Après avoir eu longtemps du mal à se comprendre, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel multiplient les gestes qui montrent que la France et l'Allemagne sont décidées à travailler ensemble.
Le meeting organisé hier soir à Berlin en vue des élections européennes était l'un de ces gestes. Le dîner en tête-à-tête qui a suivi, également.
Nicolas Sarkozy n'aime pas perdre son temps dans d'inutiles apparitions à l'étranger. S'il s'est prêté à cette réunion électorale à deux, qui sera suivie d'une autre, en France à la fin du mois, c'est parce qu'il a compris que rien en Europe ne pouvait se faire sans l'Allemagne.
La démarche est la même que celle de ses prédécesseurs. Depuis de Gaulle et Adenauer jusqu'à Chirac et Schröder, en passant par Giscard et Schmidt ou Mitterrand et Kohl, chacun des grands « couples » franco-allemands a connu des débuts difficiles avant de symboliser l'entente retrouvée et de porter la construction européenne.
En Allemagne, la personnalité de Nicolas Sarkozy intrigue. La manière dont il a mené la présidence française de l'Union européenne, au dernier semestre de l'an dernier, a séduit bien des hésitants.
Son volontarisme, sa détermination à obtenir des résultats sont des qualités appréciées outre-Rhin. Tous ceux qui trouvaient la chancelière un peu hésitante face à la crise y ont vu un aiguillon salvateur. Du coup, Nicolas Sarkozy est fondé à se faire l'avocat d'une Europe « qui agit » grâce à la coopération franco-allemande. Et Angela Merkel sort avantagée de son association avec le président de la République.
Il y a là l'ébauche d'une complicité qui fut celle de leurs prédécesseurs, même si la dimension personnelle manque un peu de chaleur, compte tenu des différences de tempérament entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.
Le tournant a été pris à la veille du G20 de Londres, au début avril. La conférence de presse commune donnée à l'ouverture du sommet a montré que Français et Allemands portaient ensemble, auprès de Barack Obama, la revendication européenne d'une plus grande régulation financière.
La relance franco-allemande a ouvert de nouvelles perspectives en matière de politique industrielle et économique. Sur l'Europe, les positions se rapprochent. Il en est ainsi notamment de l'élargissement, sujet sur lequel les Allemands en sont venus à une attitude plus stricte que la nôtre, faisant de la Croatie le dernier pays pouvant être admis dans l'Union dans les circonstances actuelles.
Certes, les décisions importantes devront attendre l'automne et la formation d'un nouveau gouvernement à Berlin, après le scrutin du 27 septembre.
Angela Merkel, que l'on espère voir renforcée par l'élection au Bundestag, et Nicolas Sarkozy devront, à ce moment-là, définir un projet politique commun pour faire avancer l'Europe au cours des cinq prochaines années. Alors pourra-t-on les juger à l'aune des grands couples franco-allemands du passé.
lundi 11 mai 2009
Un couple franco-allemand en devenir
Sarkozy et Merkel relancent le couple franco-allemand
La chancelière allemande avait invité dimanche le président français à un meeting de la CDU, à Berlin, pour marquer la bonne entente entre les deux pays.
Parfois soupçonné, outre-Rhin, de tiédeur à l'égard de l'Allemagne, Nicolas Sarkozy s'est livré à une offensive de charme à Berlin. Venu participer, dimanche, à un meeting commun avec Angela Merkel pour le scrutin européen du 7 juin, le président français a su trouver les mots pour témoigner de son amitié à la République fédérale, qui fête son soixantième anniversaire le 22 mai.
Devant les jeunes de la CDU, le parti chrétien-démocrate de la chancelière allemande, il a défendu sa vision d'une «Europe qui agit» en soulignant l'importance de l'axe Paris-Berlin pour faire avancer les choses.
À leur arrivée, pour le premier meeting commun de deux dirigeants dans une campagne européenne, Merkel et Sarkozy ont été longuement ovationnés. Pour le président français, l'amitié entre la France et l'Allemagne est «le trésor le plus précieux pour l'Europe et le monde entier». «La France vous aime, la France vous admire, la France est votre amie, a-t-il lancé aux jeunes conservateurs allemands, rassemblés sur la Potsdammer Platz. La France ne vous craint pas. Elle veut vous ressembler dans l'excellence.» Interrogé par le quotidien populaire Bild, Sarkozy avait expliqué, dimanche, les raisons de son attachement à l'Allemagne, donnant ainsi de lui une image plus chaleureuse.
Outre-Rhin, l'investissement dans la construction européenne a longtemps été considéré comme un moyen d'apaiser les craintes chez ses voisins de voir ressurgir une grande Allemagne à la puissance économique et politique écrasante. Le président français a balayé ces inquiétudes d'un revers. Rejetant l'idée d'une «Europe bureaucratique» ou «impuissante», Sarkozy a prononcé à Berlin un plaidoyer d'Européen convaincu, soutenant l'appel de Merkel à ratifier le traité simplifié de Lisbonne : «L'Europe doit avoir des frontières, sinon elle sera sans identité et sans valeurs.» Rappelant son engagement pour un partenariat privilégié avec la Turquie, sans adhésion à l'UE, Merkel avait lancé un avertissement : «Ceux qui refusent le traité de Lisbonne, qui permet de mieux travailler, qui permet d'admettre de nouveaux membres, et qui parlent en même temps d'élargissement, nous refusons de leur tendre la main.»
Le président français a poursuivi sur le thème des institutions. «Nous voulons avec Angela Merkel une Europe avec des institutions dignes de ce nom. L'Europe ne peut pas continuer à changer de président tous les six mois, à se mettre d'accord sur le minimum alors que le monde attend qu'elle se mette d'accord sur le maximum.»
«Admiration»
Le président a aussi souligné la qualité de sa relation avec Merkel, difficile dans les premiers mois qui ont suivi son arrivée à l'Élysée il y a deux ans, et a dit son «admiration» pour la chancelière. Parfois grippé, le couple franco-allemand joue de nouveau son rôle moteur au sein de l'UE. «Nous avons fait beaucoup face à la crise et face au réchauffement climatique, pour que l'Europe soit exemplaire et montre le chemin», s'est félicité Sarkozy.
De fait, si les positions de la France et de l'Allemagne sont souvent éloignées au départ, elles entraînent avec d'autant plus de pouvoir de conviction l'adhésion des autres pays européens à leurs projets lorsqu'elles s'entendent. Sarkozy a répété que Paris et Berlin continueront de se battre pour défendre les idéaux européens lors des prochaines réunions internationales. «Nous ne voulons pas d'un capitalisme au service des spéculateurs, mais au service d'une économie sociale et des entreprises», a-t-il lancé.
Les jeunes conservateurs allemands ont salué le «dynamisme» et «l'énergie» du président français, que les Allemands ont appris à apprécier durant la présidence française de l'UE. Dimanche, Sarkozy et Merkel ont prêché des convaincus. Mais il en faudra davantage pour mobiliser les électeurs, alors que les sondages prédisent un taux de participation stagnant autour de 40 % des deux côtés du Rhin.
Sarkozy et Merkel unis pour une même Europe
Les deux chefs d'Etat, réunis dimanche à Berlin pour un meeting en vue des élections européennes, ont combattu l'idée d'une «Europe sans frontières» et milité pour un renforcement des institutions.
A quatre semaines des élections, la chancelière allemande Angela Merkel et le président Nicolas Sarkozy se so
nt retrouvés dimanche à Berlin, pour faire cause commune au cours d'un meeting dédié aux Européennes. Les deux chefs d'Etat en ont profité pour s'unir et défendre leur vision commune de l'Europe, en dénonçant notamment l'idée d'un « élargissement indéfini».
«Cela n'a pas de sens s'il y a toujours plus de membres et que nous ne pouvons plus rien décider», a ainsi déclaré la chancelière». «Il est juste de dire aux gens, lors de cette campagne pour les élections européennes, que nous ne pouvons pas faire entrer tout le monde en Europe en tant que membre à part entière», a ajouté Angela Merkel. «Notre position commune est donc la suivante: un partenariat privilégié pour la Turquie, mais pas une adhésion pleine et entière».
Le président français, qui est un opposant de longue date à une adhésion d'Ankara, a lui aussi dénoncé l'idée d'un « élargissement indéfini » de l'UE, sans toutefois citer la Turquie. «Quand Angela Merkel dit : l'Europe doit avoir des frontières, elle a raison, parce qu'une Europe sans frontières sera une Europe sans volonté, sans identité, sans valeurs. Et, si l'Europe ne défend pas ses valeurs, qui le fera à la place de l'Europe ?», a lancé Nicolas Sarkozy aux jeunes du parti de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), organisateur du rassemblement.
L'amitié franco-allemande, un «trésor» pour l'UE
Nicolas Sarkozy s'est également exprimé sur la question des institutions européennes. «Nous voulons avec Angela Merkel une Europe qui ait des institutions dignes de ce nom», a-t-il souligné. «L'Europe ne peut pas continuer à changer tous les six mois de président. L'Europe ne peut pas continuer à se mettre d'accord uniquement sur le minimum alors que le monde entier attend le maximum de l'Europe», a-t-il déclaré, tout en appelant de ses voeux «une Europe qui n'impose pas au monde ses valeurs mais qui ait le courage de défendre ses valeurs à la table du grand concert mondial».
Le chef d'Etat français a par ailleurs affirmé que l'amitié entre la France et l'Allemagne était «le trésor le plus précieux pour l'Europe et le monde entier». «La responsabilité d'Angela Merkel et de moi-même est de porter l'amitié entre l'Allemagne et la France comme le trésor le plus précieux, pas simplement pour les Allemands, pas simplement pour les Français, mais pour toute l'Europe et pour le monde entier», a-t-il ainsi affirmé. Angela Merkel a pour sa part assuré que «sans l'Union européenne, il n'y a pas d'unité allemande», que «ce sont les deux faces d'une même médaille», et que «la France et l'Allemagne sont le moteur de l'Europe».
dimanche 10 mai 2009
Rubik's cube à la tête de l'Union européenne
A Bruxelles, les capitales doivent choisir : le prestige ou le pouvoir. Le prestige, dans une Europe qui peine à affirmer une politique étrangère commune, c'est de placer son champion à la tête de la diplomatie européenne, au poste de haut représentant pour la politique étrangère qu'occupe actuellement l'espagnol Javier Solana. Le pouvoir, c'est d'obtenir pour son commissaire le portefeuille du marché intérieur, jugé le plus stratégique en ces temps de nécessaire réglementation économique et financière : celui jadis occupé par le célèbre et controversé commissaire néerlandais Frits Bolkestein, l'inventeur de la directive du même nom dite "du plombier polonais".
Le ministre de l'agriculture, Michel Barnier, favori pour représenter la France à Bruxelles, choisirait bien le prestige. Mais en période de crise économique, Nicolas Sarkozy préfère le pouvoir. Seul problème, Angela Merkel, la chancelière allemande, brigue aussi pour son pays un des gros portefeuilles économiques (concurrence, marché intérieur, commerce). Elle a imaginé, lors du dernier conseil des ministres franco-allemand, de pousser la candidature de l'ancien ministre des affaires étrangères français pour succéder à M. Solana.
A Paris, on n'avait pas osé y penser. La diplomatie européenne n'est pas censée échoir à un grand pays et le quai d'Orsay a des réticences pour ce poste : il craint de voir la marge de manoeuvre du ministre français entravée par un haut représentant de la même nationalité, avec lequel il faudrait par nécessité être à l'unisson.
"SO FRENCH" MAIS PAS TROP
La priorité de Paris, c'est donc le marché intérieur. Soudain un doute surgit. Michel Barnier est-il le meilleur candidat pour un poste toujours refusé aux Français, accusés d'être d'horribles interventionnistes ? A Bruxelles, Bercy ou Matignon, on susurre le nom de la ministre des finances, Christine Lagarde, qui aurait, elle, toutes ses chances d'emporter le morceau : elle est femme, ministre des finances, ancienne patronne d'un cabinet d'avocat américain, parle parfaitement anglais et comprend la City. Bref, "so french", mais pas trop française.
A l'Elysée, on assure que Michel Barnier, qui a déjà passé un mandat à Bruxelles dans la Commission présidée par Romano Prodi (1999-2004) et est apprécié dans toute l'Europe, reste le seul candidat de la France. Les Allemands, eux, jouent la montre : ils devraient attendre leurs élections générales en septembre pour désigner leur candidat. Officiellement, le seul maître pour attribuer les portefeuilles est le président de la Commission, actuellement le Portugais José Manuel Barroso, seul candidat déclaré à sa succession. Les prénégociations vont bon train.
Les postes européens de responsabilité sont un grand marché qui nourrit toutes les spéculations : le président de la Commission, le haut représentant aux affaires étrangères et le président du Parlement. Le plus prestigieux, celui de président stable du Conseil européen, ne sera créé qu'en cas d'entrée en vigueur du traité de Lisbonne. Chacun fait comme s'il était déjà à pourvoir mais il n'a pas été trouvé de candidat à sa mesure. Nicolas Sarkozy avait émis le nom de Tony Blair, rejeté par Angela Merkel.
Si le traité de Lisbonne n'est toujours pas ratifié à la fin de l'année et que l'Europe continue à fonctionner sur la base du traité de Nice, il faudra réduire le nombre de commissaires. Tous les pays n'auront pas le leur. Et si ceux-ci étaient désignés par tirage au sort, comme l'assure un diplomate français, qui peut assurer que le Portugais sortirait du chapeau ? Cela donnerait un tour amusant au feuilleton apparemment déjà écrit de la présidence de la Commission.
Arnaud Leparmentier et Marion Van Renterghem
Quand Ségolène Royal tente de se mettre un journaliste dans la poche
Hier, invité de (l'excellent) "grand direct" sur Europe 1 animé par (l'excellent) maître Maubert pour causes de vacances de l'excellent JMM, un (excellent) journaliste de "Courrier International", Anthony Bellanger, a narré au micro une petite anecdote fort instructive.
Donc, Anthony Bellanger raconte. Quinze jours auparavant, à ce même micro d'Europe 1, il a pris la défense de Ségolène Roy
al qu'il estime injustement maltraitée par les dignes et respectables membres de l'UMP qui semblaient douter de sa santé mentale. Il se livre à cette plaidoirie de son plein gré, sans contrepartie attendue, bénévolement, librement, bref, en journaliste.
Quelques jours plus tard, notre journaliste est tout surpris de recevoir un petit mot de Ségolène Royal le remerciant de son intervention. Et lui de s'étonner. Pourquoi ce petit mot? Il n'a fait que du journalisme, pas du militantisme. Et de nous confesser qu'en tant que journaliste, il a fini par juger le procédé "malsain". Oui, "malsain".
Je ne sais si Bellanger est un journaliste politique d'origine. Je ne le pense pas, car son étonnement et son honnêteté à rapporter l'épisode ont quelque chose de touchant, et le fait d'avouer que cela lui a déplu, est tout aussi touchant.
De cette anecdote, il y un enseignement à tirer. Ségolène Royal a le même rapport aux journalistes que l'actuel chef de l'Etat. Pour eux, ils ne peuvent qu'être amis ou ennemis, et sont déclarés ennemis tous ceux qui ne se déclarent pas amis. Se dire que l'on peut se mettre définitivement un journaliste dans la poche avec un petit mot de compliment, c'est effectivement "malsain", voire humiliant. C'est un constat que je formule avec tristesse.
A vrai dire, bien des épisodes narrés par des confrères sur leurs épineuses relations avec Ségolène Royal m'avaient déjà guidé sur la voie de cette douloureuse conclusion. A titre d'exemple, les poursuites qu'annonce parfois Ségolène Royal à l'encontre de certains journaux sont souvent ridicules, notamment celle où elle entendait poursuivre Paris Match pour la publication d'une photo la montrant en train de prier dans une église. Je me souviens aussi d'une altercation avec (l'excellent) JP Lepers dans un bus, lors de la campagne présidentielle, où elle s'adressait à lui telle Alice Sapritch à ses enfants dans l'adaptation filmée de "Vipère au poing".
Ainsi la conclusion s'impose d'elle-même. En matière de liberté de la presse et des journalistes, comme Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal a un comportement "malsain". Pourvu que ça change...
samedi 9 mai 2009
TF 1 EN PERTE DE PUB
Les recettes de la publicité s'effondrent sur TF 1, pourquoi ?
Simplement parce que la politique de Paolini est mauvaise, il consacre des budgets faramineux pour faire la course avec canal+ sur le football.
Il destabilise le télespectateur.
Pauvre con !
vendredi 8 mai 2009
Hugh Laurie : « Je suis moins cynique que le Dr House »
Il est arrivé au sein de la rédaction du « Parisien » - « Aujourd’hui en France » avec un quart d’heure de retard. Mais on pardonne tout à Hugh Laurie ! Comment faire autrement quand le comédien vedette de « Dr House » s’excuse d’emblée auprès des six lecteurs venus le rencontrer ? La star d’origine britannique a rassemblé 9,3 millions de téléspectateurs en moyenne devant la saison 4 de la série diffusée sur TF 1, et gravite à la deuxième place des best-sellers avec son roman « Tout est sous contrôle » sorti en France en janvier.
De passage à Paris pour assurer la promotion de ce polar plein d’humour et de rebondissements, l’homme reste courtois, simple, à l’écoute. Bien loin de l’as du diagnostic boiteux, cynique et arrogant qu’il interprète depuis 2004.Quand il sort de sa berline noire avec chauffeur et vitres teintées, Hugh Laurie affiche la cinquantaine (qu’il fêtera en juin) décontractée. Pantalon chocolat et souliers en daim assortis, pull noir et casquette vissée sur le crâne, le comédien tend la main à chacun, plaisante, s’étonne du succès de son livre dans l’Hexagone.
Au cours de l’entretien de deux heures, il glisse même quelques mots d’un français qu’il semble maîtriser mieux qu’il ne le laisse croire : il répondra d’ailleurs à plusieurs questions sans attendre la traduction de l’interprète. Habile façon de mettre à l’aise un auditoire conquis par son humour et la précision de ses réponses. A l’écran, « Dr House » terrorise ses internes pour sauver ses patients. A la ville, Mister Laurie séduit sans ordonnance.
EMILIE THOMAS. Comment expliquez-vous le succès de « Dr House » ?
HUGH LAURIE. Cette série est très bien écrite. Depuis cinq ans, je n’ai jamais lu de script aussi bien fait qu’un épisode moyen de « Dr House ». L’humour, le jeu d’idées, la complexité, la philosophie de cette série sont fascinants. Le personnage plaît car on a tous le désir d’être libre de toute convention sociale. Tout le monde en rêve.
PATRICK CIROTTE. Pour vous, est-il un ange ou un démon ?
Ah ! (il réfléchit). Il n’est pas un ange, mais il est du côté des anges, il travaille pour eux. Ce n’est pas non plus un démon. Malgré tous ses défauts, j’ai beaucoup de respect et d’affection pour lui.
PATRICK CIROTTE. Donne-t-il l’espoir aux malades ou le désespoir ?
Dans son esprit, l’espoir est au deuxième plan. Seuls comptent la survie et le résultat. Pourtant, la perspective de guérison favorise le rétablissement des patients.
ANNICK PAQUET. Il manque de compassion et d’humanité, est-ce là l’image d’un bon médecin ?
Ce n’est pas un médecin idéal, mais je ne suis pas d’accord sur le fait qu’il manque de compassion et d’humanité. Il n’éprouve pas le besoin de le manifester, c’est différent. Il ne recherche pas l’approbation des autres car il a suffisamment confiance en son intellect.
ANNICK PAQUET. Auriez-vous aimé être médecin ?
J’aurais adoré ! Mon père était médecin, il m’emmenait à l’hôpital de Londres en 1977. J’ai alors failli changer d’études pour devenir docteur. Quand j’y pense aujourd’hui, depuis le temps que je joue le Dr House, j’aurais eu le nombre d’années nécessaire pour valider un diplôme de médecine… A l’époque, j’étais trop paresseux.
ALEXANDRE POIDEVIN. Que pensez-vous du fait d’incarner à l’écran un médecin dépendant des médicaments ?
Sa douleur est vraiment là, il a besoin de médicaments. Pour exercer pleinement ses compétences, pourrait-il s’en passer et continuer de souffrir ?
ANNICK PAQUET. Comment vous êtes-vous familiarisé avec l’univers médical ?
Avant de démarrer le tournage, je voulais passer du temps dans un hôpital américain car les procédures y sont très différentes des hôpitaux anglais ou français, mais je n’ai pas pu. Il y a sur le plateau des docteurs à qui je peux demander des précisions : Quand je dis ça, ça veut dire quoi ? Je dois comprendre tout au moment où je le joue. En dix à vingt minutes, j’ai appris comment fonctionnait le système vasculaire. Mais j’ai tout oublié vingt minutes après.
EMILIE THOMAS. Qu’avez-vous apporté de vous au personnage ?
Je ne sais pas vraiment… Le créateur, David Shore, s’est inspiré de Sherlock Holmes qui était violoniste, et je joue moi-même de la musique (NDLR : le piano, la guitare et le saxophone). Elle permet de montrer le côté logique, mathématique, de House, mais aussi l’improvisation et la capacité de surprendre.
JEAN BONNEFOY. Vous avez apporté un autre accessoire, les baskets que vous collectionnez…
A l’hôpital, c’est une habitude de porter des chaussures de sport, car on est tout le temps debout.
Mais j’ai trouvé très poignant pour ce personnage, qui ne peut pas courir ni jouer au basket, de porter ce genre de chaussures. C’est sa façon de montrer qu’il veut être libre.
MARTINE STEYN. Vous êtes britannique, mais vous jouez le rôle d’un Américain. Qu’avez-vous dû changer dans votre langage ou votre comportement ?
Le personnage du Dr House a toujours été considéré comme américain. J’ai tenté de le jouer avec mon accent anglais : ça a duré dix secondes, on m’a dit que ça ne marchait pas. Il y a suffisamment d’obstacles qui séparent le Dr House de son public, il est seul, sarcastique, amer, etc. C’est un alien. On n’a pas besoin d’ajouter des éléments d’une culture différente. Pour moi, prendre l’accent américain est la chose la plus difficile. De même que boiter.
PATRICK CIROTTE. Que pouvez-vous nous dire de la saison 5 alors que la 4 vient de s’achever en France ?
Nous venons de terminer le tournage. La saison 5 aura une fin formidable. Au départ, tous les personnages s’interrogent sur les conséquences de la mort d’Amber (NDLR : petite amie du cancérologue proche du Dr House) et les responsabilités des uns et des autres.
ALEXANDRE POIDEVIN. Peut-on s’attendre à ce que le rapprochement entre Gregory House et sa directrice, Lisa Cuddy, se poursuive ?
Oui, vous pouvez vous y attendre… Mais je ne peux pas donner de détail. C’est un élément qui se développe au cours des épisodes, pas forcément ce à quoi on s’attend. Il y a un gros bouleversement.
MARTINE STEYN. Etes-vous déçu que l’acteur Kal Penn, qui jouait l’un des internes de House (Lawrence Kutner), ait quitté la série pour rejoindre l’équipe de Barack Obama ?
Je ne peux pas être déçu qu’il souhaite travailler pour son gouvernement. J’admire le courage qu’il lui a fallu pour prendre une décision aussi audacieuse. Moi, je ne suis pas attiré par la politique. Je n’aime déjà pas trop l’aspect public du métier de comédien. Pour un homme politique, c’est pire. Pour les sportifs aussi : je n’aimerais pas du tout être David Beckham par exemple.
JEAN BONNEFOY. Combien de temps encore souhaitez-vous incarner le Dr House ? Accepteriez-vous une adaptation au cinéma ?
Nous avons fait une centaine d’épisodes et nous continuerons tant que l’audience est là. Le cinéma ? Il faudrait que cela soit très différent de la série. En passant du petit au grand écran, « Star Trek » a pu ouvrir des portes, notamment sur le plan visuel. Mais pour « Dr House », je ne vois pas ce que cela pourrait apporter. Je reste cependant ouvert à cette idée.
MARTINE STEYN. Vous ne trouvez pas que le héros de votre roman « Tout est sous contrôle », Thomas Lang, ressemble au Dr House , alors que vous avez écrit votre livre huit ans avant la série ?
Pour moi, ces deux personnages sont très différents. Thomas Lang est un homme optimiste, peut-être un peu fatigué, cynique, mais c’est un homme heureux. A l’inverse, Dr House est très malheureux, torturé, amer. En revanche, ils partagent le même humour et la même qualité d’écoute.
EMILIE THOMAS. Qu’est-ce qui vous attire dans ce genre de personnages, ironiques et cyniques ?
Vous ressemblent-ils ?
Je dois leur ressembler… Ces deux hommes sont à mi-chemin de leur vie. Quand on atteint la cinquantaine un certain cynisme est inévitable. Je ne pense pas être cynique, en tout cas pas autant que le Dr House. Mais je partage l’humour de ces deux personnages. Thomas Lang est la plus proche expression de ce que je suis.
JEAN BONNEFOY. Vous avez écrit ce livre en 1996, pourquoi n’est-il sorti en France qu’en janvier 2009 ?
(En français.) Je ne sais pas ! Il y a sans doute un rapport avec la notoriété du Dr House. Je suis devenu plus connu, le livre aussi. L’édition bouge beaucoup moins vite que la télévision. C’est incroyable d’avoir attendu aussi longtemps, mais c’est un beau cadeau de Noël.
MARTINE STEYN. Qu’est-ce qui vous a poussé vers l’écriture ?
J’avais commencé à écrire un journal intime, mais, très vite, j’ai été ennuyé par la routine de ma propre existence. A tel point que je n’avais pas envie de le lire moi-même ! Je me suis mis à inventer des explosions, des poursuites en voitures, des belles femmes. Ça a commencé comme un jeu pour moi. J’écrivais sans plan particulier, quelques pages chaque jour, que je montrais à mon épouse. C’est un travail solitaire. J’ai failli devenir fou. Mais c’est excitant de voir le monde réel disparaître pour laisser place à son imagination.
JEAN BONNEFOY. Vous êtes en train d’écrire un deuxième roman. Sera-t-il dans le même registre ?
Ce genre de livre, soit vous en faites un, soit vous en faites six. J’ai décidé d’en faire six. Le deuxième étant difficile à finir, je vais peut-être directement passer au troisième ! Mais oui, je vais continuer ce genre que j’aime, parce que j’ai toujours aimé les polars à la Agatha Christie, Raymond Chandler et… (il cherche un nom français) Georges Simenon !
ANNICK PAQUET. Votre polar va être adapté au cinéma, participerez-vous à l’aventure ?
En fait, c’est moi qui ai écrit l’adaptation pour les studios United Artists. Mais ils ont déposé le bilan… peut-être à cause de mon script ! Ils ont été repris par la MGM, elle-même rachetée par Sony. Mon petit film est devenu une toute petite chose dans un énorme groupe. J’espère maintenant que la situation est plus claire et que je pourrait contribuer en tant qu’acteur, auteur ou réalisateur.
MARTINE STEYN. Vous habitez aux Etats-Unis et votre famille en Angleterre, comment vivez-vous cet éloignement ?
Dans les avions. On fait beaucoup d’allers-retours entre l’Angleterre et les Etats-Unis. Les enfants font leurs études en Angleterre. Si tout s’était passé il y a dix ans, j’aurais pu les emmener avec moi aux Etats-Unis. Aujourd’hui, ils sont grands, ils ont leur vie en Angleterre.
ALEXANDRE POIDEVIN. Comment gérez-vous votre notoriété ?
Pas bien. Lorsque je suis allé en Espagne, où la série est très populaire, j’ai dû être accompagné d’un garde du corps. Je suis mal à l’aise avec cette idée. Maintenant qu’on a des caméras numériques un peu partout, une invention du diable, toute notion de vie privée a disparu. Cela me rappelle l’ère du KGB : chacun peut s’espionner, prendre des photos des autres, savoir quelle musique vous écoutez, quel film vous aimez. C’est incroyable. Je ne peux pas croire qu’il n’y aura pas de sérieuses conséquences de tout ça.
JEAN BONNEFOY. Vous avez dit que vous étiez trop paresseux pour faire des études de médecine, mais vous avez fait de longues études d’anthropologie et d’archéologie. Regrettez-vous d’avoir changé d’orientation ?
Mais comment savez-vous tout ça ?… Je suis allé à l’université davantage pour l’aviron que pour les études. Mon père a gagné une médaille d’or aux Jeux olympiques. Je voulais être comme lui. Je me suis concentré sur l’aviron. Si j’avais poursuivi mes études, je serais peut-être maintenant en Nouvelle-Guinée avec un chapeau et un fouet…
ANNICK PAQUET. Vous êtes musicien, acteur, écrivain, laquelle de ces activités préférez-vous ?
Je préfère toujours celle que je ne fais pas ! Quand je joue, je rêve d’écrire et de porter mes propres vêtements. Mais lorsque j’écris, cette activité est tellement solitaire que je rêve d’être avec d’autres et de jouer. C’est difficile à expliquer. La musique serait mon idéal. J’aimerais finir au sein d’un trio de jazz
jeudi 30 avril 2009
FOLIE DOUCE
Ségolène Royal, invitée de RTL (23/04/09)
L'ex-candidate du PS à la présidentielle attendrait même une lettre de José Luis Zapatero en réponse à sa lettre d'excuses.
mercredi 29 avril 2009
INTERNEMENT PSYCHIATRIQUE EN VUE
mardi 28 avril 2009
lundi 27 avril 2009
dimanche 26 avril 2009
Il n'y a "aucun problème" avec Sarkozy, assure Zapatero
A la veille d'une visite de Nicolas Sarkozy en Espagne, Jose Luis Zapatero a accordé un entretien au Monde daté du 25 avril. Le chef d'Etat assure que Nicolas Sarkozy "a toujours été généreux (dans leur) relation, et élogieux".
Le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, déclare ne pas se sentir offensé par la polémique liée aux propos peu amènes le concernant prêtés à Nicolas Sarkozy.
Dans un entretien au Monde daté du 25 avril, le président socialiste du gouvernement espagnol affirme qu'il n'y a "aucun problème" avec le président français, qui effectue une visite d'Etat en Espagne lundi et mardi prochains.
"J'ai une très bonne relation avec Nicolas Sarkozy et je sais que tous les commentaires qu'il a pu faire sur moi étaient positifs", dit-il.
"Je crois que cette affaire a créé une certaine polémique, mais je connais bien Nicolas Sarkozy. Il a toujours été généreux dans la relation, et élogieux", ajoute-t-il. "Il n'y a donc aucun problème. Cela n'appelle aucune explication avec moi".
Selon Libération, le chef de l'Etat français aurait dit mercredi dernier à des parlementaires français que le président du gouvernement espagnol n'était "peut-être pas très intelligent", des propos démentis par l'Elysée et nuancés par les participants à la réunion.
L'affaire a suscité l'émoi en Espagne et en France, où l'ancienne rival de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle de 2007, Ségolène Royal, a écrit à José Luis Rodriguez Zapatero pour lui demander pardon.
Dans le Monde, ce dernier déclare avoir reçu cette lettre, sans plus de commentaire.
Interrogé sur le style "parfois peu diplomatique" de Nicolas Sarkozy, notamment durant la présidence française de l'Union européenne, au second semestre 2008, le chef du gouvernement espagnol répond : "Je dois préciser que M. Sarkozy a toujours été très diplomate avec moi".
"Comme président de l'Union, il a été très actif et dynamique. Ce qui, pour une organisation comme l'UE dont les processus de prise de décision sont lents, a été positif", ajoute le chef du gouvernement espagnol.
L'Espagne présidera l'UE pour six mois à partir du 1er janvier 2010.
vendredi 24 avril 2009
Royal est abandonnée par ses alliés d'hier
FASTOCHE !!!
Des anonymes qui menacent, la voix est donnée : aux cafards de s'exprimer.
Message à Frédéric Lefebvre
jeudi 23 avril 2009
Confessions d'un banquier pourri: la crise financière vécue de l'intérieur
C'est l'incroyable récit d'un ex-dirigeant de banque qui préfère rester anonyme et qui signe "Crésus" ce livre sur l'histoire secrète du krach de septembre 2008, sur la faillite de Lehman Brothers. On y découvre les dessous du secret bancaire suisse et surtout les « pratiques mafieuses » des banquiers. Extraits.
A tous ceux qui font encore confiance à leur banque... Tel est l'incipit de « Confessions d'un banquier pourri », publié sous le pseudonyme de Crésus, aux Editions Fayard (sortie en librairie le 15 avril, 17,90 euros). Rempli de confessions choc, il offre un récit hallucinant des milieux de la haute finance et de la crise financière de septembre 2008. A tel point qu'il pose la question de sa crédibilité. Philippe Cohen, rédacteur en chef du site Marianne2.fr - le magazine a publié en exclusivité des extraits du livre dans son numéro du samedi 11 avril - précise qu'il a pris la précaution de soumettre ce témoignage à un banquier qui l'a jugé tout à fait crédible. Nous avons été autorisés à en proposer également quelques morceaux choisis.
Le petit jeu va maintenant être de savoir qui est Crésus ? L'auteur donne quelques indices : « Vous ne me connaissez pas. J'ai grandi dans l'ombre, au coeur du sérail de l'argent, écrit-il dans le prologue de son livre. Je suis un parasite de la haute finance, l'un des membres du directoire d'une des plus grandes banques de France. A peine surpayé, j'ai ramassé quelques dizaines de millions d'euros en une quinzaine d'années. Une paille, comparée aux salaires et aux primes des traders que je dirige. Ou plutôt que je dirigeais. Voilà cinq mois, j'ai été écarté des affaires par un président soudain très à cheval sur les règles et le contrôle des risques. » Une idée ?
Les subprimes : comment les banquiers ont réalisé le « casse du siècle »
« Eh bien, quand on m'interroge, je compare les banquiers à des bouchers pas très consciencieux. En fait nous avons fait disparaître les crédits à hauts risques dont nous voulions nous débarrasser en les mélangeant avec des créances de bonne qualité. La fabrication de ce cervelas d'un genre nouveau s'appelle la titrisation. Ensuite, on débite les nouveaux titres en tranches, qu'on vend en engrangeant au passage de belles commissions. [...] Quand les morceaux de viande avariée - en l'occurrence les subprimes - pourrissent et devienne toxiques, ça contamine toute la saucisse, et les acheteurs tombent malades. »
« Le processus était assez simple : au départ, on balançait aux structures des impayés ou des crédits à risques. Ensuite les types qui vendaient notre camelote noyaient ces produits incasables dans toutes sortes de liquidités avec deux objectifs : d'abord faire passer le risque de la Banque vers la Bourse, comme on se débarrasserait d'un mistigri encombrant, et, deuxième objectif, nettoyer nos bilans, puisque les créances invendables disparaissaient du passif pour réapparaître miraculeusement dans la colonne des actifs. »
« Pour sauver notre résultat, ne restait finalement que notre métier de base : nos clients les plus modestes, tous ces braves gens qui tiraient le diable par la queue. C'était eux qu'on assommait. Les marges sur nos encours de crédit allaient d'ailleurs progresser de 20 à 21% cette année. Que ce fussent les crédits à la consommation, les prêts-relais ou les découverts, toutes ces niches étaient incroyablement rentables, malgré ce qu'en disait notre discours officiel. Les crédits immobiliers se révélaient, eux aussi, très satisfaisants, avec une marge de l'ordre de 16%. Toutes nos divisions allaient perdre de l'argent, exceptée la banque de détail, justement. En ce domaine, nous avions encore quelques idées pour améliorer encore l'ordinaire. En multipliant les propositions à la clientèle, on avait réussi à faire exploser les frais bancaires : virements, chèques de banque, retraits, ouvertures de comptes, remises de cartes de crédits, consultations de comptes sur le net, tout justifiait un prélèvement d'apparence anodine. L'ensemble représentait à la fin plus de la moitié de notre bénéfice annuel!
Où étaient les sanctions ? Devions-nous rendre des comptes ? Et à qui d'ailleurs ? A nos conseils d'administration ? Plaisanterie ! A l'Etat ? Une mascarade ! Les « camarades » de l'inspection des Finances ne nous gênaient pas, c'est le moins qu'on puisse dire. Aux médias ? Ils ne posaient pas beaucoup de questions et prenaient nos communiqués les plus effrontés pour argent comptant. Les banquiers du monde entier étaient en train de réaliser en toute impunité le casse du siècle. [...] de Paris à New York, une bande avait accumulé des fortunes invraisemblables. »
Les dessous de la faillite de Lehman Brothers :
Le livre évoque une prostituée de luxe qui a recueilli les confidences d'un important actionnaire saoudien à qui Henry Paulson avait annoncé qu'il allait lâcher la banque Lehman Brothers. Autrement dit, elle accuse l'ex ministre américain au Trésor de délit d'initié.
Banquier pourri
En ce moment les banquiers se sentent parfois victimes, c'est ce qui ressort de certaines de leur interventions, ou de celles de leur défenseurs grand adepte du laisser faire et de la subvention des pertes par l'argent public. Un ouvrage qui sort en ce moment va sans doute corriger dans le bon sens l'image de cette profession.
L'expansion
propose les meilleurs pages d'un ouvrage signé par Crésus, un banquier anonyme et intitulé "Confessions d'un banquier pourri". En voici un extrait choisi par mes soins. Vous comprendrez aisément qu'il m'interpelle.
« Pour sauver notre résultat, ne restait finalement que notre métier de base : nos clients les plus modestes, tous ces braves gens qui tiraient le diable par la queue. C'était eux qu'on assommait. Les marges sur nos encours de crédit allaient d'ailleurs progresser de 20 à 21% cette année. Que ce fussent les crédits à la consommation, les prêts-relais ou les découverts, toutes ces niches étaient incroyablement rentables, malgré ce qu'en disait notre discours officiel. Les crédits immobiliers se révélaient, eux aussi, très satisfaisants, avec une marge de l'ordre de 16%. Toutes nos divisions allaient perdre de l'argent, exceptée la banque de détail, justement. En ce domaine, nous avions encore quelques idées pour améliorer encore l'ordinaire. En multipliant les propositions à la clientèle, on avait réussi à faire exploser les frais bancaires : virements, chèques de banque, retraits, ouvertures de comptes, remises de cartes de crédits, consultations de comptes sur le net, tout justifiait un prélèvement d'apparence anodine. L'ensemble représentait à la fin plus de la moitié de notre bénéfice annuel!
J'aimerai bien connaitre le nom de cette banque, par ce que la dernière phrase m'interpelle. Pas vous ? Rue89.com se pose le problème suivant: Comment déterminer le nom de Crésus en déduction de certains faits relatés dans l'ouvrage. Une courte liste ressort de leurs investigations. Les banques concernées sont d'après le site en ligne: la Société Générale, BNP-Paribas ou le groupe Crédit Agricole.
Je précise aussi à mes lecteurs, que dans ce billet "banquier" caractérise le cadre de haut niveau surpayé et pas du tout le ou la guichetière qui n'a plus trop de responsabilités et est soumis à la pression de financiers. Ceux là disposent désormais d'outils comme les blogs pour raconter ce qui se produit. Il leur est très facile de rester anonyme ou d'envoyer leur témoignages à certaines associations comme l'UFC et l'AFUB. Cette dernière en a publié certains sur son blog.
Exemple choisi :
"Pour information, je travaille en banque et depuis un certain temps maintenant, j'essaie, à mon niveau, de combattre le système de l'intérieur. Le PNB (seules lettres qu'on en bouche les cadres de direction) ayant priorité sur toute autre approche, les banques pratiquent une tarification de plus en plus excessive et notamment auprès de leur clientèle la plus vulnérable qui n'ose pas se défendre ("tarification punitive"). Vous comprendrez aisément la situation délicate dans laquelle, en tant que salarié, je me trouve sans pour autant accepter tout et n'importe quoi."
On appréciera le lien avec Cresus qui explique que tout est fait dans la banque de détail pour maximiser les profits. On est alors en droit de se poser une question simple. Est ce que les multiples frais bancaires ne seraient pas la source de financement de certaines horreurs bancaires dont la défaillance fait actuellement l'actualité?

















