TOUT EST DIT

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lundi 3 mars 2014

Arrête tes chars, Vladimir

Arrête tes chars, Vladimir


Qui osera dire à Poutine : « Arrête tes chars, Vladimir » ? Qui s'autorisera cette effronterie à l'égard du maître du Kremlin au moment où il fait monter la tension à l'est de l'Ukraine et menace de mettre l'Occident à sa botte ? Personne, sans doute, parce qu'à la diplomatie passéiste du rapport de force de Poutine, les Occidentaux n'opposent que la diplomatie du verbe haut et de l'action timorée. Pourrait-il en être autrement, d'ailleurs, quand les dirigeants des grandes démocraties s'honorent de scrupules vis-à-vis de leurs opinions dont ne s'embarrassent guère les autocrates.
Ainsi donc Poutine joue-t-il dans un bluff provocateur la carte de l'escalade, pas seulement verbale, quand ses interlocuteurs répugnent à entrer dans une surenchère dont ils ne savent où elle pourrait s'arrêter. Il y a gros à parier que Moscou ne veut pas davantage d'une guerre mais on l'en sait simplement capable depuis l'exemple géorgien en 2008. D'où cette multitude d'avertissements sans frais des Européens, des États-Unis, de l'Otan, menaçant la Russie d'un puéril boycott du prochain G8 de Sotchi et d'une mise au ban des grandes puissances.
L'ennui est que les Européens et les États-Unis payent leur trop grande mansuétude à l'égard de la Russie. L'Union européenne, accaparée par la crise économique, n'a que trop tardé à ébaucher une politique étrangère commune. La question ukrainienne, impréparée, en a été la cruelle illustration. Quant à Barack Obama, il a péché par naïveté en ménageant Poutine dont il avait besoin sur les dossiers iranien et syrien.
Dans ces conditions, que va-t-il advenir de l'Ukraine et de la Crimée ? Certes, les Ukrainiens ne doivent pas être dépossédés de la victoire de la rue, mais ils ne doivent pas non plus en abuser en cédant au vertige révolutionnaire. Les barricades de la place Maïdan ne sauraient faire fi des intérêts stratégiques de la Russie et des impératifs de la géopolitique. La solution passe forcément par une médiation donnant une autonomie accrue à la Crimée et préservant les équilibres Est-Ouest. Alors, Vladimir, arrête tes chars, on t'a reconnu !

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