TOUT EST DIT

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mercredi 10 septembre 2014

Chercher l'erreur

Hamonistes, aubrystes, ex-strauss-kahniens ou autres: "Ce mouvement est hétéroclite, c'est ce qui a fait le charme et la nouveauté de cette aventure", ajoute Arnaud Leroy. Mais "il va désormais falloir sortir un corpus idéologique, pragmatique, réformiste assumé"... dans l'optique du Congrès du PS à venir courant 2015. Et c'est là qu'il pourrait y avoir du tirage entre les frondeurs. Car pour faire valoir leurs idées, il faudra sans doute les résumer dans une motion concurrente de celle soutenue par l'exécutif. Et cette motion devra avoir un premier signataire. Un chef. De fait. 
Et si c'était Martine Aubry? La maire de Lille envoie des signaux à distance depuis quelque temps, invite Manuel Valls à "ne pas se crisper" et promet de faire des propositions "pour la croissance" d'ici la fin du mois. Parmi les frondeurs, les aubrystes comme Jean-Marc Germain lui ont préparé le terrain à La Rochelle, en la dépeignant comme "une conscience de gauche, populaire, qui peut éclairer le pays sur la direction à prendre". Mais non, mais non, les frondeurs ne veulent pas de chef. Enfin pas tous. 
  • Ne pas trouver d'écho sur le terrain


Les frondeurs en sont persuadés: la chute de François Hollande et de Manuel Valls dans les sondages, y compris parmi les sympathisants socialistes, est liée à la politique menée qui serait rejetée par la base militante et le socle électoral de 2012. Cette chute serait donc une marque de soutien en faveur de la fronde au PS, à laquelle ils espèrent faire passer une vitesse supplémentaire en lançant le mouvement "Vive la Gauche" dans les fédérations.  
 Or d'autres sondages montrent, au contraire, que les sympathisants socialistes sont déboussolés. Certes, ils soutiennent de moins en moins l'exécutif... mais dans le même temps, une grosse minorité (41%) pense que l'action du gouvernement en matière d'aide aux entreprises ne suffit pas. Et se dit favorable à un assouplissement des 35h à 60%! Soit l'inverse exact du positionnement des frondeurs.  
"Je vois bien qu'une partie des militants soutient la politique menée", réplique Laurent Baumel. "Mais nous, ce qui nous intéresse davantage va au-delà: c'est le divorce entre nous et les couches populaires qui ne sont pas sympathisants PS mais qui, traditionnellement, votent à gauche." Une base en plein doute, qui découvre "tous les jours un symbole inquiétant pour les gens de gauche", estime Barbara Romagnan, citant les 35h ou la sortie du ministre du Travail sur le contrôle des chômeurs...  
  • S'essouffler au PS en attendant le Congrès
Le Congrès du PS n'est, à l'heure actuelle, qu'un projet au contours flous. Si un consensus commence à se dessiner sur le fait qu'il faudra "passer entre les gouttes" des élections prévues en 2015, cela ne fait pas beaucoup avancer la question: les élections départementales et régionales initialement prévues en mars devaient être repoussées à décembre, soit après la réforme territoriale, mais le gouvernement pourrait être contraint à les organiser avant l'été 2015. Tant que ce calendrier n'est pas arrêté, difficile de caler le Congrès.  
En attendant, les socialistes ne sont déjà pas d'accord sur le contenu de ce Congrès. Jean-Christophe Cambadélis veut qu'il soit consacré aux questions institutionnelles, pour venir couronner les états généraux qui ont lieu d'ici fin 2014 afin de redéfinir la "carte d'identité" du PS. Mais de nombreux socialistes, pas seulement les frondeurs, réclament un Congrès élargi aux questions économiques, afin de trancher le débat qui mine le PSactuellement. Bref, les socialistes vont débattre de ce sur quoi ils vont pouvoir débattre... et les frondeurs, unis ou divisés, ont tout le temps de s'essouffler d'ici là.