TOUT EST DIT

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jeudi 24 octobre 2013

François Hollande peut-il encore présider la République quand il lui fait honte ?


La honte se caractérise par le fait de s'être déconsidéré sur des questions de principe. Cette semaine, François Hollande a exposé la présidence de la République à cette expérience peu banale.

1 - Rétablissement spectaculaire : François Hollande fait consensus !

Il y a deux manières de faire consensus, sachant que cette concorde patriotique doit être l'objectif de tout président de la République, l'alpha et l'oméga pour ce père de la patrie que les institutions gaulliennes ont donné à la France.
La première façon d'atteindre l'unité nationale est positive. L'exemple du courage, du dévouement, non dénués d'habileté ou même de rouerie s'il le faut, s'impose aux concitoyens. Une grande majorité de Français reconnaît alors, même si beaucoup n'aiment pas forcément leur chef, que le président a la carrure pour "faire le job", comme on dit désormais.
La seconde façon est nettement moins probante et glorieuse. C'est le consensus dans le dissensus. L'idée communément admise que non, décidément non, l'individu que le hasard plus que la nécessité a placé à l'Elysée n'est pas à même de faire face à ses responsabilités.
Cette semaine, c'est une romanichelle post-pubère de 15 ans qui aura apporté la démonstration ultime et définitive de l'incapacité radicale de François Hollande à assumer dignement sa charge. La famille de profiteurs cyniques dont elle est issue méritait 100 fois la reconduite à la frontière et pas une larme ni une commisération ne doit les accompagner jusqu'au Kosovo. Son départ n'a rien d'une rafle, comme osent le dire des gens qui mélangent tout, mais n’est que la pure et simple application du droit.
Voir Mou-Président, qui n'a jamais si bien mérité ce surnom, s'asseoir tout à la fois sur des décisions de justice, jouer au fier-à-bras, capituler à moitié et offrir comme solution un démembrement familial marque du sceau du surréalisme la parole de l'Etat.
Entendre dans la foulée cette gamine le recadrer en direct, humiliant la France à travers lui, a quelque chose de stupéfiant. La preuve éclatante que les recettes pour enfumer les socialistes rue de Solférino sont inaptes à régler les grands problèmes auxquels la France est confrontée vient d'être administrée par cette adolescente. S'il faut trouver une raison valable pour lui accorder un titre de séjour, ce serait plutôt celle-là !
La bonne solution serait naturellement que François Hollande, après ce camouflet, reconnaissant enfin son incapacité, démissionne et reprenne à Harlem Désir les clés du siège du Parti socialiste, endroit où il avait manifestement atteint son seuil d'incompétence.
Harlem Désir retournera, quant à lui, tendre la sébile de Sos Racisme auprès de toutes les mairies et régions de "gauche", exercice correspondant à ses propres capacités. Nous vivrons alors dans le meilleur des mondes possibles.
Mais, hélas, le monde réel est bien loin du monde idéal. La preuve : François Hollande est encore président de la République française.
Ce dirigeant singulier a réussi l'exploit de mettre quasiment tout le monde d'accord. De Mélenchon à Le Pen, plus personne ne pense qu'il est à même de gouverner. Il fait honte jusqu'à Arnaud Desplechin, cinéaste de la boboïtude pontifiante. Il exaspère les Verts, les Rouges, les Bleus, les Oranges et la plupart des Roses désormais. Est-ce une forme d'hommage au drapeau arc-en-ciel qui s'agita lors de la seule réforme emblématique qu'il soit parvenu à faire voter, à savoir le mariage homosexuel ? Décidément, François Hollande nous en fait voir de toutes les couleurs.
A l'étranger aussi, sa parole est dévaluée. Merkel et Draghi peuvent le débrancher à tout moment, incapable qu'il est de faire reculer les déficits publics. Obama sourit en l'entendant protester contre l'espionnage industriel dont les Français furent les victimes ces dernières années. Même à Bamako, on n'y croit plus ...
En politique, on peut survivre à beaucoup de choses, presque à tout. Le ridicule ne tue pas et, du reste, ne pas le craindre est peut-être le signe de la plus grande des déterminations.Mais la honte, c'est autre chose. Elle se caractérise par le fait de s'être déconsidéré sur des questions de principe. Cette semaine, François Hollande a exposé la présidence de la République à cette expérience peu banale. Il est désormais atteint d'un mal pour ainsi dire inguérissable.

2 - Dernières nouvelles de la pause fiscale

L'assurance-vie, placement préféré des Français disait-on autrefois, est désormais la cible fiscale favorite de Bercy. La voilà donc prochainement ponctionnée de taux de cotisations sociales alourdies, sans doute en vertu du principe que la pause ne signifie pas l'immobilité.
A y réfléchir, cette affaire d'assurance-vie pourrait un jour devenir le tombeau de la cinquième République.
Quand les cohortes d'épargnants se rendront compte que, soit du fait du retour de l'inflation pour cause d'éclatement de l'euro, soit du fait d'une fiscalité confiscatoire, ils sont spoliés de leurs économies, le réveil des écureuils sera brutal. Gare à vos noisettes !

3 - Singapour le meilleur

L'Insead, installé depuis la fin des années 1950 à Fontainebleau, annonce que son doyen sera désormais en poste à Singapour. « Le professeur Ilhan Milhov sera le premier doyen de l’Insead basé en Asie », a annoncé la prestigieuse université de management. S'ensuit un passage de pommade encore plus inquiétant : «L’école conservera une forte présence en Europe grâce à la nomination d’un doyen adjoint et une équipe académique et administrative complètement basée sur le campus Europe en France, berceau de l’école indépendante née il y a 53 ans».
Bref, même dans les rares cas de réussite éducative française de ces dernières décennies, notre pays a vocation désormais à jouer les succursales et les adjoints.Singapour le pire.

4 - Que serait la France sans la Bretagne ?

L'union de la France à la Bretagne, réalisée en 1532, résistera-t-elle au hollandisme, un phénomène politique dont le potentiel destructeur est décidément sous-estimé ?
Avec un euro et des règles communautaires qui forment comme un garrot autour de l'économie bretonne, concurrencée par des industries agro-alimentaires allemandes qui emploient de la main d’œuvre est-européenne à bas salaire, cette belle province est en train de s'effondrer sur elle-même. Des voix commencent à s'élever, sur place, pour dire que, décidément, l'appartenance à la France n'est pas un cadeau.
Faisons un petit calcul, vilainement et étroitement politique. Sans les voix bretonnes, l'écart entre Hollande et Sarkozy, en 2012, aurait été inférieur à un million de suffrages, la victoire socialiste encore plus étriquée.
Est-ce une forme d'ingratitude perverse ? En tout cas, perdre la Bretagne, pour le parti socialiste, marquerait l'impossibilité de conserver la France.
A lire du même auteur :  "L'enfumeur", de Serge Federbusch, (Ixelles éditions), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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