TOUT EST DIT

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lundi 27 octobre 2014

Pour le pouvoir d’achat, faisons « la révolution de la patate » !

On le sait, les Grecs n’ont plus trop la pêche, mais ils ne manquent pas de ressources pour tenter de s’en sortir, comme ils l’ont toujours fait, envers et contre tous les vents mauvais qui soufflent sur leur économie et leur niveau de vie… Avec un taux de chômage proche des 50 %, la Grèce du Nord vient même de battre un nouveau record historique qui, sur le plan national, se situe aujourd’hui au-delà des 30 %. Seul un chômeur grec sur dix bénéficie d’indemnités chômage, la durée d’indemnisation ne pouvant excéder un an ; 71 % des chômeurs grecs sont des chômeurs de longue durée.
Avec le retour au village de nombreux chômeurs, la remise en culture de terres laissées en jachère – la « révolution des jardins » –, la Grèce tente de survivre en autarcie et redécouvre l’authenticité de la vie communautaire. On a même pu parler à cet égard des « bienfaits » de la crise qui se traduisent également dans de nouvelles initiatives, comme par exemple la vente directe des fruits et légumes, du producteur au consommateur.
Née dans le nord de la Grèce, l’initiative « Pas d’intermédiaire » rebaptisée par les Grecs « mouvement de la patate » secoue depuis deux ans le cocotier d’une Grèce ankylosée par des années de spirale inflationniste qu’ont favorisée gouvernants corrompus et citoyens volontiers flambeurs. Mais lorsque le prix de la pomme de terre, payée au producteur 12 à 15 centimes le kilo, a flambé, atteignant près d’un euro le kilo, le « mouvement de la patate » s’est mis en tête de supprimer les intermédiaires, en organisant la vente directe au consommateur.
L’idée de court-circuiter supermarchés et épiceries s’est même répandue comme une traînée de poudre à travers le pays. D’autant que la vente directe s’est étendue à d’autres produits de base, comme le riz, les oignons et les olives. Et devant l’ampleur prise par le mouvement, le gouvernement a fait voter une loi qui interdit la vente directe dans les rues des communes de plus de 3.000 habitants et qui supprime toutes nouvelles autorisations de vente ambulante aux producteurs.
Après la « révolution des jardins », la « révolution des patates » aura-t-elle droit de cité au pays d’Aristophane, qui voyait dans le paysan « le sauveur de la cité »? J’ai peur que tout cela ne soit un peu utopique – οὐ-τοπος, en grec – et que le dieu des voleurs et du négoce – Hermès, grec également – ne reprenne très vite la main…