lundi 18 août 2014
Mobilisation générale
Mobilisation générale
Foutues vacances ! Bien que l'entourage élyséen ait lourdement insisté sur le peu d'appétence du président pour la « pause » estivale, François Hollande aurait sans doute souhaité meilleur climat pour sa rentrée. S'il n'y avait eu cette foutue panne de croissance et cette invalidation partielle du pacte de responsabilité, il se serait volontiers accommodé de la multiplication des cérémonies mémorielles et autres gestes compassionnels. Quoi de plus confortable que de célébrer un passé glorieux quand on manque cruellement de vision sur l'avenir ? Quoi de plus réconfortant que d'exalter « l'unité nationale » quand se généralise la défiance du peuple ?
Seulement voilà. Il y a eu l'avalanche des mauvaises nouvelles économiques. Celles qui affectent les Français dans leur quotidien. Et, aux cordes vibrantes du souvenir ont succédé les roulements de tambour de Manuel Valls pour tenir, enfin, un langage de vérité. Réunis au fort de Brégançon pour une séance de travail, le chef de l'État et le Premier ministre ont médiatisé l'image d'un couple exécutif parfaitement uni, lucide, et déterminé à tenir le cap en rappelant les patrons à l'ordre et l'Europe à l'aide.
Sauf qu'il manque à cela des réformes devenues effectives. 85 % des Français – et une bonne partie de la gauche – ne font plus confiance au chef de l'État pour résoudre la crise. Il est vrai que les solutions ne sont plus faciles à trouver et que le gouvernement est pris en tenaille entre exigences bruxelloises et utopies gauchisantes.
D'où ce scepticisme de l'opinion accentué par l'absence d'alternative crédible à droite. Car il n'est pas sûr qu'un sondage serait plus favorable à une opposition disparate et peu imaginative. Les Français ne sont pas dans le dénigrement du pays. Ils sont dans le désaveu de leurs dirigeants et des pratiques politiciennes ouvrant la voie au FN. La véritable crise est celle de l'offre politique. La situation justifierait pleinement un gouvernement d'union nationale, privilégiant le courage de l'action sur les ambitions personnelles. Mais il ne faut pas rêver, la mobilisation générale n'est pas pour demain.
L’heure de la vérité
L’heure de la vérité
Si Michel Sapin parle aussi clair, s'il délaisse la langue de bois, s'il révise la prévision de croissance de moitié et dit que ni l'an prochain ni l'année suivante, les objectifs de réduction de la dette ne pourront être tenus, c'est qu'à coup sûr la situation est grave. En plein pont du 15 août, il pouvait pourtant, c'est sa spécialité, enrober l'information, noyer le poisson et s'en tenir aux sombres annonces du président et du Premier ministre pour la rentrée. « Il faut maintenant tenir un discours de vérité » dit-il. Est-ce pour autant l'aveu que depuis deux ans les responsables louvoyaient avec l'espoir que la conjoncture générale et la reprise leur donneraient un coup de main ? Ce serait un bien mauvais procès, mais ils découvrent, comme d'autres avant eux, qu'il n'y a plus de gouvernail indolore pour rectifier sur le mauvais cap de l'économie.
L'Europe est incapable de relever les enjeux, les grands pontes de l'économie devisent entre eux en ne parlant que pourcentages, mais plus aucun des leviers habituels n'est opérationnel. Le salut, contrairement à ce que l'on prétend, ne viendra pas de Bruxelles et il n'y a plus d'outils dans la fameuse boîte présidentielle.
Ou alors il faudra se résoudre à la purge façon Espagne ou Irlande ! Ce qui signifie des coupes brutales dans les dépenses de l'État, dans les dépenses sociales. Avec en plus les déréglementations du marché du travail, les pertes de revenus que cela suppose et la diminution de la protection sociale des salariés. Pour le moment, dire que la croissance est faible ou nulle c'est un peu abstrait dans les têtes, mais quand vont tomber les forcément mauvais chiffres du chômage, on va mieux comprendre l'impact de ce zéro pointé sur l'emploi. Les effets politiques aussi vont rapidement être visibles. Déjà François Hollande n'a quasiment plus de majorité à l'intérieur d'un PS très clivé qui voit arriver son heure de vérité.
Jusque-là Nicolas Sarkozy était le meilleur candidat de la droite. Il est désormais aussi le meilleur candidat pour la gauche. Car à moins de son retour et du rejet qu'il pourrait entraîner, y compris à droite, on ne voit pas ce qui pourrait sauver le parti socialiste et ce qui lui restera d'alliés à la prochaine élection présidentielle.
Le déclassement de Shanghai
Le déclassement de Shanghai
En lançant en 2003 leur classement mondial des universités, les deux étudiants de la Jiao-Tong University soupçonnaient-ils le psychodrame qu’ils allaient déclencher dans un petit pays de la lointaine Europe, qui s’appelle la France et qui tient à son statut de grande nation scientifique et intellectuelle ? Devinaient-ils que le « classement de Shanghai » deviendrait ce fer rouge fouaillant les blessures d’amour propre de l’enseignement supérieur hexagonal ? Imaginaient-ils que des ministres français demanderaient à être reçus et que l’un d’eux, Laurent Wauquiez, les supplierait même de refaire tourner leur modèle informatique en y intégrant les universités françaises de ses rêves, telles qu’elles seraient un jour si les réformes Sarkozy aboutissaient ? Pouvaient ils comprendre que, pour un politique français, inverser le « déclassement de Shanghai » allait devenir un devoir sacré ?
Bien sûr que non et ce d’autant moins qu’à l’origine, l’objectif masqué du classement consistait à démontrer au monde entier, mais d’abord au pouvoir chinois, que les deux grandes universités de Pékin, Beijing et Tsinghua, étaient outrageusement favorisées dans la distributions des subventions publiques, au détriment des grands établissements de …Shanghai. Au bout du compte, sans beaucoup innover (l’Iowa classait déjà ses universités en 1925 !), le classement a créé l’équivalent d’une agence de notation très influente qui cote pays et établissements sur le gigantesque et juteux marché mondial (en Grande-Bretagne, il pèse autant que l’industrie pharmaceutique) de l’enseignement supérieur.
Purement quantitatifs – ce qui ne veut pas dire objectifs – les critères de Shanghai sont calibrés pour jauger l’ « université de recherche », le modèle ultradominant dans le monde anglo-saxon, qui combine au même endroit cours et laboratoires : nombre de prix Nobel et de médailles Fields, nombre de chercheurs les plus cités dans leurs disciplines, nombre de publications dans les revues Nature et Science. En revanche, ces indicateurs frustrent la France, un pays qui a créé des Grandes écoles (minuscules à l’échelle mondiale) pour concurrencer l’université et qui a concentré la recherche dans des centres publics comme le CNRS, qui ne sont pas recensés par Jiao-Tong.
La France est sixième : une vingtaine d'établissements parmi les 500 classées, alors que les Etats-Unis raflent plus de la moitié des 100 premières places. Dans l’édition 2014, rendue publique la semaine dernière, c’est la Chine qui perce. Elle place 9 établissements parmi les 200 premiers, contre 77 pour les Etats-Unis, 20 pour la Grande-Bretagne, 13 pour l’Allemagne et 8 pour la France.
Alors ? Au lieu d’osciller sans cesse entre la défense chauvine du « modèle » et l’auto-flagellation, les responsables français feraient bien de se projeter dans le siècle et de s’assurer que ce n’était pas à la France que pensait Androulla Vassiliou, la commissaire européenne en charge de l’Education, quand elle déclarait il y a quelques mois : « Un grand nombre de nos universités continuent à délivrer une formation semblable à ce qui se faisait au XIXe siècle. Cela marchait bien pendant une grande partie du XXe siècle, mais cela ne suffit plus.»
La crise de confiance
La crise de confiance
Un sondage IFOP-JDD révèle que 85% des Français ne font pas confiance à la politique économique du gouvernement. Or, aucun redressement, aucune sortie de crise n’est envisageable sans la confiance. C’est un constat historique, les grands rétablissements de l’histoire ont toujours reposé sur la confiance: Raymond Poincaré en 1922 et 1926, Antoine Pinay en 1952 et 1958 (avec Jacques Rueff), Raymond Barre en 1976. Les entreprises investissent et recrutent quand elles sont portées par une confiance générale dans l’avenir, un climat d’ensemble qui n’est pas seulement économique d’ailleurs, mais lié à la solidité des institutions, la stabilité et l’unité du corps social, la sécurité internationale, un environnement rassurant. Cette confiance, il incombe aux dirigeants politiques non seulement de l’inspirer, mais aussi de l’incarner. Or, les hommes qui représentent aujourd’hui le pouvoir souffrent d’un discrédit qui n’a sans doute pas de précédent historique. Ils se voient confrontés à une contradiction fondamentale: en attente d’une "croissance" que leur seule présence à la tête de l’Etat rend impossible. Pire, aucune alternative ne semble poindre à l’horizon, ni de visage nouveau, ni de programme crédible du côté de l’opposition empétrée dans ses querelles névrotiques. Personnellement, je suis fasciné par la médiocrité de la "relève" qui me paraît tellement insipide, terne, transparente. Une notable exception, celle de Laurent Wauquiez avec lequel j’ai dîné le mois dernier: intègre, gentil, ouvert, lucide… Que demander de plus? Il en faudrait une vingtaine comme lui pour ouvrir une brèche d’espérance.
Le prix de l’agilité
Le prix de l’agilité
Qu’aurait dit un Arnaud Montebourg si Microsoft avait été un groupe français annonçant, comme il vient de le faire aux Etats-Unis, qu’il allait supprimer un emploi sur sept dans l’année ? Qu’aurait dit un Jean-Christophe Cambadélis en apprenant qu’à cette annonce, l’action Microsoft avait grimpé en bourse pour atteindre son niveau le plus élevé depuis 14 ans ? La polémique aurait été immédiate, intense, et aurait à coup sûr débouché sur un texte de loi pour réprimer un peu plus les « licenciements boursiers ». Et on aurait certainement fini par créer une nouvelle taxe sur cette course au profit, honteuse, forcément honteuse. Fiction ? Pas sûr : dans le dossier Alstom, le gouvernement a bien imposé à General Electric de vivre sous la menace d’une énorme amende en cas de… non-création d’emploi ! Sauf que cette fois, l’épicentre du plan social ne se situe pas en France. Microsoft échappera donc à la vindicte gauloise et pourra se concentrer sur l’essentiel : sa transformation, sa relance dans un univers en bouleversement permanent où l’immobilisme signifie la mort. Les Nokia, Kodak, et autres Compaq en savent quelque chose. Et Microsoft a déjà vécu plusieurs vies, frôlant parfois la sortie de route, synonyme d’éviction du marché.
Quant au plan social, il sera d’autant moins dur à absorber que les Etats-Unis sont en situation de plein-emploi. Les derniers chiffres d’inscription au chômage, dévoilés ce jeudi, ont surpris les économistes par leur faible niveau. Et on voit désormais des industriels s’y alarmer des effets du manque de main d’œuvre et de l’accélération du turn-over de beaucoup de salariés, sensibles à la multiplication des offres d’embauches et aux surenchères salariales. Quel dommage qu’aucun de nos gouvernants ne profite de l’été pour aller faire un petit stage au pays du libéralisme et de l’enfer économique.
Le changement, c’est hors de question
Scrogneugneu, c’est ainsi et on n’en démordra pas : il est hors de question que la politique du gouvernement change. Certes, le « changement c’est maintenant », mais maintenant, c’était il y a deux ans. Et maintenant, on ne change plus. C’est pourtant simple à comprendre, non ?
C’est en tout cas sans ambiguïté de la part du premier ministre : dans une interview doublée d’un sondage parus sur le Journal Du Dimanche, Manuel n’y est pas allé par quatre chemins et a bien expliqué à tous et à toutes qu’il était impensable, et même hors de question, qu’on commence à remettre en cause les beaux efforts consentis par l’actuel gouvernement sous l’impulsion vigoureuse d’un président de la République au plus haut de sa forme. Et l’entêtement est logique, voyons, puisqu’il faudra bien un peu de temps à la politique de Maître François pour prendre son envol et produire des résultats :
« Oui, la politique que le président de la République a décidé de mettre en œuvre nécessite du temps pour produire des résultats. Mais il est hors de question d’en changer. Le pacte de responsabilité et ses 40 milliards de baisse de coût du travail vont véritablement entrer en œuvre maintenant »
Voilà, c’est dit, n’en parlons plus. Il y a deux ans, le capitaine du pédalo avait fixé un cap clair, celui du changement. Si certains avaient pu railler une prise de direction aussi courageuse, cela n’avait pas empêché l’exécutif de pédaler se mettre en branle pour aller, d’un jarret vigoureux, dans la direction choisie.
Et du changement, il y en a eu.
Les têtes des administrations qui étaient jugées trop proches de Sarkozy furent changées. Les ministres aussi ont changé. On a changé quelques paquetages sociétaux. On a changé de concubine, plusieurs fois. On a changé, plusieurs fois aussi, de communicants à l’Élysée. On a même changé de lunettes ! Et on a, un peu, changé d’avis sur la crise qui a traversé la France, positionnant le curseur de « blagounette sarkozienne » à « houlala mais en fait non pas du tout c’est du sérieux, Pépère ».
Mais la politique économique, ça, non, on ne touche pas. C’est niet ! Elle a été décidée une fois pour toute, et son problème est que, comme pour un vieux moteur diesel, il faut un temps certain pour que le moteur chauffe et démarre. On en est là, au préchauffage. Hors de question de changer maintenant, alors qu’on est sur le point de démarrer.
Sauf qu’on est en droit de s’interroger tout de même un peu. Parce qu’après tout, cette politique économique qu’il est impensable de remettre en question, il semble bien, à l’analyse, qu’elle ne soit pas aussi figée dans le marbre que ce que laisserait penser la belle détermination d’un Valls volontaire.
Prenez les impôts, par exemple (ce n’est pas une proposition, hein, c’est une contrainte. À payer.) Eh bien dans ces deux années, le moins qu’on puisse dire est qu’il y a eu, sur le sujet, pas mal de changements. Au début, rappelez-vous, il s’agissait de faire casquer les riches, ce qui devait, selon le premier ministre de l’époque, épargner neuf Français sur dix. Las. Une très grosse majorité d’entre eux s’est alors découvert riche (premier changement). À la suite de quoi (et de la grogne déclenchée), il a fallu faire un petit peu de rétropédalage sur un plan d’eau agité. Des réductions d’impôts furent donc consenties pour les plus pauvres (deuxième changement). Avec l’actuelle arrivée des nouvelles déclarations, nouvelle découverte : plusieurs centaines de milliers de Français deviennent des foyers fiscaux. Troisième changement. Quant à la finance, c’était l’ennemi, mais bon, finalement, non. Pour une politique économique fixée sur le long terme, ça fait déjà beaucoup d’ajustements, disons.
Du côté des « réformes », s’il y a eu changements, c’est dans leurs noms, leur nombre et leur portée. Le pacte de compétitivité s’est mué en pacte de responsabilité sans qu’on puisse dire exactement ce qu’il va contenir, le choc de simplification s’est transformé en tsunami de textes et de lois complexifiant encore l’usine à gaz française. Lorsque Hollande faisait paraître son programme présidentiel, il établissait des objectifs (de croissance, de déficits) qui ont eu le bon goût, là encore, de changer au fil du temps (jamais pour le meilleur, zut encore). Quant aux dépenses des administrations publiques, là encore, le changement fut dans le rythme de croissance, peut-être plus modéré que sous Sarkozy… Mais malheureusement toujours positif (et pas qu’un peu).
Décidément, le changement est une chose difficile à cerner. Soit il n’y en a pas officiellement, et toute modification, tout volte-face et tout demi-tour dans la politique économique du gouvernement est alors un ajustement, une adaptation, un petit réglage. Soit il doit absolument y en avoir un gros, et là, on tombe sur de longs discours enflammés, des dispositions de lois amphigouriques et de mystérieuses disparitions en rase campagne.
Ah, et accessoirement, en marge de l’interview, il y avait aussi un sondage dont le résultat ne devrait, en réalité, surprendre personne. Dans une proportion de quatre sur cinq, les Français ne feraient apparemment plus confiance au gouvernement et pour obtenir des résultats en ce qui concerne la réduction des déficits publics (zut alors !), la croissance économique (sapristi !) et la lutte contre le chômage (oh noes !).
Certes, tout comme on ne peut pas avoir « le changement » comme cap, parce que c’est parfaitement ridicule, on ne peut pas non plus gouverner un pays comme une girouette, en changeant sa politique au gré des sondages divers et variés. De là à soutenir mordicus qu’il faille s’entêter alors que les contre-performances s’empilent, évidemment, il y a une certaine marge dans laquelle barbote actuellement le gouvernement en faisant des petits prouts gênés.
En outre, la médiocrité du soutien au gouvernement constitue un record, tant en durée qu’en profondeur. Force est de constater qu’il est détesté de tous les bords, et la dissension se voit même dans les rangs de la majorité parlementaire. Valls a beau faire un peu de rhétorique en prétendant avoir un « discours de vérité », il s’agit surtout d’un discours creux, dans lequel les évidences s’enfilent les unes après les autres, évidences qui montrent que personne n’a d’idée précise de la direction prise par le gouvernement ; tout, dans ce qu’il fait, montre de la précipitation, de la réaction à des événements extérieurs qui n’ont pas été anticipés ni même imaginés. Les entrées d’impôts diminuent alors qu’on en a augmenté l’assiette et la quotité ? C’est totalement imprévu. La construction immobilière s’effondre alors qu’on a pourtant noyé le secteur dans une législation contraignante et des normes folles ? Coup du sort, à l’évidence. En fait, tout est décidé dans l’urgence, pour parer au plus pressé, ce qui est l’exact contraire d’une politique décidée de longue date, planifiée et développée sereinement.
En définitive, difficile de ne pas mettre ces deux informations l’une à côté de l’autre.
D’un côté, le gouvernement applique de façon brouillonne la délicieuse « solution » qu’il nous a concoctée au cours des deux dernières années, brouet indigeste de bricolages, de renoncements, d’air chaud ventilé avec force, de « réformes » faites en dépit du bon sens et avec un résultat que même les plus fervents soutiens au Président des Bisous sont en droit d’appeler échec. Devant ce constat, le premier ministre nous annonce qu’il ne changera pas d’un iota. Bon. OK.
De l’autre, les Français n’ont plus aucune confiance en lui pour remettre le pays d’équerre.
Coïncidence ? Vraiment ?
dimanche 17 août 2014
Natacha Polony : Qu'est-ce que Paris a fait de la France ?
Qui se promène sur les routes de France et rencontre ses habitants sera frappé par un phénomène incontournable et récurrent. De cette Provence à la culture millénaire au Lauragais enraciné dans sa mémoire, des Corbières sauvages à la Touraine paisible, on cultive une même détestation de «Paris». Pas forcément le rejet colérique des Marseillais fiers de leur cité grecque et jaloux de leur rayonnement mais un agacement bougon face à une entité indéfinie et omniprésente. Manifestation poujado-populiste? Éruption identitaire? Non, il y a là un sentiment qui marie des souvenirs ancestraux et le constat sociologique le plus contemporain.
Paris, c'est cette puissance qui arase tout, qui rabote les droits et les identités. Paris, c'est un mélange d'arrogance, de certitude et de bonne conscience. Derrière ce sentiment, il y a la colère de n'être pas entendu, pas même considéré. Il y a l'impuissance et la révolte d'un peuple qui croit encore à l'Histoire et qui sait que la démocratie devrait consister à traduire dans les décisions prises au nom de la Nation, par l'Assemblée de ses représentants et du gouvernement qui en émane comme par le Président qu'il a élu, ce moment où la diversité des intérêts et des conceptions se recompose pour forger le Bien commun. On en est bien loin…
Et si au moins, ils les voyaient faire amende honorable, ces brillants esprits qui veulent penser pour eux. Mais l'été fut rythmé par les effroyables nouvelles de Mossoul et des Chrétiens d'Orient, et qu'ont vu les Français dans leurs journaux et leur poste de télévision? Les apprentis sorciers qui avaient soutenu l'intervention américaine en 2003 reconnaître leur tragique erreur et dénoncer la folie d'une idéologie qui consistait à imposer la démocratie et le marché - surtout le marché - par les armes? Pas du tout. Ils ont pu entendre Bernard Kouchner livrer ses oracles sans que personne n'ose lui demander un mea culpa.
L'été vit aussi se poursuivre le désastre économique, hausse du chômage, emplois menacés dans les abattoirs, feuilles d'impôts délirantes, spirale de la déflation… Ont-ils entendu Jacques Attali, Alain Minc et tous les chantres de la «mondialisation heureuse» admettre une erreur de jugement? Rien de rien.
Alors, Paris incarne tout cela. Les chevaliers francs et les seigneurs du Nord qui vinrent écraser la civilisation occitane sous prétexte d'hérésie cathare, et le légat du Pape, Arnaud Amaury, lâchant devant les remparts de Bézier: «Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens». Plus tard la réduction progressive de toute identité spécifique à une forme d'archaïsme forcément hermétique aux Lumières, aux Droits de l'Homme et au Progrès.
Pourtant, la France est riche de cette diversité qui fait que l'Anjou n'est pas le Dauphiné et que l'Artois n'est pas le Périgord. Elle vit de ces terroirs humains aussi bien que géographiques. Et il ne s'agit là ni d'identitarisme ethnocentré ni de régionalisme folklorique. On ne joue pas à parlercatalan ou à perpétuer le souvenir des traditions ch'tis. On le fait parce qu'on y trouve une dignité qui est celle d'un humain conscient de toutes les dimensions de son identité. Mais Paris, ce «Paris» qui symbolise à la fois la puissance publique et les élites, au lieu de cultiver cette diversité nationale qui a fait la grandeur de la France dans la richesse de ses différences, tel que le célébrait la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790, a systématiquement gommé ou éradiqué cette plus value française que constituait la possibilité de crier «Vive la République» en breton, en corse, en alsacien, en basqueou en occitan, cette possibilité de vivre dans un paysage identifié, dans un environnement culturel foisonnant.
Certes, si cela avait au moins permis de sauver la patrie en danger! Même pas! Car l'idéal de cette société de liberté, d'égalité et de fraternité censée justifier la virtualisation des identités françaises est aujourd'hui foulé aux pieds par la crise du politique, le renoncement à toute émancipation véritable et les certitudes d'experts occupés à développer un village mondial indifférencié où circuleront des produits standardisés. La télévision et la société de consommation sont en train de détruire cette diversité française bien plus sûrement que ne le firent les injonctions à parler Français des instituteurs de la IIIème République. «Défense de parler flamand et de cracher par terre»pouvait-on lire dans les cours de récré du Nord. Du coup on ne parle plus flamand mais on crache sur la France. Avant que You tube et le selfie généralisé n'achèvent le travail.
Et cependant, dans cette France aux paysages sublimes, cette France dont on nous dit, cette année encore, que 84 millions d'étrangers sont venus la visiter, on sent, bien sûr, de l'inquiétude, mais on sent surtout une force de volonté inaltérable à mille lieues de la résignation de ces élites nationales qui ont décrété que la France est un pays mineur. Dans chaque département, dans chaque contrée, on trouve des paysans qui s'organisent pour proposer des produits authentiques loin des circuits de la grande distribution, des entrepreneurs qui perpétuent malgré les délocalisations et la concurrence déloyale un savoir professionnel de qualité, des énergies prêtes à s'exprimer car elles s'appuient sur une mémoire transmise et la conscience de ce que l'on est. Ce ne sont pas les identités françaises qui menacent l'unité de la France, c'est la disparition du ciment qui faisait de ces identités l'édifice admirable qu'est une grande Nation.
jeudi 14 août 2014
Mon ennemi, c’est l’ignorance
Natacha Polony se fend d’une tribune dans Le Figaro, où elle dénonce l’imposture généralisée de la politique française pour s’en prendre finalement à la logique marchande, mère de tous nos maux. Mon ennemie à moi, ce n’est pas la finance, ni la logique marchande. Mon ennemie, c’est l’ignorance.
Natacha Polony, dans « France, royaume des imposteurs », n’a pas tort sur toute la ligne. Oui, la politique française est une imposture de grande envergure. On pourrait d’ailleurs étendre le champ de l’imposture à l’ensemble de la politique dans le monde.
Natacha Polony, dans « France, royaume des imposteurs », n’a pas tort sur toute la ligne. Oui, la politique française est une imposture de grande envergure. On pourrait d’ailleurs étendre le champ de l’imposture à l’ensemble de la politique dans le monde.
Pas pour les raisons qu’elle invoque. La logique de communication, qui pousserait les hommes politiques à agir dans le sens des sondages ou des succès perçus, est en réalité une facette de la logique démocratique, qui pousse les hommes politiques à agir dans le sens de leur meilleur intérêt en détournant le meilleur intérêt des citoyens. Le plus souvent, cela équivaut à aller dans le sens de leurs futures élections et de celles de leurs alliés et divers soutiens.
La logique démocratique repose sur l’idée que la majorité des suffrages exprimés peut décider pour tous les citoyens. Elle suppose que les citoyens ne doivent pas décider pour eux-mêmes, et s’oppose en cela à la logique libérale. Qui, d’un point de vue économique, s’incarne pas la « logique marchande » que dénonce Natacha Polony : le marché, ce sont tous les citoyens. Et même plus : le marché, c’est l’ensemble des citoyens du monde.
Et le marché est une excellente chose, pourvu que les dirigeants politiques n’interfèrent pas avec la volonté des citoyens. Pourquoi le feraient-ils, alors qu’ils sont censés la représenter ? Ce n’est pas à moi de répondre à cette question, mais aux partisans de l’intervention étatique dans l’économie comme madame Polony.
Le meilleur défenseur de l’intérêt des citoyens, ce n’est pas la classe politique. Les prétendus contre-pouvoirs médiatiques sont loin, très loin, de représenter ou défendre les citoyens, ni à vrai dire de l’informer ou l’impliquer. Les associations sont tantôt appuyées par le pouvoir, tantôt coulées, et peu représentent réellement l’intérêt des citoyens. Ce qui ne laisse plus que le citoyen lui-même, qui ne dispose de toute sa souveraineté que dans la logique libérale, marchande.
Mon ennemie, ce n’est donc pas la finance – et non pas surtout, mais seulement si elle est libre ou, comme madame Polony le dirait, libérale. Il n’y a rien de libéral dans le financement de la dette des États (sic) par des banques fortement règlementées et tout aussi fortement favorisées par les États (re-sic). Non. Mon ennemie, ce n’est c’est pas la finance, ni la logique marchande. Mon ennemie, c’est l’ignorance.
Mon ennemie, c’est l’ignorance.
Vous n’aimez pas les banques ? Vous voulez donner plus de pouvoir aux États sur le sujet ? Vous pouvez déjà constater, chaque jour, les effets du pouvoir étatique en la matière. À dire vrai, il est difficile de savoir si les États font des cadeaux aux banques tout en les tenant fermement en laisse, ou si c’est l’inverse. Les uns et les autres se soutiennent et se refinancent dans les moments difficiles. Et il en va de même des grandes entreprises proches des milieux politiques, qui s’appuient sur les services rendus par des politiques proches des milieux d’affaires.
Il ne faut donc pas reprocher aux entreprises de chercher à répondre aux besoins et attentes des consommateurs, ni aux politiques de traiter les électeurs comme des clients. Au contraire. Il faut traiter chaque individu comme un client, et comprendre qu’il a le droit d’acheter ou ne pas acheter, vouloir ou ne pas vouloir, obéir ou ne pas obéir. Il a le droit de choisir, aussi bien son soda que sa protection sociale, de choisir les produits qu’il consomme et ceux qu’il refuse. Vous n’emploieriez pas la force pour forcer un client à acheter, pourquoi contraindre un citoyen ? Vous ne limiteriez pas artificiellement l’offre disponible pour le client, pourquoi gêner Free, Netflix et Amazon ? Vous n’auriez rien contre des services gratuits aux acheteurs et aux vendeurs, pourquoi en vouloir à Google ?
C’est l’imposture démocratique qu’il faut dénoncer, non pas pour enlever leurs choix aux citoyens, mais pour les leur rendre. Aucune majorité ne devrait pouvoir aller contre les droits de l’homme, que sont la liberté, la propriété privée et la sûreté. Personne ne devrait pouvoir aller contre eux. Pourquoi ne pas lutter tous contre notre vrai ennemi, l’ignorance, en commençant par balayer devant notre porte ? Informons-nous, éduquons-nous, apprenons, et avançons.
mercredi 13 août 2014
Jean-Jacques Goldman, Mimie Mathy... La France a les héros qu'elle mérite
Le classement des personnalités préférées des Français consacre Jean-Jacques Goldman, mais oublie les politiques, les intellectuels et les dirigeants d'entreprises. Pour Yves de Kerdrel, ces résultats représentent bien la mentalité d'une France atonne, qui ne sait plus vers quel héros se tourner.
La seule personnalité morale figurant parmi les dix premières de ce classement estSimone Veil. Mais, depuis la mort de l'Abbé Pierre et de Sœur Emmanuelle, la plus fidèle abonnée de ce palmarès est l'actrice Mimie Mathy, qui doit sa célébrité à la série Joséphine, ange gardien, où elle incarne une «fée clochette» moderne qui résout tous les problèmes de la vie quotidienne.
C'est à croire que les Français sont infantilisés au point d'aduler une Mary Poppins des temps modernes, symbole d'un État-providence dont ils ne peuvent plus se passer et qui leur apporte des aides ou des allocations dont le montant est parfois plus important que ce qu'ils reçoivent en salaires pour la rémunération de leur travail.
Ce hit-parade «franchouillard» de la popularité relève, hélas, de l'exception. Le même sondage réalisé par Gallup fin 2013 aux États-Unis plaçait parmi les dix personnalités préférées des Américains cinq figures politiques (Barack Obama, George Bush, Bill et Hillary Clinton ainsi que la figure du Tea Party, Sarah Palin), deux personnalités religieuses (le révérend Graham et le pape François), mais surtout trois chefs d'entreprise, véritables stars de la création de richesse: l'investisseur Warren Buffett, le promoteur Donald Trump et Bill Gates, le fondateur de Microsoft.
Il est arrivé, par le passé, que des grandes figures politiques, religieuses, ou intellectuelles fassent bonne figure dans le classement du journal dominical. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy est le seul à faire exception, puisque l'ancien chef de l'État est placé en vingt-neuvième position, alors que pas une personnalité socialiste n'a été citée par le millier de Français interrogés. Mais jamais des créateurs d'entreprise, des capitaines d'industrie ou des aventuriers du capitalisme n'ont été portés au pinacle de la popularité des Français. La détestation de nos concitoyens pour l'argent, et plus largement pour la réussite ou pour le mérite, explique cette insupportable dissymétrie entre les résultats d'un même sondage réalisé des deux côtés de l'Atlantique. Si ne figure dans ce classement aucun capitaine d'industrie tricolore, comme Martin Bouygues, Pierre Bellon, Bernard Arnault, Vincent Bolloré ou François Pinault, c'est qu'en France la réussite est par nature suspecte. Non seulement elle ne suscite pas l'enthousiasme, le respect ou l'admiration, mais, au contraire, elle engendre la méfiance, la suspicion, voire même une jalousie teintée de détestation. Bien sûr, il n'est pas interdit d'apprécier des acteurs aussi talentueux que Jean Reno, Jean Rochefort, Gérard Jugnot, Daniel Auteuil, Fabrice Lucchini ou Christian Clavier, symboles - chacun à leur manière - d'une forme de génie français. Mais comment comprendre que pas un scientifique, pas un Prix Nobel, pas un écrivain, pas un inventeur, pas un chercheur, pas un découvreur, pas un innovateur ne soit cité par les Français? Alors que ce sont eux qui font le prestige de la France à l'étranger, l'identité de notre pays, et surtout sa capacité à créer demain des emplois ou à tenir son rang dans la compétition mondiale.
De manière inconsciente, les Français ont compris que le mépris de l'actuelle majorité socialiste pour tous ceux qui créent des richesses, qui investissent dans l'avenir et qui font tout leur possible pour gagner la guerre économique, ne méritait pas qu'ils leur apportent du soutien à l'occasion de ce sondage.
Il s'agit là de l'un des multiples symptômes de ce mal français décrit par Alain Peyrefitte. Un mal fait par une poignée d'idéologues qui sapent ce qu'il reste de notre société de confiance, dans laquelle peuvent éclore de belles entreprises au profit de cette «société à irresponsabilité illimitée», qui conduit les Français à penser que leurs problèmes vont être résolus demain par une Mimie Mathy claquant de ses deux doigts. À moins que nos compatriotes aient fait leur le fameux adage selon lequel «la vacance des grandes valeurs fait la valeur des grandes vacances».
Bouts de chandelles
Bouts de chandelles
Le président pouvait espérer plus souriant décor de fond pour les bouts de chandelles de son gâteau d'anniversaire. Démuni face au rouleau-compresseur de la crise, mais lucide, il a pris soin de prévenir du sombre scénario qui attend les Français à la rentrée. Il lui sera tenu gré de la méthode, même si son apologie du souvenir avait des allures de feuilleton de communicant cherchant à faire passer la mémoire pour un standard du bonheur. On se serait cru dans « Le Meilleur des mondes » quand Aldous Huxley décrit avec une incroyable anticipation notre actuel univers pernicieux dénué de clarté universelle. L'alerte de François Hollande sur le risque de déflation était en réalité une prévision pour l'Europe. Le retour de la croissance et de la compétitivité ne sont même pas envisagées et voilà que les dissensions sont audibles à l'intérieur même de la majorité.
Mais prévenir n'est pas guérir et le problème du Premier ministre est bien de ne pas réussir à nous rendre lisibles et convaincantes son ordonnance et ses posologies. Nous ne nous suffisons plus de casser le thermomètre, il faut soigner l'espoir, le pouvoir d'achat, l'emploi, nous épargner les abus de la concurrence folle, ceux des profits démesurés et mal partagés, ces ferments de révolte.
Déjà sous Sarkozy, les méfaits de l'austérité étaient pointés d'un index réprobateur en même temps que ceux de la rigueur budgétaire. Or c'est il y a quelques jours, au cours d'un séminaire-prétexte, que l'on a eu l'air de découvrir qu'il fallait un peu plus d'argent dans la machine, plus d'inflation pour faire repartir la vieille bécane du capitalisme, et que M. Montebourg se désolidarisait du navire en susurrant qu'il faudrait peut-être changer de politique. Donnant raison à François Hollande, le président de la Bundesbank, le plus orthodoxe des orthodoxes monétaires, préconise lui aussi le relèvement des salaires allemands. C'est dire si la situation est plus grave que ne le disent les séminaires !
De main dans la main en accolade trop préparée, l'Allemagne, qui cache sous le lit du couple une mémoire de vaincu, a repoussé d'un revers dénué de sentiment la sébile tendue par la France. Une sorte de « Débrouillen sie sich ! ».
Anniversaire de François Hollande : les 5 éléments qui pourraient gâcher la fête
François Hollande fête ce mardi 12 août 2014 ses 60 ans. Un anniversaire parasité par une croissance en berne, le conflit israëlo-palestinien et d'autres considérations plus personnelles.
François Hollande va souffler 60 bougies, ce mardi 12 août 2014, quelque part dans le Sud-est en famille, en compagnie de ses quatre enfants.
Un anniversaire parasité par une économie en berne, le conflit israelo-palestinien, le conflit en Irak et la cote de popularité en berne du Président. Côté vie personnelle : le magazine Closer qui avait révélé la liaison Hollande-Gayet, annonçait le mariage du couple pour l'anniversaire de François Hollande. Rien n'est moins sur.
Un anniversaire parasité par une économie en berne, le conflit israelo-palestinien, le conflit en Irak et la cote de popularité en berne du Président. Côté vie personnelle : le magazine Closer qui avait révélé la liaison Hollande-Gayet, annonçait le mariage du couple pour l'anniversaire de François Hollande. Rien n'est moins sur.
1. La déflation pointe le bout de son nez
François Hollande n'a pas pu enrayer le rythme des mauvaises nouvelles pour la croissance pendant l'été. Dès demain, mercredi 13 août, l'Insee publiera le chiffre de l'inflation en juillet, et la France pourrait se rapprocher de la déflation. Après Manuel Valls, François Hollande évoquait "un vrai risque déflationniste" au début du mois.
Dans un entretien au Monde, François Hollande avait appelé le gouvernement Merkel à "investir d'avantage" pour soutenir la croissance.
Dans un entretien au Monde, François Hollande avait appelé le gouvernement Merkel à "investir d'avantage" pour soutenir la croissance.
Nous ne sollicitons pas de l'Allemagne une quelconque indulgence, mais nous lui demandons un soutien plus ferme à la croissance.François Hollande
Réponse du gouvernement allemand : "Nous ne voyons aucun besoin d'apporter le moindre changement à notre politique économique". Et un nouveau camouflet au compteur du président Hollande qui devra trouver d'autres solutions pour relancer l'économie française.
2. Le pacte de responsabilité en partie retoqué par les Sages
Pour le moment, la principale mesure engagée par le Président destinée à promouvoir la croissance a déjà du plomb dans l'aile. Le pacte de responsabilité, si cher à François Hollande, a été en grande partie retoqué par le Conseil Constitutionnel.
Les Sages ont annulé les allègements de charges salariales sur les salaires inférieurs à 1,3 SMIC. Résultat : le gouvernement est obligé de revoir sa copie sur une mesure de pouvoir d'achat en faveur des salariés modestes. C'est le remède miracle du Président qui vacille.
Et les frondeurs du PS en profitent pour demander la "suspension immédiate" de la mesure qui sans ce volet social "ne répond pas à l'objectif de redressement dans la justice que s'était assigné le président de la République."
Les Sages ont annulé les allègements de charges salariales sur les salaires inférieurs à 1,3 SMIC. Résultat : le gouvernement est obligé de revoir sa copie sur une mesure de pouvoir d'achat en faveur des salariés modestes. C'est le remède miracle du Président qui vacille.
Et les frondeurs du PS en profitent pour demander la "suspension immédiate" de la mesure qui sans ce volet social "ne répond pas à l'objectif de redressement dans la justice que s'était assigné le président de la République."
3. Un été sur fond de conflits internationaux
Le lundi 4 août, François Hollande est sorti de sa réserve pour condamner les agissements d'Israël dans la bande de Gaza.
"Quand nous savons qu'il se passe des massacres tous les jours au Proche-Orient, nous devons agir."François Hollande
Une déclaration qui ne rattrape pas complètement le communiqué du 10 juillet dernier dans lequel il exprimait la solidarité de la France envers Israël. Aujourd'hui, le conflit a fait plus de 2.000 morts dans le camp palestinien.
Même si la France ne prévoit pas d'intervenir militairement en Irak, François Hollande a fait part de son soutien aux États-Unis. La France est engagée dans l'aide humanitaire et se dit prêt à "prendre toute sa part" dans le soutien aux victimes des "exactions intolérables" de l'Etat islamique. Une aggravation de la situation pourrait néanmoins changer les choses et engager les forces françaises dans la bataille.
Même si la France ne prévoit pas d'intervenir militairement en Irak, François Hollande a fait part de son soutien aux États-Unis. La France est engagée dans l'aide humanitaire et se dit prêt à "prendre toute sa part" dans le soutien aux victimes des "exactions intolérables" de l'Etat islamique. Une aggravation de la situation pourrait néanmoins changer les choses et engager les forces françaises dans la bataille.
4. Une cote de popularité en berne
Justement, ses prises de position à l'internationale ont tendance à regonfler la cote de popularité du Président. Mais c'est d'une remontée toute relative dont jouit François Hollande pour son anniversaire.
En août, 16 % des Français portent un jugement favorable sur son action comme président de la République, selon une enquête YouGov menée pourLe Huffington Post et i-Télé. Un score en progression de 2% par rapport à juillet. Pas sûr que cela suffise pour affronter la rentrée et son lot de mauvaises nouvelles.
En août, 16 % des Français portent un jugement favorable sur son action comme président de la République, selon une enquête YouGov menée pourLe Huffington Post et i-Télé. Un score en progression de 2% par rapport à juillet. Pas sûr que cela suffise pour affronter la rentrée et son lot de mauvaises nouvelles.
5. Un anniversaire sans compagnie galante ?
La presse people nous annonçait que pour son anniversaire - et d'ailleurs le jour même -, François Hollande allait épouser Julie Gayet. C'est mêmeCloser, le magazine qui avait révélé la liaison du Président, qui l'affirmait au mois de juillet. Une information rapidement démentie par le principal intéressé.
"Le 12 août, c'est mon anniversaire. (...) ce n'est pas la peine d'apporter d'autres cadeaux, des présents ou des dragées."François Hollande
La rumeur a aujourd'hui plus que jamais avoir du plomb dans l'aile, et aux dernières nouvelles le Président soufflera ses soixante bougies en compagnie de ses quatre enfants Thomas, Clémence, Julien et Flora.
Quant à l'éventuelle présence de l'actrice ? Si l'on en croit le dernier numéro de Voici, elle est plus qu'improbable. Le magazine nous montre une série de photos de la jeune femme en compagnie d'un autre homme sur la plage. Après avoir poussé François Hollande à officialiser leur relation, sans succès, Julie Gayet l'aurait quitté et chercherait aujourd'hui à "l'oublier".
Quant à l'éventuelle présence de l'actrice ? Si l'on en croit le dernier numéro de Voici, elle est plus qu'improbable. Le magazine nous montre une série de photos de la jeune femme en compagnie d'un autre homme sur la plage. Après avoir poussé François Hollande à officialiser leur relation, sans succès, Julie Gayet l'aurait quitté et chercherait aujourd'hui à "l'oublier".
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