutions qui se complètent et ne se divisent pas.

Décès du chef de la plus importante église chrétienne

Le chef de l'église copte orthodoxe d'Egypte, le patriarche Chenouda III, est décédé à l'âge de 88 ans, a annoncé samedi la télévision d’État égyptienne.
Les causes de sa mort n'ont pas été précisées dans l'immédiat mais l'homme souffrait de problèmes de santé depuis de nombreuses années.
Elu primat de l'Eglise copte orthodoxe en 1971, et 117e successeur de l'évangéliste et père fondateur Saint-Marc, cet homme à l'allure frêle et aux rares apparitions publiques a conduit d'une main de fer sa communauté confrontée à l'islamisation de la société égyptienne.
Le chef de la plus importante église chrétienne d'Orient avait dû annuler son sermon la semaine dernière en raison de ses ennuis de santé. Selon l'agence officielle MENA, le pape Chenouda III souffrait d'insuffisance hépatique et de tumeurs dans les poumons.
Au militantisme islamiste, la réponse de cet ancien moine et ermite, né Nazir Gayed Rafaik le 3 août 1923 près du Caire, fut un conservatisme proche de la crispation, n'acceptant aucune contestation.
Il n'a jamais hésité à expulser de l'église les «dissidents» sur les sujets théologiques. Il refusait d'écouter les appels pressants pour une politique plus souple concernant l'interdit quasi absolu du divorce.
Destitué en 1981
Durant 40 ans, il est passé de la confrontation à la conciliation avec le pouvoir en Égypte. Ces dernières années, il a dû faire face à une progression des violences contre les Coptes - attentats ou affrontements meurtriers.
Après son intronisation, ses relations avec le défunt président Anouar al-Sadate tournèrent rapidement à l'orage, Chenouda III s'opposant fermement à la normalisation des relations de l’Égypte avec l'état hébreu. Il avait été destitué et assigné à résidence en 1981.
Il a été rétabli en 1985 chef de l'Eglise copte par décret du président Hosni Moubarak à qui il n'a jamais retiré son soutien. La révolte populaire de janvier-février 2011 le prend au dépourvu alors que nombre de ses fidèles sont dans la rue pour réclamer le départ d'Hosni Moubarak, poussé à la démission.
Craintes pour l'avenir
Il laisse aujourd'hui une communauté inquiète face au raz-de- marée des partis islamistes, qui ont remporté les trois quarts des sièges aux récentes élections législatives.
Chenouda III, dont la communauté est l'une des Églises orientales orthodoxes à ne pas reconnaître la primauté de la papauté catholique ni celle du patriarcat orthodoxe de l'Est, a été à la tête du Conseil Mondial des Eglises ainsi que du Conseil des Églises du Moyen-Orient.
Licencié de l'Université du Caire et du séminaire Copte d'Egypte, il fut ordonné en 1954 au monastère de Deir al-Sourian, dans le Wadi Natroun, avant d'être sacré évêque puis élu pape, à 48 ans.
Les Coptes sont estimés entre 6 et 10% des quelque 82 millions d'Egyptiens. L’Église copte, elle, parle de 10 millions de fidèles.