TOUT EST DIT

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mardi 28 octobre 2014

Par delà les incohérences de l’opinion

Les sondages se présentent comme une photographie de l’opinion publique à un moment donné. Pour être honnête, on ne peut pas les accepter quand ils vont dans un sens qui nous convient et les rejeter quand ils dérangent. Ils nous montrent en tout cas une opinion publique peu rationnelle, inconstante, versatile, voire même contradictoire. L’une des difficultés d’un responsable politique est d’interpréter un phénomène aussi insaisissable et en apparence, incohérent. Ainsi, l’idée d’une radicalisation conservatrice ou « droitière » de l’opinion publique est aujourd’hui couramment admise. Elle se retrouve dans le fameux sondage CEVIPOF de janvier 2014, selon lequel 50% des Français seraient « favorables à la peine de mort », 67% estime « qu’il y a trop d’immigrés », 47% souhaitent « se protéger du monde » et 35% (seulement) jugent que l’Union européenne « est une bonne chose ». Cependant, les enquêtes d’opinion sur la popularité des personnalités politiques paraissent démontrer l’inverse et plutôt le rejet des options clivantes, une attirance vers le consensus, le centre, l’apaisement. Le dernier sondage IFOP Paris Match sur le classement des hommes et femmes de pouvoir le souligne clairement avec Jack Lang en tête (66%), suivi de Jean-Louis Borloo (65%), d’Alain Juppé (63%) et de Bayrou (60%). Le premier ministre est lui aussi bien placé, du fait sans doute de son positionnement « social démocrate » (55%). En revanche, les personnalités clivantes, partisanes, porteuses d’une image de cassure, plus conformes à l’idée d’une radicalisation de l’opinion, se retrouvent, à l’exception de Montebourg, en queue du classement en tout cas dans le seconde moitié de celui-ci. Une explication possible de ce phénomène pourrait tenir à la distinction entre le fond et la forme. Les préoccupations, angoisses, demandes d’autorité et d’ordre sont bien présentes en toile de fond de l’actualité politique. Cependant, elles se conjuguent avec le besoin de sagesse, d’apaisement, de paix civile, de tolérance, de consensus et d’ouverture qui s’exprime dans les cotes de popularité des personnalités politiques. Les succès électoraux de l’avenir, en particulier de 2017 reposent peut-être dans l’aptitude à analyser et surmonter cette contradiction apparente.