TOUT EST DIT

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lundi 7 décembre 2009

La conférence de Copenhague s'ouvre avec davantage d'espoirs

La venue du président américain en fin de négociation est un signal positif. Le secrétaire général des Nations unies demande aux chefs d'Etat de mettre en place une aide annuelle de 10 milliards de dollars pour les pays en développement.
A priori, la nouvelle paraît banale. Vendredi, la Maison-Blanche a annoncé la décision du président Barack Obama de retarder son arrivée à Copenhague, prévue normalement mercredi, et de la reculer à la fin de la semaine prochaine. Mais pour les quelque 20.000 négociateurs, représentants des ONG, des milieux d'affaires ou syndicalistes à peine arrivés dans la capitale danoise, cette décision vient confirmer le sentiment que les lignes sont en train de bouger. Et que la conférence des Nations unies sur le climat a une petite chance d'aboutir sur un texte politique ayant du sens.

Traditionnellement, ces conférences se déroulent en deux parties. La première semaine, les diplomates négocient et rédigent un texte. Lequel est encore modifié puis approuvé lors de la deuxième semaine par les ministres de l'Environnement. Mais pour la première fois, le sujet est devenu mondial, de la responsabilité directe des chefs d'Etat.
La présidence danoise estime que 105 présidents ou Premiers ministres feront le déplacement. Le dernier, et non des moindres, à avoir répondu positivement est le Premier ministre indien Manmohan Singh, dont le pays a fait savoir la semaine dernière qu'il s'engage volontairement à réduire l'intensité carbone de son économie de 25 % en 2020 par rapport à 2005. Une annonce similaire à celle de la Chine qui a mis sur la table un chiffre de réduction de son intensité carbone de 45 %.

« Le président estime que le rôle d'entraînement des Etats-Unis sera sans doute plus efficace s'il participe à la fin du sommet de Copenhague. Il reste des questions importantes qui doivent être négociées pour parvenir à un accord, mais cette décision illustre son engagement de président à faire tout ce qu'il peut pour aboutir à un résultat positif », a fait savoir son entourage avant de préciser qu'il s'est entretenu dans le courant de la semaine avec le Premier ministre australien, la chancelière allemande, le président français et le Premier ministre britannique.

La question du financement de l'aide aux pays en développement a été discutée lors de ces échanges. La Maison-Blanche a affirmé, vendredi, que les Etats-Unis assumeraient leur « juste part » du programme de 10 milliards de dollars d'aide par an jusqu'en 2012 demandé par les Nations unies. « Les pays développés devront faire savoir de quelle manière ils comptent mettre en place des financements dont on puisse être certain. Cet argent doit être bien réel, important, immédiat et additionnel. Ensuite, d'ici à 2020 ou 2030, il nous faudra des sommes beaucoup plus significatives, de l'ordre de centaines de milliards de dollars, pour faire face à l'atténuation du changement climatique et à l'adaptation dans les pays en développement », a affirmé dimanche, Yvo de Boer, le secrétaire de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques.
Les ONG vont donner de la voix

Des milliers de représentants d'ONG ont bien l'intention de rappeler les chefs d'Etat à leurs responsabilités. Le bateau de Greenpeace, l'Arctic Sunrise, s'est ancré dimanche face au Parlement danois. Et un forum alternatif est prévu près de la gare centrale afin de rendre visibles les victimes actuelles du changement climatique. Les ONG vont crier que depuis 1992, date de l'adoption de la convention des Nations unies sur les changements climatiques à Rio, les émissions mondiales ont augmenté de 30 %. Et qu'il est impossible d'imaginer que le protocole de Kyoto prenne fin en 2012, date de la fin de la première période d'engagement. L'enjeu de la conférence de Copenhague est de trouver une suite, de construire un nouvel instrument international capable d'orchestrer les engagements de chacun. Yvo de Boer a reconnu ces dernières semaines qu'il n'est plus possible d'adopter un traité tant les positions des uns et des autres sont encore éloignées. Mais il espère être en mesure de faire signer aux chefs d'Etat un accord politique. Dans une interview accordée, hier, au journal danois « Berlingske Tidende », le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a affirmé :« Je suis très optimiste pour Copenhague. Nous aurons un accord -et je crois qu'il sera signé par tous les pays membres de l'ONU, ce qui serait historique ». Réponse le 18 décembre.
JULIE CHAUVEAU, Les Echos

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