TOUT EST DIT

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jeudi 1 septembre 2011

Michel Rocard parle vrai

Interrogé au Grand Journal de Canal+, l’ancien Premier ministre Michel Rocard a déclaré : « DSK a visiblement une maladie mentale qui était une difficulté à maîtriser ses pulsions. Il est hors du coup, c’est dommage. » A peine s’était-il exprimé que les défenseurs attitrés de Dominique Strauss-Kahn au sein du PS, notamment Laurent Fabius et Jack Lang, sont tombés à bras raccourcis sur lui, l’accusant quasiment d’avoir perdu la raison. Pourtant, il me semble que Michel Rocard a dit à sa manière deux choses très sensées.

La première, c’est que le comportement de DSK, même suivi d’un non-lieu de la justice américaine, ne peut être traité à la légère et relève d’une forme de pathologie. Ses excuses au Fonds monétaire international ne sont en aucune manière à la hauteur du problème posé par son comportement à New York, minimisé par l’intéressé, qui l’a qualifié de simple « erreur ».

La deuxième vérité de Michel Rocard, c’est que du fait de ses actes, l’ancien favori des socialistes pour l’élection présidentielle est désormais hors course alors même que Michel Rocard et bon nombre de rocardiens du PS l’avaient soutenu dans sa démarche politique. Hors du coup, cela signifie clairement que DSK est disqualifié du processus politique aussi bien pour la primaire que pour l’élection présidentielle et qu’il ne devrait plus briguer un poste ministériel ou une grande fonction de l’Etat, même en cas de victoire de la gauche. Ceux qui envers et contre l’opinion majoritaire des Français s’emploient déjà à une démarche de réhabilitation politique de Dominique Strauss-Kahn et lui prépare une rentrée triomphale à Sarcelles ou ailleurs n’ont vraiment rien compris à ce qui s’est passé et à la tache indélébile que porte désormais l’ancien maître du FMI.

Le schmilblick socialiste

Les journées socialistes de La Rochelle, dans leur partie expression publique comme dans leur partie confidences privées, ont-elles fait avancer le schmilblick entre les cinq candidats aux primaires ? Oui et non.
Les confirmations d’abord : l’avance de François Hollande dans tous les sondages se double d’une véritable percée chez les militants. Il parle et il agit comme un possible prochain président de la République, et sa crédibilité est renforcée par son comportement tactique de candidat non rancunier qui ne répond pas aux attaques des autres.
Martine Aubry n’arrive pas à recoller à la roue du favori et, malgré son courage et ses efforts, elle est à la peine : on sent quelque flottement chez ses partisans et une irritation sourde chez les plus hostiles à M. Hollande.
Ségolène Royal, qui nous étonnera toujours, fait comme si elle avait une chance réelle de gagner, et elle joue le match avec entrain, bonne humeur et imagination créatrice. Exemple : là où les autres socialistes veulent maintenir un enseignant par classe, Mme Royal en propose deux sinon rien ! Et la rumeur qui la fait soutenir François Hollande au deuxième tour des primaires prend de plus en plus de consistance.
Quant à MM. Valls et Montebourg, ils font bien leur job, qui est de préparer avec un peu d’avance les primaires socialistes de 2016.
En revanche, sur les différences de programme entre les uns et les autres, on a fait du surplace à La Rochelle. On sent bien que les 300.000 emplois-jeunes ont du plomb dans l’aile, que la résorption de la dette s’installe de plus en plus dans les têtes de gauche, et que l’idée selon laquelle la croissance ne se décrète pas s’impose aux disciples et petits-enfants de François Mitterrand. Mais comment feront-ils par exemple pour garder une grosse part d’électricité nucléaire tout en s’assurant les suffrages des amis d’Eva Joly et comment feront-ils pour envoyer Dominique Strauss-Kahn en vacances le plus longtemps possible ? Il leur reste quarante jours pour trouver des réponses.

Haro sur le “tourisme de la cuite”

Après les émeutes sur la Costa Brava et plusieurs chutes mortelles de balcons d’hôtels à Majorque, les autorités espagnoles cherchent des moyens de sévir contre le tourisme alcoolique. 

Depuis des décennies, l’Espagne s’est montrée très complaisante vis-à-vis des touristes étrangers qui viennent chaque année consommer des océans d’alcool dans ses stations balnéaires. Ce n’est plus le cas. Sur la Costa Brava, à Lloret de Mar, l’une plus grandes destinations espagnoles de tourisme de masse, la fête est bel et bien finie. Au mois d’août, les forces de l’ordre ont tiré à balles de caoutchouc pour disperser des bandes de fêtards éméchés et déchaînés qui défonçaient des vitrines à coups de pieds et ont incendié une voiture de police.
Deux nuits durant, les affrontements se sont poursuivis jusqu’à 7 heures du matin. Bilan : vingt blessés, dont neuf policiers, et vingt arrestations. Fait révélateur, dans cette ville de 40 000 habitants qui ne compte pas moins de 25 discothèques, 261 bars et accueille près d’un million de touristes par an, tous les émeutiers interpellés étaient des ressortissants étrangers.

Avec les oxy-shots, plus besoin de boire pour se soûler

L’affaire n’est pas nouvelle : en 2004, quand, après des incidents similaires, le ministre de l’Intérieur catalan de l’époque avait inventé l’expression "tourisme de la cuite", les autorités avaient déjà promis un grand coup de propre. Aujourd’hui, après la mort d’un touriste britannique de 15 ans, Andrew Milroy, poignardé devant une boîte de nuit, elles se disent plus déterminées que jamais à sévir : "Nous avons touché le fond dans cette affaire, s’exaspère Roma Codina, maire de Lloret de Mar. Nous allons fermer les bars qui posent le plus de problèmes et interdire la prostitution dans les espaces publics." Pour faire bonne mesure, les heures de fermeture des discothèques seront plus strictement encadrées et la consommation d’alcool des mineurs sévèrement réprimée. La présence policière a par ailleurs été massivement renforcée.
Mais un retour à la normale était à peine amorcé à Lloret de Mar, que les choses dégénéraient ailleurs. Récemment, les autorités des îles Baléares ont mis en garde contre une nouvelle vague de décès dues au "balconing", grand jeu des touristes éméchés qui plongent dans une piscine depuis le balcon de leur chambre d’hôtel. A Ibiza et à Majorque, cette pratique a déjà fait trois morts cette année – deux Britanniques et un Italien, tous trois âgés d’une vingtaine d’années – et plus d’une douzaine de blessés. Les propriétaires d’hôtels de Majorque ont annoncé qu’ils allaient surélever les garde-corps et les cloisons séparant les balcons. Les campagnes de sensibilisation dans les pays d’origine des touristes que réclamaient certains habitants se sont en fait résumées à de simples prospectus expliquant les risques qu’il y avait à se jeter la tête la première d’un balcon.
Il y a peu encore, à Magaluf, il n’y avait même plus besoin de boire pour se soûler : le 25 août, la police a confisqué à tous les bars et discothèques de la ville leurs inhalateurs "oxy-shot", qui vaporisent l’alcool et permettent à l’organisme d’en absorber dix à vingt fois plus vite que sous forme liquide. Ce mode de consommation qui fait fureur à Majorque est désormais interdit. "Les oxy-shots peuvent détruire les poumons, car contrairement à l’alcool liquide métabolisée par le foie, ce mode d’absorption n’offre aucun moyen d’éliminer les toxines", explique José Cabrera, toxicologue.

Des happy hours qui se prolongent jusqu'en fin de matinée

Mais bien entendu, certains savent encore se tenir. "La grande majorité des touristes vient simplement passer de bonnes vacances et s’amuser", concède un Espagnol qui n’a accepté d’être identifié que sous les initiales MLC. Il livre de la bière depuis douze ans à El Arenal et à Magaluf – que les Espagnols appellent les deux grands "ghettos" allemand et britannique de Majorque. "Mais j’ai remarqué que les gros buveurs sont plus jeunes – ils ont entre 15 ou 16 ans –, boivent davantage, et sont plus violents qu’auparavant. Pour moi, il n’est pas question d’aller dans ces ghettos tout seul. J’aurais trop peur. Enfin, du moins dans le ghetto britannique. Les Allemands, passe encore : ils picolent mais se contentent de chanter à tue-tête."
Il est vrai qu’à une heure du matin un samedi soir à Benidorm, sur une place rebaptisée "British Square", l’atmosphère est tout sauf calme. La première chose que l’on remarque est que l’on n’entend pas un mot d’espagnol, pas plus qu’on ne le lit dans la jungle de panneaux et enseignes publicitaires pour des pintes de bière, des pies et des matchs de football. De longues files de fêtards croisent en titubant et en zigzaguant d’immenses troupes de buveurs devant une rangée de bars en plein air, tous affublés de noms à l’anglaise, tels Piccadilly, Carnaby Street ou The Red Lion.
On boit – beaucoup – mais personne n’est encore malade, et je ne vois pas la moindre bagarre ; il y a même quelques familles, dont les gamins de six ou sept ans traînent dans les parages. Lorsque des violences éclatent, à en croire les résidants britanniques, elles sont généralement circonscrites à une zone particulière : "C’est vers le British Square que l’on voit des jeunes gens s’effondrer et vomir", assure Tracy, serveuse au Duke of Wellington, l’un des plus anciens pubs anglais de Benidorm.
Les Européens du Nord sont si demandeurs de vacances alcoolisées à bas prix – des voyagistes proposent des formules d’une semaine tout compris à pas plus de 200€ – que depuis trois ans, la région d’Alicante a perdu une demi-douzaine de ses hôtels cinq étoiles les plus emblématiques. "On voit maintenant des happy hours qui se prolongent jusqu’en fin de matinée", confirme MLC.
A Barcelone, troisième destination européenne des fêtards britanniques, les happy hours sont interdites depuis deux ans. Mais à Benidorm et dans d’autres stations, la guerre des prix a atteint des extrêmes grotesques. Fin août à Benidorm, le cubata de vodka – un cocktail espagnol contenant généralement trois ou quatre doses britanniques – coûtait 4 €, et la pinte (un demi-litre) de bière blonde 1 € "jusqu’au premier but du match de la Ligue".
Or, les Espagnols sont en train de comprendre que ces offres sont une arme à double tranchant. L’alcool à bas prix attire certes davantage de clientèle, mais il se traduit également pas une multiplication des agressions irresponsables et des jeux idiots. Tant que ce cercle vicieux ne sera pas rompu, il risque d’être très difficile d’inverser certaines tendances.

Pour une nouvelle voie allemande

Face à la crise et la révolte de jeunes, il n'y a qu'une solution : plus d'Europe. Une politique qu'Angela Merkel doit avoir le courage d'élever au rang de priorité, aussi importante que l'Ostpolitik des années 1970, estime le sociologue Ulrich Beck. 

La politique européenne de l’Allemagne s’apprête à prendre un tournant aussi important que l’Ostpolitik [le réchauffement des relations avec le bloc soviétique] au début des années 1970. Le mot d’ordre était alors "le changement par le rapprochement", il pourrait être aujourd’hui "davantage de justice par davantage d’Europe".
Dans les deux cas, il s’agit de surmonter une division, entre l’Est et l’Ouest autrefois, entre le Nord et le Sud aujourd’hui. La menace existentielle qui pèse sur l’Europe, posée par la crise financière et la crise de l’euro, a fait reprendre conscience aux Européens qu’ils ne vivaient pas en Allemagne, ou en France, mais en Europe. La jeunesse européenne fait pour la première fois l’expérience de sa "destinée européenne" : mieux formée que jamais et nourrissant de grandes espérances, elle se trouve confrontée au déclin des marchés résultant de la crise économique et des menaces de faillite pesant sur les Etats. Un jeune Européen de moins de 25 ans sur cinq est sans emploi.
Là où ils ont planté leurs villages de tentes et donné de la voix, ces représentants diplômés du précariat réclament davantage de justice sociale – un appel qui a été pacifique, mais néanmoins ferme, en Espagne, au Portugal, mais aussi en Tunisie, en Egypte et en Israël (contrairement à la Grande-Bretagne). L’Europe et sa jeunesse se retrouvent dans la colère engendrée par une classe politique qui sauve les banques à coups de milliards mais galvaude l’avenir de sa jeunesse. Si la crise de l’euro ruine les espoirs de la jeunesse européenne, quel avenir restera-t-il à une Europe vieillissante ?

Vaincre ensemble ou perdre seul

La crise financière aura réussi au moins une chose : à catapulter tout le monde (experts et politiques compris) dans un univers que personne ne comprend plus. Du côté des réactions politiques, deux scénarios extrêmes entrent en concurrence. Un premier scénario hégélien qui offre une occasion historique à la "ruse de la raison" au vu des menaces engendrées par le "capitalisme-risque" mondial. C’est l’impératif cosmopolite : coopérer ou sombrer, vaincre ensemble ou perdre seul.
Dans le même temps, notre incapacité à contrôler les risques financiers (et le réchauffement climatique, et les flux migratoires) permet aussi un scénario calqué sur la pensée de Carl Schmitt, un jeu de pouvoir stratégique qui, avec la normalisation de l’état d’urgence partout dans le monde, ouvre la porte aux politiques ethniques et nationalistes.
Paradoxalement, l’Union européenne est victime de son succès. Un grand nombre d’acquis sont devenus tellement naturels pour les Européens qu’ils ne les remarqueraient probablement que le jour de leur disparition. Il suffit d’imaginer un retour des contrôles aux frontières, la disparition d’une législation commune sur les produits alimentaires, la suppression d’une liberté d’opinion et d’expression fondée sur les mêmes critères dans tous les pays membres (que transgresse aujourd’hui la Hongrie, s’exposant ainsi aux remontrances de l’UE) ; ou d’imaginer que l’on soit à nouveau obligé de changer de l’argent et de mémoriser les taux de change quand on part à Budapest, Copenhague ou Prague, mais aussi Paris, Madrid et Rome. L’Europe est devenue comme une seconde peau, et c’est peut-être pour cela que nous sommes prêts à mettre son existence en jeu sans sourciller.
Il faut que nous regardions la réalité en face et que nous reconnaissions que l’Allemagne partage désormais le destin de l’Europe. Contrairement à la destinée commune imposée à deux rivaux comme les États-Unis et la Chine, le destin commun de l’Europe repose sur un droit commun, une monnaie commune, des frontières communes, mais aussi sur le principe du "plus jamais !" Au lieu de se retourner un passé prestigieux, l’UE veille à ce que le passé ne se répète jamais. Au lieu de se transformer en super-Etat ou en un mécanisme qui, dans le meilleur des cas, représenterait des intérêts nationaux éclairés, l’UE a trouvé une troisième voie. Son rôle premier est celui de chef d’orchestre. Elle facilite les interconnexions entre des engagements et des entités qui incluent des Etats, mais aussi des organisations transnationales et des collectivités municipales et régionales, ainsi que des structures de la société civile.

Angela Merkel et l'euro-nationalisme allemand

Le fonds de sauvetage destiné aux pays du Sud a fait naître une logique de conflit entre les pays prêteurs et les pays emprunteurs. Les pays donateurs sont contraints d’imposer chez eux des programmes d’austérité qui les poussent à exercer des pressions politiques insoutenables sur les pays débiteurs. Résultat, ces derniers ont ainsi l’impression d’être soumis à un diktat de l’UE qui bafoue leur autonomie nationale et leur dignité. Ces deux phénomènes attisent la haine de l’Europe au sein même de l’Europe, car celle-ci apparaît à tous comme un carcan.
Dans cette Europe en crise perpétuelle, le conflit sur les modèles d’avenir pose les questions suivantes : dans quelle mesure le mouvement d’indignation des jeunes dépasse-t-il les frontières nationales et promeut-il la solidarité ? Dans quelle mesure le sentiment d’être laissé-pour-compte conduit-il à une expérience générationnelle et à de nouvelles initiatives politiques ? Quelle attitude les employés, les syndicats, le cœur de la société européenne, adoptent-ils ? Quels grands partis, par exemple en Allemagne, trouveront le courage d’expliquer aux citoyens à quel point l’Europe leur est nécessaire ?
Angela Merkel préfère suivre Hegel et les détours de la raison. Pour prendre la métaphore de la danse, elle fait deux pas en arrière, un pas sur le côté, avant le numéro farcesque de la volte-face éclair, tempéré par un petit pas en avant. Au son d’une musique que ni les Allemands ni les autres Européens ne peuvent ni entendre, ni comprendre. Car là où Helmut Kohl mettait en garde contre une Europe allemande, à laquelle il préférait une Allemagne européenne, Angela Merkel défend un "euro-nationalisme" allemand : l’Europe est censée se relever au contact de la gouvernance à l’allemande et de la politique économique de Berlin.

Repenser l'avenir de l'Europe

Dans un contexte de crise financière, la politique européenne devrait jouer le même rôle que l’Ostpolitik dans l’Allemagne divisée des années 1970 : une politique de rapprochement par-delà les frontières. Pourquoi l’intégration économique des pays débiteurs comme la Grèce et le Portugal fait-elle autant de vagues alors que les milliards injectés dans la réunification sont passés comme une lettre à la poste ? Il ne s’agit pas seulement de payer les pots cassés. Il s’agit de repenser l’avenir de l’Europe et sa place dans le monde.
La création d’euro-obligations ne trahirait pas les intérêts de l’Allemagne. Pourquoi l’Europe ne devrait-elle pas introduire une taxe sur les transactions financières qui ne ferait vraiment de mal à personne, pas même aux banques, mais qui bénéficierait à tous les pays membres en donnant une marge de manœuvre financière à l’Europe sociale et écologique, en garantissant aux travailleurs la sécurité dans toute l’Europe – et répondrait ce faisant aux grandes attentes des jeunes Européens ?
Dans le même temps, le menuet d’Angela Merkel pourrait également créer les conditions d’un futur projet politique associant les sociaux-démocrates et les Verts. Dès que le SPD et les Verts auront fait passer l’idée qu’une Europe sociale ne se résume pas à un esprit mercantile introverti, mais relève plutôt – selon l’argument de Hegel – d’une nécessité historique, le SPD lui-même reprendra du poil de la bête et renouera avec les succès électoraux. A condition cependant qu’il ait le courage de faire de l’Europe sa priorité, comme l’Ostpolitik voilà une bonne quarantaine d’années.

Changer les ampoules, une idée pas très lumineuse

Le 1er septembre, les ampoules de plus de 40 watts disparaissent du marché. Mais qui a élaboré ce changement dans nos vie quotidiennes ? se demande le Dagens Nyheter. Car dans les pays du Cercle polaire, cette mesure est plutôt mal accueillie.
A partir de demain [1er septembre], les ampoules de 60 et 75 watts seront interdites en Suède et dans l’ensemble de l’Union européenne. Leur utilisation ne sera pas interdite, mais ces ampoules ne pourront plus faire l’objet d’une "mise sur le marché", selon le jargon de la bureaucratie.
Rarement décision de l’Union européenne aura eu des conséquences aussi palpables sur le quotidien des citoyens. En Suède comme dans d’autres pays membres proches du Cercle polaire, son impact sera particulièrement ressenti quand les soirées seront encore plus lugubres que d’habitude, éclairées par la lumière blafarde des ampoules à faible consommation d’énergie.
De plus, on est en droit de se demander s’il était judicieux d’ordonner la disparition des ampoules classiques pour commercialiser à la place des ampoules qui consomment moins d’énergie mais qui peuvent contenir du mercure, un élément chimique dangereux ? Nul besoin d’être un expert pour voir que cette décision risque de poser de nouveaux problèmes sur le plan environnemental. On s’étonne donc que ces décisions de première importance soient prises sans aucun débat public. Car le sort des ampoules classiques n’a pas été scellé par les politiques – mais par les fonctionnaires de Bruxelles. Voici comment cela s’est passé.
A la fin de l’été 2003, Margot Wallström, qui était alors commissaire européenne à l’Environnement, a présenté une nouvelle directive sur l’"écoconception". Elle appelait de ses vœux une loi imposant la mise en place d’éclairages moins énergivores dans l’ensemble de l’UE, mais la directive ne divulguait aucun détail. A l’époque, la proposition de Margot Wallström a reçu un accueil plutôt favorable. Après des négociations en conseil des ministres et le vote du Parlement européen, la législation communautaire sur l’écoconception a été adoptée (en 2005) avant d’être transposée dans le droit suédois (en 2008) et le droit des autres pays membres.

Une question d'experts

Jusque-là, les politiques étaient donc parties prenantes et ont donné leur accord. Mais c’est toujours sur les petites choses que cela coince. Quel flux lumineux, quelle puissance et quels seuils l’Union européenne devait-elle fixer pour les ampoules et comment devait-elle organiser l’éventuelle disparition des produits défendus ? Toutes ces questions en apparence techniques mais en réalité hautement politiques ont été confiées à un comité composé de fonctionnaires nationaux, qui s’est réuni à Bruxelles.
Quelques années plus tard, les fonctionnaires sont tombés d’accord. Un règlement (N°244/2009), qui régit dans les moindres détails les normes applicables aux ampoules au sein de l’Union, a été approuvé, avec effet immédiat dans l’ensemble de l’UE. Pendant les négociations à Bruxelles, l’autorité de l’énergie a convoqué une série de réunions, de séminaires et d’auditions.
La prise de décision n'a donc pas été fermée jusqu'au bout. La question des ampoules semble ne concerner que les experts, les entreprises et les groupes de pression. Il n’y a eu aucun débat public qui aurait permis d’évoquer et de soupeser les avantages et les inconvénients de ce changement.
Une multitude de lois ont vu le jour de la sorte en Europe. La "comitologie", qui implique que ce sont les fonctionnaires qui gèrent l’Union, a fait l’objet de vives critiques cette année. Espérons que le processus législatif s’ouvre davantage à l’avenir. Le traité de Lisbonne prévoit certaines évolutions qui vont dans le bon sens – il n’est que temps !
Car après les ampoules, d’autres réglementations sont en attente. Désormais, les aspirateurs, les ventilateurs, les cafetières, les sèche-linges et toute une ribambelle d’autres produits doivent recevoir le label "écoconception" de l’UE.
Si l’on ne veut pas que la flamme de la démocratie vacille à son tour dans l’UE, il faut que les citoyens prennent part aux décisions qui ont une incidence sur leur quotidien et sur l’avenir de l’Union.

L'EUROPE VEUT NOUS ASSOMBRIR LA VIE

mercredi 31 août 2011

DSK attendu dimanche matin en France

Dominique Strauss-Kahn devrait arriver dimanche matin en France, selon des informations publiées, mercredi 31 août, sur le site du Figaro, qui précise que l'ancien patron du Fonds monétaire international devrait arriver par le vol 007 d'Air France à 8 h 35, à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle en compagnie de son épouse, Anne Sinclair.

"Selon toute vraisemblance, l'ancien patron du FMI a choisi ce vol pour profiter de la cabine Première d'Air France", peut-on lire sur le site du quotidien. "DSK et Anne Sinclair, qui avaient initialement pris une réservation pour le vol AF 009 atterrissant à Roissy lundi 5 septembre aux alentours de 12 heures, ont finalement opté pour le vol 007 qui part de New York JFK samedi à 19 h 15 et qui atterrit dimanche à 8 h 35 à Roissy-Charles-de-Gaulle. DSK et Anne Sinclair ont deux dossiers de vol différents et ne voyagent pas en couple", précise Le Figaro.fr.
OH LA VACHE !!! ET SA TRUIE SERA AVEC LUI ? HUMILIÉE MAIS LES DENTS AUSSI LONGUES QUE JAMAIS.

L'hommage de Frédéric Mitterrand

Le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, a rendu hommage à Jean-Jacques Aillagon. "Poursuivant avec énergie les travaux de rénovation du château, du musée et du domaine national, le président Jean-Jacques Aillagon a engagé une politique d'accès pour de nouveaux publics qui s'est traduite par une augmentation substantielle de la fréquentation du domaine", écrit M. Mitterrand.

"Jean-Jacques Aillagon a œuvré au renforcement de l'attractivité et au développement du rayonnement international du domaine, valorisant son patrimoine et créant de nouvelles dynamiques artistiques. Il a ainsi organisé une série d'expositions qui ont connu un grand succès (...)", selon le ministre. "Jean-Jacques Aillagon a profondément rénové le regard que le grand public et les visiteurs étrangers portent sur le domaine en associant aux visites des œuvres d'artistes reconnus tels que Jeff Koons, Xavier Veilhan, Takashi Murakami et Bernard Venet", poursuit M. Mitterrand.

Catherine Pégard nommée à la présidence du château de Versailles

Catherine Pégard, conseillère de Nicolas Sarkozy, a été nommée mercredi 31 août en conseil des ministres"présidente de l'établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles". Ancienne journaliste, âgée de 57 ans,
Catherine Pégard succède à Jean-Jacques Aillagon, dont le mandat n'a pas été prolongé. En poste depuis quatre ans à la tête de l'établissement public, l'ancien ministre de la culture né le 2 octobre 1946 avait prévenu mardi le personnel de l'établissement public qu'il allait devoir prendre sa retraite le 30 septembre, dans une note transmise à la presse.
Pour les présidents d'établissement public, l'âge de la retraite est fixé à 65 ans, sauf dérogation. Pour maintenir Jean-Jacques Aillagon à la tête du château de Versailles, il aurait fallu modifier les statuts de l'établissement public par un décret en Conseil d'Etat introduisant une exception à cette limite d'âge, avait-on indiqué à l'Elysée. Cette option n'a pas été retenue.
Certaines personnalités du monde culturel ont bénéficié récemment de dérogations à l'âge légal de la retraite. C'est le cas notamment de Jean-Paul Cluzel qui avait 63 ans lorsqu'il a été nommé en janvier dernier pour cinq ans président du nouvel établissement public du Grand Palais.

Un vrai sujet d'insécurité pour le PS

Lors de son opération commando surprise à Marseille, sur la sécurité, Martine Aubry ne l'a pas vu, pas aperçu et n'a pas dit un mot de « l'affaire ». Elle embarrasse pourtant le PS au plus haut point et pourrait, si un juge allumait la mèche, voir le bâton de dynamite enfoui sous le Vieux Port exploser bientôt. On saura en effet le 8 septembre si Jean-Noël Guérini, soupçonné d'avoir profité de ses fonctions publiques pour avantager les intérêts privés de son frère, est mis en examen dans l'enquête sur les marchés présumés frauduleux de l'agglomération marseillaise. Auquel cas le puissant baron qui règne sur le conseil général et siège au Sénat n'aurait d'autre choix que de se placer en congé du parti. C'est l'option d'évidence posée par Harlem Désir qui a mis les pieds dans le plat. Seulement voilà, le sulfureux et roué Guérini, réputé bagarreur, ne l'entend pas ainsi. Au nom de la présomption d'innocence, il a déjà prévenu qu'il ne démissionnerait pas. Mieux, ou pis, il suggère à Harlem Désir, dont il rappelle cruellement une condamnation naguère pour recel d'abus de biens sociaux, de donner l'exemple ! L'attaque fait mal - du pain bénit pour la droite en pleine primaire et à la veille des sénatoriales - et le PS, conciliant jusqu'ici envers le cas Guérini, symbole du clientélisme de l'une de ses plus influentes fédérations, doit enfin sortir de sa grande mansuétude. Quitte à donner raison à Arnaud Montebourg, pourfendeur solitaire du système « féodal » marseillais. Après DSK, Guérini sera-t-il un nouveau sparadrap collé aux basques des duellistes Aubry et Hollande, au regard de leurs états de service rue de Solférino ?

Dîner

Le premier réflexe a été de croire à une blague : Frédéric Mitterrand, candidat d’un « Dîner presque parfait ». Mais non, l’info n’était pas une intox, notre ministre de la Culture apparaîtra vraiment dans l’émission de téléréalité, fin septembre. Comme n’importe quel candidat, précise M6, le ministre fera ses courses, cuisinera, dressera la table et recevra ses invités - au ministère, bien sûr… Grand bien lui fasse, au ministre, s’il a envie de se dandiner en tablier devant les caméras. Mais n’a-t-il donc rien d’autre à faire ? Et puis l’on croyait qu’il avait compris la leçon, après le scandale de ses amours en Thaïlande, complaisamment décrites dans un livre. Je me ferai plus discret, promettait-il alors… ça n’a donc pas duré, il a craqué pour le « Dîner ». Et après, Monsieur le ministre, vous nous ferez quoi : Cabinet Story, L’Elysée Célébrités - ou le Dîner de cons ?

Rythmes scolaires : l'enfant d'abord

« L'organisation du temps scolaire n'est pas prioritairement conçue en fonction des élèves. » Ce constat de la Cour des comptes, en mai 2010, rejoignait la conclusion affligée de l'Académie de médecine : « L'enfant n'est pas au centre de la réflexion. »

S'agissant de l'école, il faut bien admettre que c'est un comble, souligné avant les vacances par la Conférence des rythmes scolaires présidée par le recteur Forestier et Odile Quintin, ex-responsable de l'éducation à la Commission de Bruxelles. La France est le pays où les écoliers suivent le plus grand nombre d'heures de cours (913, contre 634 en Allemagne et 608 en Finlande), ont les journées les plus chargées (six heures à l'école élémentaire), les semaines les plus courtes et, avec la Grèce, les vacances les plus longues. La scolarisation annuelle est de 144 jours, contre une moyenne de 180 dans les pays de l'OCDE.

Conséquences : une intensité de travail excessive, des élèves fatigués, donc moins réceptifs à l'enseignement, avec un risque accru de décrochage chez les plus fragiles. Le parallèle s'impose naturellement avec le travail salarié, soumis à une productivité croissante et générateur d'un stress dont les effets sont connus.

On peut, bien sûr, invoquer les heureuses contreparties de ces contraintes et, spécialement, des plages de loisirs élargies. Élèves et salariés auraient plus de temps pour la détente et la récupération de la fatigue accumulée. Rien n'est moins certain. D'abord parce que le travail ne s'arrête ni pour les uns ni pour les autres, à la frontière de l'école ou de l'entreprise. Il y a les « devoirs de maison » - y compris pour les salariés - grâce (ou à cause) du portable. Ensuite, parce que les loisirs sont de moins en moins le Carpe diem (« Cueille le jour ») vanté par le professeur de français Robin Williams, dans le film culte Le cercle des poètes disparus. Il faut « faire » toujours plus, sans laisser de place à la vacance du temps, à ce vide bienfaisant où quelque chose de neuf, de non prévu, peut advenir.

Les choses sérieuses commencent lorsque l'enfant dit « J'sais pas quoi faire ! ». Au lieu de quoi, comme le souligne le rapport Forestier, il faut s'alarmer de l'engouement des jeunes pour tous les « écrans » qui saturent l'existence d'images et, de manière plus générale, pour les techniques d'information et de communication. 9 % des 8-10 ans ont un compte Facebook, alors que l'âge légal d'inscription est de 13 ans ! Les parents le déplorent. Mais que font-ils pour ouvrir à leurs enfants d'autres horizons, eux qui passent en moyenne cinq heures par jour devant la télé, sans parler du reste ?

Toute réforme, certes délicate, doit s'appuyer sur la redécouverte de l'extrême singularité de l'enfant, trop souvent traité comme un majeur miniature et soumis, y compris à l'école, aux exigences des adultes : la semaine de quatre jours pour arranger une majorité de parents ; les longues vacances d'été pour satisfaire les intérêts des lobbies du tourisme...

Ce qui veut dire, à rebours d'un certain discours d'alignement de l'école sur les attentes et besoins de la société, « remettre l'enfant au centre », restaurer la symbolique de l'espace scolaire en tant que lieu à part et donc, comme le suggérait Hannah Arendt, « séparer le domaine de l'éducation des autres domaines ». Une idée folle ? Mais n'est-ce pas notre pratique actuelle qui l'est plus encore ?

Là où il fait bon vivre

Août s’achève. Demain commence l’automne météorologique et, avec lui, ce temps appelé « rentrée ». Cet épisode rituel affectera d’abord nos chers députés, qui sont appelés aujourd’hui à débattre en commission du budget de l’État. Seront ensuite atteints les « amis de la Libye », aimable expression qui étiquette les pays qui contribuent, avec de l’argent et parfois avec des armes, à défaire le régime du colonel Mouammar Kadhafi.

Aussi bien à l’Assemblée nationale qu’à la conférence internationale pour « la nouvelle Libye », il sera beaucoup question de gros sous, et le contraste des débats avec la détente estivale pourrait procurer à certains participants des migraines. Puis ce sera au tour des écoliers, collégiens et lycéens de reprendre les chemins, souvent goudronnés et balisés de frais, de leurs établissements.

Face à la perspective de tant de gravité à venir, qu’il n’est pas nécessaire, ou loisible, d’analyser chaque jour, une enquête mondiale, due au groupe du quotidien économique britannique « The Economist », permet de prolonger un peu le temps de l’agrément de vivre. En révélant, justement, où cet agrément est le plus grand, dans quelles métropoles de la planète l’existence est la plus agréable. La vie culturelle, l’accès aux soins médicaux, le calme social et la criminalité, la qualité de l’environnement ont notamment été pris en compte. Il apparaît finalement que deux pays dont on parle peu, qui de leur côté consacrent relativement peu de temps à faire la leçon au reste du monde, sont considérés comme des bastions d’un bel art de vivre. Dans le Top 10 des villes les plus agréables, l’Australie place quatre cités et le Canada, trois. Bravo ! Les capitales autrichienne, Vienne, et finlandaise, Helsinki, ainsi qu’Auckland, en Nouvelle-Zélande, complètent le palmarès.

Il n’empêche que Paris et la France restent au sommet, au coude à coude avec l’Espagne, de la fréquentation touristique mondiale, et peuvent donc se prévaloir aussi de charmes uniques. L’essentiel, sous chaque latitude, n’est-il pas de se sentir chez soi ?


Parti Socialiste : Rocard les exaspère!

Pour avoir expliqué que DSK était victime d’une « maladie mentale », l’iconoclaste Rocard a eu droit à une volée de bois vert.

Michel Rocard n’est jamais… décevant. Dans un monde politique où prévaut la langue de bois (et parfois de béton armé), lui, il balance – franco de port – ce qu’il a sur le cœur et dans la tête. Cela a toujours été comme ça, et cela forge la singularité du personnage. Mais avec l’âge – l’ancien Premier ministre, extrêmement agile, a aujourd’hui 81 ans –, cette propension historique s’accentue.
Intervenant lundi soir dans Le Grand Journal de Canal + et interrogé sur le « cas DSK », Rocard, sous l’œil ahuri de François Hollande, a expliqué, sur le mode de la plus grande évidence, que Dominique Strauss-Kahn était atteint d’une « maladie mentale » qui se traduisait par « une difficulté à maîtriser ses pulsions ». « C’est dommage, il avait un vrai talent », a conclu Rocard, grand pourfendeur de toutes les hypocrisies.

La perfidie de Lang

Mais puisque DSK n’est plus dans la course, pour qui va-t-il voter ? Rocard balance, dit-il, entre Hollande (« le plus populaire ») et Aubry (« la mieux placée techniquement »). Et Royal ? « Je ne crois pas à ses capacités pour cette fonction », cingle-t-il. Pourtant elle, elle y croit. Rocard, du tac au tac : « Dans une société de libre expression, le droit de dire n’importe quoi est un droit fondamental de la personne humaine. »
Outrés par ce que Rocard a dit de leur ami DSK, mais un peu gênés aux entournures, Lang et Fabius sont montés au créneau. Lang, perfide : « Je crois que Rocard a quelques difficultés aussi à maîtriser les siennes, de pulsions. » Fabius, pincé : « Je ne savais pas que Rocard était un expert médical international reconnu. »

La bombe grecque n'est toujours pas désamorcée

Ce mercredi, le gouvernement d'Angela Merkel doit avaliser le dispositif de l'accord du 21 juillet pour la stabilisation de la zone euro, notamment un deuxième plan de sauvetage d'Athènes. Mais son adoption par les parlements allemand slovaque et finlandais est incertaine. Helsinki exige des garanties de la part d'Athènes. Et la participation des créanciers privés est encore à définir...
Les dix-sept chefs d'État ou de gouvernement de la zone euro étaient partis en vacance le 22 juillet en assurant avoir « stabilisé la zone euro ». Las, la batterie de mesures prises à Bruxelles la veille est en péril. Les susceptibilités nationales notamment sont sur le point de torpiller le nouveau programme d'aide à la Grèce d'un montant de 109 milliards d'euros et toute l'architecture d'aide aux pays en difficulté.
- Les contreparties à l'aide
Le premier écueil est l'exigence par la Finlande d'obtenir une « garantie » (collatérale) de l'État grec pour toute nouvelle aide à Athènes. Un temps, Helsinki évoqua un gage à prendre sur des immeubles grecs. Puis à la mi-août la ministre finlandaise des Finances, Jutta Urpilainen, a annoncé avoir conclu un accord bilatéral avec son homologue grec pour que ce dernier lui reverse sur un compte à part l'aide financière qu'il obtiendrait d'Helsinki...
De quoi annuler purement et simplement le soutien dont Athènes a urgemment besoin pour boucler ses fins de mois. Plusieurs autres pays de la zone euro, l'Autriche, la Slovaquie, les Pays-Bas, se sont en effet engouffrés dans la brèche, réclamant d'être traités comme leurs homologues finlandais. L'alternative est soit des garanties pour tous, soit pas d'accord pour la mise en oeuvre des mesures du 21 juillet...
Des négociations sont en cours pour « trouver une solution (...) qui va satisfaire tous les États membres de la zone euro » a déclaré, confiant, le chef de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker lundi soir. L'idée fait en tout cas tache d'huile et pas seulement chez de « petits » bailleurs de fonds du mécanisme d'aide : la ministre allemande des Affaires Sociales, Ursula von der Leyen, propose, au grand dam de la chancelière Merkel, d'envisager des garanties via les réserves d'or des États percevant une aide de leurs partenaires...
- Le rôle des parlements nationaux
Cette revendication de contrepartie pour tout nouvel effort financier envers un État dispendieux comme la Grèce est en fait formulée par les gouvernements pour justement amadouer leurs parlementaires et les inciter à donner leur aval aux mesures du 21 juillet dernier. Or rien n'est moins sûr dans plusieurs États-membres. Et quand bien même un feu vert serait arraché, cela ne le sera qu'à la dernière minute. En Slovaquie, le partenaire de la coalition du Premier Ministre Iveta Radicova, le parti SaS (Liberté et solidarité) se montre peu solidaire d'Athènes. Son chef tient les propositions de l'UE pour un retour « au socialisme » et la création « d'une union de la dette ». Il n'entend pas avaliser un élargissement de la mission du Fonds européen de stabilité financière (FESF) ni même sa recapitalisation. En Finlande, sans l'assurance de garanties pour toute nouvelle aide, la ratification de l'accord du 21 juillet semble en péril au Parlement. Enfin, et surtout, le Bundestag tranchera le 29 septembre s'il accepte les attendus négociés par la chancelière Merkel. Le point central sera justement le rôle que le Parlement allemand obtiendra pour le déblocage de toute nouvelle aide. Dès le 7 septembre, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe indiquera déjà à quelles conditions la chancelière Merkel peut faire peu de cas du Bundestag pour aider un pays partenaire de la zone euro. Très soucieux dans ses précédents arrêts sur les questions européennes de ne pas diminuer les prérogatives du Parlement, Karlsruhe pourrait assujettir toute décision concernant les plans d'aide et le FESF d'un vote au Bundestag. Pour les pays bénéficiaires, à l'instar de la Grèce, cela n'augure rien de bon car une fraction croissante de la majorité d'Angela Merkel est très réticente à payer pour les États membres en difficulté. Au point que ces jours-ci le poste même de la chancelière semble en jeu sur ce dossier.
- La participation des banques et assureurs prives
Athènes souhaitait initialement que l'opération d'échange de dettes de ses créanciers privés pour un montant de quelques 135 milliards d'euros commence dès août. Or cet échange « volontaire » scellant la participation des banques, assureurs et autres gestionnaires d'actifs privés au plan d'aide à Athènes peine à se matérialiser. On évoque désormais un échange pour fin octobre. Or, comme le notent les analystes de Barclays, « si cette participation du secteur privé ne concerne pas 90 % des créanciers comme stipulé dans la proposition, l'échange de titres n'aura pas lieu et la probabilité que l'entier plan de sauvetage pour la Grèce s'écroule, la Grèce faisant défaut, augmenterait considérablement ».
Le sauvetage de la Grèce et partant des mécanismes d'aide aux pays de la zone euro en difficulté (Irlande, Portugal) ne tient donc plus qu'à quelques fils.

Yannick Noah en conflit avec les impôts depuis 15 ans

Yannick Noah est la personnalité préférée des Français. Ce n'est peut-être pas le cas auprès des gens du Fisc. Depuis 15 ans, le chanteur conteste un redressement fiscal d'un million d'euros. L'affaire révélée par Le Canard enchaîné a débuté dans les années 90 quand Yannick Noah déclarait résider en Suisse. Une enquête du fisc avait alors conclu que l'ancien tennisman avait plus résider en France qu'en Suisse durant ces deux années. Étant considéré comme résident fiscal français, Yannick Noah doit donc rembourser plus d'un million d'euros.
C'est maintenant au Conseil constitutionnel de trancher après un recours déposé par le chanteur. Verdict le 13 septembre.
Ce petit con sans talent ferait bien de rester aux USA à jamais.

mardi 30 août 2011

La gestion de l'euro et celle de nos cafetières

Un seul pays vous manque, et tout est sacrifié. Voilà, pour paraphraser Lamartine, comment marche la zone euro. En un mot : mal.

Laborieusement conclu le 21 juillet, l'accord destiné à mettre en œuvre un deuxième plan d'aide à la Grèce est menacé par la fronde d'un des dix-sept membres de l'union monétaire européenne : la Finlande.
Elle compte pour moins de 2 % des ressources qui doivent être mises à la disposition d'Athènes, mais la Finlande peut tout faire capoter. Si elle obtient gain de cause, elle sera suivie par d'autres membres de la zone, et l'accord du 21 juillet sera vidé de sa substance.
Il prévoit de fournir à la Grèce une aide de 158,6 milliards d'euros – provenant pour les deux tiers du Fonds européen de stabilité financière ainsi que du Fonds monétaire international, d'une part, et du secteur privé pour le reste. L'accord, qui devrait permettre à la Grèce d'éviter le défaut de paiement sur sa dette souveraine, doit être ratifié par les parlements des Dix-Sept d'ici à la fin septembre.
Cédant à la pression d'une formation eurosceptique, le parti dit des Vrais Finlandais, le gouvernement d'Helsinki pose ses conditions. Il exige de recevoir des garanties d'Athènes – en liquide ou sous une autre forme – pour la part que la Finlande prend dans le plan d'aide. Il a signé un accord en ce sens avec la Grèce, un arrangement bilatéral, sans l'aval des autres membres de la zone euro.
Il faut refuser cette façon d'agir, dénoncer ce pas de deux négocié en catimini et ramener Helsinki à la raison. Sinon, d'autres membres de l'union monétaire ont fait savoir qu'ils exigeraient eux aussi des garanties "collatérales" de la part d'Athènes.
On aboutirait à ce paradoxe : pour être secourue, la Grèce devra débourser à hauteur de l'aide qui lui est promise. Autant dire que le plan de sauvetage grec serait mort-né. Jean-Claude Juncker, le président de l'eurogroupe, se veut optimiste. Il a assuré, lundi 29 août, qu'il présenterait "bientôt" une formule de compromis destinée satisfaire tous les Etats de la zone".
L'affaire n'en illustre pas moins la fragilité du fonctionnement de l'euro. Les décisions sont prises à l'unanimité. Elles doivent être ratifiées par les parlements nationaux. Passées à ce tamis des représentations nationales, les mirifiques mesures annoncées au sommet gagnent, certes, en légitimité démocratique. Mais, soumises aux impératifs de politique intérieure des uns et des autres, elles en ressortent affaiblies, diminuées et n'établissant toujours pas un début de gouvernement économique.
Ainsi en va-t-il dans une Europe dont la Commission n'est plus le moteur. Rassurons-nous, ladite Commission trouve à s'occuper. Elle s'affaire ces jours-ci à réglementer la consommation énergétique de nos cafetières électriques. Nos machines à filtre et à expresso seraient trop voraces en kilowatts; il faut, nous dit-on, instaurer d'urgence une nouvelle norme.
Certains jours, être européen est une affaire de foi.

Les politiques, au tableau !

Vont-ils enfin plancher sérieusement sur le sujet ? Après l’avoir oublié en 1995, survolé en 2002 et effleuré en 2007, les candidats à la présidentielle semblent enfin décidés à faire de l’école un thème central pour le grand rendez-vous de 2012. Il serait temps, après avoir tant musardé sur les chemins d’un électoralisme balisé par les éternels (gros) cailloux de l’insécurité ou de l’immigration, de revenir à l’essentiel.
Dans un pays plutôt jeune à la démographie dynamique, comment pourrait-on prétendre, au moment des grands choix, construire l’avenir sans explorer la question scolaire ? Comment une nation pourrait-elle n’en débattre qu’à la marge quand l’Éducation nationale est le premier poste du budget, et que le pays pointe désormais au 28 e rang (au classement Pisa) pour la qualité de son système éducatif ?
Malgré leurs lamentations officielles, les gouvernements successifs ont, dans les faits, admis passivement et avec fatalisme l’échec scolaire qui, chaque année, laisse 15 % d’une classe d’âge entrer au collège sans savoir lire, écrire et compter correctement, et 150 000 adolescents sortir de leur parcours éducatif sans diplôme ni qualification.
Pour cette rentrée, les politiques ont fait un gros progrès. L’école élémentaire, traditionnellement négligée dans une France sûre de posséder la meilleure primaire du monde, s’impose, enfin, comme une priorité de leurs priorités.
François Bayrou, fidèle à l’un de ses infatigables chevaux de bataille, en fait une de ses deux urgences nationales. François Hollande place les jeunes en tête de son futur projet, et - plus surprenant - voilà même le très comptable Luc Chatel qui fait la promotion d’un modèle finlandais extrêmement généreux
Encore faudra-t-il passer du simple diagnostic à l’épreuve de vérité. Que valent les plus belles professions de foi quand les suppressions de postes reviennent, concrètement, à alourdir le nombre d’élèves par classe (pas partout, d’accord…), à désorganiser un peu plus un système de remplacements déjà ubuesque, à priver des directeurs d’école qui font des miracles avec des moyens dérisoires d’un poste d’aide administrative ? A raser les Rased, seule structure véritablement organisée pour aider les élèves à problème ?
Les politiques vont-ils enfin sortir des faux-semblants ? Le ministre, de ses calculs absurdes qui s’enorgueillit de respecter la règle de suppression d’un fonctionnaire sur deux ? L’opposition, de ses promesses intenables, comme celle de Ségolène Royal prévoyant carrément un deuxième enseignant par classe ? Quant au système lui-même, du haut en bas, est-il décidé à se délivrer de dogmes, d’habitudes, de postures qui pétrifient toute évolution lucide ?
Notre pays est-il, oui ou non, collectivement capable de ce courage collectif dont dépend le futur de ses enfants ?

La Bourse d'Athènes en forte hausse après l'annonce d'une importante fusion bancaire

La Bourse d'Athènes a clôturé en forte hausse de + 14,37 %, lundi 29 août, après l'annonce de la fusion des deuxième et troisième banques grecques Eurobank et Alpha, avec le soutien du Qatar, pour créer le premier établissement bancaire du pays et lancer la très attendue restructuration du secteur.

Les deux banques ont indiqué dans la foulée qu'elles allaient, au prix de lourdes pertes, échanger les obligations d'Etat grecques qu'elles détiennent, devenant ainsi les premiers créanciers privés grecs à annoncer officiellement leur participation au plan de sauvetage de leur pays. La nouvelle entité, Alpha Eurobank, sera la plus grande banque privée de Grèce et des Balkans, dotée de 146 milliards d'euros d'actifs. La nouvelle banque sera également dans les trois premières positions en Bulgarie, à Chypre, en Roumanie et en Serbie.
Le fonds qatari Paramount, déjà actionnaire à hauteur de 5 % du capital d'Alpha, prendra 17 % de la nouvelle entité, en apportant 500 millions d'euros d'argent frais sous forme d'obligations convertibles. "Nous annonçons un mariage qui crée la plus grosse banque de Grèce. Il s'agit d'un grand pas en vue de la rationalisation du système bancaire grec", a souligné le nouveau président, Iannis Costopoulos, issu d'Alpha. "Il s'agit du premier investissement majeur en Grèce depuis des années et d'un vote de confiance pour le pays. Nous pensons qu'il en amènera d'autres", a-t-il ajouté.
"MESSAGE DE CONFIANCE"
Les trois actionnaires principaux vont participer à un projet de renforcement du capital conjoint portant au total sur quelque 3,9 milliards d'euros, dont une augmentation de capital de 1,25 milliard prévue début 2012. La fusion doit être finalisée avant la fin de l'année. "La participation du Qatar qui bénéficie de la note AAA nous donne une certaine force pour réduire nos coûts d'endettement", a indiqué Nicolas Nanopoulos, qui va être l'un des deux directeurs généraux du nouveau groupe, au côté de Dimitris Matzounis.
Les actionnaires d'Eurobank recevront cinq nouvelles actions Alpha pour sept titres Eurobank, donnant ainsi 57,5 % du capital de la nouvelle entité aux actionnaires actuels d'Alpha et 42,5 % aux actionnaires d'Eurobank. Le ministre des finances grec, Evangélos Venizélos, a salué une "évolution positive". "Il est important que le Qatar participe et investisse en Grèce, envoyant à l'étranger un message de confiance" dans l'économie, a ajouté le ministre dans un communiqué où il a réaffirmé sa confiance dans le système bancaire national "totalement sûr".
La Bourse d'Athènes, qui avait atteint en août son plus bas niveau depuis quinze ans, a flambé de 14,37 % en clôture. Il était temps. En août, les titres des banques grecques, comme d'autres en Europe, ont été lessivés en Bourse, les marchés exprimant leurs doutes sur les chances de réussite du plan européen de sauvetage de la zone euro décidé le 21 juillet et d'adaptation du secteur bancaire à la crise de la dette.
LA FINLANDE BIENTÔT CONVAINCUE
Le plan international prévoit une participation volontaire du secteur privé, dont la Grèce attend désormais confirmation, à la restructuration de la dette grecque, ce qui équivaut pour les banques à perdre 21 % sur les obligations d'Etat grecques qu'elles détiennent. Ces pertes ont d'ores et déja été intégrées par les deux banques fusionnées, qui ont chacune annoncé dans la foulée lundi un résultat net dans le rouge au premier semestre, en raison des provisions qu'elles ont dû inscrire dans leurs comptes pour couvrir la décote attendue.
Par ailleurs, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a annoncé que les pays de la zone euro étaient "tout près" de conclure un accord sur les demandes de la Finlande en vue d'obtenir des garanties financières en échange des nouvelles aides à la Grèce, critiquant l'attitude de Helsinki. "Nous sommes tout près de trouver une solution" dans le cadre de négociations en cours entre hauts fonctionnaires des pays de l'Union monétaire, avec "une proposition qui, je crois, va satisfaire tous les Etats membres de la zone euro", a déclaré M. Juncker, au cours d'une audition devant le Parlement européen.

Il a rappelé qu'une réunion des ministres était déjà prévue les 16 et 17 septembre en Pologne "et cette question sera réglée au plus tard à cette date". M. Juncker n'a pas voulu donner de détails sur le contenu du compromis en vue.
"JE N'AIME PAS LES ARRANGEMENTS BILATÉRAUX ENTRE ÉTATS"
Le gouvernement finlandais, aiguillonné par le succès électoral du parti eurosceptique des Vrais Finlandais, exige de recevoir des garanties de la part de la Grèce en échange de tout nouveau prêt de sa part, dans le cadre du deuxième plan de sauvetage promis à Athènes. Il s'appuie sur une déclaration du sommet extraordinaire des dirigeants des pays de l'Union monétaire, le 21 juillet, qui avait ouvert la voie à de telles garanties, mais sans préciser sous quelle forme.
M. Juncker a tancé au passage les exigences de la Finlande, qui font craindre un échec du second plan d'aide à la Grèce censé éviter la faillite du pays, lourdement endetté. "Moi, je n'aime pas ce mécanisme" de garanties dites "collatérales" pour les prêts à la Grèce, "je n'aime pas les arrangements bilatéraux conclus entre Etats", a dit M. Juncker.

"Le Conseil [organe des dirigeants de la zone euro] s'est réfugié dans une formulation vague qui fait que les autorités finlandaises se sont cru autorisées à conclure un arrangement bilatéral qui ne tient pas la route", a-t-il dit. "Ne pensez pas que ce problème nous empêchera de traduire dans leur réalité les éléments du 21 juillet", a assuré le président de l'Eurogroupe, forum des ministres des finances de la zone euro.

Grèce : une école d'œnologie et d'œnotourisme dans le Péloponnèse

L'une des premières écoles grecques d'œnologie et d'œnotourisme devrait bientôt voir le jour à Néméa, ville située dans la région viticole du Péloponnèse, annonce l'agence de presse Athens News Agency-Macedonian Press Agency.
Le nord-est du Péloponnèse est considéré comme l'une des régions les plus importantes de la viticulture en Grèce. Le projet fait suite à l'annonce du ministre du Développement agricole et de l'Alimentation, Costas Scandalidi. Sa concrétisation a été saluée par le vice-chef de Région de Corinthie, Georges Dedes, et le maire de Néméa, Vanghelis Andrianakos. Cette école sera notamment destinée à la formation des jeunes agriculteurs du pays.

Libye, l'anti-Irak

Jusqu'à présent, la Libye a été un « anti-Irak ». La chute de Tripoli en a constitué la parfaite illustration. Ce sont les Libyens qui, après des combats meurtriers, se sont libérés eux-mêmes. À la différence de Bagdad, hier, aucun soldat étranger n'a planté de drapeau occidental sur la statue déboulonné du leader déchu. L'étendard de la rébellion libyenne flotte désormais sur la quasi totalité du territoire.

Certes, l'intervention de l'Otan a été décisive. Mais elle s'est faite à la demande de l'opposition libyenne et dans le cadre d'une résolution de l'ONU. En intervenant comme elle l'a fait en Libye, l'Amérique de Barack Obama a souhaité tirer toutes les leçons négatives de l'intervention américaine en Irak. Il fallait trouver des partenaires régionaux, mêmes modestes comme le Qatar, afin d'avoir une légitimité dans le monde arabe.

Il convenait de se situer presque en deuxième ligne, derrière des alliés européens comme la France et la Grande-Bretagne désireux et capables d'assumer des responsabilités majeures. Il fallait, enfin, utiliser pleinement le cadre d'une institution militaire comme l'Otan, en quête d'une légitimité nouvelle, compte tenu de ses difficultés en Afghanistan.

Jusqu'à présent, le pari a fort bien fonctionné. Les révolutions arabes retrouvent un nouveau souffle. La Syrie de Bachar el-Assad devrait s'ajouter à la liste des régimes rejetés avec succès par leurs peuples. Pourtant, le plus dur reste à faire. Il faut « gagner la paix après avoir remporté la guerre ». La première difficulté est d'ordre psychologique. Sur un plan émotionnel, la présence de Kadhafi au pouvoir pendant plus de quarante ans pouvait constituer une forme d'humiliation pour les élites du monde arabe mais, une fois de plus, leur Histoire est partiellement au moins écrite par d'autres. Leur « libération » et la chute d'un despote particulièrement rusé et cruel n'auraient pas été possibles sans la contribution décisive du monde occidental.

À Tripoli, aujourd'hui, devant la pénurie de médicaments, d'eau et de biens de première nécessité, les Libyens en appellent plus que jamais à l'aide internationale. Mais s'ils ne peuvent pas faire « sans nous », ils éprouvent un malaise qui ne pourra que grandir face à cette situation de dépendance. Quand pourront-ils enfin se réapproprier leur destin ? Si l'on veut tenter une comparaison audacieuse avec l'Europe de l'Est au lendemain de la chute du communisme, la Libye est au monde arabe ce que pouvait être la Roumanie à « l'autre Europe », avec Kadhafi dans le rôle de Ceaucescu, mais sans la carotte de l'intégration dans l'Union européenne.

Plus le pouvoir a été détenu longtemps par un leader baroque et cruel, plus la transition vers la « normalité » est difficile. Depuis plus de quarante ans, la concentration du pouvoir a été absolue en Libye. De plus, les divisions tribales, sinon régionales, s'ajoutent à toutes les formes de corruption morale. En Libye, les contre leçons de l'Irak s'imposent tout autant après la chute du régime que dans le processus qui a mené à son effondrement. Tout comme l'Irak hier, la Libye aujourd'hui a besoin d'ordre et de sécurité. C'est à partir de l'amélioration de la vie quotidienne que, progressivement, les Libyens se rallieront pleinement à un nouveau régime. Dans l'accomplissement de cette tâche, la Libye a besoin de tous ses enfants ou presque. Ainsi, démanteler l'ensemble de l'armée et de la police serait un contresens tragique. La marge de manoeuvre de la communauté internationale est étroite. Il lui faut rester engagée, sans être trop présente.

Les socialistes n’ont toujours rien compris à l’affaire DSK

Il aura suffi que le procureur Cyrus Vance décide d’abandonner les poursuites contre DSK pour que la plupart des responsables du PS enterrent Nafissatou Diallo et saluent le retour annoncé du fils prodigue. A croire qu’ils n’ont rien compris à l’affaire et à ses retombées ! 

Du début à la fin (provisoire) du dossier judiciaire américain, l’affaire DSK aura rendu fous la plupart des responsables socialistes. Il aura suffi que le procureur Cyrus Vance décide d’abandonner les poursuites contre l’ancien directeur général du FMI pour que l’on entende certaines stars de la grande famille lancer des propos proprement ahurissants, comme si leur poulain était blanchi, et comme si Nafissatou Diallo était une affabulatrice avérée. C’est à croire qu’ils n’ont rien compris à l’histoire et à ses retombées (politiques et éthiques).

En effet, DSK n’est en aucune façon reconnu innocent des accusations portées à son encontre par la femme de chambre. Le procureur américain considère seulement qu’il n’a pas assez de preuves pour poursuivre DSK au pénal et faire reconnaître sa bonne foi par les douze membres d’un jury qui doit être unanime pour en juger ainsi « au-delà du doute raisonnable ».

C’est tout, et c’est déjà énorme pour DSK, désormais libre de quitter le territoire américain. Mais cela n’en fait pas un homme lavé de tout soupçon puisque la procédure se poursuit au civil, où la plaignante devra convaincre une majorité de jurés qu’il y a « prépondérance de preuves en sa faveur ». En général, une telle procédure se termine par un accord financier, ce qui atteste du caractère détestable de la justice à l’américaine, où la recherche de la vérité semble être une question annexe.

En attendant, un minimum de décence s’impose dès lors que l’on traite cette affaire obscure où une femme dit avoir été violée tandis que celui qu’elle désigne comme son agresseur prétend juste avoir eu avec elle une relation « consentie » et digne d’une performance olympique (sept à neuf minutes montre en mains, négociation préalable comprise).
    
En dépit de toutes les zones d’ombres qui demeurent, les principaux dirigeants socialistes ont donc enterré Nafissatou Diallo et salué le retour annoncé du fils prodigue, nonobstant les questions que pose un étrange comportement récurrent. Harlem Désir, secrétaire général par intérim, connu pour son goût des bourdes à répétition, a parlé d’un « heureux dénouement ». François Hollande s’est dit « très réjoui », ajoutant que DSK pouvait vite « être utile à son pays ». Martine Aubry a confié qu’elle était « très heureuse ». Calculette en mains, Jean-Christophe Cambadélis, s’est félicité d’un « dénouement positif » pour DSK, alors que « 131.000 unes de journaux l’ont mis à bas ». Quant à Bertrand Delanoë, vitupérant le règne de « l’emballement » et de la « rumeur », il a formé le vœu « que la voix désormais libre de Dominique Strauss-Kahn puisse contribuer, au moment et sous la forme qu’il choisira, à l’effort collectif pour le progrès et la justice, en France et en Europe ». Va-t-on voir DSK débarquer en vedette américaine aux universités d’été du PS à La Rochelle ?
        
Tant d’impudence laisse pantois. Certes, il y a de quoi s’offusquer du traitement réservé par la justice américaine (digne des westerns) à l’ex directeur général du FMI.  Certes, la traque médiatique de DSK et de sa famille est parfaitement détestable. Mais de là à en faire l’équivalent du capitaine Dreyfus, c’est ne rien avoir compris au film.

 

DSK n'est pas coupable... Sauf pour la Grèce

Depuis l'abandon des poursuites contre DSK à New York, certains souhaitent qu'il puisse à nouveau apporter son expertise face à la crise. Demander à un pyromane de donner son avis sur le travail des autres pompiers-pyromanes, en voilà une mauvaise idée, juge David Desgouilles. 

Vous avez remarqué ? Je ne me suis jamais exprimé sur l’affaire DSK. Je préférais causer des effets collatéraux, des remous qu’elle avait provoqué chez nous, comme la conversion anti-américaine de BHL ou l’apparition d’une nouvelle génération de féministes. Si je préférais demeurer en France que d’aller m’imaginer au Sofitel de New-York, c’est par prudence. Certains diront par lâcheté mais je m’en tamponne. Il était urgent d’attendre. Il n’y a que deux personnes qui savent ce qui s’est passé dans la suite 2806. Si cette sentence apparaît aujourd’hui comme lapalissade, elle était déjà juste le 15 mai et les semaines qui ont suivi quand, à la télé, la radio, dans les journaux ou sur internet, chacun - ou presque - donnait sa version des faits. Maintenant qu’un tribunal a abandonné les poursuites contre Dominique Strauss-Kahn et que le procureur de New-York a publié un rapport le conduisant à inciter le juge à le faire, nous avons enfin les bases pour nous exprimer sur l’affaire proprement dite.

Je suis davantage convaincu par Elisabeth Lévy que par Koz Toujours sur le volet judiciaire de l’affaire. DSK est bel et bien innocenté, blanchi (1) par cet abandon des poursuites. Si on n’actait pas ceci, il faudrait désormais émettre un doute sur toutes les décisions de non-lieu prises par les juges d’instruction et procureurs de notre pays (2). Inconcevable ! Donc il faut donc conclure, comme Elisabeth, que DSK est considéré comme non-coupable de viol. Marie-Georges Buffet, qui regrette que DSK ne soit pas renvoyé devant un jury, n’a plus qu’une chose à faire : prendre la nationalité américaine et affronter Cyrus Vance aux prochaines élections de procureur de New-York.

Le volet judiciaire de l’affaire étant évacué, il faut bien en aborder un autre. N’ayez aucune crainte, il ne s’agit pas de morale. Il s’agit de politique. Et si Marie-Georges Buffet m’a amusé, les voix qui se sont élevées a contrario, pour déclarer à tue-tête qu’on avait besoin en France de la personnalité de DSK pour donner son avis sur tout et n’importe quoi, et finalement réclamer son retour en politique comme si de rien n’était, m’ont consterné (3).

Regardons les choses en face. Voilà un monsieur qui vient en France fin avril. Qui rencontre les directeurs de journaux de ce pays et leur raconte qu’il est bien parti pour gagner la présidentielle. Il leur confie aussi qu’il est conscient qu’un des défauts de sa cuirasse, c’est son goût très au dessus de la moyenne pour la bagatelle. Qu’il est certain qu’on peut tenter de le piéger sur ce terrain-là. Et qui, à la première femme de chambre entrée dans sa chambre alors qu’il sort de la salle d’eau, ne trouve rien de mieux que de se faire prodiguer une gâterie. Comme l’écrivait dès le 15 mai, Luc Rosenzweig dans Causeur, il n’y a pas une petite lumière rouge qui doit clignoter quelque part dans son cerveau, là ? Et c’est ce mec là qu’on nous proposait pour devenir président ? Quelqu’un capable de succomber à la première hirondelle (4) venue ? Y aurait-il fallu comme pour JFK (5) qu’on mobilisât une cellule chargée de « l’alimenter » afin qu’il ne donnât point de secrets d’Etat à quelque Mata-Hari ? Vous me direz : c’est peut-être le cas d’autres personnalités politiques et on ne le sait pas. Possible. Mais avec DSK, on en est désormais certain. Ce type ne se maîtrise pas. Sa confidence aux journalistes, en forme de « là, il faut que je me tienne », démontre qu’il n’est absolument pas digne de confiance. Y compris - et, surtout - vis-à-vis de lui-même.

Enfin, je ne saurais m’empêcher d’évoquer certaines déclarations qui, sans réclamer que DSK soit du prochain gouvernement, demandent d’urgence son avis, son expertise même, sur la crise. Certains vont jusqu’à regretter qu’il n’ait pas été présent lors du dernier épisode grec. Demander à un pyromane de donner son avis sur le travail des autres pompiers-pyromanes, en voilà une idée qu’elle est utile ! Le pire, c’est qu’ils croient vraiment que celui qui a participé - avec d’autres - au plan absurde de 2010 aurait pu être davantage efficace en 2011. Voyez-vous, j’ai la faiblesse de penser que ce que DSK a fait subir aux Grecs par l’entremise des nervis du FMI s’avère plus violent qu’une gâterie précipitée à New-York (6). Bien avant le 14 mai, mais sur le terrain politique, j’avais déjà jugé l’ancien directeur du FMI.

DSK a désormais droit à la tranquillité. Nous aussi.


(1) Moins que le col de Nafissatou Diallo, me souffle un mauvais génie. Il est vrai que le terme blanchi ne s’avère pas forcément le plus approprié tant il donne du grain à moudre aux chansonniers.
(2) Certes, dans une affaire similaire, un juge français aurait peut-être pris le risque de renvoyer DSK devant un tribunal puisqu’ici un jury ne s’exprime pas à l’unanimité mais à la majorité. De plus, il ne risquait pas, en cas d’acquittement, de subir l’opprobre et  de perdre des élections comme le procureur Vance. Mais DSK était poursuivi aux Etats-Unis. La vérité judiciaire ne pouvait être qu’étatsunienne.
(3) Je ne parle même pas de l’inénarrable Club DSK qui croit encore à sa candidature à l’élection présidentielle de 2012 et qui le faisait savoir à La Rochelle ces derniers jours . Merci à ses dirigeants pour ces bons moments qui n’ont rien à envier à ceux que nous connaissons en écoutant Gerra ou Canteloup.
(4) C’est ainsi qu’on surnomme les jolies espionnes venues de l’est, de Brejnev hier, ou de Poutine aujourd’hui.
(5) Pas Jean-François Kahn ! John Fitzgerald Kennedy.
(6) Je sens que je vais encore me faire des copines sur ce coup-là.