TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

jeudi 8 décembre 2011

INJONCTION À UN CON.

JÉROME CAHUZAC NOUS DIT QU'IL EST RARE, QUAND ON A LA FIÈVRE, D'ACCUSER LE THERMOMÈTRE.
ACCUSANT AINSI NOTRE PRÉSIDENT D'ÊTRE À L'ORIGINE DES DÉFICITS VERTIGINEUX DE LA FRANCE.
ET BIEN QU'IL SE LE METTE DANS LE CUL, SON THERMOMÈTRE, ON POURRA CONSTATER LA TEMPÉRATURE DE SA CONNERIE....LE THERMOMÈTRE VA CERTAINEMENT EXPLOSER.

Patrick Besson, Eva Joly : pensée unique et pensée débile

La polémique sur la dernière chronique de Patrick Besson, imitant phonétiquement l'accent norvégien de Mme Joly, est un nouvel exemple saisissant du poids pris, ces dernières années, par le politiquement correct qui coud les bouches et, pardonnez-moi, serre les culs. Au Point, nous nous réservons le droit d'être insolents, potaches, ironiques ou impertinents. C'est au demeurant l'une des marques de fabrique de notre journal telles que les avait définies Claude Imbert lors de sa création. Force est de constater que l'humour passe de moins en moins bien le tamis de la bien-pensance qui s'offusque de tout, surtout du mauvais esprit. Mauvais esprit et bonne presse font souvent bon ménage. Mais, ces temps-ci, la maréchaussée de la bien-pensance n'aime rien tant que l'esprit de sérieux qu'elle veut imposer à tous et dont on ne sort désormais qu'à ses risques et périls.

Sauf, bien sûr, si l'on se moque de Nicolas Sarkozy, y compris sur son physique : là, ce n'est pas seulement autorisé, c'est même encouragé par nos nouveaux commissaires politiques. Ils applaudiront des deux mains. L'humour est devenu sélectif et mécanique. Il était déjà interdit, sous peine d'incendie, de caricaturer Mahomet. Ces jours-ci, il apparaît qu'il ne faut pas non plus chatouiller Eva Joly, sacrée "intouchable" par SOS Racisme, excusez du peu. On lui donne bien volontiers la parole et on attend maintenant que les bonnes âmes nous fournissent la liste de tous ceux contre lesquels l'ironie et le persiflage ne sont pas autorisés, mais sachez que nous n'en tiendrons aucun compte...

Crise de la dette - Leonetti : "La situation est grave, l'euro peut exploser"

Le ministre français aux Affaires européennes évoque une potentielle "catastrophe pour le monde" en cas d'échec du sommet de l'UE.

Au sein de l'Union européenne, "la situation est grave", a estimé jeudi sur la chaîne de télévision Canal Plus le ministre français aux Affaires européennes Jean Leonetti, à quelques heures de l'ouverture à Bruxelles d'un sommet européen décisif. Jugeant que l'euro peut "exploser" et l'Europe "se défaire", le ministre a ajouté : "Ça peut être une catastrophe non seulement pour l'Europe, pour la France, mais pour le monde." Si c'est possible, la discussion pour régler cette crise de l'endettement en zone euro devrait se faire "à 27", c'est-à-dire avec tous les membres de l'Union européenne, a-t-il estimé. Mais la France et l'Allemagne n'excluent pas un accord entre les 17 pays de la zone euro, si les non-membres de l'Union monétaire, comme la Grande-Bretagne ou la Suède, ne veulent pas s'y associer.
Jean Leonetti a aussi critiqué les agences de notation. "Elles m'agacent un peu. Elles étaient sur des standards économiques et financiers et maintenant elles sont passées sur des standards politiques. Ce n'est pas aux agences de notation à faire de la politique, c'est aux peuples et aux représentants du peuple", a-t-il jugé. Après avoir placé sous surveillance, lundi, les notes de la quasi-totalité des pays de la zone euro, l'agence américaine Standard & Poor's a menacé, mercredi, d'abaisser les notes des banques européennes et de l'Union européenne elle-même.
C'est dans ce contexte de tension, alimenté par les divisions entre les États membres de l'UE et les mises en garde répétées des agences de notation, que les chefs d'État et de gouvernement européens doivent se retrouver jeudi soir à Bruxelles pour un sommet européen. Auparavant, une bonne partie d'entre eux, dont Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, doivent s'entretenir à Marseille (sud-est de la France) lors d'une réunion des dirigeants de la droite européenne.

Russie: le Premier ministre Poutine met en garde l'opposition et accuse les Etats-Unis

Le Premier ministre Vladimir Poutine a mis en garde l'opposition contre tout débordement qui sera réprimé "par tous les moyens légitimes", et a accusé les Etats-Unis d'avoir fomenté la contestation contre les législatives, un scénario du "chaos".
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, qui a sévèrement critiqué dès lundi le déroulement des législatives, "a donné le la pour certains activistes à l'intérieur du pays, elle (leur) a donné le signal", a déclaré M. Poutine lors d'une réunion avec des représentants de son mouvement, le Front populaire.
"Ils ont entendu le signal et, avec le soutien du département d'Etat, ont commencé à travaillé activement", a ajouté le Premier ministre.
"Nous comprenons tous qu'une partie des organisateurs (des manifestations) agissent selon un scénario connu", a poursuivi l'ex-agent du KGB.
"Mais nous savons aussi que dans notre pays les gens ne veulent pas que la situation évolue comme cela s'est passé au Kirghizstan ou il n'y a pas longtemps en Ukraine", a-t-il ajouté, évoquant les révolutions dans ces ex-républiques soviétiques en 2005 et 2004, dans lesquelles Moscou avait vu la main des Occidentaux.
"Personne ne veut le chaos", a ajouté l'homme fort de la Russie, qui ambitionne de revenir au Kremlin à la présidentielle de mars prochain.
Des milliers de Russes ont manifesté depuis dimanche pour dénoncer les résultats des législatives remportées par le parti au pouvoir Russie unie, de manière frauduleuse selon l'opposition.
"Si les gens agissent dans le respect de la loi, on doit leur accorder le droit d'exprimer leur opinion", a déclaré M. Poutine à propos de ces manifestations.
"Si quelqu'un enfreint la loi, alors les forces de l'ordre et le pouvoir doivent exiger le respect de la loi par tous les moyens légitimes", a-t-il ajouté.
Des centaines de personnes ont été interpellées lors de ces manifestations dispersées sans ménagement à Moscou et Saint-Pétersbourg, et nombre d'entre elles, dont plusieurs leaders d'opposition, ont été condamnées à des peines allant jusqu'à 15 jours de prison
POUTINE PREND LA RUSSIE ET SON PEUPLE POUR SON JOUET, IL SERAIT TEMPS POUR LUI, DE SE RENDRE COMPTE QUE LE PEUPLE RUSSE EST ADULTE, LES POUPÉES SONT FAITES POUR LES ENFANTS ET NON POUR LES APPARATCHIKS EN MAL DE POUVOIR.

HISTOIRE D'EUROPE.

PATHÉTIQUE !

Quand tous les éducateurs défaillent

Bien sûr qu'il appartient aux enseignants d'éduquer ! Faut-il rappeler l'intitulé de leur ministère de tutelle et employeur ? Les professeurs s'offusquaient, hier, de la pression mise par des parents sur un jeune confrère qu'ils jugeaient incompétent. Mais on a tous en tête un exemple de parents insatisfaits, voire inquiets pour leur progéniture qu'ils devaient confier à des « maîtres » qui n'inspirent pas confiance. C'est une exception, mais ça existe. En pareil cas, on se retrouve comme pot de terre contre pot de fer. Le corporatisme joue à plein et il ne reste qu'une solution : changer d'école (et tant pis pour ceux qui n'en ont pas les moyens) ou faire subir une année de médiocrité, de tyrannie, de laxisme... à ce que nous avons de plus précieux au monde : nos enfants. À Berre-l'Étang, déjà dans le privé, les parents ont obtenu, fait rarissime, la mutation du jeune enseignant, apparemment débordé par leurs petits chéris. Mais cette victoire laisse un goût amer. Faut-il en arriver à la prise d'otages - consentants ou non - pour obtenir gain de cause ? Les parents se plantent lamentablement dans l'éducation - encore ce mot ! - de leurs enfants rois, mais se permettent de juger la qualité des enseignants qui subissent leurs espiègles tyrans. Et Luc Chatel qui s'en lave les mains ? Mais ce qui est arrivé est grave et met en cause l'équilibre tout entier de l'Éducation nationale, ce « mammouth » à la fois impossible à réformer et si précieux pour l'avenir de notre pays. Ce qui s'est passé est le fruit de deux dictatures : celle d'un immobilisme corporatiste face à celle des parents qui se croient tout permis. Minables toutes les deux.

Empire


Nous le savons au moins depuis les Romains, les empires sont mortels… En ce 8 décembre, c’est l’anniversaire de la chute de l’empire soviétique que l’on célèbre. Et c’est peut-être l’histoire de la décadence et de la chute de l’empire européen qui va s’écrire à Bruxelles. Car l’Union européenne a beau être un empire sans armée ni conquêtes, elle est mortelle comme les autres, menacée justement dans ce qui a fait sa force : l’économie, l’argent. Elle découvre tout d’un coup que l’euro n’est pas une raison suffisante pour vivre ensemble, comme les Russes découvrant que l’URSS, sans la terreur, n’existait pas. La nécrologie de l’Europe a été rédigée par un Chinois, Jin Liqun, qui a moqué « une société en fin de course, vivant d’acquits sociaux ». La Chine, empire en formation, et déjà fragile, miné par les révoltes. Les empires sont mortels, et meurent de plus en plus jeunes.

La foi de Bayrou

On reconnaît d'abord le bayrouisme à ce qu'il refleurit à chaque présidentielle. « Il sera président », avait osé un jour François Mitterrand. Lui, François Bayrou, l'adepte du temps long, s'est persuadé qu'à soixante ans, au terme de cette troisième tentative, il sera le roi, pas un simple faiseur de roi.

Mélange de foi et de réflexion, de culture et de rêve, le fondateur du MoDem est ainsi programmé. Une psychologie qui permet de survivre dans les déserts politiques les plus arides. Sa conviction et sa persévérance reposent sur quelques constats qui rallument l'intuition que son heure est arrivée. Qu'il est l'homme dont la France affaiblie et déboussolée a besoin.

Primo, l'élimination de Dominique Strauss-Kahn et le retrait de Jean-Louis Borloo lui ont rouvert un chemin qui s'était refermé depuis 2007. Secundo, l'actualité met en lumière son anticipation de la crise de la dette et de la manière d'y remédier. Tertio, personne ne pourra gagner sans l'électorat centriste.

Est-ce suffisant, la hauteur de vue en prime, pour l'emporter ? Et pourrait-il réunir, à l'Assemblée, une majorité de députés sans laquelle tout projet reste lettre morte ? C'est en répondant par la négative à ces questions que Jean-Louis Borloo a renoncé. C'est en y répondant positivement que François Bayrou remonte à cheval.

En attendant de savoir si une force incontournable sortira des urnes, il faut constater qu'il existe, au centre du paysage politique, une large communauté de vue.

Comment et avec qui ?

Jean-Louis Borloo vient de déposer une proposition de loi fiscale, visant la spéculation, qui ressemble étrangement au projet de François Bayrou. Sur la démocratisation de l'Europe, le patron du MoDem défend les mêmes idées que son frère ennemi Hervé Morin. Quand les humanistes de l'UMP condamnent le cumul des mandats, ils abondent dans son sens. Et quand François Hollande défend la création d'une nouvelle tranche fiscale, il dit la même chose que François Bayrou ou Dominique de Villepin. On pourrait multiplier les exemples.

L'homme en veut. Les idées sont là. Ne manquent plus « que » deux conditions : une stratégie et une méthode. Car le problème n'est pas tellement de définir des priorités. Tout le monde veut élever le niveau scolaire, réindustrialiser la France, baisser le chômage, moraliser la politique... La difficulté est de savoir avec qui le faire, et comment.

Une stratégie : équidistant entre la droite et la gauche, François Bayrou refuse de dire s'il penchera pour Nicolas Sarkozy, dont il fut l'opposant le plus incisif, ou pour François Hollande qu'il respecte. Cette indépendance lui a valu de perdre bien des élections. Cette fois, il fera un choix. Mais il se situe d'abord dans l'hypothèse audacieuse où, arrivé en tête, ce sont les autres qui auraient à se prononcer. Pour réussir, mieux vaut y croire.

Une méthode : elle est moins dans le bricolage gouvernemental que dans la capacité à mettre tous les acteurs de la société autour de la table pour reconstruire le pays. Dès lors que personne ne serait majoritaire dans l'opinion, il faudrait nous expliquer comment on dépasse les clivages partisans pour conjuguer les envies, les talents et les moyens. François Bayrou, comme d'autres, devra dire comment il compte y parvenir.

C'EST A PLEURER !

Mythologie grecque : des dollars pour remplacer l'euro?

« On se dit qu'il faut désormais préparer des projets de pénétration dans la zone euro par le dollar lui-même »... Voilà un nouveau plan de sauvetage de la Grèce que l'on avait pas vu venir ! Pourtant, selon l'anthropologue et blogueur Panagiotis Grigoriou, il est sérieusement discuté dans le journal grec Epikaira.
Tard dans la nuit d'hier, la majorité Papadémique a adopté le budget 2012. Sans mélodrames et encore en euros. Sur 299 députés présents, la feuille de route du banquier a obtenu 258 voix, un vrai conseil d'administration, bravo.
Une simple formalité stalinienne pour les coalisés Mémorandiens, comme on surnomme souvent ce gouvernement d'opérette, orchestré par la Troïka et dirigé par le duo Merkozien avec une cacophonie, désormais si audible. Décidément, la partition du triple A perd ses notes.

Pendant qu'à Paris on se demande si « Sarkozy peut-il s'en remettre » (de la menace sur le triple A, Libération de ce matin), l'orchestre… du Titanic interprète péniblement à deux vagues du naufrage son Nearer, My God, to Thee, nous préparant alors à un énième Mémorandum avec les « bailleurs » de notre pays, la menace … à la clef. Ah, les Grecs, vous êtes incorrigibles, il n'y aura donc pour vous, ni canot de sauvetage, ni radeau pliable, on vous fera sauter par tribord.
Le steward Président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, dans une interview au Die Welt (6/12/2011), ne mâche pas ses mots « au cas où la Grèce ne tiendra pas ses obligations, alors une sortie de la zone euro est à envisager ».

Lorsque Jean-Paul Fitoussi (Libération 7/12/2011) s'adresse au lectorat français, pour expliquer que « ce que l'on vit est de l'ordre de la tragédie », on ne peut qu'être d'accord avec son analyse, puisque « ce qui a produit le tumulte actuel, ce n'est donc pas la trahison de Maastricht et des critères du pacte de stabilité. Ce sont les flux de capitaux spéculatifs. Ils avaient massivement investi ces pays et les ont fui [...] Plus [le traité européen] est « encadrant », et donc contraignant, plus il empêche la réaction rapide. Et comme il a, en plus, une clause qui tient du pêché originel, on fonce dans le mur. C'est la fameuse clause de non sauvetage (no bail out), qui interdit aux États unissant leur monnaie de s'entraider. Avec l'interdiction faite (par le même traité de Maastricht) de recourir à la Banque centrale européenne pour financer leurs déficits, les États ont été contraints d'emprunter sur les marchés. Résultat: ils doivent satisfaire aux critères et exigences de l'industrie financière et des agences de notation. Et les marchés punissent les États dits laxistes par des taux d'intérêts élevés sur leurs emprunts...»


Eh bien, nous, nous avons une petite précision à apporter à cette analyse.
La punition de notre État, dit même primo-laxiste, par des taux d'intérêts élevés sur ses emprunts, est inscrite dans le budget… savamment établi par les marchés et les banques. L'hebdomadaire politique grec Epikaira, dans son édition électronique d'hier, détaille les chiffres du budget 2012.
Sur 170 milliards d'euros de dépenses, 88,5 milliards, serviront à payer des intérêts et autres agios aux marchés, ces figures désormais très connues du bestiaire thérianthropique de la finance mondiale, tandis que les prévisions sur les recettes de notre para-État, s'effectuent suivant une assiette fiscale, estimée à 54,7 milliards d'euros. Donc, 52% du budget 2012 devient du pur jus pour les escrocs mondiaux (intérêts et agios et non pas remboursement du capital), voilà en somme, la pierre philosophale du nouveau système de gouvernance dictatoriale en Europe. Ni plus, ni moins.
L'éditorialiste de Epikaira, compare alors la faillite de la Grèce en 1932, avec la situation actuelle. En 1932, l'État a été contraint d'annoncer officiellement le défaut, lorsque 43% du budget, servait à payer des intérêts et autres agios aux marchés de l'époque (pour la Grèce les créanciers étaient d'abord les banques britanniques).

2012 comme 1932 ? En Grèce en tout cas, nous discutons beaucoup sur ces chiffres. Plutôt mourir de faim que se nourrir de propagande, nous avons au moins atteint un niveau .. master, quant à la pédagogie économique. La moitié de notre population active étant au chômage, nous devenons même dignement autodidactes. A Paris, les gens discutent, évoquant encore leurs parcours au travail, les promotions et les salaires. Mais qui connait-t-il vraiment, le pourcentage du budget 2012 de la République, destiné à honorer les intérêts et encore autres agios, liés à l'endettement de la France ? Monsieur Fitoussi sans doute, Madame Merkel également je suppose, et pour cause.

Nous vivons, il est indéniable, dans l'hologramme d'un mythe dé-fondateur. L'euro, les notations, les marchés. Sauf que sa géopolitique semble bien réelle. L'Allemagne, la France, les États-Unis et en surplomb, la main invisible de la Chine.

Ces derniers jours, toute une série d'éditos, dévoilent un (supposé) nouveau plan de « sauvetage » du pays, (Epikaira 2/12/2011, en premier). Le rédacteur en économie Kalarrytis et l'économiste Vatikiotis qui signent cet article, se disent informés des intentions du gouvernement des États-Unis et de la FED (Federal Reserve), d'instaurer de façon directe, la liaison (« pegging »), des nouvelles monnaies nationales en Europe avec le dollar étasunien :

« Ayant diagnostiqué le choc des nations européennes face à la perspective d'une Europe unie sous l'impulsion de l'Allemagne, de l'autre côté de l'Atlantique, après avoir lancé des appels à l'action pour remédier à la crise, on se dit qu'il faut désormais préparer des projets de pénétration dans la zone euro par dollar lui-même. L'entrée au FMI pour « sauver » l'euro par la crise grecque a été une première étape importante. La prochaine tentative, sera le remplacement pur et simple de l'euro par le dollar, ce dernier devenant alors monnaie nationale pour les États membres qui pourraient sortir de la zone euro, désormais en état d'effondrement. Et comme pour l'entrée du FMI dans les affaires de la zone euro, on commencera encore une fois par la Grèce. Les éléments sur lesquels se base ce projet sont pertinents; car il s'agit d'un projet élaboré par un groupe de travail des chercheurs en économie qui l'a développé, le mettant ensuite à la disposition du Département de la politique monétaire et de la Banque centrale américaine (FED). La taille du projet atteint 74000 mots, et il a été préparé par diverses universités et instituts de l'économie aux États-Unis » (Epikaira).

Info ou alors Intox ? On aura tout vu. Face au Minotaure euro, voilà le dollar, en Thésée de la délivrance. En tout cas, les scenarii sur une sortie éminente ou possible de la Grèce de la zone euro se multiplient. A tel point que les banques d'affaires et les entreprises en Grèce et ailleurs y préparent leurs systèmes informatiques. Et cette fois-ci c'est bien du concret, si on croit les cadres de ces entreprises se confiant aux journalistes grecs (quotidien Kathimerini, 6/12/2011).

Et puisque selon le P.S., « la «règle d'or» allemande n'est pas celle de la France » (Le Monde, 6/12/2011), on peut pour l'instant savourer tranquillement un café, place de la Bastille, au même prix qu'à deux pas de l'ancien palais du roi Minos en Crète.

Minos, fils de Zeus et d'Europe certes, mais attention au mythe américain et au théâtre d'ombres chinoises ! Pauvre Ariane ...

«Le PS agite l'épouvantail du droit de vote des étrangers»

Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, estime indispensable qu'un étranger souhaitant s'impliquer dans la vie de la cité demande sa naturalisation.

- La gauche sénatoriale a remis sur la table le droit de vote des étrangers non communautaires. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
Claude GUÉANT. - Le droit de vote est un acte fondamental de notre citoyenneté et, depuis des siècles, la citoyenneté va avec la nationalité. Il est fort regrettable que certains s'en servent à des seules fins politiciennes. Le PS agite cette carte comme un épouvantail avant chaque élection. On peut s'interroger sur les motivations réelles des socialistes. Espèrent-ils que cela fera monter le vote du Front national et affaiblira la droite républicaine ?
Je vous rappelle que ce projet avait été lancé en 1981, puis François Mitterrand l'avait enterré. En 2000, une proposition de loi avait été votée à l'Assemblée nationale, mais pas au Sénat. Mais ce texte est aussi le symbole du programme de la gauche en matière d'immigration, qui prévoit une régularisation massive des étrangers en situation irrégulière. Derrière tout cela, se cache la véritable stratégie électoraliste de la gauche, qu'on peut lire dans les écrits du think-tank Terra Nova : tourner le dos aux ouvriers et aux classes populaires, au profit des immigrés à qui on donnerait le droit de vote parce que ces derniers voteraient très majoritairement pour le PS. Quel cynisme !
Pourtant, Nicolas Sarkozy s'était montré ouvert sur le sujet en 2005…
En 2005, Nicolas Sarkozy avait effectivement évoqué, à titre personnel, cette possibilité. Mais ne comparons pas l'incomparable ! Le président de la République avait précisé qu'une telle réforme ne pouvait se faire que sous des conditions très strictes, notamment sous réserve d'un principe de réciprocité avec les pays d'origine et d'une longue durée de résidence. Nicolas Sarkozy est aujourd'hui à la tête de l'État. Il a en charge l'avenir de notre pays. Il a raison de rejeter tout ce qui pousse à la division, alors que dans la période difficile que nous connaissons, il y a tellement d'autres sujets qui réclament le rassemblement de nos concitoyens. À commencer par la règle d'or de retour à l'équilibre des finances publiques.
Jean-Pierre Raffarin redoute que la droite ne fasse des immigrés des «adversaires globaux». Qu'en pensez-vous ?
En ce qui me concerne, je souscris sans réserve à ce qu'il a dit. Il n'est pas question de stigmatiser les étrangers. Mon action au ministère de l'Intérieur vise d'ailleurs à renforcer l'intégration des immigrés et, ainsi, à veiller à ce que les relations entre la société française et les personnes étrangères soient apaisées. Ce qui n'est pas, admettons-le, toujours le cas.
Les Humanistes de l'UMP sont favorables à un grand débat sur cette question comme sur l'homoparentalité et le mariage homosexuel…
L'UMP est diverse et le débat est toujours souhaitable dans la société. Il est inutile, en ce moment, d'être provocateur. Ce n'est pas la meilleure façon de rassembler notre famille politique à la veille de ces échéances essentielles que sont la présidentielle et les législatives.
Quels risques y aurait-il à accorder le droit de vote aux étrangers ?
Je sais bien que cette proposition sénatoriale ne permet pas à des étrangers de devenir maire. Toutefois, elle leur ouvre les portes des conseils municipaux. On est en droit de s'interroger sur les conséquences possibles d'une telle réforme. Il faut prendre garde au risque de communautarisme et à l'atteinte aux valeurs républicaines, notamment la laïcité. Je vous rappelle, en effet, qu'un conseil municipal organise les services publics locaux, comme la cantine ou les piscines. Le droit de vote ne doit pas devenir un moyen de revendiquer un droit à la différence ou d'imposer des pratiques contraires à nos principes républicains. Autre incohérence majeure, la proposition de loi de la gauche donne aux étrangers qui ne sont pas citoyens de l'Union européenne des droits supérieurs à ceux que nous accordons à nos concitoyens européens. Je rappelle que ces derniers votent dans notre pays uniquement parce que les Français participent aussi à la vie politique locale des autres pays européens.
Si une personne étrangère souhaite voter et s'impliquer dans la vie de la cité, elle peut demander sa naturalisation. On ne peut découper la citoyenneté en tranches. Notre pays n'a jamais refusé l'acquisition de la nationalité française pour peu que les critères, que j'ai rendus plus exigeants sans être insurmontables, soient respectés: maîtrise de la langue et adhésion à nos valeurs, comme la laïcité et le respect de l'égalité entre l'homme et la femme.
Les Français semblent pourtant favorables au droit de vote des étrangers…
Les sondages sont contradictoires. Et ce ne sont pas les sondages qui gouvernent.
Les derniers sondages voient remonter les intentions de vote en faveur du chef de l'État. La confiance est-elle de retour à droite ?
J'ai toujours eu confiance. Nicolas Sarkozy est le plus apte à inspirer confiance aux Français.

Giscard préfère un accord entre pays de la zone euro à un traité

Valéry Giscard d'Estaing propose un accord "à la Schengen" pour les 17 pays de la zone euro à même de calmer les marchés d'ici début 2012, sans passer par un traité comme l'envisagent Paris et Berlin, une procédure trop longue à ses yeux.
L'ancien président français de 1974 à 1981, qui fut un des précurseurs de l'Union monétaire, considère par ailleurs une sortie provisoire de la Grèce de la zone euro comme une "option à étudier" dans l'intérêt de ce pays étranglé par sa dette.
"Ce que je recommande, ce n'est pas la négociation d'un traité infaisable à 27 actuellement, mais le recours à un accord de type Schengen entre les gouvernements de la zone euro", a-t-il dit à Reuters lors d'un entretien dans son bureau parisien. "D'ailleurs, je pense que ça va se terminer comme ça".
"Ce serait beaucoup plus rapide, ça peut être fait en trois mois, pour le début de l'année, et ça calmera les marchés", espère-t-il.
L'ancien président prend pour exemple l'accord de libre circulation dit "de l'espace Schengen", qui regroupe 22 membres de l'UE et trois Etats associés (Islande, Norvège et Suisse).
Sa contre-proposition intervient à la veille du Conseil européen de Bruxelles où sera présenté le plan franco-allemand sur le renforcement de la gouvernance de la zone euro passant par la rédaction d'un nouveau traité à partir de mars.
Mais, pour Valéry Giscard d'Estaing, seul un accord passé entre pays ayant adopté la monnaie unique, en dehors des traités existants, a des chances d'être efficace.
"Sinon c'est le désordre", dit-il. "Le meilleur schéma, c'est de se mettre d'accord très vite à 17 sur une règle plafonnant les déficits budgétaires et l'endettement, et prévoir des sanctions pour ceux qui ne les respecteraient pas."
"Deuxièmement, organiser un suivi par des réunions des chefs de gouvernement tous les mois, avec un secrétariat qui suit les décisions pour s'assurer que les choses sont faites".
"Si on fait ces deux choses, à mon avis les marchés se calmeront", prédit-il en reprenant donc les principaux éléments de l'accord franco-allemand, mais pas la procédure.

LA GRÈCE HORS DE L'EURO EST "UNE OPTION"
Sans parler d'Europe fédérale et encore moins des Etats-Unis d'Europe, Valéry Giscard d'Estaing prône une approche fédérale de la gestion des affaires de l'Union.
"On ne peut faire une Europe fédérale, ne serait-ce qu'à cause des différences de taille des Etats, mais on peut gérer de manière fédérale des compétences européennes", dit-il. A l'instar du commerce, "la monnaie pourra être gérée de cette manière".
Président de la convention qui a rédigé le traité constitutionnel rejeté par référendum en France et aux Pays-Bas en 2005, finalement repris dans le traité de Lisbonne deux ans plus tard, Valéry Giscard d'Estaing regarde d'un oeil mi-désolé, mi-optimiste le marasme qui secoue actuellement l'Union.
"Si l'accord franco-allemand tient, on sortira de tout cela sans beaucoup de dommages mais la situation actuelle est très déplaisante", dit l'ancien président de 85 ans, membre du Conseil constitutionnel en France.
Il compare l'Union à "une ville assiégée, très grande, avec une population nombreuse, une économie forte. Si les dirigeants font ce qu'il faut, elle va retrouver sa liberté".
S'il tient à souligner que "le cours de l'euro est très stable", Valéry Giscard d'Estaing s'emporte contre la spéculation "insupportable" des Américains "qui non seulement spéculent mais font le jeu des agences de notation".
Dans l'Europe tourmentée de ces derniers mois, une sortie de la Grèce de la zone euro lui semble "une option à étudier".
"Rester dans la zone euro, c'est possible (mais) une reprise économique avec une monnaie forte est très difficile, dit-il.
"Ceci doit être étudié sérieusement et honnêtement : utiliser pendant un moment la monnaie nationale ou garder la sécurité d'une monnaie forte. C'est à eux de voir, tout ceci dans un esprit de solidarité", ajoute "VGE", qui juge que Nicolas Sarkozy "a tort" de considérer comme catastrophique l'hypothèse d'une telle exception grecque.
La Grèce y retrouverait selon lui des marges de compétitivité grâce à une dévaluation de sa monnaie.
"Les gens peuvent accepter une déflation de 5% mais pas de 40%", estime Valéry Giscard d'Estaing, laissant entendre qu'il pencherait pour l'option d'un retour provisoire à la drachme s'il était aux affaires dans une telle situation.

SANCTIONNER UN CLIENT ?........... PUTAIN !!!

A travers la résolution sur l'abolition de la prostitution, votée mardi soir à main levée à l'Assemblée, les députés s'apprêtent à ouvrir la voix à une pénalisation générale des clients. Le débat sur « le plus vieux métier du monde », et les conditions dans lesquelles il est exercé est relancé

Cette résolution « réaffirme la position abolitionniste de la en matière de prostitution », et vise à « battre en brèche les idées reçues qui laissent accroire que sous-prétexte que la prostitution serait "le plus vieux métier du monde", elle est une fatalité », expliquent les auteurs du texte. Ces derniers précisent que les principes abolitionnistes, adoptés par la France en 1960, « doivent être proclamés haut et fort à une époque où la prostitution semble se banaliser en Europe ». La proposition de résolution a été présentée par la députée Danielle Bousquet, qui a présidé une mission d'information parlementaire sur la prostitution en France, le député UMP Guy Geoffroy, rapporteur de la mission, et tous les présidents de groupes à l'Assemblée.

Sanctionner les clients comme en Suède ?

Dans la foulée du vote, sera ensuite déposée une proposition de loi pour inscrire dans le code pénal « ce qui dans la résolution relève du domaine législatif », comme la pénalisation des clients. Guy Geoffroy préfère de son côté parler de «responsabilisation» pour rappeler «que neuf personnes prostituées sur dix sont victimes de la traite des êtres humains».

Actuellement, recourir à une personne prostituée n'est pas un délit. Mais la mission parlementaire, s'inspirant de la Suède qui sanctionne les clients depuis 1999, a conclu au printemps que la pénalisation du client constitue «la meilleure piste pour voir diminuer la prostitution en France, là où tous les pays qui ont réglementé cette activité l'ont vu augmenter».

Le sujet fait débat, même au sein du gouvernement. Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a rappelé en avril que cela supposerait une « révision profonde » du régime pénal, la prostitution n'étant pas un délit actuellement.
Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, elle, s'est dite favorable à une sanction des clients. « Sur ce sujet, le consensus n'est pas fait », reconnait Yves Charpenel, président de la Fondation Scelles, qui a lancé un appel pour l'abolition de la prostitution avec 40 associations.

Certaines associations sceptiques

Si «les députés ont adopté la résolution abolitionniste, rien ne dit qu'ils voteront ensuite son application concrète », s'interroge Yves Charpenel. Pour lui, il est « plus que jamais nécessaire de clarifier la position française » face à des pays comme l'Allemagne qui ont choisi de réglementer cette activité.
La position abolitionniste « semblait un peu oubliée. On voit régulièrement ressurgir des propositions de réouverture de maisons closes », déplore Hélène de Rugy, déléguée générale de l'Amicale du Nid.

Mais là-aussi, les avis divergent. Le Syndicat des travailleurs du sexe (Strass) a écrit aux députés pour leur demander de ne pas voter cette résolution, estimant que cela pénalisera les prostituées en les poussant vers plus de clandestinité, explique Chloé, prostituée qui a manifesté mardi devant l'Assemblée.

Act-Up et Aides, réunis avec le Strass et 14 associations au sein du Collectif « Droits et prostitution » partagent ce constat, affirmant que face à la réduction du nombre de leurs clients, les prostituées seraient contraintes d'accepter des rapports non protégés. Le Strass, qui distingue la prostitution librement consentie et la traite des être humains par des réseaux mafieux, demande plutôt de « véritables droits » pour les prostituées. Environ 20 000 personnes se prostituent en France, selon diverses estimations.

Barrages et pesticides dégradent les eaux du Rhône et de la Méditerranée

La moitié des eaux des bassins Rhône-Méditerranée et Corse sont en mauvais état écologique en raison de la pollution par les pesticides et de l'aménagement excessif des rivières (barrages, digues…), selon l'agence régionale de l'eau. "Des efforts sensibles seront nécessaires dans les années à venir pour garantir un bon état des eaux, dans un contexte de changement climatique où la ressource en eau risque de se raréfier", conclut le rapport 2010 de l'agence de l'eau Rhône-Méditerranée et Corse, un établissement public dépendant du ministère de l'écologie.

Selon ce rapport – le premier dans son genre pour l'agence publique –, 51 % des rivières affichent un bon état écologique, permettant en particulier "le maintien des communautés aquatiques, floristiques et faunistiques". C'est un peu mieux que l'ensemble de la France, qui plafonne à 45 %. Mais on est "loin des 66 % fixés à l'horizon 2015 par le Grenelle de l'environnement", note l'agence, qui a effectué près de 3 millions d'analyses dans quelque 1 500 stations.

DU ROUNDUP DANS TROIS COURS D'EAU SUR QUATRE

"Les pesticides restent l'ennemi numéro un de la qualité des rivières, en particulier le glyphosate, substance active de l'herbicide Roundup, qui se retrouve dans les trois quarts des cours d'eau", dans des quantités parfois non négligeables, souligne le directeur de l'agence, Martin Guespereau.

Vente sur Internet, achat dans des pays frontaliers ou fonds de stocks : les pesticides interdits d'usage depuis plusieurs années – comme les triazines, des désherbants – se retrouvent aussi dans 60 % des rivières, ce qui prouve un usage récent et illicite. Vu le temps que mettent les pesticides à se dégrader, les nappes sont aussi trop souvent "contaminées au-delà des normes de qualité requises".

Les grands cours d'eau – Rhône, Saône et Doubs – sont contaminés aussi par nombre d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Des PCB – molécule utilisée comme isolant électrique, dangereux pour la santé – ont été retrouvés dans deux cours d'eau à Aix-les-Bains (Savoie). On trouve aussi des métaux, comme le cuivre à l'aval de zones urbaines et industrielles ou de secteurs viticoles.

DIGUES ET BARRAGES CONTRE POISSONS

Autre message fort et "nouveau", selon M. Guespereau : les deux tiers des rivières en mauvais état écologique sont celles qui ont subi des altérations physiques : débit modifié, seuils ou barrages qui bloquent la circulation des poissons et des sédiments, digues trop étroites qui diminuent les possibilités de reproduction de certaines espèces…

"On a encore beaucoup d'endroits où les responsables voient encore la rivière comme un tuyau d'eau qu'il faut rectifier pour qu'il envoie les crues le plus vite possible en aval", dit M. Guespereau. "On perd toute la valeur que les rivières apportent en termes d'épuration, en se dilatant ou se rétractant en fonction des saisons." "La vie a besoin de ces rythmes", dit le directeur de l'agence, citant notamment le brochet, qui "a besoin des crues pour se nourrir dans les herbes inondées".

Les stations où l'état de l'eau est moyen, voire mauvais, sont principalement situées "sur les cours d'eau nord-alpins impactés par l'énergie hydraulique, dans les zones où prédomine l'agriculture intensive" et dans celles fortement urbanisées, comme le pourtour de la Méditerranée, selon le rapport.

L'agence note cependant quelques progrès pour la qualité chimique de l'eau, particulièrement la division par dix des concentrations en ammonium, grâce à l'amélioration des stations d'épuration.

Le plus vieux métier du monde à la Chambre

Faut-il abolir la prostitution ou l'encadrer, l'organiser pour garantir leurs droits aux « travailleuses du sexe » ? Le débat est relancé. On saura gré aux députés de le poser avec sérénité. En France, la prostitution est tolérée. Libre, au sens où elle n'est censée concerner que des personnes majeures. C'est son exploitation, le proxénétisme, qui est réprimée par la loi. La question est de savoir si, à l'instar du modèle suédois, il ne faut pas faire des prostituées des victimes ; des clients, des délinquants. Telle est l'intention. Il ne se trouvera personne - gauche et droite convergent sur ce point - pour contester qu'elle constitue une forme d'exploitation sexuelle, d'asservissement de la femme. Payer pour disposer du corps de l'autre, c'est imposer une domination. Aussi sanctionner l'acte d'achat sexuel, le client plutôt que la prostituée, relève-t-il d'une certaine évidence, comme il est tentant de penser que l'interdiction permettrait de tarir la demande et de démanteler les réseaux. De fait, l'industrie du sexe représente dans certains pays un marché lucratif, dissimulant des filières organisées du crime dont les victimes sont les prostituées. Les choses sont cependant plus complexes car la loi pourrait aussi entraîner des effets négatifs. Par exemple, accentuer la clandestinité des prostituées, leur insécurité, voire une plus grande exposition à des rapports non protégés. De même on peut entendre l'argument selon lequel l'acte tarifé consentant relève de la liberté sexuelle, de la vie privée. On souhaite donc bien du plaisir, si l'on peut dire, aux députés quand ils devront passer « le plus vieux métier du monde » au révélateur de la loi.

mercredi 7 décembre 2011

LVMH met un concurrent dans les pattes d'Hermès

Une boutique Moynat, de malles et de sacs à 3.000 euros pièce, vient d'ouvrir en secret. Son emplacement ? Rue Saint-Honoré, à Paris, entre ses concurrents Goyard et Hermès.
Hermès résiste à ses avances et ne tombera peut-être jamais dans son escarcelle. Mais Bernard Arnault a son plan B. Vendredi dernier, le PDG de LVMH a inauguré dans la plus grande discrétion une nouvelle maison de malles et sacs de luxe baptisée Moynat. Située au 348, rue Saint-Honoré, à Paris, entre Hermès et l’autre malletier de très grand luxe, Goyard, que Bernard Arnault rêve aussi de s’offrir depuis des années sans y parvenir, la nouvelle boutique de 200 mètres carrés toute en beige et noir façon art déco moderne n’a rien à envier à ses deux concurrentes.
Savoir-faire, sobriété, distinction. Les sacs à main sont proposés à des prix allant de 1.800 euros pour le simple cabas en cuir, à 24.000 euros pour un sac Ballerine en crocodile, avec un prix moyen de 3.000 à 4.000 euros. Les malles seront réalisées sur commande depuis un atelier en Bourgogne encore tenu secret car partagé avec une autre maison. Bientôt, un livre retracera l’histoire de la maison fondée par Pauline Moynat en 1849 et de sa boutique emblématique du 1, avenue de l’Opéra.
À l’époque, l’enseigne se distingue de la centaine de malletiers concurrents grâce à deux matières, l’osier et le gutta-percha, qui rendent ses malles plus légères et plus étanches que celles en cuir et caoutchouc de l’époque. Elle adapte aussi ses bagages dont le fond s’arrondit pour adhérer aux toits des premières voitures et propose des articles de maroquinerie, de textile, de papeterie et d’art de la table. L’affaire décline cependant comme beaucoup d’autres après la Seconde Guerre mondiale, jusqu’à fermer complètement en 1976.
De main en main
La marque Moynat passe ensuite de main en main, dont celles d’Henri Racamier en 1989, qui vient de vendre sa maison Vuitton à LVMH, et hésite à relancer Moynat pour concurrencer son joyau perdu. Sans suite. Démantelée, dépecée, la simple signature Moynat est finalement proposée en 2010 par une société luxembourgeoise à Bernard Arnault, qui l’achète sur ses propres deniers, non sans avoir consulté Yves Carcelle, le président de son autre malletier maison, Louis Vuitton. Le PDG de LVMH la relance ensuite dans le secret absolu sans en référer à quiconque au sein de son groupe, via une petite cellule de cinq personnes sous la direction de Guillaume Davin, ex-vice-président très discret de Louis Vuitton Japon. Un nouveau joujou donc, qui entrera peut-être un jour dans la cour des grands, ceux qui mettent l’artisanat au-dessus du business.
Un vrai challenge !


 PERSONNELLEMENT, SI J'AVAIS LES MOYENS, ENCORE AUJOURD'HUI, D'ACHETER DES BAGAGES FAITS MAINS, C'EST VERS HERMÈS QUE JE ME TOURNERAIS

Désunion nationale

Feint ou sincère, l'appel de Nicolas Sarkozy et de François Fillon à l'union sacrée face à la crise n'a aucune chance de voir le jour. Le semblant de débat, hier, à l'Assemblée nationale, leur en aura apporté la confirmation.

En période présidentielle, l'opposition ne fait pas ce genre de cadeau au président sortant. Après vingt-trois sommets européens depuis le début de la crise, et autant de promesses de solution, la majorité ne peut compter que sur elle-même pour déjouer la menace des agences de notation.

Seulement, l'accord Sarkozy-Merkel de lundi sème le trouble à droite. Il est rejeté par le Front national, pour qui l'actualité est une mine inépuisable d'arguments. Il est stigmatisé par le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. Et il est regardé en coin par l'aile « populaire » de l'UMP.

Pour occulter ces désaccords, le Président et le Premier ministre durcissent leurs attaques contre la gauche. Ils l'accusent de brader l'intérêt national. Ils tirent à boulets rouges contre la supposée irresponsabilité du Parti socialiste sans qui la « règle d'or » antidéficit ne peut pas être gravée dans la Constitution. Ils accusent ses dirigeants d'anti-germanisme alors même que François Hollande, Martine Aubry et surtout Jean-Marc Ayrault sont les meilleurs amis des responsables du SPD.

Pour calmer Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon, et pour cimenter la gauche, le candidat socialiste, de son côté, souligne les désaccords avec la droite.

François Hollande rejette les appels à l'unité après des années, accuse-t-il, de division des Français. Il refuse de cautionner un accord européen qui, selon lui, ne prône que l'austérité et ne répond pas à l'urgence de la crise. Il réfute l'idée que le contrôle budgétaire échappe aux représentants du peuple. Il ironise sur des règles de gestion préconisées par un président qui s'en exonère depuis quatre ans. Il ignore une « règle d'or » alors que la Constitution et le traité de Maastricht prévoient déjà des garde-fous.

Pour des raisons de fond et de tactique, la crise durcit les positions et renvoie vers chaque camp la quête d'une majorité. Elle peut aussi ouvrir un espace au centre, au moment où François Bayrou entre en scène. On verra si ses solutions, souvent transversales, en feront une alternative à lui seul ou un simple allié d'un camp ou de l'autre.

Mais il ne serait pas sain de laisser la présidentielle se jouer sur le rejet plus que sur le projet. Pour cela, on a besoin d'entendre toutes les offres politiques, notamment celle de François Hollande.

On voudrait comprendre comment il compte casser la spéculation. Savoir qui paiera le redressement. Entendre comment on revient à l'équilibre des comptes en cinq ans tout en réamorçant la relance et l'emploi public. Évaluer quelles économies générerait une décentralisation plus poussée. Savoir à quelles conditions l'épargne nationale pourrait constituer un moyen de relance sans recours à l'étranger...

Cette période est très curieuse. Alors que la crise exige des solutions urgentissimes, la majorité renvoie, pour l'essentiel, la solution à un lointain projet de traité. Et les socialistes à une annonce la plus tardive possible du projet présidentiel. Tout cela parce que la seule certitude, c'est l'incertitude.

La guerre des trois

La France serait-elle trop « française » dans son combat contre la crise ? C’était à se le demander après avoir écouté François Fillon au 20 heures de France 2. Le Premier ministre en a fait le reproche au Parti socialiste accusé de tenir une position trop hexagonale sous le feu nourri des marchés : rendre la politique de Nicolas Sarkozy responsable de l’endettement spectaculaire de la France, par conséquent comptable de la menace pesant sur le triple A, serait le comble d’une vision très politicienne de la situation. Le raccourci de François Hollande, le matin même, avait été, c’est vrai, pour le moins rapide mais il était dans le rôle, convenu, de principal candidat de l’opposition.

Sous une posture altière, le chef du gouvernement n’en a pas été moins politicien pour autant. Qu’il est difficile à prononcer ce mot de rigueur qui semble lui écorcher la bouche ! Qu’on se le dise : si le troisième A venait à être soufflé au pays, il n’y aurait pas de troisième plan d’austérité pour compenser la perte. Pas de parallélisme des « 3 », nous a-t-on expliqué sans rire. L’exercice était simple mais il n’a pas résolu l’équation qui consiste à trouver une solution à une nouvelle chute de la croissance. Où trouver le paramètre - l’argent manquant - pour que le résultat ne soit pas négatif ?

Le pouvoir et l’opposition sont complices du même déni de réalité. Renonçant jusqu’au bout à parler clairement au pays. A quoi bon pourtant continuer d’envisager la sortie du tunnel (dont le bout est par définition toujours en vue) quand aucun signal optimiste ne clignote encore à l’horizon ? Un réflexe très français, sans doute, qui consiste à se réfugier dans un optimisme romantique et à s’étourdir d’un verbe positif. Le président, lui, sera soulagé si la probable baisse de notation qui frappera la France n’épargne pas non plus l’Allemagne. Cette compagnie lui évitera la « mort » politique qu’il redoutait mais elle ne règle rien ; elle évite juste la blessure d’orgueil dont on a commencé à voir les stigmates germanophobes ces derniers jours.

Entendre les agences de notation morigéner la France avec une incroyable suffisance comme un maître d’école prétentieux le ferait avec une élève en difficulté est une épreuve quotidienne qui fait mal à l’ego souverain. Fera-t-on attention, au début du prochain quinquennat, pour s’épargner ces coups de règle (en or ?) à retardement qu’on voudrait programmer à l’avance, comme une ultime humiliation des peuples ? Oui ? Cocorico !

CE de la RATP: pourquoi tout le monde a fermé les yeux

Après celui d'EDF ou d'Air France, c'est au tour du comité d'entreprise de la RATP d'être épinglé par la Cour des comptes. Une enquête pénale a même été ouverte. Reste à savoir si elle pourra mettre un terme à des pratiques régulièrement dénoncées mais jamais encadrées.

Et un de plus. Ce mardi, c'est le comité d'entreprise de la RATP, qui, après celui d'EDF, d'Air France ou encore de France Télécom, s'est fait épinglé par la Cour des comptes. Il est accusé par les magistrats de la rue Cambon de malversations, de mauvaise gestion et de détournements de fonds. "Les constats sont accablants et les dysfonctionnements généralisés", dénonce le rapport. Selon le Parisien qui a révélé l'information, des millions d'euros auraient disparu des caisses du CE, l'un des plus riches de France.
Dans le détail, tout a été passé au crible, de la gestion de la restauration collective (surfacturation des services, problèmes d'hygiène), à la gestion de l'activité vacances (anomalies dans la conduite des travaux, absence d'appels d'offres), en passant par les autres activités sociales et culturelle (dépenses exorbitantes pour certains évènements, disparition d'encaisses). La conclusion de la Cour est sans appel : "le caractère systématique des pratiques constatées, quel que soit le secteur d'activité analysé, conduit à penser qu'ils ne sont la conséquence ni de hasards malheureux, ni de défaillances humaines", estime ainsi le rapport.
Un système connu de la direction Côté direction, on se défausse de toute responsabilité. "La RATP ne dispose d'aucun instrument légal pour exercer un éventuel contrôle a priori", indique la direction, en déplorant que les comités centraux d'entreprise n'aient "pas l'obligation de faire certifier leurs comptes". Difficile pourtant de croire en l'ignorance affichée de la direction.
Selon les informations de L'Expansion.com, en février 2010, le PDG de l'entreprise aurait commandé un rapport d'audit à l'Inspection générale de la RATP sur la gestion du comité d'entreprise. On y retrouve les mêmes chiffres que ceux révélés par la Cour des comptes : le CE de la RATP est l'un des mieux doté de France (5,17 millions d'euros) après celui de la Poste, et d'EDF (270 millions d'euros) avec 113 euros en moyenne par salarié, soit 0,3% de la masse salariale. En y ajoutant les activités sociales et culturelles également gérées par le CE, la subvention totale s'élève à 53,7 millions d'euros, soit 3,11% de la masse salariale brute.
Mais ce n'est pas tout. Selon cet audit, la direction aurait tout fait pour "acheter " la paix sociale. Subventions indues, trafic de chèques syndicaux... l'audit interne, qui n'a jamais été rendu public, révèle que 37 millions d'euros auraient été versés en 2009 aux instances représentatives du personnel, dont 18 millions environ au terme de pratiques "opaques" et largement dérogatoires par rapport au droit commun. Pour ainsi dire illégales.
En réalité, à la RATP, comme dans d'autres grandes entreprises publiques, on préfère fermer les yeux sur ces dysfonctionnements. Régulièrement la Cour des Comptes épingle des entreprises comme EDF, la SNCF ou encore Air France en raison de la gestion douteuse de leur comité d'entreprise. Et depuis des années maintenant qu'elle fait le même constat, rien ou presque n'a bougé. En guise de justification, on invoque la paix sociale, plus importante apparemment que quelques milliers, voire millions d'euros égarés par ci par là. "Un système de fuite des fonds" que dénonce d'ailleurs la Cour des comptes, sans toutefois en désigner les destinataires. "Tant qu'on ne limitera pas le montant des subventions versées aux CE, et qu'on ne fera pas auditer leurs comptes, il n'y a aucune raison que les choses changent ", s'indigne Agnès Verdier-Molinié, vice-présidente de l'Ifrap, un think-thank libéral sur l'efficacité de l'action publique.
La justice prendra-t-elle le relais? Or c'est bien là tout le problème. L'Etat ne semble pas prêt à remettre en cause le fonctionnement de ces comités d'entreprises, éminemment puissants. Malgré les déclarations officielles, il privilégie un statu quo dont on se demande quelles sont les contreparties. Récemment, le député centriste Nicolas Perruchot, a rendu un rapport de la commission d'enquête parlementaire sur le financement des organisations patronales et syndicales. Il y détaille le système de financement des syndicats (les cotisations syndicales ne représentent que 3 à 4% des budgets des grandes organisations syndicales ouvrières), qui selon lui n'est pas tellement propice au changement. Or première en France, le rapport n'a même pas eu la chance d'être publié, une majorité des députés, UMP compris, ayant voté contre. "C'est très grave. En France, dès qu'on évoque l'argent des syndicats tout le monde ferme les yeux", témoigne à L'Expansion.com Nicolas Perruchot.
Alors, les choses finiront-elles un jour par changer? Aujourd'hui, le seul espoir réside du côté de l'institution judiciaire. Chose rarissime, la Cour des Comptes a en effet réclamé ce mardi que la justice pénale soit saisie dans l'affaire de la RATP. Quelques heures plus tard, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "abus de confiance, mise en danger de la vie d'autrui, délit d'entrave et faux"..

A qui profiterait la perte du triple A?

En théorie, si la note de la France était dégradée, François Hollande aurait un angle d'attaque idéal contre Nicolas Sarkozy. En théorie seulement... Explications. 

Un seul A vous manque et tout serait relancé? L'annonce d'une possible dégradation de la note française de AAA à AA par l'agence Standard & poor's a relancé le débat: à qui profiterait une telle décision? 
Les avis sont partagés à droite, comme à gauche. En toute logique, on pourrait croire que la perte du triple A constituerait un excellent argument de campagne pour des socialistes, qui tirent à feu nourri sur le bilan économique de Nicolas Sarkozy.  
Elle désarmerait également en partie l'UMP, qui faisait de la supposée irresponsabilité du PS une arme de choix. "Cette campagne va se jouer sur l'absence de promesses. Si les socialistes en font de trop belles, on n'hésitera pas à brandir la menace d'une dégradation de notre note pour les disqualifier", prédisait ainsi un député de la majorité deux semaines avant l'annonce de S&P. Or, si d'ici mars la France n'est plus notée que d'un double A, l'UMP aura bien du mal à coller aux dos des socialistes l'étiquette d'irresponsables.  
"On jouerait sur du velours" (un socialiste)
Ce serait donc tout bénéf' pour la gauche. "Si la France perdait son AAA en janvier, on jouerait sur du velours", confiait ainsi un futur candidat PS aux législatives. Un avis que ne partage pas un de ses camarades, conseiller de François Hollande: "Je ne suis pas sûr (que cela nous avantagerait). Les Français peuvent être dans une logique selon laquelle on ne change pas de capitaine au milieu de la tempête." 
Ces analyses divergentes expliquent la position inconfortable de François Hollande. Invité de France Inter ce mardi matin, le candidat a dit "ne pas souhaiter une dégradation de la note de la France" tout en soulignant "l'échec de la politique conduite depuis cinq ans" par Nicolas Sarkozy. Avant de se contraindre à la modération: "Je ne veux rien dire qui puisse affaiblir la France au moment où elle affronte des difficultés." 
A droite, on est donc tout aussi partagé qu'au PS. Les pessimistes verront dans cette annonce de S&P une nouvelle station dans le chemin de croix de Nicolas Sarkozy. Mais, en réalité, beaucoup savent que le chef de l'Etat excelle dans l'adversité. La perte du AAA pourrait, paradoxalement, le renforcer, surtout si la France n'est pas seule à la subir comme l'a laissé entendre S&P. Son discours de "capitaine dans la tempête" trouve dans la crise une caisse de résonnance. Plus encore si la gauche radicale et extrême continue de critiquer les indécisions de François Hollande.  
Sarkozy en hausse "dans les moments d'angoisse"
Signe de cette force, Nicolas Sarkozy enregistrait sa plus forte hausse depuis septembre 2008 dans le dernier baromètre BVA pour L'Express-Orange-France Inter (+ 6 par rapport au mois précédent). Et Gaël Sliman, directeur du pôle opinion de l'institut, concluait: "Chacune des fortes hausses enregistrées par le Président correspond à des moments d'angoisses et de crises aigües: lors des précédents épisodes des crises grecques ou sur les dettes souveraines des Etats, les gains du Président ont été substantiels (+4 points au printemps dernier entre avril et mai)." 
A l'Elysée, on parie d'ailleurs sur une campagne centrée sur la rigueur pour mettre en avant la stature de Nicolas Sarkozy. "Le rapport des Français à la dette a été bouleversé depuis six mois. Ils savent aujourd'hui qu'il faut prendre des mesures douloureuses. Ils sont prêts à faire des sacrifices. A condition que cette rigueur soit juste, qu'elle touche les profiteurs du haut comme ceux du bas", avance un conseiller du président.  
La perte du triple A justifierait alors le discours d'austérité développé par l'exécutif ces derniers mois. Certes, le pari est risqué -le plafond de douleur des Français n'est pas si haut que cela. Mais le chef de l'Etat, et futur candidat, est visiblement prêt à le relever. 
DANS LA TEMPÊTE MONDIALE D'UNE ÉCONOMIE OCCIDENTALE EN SURCHAUFFE, DANS L'AFFRONTEMENT DES PAYS CONTRES LES AGENCES DE NOTATIONS, NICOLAS SARKOZY A CERTES FAIT DES ERREURS STRATÉGIQUES, MAIS LA FRANCE N'EST PAS DANS LE MÊME ÉTAT QUE L'ANGLETERRE OU LA GRÈCE !!

Vote des étrangers: l'Elysée cogne

Nicolas Sarkozy devrait s'exprimer rapidement sur le texte que le Sénat doit voter le 8 décembre. Persuadé que les Français sont opposés au droit de vote aux municipales pour les étrangers hors UE, il veut en profiter pour adresser un signal à l'électorat frontiste. 
Nicolas Sarkozy observe attentivement l'examen, le 8 décembre au Sénat, de la proposition de loi constitutionnelle accordant le droit de vote aux municipales aux étrangers (hors Union européenne) résidant en France.  
Si le texte voté avait été identique à celui adopté par l'Assemblée en 2000, le président aurait envisagé de demander une nouvelle délibération aux députés, pour bloquer l'adoption de la proposition. Certains proches du chef de l'Etat réfléchissaient même à un référendum sur le sujet. Lors de l'examen en commission, le 29 novembre, un amendement de forme a dû être ajouté.  
Mais l'Elysée, qui ne croit pas fiables les sondages montrant une adhésion majoritaire des Français à cette réforme, veut une "mise en scène" sur ce sujet sensible, selon l'expression d'un ténor de l'UMP. Nicolas Sarkozy devrait très rapidement s'exprimer. Objectif: envoyer un signal clair à l'électorat du FN. D'après les estimations de vote actuelles, les reports de voix des partisans de Marine Le Pen en faveur de Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle seraient très mauvais: de l'ordre de 30 %, contre 70 % en 2007.  

Quand la CGT mène la vie de château

Accablant pour la CGT-RATP, le rapport publié mardi par de la Cour des comptes dénonce la faillite générale de l'objectif social du CE. Plusieurs propriétés à la gestion défaillantes sont pointées du doigt, notamment un château XVIIe situé dans l'Essonne.
Quand la CGT-RATP joue les châtelains, elle voit les choses en grand. Une des «maisons» de vacances du CE, épinglé par la Cour des comptes, est un château XVIIe, propriété de l'Union des syndicats CGT de l'entreprise.
Située à Fontenay-lès-Briis, cette splendide propriété nichée dans la vallée de Chevreuse, au cœur d'un parc boisé de 75 hectares, est agrémentée de trois terrains de tennis, d'un minigolf et d'un camping. Les amateurs de promenades à bicyclette peuvent également s'égayer sur le parcours VTT du domaine et les pêcheurs goûter aux joies d'un étang à truites.
Un petit coin de paradis à 35 kilomètres de Paris où la CGT-RATP envisageait de construire prochainement une piscine, selon le maire de la commune, Léopold Le Compagnon. «Le château a été acheté par la CGT en 1937, raconte ce dernier. Il n'était pas en très bon état. Aujourd'hui, il est entretenu et ses services de restauration sont opérationnels mais un certain nombre de ses chambres ne sont plus utilisées, car elles ne sont plus conformes aux normes de sécurité. Récemment encore, l'autorisation de l'utilisation de certaines dépendances en chambre n'a pas été reconduite par une commission de sécurité». Un paradoxe pour une demeure censée proposer des séjours de vacances !

Gestion opaque 

Accablant, le rapport de la Cour des comptes dénonce d'ailleurs la faillite générale de l'objectif social du CE visant à offrir un accès au plus grand nombre aux vacances et à développer le tourisme social. «Moins de 13% des salariés de la RATP font appel au comité d'entreprise pour leurs séjours de vacances et, parmi ceux-ci, ce sont les agents les moins défavorisés qui sont majoritaires», dénonce le rapport.
Le château XVIIe de la CGT-RATP s'est également fait remarquer par ses fêtes «Grand Siècle» aux finances douteuses. Depuis 2007, année du soixantième anniversaire du comité d'entreprise de la RATP, le CE y organise des agapes annuelles au mois de juin. Vide-greniers, animations, concert du groupe Kassav ou de Bernard Lavilliers… La facture des festivités s'élève à 447.000 euros en moyenne. Une somme astronomique et gérée de manière opaque. «Cet argent est dépensé par un agent détaché de la RATP, qui ne répond qu'aux élus, ne suit aucune procédure, choisit seul les fournisseurs dont certains pratiquent des facturations manifestement abusives, et se dispense de produire les pièces justificatives pour un nombre significatif de transactions, constate la Cour des comptes. Aucune procédure de contrôle de l'encaissement des recettes collectées lors de la fête ne permet par ailleurs d'assurer que les fonds sont bien remis par le trésorier à la caisse du comité d'entreprise.»
Le château de l'Essonne est loin d'être le seul centre de vacances géré de manière défaillante par le CE de la RATP, selon la rue Cambon qui pointe des anomalies dans un hôtel déserté de Serre Chevalier ou dans un camping des Pyrénées-Orientales. À Fontenay-les-Briis, le maire craint que la vie de la commune ne pâtisse de ce scandale. «Je ne voudrais pas que le château tombe en décrépitude», s'inquiète-t-il.