TOUT EST DIT

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jeudi 8 décembre 2011

Mythologie grecque : des dollars pour remplacer l'euro?

« On se dit qu'il faut désormais préparer des projets de pénétration dans la zone euro par le dollar lui-même »... Voilà un nouveau plan de sauvetage de la Grèce que l'on avait pas vu venir ! Pourtant, selon l'anthropologue et blogueur Panagiotis Grigoriou, il est sérieusement discuté dans le journal grec Epikaira.
Tard dans la nuit d'hier, la majorité Papadémique a adopté le budget 2012. Sans mélodrames et encore en euros. Sur 299 députés présents, la feuille de route du banquier a obtenu 258 voix, un vrai conseil d'administration, bravo.
Une simple formalité stalinienne pour les coalisés Mémorandiens, comme on surnomme souvent ce gouvernement d'opérette, orchestré par la Troïka et dirigé par le duo Merkozien avec une cacophonie, désormais si audible. Décidément, la partition du triple A perd ses notes.

Pendant qu'à Paris on se demande si « Sarkozy peut-il s'en remettre » (de la menace sur le triple A, Libération de ce matin), l'orchestre… du Titanic interprète péniblement à deux vagues du naufrage son Nearer, My God, to Thee, nous préparant alors à un énième Mémorandum avec les « bailleurs » de notre pays, la menace … à la clef. Ah, les Grecs, vous êtes incorrigibles, il n'y aura donc pour vous, ni canot de sauvetage, ni radeau pliable, on vous fera sauter par tribord.
Le steward Président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, dans une interview au Die Welt (6/12/2011), ne mâche pas ses mots « au cas où la Grèce ne tiendra pas ses obligations, alors une sortie de la zone euro est à envisager ».

Lorsque Jean-Paul Fitoussi (Libération 7/12/2011) s'adresse au lectorat français, pour expliquer que « ce que l'on vit est de l'ordre de la tragédie », on ne peut qu'être d'accord avec son analyse, puisque « ce qui a produit le tumulte actuel, ce n'est donc pas la trahison de Maastricht et des critères du pacte de stabilité. Ce sont les flux de capitaux spéculatifs. Ils avaient massivement investi ces pays et les ont fui [...] Plus [le traité européen] est « encadrant », et donc contraignant, plus il empêche la réaction rapide. Et comme il a, en plus, une clause qui tient du pêché originel, on fonce dans le mur. C'est la fameuse clause de non sauvetage (no bail out), qui interdit aux États unissant leur monnaie de s'entraider. Avec l'interdiction faite (par le même traité de Maastricht) de recourir à la Banque centrale européenne pour financer leurs déficits, les États ont été contraints d'emprunter sur les marchés. Résultat: ils doivent satisfaire aux critères et exigences de l'industrie financière et des agences de notation. Et les marchés punissent les États dits laxistes par des taux d'intérêts élevés sur leurs emprunts...»


Eh bien, nous, nous avons une petite précision à apporter à cette analyse.
La punition de notre État, dit même primo-laxiste, par des taux d'intérêts élevés sur ses emprunts, est inscrite dans le budget… savamment établi par les marchés et les banques. L'hebdomadaire politique grec Epikaira, dans son édition électronique d'hier, détaille les chiffres du budget 2012.
Sur 170 milliards d'euros de dépenses, 88,5 milliards, serviront à payer des intérêts et autres agios aux marchés, ces figures désormais très connues du bestiaire thérianthropique de la finance mondiale, tandis que les prévisions sur les recettes de notre para-État, s'effectuent suivant une assiette fiscale, estimée à 54,7 milliards d'euros. Donc, 52% du budget 2012 devient du pur jus pour les escrocs mondiaux (intérêts et agios et non pas remboursement du capital), voilà en somme, la pierre philosophale du nouveau système de gouvernance dictatoriale en Europe. Ni plus, ni moins.
L'éditorialiste de Epikaira, compare alors la faillite de la Grèce en 1932, avec la situation actuelle. En 1932, l'État a été contraint d'annoncer officiellement le défaut, lorsque 43% du budget, servait à payer des intérêts et autres agios aux marchés de l'époque (pour la Grèce les créanciers étaient d'abord les banques britanniques).

2012 comme 1932 ? En Grèce en tout cas, nous discutons beaucoup sur ces chiffres. Plutôt mourir de faim que se nourrir de propagande, nous avons au moins atteint un niveau .. master, quant à la pédagogie économique. La moitié de notre population active étant au chômage, nous devenons même dignement autodidactes. A Paris, les gens discutent, évoquant encore leurs parcours au travail, les promotions et les salaires. Mais qui connait-t-il vraiment, le pourcentage du budget 2012 de la République, destiné à honorer les intérêts et encore autres agios, liés à l'endettement de la France ? Monsieur Fitoussi sans doute, Madame Merkel également je suppose, et pour cause.

Nous vivons, il est indéniable, dans l'hologramme d'un mythe dé-fondateur. L'euro, les notations, les marchés. Sauf que sa géopolitique semble bien réelle. L'Allemagne, la France, les États-Unis et en surplomb, la main invisible de la Chine.

Ces derniers jours, toute une série d'éditos, dévoilent un (supposé) nouveau plan de « sauvetage » du pays, (Epikaira 2/12/2011, en premier). Le rédacteur en économie Kalarrytis et l'économiste Vatikiotis qui signent cet article, se disent informés des intentions du gouvernement des États-Unis et de la FED (Federal Reserve), d'instaurer de façon directe, la liaison (« pegging »), des nouvelles monnaies nationales en Europe avec le dollar étasunien :

« Ayant diagnostiqué le choc des nations européennes face à la perspective d'une Europe unie sous l'impulsion de l'Allemagne, de l'autre côté de l'Atlantique, après avoir lancé des appels à l'action pour remédier à la crise, on se dit qu'il faut désormais préparer des projets de pénétration dans la zone euro par dollar lui-même. L'entrée au FMI pour « sauver » l'euro par la crise grecque a été une première étape importante. La prochaine tentative, sera le remplacement pur et simple de l'euro par le dollar, ce dernier devenant alors monnaie nationale pour les États membres qui pourraient sortir de la zone euro, désormais en état d'effondrement. Et comme pour l'entrée du FMI dans les affaires de la zone euro, on commencera encore une fois par la Grèce. Les éléments sur lesquels se base ce projet sont pertinents; car il s'agit d'un projet élaboré par un groupe de travail des chercheurs en économie qui l'a développé, le mettant ensuite à la disposition du Département de la politique monétaire et de la Banque centrale américaine (FED). La taille du projet atteint 74000 mots, et il a été préparé par diverses universités et instituts de l'économie aux États-Unis » (Epikaira).

Info ou alors Intox ? On aura tout vu. Face au Minotaure euro, voilà le dollar, en Thésée de la délivrance. En tout cas, les scenarii sur une sortie éminente ou possible de la Grèce de la zone euro se multiplient. A tel point que les banques d'affaires et les entreprises en Grèce et ailleurs y préparent leurs systèmes informatiques. Et cette fois-ci c'est bien du concret, si on croit les cadres de ces entreprises se confiant aux journalistes grecs (quotidien Kathimerini, 6/12/2011).

Et puisque selon le P.S., « la «règle d'or» allemande n'est pas celle de la France » (Le Monde, 6/12/2011), on peut pour l'instant savourer tranquillement un café, place de la Bastille, au même prix qu'à deux pas de l'ancien palais du roi Minos en Crète.

Minos, fils de Zeus et d'Europe certes, mais attention au mythe américain et au théâtre d'ombres chinoises ! Pauvre Ariane ...

mercredi 30 novembre 2011

L’euro a la peste, c’est Moody’s qui nous le dit

L'agence Moody's a l'intention de dégrader 87 banques européennes, la plupart dans la zone euro. Un épisode de plus qui montre que la crise de l'euro s'est généralisée. La défiance des investisseurs atteint tous les placements 

Chacun connaît la fable des animaux malades de la peste : « ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés ». Les animaux d’aujourd’hui sont les banques et la peste moderne la difficulté à emprunter. Et c’est l’agence Moody’s qui annonce la maladie lorsqu’elle annonce son intention prochaine d’abaisser les notes de …87 banques  et 5 pays de l’Union européenne. Dans le tas, on trouve tous les fleurons de la finance de la zone euro, de BNP-Paribas à Unicredito en Italie et pas moins de 21 établissements espagnols.

Le mal étant répandu chez ces « pelées, ces galeuses », les pauvres (!) banques ne peuvent plus lever d’argent ! Un joli calcul du Financial Times nous révèle ainsi que, n’ayant pu se refinancer sur les marchés, il leur manquerait la bagatelle de 287 milliards d’euros pour boucler l’année. Heureusement, le guichet de la banque centrale européenne leur est ouvert, en attendant qu’elle vendent leurs activités non stratégiques pour combler le trou. Le « crédit Crunch » est évité de justesse.

Le mal, c'est encore Moody's qui nous le dit, est venu de la crise des dettes souveraines. La même agence a placé la France et son Triple A sous surveillance. Un péripétie nous explique un économiste très proche de la finance mondiale: « Jusqu’en juillet, on pouvait dire qu’il s’agit d’une crise ponctuelle : de la Grèce, du Portugal de l’Italie… Mais la zone euro a brisé successivement trois tabous : on disait qu’un défaut d’un Etat européen était impossible, la Grèce démontre que si ! On disait que le CDS (credi default sawps) assurait contre un défaut, l'accord sur la réduction de 50% de la dette grecque montre que non ! Et au dernier G20, on a évoqué publiquement qu’une sortie, réputée impossible, de la zone euro, était envisageable. »

Du coup, plus personne ne veut prêter de l’argent aux Etats et aux banques qui ont prêté aux mêmes Etats, y compris l’Allemagne. Notre économiste raconte :«  j'étais en Chine il ya quelques semaines. mes interlocuteurs me disaient: on ne comprend pas comment fonctionne la zone euro. Résultat, quelques jours plus tard, Klaus Regling, le patron du FESF est venu récolter des fonds, il est reparti sans rien ». Un banquier place maintenant ses espoirs dans l'aggravation de la crise: « lorsque la zone euro sera au bord de l’éclatement, la Banque centrale pourra intervenir sans entrave, et, enfin, avec l’accord des Allemands. Pourvu que cela ne dure plus longtemps !»