TOUT EST DIT

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dimanche 18 novembre 2012

Radioscopie de l’UMP

Au fond, c’est mystérieux, un parti politique! Quel est son socle psychologique? Qu’est-ce qui fait vibrer ces hommes et ces femmes qui, à rebours du scepticisme ambiant, croient encore assez à la force des idées pour payer une cotisation et s’imaginer que leur engagement va infléchir, sinon le cours de l’histoire, du moins l’issue d’un scrutin?
On a tellement pris l’habitude de mélanger électeurs et militants qu’il est intéressant d’avoir une radioscopie en grandeur réelle. Cela peut conduire à des surprises. Souvenons-nous des Verts avant l’élection présidentielle. Le cercle large de l’écologie voulait Nicolas Hulot, les membres du parti, bien plus intégristes, ont adoubé Eva Joly…
C’est ce type de nuances que va révéler le duel qui oppose François Fillon à Jean-François Copé. En d’autres temps, un tribun dédaigneux aurait conclu que c’est «bonnet blanc et blanc bonnet». Ils sont tous deux contre les 35 heures, contre le mariage entre homosexuels, contre le vote des étrangers non-européens. Mais si leurs idées sont proches, leur imaginaire et leur stratégie diffèrent.
L’UMP, qui se voyait comme une formidable machine à gagner, fait le difficile apprentissage de l’opposition. La glorieuse unanimité de façade affichée du temps de Nicolas Sarkozy a volé en éclats. Il faut, comme au parti socialiste, admettre l’existence de courants distincts.
Ce qui se joue aujourd’hui, c’est le positionnement tactique et idéologique face à la montée du Front national et à la timide renaissance du centrisme via Jean-Louis Borloo.
Si Copé gagne, ce sera le maintien de la barre à droite voulu par Sarkozy et son conseiller Patrick Buisson. Si Fillon est élu, ce sera la seconde rupture avec l’ère Sarkozy, une sorte de désaveu interne de la méthode du précédent quinquennat. C’est entendu, le duel d’aujourd’hui est microcosmique, mais il va quand même au-delà du simple choc des ambitions personnelles - et présidentielles.

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