TOUT EST DIT

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lundi 3 novembre 2014

L'avenir du futur

L'avenir du futur

  Ils doivent le savoir : les politiques nous surestiment. Habitués à résoudre sans faiblir les maux les plus difficiles tel le chômage, habités par une vision que personne ne peut leur contester, ils pensent que nous sommes à leur image. Et ils nous proposent des objectifs certes exaltants mais largement au-dessus de nos forces. Mme Royal a ainsi expliqué que notre société était en mutation, que ce qui a fait la puissance du pays hier n’aurait plus le même le poids demain et qu’il convenait de se préparer à ces changements. Raisonnement imparable. Bref, a-t-elle conclu, il faut dessiner « l’horizon du futur ». Beau programme mais lourde tâche. Déjà, dans le présent, l’horizon a la sotte tendance de s’éloigner au point qu’on ne l’atteint jamais. Alors l’horizon au futur…

La France « apaisée » de François Hollande

La France « apaisée » de François Hollande

Mais où est-elle cette France apaisée promise par François Hollande ? Sans aller jusqu’à transformer en insurrection générale des spots de guérilla urbaine déclenchés par des groupuscules extrémistes. Sans verser dans une instrumentalisation du décès tragique de Rémi Fraisse, quand une Cécile Duflot trop pressée dénonce la « tache indélébile » sur le gouvernement et un José Bové trop content invoque la « violence légitime sur les biens ». Sans oublier que, ravages de la crise obligent, Nicolas Sarkozy redoutait déjà pour la France un scénario à la grecque (d’où sans doute une retenue toute en maturité de l’opposition)… Malgré ces nuances, il est difficile de ne pas lier ces explosions de violence avec l’affaiblissement du pouvoir, de ne pas corréler le mépris inédit pour la puissance publique avec le rejet sans précédent du gouvernement, de ne pas rapprocher l’acharnement contre les forces de l’ordre avec le recul de l’Etat de droit. Intermittents, Bonnets rouges, casseurs de Sivens et d’ailleurs… Le gouvernement n’a eu de cesse de tergiverser, puis de reculer laissant à chaque fois accroire que l’exécutif délaisse l’intérêt général sous la pression de minorités. Pire, qu’il est prêt à renier sa parole, à nier le vote démocratique, à désavouer les accords sociaux faute de résister à des activistes anti-système. Comment ne pas voir que cette crasse faiblesse précipite le populisme, la fin de notre contrat social, la décomposition d’une société civile réduite à un agrégat d’« individus-atomes » (Alain Minc), de « résignés-réclamants » (Jacques Attali), cherchant dans un Etat corporatiste quelques compensations à leur servitude ? La France de François Hollande : un pays désespéré.

C’est difficile, de faire des économies

Bon, le budget, aussi pourri soit-il, a fini par passer à Bruxelles. C’était parfaitement prévisible, et le psychodrame en carton n’a trompé que les plus naïfs. Cependant, le problème initial (trouver des sous) reste entier. L’État est exsangue, et avec la brochette de clowns de compétition qui le gouvernent, on se demande exactement comment il va parvenir à boucler son année.
Le plus drôle, dans ce constat économique désolant, est la propagande détendue dont font preuve les médias qui, il faut bien le leur accorder, ne savent absolument pas où donner de la tête. Noyés dans des informations contradictoires qui leur arrivent en vrac, délivrées par des politiciens tous plus avides d’exposition médiatique que de souci de cohérence, nos fiers organes de presse subventionnés se relaient pour expliquer aux Français que, si la situation est critique, elle n’est pas désespérée et que, déjà, on aperçoit des lueurs d’espoirs.
Je n’ai pu ainsi m’empêcher de glousser en tombant sur les différents articles relatant, avec de gros titres bien aguicheurs, toutes les économies enfin générées par le fameux choc de simplification que nos preux gouvernants ont provoqué à la force de leurs petits bras musclés.
Pour les Échos, on apprend ainsi que l’économie globale, pour la France, des gros paquets joufflus de mesures annoncés ces douze derniers mois aurait atteint 2,4 milliards d’euros, selon un chiffrage aux petits oignons effectué par les services de l’État, pas du tout juge et partie dans l’affaire. Pour rappel, en avril dernier, une cinquantaine de mesures avaient été présentées par Mandon, le secrétaire d’État en charge de cet épineux dossier, mesures que le papier des Échos ne rappelle pas en détail (c’est dommage), et qui se contente de claironner, de concert avec Bercy, quelques conditionnels putatifs hypothétiquement probables sur les gains réalisés, en notant toutefois que « parmi les mesures présentées en avril, très peu sont appliquées à ce jour », sans pour autant s’étonner qu’on ait déjà pu économiser autant.
Pour Le Figaro, c’est 11 milliards d’économies qu’on atteindra courant 2017. La trajectoire est connue, le guidon est fermement tenu, les petites jambes pédalent, la tête est baissée, et … l’article enfile alors des mesures qui, si elles simplifient assurément la vie des Français concernés, laissent franchement perplexe en ce qui concerne les 11 milliards annoncés, qui ne sont pas du tout, contrairement à ce que la tendance actuelle laisse penser, une petite somme : congés d’été des boulangers organisés librement, apprentissage assoupli pour les mineurs, petit nettoyage de la définition de « jour » dans le code du travail, différents bricolages technoïdes (oraux du bac par visioconférence, « chat » avec Paul Employ, etc.)… Bref, on peine franchement à voir dans cette litanie de petits ajustements certes utiles mais vraiment pas fondamentaux autre chose qu’une amélioration à la marge des conditions dantesques des contraintes bureaucratiques et administratives en France. Quant à croire que ceci va vraiment permettre d’économiser 11 milliards d’euros, cela relève d’un vœu pieux quasi enfantin.
ministère des petites économies
Par analogie, ce choc de simplification représente tout au plus le dépôt d’un peu d’huile dans les rouages d’une porte de prison aux 58 verrous. Ils seront plus faciles à fermer et à ouvrir (chouette !), la porte ne grince plus lorsqu’elle se referme (youpi !) et ce nettoyage de la cellule assure une hygiène décente (hourra !), mais les murs sont toujours aussi épais, et les gardiens se foutent toujours aussi ouvertement de votre gueule.
Car pendant le temps où on nous détaille les calculs de Bercy concernant ce fabuleux choc de simplification, on découvre que les (encore très) hypothétiques économies réalisées seront bien vite englouties dans différentes gabegies dont l’État a le secret.
remuneration ministeriellesPar exemple, comment ne pas mettre en face de ces économies les émoluments en hausse croissante des conseillers ministériels ? Pendant que Bercy prétend économiser des milliards avec des « tickets resto dématérialisés », la rémunération des conseillers ministériels a augmenté en moyenne de 7,1% entre 2013 et 2014 et leurs primes ont grossi de 4,3% sur la même période, soit une augmentation moyenne de 6,5% de plus cette année que l’an passé.
Par exemple, comment oublier, d’un coup, le magnifique fiasco de l’écotaxe qui va, selon toute vraisemblance, coûter à l’État français (et donc, à tous les contribuables) largement plus que les modiques économies réalisées par ces petits ajustements paperassiers ? Eh oui : cette taxe, que les camions (puis les voitures) n’auront finalement pas à payer le sera, de façon détournée, par l’ensemble des contribuables à la suite d’un procès qu’on sent déjà long, riche en rebondissements débiles, en déclarations ridicules et en petites phrases stupides, entre l’État (et son actuel gouvernement) et la société Ecomouv’, officiellement en charge de la collecte de la défunte taxe.
ecomouv
Et lorsqu’on voit les sommes en jeu, on comprend qu’il va y avoir du sport, ne serait-ce que dans les estimations de ce que tout ce bordel endimanché va nous coûter, la presse, comme à son habitude, barbotant dans l’incertitude et l’approximation globale. Pour Le Monde, ce sera plus de deux milliards d’euros. Peut-être. En tout cas, HuffPost évoque un milliard, et Le Figaro, certainement plus d’un. En tout cas, difficile de faire la part des choses entre la bêtise de nos dirigeants lors du précédent gouvernement et celle de ce gouvernement-ci. Le capitalisme de connivence, bien gras, bien dégoulinant, qui aura présidé à l’instauration de cette taxe idiote et la création de la société collectrice se dispute avec les manœuvres gênées des actuels dirigeants qui, après deux ans d’atermoiements pathétiques, se décident à laisser tomber le bazar, une fois que toutes les infrastructures sont en place et que les salariés sont déjà en poste. Le temps de réaction de ces gens (pour une facture minimale de 800 millions, quoi qu’il arrive, je vous le rappelle) laisse perplexe dans un monde qui va toujours plus vite. Et lorsqu’on apprend que ces mêmes mollassons vont triturer le contrat (au demeurantsigné en juillet 2013 par … Bernard Cazeneuve) par tous les bouts pour tenter d’y trouver une faille et se sortir du pétrin dans lequel l’autre majorité d’abrutis les a poussés, on voit déjà se dessiner la coûteuse bérézina.
Mais ne vous inquiétez pas. Entre les petites réductions des uns, les petites augmentations des autres, les ajustements micrométriques ici et les nano-rabotages par là, tout se passera bien, forcément. S’il faut des miracles pour sauver le pays, le gouvernement fera des miracles. Je vous le rappelle :
Le socialisme, vraiment, c’est magique™.
socialisme magique
—-

Sivens: Ségolène Royal et "l'erreur d'appréciation" du gouvernement

Le barrage de Sivens participe d'une "erreur d'appréciation" et sa construction "ne serait plus possible aujourd'hui", affirme dimanche Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie. Il y a eu "une erreur d'appréciation" dans la décision de construire le barrage de Sivens dans le Tarn et "un tel ouvrage ne serait plus possible aujourd'hui", a estimé dimanche la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal.

"Il y a eu manifestement une erreur d'appréciation", a déclaré la ministre lors du Grand Rendez-vous La Monde/i Télé/Europe 1. "La durée de la réalisation, d'obtention d'autorisations, des délais, est beaucoup trop longue sur ce type d'équipement, ce qui fait qu'au moment où les travaux commencent, souvent les ouvrages sont périmés", a-t-elle expliqué. "Aujourd'hui, une décision de construction d'un ouvrage tel que celui-ci ne serait plus possible".

Réunion mardi avec les élus locaux

Interrogée sur un possible arrêt du projet, Ségolène Royal a dit ne pas vouloir "se substituer" aux élus locaux, qui sont maîtres d'ouvrage, mais la ministre a rappelé qu'elle les recevrait mardi pour "trouver des solutions".
"Le moment est venu de donner une suite au rapport que j'ai commandité (...) ma responsabilité est de trouver des solutions, l'objectif de cette réunion, c'est de trouver des solutions", a-t-elle dit. "Nous allons examiner ensemble, avec les deux experts mandatés, les différents scenarii possibles", a déclaré la ministre.

Condamnation des violences lors des manifestations

Ségolène Royal a condamné les actes de violence qui ont émaillé depuis plusieurs jours des manifestations en mémoire à Rémi Fraisse, le jeune militant écologiste décédé sur le chantier du barrage.
"Je condamne toutes les formes de violence qui ont eu lieu, notamment de la part de personnes qui n'ont rien à voir avec le territoire, ni la protection environnementale", a-t-elle affirmé.

Les investisseurs américains abandonnent la France

Cette fois, c'est hélas confirmé : les investisseurs américains ne veulent plus de nous et ils estiment avoir de sérieux arguments.

Chaque année à la même époque, la chambre de commerce américaine en France (l'AmCham) publie les résultats de son baromètre sur le moral des investisseurs américains à partir d'une étude du cabinet de conseil Bain & Company. Pour cette quinzième étude annuelle, les résultats sont très mauvais : ils ne sont plus que 12 % à avoir une "perception positive" ("bonne" ou "excellente") de la France "par rapport à d'autres destinations d'investissement".
Quand on sait qu'ils étaient 56 % en 2011, la chute de l'image de la France est spectaculaire. L'année de l'arrivée de François Hollandeà l'Élysée, ils étaient déjà tombés à 22 % en 2012. Pour être précis, ce sont les dirigeants des filiales françaises qui sont interrogés par Bain & Company sur "la perception de la France" par leur maison mère des États-Unis, les Américains étant très présents dans l'Hexagone avec 4 000 entreprises employant 440 000 salariés, comme le souligne Les Échos en date du 24 octobre.

Poids démesuré de l'administration 

Au chapitre des perceptions négatives ("mauvaises"), la hausse est énorme, par contrecoup, celles-ci passant de 15 % en 2011 à 34 % en 2013, pour finir à 46 % en 2014 ! Le balancier a brutalement changé de côté et les investissements américains créateurs d'emplois ont déjà commencé à chuter de 22 % en 2013, selon l'Afii, l'Agence française pour les investissements internationaux. Dernier élément significatif de cette enquête : lorsqu'il est demandé à ces dirigeants d'entreprises américaines installées en France s'ils recommanderaient la France à leurs amis américains qui souhaitent investir à l'étranger, ils ne sont plus que 2 % à nous mettre une bonne note, autant dire zéro !
Sans trop entrer dans les détails, il n'étonnera personne de sensé que les principaux problèmes soulevés par l'AmCham tournent autour de la réforme du marché du travail, de l'allégement de la fiscalité et du poids démesuré de l'administration dans l'économie. À propos du marché du travail, il faut clairement mettre au passif de notre pays l'impact outre-Atlantique d'affaires interminables de type Goodyear, de prises d'otages de cadres non condamnées ou de l'interventionnisme rétrograde de l'État dans des entreprises paraît-il "stratégiques" comme Peugeot. Sans compter les grèves fréquentes et abusives des soi-disant défenseurs du "service public" qui, en réalité, ne défendent que leurs privilèges, les moulinets maladroits et les vociférations intempestives d'un Arnaud Montebourg lorsqu'il était ministre de l'Économie, les interventions mortifères de l'inconsciente verte Cécile Duflot avec sa loi Alur sur la construction ou du marxiste borné Benoît Hamon sur les nouvelles contraintes qu'il a installées à l'encontre des entreprises quand les dirigeants veulent céder leur société. L'addition des mauvaises manières finit toujours par être présentée à la fin du repas, même et surtout en cas d'indigestion.

Une question d'intelligence

 ©  MARK RALSTON / AFP
À propos d'image de la France aux États-Unis, au propre comme au figuré, il en est une et même deux qui ont choqué, mais aussi beaucoup fait rire - de commisération - les hommes d'affaires américains : les photos officielles de François Hollande et de ses ministres, lors des réceptions, le 4 février dernier, des grands patrons de ces entreprises américaines installées en France - le président mondial de General Electric était venu spécialement des États-Unis -, et le 17 octobre d'une trentaine de présidents internationaux lors d'une réunion à l'Élysée du dérisoire et prétentieux Conseil "stratégique de l'attractivité" (sic). 
Pour ces deux événements et pour les deux photos-souvenirs officielles, les puissants personnages étrangers que l'État voulait séduire ont été relégués au deuxième ou au troisième rang, le premier étant occupé par François Hollande et sa brochette de ministres convoqués pour l'occasion. Aux États-Unis, lorsqu'on reçoit des invités que l'on veut honorer, on les place au premier rang sur les photos et on se met en retrait. C'est une question d'éducation et une question d'intelligence des situations, l'une et l'autre ne faisant pas partie apparemment de la boîte à outils présidentielle.

mercredi 29 octobre 2014

Trois virgule six...

Trois virgule six...



C’est un chiffre, un simple chiffre mais qui signifie beaucoup, car tout François Hollande y est résumé. Ce chiffre, c’est 3,6 milliards d’euros. Il représente le montant du correctif que la France a fini par consentir à apporter à son projet de budget, pliant ainsi sous la pression de la Commission de Bruxelles.


Ce chiffre, c’est aussi le symbole du zigzag permanent dans lequel se perd le président de la République : après avoir affirmé à plusieurs reprises avec force que la France, souveraine, ne changerait rien à son budget, ni à ses dépenses ni à ses recettes, François Hollande a brutalement opéré un tête-à-queue.
Ce revirement est d’ailleurs, autre symbole, la manifestation de la perte brutale d’influence de la France en Europe et l’échec de la politique alternative tentée par le chef de l’Etat autour d’une alliance des faibles, un axe mou Paris-Rome pour changer le cours de l’histoire.
Ce chiffre de 3,6 milliards, c’est également la preuve que les promesses de François Hollande ne sont pas tenues : on y trouve en effet des hausses de taxes et de prélèvements pour près de la moitié, très loin de la pause fiscale maintes fois promise. En revanche, nulle trace d’une véritable baisse des dépenses : on devra se contenter de promesses d’économies à venir sur les intérêts de la dette.
Tout cela est donc parfaitement flou, et c’est signé Hollande.
Reste à savoir, bien sûr, si la Commission de Bruxelles acceptera de se faire rouler comme ça ? Probablement oui, l’équipe sortante ne pouvant pas déclarer la guerre in extremis à Paris, et la nouvelle n’ayant pas envie de démarrer le sien par un conflit avec la deuxième puissance du continent. Exploiter les failles des autres, c’est là encore un savoir-faire que tous ses adversaires reconnaissent à François Hollande. Et c’est ainsi qu’il survit à sa propre faiblesse.

mardi 28 octobre 2014

L’impôt sur l’infortuné

Nul n'est censé ignorer la loi. Et surtout pas ceux qui la font ! Au nom de ce principe gravé dans le marbre, on a peine à souscrire aux protestations de bonne foi du président UMP de la Commission des finances de l'Assemblée nationale, Gilles Carrez, exposé à un redressement fiscal pour non-paiement de l'ISF. Gilles Carrez est l'un de ces soixante parlementaires de tous bords, en délicatesse avec le fisc, dans le cadre de la législation sur la transparence de la vie publique, à se poser en infortuné de l'impôt ! Et il est l'un de ceux qui ont choisi de s'expliquer publiquement avant toute révélation officielle.
On n'est pas certain, en l'occurrence, que ce système de défense préventif leur vaille l'indulgence du contribuable français, tant il témoigne d'une formidable désinvolture de la part de responsables politiques. Dans ce domaine, Gilles Carrez mérite moins que tout autre d'être excusé puisqu'il a ignoré dans sa déclaration, une disposition dont il avait été à l'origine en 2007. Voici donc, après la phobie administrative qui a valu son départ à Thomas Thévenoud, le tracassin fiscal invoqué comme excuse atténuante.
Sauf qu'elle prend plutôt dans le contexte, l'allure d'une circonstance aggravante. Spécialiste de la fiscalité et de l'immobilier reconnu, Gilles Carrez a été rapporteur du budget pendant 10 ans et président de la mission parlementaire sur la fraude fiscale des personnes physiques. On concédera simplement au député-maire du Perreux qu'il a combattu l'ISF, un impôt « stupide » dont on sait effectivement qu'il ne frappe pas les plus riches et permet, par exemple, la non prise en compte des 'uvres d'art.
Il est simplement dommage que l'absurdité d'un système apparaisse quand un élu de la République en est la victime. Certes, la faute de Gilles Carrez est moins lourde que celle d'un Cahuzac ou d'un Thévenoud, mais elle est révélatrice d'une difficulté des parlementaires à se réformer. Ceux qui accusent la presse de nourrir le populisme ont tort. Préféreraient-ils une omertà complice ? Il faut, en ces temps de crise, que nos politiques cessent de confondre la transparence avec l'art de passer à travers les gouttes.

Et basta

Et basta

  Dire ou ne pas dire la vérité… La ministre de la Culture ayant admis qu’elle n’avait pas lu notre Prix Nobel de littérature, une polémique s’est aussitôt enclenchée. Les avis sont tranchés mais les uns et les autres négligent le voluptueux confort intellectuel que procure l’insuffisance. A l’heure où les savants, les spécialistes et les experts, c’est-à-dire tout le monde, tiennent le haut du pavé, avouer son ignorance est un luxe : au moins ne se trompe-t-on pas. Tout comme il serait grossier de battre un pleutre même si c’est sans danger, critiquer un indécis est de mauvais goût. Le « je ne sais pas » est en réalité une manifestation de liberté. Il permet de se sortir des situations les plus délicates. Par exemple, comment conclure ce billet ? Je ne sais pas et basta.

Les banques sont solides, mais les entreprises ferment !

Cocorico ! Les grandes banques françaises ont toutes réussi leur "stress test". Ce qui n'empêche pas les faillites de se multiplier faute de financement.

Les 63 000 chefs d'entreprises - petites, moyennes ou grandes - qui ont mis la clé sous la porte ces douze derniers mois peuvent se sentir consolés en attendant l'huissier : si eux sont ruinés, les banques françaises sont solides. Elles ont victorieusement passé le "stress test", cet exercice de torture médiévale infligé par la Banque centrale européenne (BCE) afin de s'assurer que les établissements disposent de suffisamment de fonds propres pour faire face à un nouveau coup de tabac économique. Succès total, paraît-il : même en cas de grosse tempête les coques de nos vaillants navires bancaires résisteraient. Dont acte.
Des dizaines de milliers d'auditeurs externes et internes ont été mobilisés pour cette gigantesque revue de détail : cela, au moins, crée des emplois...
Il se murmure qu'afin de remplir les fameux critères de Bâle III, qui ont défini des obligations contraignantes après la crise de 2008, les banquiers ont, ces derniers mois, encore un peu plus resserré la vis du crédit. Histoire de prouver qu'ils sont des élèves exemplaires. Ne jouons pas les esprits chagrins : il vaut mieux que les banques françaises soient solides plutôt que chancelantes, qu'elles fassent bonne figure sur les marchés internationaux et que l'épargne des Français soit sécurisée. Mais il est tout aussi important qu'elles jouent le rôle que la société attend d'elles. D'autant que sans les efforts consentis par les pouvoirs publics, BCE en tête, c'est-à-direin fine par les citoyens, elles seraient en piteux état.

Un besoin d'argent frais

Or, on ne peut ignorer la longue plainte qui, du nord au sud, de l'est à l'ouest, monte du côté des entreprises. Organisations professionnelles, magistrats des tribunaux de commerce, avocats spécialisés, tous disent la même chose : les banques sont souvent aux abonnés absents quand il s'agit d'irriguer le tissu économique. Faute de trésorerie, nombre d'entreprises saines avec des carnets de commandes remplis prennent le chemin du redressement judiciaire, souvent antichambre de la liquidation pure et simple, faute d'avoir obtenu les crédits auxquels elles auraient pu prétendre. "Un banquier, c'est quelqu'un qui vous prête un parapluie quand il fait beau et vous le retire quand il pleut." La formule de Mark Twain se vérifie tous les jours...
Les mécanismes mis en place, comme le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), sont de redoutables usines à gaz que seules les grandes entreprises peuvent maîtriser. Les sommes récupérées sont créditées (généralement sous forme de crédit d'impôt) des mois plus tard, alors que beaucoup de petites entreprises ont un besoin immédiat d'argent frais.
Les banques, c'est vrai, ne sont pas des associations philanthropiques et n'ont pas vocation à perdre de l'argent. Les critères de Bâle III les ont obligées à reconstituer un matelas de fonds propres. C'est fait. Le pourcentage des créances douteuses dans les encours des crédits déclarés est, selon la Banque de France, très faible. Elles devraient donc maintenant être en mesure de redonner de l'oxygène aux entreprises. Inch Allah !

Par delà les incohérences de l’opinion

Les sondages se présentent comme une photographie de l’opinion publique à un moment donné. Pour être honnête, on ne peut pas les accepter quand ils vont dans un sens qui nous convient et les rejeter quand ils dérangent. Ils nous montrent en tout cas une opinion publique peu rationnelle, inconstante, versatile, voire même contradictoire. L’une des difficultés d’un responsable politique est d’interpréter un phénomène aussi insaisissable et en apparence, incohérent. Ainsi, l’idée d’une radicalisation conservatrice ou « droitière » de l’opinion publique est aujourd’hui couramment admise. Elle se retrouve dans le fameux sondage CEVIPOF de janvier 2014, selon lequel 50% des Français seraient « favorables à la peine de mort », 67% estime « qu’il y a trop d’immigrés », 47% souhaitent « se protéger du monde » et 35% (seulement) jugent que l’Union européenne « est une bonne chose ». Cependant, les enquêtes d’opinion sur la popularité des personnalités politiques paraissent démontrer l’inverse et plutôt le rejet des options clivantes, une attirance vers le consensus, le centre, l’apaisement. Le dernier sondage IFOP Paris Match sur le classement des hommes et femmes de pouvoir le souligne clairement avec Jack Lang en tête (66%), suivi de Jean-Louis Borloo (65%), d’Alain Juppé (63%) et de Bayrou (60%). Le premier ministre est lui aussi bien placé, du fait sans doute de son positionnement « social démocrate » (55%). En revanche, les personnalités clivantes, partisanes, porteuses d’une image de cassure, plus conformes à l’idée d’une radicalisation de l’opinion, se retrouvent, à l’exception de Montebourg, en queue du classement en tout cas dans le seconde moitié de celui-ci. Une explication possible de ce phénomène pourrait tenir à la distinction entre le fond et la forme. Les préoccupations, angoisses, demandes d’autorité et d’ordre sont bien présentes en toile de fond de l’actualité politique. Cependant, elles se conjuguent avec le besoin de sagesse, d’apaisement, de paix civile, de tolérance, de consensus et d’ouverture qui s’exprime dans les cotes de popularité des personnalités politiques. Les succès électoraux de l’avenir, en particulier de 2017 reposent peut-être dans l’aptitude à analyser et surmonter cette contradiction apparente. 

lundi 27 octobre 2014

Revanche

Revanche

    Aussi tendues soient-elles avec le conjoint, les enfants ou les amis, les relations ne sont jamais aussi délicates qu’avec le fisc. A peine a-t-on compris un de ses éclaircissements que le suivant l’obscurcit. Et certainement le plus grand exploit des temps modernes est de parvenir à lire entièrement la notice explicative de la déclaration de revenus. Aussi les soucis de quelques parlementaires avec le Trésor public est une merveilleuse revanche. Quoi, même les plus grands spécialistes de la fiscalité ne s’y retrouvent pas ? Quoi, voilà le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, une sommité, auteur de la disposition où il est en défaut, qui a une interprétation différente de Bercy ? Quoi, c’est donc vrai, les cordonniers sont les plus mal chaussés ?

La France désormais

La France désormais

La France est désormais le dernier pays européen dont le budget n’est pas validé par Bruxelles. Tous les autres membres de l’Union européenne sont dans les clous, ceux qui ne l’étaient pas s’étant rapidement conformés aux demandes de la Commission.
La France traverse désormais la plus longue période de croissance plate depuis la guerre : trois ans de suite à moins de 0,5 %. Du jamais vu.
La France compte désormais 3,4 millions de chômeurs et 5,8 millions de personnes inscrites à Pôle emploi, un record absolu qui fait dire au ministre du Travail que le gouvernement a échoué. Un signal désastreux, pas très loin du sinistre et mensonger « on a tout essayé » lancé comme un aveu de défaite par François Mitterrand. Il y a plus de vingt ans.
La France, c’est désormais un patronat uni dans l’exaspération contre le double langage du gouvernement et qui exige rien moins que l’abrogation pure et simple de plusieurs dispositions « absurdes et anxiogènes » qui ruinent la confiance des ménages et des entreprises.
La France vit désormais au rythme chaotique des divisions de sa majorité déchirée entre gauche du rêve et gauche du réel, un pays dirigé par un président de la République dont beaucoup de ses amis disent qu’il ne pourra pas se représenter en 2017, et par un Premier ministre socialiste qui ne veut plus parler de socialisme.
La France se prend désormais à considérer normal que le Front national soit devenu le premier parti politique et que l’opposition de droite se retrouve, deux ans après sa défaite, sans projet, sans leader ni énergie, en plein doute malgré de spectaculaires succès dans les élections intermédiaires.
La France est désormais presque parvenue à la fin de la première mi-temps de la présidence Hollande. Existe-t-il en français un mot pour éviter de dire que la France va « célébrer » la mi-mandat ?

Pour le pouvoir d’achat, faisons « la révolution de la patate » !

On le sait, les Grecs n’ont plus trop la pêche, mais ils ne manquent pas de ressources pour tenter de s’en sortir, comme ils l’ont toujours fait, envers et contre tous les vents mauvais qui soufflent sur leur économie et leur niveau de vie… Avec un taux de chômage proche des 50 %, la Grèce du Nord vient même de battre un nouveau record historique qui, sur le plan national, se situe aujourd’hui au-delà des 30 %. Seul un chômeur grec sur dix bénéficie d’indemnités chômage, la durée d’indemnisation ne pouvant excéder un an ; 71 % des chômeurs grecs sont des chômeurs de longue durée.
Avec le retour au village de nombreux chômeurs, la remise en culture de terres laissées en jachère – la « révolution des jardins » –, la Grèce tente de survivre en autarcie et redécouvre l’authenticité de la vie communautaire. On a même pu parler à cet égard des « bienfaits » de la crise qui se traduisent également dans de nouvelles initiatives, comme par exemple la vente directe des fruits et légumes, du producteur au consommateur.
Née dans le nord de la Grèce, l’initiative « Pas d’intermédiaire » rebaptisée par les Grecs « mouvement de la patate » secoue depuis deux ans le cocotier d’une Grèce ankylosée par des années de spirale inflationniste qu’ont favorisée gouvernants corrompus et citoyens volontiers flambeurs. Mais lorsque le prix de la pomme de terre, payée au producteur 12 à 15 centimes le kilo, a flambé, atteignant près d’un euro le kilo, le « mouvement de la patate » s’est mis en tête de supprimer les intermédiaires, en organisant la vente directe au consommateur.
L’idée de court-circuiter supermarchés et épiceries s’est même répandue comme une traînée de poudre à travers le pays. D’autant que la vente directe s’est étendue à d’autres produits de base, comme le riz, les oignons et les olives. Et devant l’ampleur prise par le mouvement, le gouvernement a fait voter une loi qui interdit la vente directe dans les rues des communes de plus de 3.000 habitants et qui supprime toutes nouvelles autorisations de vente ambulante aux producteurs.
Après la « révolution des jardins », la « révolution des patates » aura-t-elle droit de cité au pays d’Aristophane, qui voyait dans le paysan « le sauveur de la cité »? J’ai peur que tout cela ne soit un peu utopique – οὐ-τοπος, en grec – et que le dieu des voleurs et du négoce – Hermès, grec également – ne reprenne très vite la main…

samedi 25 octobre 2014

« La Grèce est un laboratoire pour tester des politiques effroyables »

Philippe Menut, ex-journaliste à France 2 et France 3, devenu journaliste indépendant, a réalisé un documentaire… Un gros plan à la fois humain et économique sur les causes et les conséquences de la crise grecque, le film donne la parole aux salariés, militants, économistes, médecins, ministres, chômeurs, philosophes… Ils donnent leur éclairage sur la crise vécue de l’intérieur, et témoignent de la résistance et de la solidarité du peuple grec. La Grèce est un laboratoire. Le film ouvre le débat sur l’avenir d’une zone euro en crise, livrée à un capitalisme financiarisé. Un documentaire lanceur d’alerte.
Dans votre film « la tourmente grecque », une série de manipulations médiatiques sont exposées. Elles cherchent à justifier une véritable guerre économique et sociale contre la Grèce. Comment expliquez-vous, en tant que journaliste critique cette inversion des rôles et que les victimes, les citoyens grecs, soient présentées comme responsables de la crise ?

C’est sur ce constat que j’avais commencé le tournage. J’étais révolté que les Grecs soient souvent présentés – d’ailleurs depuis le début de la crise - comme les responsables d’une situation dont ils sont victimes. Depuis, j’ai été emporté plus loin, sur les raisons même de la crise.
Ces rumeurs, ces intox, ont bien sûr une fonction, celle de masquer une politique économique à l’œuvre, celle qui met en place une austérité effroyable vis-à-vis du peuple grec et des services publics avec un transfert massif de capitaux publics vers la spéculation internationale. Il ne s’agit d’ailleurs pas seulement d’argent public grec mais aussi européen.
245 milliards ont été versés dans un soi-disant plan européen de sauvetage dont les Grecs et l’économie réelle grecque n’ont quasiment pas vu la couleur. C’est démontré dans le film, ces sommes énormes vont directement dans la poche des créanciers de la dette publique grecque qui ont prêté à des taux dépassant parfois 20%… Ces prêts ont donc la garantie du contribuable européen !
Tout cela est organisé par la Troïka, les vrais patrons du pays, envoyés de la commission européenne, la Banque centrale Européenne et le FMI (qui joue plutôt le rôle d’expert).
Quelle est la responsabilité, selon vous, des médias européens dans la présentation biaisée de la réalité de ce pays ?
Les médias européens, d’abord allemands et surtout Bild, premier tirage quotidien européen, jouent un rôle considérable dans la fabrication de l’opinion. Ce n’est d’ailleurs pas seulement la réalité grecque qui est biaisée, c’est celle de la crise de toute l’Europe.
La « grande presse » française, moins violente mais tout aussi efficace nous parle de « réformes structurelle » (traduisez « d’austérité imposée à la population »), de « rassurer les marchés » (financiers, bien sûr, mais ce n’est jamais dit), de « restaurer la confiance » (des mêmes, mais ce n’est pas non plus dit). Le but est d’entretenir le fatalisme face à un système économique néolibéral « qui n’aurait pas d’alternative » comme disait Margareth Thatcher.
Le plus fort dans cette idéologie dominante est d’arriver à faire croire qu’il n’y a pas d’idéologie dominante… On pousse les gens à dire « je ne fais pas de politique » alors qu’ils cautionnent ainsi celle qu’ils subissent…
Je reconnais que j’emploie, comme tout le monde, le terme de « crise » par facilité de langage. Il est pourtant inapproprié. Cette crise n’est pas une catastrophe, une fatalité. C’est, en dernière analyse une augmentation délibérée et brutale des inégalités.
La fermeture de la télévision publique grecque en 2013 et la décision de ses travailleurs de développer un média indépendant reste un exemple frappant de la capacité de résistance du peuple grec. Quel leçon tirer de cette expérience ?
Il y a des moments où le peuple est fort, imaginatif et audacieux face à un pouvoir affaibli. La lutte de l’audiovisuel public (l’ERT) en est un exemple. Elle est développée dans le film et je vous le résume : le 11 juin 2013, le gouvernement, à la demande de la Troïka, ferme l’antenne et licencie les 2650 salariés. Immédiatement, se déclenche une énorme mobilisation en Grèce et une protestation généralisée dans le monde entier. Journalistes et techniciens occupent le bâtiment, mais le gouvernement grec, pris à contrepied, n’ose pas lancer les MAT (police anti émeute) contre les personnels.
L’occupation a duré 5 longs mois, une période de véritable autogestion, avec la remise en marche d’émissions diffusées sur Internet. Ces émissions, marquées par une totale indépendance et un véritable pluralisme ont eu un grand succès.
Au bout de 5 mois, le gouvernement – toujours conseillé par la Troïka ! – a décidé d’évacuer le personnel le 7 novembre 2013. Depuis, les anciens de l’ERT ont lancé une nouvelle radio télé, ERT Open.
Lorsqu’on parle de dette de la Grèce, il paraît que l’Allemagne aurait intérêt à cacher une épisode important de l’Histoire, concernant l’argent qu’elle doit à la Grèce depuis la 2ème guerre mondiale. Pouvez-vous nous expliquer ce chapitre important du film qui est évoqué dans le film à travers le témoignage du combat d’un ancien résistant.
Manolis Glésos, 92 ans est un « monument » en Grèce. Il est un des tous premiers résistants d’Europe, connu pour avoir décroché en mai 1941 le drapeau nazi du somment de l’Acropole. Un de ses combat actuel est de demander le paiement par l’Allemagne des dommages de guerre et un emprunt forcé incontestable à la banque d’Athènes par les nazis.
Total de la dette due à la Grèce : 162 milliards d’euros actuels… Soit plus de la moitié de la dette qui est maintenant exigée de la Grèce avec une totale intransigeance par l’Allemagne !
L’un des médecins qui témoigne dans le film, lors d’une manifestation, explique que la fermeture de sept hôpitaux à Athènes signifie tout simplement que de plus en plus de personnes vont mourir dans la rue. L’impact des mesures d’austérité en Grèce, en particulier dans le domaine de la santé semble apocalyptique…
Un seul chiffre suffirait : d’après une revue scientifique anglaise et Médecins du Monde : la mortalité infantile a augmenté de 43% depuis le début des mesures d’austérité. En Grèce, mais aussi dans l’Europe en crise, la santé est la principale cible des réductions budgétaires. Pourquoi n’est-ce pas l’éducation nationale ? Parce que vous ne pouvez pas réduire le nombre d’élèves total. En revanche, on peut moduler les parcours de soin, réduire les remboursements, etc. Dans le film, on voit un grand hôpital qui reste ouvert mais tourne au ralenti, quasi vide, faute de moyens.
Votre regard panoramique sur la Grèce risque d’être bientôt se devoir s’élargir sur d’autres pays.
Je n’avais pas lors de mes premiers tournages prévu de parler de l’importance du capitalisme financiarisé, pas plus que de l’Union Européenne. J’y ai été naturellement porté par mes investigations, mes interlocuteurs. Le film ouvre un débat sur l’Union Economique et Monétaire.
Des interviews fortes expliquent la nécessité d’une rupture avec la zone euro, d’autres expliquent qu’il faut être pragmatique et qu’il faut d’abord s’opposer à l’austérité et à une dette illégitime.
Je ne tranche pas, mais si on veut poser la question du changement de politique économique et sociale, et aussi de la démocratie, il faudra bien poser la question du pouvoir tout puissant de l’Europe actuelle. Le capitalisme financiarisé y est maître dans son organisation même, dans ses traités, l’influence de lobbies tout puissants.
Quel message adressez vous aux personnes qui regardent de loin la Grèce, subir des dégâts terribles mais présentés comme inévitables ? En quoi les Européens peuvent-ils, au-delà de la solidarité, être concernés ? Au-delà, comment les peuples européens pourraient-ils passer à la contre offensive ?
Toute la zone euro est concernée par la crise grecque. La Grèce est un laboratoire pour tester sur un petit pays (11 millions d’habitants) une politique effroyable au nom d’une dette artificiellement gonflée. Depuis le début des réformes, prétendues réponses à la crise, la dette a grimpé de 50 % et le chômage est passé de 10 à 28% ! Et ces politiques continuent.
Mais attention, cette crise de la dette est la même partout en Europe, zone la plus récessive du monde. La France, que je connais mieux, a une dette de 2000 milliards d’Euros de même nature que la dette grecque. Elle serait de moins de la moitié sans les intérêts excessifs aux banques et les cadeaux fiscaux. Le remboursement des seuls intérêts est un des tous premiers budget de l’Etat. Nos chers « confrères » journalistes des « grands médias » n’en parlent jamais…
Le rêve européen pourrait bien tourner au cauchemar. Les Grecs montrent la voie de la résistance. Des résistances isolées ne suffiront pas. La vraie question est de savoir si les peuples sauront s’unir pour une autre Europe, plus juste et démocratique, une Europe des citoyens.



VGE : la France "risque de se retrouver dans la situation" de la Grèce

Dans un entretien accordé au "Figaro", l'ex-président Valéry Giscard d'Estaing assure que Paris devrait bientôt "demander l'aide du FMI".


L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing estime que la France"risque de se retrouver dans la situation qu'a connue la Grèce" et de devoir "demander l'aide du FMI", dans une interview publiée samedi dans Le Figaro. Celui qui fut chef de l'État de 1974 à 1981 propose, avec le soutien d'Helmut Schmidt, chancelier allemand à la même époque, de former autour de l'euro un "ensemble homogène" d'une douzaine de pays dotés des mêmes règles budgétaires et fiscales, qu'il appelle "Europa".
 
Malgré une dette élevée, explique-t-il, "aujourd'hui, nous sommes protégés par des taux d'intérêt très bas, mais c'est provisoire. La Fed (banque centrale américaine, NDLR) a annoncé son intention de relever ses taux d'intérêt dès que la conjoncture le permettra, probablement dans les 18 mois. (...) Ce jour-là, notre pays risque de se retrouver dans la situation de la Grèce. Les pouvoirs publics seront conduits à demander l'aide du FMI".

"Retrouver le fil du projet européen initial"

Selon VGE, "le mécanisme de l'Europe a été disloqué avec le non français au référendum de 2005. Pour autant, les sondages l'attestent : une grande majorité de nos compatriotes ne veut en aucun cas abandonner l'euro ! Nous devons prendre appui sur ce soutien de l'opinion pour retrouver le fil du projet européen initial avec ceux qui, parmi nos voisins, le veulent bien. Et laisser les autres vivre leur vie".
Feraient partie de cette union approfondie la France, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, l'Espagne, le Portugal, l'Autriche et, "le moment venu, la Pologne", précise-t-il en ajoutant que "la participation de l'Irlande et de la Finlande peut être envisagée".
"Ces douze pays constitueraient un ensemble homogène que nous appellerons Europa. Son objectif est de compléter l'euro par une union budgétaire et fiscale, dotée à terme d'un Trésor public commun et d'un mécanisme de solidarité financière", détaille Valéry Giscard d'Estaing, qui défend cette thèse dans un livre Europa - La dernière chance de l'Europe (XO Editions), préfacé par Helmut Schmidt.

La Grèce frappée par la tempête Gonzalo et un séisme

Le séisme de magnitude 5,2 s'est produit samedi matin à 249 kilomètres au nord-est d'Athènes.
Des inondations et un tremblement de terre ont frappé la Grèce. Aucune victime n'est à déplorer. Selon l'observatoire géodynamique d'Athènes, le séisme - de magnitude 5,2 sur l'échelle de Richter - s'est produit ce samedi 25 octobre matin à 249 kilomètres au nord-est de la capitale.

La dépression «Gonzalo» a quant à elle touché L'Attique, la région qui entoure Athènes. Les pompiers ont reçu plus de 600 appels dans la soirée de vendredi. L'ouragan s'est déplacé de l'ouest de l'Europe vers la Grèce, touchant toutes les régions du pays.
«Les victimes des inondations seront dédommagées au plus vite», a promis le Premier ministre Antonis Samaras, tout juste revenu d'un sommet européen à Bruxelles. Il s'est rendu dans la banlieue nord de la capitale.

La Martinique, c’est la France

La Martinique, c’est la France
Ma tournée Outre-Mer dans le cadre de mon travail se termine bientôt, avec la fin d’un bref séjour en Martinique. Malgré des journées surchargées qui ne me laissent pas une seconde de loisir, j’ai découvert ce coin de paradis français à 7000 kilomètres de la capitale. Où que l’on se trouve, le bleu de la mer est partout présent entre les collines. Pour les nostalgiques dont nous sommes tous plus ou moins, ce département a gardé les traits de l’ancienne France, celle d’autrefois. On y parle le plus beau des français, avec des tournures de phrases oubliées. Les élucubrations de la vie médiatique et politicienne nationale, les polémiques, petites phrases, déclarations haineuses ou à l’emporte-pièce, bref la folie hexagonale, sont étrangement absents. Le respect des autres, à pied dans le rue ou sur la route imprègne la vie quotidienne. On ne croise personne sur un chemin sans lui dire « bonjour Monsieur », ou « bonjour Madame » et « je vous en prie » en réponse au « merci ». Le dimanche, les dames mettent leur robe blanche pour aller à la messe ou au temple. Le sourire est ici empreint de sérieux, de retenue et d’une infinie générosité. Mais le paradis sur terre recèle un drame douloureux et omniprésent. Une partie du territoire de l’île a été empoisonné pendant des années par un pesticide, utilisé dans la culture de la banane, lechlordécone, aux effets cancérigènes. Son impact mettra de 50 à 600 ans avant de se dissiper. Interdit aux Etats-Unis en 1976, son usage n’a été prohibé en France métropolitaine qu’en 1990 et – aussi incroyable que cela puisse paraître –  dans les départements d’Outre-Mer en 1993… Donc, c’est en toute connaissance de cause que ce produit a été laissé en usage en Martinique comme en Guadeloupe, 17 ans après son bannissement aux Etats-Unis et 3 ans après son interdiction en métropole. Face à la beauté indescriptible de cette île et à la gentillesse tout aussi indescriptible de ses habitants, on se demande aujourd’hui comment un tel cynisme, un tel mépris, une telle désinvolture, et sans doute une telle lâcheté ont été possibles… Qui sont les responsables, les bureaux? Les politiques? Voilà, bien identifiée, la source du mal collectif: l’incapacité à décider, à choisir, à assumer une responsabilité. En tout cas, la Martinique, j’y reviendrai, sans cravate et sans ordinateur, et vite, cela ne fait aucun doute. 

Fracture au PS : Sony répond avec humour à Cambadélis

"PS ne veut pas dire PlayStation", a rappelé le premier secrétaire du Parti socialiste, entraînant une réponse pleine d'ironie de la célèbre console.
PlayStation a de la répartie. "J'aimerais dire une chose aux socialistes : PS, cela veut dire Parti socialiste... et pas PlayStation", a affirmé ce vendredi au Parisien Jean-Christophe Cambadélis, prenant la célèbre console de jeux vidéo de Sony comme contre-modèle du parti. 
Sony n'a pas tardé à répondre - avec humour - au premier secrétaire du PS, qui avait précisé qu'il ne s'agissait "pas de descendre le maximum de socialistes en moins de temps possible", une allusion aux jeux que commercialise la marque japonaise.


Dans un message publié sur son compte Twitter à l'intention de Jean-Christophe Cambadélis, PlayStation a ainsi affirmé que "jouer en équipe, rêver, voyager et... descendre quelques personnages. C'est ça, l'expérience PS !" Le tout accompagné d'une photo montrant l'entretien donné par l'homme politique au quotidien. Depuis sa publication, le message a déjà été retweeté 535 fois.
 

Les critiques d'Aubry

L'interview de Jean-Christophe Cambadélis fait suite aux nombreuses piques que s'envoient divers membres du PS, et notamment Martine Aubry à Manuel Valls. La sortie de la maire de Lille contre la politique de l'exécutif dimanche 19 octobre n'est pas passée inaperçue, relançant les divisions au sein de la majorité.