TOUT EST DIT

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mardi 17 juillet 2012

Rigueur de gauche


Inimaginable, il y a quelques mois : la France, devenue valeur refuge, emprunte à des taux négatifs. Des investisseurs paient pour nous prêter de l'argent ! Entre autres raisons, parce qu'ils font confiance à la gauche pour poursuivre les engagements européens de retour à l'équilibre... en augmentant les prélèvements.
La rallonge budgétaire que les députés examinent depuis hier confirme cette orientation : un bon milliard d'économies, sept milliards d'impôts et de cotisations, qui s'ajoutent aux mesures Fillon pour compenser des recettes sous-estimées, et supportés par les plus aisés.
L'austérité plus l'espoir, avait dit Pierre Mauroy Premier ministre, quand on lui demandait, il y a trente ans, de définir la rigueur de gauche. Le mot étant politiquement tabou, François Hollande préfère parler « d'effort juste ».
L'effort ? On n'a encore rien vu. Le sujet, pour l'heure, est de boucler l'année. Revenir aux 4,5 % de la richesse en déficit public est quasiment acquis. Atteindre l'équilibre des comptes de l'État et de la Sécurité sociale sera une autre épreuve : il faudra trouver 100 milliards d'économies et de prélèvements.
Pour l'instant, on est plus dans le détricotage du sarkozysme que dans le tricotage du hollandisme. Souvenez-vous : 16 juillet 2007, l'Assemblée bleu UMP adopte la loi Tepa, la défiscalisation des heures supplémentaires, le bouclier fiscal. 16 juillet 2012, cinq ans après jour pour jour, repeinte en rose et vert, elle abroge la défiscalisation des heures sup, rétablit l'ISF et baisse le salaire du président de la République.
Des mesures insuffisantes. La vraie réforme sera le budget 2013, discuté à l'automne. C'est là que viendront la tranche fiscale à 45 % et, pour faire avaler d'autres contributions, le taux à 75 % pour une infime minorité de contribuables à très haut revenu.
Là aussi que l'on parlera sérieusement d'économies : si on crée 66 000 emplois dans trois gros ministères, le gel de la masse salariale supposera d'en supprimer davantage dans les petites administrations. Dans celles-là, on ne sera plus dans le ratio d'un fonctionnaire sur deux non remplacé, mais dans celui beaucoup plus contraignant de deux sur trois, voire de trois sur quatre.
Juste ? Vaste débat. Qu'est-ce qui est le plus juste, de permettre à neuf millions de Français de gagner 470 ? de plus par an en moyenne tandis que le chômage explose ? Ou de refiscaliser des heures sup à compter du 1er juillet, au détriment de salariés souvent peu aisés, mais au bénéfice supposé d'un partage du travail qui profiterait aux demandeurs d'emploi ?
Qu'est-ce qui est le plus juste, de taxer des riches et des entreprises qui investissent, innovent et font la croissance ? Ou d'imposer des rentiers, pas forcément fortunés, mais qui vivent dans le confort d'un statut ou d'un placement sans risque ? Si la justice consiste à opposer brutalement riches et pauvres, à mettre au même niveau celui qui développe son talent et celui qui écoute pousser l'herbe, on risque de décourager l'entreprise et de casser la croissance.
Il est là le défi du gouvernement Ayrault : parer aux urgences et financer l'avenir, trouver des recettes et des économies sans étouffer la croissance, appeler à l'effort sans tuer l'initiative. 
Au secours la croissance !

Patates


Notre Président prétend aimer le foot ? C’est faux ! La preuve, il a menacé hier les footballeurs qui voudraient échapper à l’impôt de leur envoyer le fisc... Mais savez-vous, M. notre Président, que vous risquez ainsi de faire fuir le génial Suédois Zlatan Ibrahimovic ? Le Paris-Saint-Germain espère l’embaucher pour le modeste salaire annuel de 13 millions d’euros - net d’impôts, bien sûr. Mais si vous le taxez à 75% au-dessus de sa première patate, comment voulez-vous qu’il s’y retrouve, le pauvre Zlatan ? Pire, avec votre fiscalisation des heures supplémentaires, vous imaginez l’addition, à chaque fois qu’il devra jouer une prolongation ? M. notre Président, l’heure est grave. Vous jouez contre notre football national en affaiblissant le PSG, ce club de milliardaire qatari, composé de millionnaires suédois, brésilien et argentin... Et pendant qu’on y est, pourquoi pas Montpellier champion ?

République exemplaire ? La gauche touche le fond !

République exemplaire ? Les électeurs de Hollande en sont pour leurs frais. Le problème est que c'est la France tout entière qui paye. Le changement, ça n'est pas maintenant !

La gauche touche le fond ! Est-ce que les électeurs de François Hollande se rappellent qu'ils avaient choisi de donner à la France une majorité qui devait effacer les "injustices" de la période Sarkozy. Rappelez-vous des 17 raisons de voter Hollande données par Sarkofrance, ou le "Hollande vengeant en prime-time nombre de Français face à l'arrogance d'une politique et d'un mode de gouvernance qu'ils subissent depuis trop longtemps" de Seb Musset.
Et puis souvenez-vous de Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire et Moi président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres, qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d'intérêts.
Quelle plaisanterie...
On se souvient tous des catastrophiques débuts de Flamby Hollande, entre avions foudroyés, jets privés Tulle-Paris, chaise vide à l'OTAN et signature du Pacte de Stabilité [1].
Mais il y a pire que Air Sarko One devenu Air Flamby, pire que le pavillon de la Lanterne à Versailles utilisé par le président de la République, pire que le restaurant le Laurent. Le pire, c'est l'arrogance du PS.
On a des comportements de népotisme avéré, bien peu digne des idéaux moraux élevés dans lesquels les socialos gauchistes aiment se draper.
Que dire du fait qu'Audrey Pulvar (journaliste), compagne d'Arnaud Montebourg (ministre du redressement productif), trouve un (top) job au sein des Inrockuptibles, un magazine possédé par Matthieu Pigasse, un banquier d'affaires soutien financier du Parti Socialiste ? Que se passera t-il quand Lazard, l'employeur de Pigasse, voudra, de manière parfaitement légitime, conseiller PSA, Sanofi ou toute autre entreprise du CAC 40 ?
Est-il normal que les conjoints de ministres soient recrutés dans les cabinets ministériels ?

On a aussi les affaires du PS, jamais très loin, illustrées par cette honteuse réintégration d'Andrieux au sein du groupe socialiste. Est-ce ça, la Normalie ?
On a aussi ce manque d'exemplarité de ces députés qui refusent de suivre la proposition de Charles de Courson (Nouveau Centre) de fiscaliser la part de l’IRFM (indemnité représentative de frais de mandat) non utilisée à des fins professionnelles.
Les électeurs de Hollande en sont pour leurs frais. Le problème est que c'est la France tout entière qui paye. Le changement, ça n'est pas maintenant !
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Sur le web
Note :
  1. Lire Alors, finalement contents de Hollande-Ayrault ?, un billet du 7 Juillet 2012, et La déception Flamby (pour celles et ceux qui y ont cru, un billet du 3 juillet 2012.

Jean-Marie Le Guen s'engage pour la faillite de l'industrie du tabac en France

Le député Jean-Marie Le Guen estime ce lundi dans les colonnes du Parisien qu’il fallait taxer les « superprofits » des fabricants de tabac au motif que ces derniers – selon ses termes – sacrifient notre santé et les finances publiques des Français. Un bien beau moyen de faire partir de France l'industrie du tabac.

Le député Jean-Marie Le Guen estime ce lundi dans les colonnes du Parisien qu’il fallait taxer les « superprofits » des fabricants de tabac au motif que ces derniers – selon ses termes – sacrifient notre santé et les finances publiques des Français. Bien sûr, toujours selon le député susnommé, cette mesure « n'aura aucun effet sur le prix du paquet de cigarettes ou sur le pouvoir d'achat des Français » : ça, c’est le rôle de l’augmentation de 6% prévue pour l’automne. Décidément, l’inventivité de nos élus en matière fiscale n’a d’égal que le génie créatif dont ils sont capables pour justifier leur matraquage.
D’une part, et c’est un fumeur qui vous le dit, ce ne sont pas les cigarettiers qui sacrifient notre santé mais ce sont les fumeurs qui font le choix conscient de consommer un produit dont ils savent parfaitement qu’il n’est pas bon pour leur santé. Si le simple fait de gagner de l’argent grâce à la vente de tabac suffit à se rendre coupable de vouloir sacrifier la vie des honnêtes gens, alors, avec un prix de vente des cigarettes composé à 80% de taxes, le criminel en chef c’est l’État. Il suit de la remarque précédente qu’affirmer que l’industrie du tabac ruine nos finances publiques alors que les taxes que nous payons sur chaque paquet génèrent près de 13 milliards d’euros de rentrées fiscales annuelles, c’est décidément nous prendre pour des imbéciles. Enfin, il va de soi que si l’on ponctionne leurs profits, lesdits cigarettiers n’auront d’autre choix que d’augmenter leurs prix de vente… ou de mettre la clé sous la porte.
Gageons que d’ici quelques mois nous allons assister à la fermeture des dernières usines de cigarettes encore installées en France, à la disparition de quelques milliers de bureau de tabac et à une belle série de licenciements économiques dans toute la filière de distribution. Cela donnera sans doute l’occasion à l’un ou l’autre des imbéciles qui nous gouvernent de déclarer qu’il « n’accepte pas ».
« La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent », Albert Einstein

Fin de l'exonération des heures supplémentaires, hausse des impôts pour les salariés

En discussion ces jours-ci à l’Assemblée Nationale, le collectif budgétaire du gouvernement veut revenir sur le mécanisme emblématique de l'exonération des heures supplémentaires instauré en 2007 par la droite dans la loi TEPA (Travail, emploi et pouvoir d’achat).
En discussion ces jours-ci à l’Assemblée Nationale, le collectif budgétaire du gouvernement veut revenir sur le mécanisme emblématique de l’exonération des charges sociales sur les heures supplémentaires instauré en 2007 par la droite dans la loi TEPA (Travail, emploi et pouvoir d’achat).

À première vue, le bilan de cette loi est loin d’être aussi vertueux pour l’emploi que ce qu’avait souhaité le gouvernement lors de son introduction : faible volume d’heures supplémentaires créées et manque à gagner fiscal pour l’État de 4,5 à 5 milliards €.
La tentation est donc grande pour la gauche de supprimer une mesure doublement symbolique : elle attaque ainsi la « réforme TEPA » contre laquelle elle s’est battue pendant la mandature précédente et elle récupère une partie des exonérations pour limiter le déficit budgétaire.
Or, si les entreprises  - a fortiori celle de moins de 20 salariés – vont peu souffrir de cette réforme, c’est bel et bien les 9,5 millions de salariés bénéficiant de l’exonération de charges sociales et d’impôts sur les revenus de ces heures supplémentaires. Ainsi, plus de 20% des ménages Français vont perdre jusqu’à 1,3 milliards € jusqu’alors exonérés et 2,4 milliards € qu’ils devront à nouveau payer en charges sociales.
La fin des heures supplémentaires c’est donc 3,7 milliards € de moins pour près de 30% des ménages (foyers fiscaux), dans toutes les catégories de la population.
Cette mesure, devrait donc concerner les revenus de l’année 2012, à partir du premier juillet. En année pleine, c’est-à-dire pour les revenus 2013, les Français concernés subiront donc une augmentation d’impôts et de charges de près de 660 € (6,5 millions de ménages et 3,7 milliards €) par an et par ménage, si l’ensemble des exonérations sont abrogées. Le parti socialiste s’attaque donc bel et bien au pouvoir d’achat des Français.
Source des calculs : rapport Gorges / Mallot de l’Assemblée Nationale

SOIT EN FAIT : TRAVAILLER AUTANT POUR PAYER PLUS !!!

14 Juillet : Gambetta en gambettes



Pauvre défilé des troupes déjà amputé des trois quarts de ses soldats, chaque régiment réduit à la portion congrue, et auquel on a collé en préambule une ode à Gambetta.
Hollande avait déjà appelé l’esprit de Jules Ferry sur sa présidence en un hommage appuyé, cette fois il nous convoque Gambetta pour le 14 Juillet. C’est son magnifique panthéon personnel qu’il nous inflige et c’est l’hommage à l’armée française qui en a été sali, comme l’a très bien relevé le journal royaliste internet Lafautearousseau.
Etrange apparition que cette jeune actrice en robe courte pas très heureuse sur une cuisse forte, qui s’est mise à déclamer avec autant d’emphase que la tragédienne Sylvia Monfort interprétant Phèdre au milieu du siècle dernier et dont on disait que les spectateurs du premier rang pouvaient apercevoir la glotte.
Même les jeunes ministres comme Cécile Duflot avaient l’air interloqué par le style et l’on a bien cru que Valérie Trierweiler, à peine revenue en grâce, allait avoir un fou rire.
Et quel texte :
« … Les journées les plus décisives de la Révolution française sont contenues, sont impliquées dans ce premier fait qui les enveloppe : le 14 juillet 1789. Et voilà pourquoi aussi c’est la vraie date révolutionnaire, celle qui fait tressaillir la France ! On comprend que ce jour-là notre Nouveau Testament nous a été donné et que tout doit en découler. ». (Extrait du discours de Gambetta à La Ferté-sous-Jouarre le 14 juillet 1872.)
On a bien compris ce que commémore Hollande le 14 Juillet : la culture politique qui conduit à la terreur.
Et c’est une actrice bretonne en plus, Sterren Guirriec, qui a lu cet extrait scandaleux. Une Bretonne qui lit avec ferveur du Gambetta, celui qui ordonna le Camp de Conlie, où 60 000 Bretons furent traités comme du bétail et des milliers d’entre eux conduits à la mort. Gambetta s’en souciant comme d’une guigne, car c’étaient, disait-il, « des chouans en puissance… » !

lundi 16 juillet 2012

Cinq choses à savoir sur la commission Jospin

Lors de son interview télévisée de samedi dernier, François Hollande a annoncé une commission "chargée de la rénovation et de la déontologie de la vie publique", pilotée par Lionel Jospin. A quoi servira-t-elle? Qui en fera partie? On fait le point.

A quoi cette commission servira-t-elle?

La moralisation de la vie politique est une mesure chère à François Hollande. En janvier, elle figure parmi ses "60 engagements pour la France". Les chantiers sont nombreux: modes de scrutin, conflits d'intérêts, financement des campagnes électorales, statut pénal du chef de l'Etat ou encore le très polémique non-cumul des mandats.
Le président de la République a remis ce lundi matin la lettre de mission à Lionel Jospin, qui réunira pour une première fois les membres de la commission le 25 juillet. Des conclusions devraient être remises "tout début novembre".

Qui y figure ?

La commission paritaire de quatorze membres sera majoritairement composée "d'universitaires, spécialistes des questions que nous traitons, de magistrats et de hauts-fonctionnaires", assure Lionel Jospin. A part Roselyne Bachelot et lui-même, aucun autre membre n'est issu d'un gouvernement. Le choix d'intégrer l'ancienne ministre de la Santé s'est fait pour "respecter une diversité d'opinions" malgré le fait qu'elle voulait se retirer de la vie politique, explique encore l'ancien Premier ministre.
Siégeront donc dans cette commission l'ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin à Matignon et président de section au Conseil d'Etat Olivier Schrameck, le préfet Jean-Pierre Duport, Marie-Christine Lepetit, chef du service de l'Inspection générale des finances, Jean-Claude Casanova, président de la Fondation nationale des sciences politiques, Julie Benetti, professeure à l'université de Reims, Wanda Mastor (Toulouse I), Ferdinand Melin-Soucramanien (Bordeaux IV), Agnès Roblot-Troizier (Evry), Dominique Rousseau et Hélène Ruiz-Fabri (Paris I) et les magistrats Chantal Arens, présidente du tribunal de grande instance de Paris et Jean-Louis Gallet, conseiller à la Cour de cassation.

Pourquoi Lionel Jospin?

Le come-back de Lionel Jospin n'est pas une surprise. Après s'être retiré de la vie politique pendant dix ans, il a été un soutien actif de François hollande pour sa campagne présidentielle. C'est donc au tour de François Hollande de faire un geste pour celui qui l'avait souvent associé aux discussions du gouvernement dont il était le premier ministre sous Chirac.
Lionel Jospin se déclare "honoré" de présider cette commission. Les mauvaises langues diront qu'un homme politique de 75 ans n'incarne pas la "modernité", ce à quoi l'intéressé répond "qu'il ne fait pas être dans le procès d'intention".

Que veut dire moraliser ?

Par moraliser, le chef de l'Etat entend revoir les privilèges et les "aberrations" de la République. En abaissant son salaire et celui du premier ministre de 30%, il lance le processus de rupture avec son prédécesseur. Cela ne se fera pas sans difficultés, et on pense notamment à la mesure du non-cumul des mandats qui ne fait pas l'unanimité au sein de la majorité parlementaire. Le statut pénal du président sera aussi un temps fort de cette commission, sous fond d'affaires judiciaires avec l'ancien chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy. Avec toutes ces mesures, François Hollande peut espérer faire remonter le baromètre de la confiance politique du CEVIPOF.

Une idée qui n'est pas nouvelle

Nicolas Sarkozy afait déjà fait campagne en 2007 sur la construction d'une "République irréprochable". Son mandat lui a même permis d'instaurer une plus grande transparence dans les comptes de l'Elysée ou encore de réviser la constitution en juillet 2008 qui autorise les citoyens à saisir le Conseil constitutionnel pour vérifier la constitutionnalité d'une loi qui lui est opposée.
Quand on annonce son retrait de la vie politique, on s'y tient surtout à 75 ans. Son retour est en contradiction complète avec la morale. Il n'y a donc personne de neuf et plus jeune à mettre ? Quel budget pour cela ? Encore des dépenses inutiles qui vont grever le budget. C'est encore des économies ratées, avec des rapports qui ne déboucheront sur rien, comme d'habitude.


Espérance de vie, rappel historique

Obnubilés par l'immédiateté, nous perdons de vue l'essentiel : l'amélioration extraordinaire de nos conditions de vie. Un exemple avec l'espérance de vie à la naissance, depuis le XVIIIe siècle.

François Ier de France, né le 12 septembre 1494 et mort le 31 mars 1547, a donc vécu 52 ans et 7 mois. Claude de France, sa première épouse, est née le 13 octobre 1499 et a rendu l’âme le 20 juillet 1524 ; elle a donc vécu 24 ans et 9 mois. De cette union sont nés les 7 enfants légitimes du roi. Louise de France, l’ainée, ne survivra pas plus de 3 ans et 1 mois ; Charlotte de France, sa cadette, décèdera à 7 ans et 11 mois ; François III de Bretagne, le fils ainé du roi, survivra 18 ans et 6 mois ; Henri II de France, le quatrième de la fratrie, vivra 40 ans et 4 mois ; Madeleine de France disparaîtra à 16 ans et 11 mois ; Charles II d'Orléans passera l’arme à gauche à 23 ans et 8 mois ; Marguerite de France, enfin, battra le record de sa fratrie en atteignant 51 ans et 4 mois. En moyenne, l’espérance de vie à la naissance du couple royal était donc de 23 ans et 1 mois[1].
Louis XV de France est né le 15 février 1710 et s’éteindra le 10 mai 1774 à 64 ans et 3 mois. Marie Leszczyńska, son épouse, fera mieux encore : née le 23 juin 1703, elle tiendra jusqu’au lendemain de son 65ème anniversaire. De leur union vont naitre les 10 enfants légitimes de Louis XV. Si Élisabeth de France atteindra 32 ans et 4 mois, sa sœur jumelle, Henriette de France, mourra à 24 ans et 6 mois ; Marie Louise, la troisième fille du couple royal, aura encore moins de chance et décèdera à 4 ans et 7 mois ; Louis de France, le premier fils de la fratrie, atteindra 36 ans et 4 mois mais Philippe Louis, son petit frère, ne vivra que 2 ans et 7 mois ; le record de la fratrie revient à Adélaïde de France qui verra le XIXème siècle en atteignant presque les 68 ans ; sa petite sœur Victoire de France s’en sortira bien aussi en vivant 66 ans et 1 mois ; Sophie de France décèdera à 47 ans et 8 mois ; Thérèse de France ne vivra pas plus de 8 ans et 5 mois ; Louise de France, enfin, atteindra l’âge tout à fait honorable de 50 ans et 6 mois. En moyenne, l’espérance de vie à la naissance des enfants de Louis XV et Marie Leszczyńska aura donc été de 34 ans et 1 mois.
Ces deux exemples appellent une remarque : nous parlons de fratries royales et pas n’importe lesquelles, celles des enfants du souverain le plus puissant d’Europe. Ces espérances de vie à la naissance sont donc calculées pour les familles qui disposaient sans doute des meilleures conditions de vie possibles à l’époque : que ce soit du point de vue du logement, de l’alimentation, de la sécurité ou de l’accès à des soins médicaux, il est plus que vraisemblable que les enfants de François Ier et ceux Louis XV étaient de ceux qui bénéficiaient des meilleures chances de survie au XVIème et XVIIIème siècle respectivement.
Et maintenant, un petit graphique tiré du 410ème bulletin d’information de l’INED [2] :

Ce graphique illustre l’espérance de vie à la naissance estimée pour l’ensemble de la population française de 1740 à 2004. Sur la deuxième moitié du XVIIIème siècle, vous pouvez constater comme moi que nos ancêtres, les contemporains de la fratrie des enfants de Louis XV et Marie Leszczyńska, vivaient moins de 30 ans en moyenne tandis qu’aujourd’hui, notre espérance de vie à la naissance est supérieure à 80 ans[3]. En deux siècles et demi, nous avons gagné plus de 50 années d’espérance de vie.
Comme l’exemple des deux familles royales l’illustre, la faible espérance de vie de l’époque préindustrielle s’explique notamment par une mortalité infantile très élevée. Au milieu du XVIIIème siècle, c’est pratiquement un enfant sur trois qui ne fêtait jamais son premier anniversaire (environ 30%) ; aujourd’hui, cette probabilité est tombée à moins de 0,4%. Mais ce n’est pas tout : jusqu’au milieu du XXème siècle, l’espérance de vie d’un homme ayant atteint son 60ème printemps ne dépassait pas 13 ou 14 ans ; selon les derniers chiffres de l’INED, il leur reste désormais plus 22 années à vivre. Là où Adélaïde établissait un record familial en atteignant l’âge canonique de 68 ans, une française ayant dépassé le cap des 60 ans peut désormais espérer vivre encore 27 années.
À part ça, en effet, il semble que Charlemagne ait vécu plus de 70 ans...
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Sur le web
  1. Certaines sources évoquent la naissance d’un huitième enfant, Philippe, qui n’aurait pas survécu à sa première année.
  2. Gilles Pison, France 2004 : l’espérance de vie franchit le seuil de 80 ans (2005).
  3. Un peu plus de 78 ans pour les hommes et presque 85 ans pour ces dames au dernier pointage.

Ce que PSA et Amazon nous révèlent de la nocivité des hommes d'État

D'un côté nous avons une industrie qui échoue malgré les aides et les supports de l'État, et de l'autre côté nous avons une industrie qui réussit en passant outre l'État. Et ils voudraient tuer ce qui marche pour aider ce qui ne marche pas !
PSA supprime 8000 emplois, le gouvernement veut taxer davantage Google, Amazon et Apple. Deux nouvelles dans les médias qui, pour le libéral averti, sont clairement les symptômes patents d’une maladie dont souffre notre nation française, l’interventionnisme d’État, et de son corollaire immédiat, l’anti-libéralisme.
Mais pour nos élites politiques de tous bords, et dans cet examen j’inclus le Front National qui se prétend être la nouvelle force d’opposition et d’alternance, ce diagnostic n’est pas partagé. C’est même plutôt l’inverse ; si l'on se réfère aux réactions devant l'annonce du plan social de PSA.
Tous les poncifs en la matière ont été entendus ; un véritable étalage de ce qui se fait de mieux en matière d’idéologie étatiste et socialiste. Les syndicats, comme attendus, ont renoué avec la lutte des classes en déclarant la guerre à PSA. La gauche et la droite ne se disputent que sur des broutilles, mais dans le fond proposent les mêmes solutions. La dernière s’indigne de la suppression de la TVA sociale, supposée panacée au problème de la perte de compétitivité de nos industries françaises, et elle réclame, oh surprise, en poussant des cris d'orfraie, un nouveau plan de soutien massif. La gauche ne déçoit pas non plus, en plus d'innovateurs plans de soutien promis par le redresseur Montebourg, elle s’interroge sur le bon usage des subsides publiques dont le groupe a bénéficié, oubliant toute l'irresponsabilité qu'une telle mécanique engendre, et sans grande surprise quand on est acculé, fait appel au patriotisme économique. Et comme point d'orgue, en synthèse de ces ribambelles d'indignations bien ordonnées et convenues, Marine Le Pen fustige l’ultra-libéralisme de l’Europe. À croire que chacun s’est concerté en avance sur les rôles à jouer, du moment que le libre-échange est vilipendé et que l’État soit considéré comme la seule solution possible.
Moins médiatique, mais non moins pertinent, est le projet de taxer Amazon, Google et Apple, les fleurons de l'économie dite dématérialisée, dont les services sont toutefois bien matériellement ressentis par les consommateurs, et pour leur plus grand bien, et qui, de par leur situation, échappent aux impôts français. Horreur et damnation. Et en plus Amazon va créer 500 emplois.
Voilà d'affreuses entreprises qui irritent nos haut-fonctionnaires et ministres de tout poil : elles réussissent et elles échappent aux griffes destructrices de l'État. Alors les Montebourg, les Pellerin, les Cahuzac et les Moscovici, lors d'une grande mondanité ministérielle, en plus de plans de soutien lancés à la volée, s'irritent du manque à gagner ; ce qui n'est pas plus mal au vu de l'usage que ces gens font de l'argent des autres, regardez PSA. Mais passons ! Alors ils parlent d'équité fiscale, et de "territorialiser" l'impôt. Il n'est pas question de l'abaisser à un taux irlandais, mais de l'harmoniser (par le haut) sur l'ensemble de l'Europe, pour mettre un terme à toute concurrence, et de pouvoir exercer en toute quiétude la prédation inhérente à l'État.
Ces deux nouvelles sont les deux faces du même mal qui ronge la France.
D'un côté nous avons une industrie qui échoue malgré les aides et les supports de l'État, et de l'autre côté nous avons une industrie qui réussit en passant outre l'État.

D'un côté nous avons l'incarnation caricaturale de ce qui se fait de mieux en matière d'économie mixte où l'inceste entre privé et public est consommé, et de l'autre côté ce qui se fait de mieux quand des entreprises connaissent le succès en se détachant au mieux de l'État par le contournement de ses règles absurdes et iniques.
D'un côté nous avons des hommes d'État qui veulent rempiler dans de nouvelles interventions publiques en ignorant leurs échecs sans cesse répétés, de l'autre côté ces mêmes hommes d'État qui jalousent un succès malgré eux et qui veulent le faire payer.
Mais surtout, ce qui est le plus flagrant, d'un côté nous avons l'échec en période de crise, de l'autre côté la réussite durant cette même période de crise.
Dans tous les cas ce sont le client, le consommateur, le citoyen, et j'en passe, qui ont le dernier mot et qui plébiscitent ce qui leur est le plus utile, quoi qu'en disent les hommes d'État.
Et c'est ce qui agace ces derniers, car dans ce constat sans appel, on perçoit leur inutilité et leur nocivité éclatante et criante. Il leur est insupportable de réaliser que la prospérité et la réussite se font sans eux, aux dépens de leur violence, voire pire, à leur détriment.
Malheureusement ils ne peuvent que persévérer dans leur folie interventionniste, au risque de se désavouer, et ils le feront tant qu'ils auront encore de l'argent des autres à dépenser et des foules pour les croire utiles. Et quand on apprend que des investisseurs prêtent à la France à des taux négatifs ! Ils ne seront décidément pas prêts d'arrêter.

PSA : l’impuissance publique 


Drapé dans sa dignité, sa séniorité et une moralité jamais prise à défaut, Lionel Jospin revient de son exil sur l’île de Ré pour moderniser la vie politique. L’ombre de la statue du commandeur du PS plane aussi sur les 8 000 emplois que PSA va supprimer, à travers sa célèbre formule « l’Etat ne peut pas tout » prononcée en 2001 lors d’une restructuration chez Michelin.
L’actuel Président et ses ministres peuvent toujours s’insurger, non sans raison, contre le report du plan social, s’agiter dans des tables rondes ou s’offusquer en dénonçant « l’inadmissible » « l’inacceptable », ils ne vont pas payer une Peugeot à chaque foyer français, ni réorganiser le marché mondial de l’automobile. Réinventer une prime à la casse ne ferait que reporter l’inéluctable. Réactiver les plans de pré-retraites comme au temps de la fermeture des mines et des hauts-fourneaux, serait non seulement contraire aux promesses de sérieux budgétaire mais encore une folie suicidaire sur les marchés et pour la dette des générations futures. Lionel Jospin avait sans doute politiquement tort en constatant l’impuissance publique. Mais le sage du PS tenait un discours de vérité.

Comment pourrait-on sauver l'industrie française avec les entreprises les plus chargées de l'OCDE



Pire que le coût du travail dans l'industrie en France évoqué par Philippe Varin le patron de Peugeot, c'est le taux d'imposition globale sur les entreprises tricolores qui les pénalise lourdement. Au taux d'imposition allemand, nos entreprises disposeraient chaque année de 160 milliards d'euros supplémentaires pour investir et innover.
Monsieur Varin, avec votre rémunération annuelle de 3.25 millions d'euros [chiffre pour 2010; en 2011 Philippe Varin a renoncé à la part variable de sa rémunération, NDLR] en tant que dirigeant du groupe PSA Peugeot Citroën, vous pourriez au moins mieux communiquer sur les problèmes des entreprises françaises.
Monsieur Varin met en avant l’argument du coût du travail dans l’industrie. Il a sans doute raison. Parmi nos partenaires européens, le coût du travail français est légèrement supérieur. Il est aussi supérieur au coût du travail dans l’industrie aux Etats-Unis et évidemment dans un rapport de 1 à 10 par rapport à  la Chine.
Mais c’est notre taux d’imposition global sur les entreprises qui est le plus fort de tous les pays de l’OCDE.
Nous devons financer un système social très avantageux si on le compare aux dépenses sociales de nos partenaires européens et qui pèse essentiellement sur le coût du travail. Par ailleurs, se rajoute à ce coût pour l’entreprise les multiples taxes diverses (logement, transport, dépendance, environnement  etc…) qui tiennent au génie français. Globalement, les entreprises françaises sont les entreprises les plus chargées au monde.
Les entreprises allemandes sont ainsi moins chargées de 8% de PIB que les entreprises françaises ; ce qui veut dire que chaque année les entreprises françaises, au taux d’imposition allemand, auraient 160 milliards de plus pour investir, innover, monter en gamme particulièrement dans l’automobile ou dans d’autres secteurs industriels.
Les subventions publiques qui créent le plus souvent des effets d’aubaine ou les interventions publiques en capital développement – via le FSI ou via les  milliards d’une future banque d’investissement – sont certes nécessaires mais elles sont bien incapables de remédier à cette situation de surtaxation généralisée. Les montants des aides diverses seront inférieurs à ce qui est laissé aux entreprises dans les autres pays et toute subvention met l’Etat à la place de l’entrepreneur ; il ne sait pas forcément mieux que l’entrepreneur ce qu’il faut faire… ainsi nos crédits recherche ont servi à délocaliser la recherche en Chine avec des subventions bien françaises….
Pourtant il est possible d’alléger le coût du travail. Avec une TVA à la danoise à 25%, mais aussi avec des recettes nouvelles de 15 milliards correspondant à la suppression de niches fiscales dénoncées périodiquement, on est en mesure de financer une augmentation de 4% de tous les salaires (pour un montant de25 milliards) tout en diminuant les charges des entreprises de 25 milliards également. Il serait évidemment possible, avec ce dispositif, d’augmenter bien plus les salaires de 1 à 3 smic.
Il faudra alors que face à la nouvelle demande, il y ait une offre compétitive de produits français, ce qui est possible avec le souhait du consommateur français d’acheter d’abord français. Nous avons déjà en effet le déficit de la balance commerciale le plus élevé de la zone euro, il ne s’agit pas, en effet, de l’augmenter par des achats étrangers.
On peut certes aussi transférer une partie du coût du travail vers la CSG qui pèse sur tous les revenus – mais c’est sans doute moins juste - et il faudra sans doute la TVA et la CSG si on veut retrouver notre compétitivité par rapport à nos voisins européens.
Restera le problème de la perte des emplois manufacturiers dans tous les pays industrialisés – y compris en Allemagne – par rapport aux pays émergents.
Sans une forme de protection à nos frontières, uniquement conçue pour rétablir une concurrence loyale, peut-on maintenir nos emplois industriels. Poser la question, c’est déjà y répondre !