TOUT EST DIT

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samedi 20 août 2011

CARTE POSTALE DE GRÈCE, DEMAIN SOIR ON RENTRE.



Règle d'or : Fillon appelle le PS à "faire preuve de responsabilité"

Le Premier ministre demande l'unité nationale face à la crise de la dette. Les socialistes lui opposent une fin de non-recevoir.

François Fillon a mis vendredi la pression sur le Parti socialiste en lui demandant de faire preuve du "sens de l'intérêt national" face à la crise de la dette et d'adopter la "règle d'or" de retour à l'équilibre budgétaire. Le PS a répondu par une fin de non-recevoir dès vendredi soir par la voix de son premier secrétaire par intérim Harlem Désir : "François Fillon appelle à l'union nationale pour payer les factures de sa gabegie fiscale."
Dans une tribune parue dans Le Figaro samedi, à quatre jours du conseil des ministres et de l'annonce de nouvelles mesures d'économie budgétaire, le Premier ministre souligne qu'un retour du déficit à 3 % du PIB en 2013 est un objectif "intangible". "Devant l'ampleur de tous ces défis, j'en appelle à l'unité et au sens des responsabilités de toutes les formations politiques", écrit François Fillon, qui s'adresse surtout au PS, principale force d'opposition, à neuf mois de l'élection présidentielle. "Personne ne demande aux dirigeants socialistes français de renoncer à leurs convictions ni même à leurs ambitions légitimes. Reconnaître les efforts de la France et de l'Allemagne pour sortir de la crise, s'engager sur une règle d'or de bon sens, ce serait faire preuve de responsabilité et d'un sens de l'intérêt national qui serait à leur honneur", ajoute-t-il. "Un message d'unité nationale est encore la meilleure des réponses aux doutes des marchés et aux craintes des investisseurs", insiste François Fillon, qui doit recevoir les responsables politiques à partir du 5 septembre pour évoquer la fameuse "règle d'or" et la crise de la dette.
Tribune "politicienne" (Harlem Désir)
"François Fillon est le chef d'un gouvernement et d'une majorité qui ont mis la France en faillite", a répondu dans un communiqué Harlem Désir, accusant le Premier ministre d'avoir "fait l'union des plus riches pour se partager les cadeaux fiscaux". Les socialistes ont refusé unanimement de voter la "règle d'or" - consistant à inscrire dans la Constitution le principe de l'équilibre budgétaire - lors de son examen à l'Assemblée et au Sénat au printemps. Ils estiment que ce projet de réforme constitutionnelle est une opération politique du chef de l'État. Le gouvernement a besoin des voix des parlementaires de l'opposition pour une adoption définitive à la majorité des trois cinquièmes lors d'une éventuelle réunion du Parlement en Congrès à Versailles. Et le chef de l'État doit décider à la rentrée s'il convoquera ou non ce Congrès.
"Contrainte par ses primaires, l'opposition semble par avance répondre non, quelle que soit la question", estime François Fillon, qui déplore que "le Parti socialiste semble attaché à la multiplication des emplois publics et des contrats aidés [...]". Le Premier ministre rappelle que "le retour à un déficit de 3 % en 2013" est un objectif "intangible" Le déficit a été de 7,1 % en 2010 (5,7 % prévu en 2011). "Personne n'a le droit de mentir aux Français sur les efforts que nous devons consentir. Personne ne pourra revenir sur ces mesures qui garantissent notre souveraineté financière et sociale", ajoute le Premier ministre. Réponse d'Harlem Désir : "Au plus fort de la crise, les Français n'attendent pas du Premier ministre de publier des tribunes politiciennes, mais lui demandent un budget efficace et juste."

 

Royal demande le "blocage des prix des fournitures scolaires"

Pour la candidate à la primaire PS, les fournitures peuvent être vues comme des produits de première nécessité.  

Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste, a demandé le "blocage des prix des fournitures scolaires", des produits "de première nécessité, en période de rentrée", jeudi dans un communiqué. "Je propose, comme je l'ai fait pour contrer la hausse du prix de l'énergie au mois d'avril, le blocage des prix de 50 produits de première nécessité, parmi lesquels pourraient figurer les fournitures scolaires, qui sont, en période de rentrée, de première nécessité", affirme la présidente de la région Poitou-Charentes.
"Les associations familiales dénoncent à juste titre une augmentation du coût de la rentrée scolaire. Cette hausse est particulièrement forte cette année, de l'ordre de 7 %, alors qu'elle avait été contenue lors des années précédentes car les prix d'un certain nombre de produits étaient fixes", rappelle-t-elle. "L'ordre social juste que je souhaite mettre en place comprendra un pacte pour un pouvoir d'achat équitable, qui donnera plus de pouvoir aux associations de consommateurs, moralisera les pratiques bancaires de crédits aux ménages et fera la clarté sur le niveau des prix", ajoute Ségolène Royal.
QU'ELLE PROPOSE ÇA AUX LIBRAIRES DE SA RÉGION, ILS VONT L'ENVOYER SE FAIRE FOUTRE !
QUELLE CONNE !

Comment le PS aurait sauvé l'Europe

Ironique, partiale et souvent injuste, cette chronique du directeur délégué de la rédaction du "Point" est à consommer avec modération...
Quel dommage que les socialistes ne soient pas au pouvoir ! L'euro serait sauvé et l'Europe avec. La crise elle-même n'aurait qu'à bien se tenir. Car le PS sait exactement ce qu'il faut faire. Et ce qu'il faut faire, c'est tout simple : évidemment changer le régime fiscal, évidemment réduire les déficits, sans oublier de favoriser la croissance, mais c'est avant tout créer des euro-obligations.
Or, voilà précisément ce que cet "incapable" de Nicolas Sarkozy n'a pas réussi. Pas un candidat à la primaire socialiste et pas un collaborateur de l'un ou l'autre de ces candidats n'a eu de mots assez durs pour vilipender ce président qui a abdiqué, qui a reculé, qui a renoncé : l'Allemagne d'Angela Merkel ne veut pas de ces euro-obligations et Nicolas Sarkozy est donc évidemment coupable de ne l'avoir pas fait changer d'avis.
C'est là qu'est notre grand regret : n'avoir pas vu Martine Aubry, ou François Hollande, ou Ségolène Royal, en pleine crise boursière, déployer tous leurs charmes pour imposer ces fameuses euro-obligations salvatrices et ne faire qu'une bouchée de l'intransigeante Angela Merkel. Car il n'est pas permis de douter, ils auraient réussi. C'est Pierre Moscovici qui le dit tout tranquillement : "Les socialistes sont capables de convaincre Mme Merkel là où Sarkozy a baissé pavillon" (Marianne du 20 août). C'est trop bête, voir ce malheureux Sarkozy se colleter laborieusement avec une Allemagne qui se permet d'avoir des idées bien à elle, alors qu'il serait si facile au PS de la mettre dans sa poche. Quelle occasion manquée : on aurait vu une France séductrice, charismatique, messianique, faire oublier ses montagnes de dettes et s'imposer sans coup férir en leader d'une Europe à elle toute dévouée. Une France membre d'une Union à 27 membres et d'une zone euro à 17 pays, être néanmoins seul maître à bord. On achète tout de suite...

Il y a 20 ans, l’URSS basculait
Tribune de Genève, 19 août 2011
"19 août 1991: le jour qui a fait basculer l'URSS", titre en une La Tribune de Genève, qui rappelle qu'il y a 20 ans, le leader soviétique Mikhaïl Gorbatchev était victime d'un "des coups d'Etat les plus mal préparés de l'histoire. C'est paradoxalement aussi celui qui a peut-être eu le plus d'influence pour l'Histoire mondiale".
En effet, "Quelques mois plus tard, Gorbatchev démissionnait", rappelle le quotidien suisse dans son éditorial, pour qui "Le parallèle entre le printemps arabe et la fin du communisme est tentant. (…) Chaque fois en effet on a bien assisté au surgissement des aspirations à la liberté dans des systèmes politiques sclérosés. (…) La fin de l'ère soviétique ou les révolutions arabes donnent le sentiment que c'est l'Histoire qui s'est remise en marche après une longue période de glaciation."
Et le quotidien suisse de conclure sur le décalage entre l'image que les russes avaient du dernier leader soviétique et "notre regard : ils ne voient pas en Gorbatchev le héros de la liberté que nos célébrons. Nous ne voyons pas dans les Frères Musulmans de vrais libérateurs. Alors qu'ils mobilisent au Caire. Une leçon à retenir de l'Histoire?"

On s'enfonce dans la déprime !

« J'ai la bourse de Tokyo qui s'dilate, celle de Paris qu'est pas droite, l'inflation bien trop haute... » Il est tentant de paraphraser la chanson de Gaston Ouvrard mais il faut avouer, à observer de loin, voire de très loin, ce qui se trame sur la planète financière, que l'exercice n'est pas si baroque. Où que l'on regarde - sur les marchés, saisis de panique ; dans l'économie réelle, dépressive -, souffle le vent de la sinistrose. Un vendredi gris succède à un jeudi noir. Après les places financières européennes, ce sont les bourses asiatiques qui hier se sont effondrées. Signe que l'heure est grave, les banques sont dans le collimateur et la peur de la récession s'empare des États-Unis, où Obama lui-même ne parviendrait plus à convaincre de sa crédibilité. La crise de la dette, en Europe, ne s'arrange pas. Elle laisse présager un ralentissement économique. De quelle intensité, nul ne le sait. On sait juste qu'il sera plus fort et plus durable que redouté. On sait aussi que la crise de l'euro produit de la rigueur budgétaire, qui elle-même fait peser la menace d'une crise sociale. Puisqu'il faudra bien renflouer les caisses, les peuples n'accepteront pas indéfiniment de se serrer la ceinture, surtout si les sacrifices ne sont pas équitablement répartis. Bref, l'impression gagne qu'une époque est révolue ; un système, usé. Les États ne parviennent plus à endiguer les défaillances des économies, les marchés ne croient plus à la parole politique. Voyez le couple franco-allemand, il n'a pas apaisé l'anxiété des marchés. Entre déficits et dévissages, seule lueur : l'or gravit des sommets. Un peu court comme valeur-refuge pour fonder des espoirs et se remonter le moral…

De l’or à 3 %

La tempête boursière n’est pas seulement sévère pour les acteurs économiques, elle est aussi dévastatrice pour la crédibilité des dirigeants politiques. Si en France on fait davantage confiance à Angela Merkel qu’à Nicolas Sarkozy pour trouver des solutions à la crise financière, la chancelière allemande ne bénéficie même pas de ce crédit dans son propre pays...

Au-delà des jeux et des rapports de forces politiques de chaque côté du Rhin, ces deux sondages, faits en parallèle cette semaine, en disent long sur le désarroi général des opinions publiques européennes devant l’impuissance de leurs dirigeants à endiguer la crise financière. Les démocraties sont bel et bien mises à l’épreuve par la folie des marchés. Désorientées par l’imprévisibilité des réactions des «investisseurs», interloquées par l’effondrement des cours de leurs banques, étonnées par l’effet zéro voire négatif des déclarations solennelles du couple franco-allemand, nos sociétés ne savent plus quoi croire, ni qui croire.

Angela Merkel avait raison de redouter les annonces de l’Élysée, présentées comme «historiques» alors qu’elles n’étaient qu’intéressantes. Trop vagues, trop floues, trop lointaines, elles n’ont fait, en revanche, que mettre en évidence l’absence de remèdes à court terme. Les incertitudes sur la santé de l’économie américaine ont fait le reste. Au final, un cocktail hebdomadaire qui a dopé les peurs et dont les ingrédients ont déprimé... les robots informatiques qui assurent désormais automatiquement plus de la moitié des transactions.

Dans le même temps, l’autre antidote à la crise - la réduction des déficits - a montré ses limites. Avec une croissance à 0 % en France au deuxième trimestre 2011 (et à 0,1 % en Allemagne), l’objectif d’une progression de 2,25 % en 2012 est d’ores et déjà hypothéqué - sinon plombé - et avec lui tous les calculs budgétaires. Dès lors, que pèse la parole d’un François Fillon quand il affirme bravement qu’un retour à un déficit de 3 % du PIB «en 2013» est «intangible» ? Redescendre à 4,6 % en 2012 serait déjà un exploit quasiment impossible à réaliser avec une croissance qui, selon de nombreux experts, pourrait ne pas dépasser 1,5 %.

Ce n’est pas faire preuve de mauvais esprit, ni de pessimisme que de l’affirmer: ce genre de déclaration n’a aucune chance de faire retomber la fébrilité ambiante. Un simple constat mathématique. Les marchés, qu’on le veuille ou non, ne se contenteront plus du verbe. L’or d’une sérénité retrouvée n’est plus dans la promesse politique mais dans le métal, solide et froid. Un mauvais signe.

En pleine année présidentielle, et au gré de leurs prochaines universités d’été, les partis, eux, donnent le sentiment aux électeurs de passer des compromis avec la réalité, remettant sans cesse à plus tard le langage de vérité qu’ils louent. Comme s’ils avaient le temps. Comme pour les régimes, c’est toujours demain qu’on commence.

Chine-USA : la diplomatie du tacle

C’est le genre d’incident fâcheux, à vous malmener une amitié de façade entre deux peuples. Jeudi, le match de basket entre les Américains de Georgetown et les Chinois des Bayi Rockets n’était pourtant qu’amical. La partie a été interrompue par une bagarre générale. L’ambassade des USA à Pékin a dû développer des trésors de diplomatie, au moment où le vice-président Joe Biden célébrait avec son homologue chinois la “coopération” entre les deux nations.

Gare à ne jamais sous-estimer la portée symbolique d’une rencontre sportive et ses conséquences dans la marche du monde. En 1972, la visite d’une équipe de ping-pong américaine en Chine communiste avait provoqué la rencontre Nixon-Mao, tournant dans les relations entre deux puissances qui devaient devenir, 40 ans plus tard, interdépendantes. Depuis, la Chine a dépassé l’Amérique dans le culte du veau d’or capitaliste. Pékin l’inonde de ses exportations et tient Washington sous perfusion en sa qualité de première créancière du monde, menaçant sa suprématie économique. Elle lui donne même des leçons. Cet été, l’agence Chine Nouvelle, sa voix officielle, s’est permis de tancer les USA sur leur politique budgétaire. Les experts chinois furent les premiers à dégrader la note de la dette américaine. C’est comme si la tension observée sur le parquet traduisait la fébrilité US à laquelle l’Empire du Milieu oppose morgue et assurance.

La maîtrise du jeu mondial aurait-elle déjà filé vers l’Extrême-Orient ?

Grèce: cinq pays demandent une garantie en échange de leur participation au plan de sauvetage

L'accord du 21 juillet des pays de la zone euro sur un nouveau plan de sauvetage financier de 109 milliards d'euros en faveur d'Athènes n'est pas mis en doute, a insisté vendredi le ministre grec des Finances en dépit des demandes de cinq Etats membres d'obtenir des garanties en échange de leur contribution aux prêts consentis.
Evangelos Venizelos a également déclaré que la chute du PIB pourrait être plus sévère que prévu cette année en Grèce. D'après lui, l'économie pourrait se contracter de plus de 4,5% alors que les prévisions initiales misaient sur une baisse de 3,8%. "La vérité, c'est que les circonstances, tant nationales qu'internationales, exacerbent la récession", a-t-il souligné.
Le ministre grec a tenu ces propos alors que les Pays-Bas, la Slovénie, l'Autriche et la Slovaquie ont annoncé jeudi qu'ils souhaitaient une garantie (sous la forme d'actifs déposés par le pays emprunteur). Et ce, à l'instar de la Finlande qui est parvenue à un accord cette semaine avec le gouvernement grec pour recevoir des actifs à titre de gage, en contrepartie de son aide.
Ces demandes témoignent des divisions en Europe sur les moyens de faire face à la crise de la dette qui a déjà contraint la Grèce, l'Irlande et le Portugal à demander une assistance financière, et a menacé l'Espagne et l'Italie.
Bien que le montant des actifs demandé par les cinq pays ne soit probablement pas suffisamment important pour faire couler l'accord, il pourrait faire grimper le montant total du plan de sauvetage, qui figure dans l'accord du 21 juillet des dirigeants des 17 pays membres de la zone euro.
L'accord du 21 juillet "n'est pas mis en doute, parce qu'il est d'une importance capitale pour la zone euro", a déclaré le ministre grec des Finances à la radio Skai, observant que le compromis ne concernait pas seulement son pays.
La Commission européenne a émis des objections à l'idée que des pays demandent une garantie en échange de leur participation au plan de sauvetage.
Le montant exact de la contribution de chaque pays dans le cadre du plan de 109 milliards de dollars n'est pas encore connu, car le Fonds monétaire international n'a pas fourni de précisions sur son aide, et la Grèce est toujours en négociations sur les termes du remboursement de la dette avec les banques et d'autres créanciers privés.
Une contribution moindre du secteur privé ou d'autres demandes de garantie pourraient conduire la zone euro et le FMI à mettre davantage que 109 milliards d'euros.
M. Venizelos a observé que l'accord avec la Finlande dépendait de l'approbation des autres pays membres de la zone euro.
Si des discussions sur le sujet et sur les demandes d'autres Etats ont commencé entre des représentants des ministères des Finances à Bruxelles, aucune conclusion n'était attendue cette semaine.
Les Etats membres de la zone euro doivent approuver les détails du financement du nouveau programme de renflouement -en contrepartie de mesures d'austérité-, qui fait suite à un premier plan de sauvetage de 110 milliards d'euros accordé à Athènes en mai 2010. Ces prêts ont évité à la Grèce de se retrouver en défaut de paiement.
 Une garantie de la Grèce pour le prêt international telle que l'a obtenue la Finlande "aggravera" les problèmes financiers de ce pays, a estimé vendredi le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

Docteur George et Mister Soros

On disait autrefois que les anciennes courtisanes faisaient sur le tard d’excellentes enseignantes pour le catéchisme et que les anciens bandits, comme le forçat Vidocq, faisaient de grands patrons de la police. Quand on lit dans Le Monde l’interview de George Soros, on se dit que les anciens requins de la spéculation internationale font aujourd’hui de très bons donneurs de leçons de sagesse pour nos dirigeants.

George Soros, le roi des spéculateurs des années 1990, a réussi ni plus ni moins qu’à faire sortir la livre sterling anglaise du système monétaire européen en dépensant pour l’attaquer la bagatelle de 10 milliards de dollars, ce qui lui permit d’empocher 1 milliard de bénéfices et de devenir le gourou des marchés et la terreur des dirigeants politiques. Quand cet homme dit aujourd’hui que l’euro et l’Europe sont en danger, il faut le croire. Quand il explique que les marchés financiers pourraient gagner la bataille contre l’euro aussi longtemps que la zone euro n’a pas d’autorité budgétaire et fiscale, il parle d’or.
Et quand il pronostique que l’Europe pourrait survivre à la sortie de pays modestes comme la Grèce ou le Portugal mais qu’elle éclaterait si c’était le cas de l’Italie ou de l’Espagne, il a sans aucun doute raison. Cela devrait inciter les dirigeants européens à aller bien au-delà de ce qu’ils ont déjà fait dans le sens de l’intégration budgétaire et fiscale sous peine de subir une catastrophe. Enfin M. Soros a raison de dire que si les super-riches ne font rien pour participer à l’effort national, ils se mettront le public à dos dans les prochaines années. Si ce n’est déjà fait !

La fin d'un monde est proche et le monde l'ignore encore

Englué dans diverses crises, le monde tel que nous l'avons pensé au XXe siècle se meurt. Assistons-nous aujourd'hui à la fin d'un système ? Et de quoi sera fait demain ?

Le soulagement avec lequel, tous les ans, puis tous les mois, puis presque toutes les semaines, l’on apprend que le système est sauvé, prouve on ne peut mieux qu’il touche à sa fin. Il ne s’agit pas seulement de l’euro ou de la dette. Plusieurs ombres, venues du fond de notre histoire, planent aujourd’hui sur la France.
L’ombre de la banqueroute, figure familière de la monarchie déclinante. L’État, boulimique, impuissant, ne doit sa survie qu’à d’éphémères combinaisons financières. Il n’a plus les moyens d’assurer la Providence. Alors il est devenu Fatalité, courant d’interdictions en réglementations après l’ombre de son autorité perdue.
L’ombre des grandes Jacqueries, à l’heure où les chômeurs se lassent de mendier un emploi ; où la foule des précaires erre d’un expédient à l’autre ; où les classes moyennes peinent à se loger et s’échinent dans les transports ; où la petite bourgeoisie rechigne devant un impôt écrasant et s’interdit de rêver à un sort meilleur.
L’ombre des guerres de religion, quand une foi nouvelle, invincible, s’empare des âmes et renverse les croyances établies.
L’ombre des Rouges, aux rangs grossis par les travailleurs déclassés, les étudiants désœuvrés, les générations sacrifiées.
L’ombre du « parti de l’étranger », représenté par une élite mondialisée, anglophone, exilée à Londres ou à Hong Kong, qui ne revient que pour épancher son mépris du pays.
L’ombre des Fascistes, assoiffés d’en découdre avec un gouvernement amolli, des parlementaires cumulards, une presse aux ordres.
L’ombre des barricades. Le peuple des villes a été chassé à leurs périphéries, mais il garde sa fougue, sa cruauté, son goût du sang et son rêve de justice. La Commune est devenue Cité.
L’ombre des hordes barbares, l’Extrême-Orient s’invitant soudain à nos frontières, et menaçant de tout emporter sur son passage.
L’ombre des piques, aiguisées par les bloggeurs, et destinées à une poignée de profiteurs, de flagorneurs, de discoureurs que l’on envie et que l’on hait.
Ces ombres arrivent dispersées. Elles ne sont qu’une superposition désordonnée de souvenirs, de frustrations, d’aspirations. Elles pourraient soudain s’amalgamer en un formidable nuage noir. Un orage.
Croyez-vous la France endormie derrière ses caddies, abrutie de télé, droguée aux allocations, amadouée par les 35 heures, assagie par la langue de bois ? La France ne dort que d’un œil. Quatre décennies seulement nous séparent de son dernier réveil. C’est un rythme dont notre histoire est familière. Écoutez bruire les « indignés », les « révoltés », les « émeutiers ». Ils sont prêts. Ils ont mille bonnes raisons. Il ne leur manque qu’une bonne idée.  
L’ancien monde, exsangue et ricanant, se languit, se traîne et survit sans gaieté. « Tu vas guérir », lui disent les charlatans, et il les croit. « Encore un peu de morphine », implore-t-il – encore un peu de dette, encore un peu de débats médiatiques, encore un peu de sommets internationaux. A son chevet, toute l’élite se presse, jurant, la main sur le cœur, de servir une République qui ne profite plus qu’à elle-même.
Puis-je souhaiter la fin du système, moi, son enfant gâté ? Égoïstement, non. Politiquement, oui. Moralement, peut-être. De toute façon, la question n’est pas là. 
Les temps sont lourds.

Il faut bien continuer de vivre avec le dollar…

Les Etats-Unis sont embourbés dans une crise économique, politique et budgétaire. Cependant, la prépondérance du dollar dans les échanges internationaux devrait garantir la santé relative de leur monnaie.

La dégradation de la note des Etats-Unis par l’agence Standard and Poor’s a contribué à exacerber la paranoïa des marchés, comme si l’un des piliers du capitalisme était en train de s’effondrer. Une agence chinoise avait pourtant pris une telle décision depuis plusieurs mois, mais personne n’y avait prêté attention. Au demeurant, depuis deux ans, les abaissements de notes se succèdent en cascade dans la panoplie des Etats jugés de moins en moins responsables dans la politique de gestion de leurs finances publiques. Car le monde vit sur un océan de dettes, qui ne cesse de s’agrandir. Mais le cas de l’Amérique, première puissance économique du monde, représentait un tabou qui vient d’être brisé et dont les conséquences psychologiques peuvent être immenses et même compromettre la réélection de Barick Obama. Car elle ratifie aux yeux de l’opinion internationale la chute de la puissance américaine, l’avènement du déclin de l’oncle Sam face aux nouveaux géants émergents.

Le dollar se replie, mais pas face à tour le monde

Cela ne signifie pas pour autant la fin du dollar. Malgré le relèvement du plafond de la dette américaine, les Etats-Unis continuent d’emprunter à des niveaux satisfaisants qui n’ont rien à voir avec ceux de certains pays européens. Car la croissance est toujours à l’œuvre outre atlantique, même si son rythme se ralentit et l’accroissement de richesses qu’elle procure est supérieur à la charge d’intérêts de la dette publique. De plus, paradoxalement, les investisseurs étrangers ne peuvent se passer de la dette américaine, en raison du poids majoritaire du dollar dans l’ensemble des devises. Elle reste attractive en raison de l’absence d’actifs de substitution jugés aussi sûrs et disponibles dans les mêmes proportions. Le dollar reste donc aux yeux de Washington un excellent atout et la Reserve fédérale souhaite continuer à lui voir jouer un rôle actif en refusant tout relèvement des taux d’intérêt pendant au moins deux ans afin de  favoriser la baisse du billet vert pour donner un coup de fouet à la relance des exportations, qui devraient être le meilleur vecteur de l’expansion. Mais le repli du dollar ne se fera pas vis-à-vis de toutes les monnaies. La crise actuelle de l’Europe, les conflits d’intérêts entre les Etats membres, les tensions sur les marchés obligataires de pays tels que l’Italie, l’Espagne et le Portugal empêchent la monnaie commune de monter fortement et tirent même l’euro vers le bas. En revanche, l’ajustement monétaire souhaité par Washington se fera vis-à-vis des devises asiatiques et des monnaies européennes qui ne font pas partie de la zone euro. Cela inquiète le gouvernement helvétique qui cherche à freiner l’emballement de sa monnaie et vient d’apporter un soutien inattendu à l’euro, en étudiant la possibilité d’arrimer le franc suisse à la devise européenne pour éviter une hausse qui pénalise ses exportations. Seul motif d’espoir pour l’instant : les taux d’intérêt vont rester bas, ce qui permettra à la croissance de résister dans le maelstrom ambiant.

Afghanistan : l’irresponsabilité de Martine Aubry


Au lendemain de la mort d'un 74ème soldat français en Afghanistan, Martine Aubry a affirmé qu'il fallait un changement de stratégie et un retrait plus rapide des troupes. Un discours démagogique ?

"Il faut un retrait militaire rapide d’Afghanistan" a déclaré Madame Aubry à l’occasion de la mort, ce dimanche, du 74ème soldat français sur ce théâtre d’opérations où nos forces sont engagées depuis dix ans, utilisant une émotion légitime pour formuler une proposition démagogique et contraire à la sécurité des Français.
Faut-il lui rappeler que François Mitterrand auquel tous les candidats socialistes font référence, avait eu une attitude autrement plus responsable après la tragédie du Drakkar au Liban où 58 parachutistes avaient trouvé la mort le 23 octobre 1983 ? Dans une déclaration à son retour du Liban, où il s’était rendu au lendemain du drame, François Mitterrand réaffirmait notre engagement en ces termes: "A tous, je dis qu'un pays est grand par sa force d'âme, sa résolution comme par les amitiés et le respect qui les méritent. La France reste et restera fidèle à son histoire et à ses engagements".
Je voudrais une fois de plus rappeler certaines évidences que les candidats à la présidence de la République ne doivent pas oublier et dont Nicolas Sarkozy a compris toute l’importance durant son premier mandat.
Combattre Al-Qaïda en Afghanistan oblige cette organisation à concentrer ses efforts sur le théâtre AfPak (Afghanistan et Pakistan) au lieu de disposer de tous ses moyens pour nous attaquer sur notre sol. Si par un retrait rapide de nos troupes nous laissons l’Afghanistan redevenir un sanctuaire d’Al-Qaïda nous lui fournissons une base pour entrainer et fanatiser ses combattants. Cela équivaut à accepter à nouveau des morts et des blessés civils en France.
Par ailleurs, l’emploi des forces armées sur des théâtres d’opérations extérieurs reste au XXIe siècle un outil d’autant plus indispensable pour la politique étrangère et pour la sécurité d’un État que les menaces auxquelles nous avons à faire face sont diffuses et dépassent nos frontières.

Rester en Afghanistan : une nécessité pour l'armée française

En outre, une armée qui n’est pas engagée dans des opérations se fonctionnarise et perd de sa valeur opérationnelle. Les chefs qui accèdent aux plus hauts postes sont choisis pour leurs qualités de gestionnaires et non plus sur leur aptitude à commander au combat. En effet, la capacité opérationnelle des forces armées est le résultat de multiples retours d’expérience à tous les niveaux qui ne s’acquièrent qu’en opération. Je suis toutefois conscient que mes propos peuvent choquer les familles des morts et des blessés.
Mais une armée, pour remplir pleinement les missions que lui confient la nation, doit être engagée dans des combats, ce qui entraine nécessairement des morts et des blessés.  Ces engagements sont indispensables pour  forger jour après jour la force morale des soldats et adapter les modes d’action et les équipements à la réalité du champ de bataille. Refuser cette évidence c’est dépenser beaucoup d’argent pour la Défense sans être assuré de l’efficacité de cet investissement.
Enfin, je ne peux passer sous silence le tribut que payent chaque année les jeunes français qui consomment de la drogue provenant d’Afghanistan, conséquence de l’absence dans ce pays d’un gouvernement responsable et non corrompu, et d’un développement économique qui éradique la pauvreté. Ceux qui prônent un retrait rapide d’Afghanistan font, sans le dire, subir à nos compatriotes la pérennisation des conséquences de la drogue qui y est produite et qui engendre près de 300 morts par an en France.
Comme je l’ai écrit dans un précédent article, le désengagement d’Afghanistan est une manœuvre complexe et délicate qui demande du temps et qui ne doit pas être soumise à une quelconque démagogie électoraliste, en France comme aux Etats-Unis.

La déroute des marchés emportés par la psychose de la peur

La dette terrifie les marchés mais aussi et surtout les citoyens qui prennent conscience que les États peuvent faire faillite. 

C’est le retour de la grande peur en Occident. En quelques semaines, le climat a changé avec la prise de conscience d’un nouveau danger prêt à s’abattre sur les citoyens, avec un mot du langage courant qui a pris soudain une allure maléfique à la une des journaux, la dette. On n’y attachait pas trop d’importance avant la crise, on  s’était habitué à vivre avec elle depuis des décennies, bien qu’elle augmentât régulièrement. Mais on ne se préoccupait pas de son financement, car l’État était là, garant en dernier ressort.
Et puis la crise de 2008 a changé brusquement le cours de l’histoire. Pour faire face à la paralysie du crédit, à la suite de la faillite de la banque Lehman Brothers, les gouvernements ont recouru massivement à la planche à billets, pour aider les banques et les entreprises à franchir la mauvaise passe.  
La hausse brutale de l’endettement a eu une conséquence imprévue, mais redoutable : elle a fait disparaître un vieux tabou selon lequel les États ne pouvaient faire faillite. Le rempart absolu derrière lequel pouvait se reposer l’opinion publique s’est effondré, amenant pour la première fois les citoyens à prendre conscience qu’ils pouvaient être appelés à venir en aide à une puissance publique incapable de faire face aux difficultés de l’heure.
Le débat lamentable que vient de connaître l’Amérique sur le relèvement du plafond de la dette n’a fait qu’aviver les inquiétudes au sein de la population des Etats-Unis. Quant à l’Europe, elle évolue sans direction précise, paralysée par les égoïsmes nationaux et l’évolution divergente de ses membres. Pas étonnant dans ces conditions que le moral du public soit en berne, d’autant que les gouvernements annoncent des mesures d’austérité qui ne peuvent qu’inciter au repli sur soi. C’est la stratégie de la peur qui l’emporte aujourd’hui. Le monde est seulement engagé dans un ralentissement des perspectives de croissance, mais l’on agit déjà comme s’il était entré en récession. Alors on jette par dessus bord tout ce qui est négociable, en particulier les actions, pour se précipiter sur les actifs considérés comme les plus solides : l’or au premier chef, les devises telles que le franc suisse et le yen, les terres agricoles. Mais, en même temps, les banques répugnent de plus en plus à se prêter entre elles par crainte du retour de la situation de 2008, obligeant les banques centrales à intervenir et à supporter seules le fardeau, face à la carence des politiques.
Et pourtant la croissance est toujours là : elle devrait atteindre au moins 3% dans le monde l’an prochain. Les fusions acquisitions ne connaissent pas de trêve, signe que pour les plus audacieux l’effondrement des cours de Bourse offre des opportunités car ils gardent confiance dans l’avenir, d’autant que  les pays asiatiques devraient jouent un rôle d’amortisseur. L’Occident a besoin avant tout d’un gourou pour remplacer les lunettes noires de la déprime  par des roses, tant la psychologie gouverne la crise présente.

Le Tea Party n'est-il vraiment qu'un mouvement d'idiots ?

Souvent caricaturé en France, le Tea Party est une nouvelle force politique aux États-Unis qui devrait jouer un rôle considérable dans la campagne présidentielle américaine de 2012. Ses positions conservatrices pourraient finalement être plus bénéfiques pour Obama que pour les Républicains dont ce mouvement populaire est pourtant proche..

Atlantico : Qu’est-ce que représente le Tea Party ?

Michael Wolf : Le Tea Party est un mouvement républicain qui n’est pas dirigé par les leaders du parti républicain. Cependant 77% des Tea Partiers se sentent républicains et les républicains s’identifient eux-mêmes à 70% avec le Tea Party.
Mais le Tea Party est plus impliqué et plus conservateur que le Parti républicain. Il suit le modèle classique de politique américaine qui veut que le parti ayant perdu les élections présidentielles soit très remuant, et remporte des sièges au Congrès. Ce n’est donc pas une surprise si ce mouvement eut du succès avec les républicains aux élections législatives de l’année dernière.  
Le nom, Tea Party, est une façon de renommer le parti républicain. George W. Bush était extrêmement impopulaire à la fin de son mandat, beaucoup de républicains étaient frustrés par l’administration républicaine, et ils perdirent largement les élections. Il s'agit donc d'une nouvelle marque pour les principes républicains.

Comment pourrait-on situer le Tea Party dans l'échiquier politique européen ?

Il se situe à la droite des conservateurs européens. Mais le Parti démocrate est également proche des conservateurs européens. Ils peuvent donc être comparés et situés au sein du centre droit européen. Le Tea Party n'est ni fasciste, ni d'extrême droite, il évolue simplement à la droite de la ligne majoritaire des conservateurs.

Comment est né ce mouvement ?

Sa naissance est souvent attribuée en partie à un commentateur télévisuel, Rick Santelli qui travaille pour CNBC, le réseau câblé le plus puissant financièrement aux États unis. Il était en colère contre la régulation économique et les réformes envers Wall Street, et il a dit à la télé qu’il voulait créer un nouveau tea party.
Il s'agit là d'une référence historique au Boston tea party durant laquelle des rebelles qui protestaient contre les taxes imposées par la couronne anglaise sur les biens importés aux États-unis, principalement du thé. Ils prirent ainsi d’assaut un bateau anglais et jetèrent le thé par-dessus bord. C’est un épisode symbolique très fort de l’histoire des États-unis, dont l’idée est la révolte contre trop de gouvernement.  
Le Tea Party est un mélange de républicains conservateurs classiques, et d’autres plus libertariens, dont leur nombre augmente ces dernières années. On peut le constater avec le succès de Ron Paul, candidat républicain aux primaires en 2008 et 2012, très populaire, qui veut réduire l’implication du gouvernement, réduire la régulation, et sortir des guerres. La période 2008-2010 était difficile pour eux. Les républicains n’avaient plus aucun contrôle sur Washington, ni sur la présidence, ni sur le Congrès. La seule réaction fut une réaction populaire et virulente. Mais il ne faut pas s’y tromper. L’un des leaders du Tea Party (Dick Armey : NDLR) était pendant longtemps le porte-parole de la majorité à la chambre des représentants, qui est le deuxième plus haut poste législatif. Les racines du tea party se trouvent donc dans le parti républicain. Les mécènes du parti républicain ont aussi financé de nombreuses activités du tea party.

Quel impact peut avoir le Tea Party dans l'élection présidentielle américaine de novembre 2012 ?

Durant les primaires, ils vont avoir un effet sur le Parti républicain, et par conséquent sur la course à la présidentielle. Comme nous l’avons vu l’année dernière - année d’élections législatives - la véritable énergie de ce mouvement est de faire émerger un candidat républicain qui sera plus conservateur que l’électeur américain moyen.  
Mais nous avons vu des exemples intéressant dans les États du Delaware ou du Colorado : des candidats, trop conservateurs car soutenus par le Tea Party, ont finalement perdu de justesse car ils ont perdu un certain nombre de votes due à leur éloignement idéologique du citoyen moyen.
Les Tea Partiers sont très actifs et vont participer aux nominations (primaires ou caucuses), ils vont être mobilisés pour voter pour des candidats. Ça pourra se terminer par un choix d’un candidat républicain plus conservateur que l’Amérique. Donc, pour gagner la nomination, le candidat devra plaire aux Tea Partiers. Mais il devra les décevoir pour gagner l’élection présidentielle. Obama n’a pas à concourir avec la base du parti. Il peut déjà draguer le centre et tenter d’attirer les républicains modérés.

Mais n’y aura-t-il pas un candidat dissident pour le Tea Party ?

Quelques personnes ont envisagé cela, avec des candidats comme Michele Bachmann ou Rick Perry. Mais ils veulent surtout que la marque Tea Party leur soit attribuée. D’autres candidats républicains ne veulent pas être mêlés au Tea Party, tel Mitt Romney car il avait fait passer une réforme de santé similaire à celle de Barack Obama, dans son État du Massachussetts, quand il en était le gouverneur.  
Reste que si le Tea Party n’existait pas, ces gens seraient tout de même dans la course, ils viseraient toujours les mêmes électeurs, mais ils seraient simplement appelés « conservateurs sociaux ». Tea Party est un nom de substitution auquel il est facile de s’identifier. Ce n’est pas en opposition du Parti républicain.

Le Tea Party n’est-il pas un mouvement "anti-partis" ?

Le Tea party n’est pas autant anti parti que l’on le suggère. Le Tea Party était si vindicatif envers les politiciens menteurs qu’on les a caricaturés en tant que mouvement anti parti. Ils étaient également critiques envers le Parti républicain car celui-ci avait dépensé trop d’argent quand il était aux commandes du congrès et de la présidence. Mais en fait, la plupart de ceux qui se revendiquent du Tea Party étaient déjà au Congrès à l’époque, et le sont encore aujourd’hui.
Il est simplement utile d’être anti-partis aux Etats-Unis. Les Américains n’aiment pas les partis politiques même s'ils s’identifient à eux. Les partis aident à faire sens et à simplifier les enjeux dans un système politique complexe qui mêle des élections au niveau local, étatique et fédéral. Malgré tout, les Américains les détestent.
James Madison voulait protéger l’Amérique des partis grâce à la constitution, et George Washington voulait que les usa restent éloignés de la création de partis politiques. Le Tea Party fournit un masque anti-partis, quand en fait il réalise la mobilisation des partisans du Parti républicain. Donc il reste dans le cadre d’un parti politique. Ce qu’il peut faire, c’est déranger la façon dont les partis négocient habituellement au congrès.
Historiquement, les leaders des deux partis trouvent toujours une façon pour chacun de sortir gagnant. Mais le Tea Party réduit les possibilités de négociations entre les deux partis. Il a donc un effet dans les interactions entre républicains et démocrates au congrès, surtout à la chambre des représentants.

Pourrait-on aller jusqu'à qualifier les "Tea Partiers" de stupides ?

Ils ne le sont pas. Ils sont les plus actifs du Parti républicain. La plupart d’entre eux appartiennent à la classe moyenne supérieure et la classe supérieure du parti. Le simplisme politique fut utilisé pour apparaître comme l’homme ordinaire, qui proteste contre Obama, chose très utile en politique aux Etats-Unis. Mais cela ne dit pas qui ils sont. Ils jouent un rôle.

Croissance : rien ne va plus en Europe et aux Etats-Unis

Les mauvaises nouvelles s'accumulent : en Grèce, la récession sera plus forte que prévue, en France plusieurs banques ont revu leurs prévisions à la baisse, et la banque d'affaires JPMorgan Chase a fait de même pour les Etats-Unis.

Les jeux sont-il faits pour la croissance en Europe et aux Etats-Unis? A en croire la série d'estimations de croissance publiées ce vendredi, la situation est pire que prévue.
Symbole d'une Europe en pleine crise de la dette, la récession s'annonce plus sévère en Grèce. Son PIB pourrait afficher un recul supérieur à 4,5% en 2011, au lieu de 3,8% prévu jusqu'ici a indiqué le ministre grec des finances Evangelos Vénizélos.
L'ensemble de la zone euro est touchée par le ralentissement économique. Le produit intérieur brut européen n'a ainsi progressé que de 0.2% par rapport au premier trimestre 2011selon Eurostat. Alors que les économistes tablaient sur une hausse de la production entre 0,3% et 0,5% en Allemagne aux deuxième trimestre, l'agence de statistique européenne, annonce une croissance à 0,1% seulement pour la première économie européenne.
Pour plusieurs banques, 2012 s'annonce mal pour la croissance en France...

En France, selon des estimations indépendantes de six banques, la croissance du PIB risque d'être inférieure à 1,4% du PIB en 2012. C'est bien moins que les prévisions de Bercy qui table encore officiellement sur une croissance à 2,25% l'année prochaine. Les économistes de Royal Bank of Scotland, BNP Paribas, JP Morgan, Morgan Stanley, Goldman Sachs et Deutsche Bank donnaient ce vendredi une prévision moyenne de 1,37% de croissance du produit intérieur brut (PIB) pour l'an prochain.
 "Un certain nombre de facteurs entrent en jeu: le ralentissement de la croissance mondiale, la rigueur budgétaire accrue et les tensions financières dans l'union monétaire, donc on a du mal à voir d'où pourraient venir des signaux positifs", a expliqué à Reuters Jacques Cailloux, chef économiste Europe de Royal Bank of Scotland.
La stagnation du PIB au deuxième trimestre serait en revanche plus ponctuelle, avec, par exemple, le contrecoup de la fin de la prime à la casse automobile. Mais la contraction marquée (-0,7%) de la consommation des ménages, moteur traditionnel de l'économie, fait craindre pour 2011 une performance annuelle inférieure à la prévision officielle de 2 %.
... JP Morgan Chase fait le même constat aux Etats-Unis
De l'autre côté de l'Atlantique, JPMorgan Chase a abaissé sa prévision de croissance des Etats-Unis, pour la fin 2011 et le début de 2012, selon une note publiée ce vendredi. La banque d'affaires américaine avertit que les risques de récession restent "élevés".
Les analystes de la banque estiment que le produit intérieur brut américain progressera de 1% au quatrième trimestre, contre une prévision précédente de 2,5%. Pour le premier trimestre 2012, ils attendent une hausse de 0,5%, contre 1,5% auparavant. Pour expliquer ce recul, ils évoquent un marché immobilier en difficulté ainsi que la baisse de revenu pour les ménages américains dont le pessimisme de fait que s'accentuer.

vendredi 19 août 2011

Ces spéculateurs qui parient sur la faillite des Etats

Le recours à des assurances pour se protéger de l'impact de la faillite d'un pays a été dévoyé par les spéculateurs qui en ont fait une arme financière, désormais massivement utilisée à mesure que les inquiétudes sur la solvabilité des Etats grandissent.
Le CDS ("Credit Default Swap") est au départ une simple assurance sur un emprunt émis par un état ou une entreprise, contractée de gré à gré.
Un investisseur détient de la dette grecque, il désire se couvrir contre le risque de banqueroute de ce pays et contracte un tel produit auprès d'un "assureur". Après tout, rien que de très normal.
Le problème est qu'il peut aussi très bien acheter un CDS sur de la dette grecque sans pour autant en détenir.
"C'est exactement comme si je m'assurais contre un incendie sur une habitation dont je ne suis ni propriétaire ni locataire. J'ai tout intérêt à ce que cette maison prenne feu pour toucher la prime", explique Paul Jorion, auteur de plusieurs ouvrages dont "Vers la crise du capitalisme américain" (Editions du Croquant).
"Les CDS sont dévoyés, ils sont aujourd?hui majoritairement utilisés pour spéculer sur la faillite des Etats. Ainsi, des fonds spéculatifs n?ayant jamais investi un euro en Grèce les ont utilisés pour parier sur la faillite de ce pays", explique cet ancien trader.
Et de mettre en garde contre un danger d'autant plus grand que ces prophéties sont souvent "auto-réalisatrices".
Plus la demande de CDS sur un pays est forte, plus les marchés vont croire qu'il est proche de la faillite, plus le taux auquel ils lui prêteront de l'argent sera élevé, ce qui mettra cet Etat en position délicate pour se financer.
La dernière phase pour le spéculateur est alors de revendre ces CDS beaucoup plus cher qu'il ne les a achetés, vu que le risque est plus élevé.
"Ce n'est pas le commun des mortels qui détient ce type de placements mais des initiés travaillant pour des hedge funds (fonds spéculatifs) ou des grandes banques", souligne Cyril Regnat, stratégiste obligataire chez Natixis.
Imaginé, en 1994, par Blythe Masters de la banque d'affaires américaine J.P. Morgan --"la femme qui a inventé les armes financières de destruction massive", selon le quotidien britannique The Guardian-- ces produits financiers ont connu un développement fulgurant.
Depuis la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, ces contrats, jusque-là essentiellement limités à l'assurance des dettes des entreprises, se sont développés pour les Etats.
"Ils sont aujourd'hui l'un des instruments les plus importants pour juger de la qualité de bon payeur d'un pays avec les notes délivrées par les agences d'évaluation financière" (Fitch, Moody's, Standard & Poor's), ce qui en fait des armes redoutables, explique M. Regnat.
Actuellement, le montant total des assurances souscrites contre une éventuelle faillite de la France représente 23 milliards de dollars, contre 17 milliards pour l'Allemagne et 5,6 milliards pour les Etats-Unis.
Preuve de l?incohérence de la situation, le contrat d'assurance sur les Etats-Unis, jugés "AA+" par les agences de notation, coûte trois fois moins que celui de la France qui détient la meilleure note possible (à "AAA").
Et s'assurer contre une banqueroute de l'Hexagone coûte plus cher aujourd'hui que pour le Mexique ou la Colombie.
Pour la Grèce, l'équation est encore plus folle. Il faut aujourd'hui débourser 10 millions de dollars pour assurer 10 millions de dette grecque sur dix ans et les investisseurs ont déserté ce marché.
"On est dans un système totalement déconnecté des fondamentaux économiques", reconnaît Eric Oynoyan, stratégiste chez BNP Paribas à Londres.
Toute tentative de régulation de ce marché opaque, car non réglementé, est restée à ce jour vaine.
En septembre 2010, la Commission européenne avait émis l'hypothèse d'interdire l'achat de CDS aux personnes ne détenant pas d'obligations de l'Etat concerné.
Mais cette mesure est à ce jour encore dans les tiroirs, de nombreux pays y étant opposés, aux premiers rangs desquels le Royaume-Uni.

Grèce/PIB: le recul atteindrait 4,5%

Le produit intérieur brut (PIB) grec pourrait se contracter de plus de 4,5% en 2011, contre 3,8% prévu jusqu'à présent a indiqué vendredi le ministre grec des Finances, Evangélos Vénizélos. "Les premières prévisions tablaient sur un recul de 3,5%, mais ensuite cela a changé (...) et nous sommes maintenant au niveau de -3,8%.-3,9%", a affirmé le ministre dans un entretien à la radio athénienne Skaï. "Désormais, il y a une fourchette de prévisions qui peut aller au-delà de -4,5%", a ajouté le ministre.

"Désormais, il y a une fourchette de prévisions qui peut aller au-delà de -4,5%, et on va voir où cela va se situer, moi je serais heureux si nous avions un meilleur résultat, mais la vérité est que la conjoncture nationale et internationale a fait empirer la récession".

Selon les estimations provisoires de l'Autorité des statistiques grecques (ASE), le PIB grec s'est fortement contracté au deuxième trimestre 2011 de 6,9% par rapport à la même période en 2010, contre 5,5% au premier trimestre. Frappée par la crise de la dette, la Grèce traverse sa troisième année de récession. En 2010, l'économie s'est contractée de 4,5% en 2010.

Cela est surtout dû à des mesures d'austérité draconiennes, comprenant des coupes salariales et des hausses des taxes sur plusieurs produits, imposées au pays depuis 2010 par ses créanciers, l'Union européenne et le Fonds monétaire international, en échange d'un prêt pour le sauver de la faillite.

Negociations sur le deuxième plan de sauvetage pas achevés avant octobre

Vénizélos a précisé dans le même entretien que les négociations sur le contenu du deuxième plan de sauvetage octroyé au pays par le Fonds monétaire international et l'Union européenne ne seront pas achevées avant la mi-octobre.

"N'attendons pas d'en avoir fini avant la première ou deuxième semaine d'octobre, car il faut que les parlements votent, et que les banques et caisses d'assurances fassent leurs procédures", a-t-il affirmé sur la radio athénienne Skaï.

Vénizélos a par ailleurs souligné que l'objectif de la Grèce "est que cela soit fini le plus vite possible", mais a relevé la complexité de la mise en oeuvre du plan, car "le secteur privé attend des garanties" de la part des Etats, tandis que "la partie publique attend que les négociations avec le secteur privé avancent favorablement".

L'échange des titres est prévu par le nouveau plan de soutien de près de 160 milliards d'euros, décidé par la zone euro réunie en sommet extraordinaire à Bruxelles le 21 juillet. La contribution du secteur privé sur une base volontaire prévue par le montage de la zone euro est à hauteur de 54 milliards d'euros sur trois ans, et 135 milliards d'euros sur dix ans.

Pourquoi les bourses replongent-elles ?



Quand les riches socialistes aiment tendrement l’impôt


Quand les riches socialistes aiment tendrement l’impôt
Magie du socialisme ambiant aidée par une presse obséquieusement dévouée à son extension maximale : on voit actuellement fleurir de nombreuses propositions de taxer les riches un grand coup (éventuellement derrière la nuque), propositions parfois soutenues par les riches eux-mêmes, exemple parfait de soumission servile des individus à l’État tout puissant.
La presse, frétillante comme on peut l’imaginer sur un sujet pareil, nous abreuve donc d’articles presque dithyrambiques sur les appels poignants de magnats multimilliardaires qui réclament bruyamment plus d’impôts pour eux-mêmes, sur le mode « Nous avons trop d’argent, aidez-nous à aider l’État, quoi, bon, à la fin ! »
Çà et là, l’idée est donc reprise pour faire comprendre que les impôts vont augmenter (Non ? Sans blagues ?) et qu’en plus, tout le monde est d’accord à commencer par les plus riches. C’est dire si l’idée est bonne et à la mode ! Allons-y, donc !
Et évidemment, au bal des hypocrites et des imbéciles, les socialistes français ne sont pas les derniers. Vous pourrez ranger Pierre Bergé dans l’une ou l’autre catégorie (d’ailleurs pas mutuellement exclusive) puisque lui aussi, de sa petite voix assurée, réclame vouloir absolument participer à l’incontinence financière dramatique de l’État, lui aussi veut laisser des ronds-de-cuir claquer son argent dans des futilités cosmiques et des balles de golf (par exemple).

Déjà, rien qu’ici, on peut noter une différence flagrante entre les riches d’un côté et de l’autre de l’Atlantique.
Du côté de l’Oncle Sam, on sent que derrière les appels chevrotants d’un Warren Buffett et de certains des autres signataires se cache en réalité une stratégie bien calculée vis-à-vis des petits contribuables qui sont, d’une façon ou d’une autre, aussi leurs clients directs ou indirects. Et puis, montrer très médiatiquement allégeance aux sbires de l’État, c’est toujours une bonne idée lorsque le fisc doit passer. Enfin, faire passer l’ensemble pour un geste philanthropique, ce n’est pas trop dur : Buffett est célèbre pour son implication dans la Bill & Melinda Gates Fundation à laquelle il participe à coups de milliards de dollars.
En France, en revanche, il n’y a pas exactement la même bousculade de bons sentiments calculés ; d’une part, les personnes qui se sentent concernées (Maurice Levy, Pierre Bergé) ne jouent pas dans la même cour qu’un Buffett ou en plus français, un Bernard Arnault (qui n’a pas surenchérit sur ces aimables niaiseries, tiens, au passage). D’autre part, on sent bien plus une stratégie politique, avec un socialisme clairement affiché, là où la stratégie Buffett ressemble plus à une occupation médiatique du terrain. Et enfin, lorsqu’on voit les « philanthropies » très particulières d’un Pierre Bergé, qui a subventionné, un temps durant, la serial-perdante Ségolène Royal, ou la plus que douteuse association SOS Racisme, on peut mesurer l’écart entre l’Amérique du don et la France de la joyeuse bidouille politique à retour d’ascenseur intégré.
Quoi qu’il en soit, on ne peut que noter le parfait ridicule de la proposition, des deux côtés de l’Amérique, et ce, à deux niveaux.
Tout d’abord, parlons montants.
Pour rire.
Parce qu’il y a de quoi.
Prenons le simple déficit, américain tout d’abord, qui s’établit à peu près à 1500 milliards de dollars cette année.
Si nos joyeux pétitionnaires versaient l’intégralité de leurs fortunes respectives (pas simplement un pourcentage, hein, l’intégralité) , ce déficit serait résorbé d’un grand maximum de 4%, soit 1450 milliards restant dû. C’est bien, Warren, mais c’est encore un peu juste pour passer l’hiver, ça.
Un compte qui affiche -1450 milliards arrivé en Septembre, c’est pas joli joli, surtout pour tenir jusqu’à la Saint Sylvestre. Hum. En gros, les 50 milliards permettent de tenir… 2 semaines.
Je ne parlerai pas d’essayer ainsi de rembourser la dette américaine (de 14.500 milliards de dollars), puisque là, le lessivage de ces guignols permet d’amoindrir ce montant de 0,34%. On ne frise même pas le symbolique, ici.
Évidemment, le calcul qui a été mené avec ces serviles assujettis fiscaux outre-Atlantique donne la même poilade pour la France, avec un bonus pour le côté ridicule puisque les petits collabos français ne comptent pas (encore ?) de milliardaires dans leurs rangs. Les 150 millions de fortune personnelle de Bergé (et à peu près autant pour Levy) permettront à l’État français de tenir… une journée de plus environ puisqu’il chie autour de 250 millions d’euros de déficit supplémentaire par jour.
En somme, pour que l’État continue à péter dans la soie une journée de plus, il faut confisquer complètement la fortune de ces deux bouffons tragiques.
Eh oui : 14.000 milliards de dollars de dette américaine, franchement, c’est quoi face à la puissance de feu des 40 milliards d’un Buffet et des millions de dollars des autres ? Et 2000 milliards d’euros de dettes française, c’est quoi face aux 150 miyons de Pierre Bergé ?
Oh, et puis on se rappellera sans mal que l’impôt imaginé ne porte en réalité que sur une fraction de ces montants, ce qui rend… microscopique l’effort de ces richesprécieux ridicules.
Mais le plus absurde, dans cette histoire, n’est même pas la mise en perspective de ce qu’ils prétendent offrir avec les besoins d’un État devenu obèse, non. C’est le moyen utilisé pour faire valoir leur extravagante générosité.
Parlons maintenant moyen.
Parce que, aux États-Unis ou en France, l’idée de donner à l’État se concrétise de la même façon : non, il ne s’agit pas, pour eux, d’envoyer, sous pli discret, des dons aux administrations fiscales correspondantes (qui les accepteraient volontiers, croyez-moi).
Que nenni.
Nos amis donateurs préfèrent largement
a/ médiatiser leur don au maximum, et surtout,
b/ attendent de l’État qu’il mette en place la tuyauterie fiscale qui va bien pour que ce don passe par l’impôt.
Eh oui : ces « donateurs » sont très malins, en réalité (d’ailleurs, ils ne seraient pas multi-millionnaires sans avoir développé quelques capacités intellectuelles). Ils savent pertinemment que l’écriture d’une loi, c’est long et coûteux, très coûteux. Qu’il faudra du temps et de l’argent pour que cette loi soit votée. Et surtout, que cette loi ne rencontrera qu’un succès d’estime : eh oui, dans les personnes qui seraient éligibles à payer plus d’impôts, il y a… des élus, plein d’élus, une palanquée de ces législateurs.
Bref.
Cet appel est un pur pipeau médiatique pour acheter, à peu de frais, une bonne conscience. Non seulement la démarche est inutile, mais elle est parfaitement hypocrite.
Car enfin, si nos aimables bouffons veulent vraiment aider des gens que la crise a touchés, c’est très simple : donnez directement à des associations caritatives.
Tenez, Maurice, Pierre : suivez les liens suivants, par exemple.
…
Vous donnez déjà ? Donnez plus, plutôt que de donner votre argent à une cause perdue, dépensière, qui va claquer vos thunes en balles de golf et petits fours.
Aidez vraiment et arrêtez vos stupides jérémiades fiscales.

Huit raisons pour baisser la note de la France d’ici à 2012

A la suite de la dégradation du triple A des Etats-Unis, la panique s’est emparée de la classe politique française. A juste titre, selon Philippe Simonnot, qui énumère huit raisons pour lesquelles la note française sera sans doute abaissée d’ici la prochaine élection présidentielle. Une critique très libérale de la politique sarkozyste. 
  La panique qui s’est emparée de la classe politique française à la suite de la dégradation du triple A des Etats-Unis  donnerait envie de rire si nos  portemonnaies n’étaient directement concernés , et surtout si elle n’était pas justifiée par la réalité. La note française sera sans doute abaissée d’ici la prochaine présidentielle de 2012, au moins pour huit raisons.

1) Avec la dégradation de la note américaine, un tabou a été franchi : un grand pays a perdu son triple A, et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de la première économie mondiale. Si les Etats-Unis sont abaissés, alors pourquoi pas la France ? C’est la question que tous les marchés se posent maintenant.

2) La dégradation américaine est une mauvaise nouvelle pour les pays européens déjà fragiles, et notamment l’Espagne et l’Italie. Ces deux pays pèsent lourd sur la zone euro. L’environnement économique  immédiat de la France  est touché. On est sorti du cas « bénin » (apparemment) de la Grèce, du Portugal  et de l’Irlande.

3) Pour s’en sortir, notre  Napoléon comptait sur le Grouchy  de la croissance économique. C’est le Blücher de la stagnation qui est arrivé. La croissance zéro de l’économie française au deuxième trimestre sonne le glas des plans budgétaires que notre gouvernement a bâtis sur la comète. Le rétablissement, s’il a lieu, sera beaucoup plus long et beaucoup plus douloureux que prévu, la croissance espérée n’étant pas au rendez-vous.  Waterloo morne plaine !

4) Aujourd'hui, la France est entrée dans une spirale de la dette tout à fait classique. Et ce quelque soit le choix gouvernemental. Si l'Etat réduit ses dépenses et augmente ses recettes, il plombe un peu plus l’économie. S’il ne le fait pas, la dette augmente. Dans les deux cas, le poids relatif de la dette publique  (en %du PIB)  s’accroît, mettant  en cause notre capacité de remboursement.

5) La « règle d’or » que cherche à vendre Sarkozy aux parlementaires, c’est du pipeau par rapport à ce qu’ont établi les Allemands : pas de vraies contraintes, pas de date butoir. La polémique politicienne  que cette tentative a générée en dit long sur la clairvoyance d’une classe politique qui a été incapable d’équilibre le budget de l'Etat depuis trente-sept ans ! Il en est ainsi parce que la pression étatique est telle que les Français, qui fraudent déjà beaucoup, sont au bord de la révolte fiscale et que nos gouvernements, de droite comme de gauche, préfèrent la fuite en avant dans l’endettement. A noter en passant que des milliers d’emplois sont protégés, voire créés par certaines des « niches fiscales » qu’il s’agit de  supprimer  au risque d’aggraver le chômage, déjà scandaleusement élevé.

6) L’auto-destruction d’un Etat-Providence, dont la France est le champion dans l’Euroland, est aussi prévisible au bout de deux ou trois générations que le fut la faillite du système soviétique : moins d’enfants et plus de chômeurs, moins d’épargne et plus d’impôts, moins de sécurité et plus d’immigrés, et si les politiques le nient ou le dénient, les marchés, eux, le savent fort bien et en tiennent compte.

7) Les primaires socialistes vont obliger le candidat du PS à en rajouter dans la démagogie. On n’est qu’au début de la course à l’échalote monétaire.

8) La gauche elle-même a intérêt à ce que la note de la France soit dégradée avant l’échéance de la présidentielle. Sarkozy humilié par les marchés, elle serait sûre de gagner ; une fois au pouvoir, elle n’aurait pas à redouter de subir cette première, la perte du triple A par la France  – même s’il y aura d’autres dégradations à venir. Souvenons-nous qu’au début de son règne François Mitterrand a dévalué le franc, non pas une fois, mais trois fois.
Maintenant couvrez-vous comme vous pouvez !

L’énergie “propre” dévore nos campagnes

Frappés par la crise, les agriculteurs italiens se convertissent à la culture intensive du maïs pour produire du biogaz, plus rémunérateur. Mais ils se mettent ainsi à la merci des spéculateurs et menacent la biodiversité, dénonce le fondateur du mouvement Slow Food. 

Agriculture industrielle. Méditons sur cet oxymore. En son nom, l’homme a pensé pouvoir produire de la nourriture sans paysans et a fini par évincer ces derniers des campagnes. Nous en sommes même aujourd’hui à l’idée qu’il puisse y avoir des champs cultivés sans que des aliments y soient produits : une agriculture sans nourriture. Une agriculture, qui, dès lors qu’elle se base uniquement sur le profit et sur les spéculations, parvient à rendre mauvais tout ce qui peut être bon : la nourriture, les terrains fertiles (qui le sont de moins en moins), mais aussi l’énergie propre et renouvelable. Comme le photovoltaïque, comme le biogaz.
On a déjà parlé de la façon dont l’énergie photovoltaïque peut devenir une machine dévoreuse de terrains et de ressources alimentaires. Aujourd’hui l’heure est aux centrales au biogaz qui exploitent les biomasses, c’est à dire les déchets de l’élevage, l’herbe de fenaison et autres végétaux. Ces installations seraient idéales pour se débarrasser des déjections, problème récurrent des éleveurs, et autres déchets biologiques, en améliorant leur revenu grâce à une production d’énergie qui peut-être utilisée pour l’exploitation agricole, ou vendue.
Mais si l’affairisme s’en mêle, si des investisseurs qui se fichent complètement que l’agriculture produise de la nourriture et qu’elle le fasse le mieux possible, flairent la bonne affaire et accourent, alors le biogaz peut devenir une malédiction. C’est ce qui est en train d’arriver dans de nombreuses régions de la plaine du Pô, surtout là où il y a de fortes concentrations d’élevages intensifs.

On cesse de produire de la nourriture pour produire de l'énergie

Que se passe-t-il ? De nombreux agriculteurs, aux abois en raison de la crise généralisée du secteur, se transforment en producteurs d’énergie et cessent de produire des aliments. En fait, ils se contentent de cultiver du maïs de manière intensive pour remplir des "digesteurs", générateurs de biogaz. Des investisseurs les aident et parfois les exploitent. Il y a des fermes d’élevage où les agriculteurs sont payés par ceux qui ont construit les installations pour la culture du maïs : ils sont devenus des ouvriers du secteur énergétique, ce ne sont plus des paysans.
Tout a commencé en 2008, lorsqu’a été introduit un nouveau certificat vert "agricole" pour la production d’énergie électrique avec des installations de production de biogaz à partir de biomasses. De "petites" installations d’une puissance électrique ne dépassant pas 1 Mw. Mais 1 Mw, c’est beaucoup : ça a stimulé le business, parce qu’un tarif de 28 cent/kWh a été accordé à ceux qui produisent, soit trois fois le prix qu’il leur faut payer pour l’énergie produite "normalement".
C’est ainsi que le système des subventions, auquel s’ajoutent celles de l’Union européenne pour la production de maïs, a rendu la construction d’installations importantes et coûteuses (jusqu’4 millions d’euros) très rentables, d’autant plus que leur coût peut être amorti en quelques années. Rien que dans la région de Crémone [Nord], il y avait en 2007 cinq installations autorisées, il y en a aujourd’hui 130. On estime que le maïs destiné au biogaz occupe 25% des terres actuellement cultivées. D’ici à 2013 il devrait y avoir 500 installations sur l’ensemble de la Lombardie.
L'environnement et l’agriculture elle-même sont donc menacés. Quelques constatations (et lapalissades). Primo : on cesse de produire de la nourriture pour produire de l’énergie. Secundo : la monoculture intensive du maïs est délétère pour les terrains parce qu’elle fait appel à de grandes quantités d’engrais chimiques et consomme énormément d’eau, prélevée dans des nappes phréatiques de plus en plus pauvres et polluées. Sans rotation des parcelles, leur fertilité est compromise et la diffusion de parasites est facilitée – et elle est éliminée ensuite par un ajout de produits antiparasitaires.

Un marché noir des déchets biologiques

Tertio : ceux qui produisent de l’énergie en cultivant du maïs peuvent se permettre de payer des loyers beaucoup plus élevés pour les terrains, jusqu’à 1 500 euros l’hectare, ce qui crée une concurrence déloyale envers ceux qui en ont besoin pour l’élevage. C’est le même phénomène que celui qui s’est créé avec les parcs voltaïques, on répète donc la même erreur. Quarto : les installations elles-mêmes, celles d’1 Mw, sont des structures de grandes dimensions et pour les construire du terrain agricole est définitivement sacrifié.
Quinto : on entend déjà des rumeurs sur la naissance d’un marché noir des déchets biologiques, comme les déchets de boucherie, vendus illégalement pour fabriquer du biogaz. Ils ne devraient jamais être utilisés comme biomasse, parce que ce qui reste de la "digestion" est ensuite répandu dans les champs pour les fertiliser, et ce type de déchet pourrait non seulement polluer, mais aussi propager des maladies.
C'est un problème d’échelle. En soi, le biogaz issu des biomasses n’aurait aucun défaut. Mais s’il est produit à des fins spéculatives et est surdimensionné, s’il intensifie la production de maïs dans le seul but de nourrir l’installation, s’il fait monter les prix du terrain, l’épuise et le pollue, alors il faut dire non. Fort et clair.
Il est certain ces problèmes doivent être mis sur la table et débattus lors des discussions sur la nouvelle Politique agricole commune (PAC) qui a débuté récemment à Bruxelles. Tôt ou tard, les subventions finiront. Les biogaz avec de grosses installations sont un cautère sur la jambe de bois de notre agriculture malade, et ce pourrait bien être le coup de grâce. Il sera en effet très difficile de revenir en arrière : les terrains fertiles ne sont pas récupérables, les nappes sont polluées, la salubrité disparaît, ceux qui s’efforcent de faire une bonne agriculture sont contraints d’arrêter face à une concurrence impitoyable et insoutenable. Agriculture industrielle, quel oxymore !

La santé va vite profiter des percées de la science

Techniques moins invasives, lutte contre les effets secondaires, gestes 
médicaux automatisés : les progrès des nanotechnologies et de la thérapie cellulaire rendront prévention et traitements beaucoup plus efficaces.
 Les nanotechnologies vont bouleverser l’électronique et les matériaux, mais aussi la santé (18% de leur impact économique en 2010). Administration de médicaments ou miniaturisation des instruments, une infinité d’applications se profile.
Greffe de cellules : il n’y aura plus besoin d’implanter un organe entier
Et si, au lieu de greffer un organe entier, on se contentait d’implanter quelques cellules ? L’année dernière, 
au centre hospitalier de Lille, l’équipe du docteur François Pattou a ainsi greffé dans l’avant-bras d’une patiente diabétique des «îlots de Langerhans», ces cellules pancréatiques chargées de la sécrétion d’insuline, l’hormone qui régule le taux de glucose du sang. Pour l’heure, ce type de greffes n’a souvent qu’un effet passager, car l’organisme finit par détruire les «intrus». Mais les médecins espèrent allonger la durée de vie de ces traitements. Cette technique n’est que l’une des possibilités offertes par la greffe cellulaire. Une autre piste consisterait à implanter des cellules souches, capables de donner naissance à des cellules spécialisées devenant, par exemple, sécréteuses d’insuline. Les cellules souches pourraient également soigner d’autres pathologies. Ainsi, ces dernières années, elles ont été utilisées pour réparer des malformations de la trachée du nouveau-né, améliorer l’état de patients atteints de sclérose en plaques ou encore pour reconstituer la peau de grands brûlés. Mieux : si les souches les plus performantes se situent dans le cordon ombilical des nouveau-nés, on en trouve partout dans l’organisme adulte. Ainsi, l’équipe de Piero Anversa, de la Harvard Medical School (Etats-Unis), vient de découvrir que même nos poumons en contiennent. A partir de telles cellules, ils ont réparé des lésions pulmonaires de souris.
Sommeil : une sieste 
à l’aéroport permettra de gérer le décalage horaire
Tous les spécialistes du sommeil le savent, s’autoriser une sieste est l’une des meilleures armes contre le jet lag. Mais le conseil n’est pas facile à mettre en œuvre à l’aéroport, entre deux vols… D’où le prototype de Sleep Box imaginé par Arch Group, un cabinet d’architectes russe : un espace de 3,75 mètres carrés ouvert à la location (de 15 minutes à plusieurs heures) dans les terminaux, les gares ferroviaires ou les centres commerciaux. La «box», isolée du monde extérieur, comporte un vrai lit de 2 mètres (les draps sont changés automatiquement après chaque utilisation), mais aussi un bureau escamotable avec connexion Wi-Fi.
Stérilité : les chimiothérapies n’empêcheront plus d’avoir des enfants
Première mondiale cette année au Japon ! L’équipe de Takehiko Ogawa, de l’université de Yokohama, a obtenu des spermatozoïdes matures en utilisant des cellules extraites de testicules de souriceaux nouveau-nés. Cultivées in vitro, ces cellules ont ensuite été inséminées pour finalement donner naissance à plusieurs portées de souris. Aux Etats-Unis, l’équipe de Sandra Carson, de l’Université Brown à Rhode Island, a quant à elle mis au point l’année dernière le premier ovaire artificiel à partir de cellules ovariennes prélevées chez des femmes fertiles. Cet ovaire a ensuite permis la maturation des ovules que les biologistes y avaient insérés. Ces deux avancées pourraient permettre aux jeunes garçons et aux femmes devant subir une chimiothérapie stérilisante de conserver l’espoir de fonder une famille.
Maladies cardiaques : il y aura toujours moins d’opérations à cœur ouvert
Ouvrir le thorax pour soigner le cœur, y pratiquer des pontages coronariens ou y placer des valves cardiaques pourrait bientôt appartenir au passé. «Ces dernières années, la chirurgie cardiaque a perdu beaucoup 
de terrain face à la cardiologie interventionnelle, et cette tendance va se confirmer à l’avenir», affirme Olivier Varenne, de l’hôpital Cochin, à Paris. Ainsi, la pose d’un «stent» (une sorte de tube métallique pour maintenir ouvertes des artères bouchées) est de plus en plus souvent préférée au pontage, une intervention chirurgicale lourde. Quant aux valves cardiaques, il est désormais possible de les poser par voie transcathéter, y compris sur des patients âgés jugés jusqu’à présent inopérables.

Antibiotiques : des virus tueront les bactéries à la place des médicaments
Devenues résistantes aux antibiotiques, certaines bactéries font planer sur les hôpitaux du monde entier une nouvelle menace sanitaire. Menace que l’on pourrait combattre à l’aide de… virus. Plus précisément de bactériophages, des virus mangeurs de bactéries. La technique est en réalité vieille de plus d’un siècle, mais avait été abandonnée avec l’avènement des antibiotiques. Seuls certains pays, dont la Géorgie, ont continué de la pratiquer, mais de manière assez artisanale. Aujourd’hui, elle fait l’objet d’un regain d’intérêt de la part des scientifiques occidentaux. Ainsi, l’année dernière, Laurent Debarbieux, microbiologiste à l’Institut Pasteur, a utilisé des bactériophages prélevés dans l’eau des égouts de Paris pour traiter, avec succès, des souris atteintes d’une infection pulmonaire, causée par une bactérie qui prolifère dans les poumons des patients atteints de mucoviscidose.
Tests diagnostics : on anticipera mieux accidents cardiaques et cancers
A l’avenir, on devrait réussir à diagnostiquer certaines maladies plus rapidement, plus facilement et à partir de simples échantillons de sang, d’urine 
ou même de cheveux. Ainsi, la mesure du taux de cortisol (l’hormone du stress) dans les cheveux d’hommes a montré que celui-ci y augmente trois mois avant une crise cardiaque. Certaines molécules détectables dans le sang ou dans les urines pourraient aussi perme ttre de détecter le risque de prééclampsie (une forme d’hypertension) chez la femme enceinte ou l’évolution de maladies rénales chroniques. Encore plus surprenant, des chercheurs de l’université de Haïfa, en Israël, ont mis au point l’année dernière une biopuce capable de détecter le cancer dans l’haleine expirée par les patients.
Nanomédicaments : ils remplaceront la chimiothérapie
Pour traiter les cancers ou éviter les métastases, la thérapie de choix est aujourd’hui la chimiothérapie. Mais elle n’est pas toujours efficace et inonde tout l’organisme, au risque d’effets indésirables sur les cellules et les organes sains. Un problème que sont en passe de résoudre les nanomédicaments. Délivrés en plus petite quantité et parfois de façon ciblée grâce à l’utilisation de molécules capables de reconnaître spécifiquement les cellules cancéreuses, les nanomédicaments ont déjà commencé à inonder le marché. Les Entreprises du médicament, principale association des industries pharmaceutiques françaises, estiment que le marché de la nanomédecine pourrait atteindre 170 milliards de dollars en 2015.

Les 7 innovations qui vont révolutionner la médecine
1. Du botox contre 
la migraine
Des chercheurs espagnols ont découvert il y a quelques années un effet surprise de la toxine botulique, le célèbre antirides : injectée 
en certains points de la tête et 
du cou, elle réduit la fréquence 
des migraines chez deux patients sur trois. On pense donc la proposer aux malades chroniques. Aux Etats-Unis, la prescription est déjà autorisée.
2. Une "imprimante" 
pour réparer la peau
Le Fab@Home est une imprimante capable de reproduire des objets. James Yoo, de l’université de Wake Forest (Etats-Unis), l’a utilisée pour recréer du cartilage ou de la peau : l’appareil scanne la zone à réparer et crée une image numérique en 3D, qui sert de «patron» pour projeter un gel contenant les cellules voulues, directement sur la blessure.
3. Un patch pour se faire vacciner sans piqûre
L’an dernier, des chercheurs américains ont vacciné des souris contre la grippe avec ce patch semé d’aiguilles de moins de 1 millimètre de long, qui fondent sous la peau pour y répandre le produit. La technique permet une bonne conservation des vaccins à température ambiante (selon l’OMS, la réfrigération représente 14% du coût de la vaccination) et évite les risques liés aux seringues. Il reste à lancer les tests cliniques sur l’homme.
4. Un détecteur de chute pour personnes âgées
Créée par l’urgentiste Jean-Eric Lundy, la société Vigilio planche sur ce dispositif de télésurveillance. Il s’agit d’un patch muni d’un mini-accéléromètre, qui détecte les chutes et avertit les secours si les capteurs de mouvement répartis dans le logement confirment l’immobilité, ce qui évite les fausses alertes. Une étude clinique va être menée auprès de 200 personnes.
5. Une seringue
 100% automatisée
Soutenue par le pôle de compétitivité Minalogic (Grenoble), la start-up Eveon a conçu, entre 
autres brevets, une micropompe qui permet à ce dispositif de gérer des injections automatiques, sécurisées et ultraprécises. La société, qui a 
levé au total 4,5 millions d’euros depuis 2008, prévoit une mise sur le marché avant 2015.
6. Des organes cultivés 
en laboratoire
Fabriquer un greffon à partir d’un organe humain abîmé, ou de celui d’un animal, résoudra le manque de donneurs et le risque de rejet, car on sait déjà semer des cellules du receveur sur un organe dont on ne garde que la «charpente». L’an dernier, foie et poumons ainsi obtenus ont profité à un autre rat. En octobre dernier, au Wake Forest Baptist Medical Center (Etats-Unis), on a créé le premier foie humain issu d’un furet. En cardiologie, l’hôpital Gregorio Marañón (Madrid) espère lancer des essais cliniques d’ici trois ans.
7. Un vélo ultraléger pour garder la forme
Le designer américain John 
Villareal a imaginé un vélo ultraléger, 
au cadre en fibres de carbone. A l’avant et à l’arrière, 
des lampes à LED basse consommation amélioreront vision et visibilité du cycliste. L’absence de chaîne réduit le poids et les risques de panne. La transmission se ferait par des pignons. D’autres designers travaillent sur la propulsion par aimants supraconducteurs ! Après vingt ans de recherche, 
de telles roues «orbitales» (sans moyeu) ont été montées sur plusieurs prototypes de cycles.