TOUT EST DIT

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lundi 18 août 2014

L’heure de la vérité

L’heure de la vérité

Si Michel Sapin parle aussi clair, s'il délaisse la langue de bois, s'il révise la prévision de croissance de moitié et dit que ni l'an prochain ni l'année suivante, les objectifs de réduction de la dette ne pourront être tenus, c'est qu'à coup sûr la situation est grave. En plein pont du 15 août, il pouvait pourtant, c'est sa spécialité, enrober l'information, noyer le poisson et s'en tenir aux sombres annonces du président et du Premier ministre pour la rentrée. « Il faut maintenant tenir un discours de vérité » dit-il. Est-ce pour autant l'aveu que depuis deux ans les responsables louvoyaient avec l'espoir que la conjoncture générale et la reprise leur donneraient un coup de main ? Ce serait un bien mauvais procès, mais ils découvrent, comme d'autres avant eux, qu'il n'y a plus de gouvernail indolore pour rectifier sur le mauvais cap de l'économie.
L'Europe est incapable de relever les enjeux, les grands pontes de l'économie devisent entre eux en ne parlant que pourcentages, mais plus aucun des leviers habituels n'est opérationnel. Le salut, contrairement à ce que l'on prétend, ne viendra pas de Bruxelles et il n'y a plus d'outils dans la fameuse boîte présidentielle.
Ou alors il faudra se résoudre à la purge façon Espagne ou Irlande ! Ce qui signifie des coupes brutales dans les dépenses de l'État, dans les dépenses sociales. Avec en plus les déréglementations du marché du travail, les pertes de revenus que cela suppose et la diminution de la protection sociale des salariés. Pour le moment, dire que la croissance est faible ou nulle c'est un peu abstrait dans les têtes, mais quand vont tomber les forcément mauvais chiffres du chômage, on va mieux comprendre l'impact de ce zéro pointé sur l'emploi. Les effets politiques aussi vont rapidement être visibles. Déjà François Hollande n'a quasiment plus de majorité à l'intérieur d'un PS très clivé qui voit arriver son heure de vérité.
Jusque-là Nicolas Sarkozy était le meilleur candidat de la droite. Il est désormais aussi le meilleur candidat pour la gauche. Car à moins de son retour et du rejet qu'il pourrait entraîner, y compris à droite, on ne voit pas ce qui pourrait sauver le parti socialiste et ce qui lui restera d'alliés à la prochaine élection présidentielle.