François Hollande au plus bas dans les sondages semble miser sur les succès de l'équipe de France pour redresser sa cote de popularité. Cela peut-il fonctionner? Existe-t-il des précédents? Lesquels?
Frédéric Dabi: Personne ne peut affirmer avec certitude que le Président de la République mise sur le succès des Bleus pour rebondir dans l'opinion. Cet espoir, qu'il existe ou pas dans la tête de François Hollande, s'avère de toute façon illusoire. En effet, l'impopularité record que connaît le locataire de l'Elysée (82% de mécontents dans le sondage mensuel Ifop / JDD) repose essentiellement sur l'absence perçue de résultats sur le plan économique et social, sur le sentiment que les effets de la crise sur les Français se sont accentués depuis 2012. Dans ce cadre, un bon parcours des Bleus, y compris une accession au dernier carré de cette coupe du Monde, ne produira que des effets marginaux sur la cote présidentielle.
Bien sûr, beaucoup d'observateurs ont en mémoire un précédent glorieux, à savoir la Coupe du Monde 1998. A l'issue de la victoire de la France en finale contre le Brésil, les deux têtes de l'exécutif avaient bénéficié d'une remontée spectaculaire de leur cote de popularité. Mais au-delà du moment d'unité nationale autour d'un événement organisé en France, c'était avant tout une période de croissance économique.
En période de crise, même en cas de bons résultats de l'équipe de France, cette stratégie peut-elle être contre-productive? Les Français ne risquent-il pas d'avoir le sentiment que le président de la République se détourne de leur vrais problèmes?
Je ne le pense pas dans la mesure où les Français font clairement la part des choses et ne s'offusqueront pas de voir François Hollande apparaître comme le premier supporter des Bleus. Mais tout est une question de dosage: dans un contexte social tendu, il serait dangereux que l'image de François Hollande soutenant les Bleus prenne le pas sur l'image attendue d'un Président cherchant à améliorer la vie de ses compatriotes. On se souvient des critiques qui avaient suivi la réception à l'Elysée, presque toute affaire cessante, de Thierry Henry dès son retour dans l'hexagone, par Nicolas Sarkozy après la calamiteuse campagne de l'Equipe de France en Afrique du Sud.
On se souvient de la coupe du monde 1998 en France qui avait profité à Jacques Chirac. En 1984, François Mitterrand avait-il lui aussi profité de la victoire des Bleus de Platini en France ?
Absolument pas. La popularité de François Mitterrand telle que mesurée par les indices Ifop / JDD n'avait pas progressé et la part des mécontents dépassait 50%. La victoire de «la bande à Platini» à l'euro 1984 n'avait pas eu d'effet. François Mitterrand faisait face en juin 1984 à la guerre scolaire qui avait d'ailleurs fini par entrainer le départ de son Premier ministre Pierre Mauroy. Il connaissait également, toute proportion gardée, une situation analogue à celle aujourd'hui éprouvée par François Hollande, à savoir une très forte déception à son encontre du peuple de gauche.
Un président peut-il également pâtir des mauvais résultats de l'équipe national? Nicolas Sarkozy avait-il particulièrement chuté dans les sondages lors du psychodrame de Knysna?
La cote de popularité de Nicolas Sarkozy s'était avérée strictement identique avant et après la Coupe du Monde et l'épisode de Knysna. A cette époque, le Président de la République pâtissait d'un fort rejet dans l'opinion avec deux tiers de mécontents en juin comme en juillet 2010.
QU'IL RESTE TRANQUIL, L'ÉQUIPE DE FRANCE N'A EN AUCUN CAS BESOIN DE LUI.
Notre ministre de la Santé a présenté hier les orientations de la future loi santé. C'est peu de dire que Marisol Touraine dévoile ses intentions à doses homéopathiques, comme s'il fallait ménager le malade. La loi sera en effet évoquée en septembre en Conseil des ministres et sera examinée à l'Assemblée début 2015. Pourtant, l'objectif du gouvernement est ambitieux puisqu'il s'agit de réaliser 10 milliards d'euros d'économies de 2015 à 2017 pour la branche maladie de la Sécu. Mais hier, Marisol Touraine s'est soigneusement abstenue de présenter la future « douloureuse ». Elle a, au contraire, opté pour la bobologie.
Voilà une ministre qui a voulu se montrer aux « p'tits soins » avec les Français en se gardant bien de tout chiffrage, mais en multipliant les sages recommandations et les gestes prévenants. Nul ne contestera le souci de faciliter l'accès aux soins des « plus modestes », ni l'importance des mesures de prévention, pas plus que l'octroi de droits supplémentaires aux patients. Il n'empêche que l'on décèle invariablement dans les propos de Marisol Touraine, les virus symptomatiques de l'idéologie et du dirigisme étatique.
On ne fait, hélas, pas seulement une politique de santé avec de bonnes intentions. Il y faut des moyens. Marisol Touraine a beau parier sur le sens des responsabilités des Français, nul ne peut affirmer que la généralisation à terme du tiers payant ne générera pas des surcoûts (à l'image de la CMU) en favorisant le sentiment diffus d'un « Demain on soigne gratis » ! Sans parler des contraintes administratives pour les généralistes.
Il manque donc le volet « économies structurelles » à la présentation d'hier. On pense bien sûr aux hôpitaux qui représentent, à eux seuls, 44 % des dépenses de santé. En dépit d'annonces réitérées, la chirurgie ambulatoire reste très en retard en France. On y ajoutera des efforts sur les génériques, les tarifs des examens médicaux, les transports des patients, le calcul des congés de maladie. En somme, aux « p'tits soins » prodigués par le ministre, il reste à adjoindre les grands remèdes.
« Et ce sont eux qui sont chargés d’éduquer nos enfants » !
Ils ne serrent pas la main des « fachos ». Ils ne s’asseoient pas à côté des « nazis ». Voilà à peu près le niveau de « débat » qu’ont opposé les profs cégétistes (à majorité féminine) du lycée professionnel Paul-Langevin de Beaucaire (Gard) au maire (FN) et à ses adjoints lors du conseil d’administration du lycée, le premier depuis l‘élection de Julien Sanchez. Il a répondu à Présent.
« Lorsque nous sommes entrés », déclare Julien Sanchez, « les enseignants ont immédiatement fixé leurs chaussures pour ne pas croiser notre regard ». Ambiance.
Puis ils ont refusé de serrer la main que leur tendait Stéphane Vidal, adjoint au maire, celle du maire et conseiller régional Julien Sanchez, et celle de Chantal Sarrailh, adjointe au maire.
« Et ce sont eux qui sont chargés d’éduquer nos enfants, en leur apprenant notamment à dire bonjour…» commente ironiquement Julien Sanchez.
Les enseignants militants ont refusé de siéger en sa compagnie au conseil d’administration, non sans avoir balancé quelques insultes au passage. Le conseil a dû être ajourné faute de quorum. Les profs sont ensuite entrés dans la salle de réunion pour prononcer un discours type, d’une folle originalité, sur le thème « FN raciste, xénophobe, etc. »
« Ces enseignants font passer leur intérêt militant avant l’intérêt des adolescents et de leur établissement », déclare Julien Sanchez. « Ce ne sont pas quelques syndicalistes enseignants sans éducation, privilégiés, aigris et sectaires, dont le comportement n’a rien à envier à celui de “racailles”, qui impressionneront la municipalité. »
Le proviseur du lycée, Pascal Lorblanchet, a parfaitement confirmé les faits. En bon stalinien, il estime pour sa part que le sectarisme, la goujaterie, l’insulte, l’intimidation, l’obstruction, l’entrave étaient tout ce qu’il y de plus légitimes et que c’est le comportement de la municipalité qui a été totalement déplacé :
« Ce genre d’appréciations (de la part de la municipalité, ndlr) pourraient entraîner un dépôt de plainte de la part de certains enseignants. Ce sont des représentants syndicaux. Il n’y avait pas de montée de ton. Ils ont exposé calmement leur point de vue, sans agressivité » (sic ).
Avant d’ajouter : « On n’a pas vraiment besoin de ce genre de polémique ». Qu’ils commencent donc par ne pas la provoquer !
10% des membres du futur Parlement européen devraient appartenir à une formation qualifiée de "populiste". Un danger pour l'avenir de l'Union européenne. A la veille des élections, Myeurop, en partenariat avec Citizens for Europe, a enquêté dans huit pays pour comprendre la stratégie d'implantation de ces partis et celle des partis traditionnels pour les contrer. Cette semaine Myeurop vous propose deux reportages chaque jour.
60, 70, voire 75 ou 80 eurodéputés qui seront élus du 22 au 25 mai prochains appartiendront à une formation "populiste". Cela signifie que 10% des membres du Parlement européen seront des opposants farouches à la construction européenne telle qu’elle se déroule actuellement où même, dans certains cas, défendront des positions franchement anti-européennes, voire europhobes.
Il ne s’agit pas ici de porter un jugement normatif sur le caractère "démocratico-compatible" de ces formations qui sollicitent le suffrage des électeurs. Ni de donner a priori une connotation négative ou sulfureuse au terme "populisme", corpus idéologique consistant à contrer les dérives d’une démocratie qui serait confisquée par les élites en appliquant des politiques censées refléter le "bon sens" des masses populaires.
Au demeurant, les partis ou mouvements populistes européens sont très divers et offrent une combinaison de recettes allant d’un libéralisme à caractère poujadiste à un nationalisme ardent, parfois proche du fascisme ou même du nazisme (Hongrie, Grèce). Les idées les plus généralement défendues prônent le retour au protectionnisme, le rejet de toute tutelle européenne ou une résistance identitaire face à la mondialisation et à la montée du multiculturalisme.
Ces formations sont toutes hostiles à l’immigration et, pour certaines, ouvertement islamophobes (Pays-Bas, Scandinavie, Autriche). A l’Est de l’Europe, cette islamophobie s’estompe ou s’efface au profit de l’anti-sémitisme et/ou du racisme anti-Roms.
Myeurop, en partenariat avec la plateforme Citizens for Europe et sa page spéciale élections européennes, vous propose de regarder en face ces populismes dans huit pays où ils sont particulièrement actifs : France, Italie, Pays-Bas, Danemark, Finlande, Autriche, Hongrie, Grèce. A l’exception de ce dernier pays où le très extrémiste mouvement "Aube Dorée" ne devrait pas dépasser 10% des suffrages, les populistes devraient obtenir dans les 7 autres pays des scores supérieurs à 15% voire à 20% en Italie, Danemark, France, et Hongrie.
Après avoir assisté à un concours d'improvisation théâtrale au mois de mai, hier soir François Hollande a participé à la remise d'un prix journalistique dans les locaux du "Monde". Lui-même ne semblait pas trop savoir ce qu'il faisait là. Sans que nous le sachions, la Ve République aurait-elle disparu et la IIIe République réapparu ? Serions-nous revenus au temps du chef de l'Etat purement décoratif ?
Intriguée, une dame s’approche : « Que se passe-t-il ? Dans la rue, la police a fait enlever les voitures. Qui vient ? Ce n’est quand même pas le président de la République ! », plaisante-t-elle sans trop y croire. Mais si, Madame, c’est bien le président de la République, François Hollande — précisons-le — qui provoque toute cette agitation, sur les trottoirs du boulevard Auguste Blanqui, à Paris, devant le siège du Monde. Une interview exclusive ? L’annonce d’une grande réforme ? Non, le chef de l’Etat vient… remettre un prix. Un prix
L'inutile de service
journalistique, le premier prix Erik Izraelewicz de la meilleure enquête économique. En une heure de temps, un chef de l'Etat peut parler Irak, SNCF, intermittents, ou bien choisir de récompenser des journalistes. En mai dernier, notre homme avait déjà décidé d'assister à la finale d'un concours — ça ne s'invente pas — d'improvisation théâtrale. Avec Hollande, c'est retour donc à la Troisième République, au temps du président-ornement. Il ne lui reste plus qu'à inaugurer les chrysanthèmes et l'on connaîtra enfin la douceur d'une Toussaint au mois de juin...
En attendant, tout le beau monde était là, dans les locaux du journal « de référence » pour assister à ce grand moment : élites économiques, politiques et donc journalistiques. Pour alimenter les fantasmes, rien de tel ! L’ancien PDG d’Essilor, Xavier Fontanet, le producteur d’émissions de télévision, Emmanuel Chain, la direction des écoles partenaires du prix, HEC et le CFJ, et tout le service de sécurité de l’Elysée. Dans leur plus beau costume, les étudiants d’HEC échangent quelques mots en franglais — « C’est trop nice, non ? » — pendant que les invités s’installent tranquillement dans leur siège. Plus on est au centre de l’amphithéâtre et plus on a le sentiment que l’événement est important.
Pourtant, quand ils ont appris la nouvelle, les invités n’en revenaient pas. Le président, vraiment ? Personne ne savait pourquoi il était là. Qu’ils se rassurent, lui non plus ! « Je me suis demandé pourquoi on m’invitait, a-t-il commencé. Sans doute pour ma politique économique ! » On ne change pas une tactique qui gagne : quand on ne sait pas quoi répondre, en politique comme dans le grand monde, une pirouette, c’est toujours chouette ! Alors autant en abuser. « J’ai été journaliste, a rappelé le président pour tenter de se justifier, je sais donc qu’il n’est pas facile d’être un journaliste de gauche quand la gauche est au pouvoir. Et encore moins d’être au pouvoir quand la presse de gauche ne vous soutient pas ! » Eclats de rire. On recommence : « Après tout,Le Monde parle de moi, je viens donc parler au Monde ! » Au journal, précise-t-il. Le monde, le vrai, lui, est resté à l'extérieur. « Et puis Erik Izraelewicz était mon ami ». C’est déjà mieux. Une dernière ? « On peut vouloir le changement sans être pour autant libéral. »
Cette boutade-là, a bien fait rire Alain Frachon. Après avoir vanté les mérites de« l’esprit critique », le directeur des rédactions du Monde par intérim, s’est mué en chantre du libéralisme. Et, c’est la mode, en présentateur météo. « La mondialisation économique, c’est comme la météo : c’est un fait qui s’impose à nous (…), un horizon indépassable, a-t-il professé. Ce qu’on appelle libéral en France n’est en fait que l’adaptation nécessaire à la mondialisation. » L' « esprit critique » en prend pour son grade, mais tant pis : le public, lui, est conquis. François Hollande aussi. « Ce qui compte c'est de laisser sa trace et sa pensée dans le temps », a répondu le président. Raté ! Dans son compte-rendu de l’événement, Lemonde.fr n’a pas jugé bon de mentionner sa présence. Ça vous chatouille ou ça vous gratouille ? Tout ça pour rien donc, le résident de l’Elysée n’ayant même pas pu toucher au buffet. Décidément, c’est la crise.
Bilan –provisoire– de ces dix jours de conflit à la SNCF : une grève dure pour une réforme ferroviaire molle. Le ministre des Transports a tenu, lui qui présentait sans rire sa loi comme « une avancée contre le libéralisme débridé ». Les syndicats les plus radicalisés ont tenu et obtenu le caractère « indissociable et solidaire » de leur société.
Mais les Français ? Circulez ! Dindons à plumer plus que clients à ménager, ils n’ont eu droit qu’à assister, en otages résignés, à cette caricature de crise à la française. Les contribuables ? Circulez et payez… La SNCF reste sous perfusion financière – plus de 12 milliards d’euros de dotations et autres subventions publiques par an, dont 3,3 milliards pour le régime des retraites. Et malgré ce soutien abusif, sa dette (notre dette) demeure explosive. Les entrepreneurs ? Circulez et perdez… Minée par le statut exorbitant de ses agents, la productivité du mastodonte, et d’abord de son fret, érode la compétitivité tout entière du site France.
L’avenir même de l’entreprise enfin ? Circulez et oubliez… Avec Keolis, Systra ou Geodis, la SNCF décroche des contrats à l’international mais croit pouvoir verrouiller son marché intérieur, comme si ce deux poids deux mesures au nez de Bruxelles pouvait perdurer…
Au final, tout cela fait cher, très cher la préservation des avantages de la « famille cheminote ». Dans la douleur, les Français ont – enfin ! – compris que plus de dettes signifiait plus d’impôts. Combien de temps encore pour prendre conscience que moins de rentes équivaut à plus d’emplois ? Et que pour se sauver, la SNCF ne doit pas se préserver de la concurrence, mais y plonger ?
Il n’est sans doute jamais facile de décrypter son époque. La nôtre est particulièrement ardue. Il s’y produit tant de phénomènes inexplicables et tant de succès injustifiés. Faute de comprendre, il faut donc se contenter d’observer. C’est déjà un lourd travail. Que penser par exemple du triomphe de « Yo » ? Cette application mobile ne sert qu’à une chose : s’envoyer des « Yo ». Plus on distribue de ces deux lettres magiques, plus on en reçoit, plus on est content et c’est tout. Pas étonnant que 50 000 utilisateurs réguliers en soient déjà adeptes et que 1,2 million de dollars soit en voie d’être levé pour la développer. De fait, il y a là un énorme progrès de civilisation : grâce à cette nouveauté, on peut désormais s’échanger sans raison et communiquer sans rien se dire.
Après Ségolène Royal en Marianne et Arnaud Montebourg en marinière, le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, se met en scène à la une du Parisien magazine en «Monsieur Météo». En tant que spécialiste de la communication politique, que pensez-vous de cette couverture? Quel est le message que cherche à envoyer ce type d'opération de communication?
Le ridicule, bien porté par la gauche caviar
Christian Delporte: Il y a une version rose: le ministre des Affaires étrangères n'hésite pas à donner de sa personne pour alerter sur les dangers du changement climatique, alors que la France organisera la conférence mondiale sur ce thème, en 2015. Laurent Fabiusen sera le pilote. Notons, au passage, la confusion entre météo et climat qui fera bondir les professeurs d'histoire-géographie, au lendemain du bac! Par l'image et le support (Le Parisien-Magazine), Fabius cherche la proximité avec les gens ordinaires, pas toujours sensibles avec cette question planétaire. Mais il y a aussi la version plus sombre: le décalage d'image avec ce que représente un ministre des Affaires étrangères - la grandeur de la France dans le monde, la solennité de la fonction - ouvre la voie à la moquerie. Il est d'autant plus net que le sourire de Fabius sur la photo reste celui des clichés officiels: en la matière, un sourire plus large, une attitude plus détendue auraient souligné la volonté d'autodérision.
A peine la couverture connue, twitter s'en est emparée, la détournant sans ménagement. En communication, on peut chercher à surprendre, recourir à l'humour, verser dans l'autodérision, mais à condition de maîtriser le message et de contrôler son image. Ici, l'écart entre l'image de Fabius et la couverture du journal est tel que l'opération de communication risque de se retourner contre lui. Comme la marinière de Montebourg, le nœud à papillon de Fabius «Monsieur Météo» peut lui coller longtemps à la peau.
Quel peut en être l'effet sur l'image de Laurent Fabius?
Le trouvera-t-on plus sympathique, moins guindé? Pas sûr. Laurent Fabius est une figure importante du gouvernement. L'opinion reconnaît sa compétence et lui qui fut longtemps impopulaire a réussi, grâce au Quai d'Orsay, à la reconquérir. Nous verrons bien si elle lui pardonne ce moment d'égarement. On se rappelle la sévérité des propos de Fabius à l'égard de la peopolisation, au temps - nous étions en 2006 - où il visait le comportement de Ségolène Royal : «Je préfère dire: «Voici mon projet», plutôt que «Mon projet, c'est Voici»». La mise en scène du Parisien-Magazine relève d'une tendance «people» qui lui reviendra peut-être au visage, comme un effet boomerang.
Le risque de ridicule parait important. Comment expliquez-vous que Laurent Fabius, qui a une longue carrière derrière lui, puisse s'y laisser prendre?
On a échappé au pire, puisque le premier projet du Parisien-Magazine était de photographier Laurent Fabius sur un bout de banquise en polystyrène, au côté d'un ours polaire empaillé! La photo a été négociée avec son cabinet pendant plusieurs semaines. Il faut croire que les communicants ont encore beaucoup à apprendre des médias et que leur capacité à anticiper les effets médiatiques sont toujours perfectibles!
Fabius a toujours été soucieux de contrôler son image. Quand il était jeune Premier ministre, il y a 30 ans, il était considéré comme l'un des hommes politiques les plus doués en communication, à la télévision. Pour se rapprocher et se faire comprendre des Français, lui l'agrégé de Lettres et l'énarque avait volontairement appauvri son vocabulaire et adopté le langage ordinaire. A cette époque, il était aussi friand de coups de com' qui faisaient de belles images dans les médias: arrivée de son épouse Françoise en 2 CV Charleston dans la cour de l'Elysée ou fausse photo «volée» d'un Fabius en charentaises sortant de chez lui, place du Panthéon, pour acheter des croissants. Ces images excessives lui avaient été reprochées. Le rejet de l'opinion après l'affaire du sang contaminé l'avait persuadé d'y renoncer.
Fabius est-il grisé par sa popularité? Le naturel revient-il au galop, alors qu'il n'a plus d'ambition présidentielle? S'agit-il d'un plan-com? En tout cas, ce dernier coup suit immédiatement un autre: la réception très médiatisée, il y a quelques jours, des présentateurs météo de toutes les télévisions et radios.
Ce type de communication est-il totalement nouveau ou cela a-t-il toujours existé? Peut-on parler de dérive de la communication politique?
L'humour ou l'autodérision comme modes de communication n'appartiennent guère à la tradition française. Dans le monde anglo-saxon, il en va différemment. En mai dernier, on a vu le prince Charles présenter la météo à la BBC. Deux mois plus tôt, Obama s'était invité au show humoristique de Zach Galifianakis, Between Two Ferns, succédant à de nombreuses vedettes d'Hollywood. On sait que, chaque année, le dîner des correspondants de la Maison-Blanche est l'occasion pour le Président de faire rire son public. Tony Blair, à son époque, s'invitait aussi dans les talk-shows humoristiques. Mais toutes ces prestations sont très scénarisées et les formules répétées. L'image est parfaitement maîtrisée. Dans le cas de Fabius (et avant lui Montebourg ou Royal), le sentiment est qu'ils ne contrôle rien. Si l'on invente de nouveaux modes de communication - et pourquoi pas l'humour et l'autodérision -, encore faut-il mesurer le degré de réceptivité de l'opinion et les effets médiatiques de l'opération.
A travers ce type d'opération, les politiques achèvent-ils de saper leur autorité et leur crédit?
Depuis près de 30 ans, les hommes politiques cherchent à donner un autre visage d'eux-mêmes. Naguère, Chirac, Jospin ou Léotard apparaissaient dans les émissions de Patrick Sébastien, Fabius allait chez Patrick Sabatier, Mermaz participait à Tournez manège. Aujourd'hui, les politiques contribuent au divertissement des talk-shows et Fabius pose en Monsieur Météo. Mais plus ils cherchent à se rapprocher du peuple, plus le peuple s'en éloigne. L'opinion juge d'abord les politiques sur les actes, dans l'exercice de leur fonction. Les Français ne demandent pas du show mais des résultats, a fortiori en période de crise.
«La grandeur a besoin de mystère. On admire mal ce qu'on connaît bien», disait De Gaulle. C'est aussi une posture de communication sur laquelle les hommes politiques d'aujourd'hui devraient méditer.
Pris entre l’indiscipline de ses élus et le cynisme de Hollande, Valls a trouvé dans la grève des cheminots l’occasion à saisir. Pour se draper en chef.
L’impasse dans laquelle se trouve Manuel Valls se résume en trois scrutins. Le 10 juin, la réforme pénale de Christiane Taubira est approuvée par toute la gauche : 328 voix ; la droite vote contre, 231 voix ; pas une abstention. (En avril 2013, le mariage des homosexuels avait été voté par 327 voix contre 230 et 10 abstentions). Le 8 avril précédent, Manuel Valls obtenait la confiance de sa majorité par 306 voix contre 239, avec 16 abstentions de gauche. Le 29 avril, quand il présente son plan de stabilité (les économies de 50 milliards), il n’a plus que 265 suffrages et récolte 67 abstentions.
Que disent ces trois scrutins ? Que la gauche fait le plein sur ses réformes “de société”, celles qui, par effet contraire, braquent le plus les électeurs et par conséquent les élus de droite et du centre. Or, même si l’on entendra encore parler de PMA, de GPA, d’euthanasie, et probablement du droit de vote des étrangers, ces réformes-là, épuisées, sont hors du champ des priorités gouvernementales. En revanche, la gauche éclate quand il s’agit d’entrer dans le vif des réformes économiques et budgétaires. C’est bien pourtant sur ces sujets-là que Manuel Valls, après deux mois de déclarations, est obligé d’abattre ses cartes, en dévoilant le contenu du “collectif budgétaire” qui doit faire la démonstration qu’il peut redresser les comptes publics et rendre aux entreprises leur compétitivité. Ce qui passe en réalité par une obligation : la liquidation du socialisme.
Cela consiste à défaire systématiquement ce qui a été fait depuis deux ans — mais sans avoir de sujets de société permettant, au moins provisoirement, de rassembler ses troupes. Et quand on a sorti tous les arguments rationnels de ses cartons, que reste-t-il à brandir ? La menace du chaos. C’est ce que le premier ministre est allé faire le 14 juin devant le conseil national du Parti socialiste. Discours à huis clos, prononcé sur le ton de l’oraison funèbre, destiné à frapper les élus et les médias rapidement informés.
La gauche n’a jamais été aussi faible dans l’histoire de la Ve République » ; « nous sentons bien que nous sommes arrivés au bout de quelque chose, au bout peut-être même d’un cycle historique du parti » ; « notre pays peut se défaire, se donner à Marine Le Pen »…Ce discours, le sénateur PS de la Nièvre Gaétan Gorce, l’un des fins analystes de la gauche, le traduit de la manière suivante : « Il faut comprendre, écrit-il, que la gauche risquerait de disparaître… au moins au premier tour de la présidentielle.Nul doute en effet que, si au désarroi actuel s’ajoutait le poids de l’échec, c’est toute une culture politique qui serait gravement menacée de péremption. »
La présidentielle, évidemment ! Comment aller à la présidentielle avec un parti divisé, sceptique, frondeur, difficile à convaincre qu’entre Valls et le chaos, il n’y a rien que Marine Le Pen ? Valls n’a pas un obstacle à surmonter devant lui, mais deux. D’un côté, il doit gérer ses élus, dont un sur trois n’adhère pas à sa politique budgétaire et fiscale ; de l’autre, il est tenu de manoeuvrer avec Hollande et de le défendre alors qu’il le sait froid, cynique et indéfendable.
De ce point de vue, il a trouvé dans la grève de la SNCF le moment à saisir : celui qui peut lui permettre de se draper dans l’autorité du chef, défenseur du lycéen qui passe son baccalauréat et de l’usager des services publics en général, contre ces cheminots archaïques et privilégiés, dans un conflit d’autant plus incompréhensible que le pouvoir s’est employé à rendre son projet de loi de réforme de la SNCF, source de la grève, tout aussi obscur.
Pour le premier ministre, c’est une grève calculée. Il ne pouvait ignorer, à moins d’être aveugle et sourd, ni l’état d’esprit de la fédération CGT des cheminots, en concurrence avec Sud-Rail, ni la colère d’un électorat de base qui s’estime trahi par une politique dénoncée comme celle du patronat. Il a sciemment joué l’opinion publique contre les syndicats, fauteurs de grève, lui, le commandeur qui résiste à tout, autant à la critique d’une partie des siens qu’à un mouvement aussi prolongé que celui-là.
« Je suis le seul », doit-on comprendre. Le seul clairvoyant, le seul courageux, le seul à pouvoir sauver les deux années qui viennent avant la campagne présidentielle… Mais, note Gaétan Gorce, « en théorisant sa démarche, en en faisant l’apanage d’une nouvelle gauche, Manuel Valls prend le risque de condamner celle-ci à une défaite irrémédiable, et peut-être même irréversible ».
Risque d’une défaite irréversible parce que la division de son camp n’est pas compensée par un mouvement identique à droite et au centre. Voyez les scrutins cités plus haut : chaque fois, la droite et le centre ont voté contre, comme un seul homme. La gauche paie, non pas la facture, mais la fracture de ses deux premières années de pouvoir.
Elle suggère un arrêt des recrutements dans les ministères prioritaires, afin de réduire les effectifs, et une augmentation de la durée de travailComment limiter jusqu'à quasiment geler la masse salariale des administrations? La hausse atteint encore, en tendance, 750 millions d'euros par an pour le seul champ de l'Etat (sans compter les collectivités locales et la fonction publique hospitalière). De nouvelles mesures doivent être prises, que la Cour des comptes suggère dans son rapport annuel sur les finances publiques, publié ce mardi.
"Le ralentissement des salaires publics a été moins prononcé en France que, en moyenne, dans les autres pays de la zone euro" soulignent les magistrats. "Il reste ainsi des marges de manoeuvre en matière de politique salariale". Et d'égréner: il serait possible de restreindre la garantie de pouvoir d'achat, en la faisant jouer sur la rémunération globale et non sur le seul traitement indiciaire, et les règles de calcul du minimum de traitement, en incluant les primes et indemnités dans la base de calcul, pourraient être durcies.
Mesures d'harmonisation
En outre, une série de mesures dites d'harmonisation pourraient être prévues: " intégration de l'indemnité de résidence dans la base indiciaire et mise en extinction du dispositif ; meilleur ciblage des primes de mobilité pour les recentrer sur leur objectif et éliminer les effets d'aubaine ; forfaitisation et gel du supplément familial de traitement ; révision des majorations en faveur des agents travaillant outre-mer selon le différentiel effectif de coût de la vie ; suppression de la sur-rémunération du temps partiel; etc.
Arrêt des recrutements dans les ministères prioritaires : une économie de 450 millions d'euros par an pour l'Etat
Mais, soulignent les magistrats, ces mesures ne permettront de respecter les objectifs "ambitieux en termes de maitrise de la masse salariale du programme de stabilité" (limiter la hausse à 250 millions par an). "Les leviers de la baisse globale des effectifs et de l'augmentation de la durée effective du travail devraient être utilisés à titre complémentaire" écrivent les magistrats. "Le levier de la baisse des effectifs est porteur d'économies importantes" soulignent-ils. Pour l'État , les effectifs sont actuellement stabilisés au niveau global : les ministères jugés prioritaires (éducation nationale, justice et sécurité) bénéficient de créations nettes d'emplois (plus de 10.000, en équivalent temps plein ), tandis que les autres poursuivent la baisse de leurs effectifs (-12 298 pour 2014).
Les magistrats suggèrent un changement de politique, à cet égard:
Par rapport à cette situation, le gel des effectifs des ministères prioritaires combiné à la poursuite au même rythme de la baisse des effectifs dans les ministères non-prioritaires, opérateurs compris, permettrait de dégager une économie annuelle de 450 millions d'euros. À titre d'illustration, si s'ajoutait à cet effort de l'État le non remplacement d'un départ à la retraite sur trois dans les fonctions publiques territoriale et hospitalière, l'économie annuelle serait majorée de 400 millions, portée au total à 850 millions (soit au total une baisse annuelle des effectifs d'environ 30 000 postes dans les trois fonctions publiques).
Un temps de travail accru
Pour la première fois, la Cour suggère en outre la piste de l'augmentation de la durée du travail. "Une hausse de la durée effective du travail dans les administrations peut permettre de diminuer les effectifs sans réduire la quantité et la qualité des services publics rendus"estiment les magistrats. "Une telle hausse pourrait prendre des formes diverses : alignement de la durée effective sur la durée légale, réduction du nombre de jours d'absence (par exemple en rétablissant la journée de carence en cas de maladie), éventuellement augmentation de la durée légale".
Pour quelle réduction du nombre de fonctionnaires? "La hausse de la durée du travail ne permet pas mécaniquement de diminuer les effectifs dans une proportion équivalente : elle peut être en partie compensée par une baisse de la productivité horaire des agents, et nécessite au préalable la réorganisation de certains services".
Travailler plus: 700 millions d'euros d'économies
Quelles pourraient être alors les économies attendues?
"Sous l'hypothèse d'un partage à 50 % entre baisse des besoins en emplois et baisse de la productivité, une augmentation du temps de travail effectif de 1 % (soit l'équivalent de la suppression de 2 jours de congés) permettrait de dégager une économie pour l'ensemble de la fonction publique de 700 millions en réduisant les recrutements nécessaires. Un allongement du temps de travail permettrait probablement aussi de dégager des économies à travers la baisse du nombre d'heures supplémentaires effectuées ou le moindre rachat de jours de congés épargnés.
Autant de réformes particulièrement délicates à faire passer.
Peine de mort. Deux détenus, l'un en Géorgie et l'autre dans le Missouri, ont reçu cette nuit une injection létale. Ce sont les premières exécutions depuis la longue agonie de Clayton Lockett le 29 avril dernier dans l’Etat de Oklahoma.
Une longue agonie
Le 29 avril dernier, Clayton Lockett était mort après de longues souffrances, d’un arrêt cardiaque, 43 minutes après l’injection d’un nouveau cocktail létal. Barack Obama avait à l'époque qualifié de«profondément dérangeant» ce fait et avait ordonné une révision de toutes les procédures d’injection létales du pays.
Suite à cette affaire, l'Oklahoma avait décidé de suspendre les mises à mort pendant 6 mois, le temps de mener une enquête. L'autopsie du corps de Clayton Lockett avait d’ailleurs montré que le personnel chargé de l'exécution n'avait pas réussi à poser l'intraveineuse correctement, provoquant la perforation de la veine fémorale et la mort du prisonnier.
Deux nouvelles exécutions dans la nuit de mardi à mercredi
Ce mardi, sept semaines après la mort de Clayton Lockett, la Cour Suprême a donné son autorisation pour que les exécutions reprennent dans les prisons américaines. Après le report de cinq condamnations à mort, deux prisonniers ont été exécutés hier, l’un en Géorgie (Marcus Wellons) et l’autre dans le Missouri (John Winfield).
Une troisième exécution prévue
À moins d'un report de dernière minute, une troisième exécution devrait se produire ce mercredi en Floride. John Henry a été condamné à mort pour le meurtre de sa femme et le fils de celle-ci, alors qu'il était en liberté conditionnelle après le meurtre de sa première épouse.
Le maire ment. Embarrassé par les nombreux messages de protestation reçus à la mairie de Saint-Pol de Léon (Présent d’hier) Nicolas Floch affirme avec des accents hypocrites : « ce sont les enfants qui ont eux-mêmes souhaité cette célébration ».
Le courageux édile, élu sur une liste divers-droite, n’a même pas le courage d’assumer sa séance de travaux pratiques LGBT. Il préfère scandaleusement mettre ça sur le dos d’élèves de 11 ans : « c’est pas moi, c’est eux ». Lorsqu’on lit de près sa réponse publiée sur le site de la mairie, on note tout de suite qu’il se contredit :
« La classe qui a réalisé un travail préalable – expliqué et réfléchi avec leurs enseignants – nous a proposé de réaliser un mariage entre 2 personnes de même sexe » explique-t-il. Avant de prétendre :« La loi a évolué et nous ne pouvions répondre négativement à une demande qui émanait des élèves » (…) Ce sont donc bien les professeurs qui ont décidé – évidemment – et pas les enfants. Au cours d’un travail préalable de propagande en faveur du Mariage pour Tous, réalisé en cours d’instruction civique, les profs ont trouvé charmant de fortement suggérer aux élèves que le mariage fictif de cette année soit « célébré » entre deux garçons. Quand vous êtes en 6e, que vous avez 11 ans en moyenne et que votre prof vous dit que c’est une très bonne idée, vous faites quoi ? Et les parents, ils en disent quoi ?
Il faut vraiment très mal connaître la psychologie d’un petit garçon de 12 ans pour imaginer que ce genre de pantalonnade théâtralisée a pu lui venir à l’idée et l’amuser le moins du monde. Un micro trottoir rapide dans mon entourage de « scolaires » m’a valu la réponse suivante : « Déjà simuler un mariage avec une fille ça doit pas être rigolo, mais alors avec un autre type ! »
Et le maire persiste : « Ce sont donc bien les élèves, en accord avec l’équipe éducative, qui ont choisi d’illustrer à leur manière, la modification de la Loi intervenue en 2013 qui permet à deux personnes du même sexe de s’unir. »Bien sûr ! Et ce sont les enfants qui ont dicté ce prêchi-prêcha au maire aussi ? Il fait preuve d’une foncière malhonnêteté et ajoute la perversité à la perversité. Ses explications font irrésistiblement penser à celles de Cohn-Bendit à propos de ses activités d‘éducateur à Francfort dans les années 70, racontant que « c’était les gosses » qui « ouvraient sa braguette » et « commençaient à le chatouiller ».
On n'enlèvera pas à Ségolène Royal cette qualité : c'est une énergique… durable. Et une battante… renouvelable. Faut-il s'étonner, dès lors, et compte tenu de ces prédispositions, qu'elle ait été nommée au ministère de l'Écologie dans le gouvernement de Manuel Valls ? Après une série d'épreuves douloureuses, Ségolène Royal, bénéficiant de la liberté d'action retrouvée du père de ses enfants, a obtenu une forme de réhabilitation qu'elle ne veut attribuer qu'à ses compétences. Et, après tout, elle n'a pas forcément tort. Qui d'autre, mieux qu'elle, pouvait occuper un poste qui a connu quatre titulaires depuis l'élection de François Hollande ?
Alors que les écolos n'ont pensé qu'à faire de la politique au gouvernement, Ségolène Royal n'a fait que de l'écologie pour revenir en politique. Après la rebuffade très calculée infligée par Cécile Duflot au Premier ministre Manuel Valls, la « Dame du Poitou » était la seule à pouvoir entretenir cette flamme verte un peu vacillante chez le président. Et elle seule bénéficie chez les écologistes d'un préjugé plutôt favorable lié à la sincérité de sa fibre environnementaliste.
Voilà pourquoi son volontarisme a pu compenser hier, la relative timidité de son projet de loi sur la transition énergétique. Il y a certes un peu d'emphase dans les mots quand François Hollande vante « un des textes les plus importants du quinquennat », accouché dans la douleur. Mais il y a du réalisme dans les propositions de Ségolène Royal qui a finalement choisi la synthèse.
De toutes façons, la période s'accommoderait mal d'une écologie punitive compensant par des taxes le manque de moyens de l'État. Même si nous devons réduire notre facture énergétique, l'adhésion des citoyens à une politique vertueuse doit se faire par des aides telles que certaines sont envisagées. En refusant le bras de fer avec le lobby du nucléaire, la ministre a également écarté la logique du tout ou rien. Et puis l'on ajoutera que l'exemplarité française ne servirait à rien sans une politique européenne harmonisée. Car nous respirons aussi l'air des autres.
L’animateur Arthur a eu raison de partir s’installer à Uccle, dans le sud de Bruxelles. Résister, c’est partir. Si j’avais un peu de courage, je quitterais la France moi aussi. Un exil qui n’aurait rien de fiscal, ça aurait de la gueule. Hélas, je suis un pleutre. Un petit parvenu sans envergure. Bourgeoisement installé dans ses habitudes ordinaires : mes dix kilomètres en courant le dimanche matin, mon abonnement à BeIn Sports pour la Coupe du monde au Brésil. Mes amis, mes amours, mes emmerdes… Une vie de renoncements et de rituels idiots auxquels je me suis attaché. En juillet, deux semaines sur le bassin d’Arcachon. En août, quelques jours dans le Gers. Je ne suis pas le Che Guevara de la droite…
Cependant, pourquoi rendrais-je Hollande responsable de mon existence minable ? Le pauvre homme n’est ni meilleur ni pire que moi. Il ne vous aura pas échappé que le Français normal que je suis est à l’image de son président normal. Hollande, c’est la face émergée de notre médiocrité collective. Et je parie que le successeur que nous lui choisirons en 2017 sera du même tonneau que lui et moi : lâche et nul.
Le problème de la France, c’est les Français. Nous sommes devenus un peuple de fond de tiroir (le quadragénaire français est le moins instruit d’Europe). Et un peuple de beaufs (nous sommes les plus gros consommateurs de McDo au monde après les Américains).
Hollande est moyen. Vous êtes moyen. Je suis moyen. C’est comme ça ! Dans l’ADN français, il n’y a plus un seul chromosome de Du Guesclin ou de Clemenceau. Nous ne sommes plus des conquérants, des héros, des résistants. Et ne me parlez pas de ces José Bové de comptoir qui passent leurs soirées à beugler contre Bruxelles et la mondialisation. Ce sont des contrefaçons. Nos héros sont morts et enterrés. Sans descendance. Et s’ils réapparaissaient demain, ils demanderaient à être déchus de la nationalité française. Ou ils s’exileraient, comme 250 000 Français ces cinq dernières années.
Vous entendez ces idioptimistes : « Bah, la France finira bien par toucher le fond, alors elle repartira. » Alourdis par nos bourrelets idéologiques, aveuglés par une inquiétante immaturité politique, nous croyons dur comme fer que l’élu de 2017 nous rendra nos Trente Glorieuses. « Revêtons nos préjugés, ils nous tiennent chaud », écrivait Barrès.
En fait, si nous sommes en train de couler démocratiquement, c’est parce que nous sommes tous des François Hollande. Et nous ne méritons pas d’autre avenir que celui que nous tricote ce président qui nous ressemble tant.
J’aime lire et pour quiconque est dans ce cas, il n’est rien de plus enthousiasmant que de découvrir un auteur dont on n’avait jamais entendu parler et dont chaque mot résonne en vous comme s’il correspondait à ce que dans le fond vous avez toujours su mais que vous n’avez jamais eu le temps, le talent ou les connaissances d’en extraire une pensée cohérente.
C’est un choc qui arrive peu fréquemment et quand il se produit, je me précipite sur les autres l ivres qu’a écrits cet auteur pour m’abreuver à cette nouvelle source. Ce choc, je l’ai connu avec Alexandre Soljenitsyne, Bertrand de Jouvenel, Arnold Toynbee, Alexis de Tocqueville, Frédéric Bastiat, René Girard, Joseph Schumpeter, Milton Friedman, Hernando de Soto Polar et quelques autres.
Je range leurs livres à l’étage supérieur de ma bibliothèque et quand la médiocrité du monde actuel me pèse trop, j’en attrape un au hasard, je relis quelques pages et je me réconcilie avec le genre humain. Aussi incroyable que cela puisse paraître, je viens de connaître un tel choc en lisant Rome, du libéralisme au socialisme : leçon antique pour notre temps, de Philippe Fabry (éditions Jean-Cyrille Godefroy). Ce livre, dont personne n’a parlé, m’est arrivé par le service de presse de l’éditeur et je l’ai lu par hasard. Monsieur Fabry, apparemment, est un jeune universitaire à Toulouse et il s’agit là de son premier ouvrage. Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître.
Sa thèse est que Rome est passée insensiblement et en quelques siècles d’un État de droit, consubstantiel au libéralisme, au droit de l’État, la marque du socialisme, et que cette lente glissade est à l’origine de la décadence puis de la chute de Rome. Le Romain est passé, en trois siècles, de l’état de citoyen à celui de sujet avant que de devenir esclave.
L’auteur maîtrise parfaitement les fondements théoriques du libéralisme et du socialisme. En particulier, en tant que juriste, il comprend que le libéralisme est une théorie et une pratique du droit et en aucun cas une série de recettes économiques à appliquer pour arriver à la “croissance”. La croissance est une conséquence de l’application du droit.
Étant jeune, quelques tendances libertariennes se font jour ici ou là, mais l’auteur comprend fort bien qu’un État exerçant ses prérogatives régaliennes avec force et justice est une nécessité. Monsieur Fabry fait en outre toute une série de développements heureux sur les similitudes entre la Rome antique et les États-Unis d’aujourd’hui et je suis bien sûr que Ron Paul n’aurait rien à rajouter.
Ses connaissances économiques sont parfaites et il s’est à l’évidence abreuvé aux sources de l’école autrichienne en général et de Ludwig vonMises et Friedrich Hayek en particulier, mais sans pour cela être sectaire, comme certains des thuriféraires de ces deux grands esprits.
Un grand livre, donc, en ce qui me concerne et qui infirme l’impression désolante qui était la mienne depuis un certain temps : j’en étais arrivé à penser que pour la première fois depuis cent ans, il n’y avait plus un seul grand intellectuel français, ce qui me désolait. Je suis heureux de voir que j’avais tort. La source n’est pas tarie. J’attends avec impatience le prochain livre de M. Fabry.
Les lecteurs de Valeurs actuelles n’ont pas à craindre de perdre leur temps s’ils lisent ce livre. Ils en sortiront plus intelligents et rarement auront-ils dépensé 15 euros à meilleur escient.
"Avec moi ou contre moi", c'est la nouvelle devise de Manuel Valls. Avis aux "frondeurs" : on ne s'abstient pas sur le Budget. C'est considéré comme un vote contre. Le Premier ministre a décidé de hausser le ton contre les "frondeurs" de la majorité. Cela vaut pourles socialistes, mais aussi pourles Vertsqui ont nettement pris leurs distances ces dernières semaines.
"S'abstenir, c'est voter contre"
"Hasser le ton", cela veut dire pour commencer qu'on ne supportera pas qu'un socialiste ne vote pas le Budget. Avis à ceux ceux qui s'abstiendront ! Quand on s'abstient, on n'est pas pour, on est contre. C'est la nouvelle jurisprudence. Vous vous abstenez, vous votez contre, vous êtes donc dans l'opposition. Le Budget, c'est ce qui fonde le périmètre de la majorité.C'est carton rouge si vous ne le votez pas.
"Hausser le ton", ça veut dire qu'on muscle le jeu. Il ne s'agit pas de menace pour l'instant. On n'entend pas parler de sanction. Mais il y a une forme d'intimidation, sur le mode : "Vous voulez être responsable du chaos ?", "Vous voulez faire chuter la majorité ?".
"Hausser le ton", ça veut dire que Manuel Valls n'a pas envie de composer avec cette frange de socialistes, pour que l'on dise qu'il tente d'équilibrer son image droitière.
"Hausser le ton", ça veut dire qu'il n'entend pas, tout simplement, se laisser dicter sa route par une minorité, par ces quarante députés qui font plus de bruit que les 250 autres. Halte à la surenchère des révoltés du Bounty !
Duflot se rêve en meneuse de la fronde
Côté Verts, on a bien compris que Cécile Duflot, qui a passé deux ans au chaud au gouvernement, avait définitivement coupé les ponts avec François Hollande et Manuel Valls. Elle se sentait désormais l'âme d'une frondeuse, elle aussi. Et pourquoi pas, même, ne pas mener fronde avec les socialistes et les communistes en rupture de ban ?
Tous les Verts ne sont pas sur cette ligne. À l'Assemblée, ils sont très divisés, entre les partisans de Duflot et ceux qui estiment faire toujours partie de la majorité. Il se murmure que l'ex-ministre ambitionne, en septembre, d'êtrel'invitée "vedette" de la fête de l'Huma. D'ici là, elle se verrait bien incarner l'alternative à gauche.
L'arme atomique du 49.3
La gauche est profondément divisée. On oublie les communistes. Leur patron, Pierre Laurent, veut créer le front du peuple contre la politique d'austérité de Manuel Valls. Jean-Luc Mélenchonn'est plus tout seul dans son coin. C'est tout le bloc Front de gauche de l'Assemblée qui rejette avec violence la politique du gouvernement.
Cela en fait des blocs d'opposition, des députés de gauche qui se radicalisent, des jusqu'au-boutistes qui semblent n'avoir en tête que l'affaiblissement du camp de la gauche. Cela n'est pas bon signe, surtout quand on a une majorité étriquée. Les jours qui viennent vont être cruciaux. Soit le bras de fer se durcit, soit Manuel Valls parvient à emmener une majorité et à faire adhérer un maximum de députés à sa cause.
Dans l'entourage du Premier ministre, on veut croire qu'au final la plupart des députés de gauche prendront leurs responsabilités. On y croit, mais on laisse quand même traîner dans les couloirs du Palais-Bourbon l'ombre de l'arme atomique : le fameux article 49.3, qui permet d'adopter un texte sans vote. Avec le 49.3 le Premier ministre dit : "Soit vous votez le budget, soit vous me renversez. C'est mon texte ou moi !"
Vivement qu'il n'y ait plus d'entrepreneur en France, plus de créateurs de richesse pour que l'on s'aperçoive enfin que l'argent ne pousse ni dans les champs, ni dans les ministères, mais que la richesse se créée avec de l'énergie, du talent, et surtout 95% de sueur, et aussi de la prise de risque. Entre temps, on sera passé à 10 millions de personnes avec un travail précaire. Ras le bol de vivre dans un pays ou la réussite est systémariquement mise sur le dos de la chance et pas du travail.
IL N'Y A QU'EN FRANCE OÙ L'ON PEUT SE PERMETTRE DE TELLES BÊTISES LA FRANCE AUX FRANÇAIS.
JUSTICE
Jean-Marc Ayrault - Député socialiste, Maire de Nantes, président de la communauté urbaine de Nantes Métropole, condamné le 19 décembre 1997 à 6 mois de prison avec sursis et 30 000 francs d'amende, pour "délit de favoritisme dans l'attribution d'un marché public".
Arnaud Montebourg - Ministre du Redressement Productif, président du Conseil Général de Saône-et-Loire, condamné le 23 mai 2012 par le tribunal de grande instance de Paris à 1 euro de dommages et intérêts à verser à chacun des cinq demandeurs et 3000 euros au titre des frais de justice pour "injure publique". Il a fait appel de ce jugement.
QUELQUES VÉRITÉS
Il n'y a pas lieu de désespérer parce que comme l'a dit Margaret Thatcher :"Le socialisme ne dure que jusqu'à ce que se termine l'argent des autres"
INAPTOCRATIE : un système de gouvernement où les moins capables de gouvernersont élus par les moins capables de produire et où les autres membres de lasociété les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sontrécompensés par des biens et des services qui ont été payés par laconfiscation de la richesse et du travail d'un nombre de producteurs endiminution continuelle.
A l'école primaire des socialistes, on apprend les 4 opérations :
- L'addition des impôts - La soustraction des revenus - La multiplication des fonctionnaires et des immigrés - La division du travail.
Aux élections prochaines, votez pour Ali Baba. Au moins vous serez sûrs de n'avoir que 40 voleurs. JEAN D'ORMESSON
COMPTE À REBOURS
AVANT DE LE FOUTRE À LA PORTE, ÇA FAIT DÉJÀ TROP LONGTEMPS QU'IL FAIT DES DÉGATS....CASSE TOI PAUV'CON !!!!!
« Le gouvernement a un bras long et un bras court ; le long sert à prendre et arrive partout, le bras court sert à donner, mais il arrive seulement à ceux qui sont tout près. »
Ignazio Silone
Les socialistes aiment tellement les pauvres qu’ils en fabriquent
C’est moi qui maîtrise la rareté de ma parole politique, pour dire des choses intelligentes quand j’ai besoin de les dire. — Ségolène Royal
J’étais partisan du non, mais face à la montée du non, je vote oui — Manuel Valls
«Le “canard boiteux” n'est pas à Florange, mais à Matignon! Il n'y a ni cap, ni vision.»RACHIDA DATI
La droite et la gauche, ce n’est pas la même chose — Pierre Mauroy
Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme. Le syndicalisme, c’est le contraire — Henri Jeanson
Même quand je ne dis rien, cela fait du bruit — Ségolène Royal
Stéphane Hessel à propos de Hollande:
"On n'en fera pas un Roosevelt !"
Le plus souvent, la liberté d’expression est mal comprise : chacun la revendique pour soi et pour ses amis, c’est-à-dire pour ceux dont on partage les opinions. Il s’agit de la liberté d’expression facile, qui donne lieu à un rituel de célébration inlassablement renouvelé. Mais la défense de la liberté d’expression au sens fort est plus rare. Elle devient en effet plus difficile à pratiquer dès qu’il s’agit d’exiger cette liberté pour ceux qui sont attachés à des idées très différentes, voire totalement opposées à celles que l’on chérit soi-même. C’est alors que la liberté d’expression prend toute sa signification politique : elle devient un combat pour autrui. Pour que « l’autre » puisse professer des opinions auxquelles je suis hostile. Robert Redeker
Etre homme politique, c’est être capable de dire à l’avance ce qui va arriver demain, la semaine prochaine, le mois prochain et l’année prochaine. Et d’être capable, après, d’expliquer pourquoi rien de tout cela ne s’est produit. — Winston Churchill
Quand un politicien se touche le visage il dit la vérité, quand il se gratte l’oreille il dit la vérité, quand il lève le pouce il dit la vérité ; c’est quand il remue les lèvres qu’il ment. — Baptiste Foisy
FRANCE SOCIALISTE
CONTRE LA PENSÉE UNIQUE SOCIALISTE
Nous ne pouvons, nous ne pourrons jamais l'aimer ce nouveau président, qui nous scrute comme si nous étions de mauvais citoyens. Aucune de ses paroles ne me rassure car il est contre mes valeurs. Rien ne pourra me le faire aimer car il a été élu pour de mauvais motifs. Je me sens déjà trahi par ses mensonges par exemple la république irréprochable, alors que son gouvernement ne l'est en rien [...], ou le non cumul des mandats, trahi par son comportement à l'égard de Nicolas Sarkozy et ses gestes ou ses discours équivoques au sein même de l’Élysée, (quelle inélégance à l'égard des 48,7 % de Français), trahi par sa déontologie mesquine et ses états d'âmes moralisateurs, quand on sait que la gauche aime se parer de vertu mais est rarement probe, trahi par cet imposteur de la république, ce petit président, cet énarque élitiste qui veut nous faire croire qu'il aime les gens, qu'il aime le peuple, alors qu'il nous méprise et ne s'adresse qu'à ses amis, trahi parce qu'il brosse tout le temps dans le sens du poil, mais d'économie jamais il ne parle, trahi parce qu'il a su retourner l'opinion en sa faveur grâce à la complicité des journalistes qui ont relayé l'antisarkozysme primaire à longueur d'éditos oiseux [...].Tout cela ressemble à de la petite politique. Augurons qu'il démissionne en proie aux difficultés, ou une cohabitation avec un premier ministre réformiste, ou dans le pire des cas pour nous qu'il soit battu dans 5 ans. Je ne lui souhaite en aucun cas toute la réussite parce que cette réussite ne saurait être celle de la France notre nation, il va insidieusement après avoir pris les commandes de l'ensemble des pouvoirs de la république, lui et ses amis, contribuer à la socialisation lente, rampante, sournoise des esprits.
PHILIPPE BOUVARD
LA VÉRITABLE "EXCEPTION FRANÇAISE": CE SONT LES MÊMES CITOYENS QUI DÉPLORENT QU'UN GOUVERNEMENT N'AIT PAS CONCRÉTISÉ DAVANTAGE DE PROJETS ET QUI, À LA PREMIÈRE VELLÉITÉ DE RÉFORME, DESCENDENT DANS LA RUE