Récemment, un nouveau visage est apparu dans la scène politique française, il s’agit de Denis Payre qui dirige le parti et qui a accepté de répondre aux questions de La Voix de la Russie.
La Voix de la Russie : Denis Payre bonjour, et tout d’abord merci de nous accorder une interview. Pourriez-vous vous présenter aux lecteurs de La Voix de la Russie ?
Denis Payre :Né à Lyon, je suis diplômé de l’ESSEC. A 27 ans, j’ai co-fondé Business Objects, avec une mise de fond de 10 000 euros. En 1994, Business Objects est le premier éditeur de logiciel européen à entrer au Nasdaq, la première société française indépendante à y être admise et la meilleure introduction en bourse de l’année. La société est devenue rapidement un leader mondial dans ce secteur dans lequel les Européens étaient très peu présents. Mon associé et moi avons été nommés entrepreneurs de l'Année en 1996 aux côtes de Steve Jobs et Steven Spielberg dans la revue Business Week en 1996. Dans son domaine d’expertise, Business Objects est aujourd’hui le centre de compétences mondial du géant allemand SAP. En 1997, j’ai souhaité m’occuper de ma famille et aider de jeunes entrepreneurs français et ai fondé l’association Croissance Plus pour promouvoir un environnement plus propice aux entreprises innovantes avec laquelle nous sommes parvenus à faire réformer la loi sur les stock-options qui menaçait la santé financière de ces entreprises. En 1998, j’ai dû quitter la France pour la Belgique car le déplafonnement de l’ISF me menaçait de faillite personnelle, mon patrimoine étant virtuel à 90%, constitué d’actions Business Objects difficiles à vendre et fluctuant dans de fortes proportions. Au moment de la bulle internet avec une action momentanément multipliée par 20, j’aurais été ruiné. Très attaché à mon pays, je suis rentré en France en 2008. A Bruxelles, en 2001, j’ai créé Kiala, avec Marc Fourrier, une plateforme logistique pour l’e-commerce. Kiala est devenue leader en Europe dans son domaine avec une implantation dans cinq pays et une croissance annuelle moyenne de 50%. En février 2012, le géant américain UPS se porte acquéreur de Kiala pour en faire son centre de compétences mondial dans le domaine d’expertise des réseaux de relais. Aujourd’hui je me consacre à 90% au mouvement Nous Citoyens. J’utilise le peu de temps qu’il me reste pour aider de jeunes entreprises comme Business Angel.
LVdlR : Vous dirigez le parti , quelle est la particularité de ce parti d’après vous et quel est son objectif ?
Denis Payre :Nous Citoyens est un mouvement citoyen politique non partisan. Le mouvement a vocation à rassembler tous les Français pour élaborer un projet politique ambitieux, proposant des réformes à mettre en place rapidement et construit autour de trois valeurs : solidarité, responsabilité et confiance. L’objectif est d’associer la société civile pour peser sur le débat public et sur les élections.
LVdlR : Vous affirmez vouloir la parole a la « société civile » car un « nombre croissant de Français se sentaient orphelins de la représentation politique et cela profiterait au Front-National », pourriez vous nous en dire plus ?
Denis Payre :Aujourd'hui, nous constatons une fracture entre les citoyens et les dirigeants politiques. Un récent sondage montre que 52 % des Français sont prêts à voter pour de nouveaux partis politiques. Nous Citoyens entend redonner la parole à la société civile, à cette majorité silencieuse qui ne se sent plus représentée en politique. Nous faisons face à des politiques de carrière qui se trouvent dans une logique de réélection et non de mission. Pour assurer leur poste ils ne prennent pas les décisions nécessaires pour réformer le pays, plus préoccupés par leur intérêt personnel que par l'intérêt des Français. De même, nos fonctionnaires sont de très bon niveau et ont souvent un vrai sens de l'intérêt général mais ils sont trop nombreux en politique. Près de 50 % des députés sont issus de la fonction publique alors qu’ils représentent 20 % de la population active. Il ne s'agit pas de remettre en cause leur qualité mais ils ne connaissent souvent pas le monde économique, n'ayant jamais exercé dans le privé. Ils ne connaissent pas non plus le monde et ne voient pas le potentiel de la France dans la mondialisation. Nous souhaitons rapprocher les sphères politiques et la société civile dans le but de rétablir une confiance réciproque, indispensable à un fonctionnement apaisé et plus efficace pour notre démocratie.
Nous avons décidé de travailler avec nos adhérents en proposant des pistes de réflexion sur des thèmes prioritaires comme l'éducation, l'emploi, la lutte contre l'exclusion ou le renouvellement de la vie politique. Nos adhérents réagissent à ces propositions sur notre site pour élaborer notre Projet citoyen. Nous voulons également rétablir une confiance avec les citoyens au niveau local en labellisant des listes citoyennes qui s'engagent sur un haut niveau de gouvernance et de transparence et sur l'ouverture avec les habitants. Nous voulons incarner une vraie troisième voie pour les français, une alternative crédible au Front national avec un projet économique crédible, un programme de réforme ambitieux et des valeurs raisonnables en phase avec la tradition humaniste française.
LVdlR : Quel regard portez-vous sur le bipartisme régnant en France ? Pour beaucoup de gens, l’alternance cadencée que le pays connaît est en réalité de plus en plus une alternance de façade car les politiques élus sont d’accord sur presque tous les grands sujets de société, extérieure comme intérieure. Etes-vous d’accord avec cela et si oui comment briser ce processus ?
Denis Payre :L’urgence reste le besoin de réformes. Aujourd’hui les partis traditionnels ont montré qu’ils ne répondaient pas à cette exigence. Les dirigeants actuels de la classe politique de gouvernement, à gauche comme à droite, n’ont cessé de remettre au lendemain des réformes indispensables, de l'Etat en particulier, et de capituler devant les corporatismes. Nous citoyens sommes convaincus qu’il n’y a aucune fatalité, que notre pays, notre peuple, portent en eux les ressorts nécessaires à un sursaut.
LVdlR : Vous dans votre projet que le mandat présidentiel de 2017 doit être unique, pourtant on constate dans nombre de pays (comme la Russie par exemple) qu’une stabilité politique plus longue est gage de croissance et permet de mener les reformes nécessaires. Ne pensez-vous pas qu’un mandat serait insuffisant en France pour redresser le pays ?
Denis Payre :Nous devons tenir compte des spécificités politiques françaises. Les réformes doivent être mises en œuvre très vite dans notre pays car la situation du chômage et de la précarité sont très préoccupants, le niveau des déficits et des dettes aussi. Or nos dirigeants ont montré qu’ils préfèrent assurer leur réélection plutôt que prendre les mesures nécessaires. Nous pensons donc que le prochain président de la République doive s’engager exceptionnellement à être élu pour un seul mandat. Il pourra se consacrer pleinement, sur cinq ans, au redressement de la France, compte tenu de la situation critique de notre pays, et ne soit pas dans une logique électorale.
LVdlR : Concrètement, aujourd’hui, le problème le plus grave semble être financier, ce qui ôte tout levier d’action au pouvoir politique. Cette dette croissante semble impossible à résorber, quelle est votre opinion à ce sujet ?
Denis Payre :Notre dépense publique est hors de contrôle, elle ne cesse de croître sans apporter un meilleur service à la population, elle représente 57% du PIB, un quasi record du monde. A tout , les publics sont en dégradation constante et génèrent des gaspillages, régulièrement dénoncés par la Cour des Comptes. Notre système éducatif est à la fois un des plus coûteux du monde développé et un des plus inégalitaire, comme l'a montré l'OCDE encore récemment.
Autre conséquence : des qui augmentent sans cesse, assommant le d'achat des Français et décourageant tous ceux qui entreprennent ; et une dette publique à la dérive atteignant bientôt les 95 % du PIB : un héritage lourd pour les générations futures et un risque que les nous obligent à dans l'urgence. Le résultat, c'est un chômage de masse en constante augmentation, en particulier pour les jeunes, une véritable génération sacrifiée.
LVdlR : Jacques Attali récemment une révolution en France, faisant écho aux propos du députe Jean Lassalle après son effectué cette année afin d’aller a la rencontre des Français. Qu’en pensez-vous ?
Denis Payre :Je ne parlerai pas de « révolution » mais les récents mouvements de contestation en France montrent un climat d'exaspération effectivement très élevé. Les Bonnets rouges sont un exemple de ce « ras-le-bol » général ; des salariés qui manifestent à côté de chefs d’entreprise contre l’asphyxie fiscale. Nous voulons accompagner cette colère pour tenter d'en faire un mouvement constructif de sortie par le haut. Nous voulons retrouver le plein emploi, réconcilier solidarité et prospérité et retrouver la fierté d'être français.
Depuis le lancement de Nous Citoyens en octobre, je suis allé à la rencontre des adhérents et des sympathisants dans certaines villes de France. Partout, les citoyens évoquent leur conscience des problèmes de notre pays et d’un besoin de réformes. Ils témoignent également d’une forte aspiration à changer l’offre politique actuelle. Les partis traditionnels doivent comprendre que le changement de leadership est indispensable pour rétablir le lien de confiance entre les Français et leurs dirigeants.
LVdlR : Quel regard portez-vous sur les problèmes d’intégration et sur l’échec du « modèle multiculturel » français et Ouest européen ? L’immigration met-elle en péril le modèle français traditionnel d’après vous ?
Denis Payre :Dans les années 70, nous avions plus encore d'étrangers qu'aujourd'hui et pourtant cela ne posait pas de problème car nous connaissions la croissance et le plein emploi et l'éducation savait intégrer ces nouvelles populations. Nous ne savons plus créer d'emplois et notre système éducatif en crise ne sait plus intégrer les populations les plus modestes. L'immigration devient donc un sujet pour cette raison là. De plus, l'immigration, comme nombre de politiques publiques françaises, est gérée de façon approximative, car un Etat qui cherche à tout faire ne peut pas être efficace dans tous les domaines. Nous sommes convaincus que l'immigration si elle était convenablement gérée pourrait être à nouveau une chance pour la France. Nous pensons que notre pays n'a jamais été aussi grand et prospère que quand il était ouvert sur le monde.
LVdlR : Quelle est votre opinion sur le mariage pour tous, ce sujet qui a donné lieu à tant de débats et manifestations en France ?
Denis Payre :Notre mouvement se concentre sur les sujets prioritaires pour tous les Français : l’emploi, la lutte contre la précarité, l'efficacité de la dépense publique avec comme conséquence le niveau d'impôt et de dette. Nous pensons que les Français doivent se réunir pour trouver tous ensemble les solutions aux problèmes actuels de la société française. Nous ne voulons pas diviser les Français dans les circonstances actuelles. Ces sujets de société importants devraient être traités dans une société à nouveau pacifiée qui a retrouvé la prospérité.
LVdlR : Parlons de la Russie qui connaît une décennie de grandes transitions économiques et politiques, connaissez-vous ce pays et quel regard portez-vous sur la gouvernance Poutine si critiquée en France ?
Denis Payre :Je connais un peu la Russie à travers sa très riche histoire culturelle, politique et économique. La Russie a en particulier une grande tradition d'innovation technologique qui est un domaine qui m'a toujours intéressé. J'ai vu à quel point le talent des développeurs informatique russes était prisé par les sociétés occidentales au moment de la chute du communisme. La Russie a su sortir du communisme et laisser une partie de l'Europe en sortir aussi sans trouble majeur. Le monde doit lui en être reconnaissant. Je me suis aussi rendu en Russie en tant que chef d'entreprise. J'ai pu observer que de nombreuses sociétés françaises y réussissent très bien. Les Russes sont souvent amateurs de produits français. J'ai moi même découvert avec beaucoup de plaisir la culture russe. J'ai observé aussi que les Russes et les Français s'entendent souvent bien et se respectent mutuellement. Je pense que nos deux pays qui ont des liens historiques anciens, doivent conserver de bonnes relations dans le respect de leurs traditions.
LVdlR : En Russie comme pour tous les émergents (quoi que la Russie soit un ré-émergent), le rôle de l’État a été primordial pour réaffirmer la primauté de la loi, insuffler les grandes directions stratégiques et organiser la vie de la société. Jacques Sapir parlait même récemment du « capitalisme d’Etat » comme horizon historique de la Russie. Pourtant, votre projet semble montrer du doigt l’État comme de tous les maux en France. Envisagez-vous réellement une France avec moins d’État?
Denis Payre : L’Etat n’est pas responsable de tous les maux de la France mais l’Etat français aujourd’hui est un Etat faible car il s’occupe de trop de choses. Il est inefficace dans de nombreux domaines. Nous sommes pour un Etat fort ! Nos dirigeants politiques n’ont pas su utiliser suffisamment les capacités de l’Etat en matière de contrôle et de régulation. La Cour des comptes publie régulièrement des rapports dans lesquels elle pointe les gaspillages et défaillance de notre système qui ne fait pas assez confiance à la société civile et cherche à résoudre tous les problèmes par une intervention directe. Ce modèle ne marche plus, il est responsable de la plupart des grandes difficultés que nous connaissons actuellement.
LVdlR : On parle beaucoup du passage du monde unipolaire au monde multipolaire (avec l’émergence des géants asiatiques ou des grands ensembles et regroupements civilisationnels), quel regard portez-vous là-dessus ?
Denis Payre :On ne peut que se féliciter de voir émerger de nouvelles puissances économiques et de très nombreuses populations sortir de la pauvreté grâce à cela. Cela constitue aussi pour un pays comme la France une opportunité significative de création de richesses et d'emplois. Nous avons la chance d'avoir une tradition d'innovation et d'engagement par le travail. Nous avons une capacité à maitriser la complexité. Nous avons aussi la chance d'avoir une tradition autour de l'art de vivre français qui séduit à juste titre de nombreuses populations étrangères. Il n'y a jamais eu autant de clients solvables pour les produits et les services français. Nous pensons que la France, au sein d'une Europe renforcée, peut jouer un rôle important dans ce nouveau monde, basé sur l'échange et le respect mutuel.
LVdlR : Sur le plan international et militaire, comment envisageriez-vous la position de la France si vous étiez au pouvoir ? Pensez-vous que notre pays doive rester dans l’OTAN par exemple ? Ou contribuer à l’apparition d’une architecture européenne de sécurité ? Ou alors rejoindre l’Organisation de Shanghai avec la Chine et la Russie ?
Denis Payre :Comme je vous le disais, notre mouvement se concentre sur les sujets prioritaires pour les Français : l’emploi, la lutte contre la précarité, l'impôt et la dette. Nous n'avons donc logiquement pas encore pris position sur ces sujets. Néanmoins, nous pensons que la France doit rester un acteur majeur de la construction européenne et que la Défense est un sujet sur lequel la coopération européenne a beaucoup de sens.
LVdlR : Quel est votre calendrier électoral ? Votre mouvement est-il capable/prêt à participer aux échéances électorales françaises ?
Denis Payre :Dès notre lancement en octobre 2013, nous avons été contactés par de nombreuses listes « citoyennes » c’est-à-dire indépendantes, pour les élections municipales de 2014. Afin de soutenir certaines de ces listes, Nous Citoyens propose une charte, des engagements concernant la bonne gestion, la transparence avec l’open data et la bonne gouvernance. Les signataires de la charte sont « labellisés » par Nous Citoyens. Il ne s’agit pas d’une investiture car les listes restent indépendantes mais d’un contrat moral au bénéfice des citoyens. Nous pensons labelliser une cinquantaine de listes avant les élections. Nous devrions aussi être présents pour les élections européennes en mai 2014 et réfléchissons à notre engagement pour les prochaines élections qui concerneront les Français de l’étranger. Nous souhaitons surtout être présents en 2017 au moment de la présidentielle, pour éviter que la France ne connaisse une nouvelle campagne présidentielle pour rien où les vrais sujets ne sont pas abordés.
LVdlR : Comptez-vous ouvrir une antenne en Russie ?
Denis Payre :Nous n’avons pas encore assez d’adhérents mais la question pourra se poser dans les prochains mois car les Français de l'étranger sont très attentifs à nos messages, dans tous les pays du monde. Ils sont souvent confrontés au quotidien au déclassement de l'image de notre pays du fait de la très grande faiblesse des dirigeants de notre classe politique. Ils sont très demandeurs de changement rapide en France car ils restent très attachés à leur pays et souhaitent rapidement être à nouveau fiers d'être français.
LVdlR : Avez-vous quelque chose à rajouter pour les lecteurs de La Voix de la Russie ?
Denis Payre :Nous leur souhaitons une très bonne année 2014.
Juste une anecdote contée par un kiosquier parisien : « Closer. On le vend sur une semaine. Là, tout est parti en dix minutes ». L’hebdomadaire à sensation, qui avait déjà publié les photos de Valérie Trierweiler et François Hollande batifolant dans les vagues, récidive avec un fragile scoop aux allures de titre de film : le président et l’actrice. En toile de fond, l’écho de la rumeur qui bruisse depuis des mois dans les dîners parisiens. L’actualité qui n’a toujours pas fini de plancher sur la question « Y a-t-il des limites à la liberté d’expression ? » cogite ici sur une autre frontière, celle qui sépare vie privée et vie publique. En France, elle ressemble à un mur. Et pourtant… De VGE à Mitterrand, que de frasques ! Et que retint-on des rituels vœux de Nicolas Sarkozy en janvier 2008, le plus people des présidents de la Ve République ? La phrase d’un gamin transi d’amour : « Avec Carla, c’est du sérieux ». Très attendue, la prochaine intervention de François Hollande (mardi prochain) doit sceller un renouveau politique en confirmant le virage social-démocrate. Mais, sûr que, dans un agenda désormais bousculé par des clichés mal identifiés, on y scrutera d’abord la réaction d’un président qui se voulut un jour « normal » et se trouve aujourd’hui contraint à protéger sa vie privée.
Plus tragique que comique, le spectacle, hier, n’était ni sur la scène ni dans la salle du Zénith de Nantes, mais s’est joué en direct sur les écrans des chaînes et sites d’info. Tout au long d’une journée à rebondissements, Dieudonné a eu le droit à une tribune démesurée, voire inespérée, au regard de la notoriété qui était la sienne il y a encore deux mois. Vainqueur du premier round judiciaire devant le tribunal administratif dans l’après-midi, ce drôle d’humoriste devenu un pathétique polémiste n’a toutefois pas eu le temps de savourer. Saisi en un temps record par Manuel Valls, le Conseil d’Etat a annulé le spectacle deux heures plus tard. « La République a gagné », s’est aussitôt félicité le ministre de l’Intérieur, dont la stratégie du bras de fer l’a emporté sur le fil. S’il aurait été malvenu de ne pas réagir face aux provocations à répétition de l’odieux trublion, la méthode et le terrain choisis posent toutefois question. Dieudonné a-t-il vraiment tout perdu dans ce combat hystérico-médiatique ? On peut hélas compter sur cet agitateur professionnel pour continuer à l’avenir de saisir la moindre occasion de transformer les palais de justice en salles de spectacle, et ainsi poursuivre sa cour à l’adresse des anti-systèmes et égarés idéologiques de tous poils. Le but ultime, forcément inavoué, étant de troquer son costume de perdant contre celui de victime.
C'est l'histoire d'un mec qui fait rire la Grèce d'elle-même. Tous les soirs à Athènes, Lakis Lazopoulos, le Coluche grec, joue à guichets fermés sa pièce Sorry, I'm greek. Il y tourne en dérision son pays en crise. Retour sur le parcours retentissant d'un humoriste très politique.
Tous les soirs de cette semaine de "fête officielle" pour cause de présidence grecque de l'Union européenne, le théâtre Bretania, au centre-ville d’Athènes et à deux pas de la place de la Constitution, refuse du monde. Alors, les spectateurs déçus s’installent sur le trottoir et improvisent des sketchs à la manière de Lakis, comme l'appelle affectueusement les Grecs.
Les créanciers étrangers et Aube dorée dans le collimateur
Le rire provoqué par l’humoriste Lakis Lazopoulos dans sa pièce 'Sorry, I'm greek', qu'il a aussi jouée avec succès lors d'une tournée européenne, fait figure d’antidote à la crise en Grèce. Le spectacle tient tout à la fois du théâtre de boulevard, du show des guignols et de la tribune politique. Durant trois heures sans interruption, changeant sans cesse de costume et de perruque, le comédien le plus célèbre de Grèce tourne en dérision la vie politique locale, et met à jour tous les scandales qui émaillent au quotidien le pays.
Il égratigne les travers du petit peuple mais, surtout, peste contre ceux qui profitent de la situation: les créanciers étrangers ou le parti nazi Aube dorée. Lakis revendique le rôle social de son travail artistique.
Nous vivons une véritable catastrophe. Les Grecs se décomposent en tant que peuple. Comme le rire est le pendant de la peur, mon rôle est de faire rire, autant que cela est possible",
insiste le comédien.
Je vais directement au cœur de ce qui blesse et menace les Grecs. Je suis en quelque sorte le thermomètre qui prend la température populaire. Les gens sont dans un état d’ébullition avancé et sont très pessimistes pour leur avenir. Chaque foyer grec vit en ce moment une histoire désespérante. Cela constitue la source de tout mon spectacle".
Un spectacle au succès international. Le quotidien britannique The Guardian, qui vient de lui consacrer une pleine page, va jusqu'à le surnommer "l’Aristophane (poète comique grec du Ve siècle avant J.-C, ndlr) de la Grèce moderne en crise".
Avant le théâtre, la télévision
Ces représentations sur scène sont la suite logique du combat qu’il a mené des années durant, à la télévision cette fois, dans son émission phare 'Al Tsachtir' News (Nouvelles 'Va te faire foutre'), sur la chaîne privée AlfaTV. Chaque mardi, un quart du pays s’arrêtait alors de 21h à minuit pour suivre l’émission en direct: plus de 2,5 millions de téléspectateurs sur 11 millions d'habitants !
Sur le plateau: un public de 1 000 personnes, jeunes, personnes âgées, familles et élèves d’un collège ou lycée d’un coin chaque fois différent de Grèce brandissent des banderoles dans une atmosphère de concert, de piste de cirque et de meeting politique, on ne sait plus trop. Un concentré de la population grecque réunie dans une salle, riant à gorge déployée, souvent les larmes aux yeux, reprend en chœur les refrains. Le tout dans un décor où s’accumule un désordre très étudié, poubelles éventrées et barbecues fumants surplombés d'écrans de TV qui diffusent des reportages relookés grâce aux dernières trouvailles des jeux vidéo.
Sur scène, Lakis fait son numéro. Il alterne one-man show et saynètes caustiques jouées avec d’autres comédiens. L’humoriste a ainsi fait travailler de nombreux artistes grecs, désormais sans contrat, mettant ou remettant en selle jeunes talents et vieilles gloires oubliées. Ton corrosif et mordant, toujours empreint d’une profonde humanité, le comique passe l’actualité de la semaine en revue, décryptage acéré à mille lieux des éditos d’une presse grecque aux ordres. L’émission, jugée dangereuse par le pouvoir, a d'ailleurs été supprimée l’été passé, sans aucune justification.
De retour sur les planches
Privé de ce contact galvanisant avec le public grec, l’artiste est donc parti en tournée dans toutes les villes européennes, où vit une diaspora grecque établie de longue date. À laquelle vient s’ajouter désormais une nouvelle émigration née de la crise, des jeunes diplômés surtout (le taux de chômage des jeunes en Grèce avoisine les 60 %), qui se sont entièrement retrouvés dans son spectacle Sorry, I’m greek: ceux-là connaissent bien tous ces clichés qui ont fleuri sur les Grecs ces dernières années, et dont l'humoriste fait le sel de son propos sans pour autant dédouaner ses compatriotes de leurs dérives consuméristes et clientélistes.
De retour en Grèce, il joue depuis la rentrée à Athènes et en région les jours de la semaine et le week-end. Refusant de changer de registre, assumant sa posture politique (à l’instar d’un Coluche ou d’un Pepe Grillo), il revendique sans fléchir le rôle subversif de l'art, son art.
Ça repart comme en 14 ! La bistrotière formule est plus que jamais d'actualité en ce début d'une année où nous déploierons des trésors d'inventivité pour célébrer le début de la plus grande boucherie humaine de notre histoire. L'an 1 de la guerre qui a vendangé la suprématie technologique, que nous avions mis des siècles à construire, en nous entre-tuant comme des sauvages. Et tout cela pour un traité de Versailles raté qui préparait la suivante. Mais, foin de pensées décalées, voilà l'année sur rails et bien malin qui dirait ce qu'elle nous réserve. Rien de très neuf sans doute, sinon que nous continuerons à courir derrière l'horloge du temps que nous ne savons pas arrêter. Ce temps qui est le même pour tous et que pourtant nous vivons de manière si différente et intime.
Le temps que le poète voulait suspendre parce qu'il le confondait avec la vie et ses minuscules joies quand notre vrai défi est l'éternité. L'éternel recommencement est une illusion, il n'est que le temps qui coule et se moule dans le talent et se moque des modes. Est-il ce présent que nous appelons instant faute de le laisser faire et d'en oublier de célébrer son mariage parfait avec le c'ur ?
Ce qui est à peu près certain, c'est que le temps de la communication va poursuivre sa révolution. Elle n'accélère pas le temps, elle efface les distance, elle nous fait changer de civilisation en changeant les rapports entre les gens. L'ouverture de la communication à une espèce d'universalité encore mal ficelée va imposer des remises en question dans le personnel politique. Finies les poignées de mains sur les marchés, ringardisés les papotages devant l'étal du boucher ou du marchand de légumes, voilà le tweet, tueur de proximité. Le robot a bouleversé la construction automobile, la communication de masse change la bonne vieille politique de terrain.
Le monde bouge, se réforme, les Français le savent et sont bien plus prêts à s'adapter qu'on ne l'affirme dans cette république des experts. Il y a pourtant en ces temps où l'on additionne les mécontentements, une ardente obligation de pédagogie de la réalité sociale pour ne pas laisser le champ libre aux démagogues et à leurs mensonges.
La liberté de réunion est le fruit d’une des grandes lois libérales de la République. Depuis 1881, elle a donné lieu à une jurisprudence fouillée, solide, constante, qui assure, encadre, préserve cette liberté publique fondamentale qu’est le droit pour tous de se réunir sans autorisation préalable. C’est pourquoi, avec près d’un siècle et demi de recul, on pouvait s’attendre à ce que l’initiative un peu bâclée et très aléatoire de Manuel Valls fasse cafouiller les tribunaux.
Sans aller jusqu’à imaginer que le ministre de l’Intérieur pourrait n’avoir eu en tête qu’une opération médiatique et politique, on peut tout de même s’étonner de son soudain empressement à faire taire Dieudonné dont les propos abjects ne sont pas récents. Cela fait des années qu’il les profère régulièrement. II a même été condamné plusieurs fois par les tribunaux pour ses dérapages les plus douteux. Et la seule différence entre l’odieux d’hier et l’odieux d’aujourd’hui, c’est que la « quenelle » est désormais sortie des murs de ses théâtres, qu’elle a explosé au visage de tous ceux qui, à juste titre, abominent ce que suggère ce salut.
Dès lors, la vraie question est : comment la puissance publique a-t-elle pu laisser faire si longtemps ? Comment se fait-il que, pluri-condamné et multirécidiviste, le coupable Dieudonné n’ait pas exécuté ses peines ? Quel cafouillage, mais aussi quel aveu d’impuissance de la part de l’Etat, incapable d’assurer le suivi des sanctions qu’il inflige au nom du peuple français! Un Etat gonflé de son importance, enflé dans ses structures, un géant hypertrophié empêché par son propre poids de se faire respecter. C’est dans les failles de cet édifice branlant que se faufile la propagande de Dieudonné. Il revient maintenant à la justice, non à la police ou à l’administration, de colmater ces brèches. Et de faire appliquer ses décisions.
La grève, c’est jamais marrant, on la décide pas la tête légère, faut vraiment être à bout. Alors si les habitants de Bussy dans la Haute-Vienne ont tous décidé de faire la grève de l’impôt, c’est que vraiment ils n’en peuvent plus : leur bled ne reçoit pas l’internet à haut débit. Ils protestent depuis des mois, rien n’y fait, aucune amélioration n’est apportée à leur tragédie. Donc impossible pour eux d’appartenir à des réseaux sociaux. Ou de lire le blog de Nabilla. Vivre sans Nabilla, est-ce vivre ? Ils ne peuvent pas davantage entretenir sur des sites de rencontre, jusque tard dans la nuit, de longues conversations érotiques. Leur désespoir est compréhensible : sans clic aujourd’hui, personne n’existe. Bon sang, nous voilà en présence d’un « phénomène de société » dirait l’époque.
Qui aurait dit il y a encore quelques semaines qu’il y avait tant de gens qui faisaient des « quenelles » en France ? Plus une personne en vue qui n’ait pas sa photo de quenelle… De Tony Parker à Pierre Bergé en passant par Anelka et Yann Barthès, l’animateur de Canal Plus.
Le délire lui, et l’hystérie collective sont en train d’atteindre des sommets, des cimes rarement explorées, pour une spécialité culinaire qui à l’origine n’a pas de quoi rendre fou qui que ce soit. Deux lycéens ont été placés en garde à vue lundi soir pendant plusieurs heures pour la photographie d’une « quenelle » qui remonte à décembre dernier. La photo avait été prise à l’intérieur de leur établissement scolaire, le lycée Rosa-Parks de Montgeron, dans l’Essonne. Leur prof de maths qui « s’est sentie visée par ce geste », a porté plainte contre eux pour « apologie de crime contre l’humanité ». Rien que ça.
C’est sous cette hallucinante qualification qu’ils ont été placés en garde à vue. Les deux élèves doivent passer en conseil de discipline jeudi, en vue de leur exclusion. Coups de couteau, harcèlement, insultes, rackets (et jolis gestes éloquents à toute heure) sont le lot quotidien des établissements scolaires, nous explique-t-on à longueur de rapports officiels. Mais ce sont ces deux lycéens qu’il faut coller au poteau.
« C’était un geste antisystème, c’était pour se rebeller un peu. J’ai pas réfléchi, il n’y avait pas d’arrière-pensée », se défend Aurélien, le lycéen qui a pris la photo.
Sa mère, « qui ne cautionne pas son geste », ne comprend néanmoins pas la réaction de leur professeur : « On m’a laissé entendre qu’il était potentiellement dangereux ! Il y a des demi-mesures, quand même… »
Pas de larmoiements ni de manif de lycéens comme pour Léonarda ce coup-là. Pas de soutien, ni de protestation. Le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon s’est félicité que ces élèves soient sanctionnés. Le militant politique Alain Jakubowicz, président de la Licra, a été moins ridicule. Il a qualifié cette garde à vue d’« absurde ».
Paranoïa aiguë
Mardi matin, c’est l’une des boutiques parisiennes de vêtements Diesel, avenue de l’Opéra (Ier) qui a dû subitement fermer ses portes après de multiples menaces de mort. En cause : la posture plus que suspecte de l’un de ses mannequins en vitrine. D’après des photos diffusées sur les réseaux sociaux, le modèle féminin (qui se tient le bras) reproduirait sans erreur possible une « quenelle »…
« Il n’y a pas d’erreur, c’est le signe nazi de la quenelle. Le responsable de cette boutique Diesel a volontairement positionné son mannequin en vitrine pour faire ce signe antisémite » a écrit sur son site Europe Israël.
Au siège de Diesel, on en est malade : Il s’agit de la simple « posture » d’un mannequin pré-moulé, représentant une femme avec un bras orienté vers le bas, destiné à présenter un sac à main », se justifie François Ridoret, le directeur de la communication de la marque de vêtements. « En trente-cinq ans d’existence, l’enseigne a toujours eu le plus grand souci de respecter toutes les religions et communautés (…) C’est juste grotesque ! »
Grotesque, oui. Néanmoins Diesel a décidé de retirer tous les « mannequins litigieux ». Maintenant c’est bras ballants obligatoires à quelques centimètres du tronc. Comme le portrait officiel de François Hollande dans les mairies.
Selon les informations des média, la délégation de la commission, formée par le Parlement européen en vue de contrôler les activités de la troïka financière – Commission Européenne, Banque centrale européenne, Fonds Monétaire International – a entamé une tournée dans quatre pays à problèmes de la zone euro : Portugal, Grèce, Chypre, Irlande.
La commission a été créée suite aux évaluations négatives des recommandations de la troïka, censées faire sortir l’économie et les finances des dits Etats de la crise. Or d’après les déclarations de plusieurs politiques et experts, ces recommandations ont empiré davantage leur situation. Tous les analystes, il est vrai, ne partagent pas de telles assertions.
En juin dernier la presse européenne est allée jusqu’à évoquer une crise de la troïka elle-même. El Pais espagnol, en particulier, a cité les propos d’un haut fonctionnaire de l’UE tenus après son voyage au Portugal et en Grèce : « On peut considérer la troïka comme morte ». Les paroles du chef de la Commission Européenne José Manuel Barroso, suivant lesquelles il était temps que l’Europe renonce aux services du FMI, dont les recommandations rencontrent une opposition particulièrement âpre, ont mis de l’huile sur le feu. Aussi le comité pour l’économie et les finances du Parlement européen a-t-il proposé en octobre dernier de mener une enquête sur les résultats des activités de la troïka.
D’ailleurs, les contradicteurs prétendent à leur tour qu’en absence de cette triple structure de contrôle les pays à problèmes de la zone euro auraient déjà connu une faillite. Le professeur de l’Ecole supérieure russe de l’économie Ivan Rodionov estime qu’en dépit de la critique de la part des parlementaires, les recommandations de la troïka, y compris du FMI, sont justifiées.
« En général, toute activité peut être critiquée, - dit le professeur. – D’autre part, les députés représentent une population et défendent ses intérêts, liés au taux des revenus, au taux du chômage. Et même si l’Europe sort de la crise, celle-ci continue, et dans certains pays la situation est assez compliquée. On comprend donc pourquoi le FMI est tout le temps critiqué. Mais en son absence la situation serait devenue tout simplement incontrôlable. »
Quoi qu’il en soit, le député européen de la gauche Jürgen Klute croit possible d’apporter des changements aux activités prioritaires de la troïka.
« Les réformes, comment doivent-elles finalement être appliquées ? – s’interrogea-t-il lors d’une interview à la radio. – C’est en fait le grand objectif que nous nous fixons. C’est-à-dire que si un jour nous avons à nouveau besoin de former une telle structure, elle devra alors fonctionner sur une base parlementaire – légalement, sous contrôle et de façon responsable. »
Comme on l’apprend, les membres de la commission parlementaire n’ont pas pu se rendre de Lisbonne à Athènes, la Grèce ayant demandé d’ajourner ce voyage. Soit dit à propos, ce pays a pris ce janvier la présidence tournante de l’UE. On ignore les motifs pour lesquels la Grèce a refusé de rencontrer les « inspecteurs » parlementaires.
La première date de la tournée de Dieudonné, ce jeudi soir à Nantes, où plus de 5 000 personnes étaient attendues, a été suspendue... dans l’attente d’une décision des juges ce jeudi. La liberté d’expression, brandie par le polémiste, peut-elle l’emporter sur le trouble à l’ordre public, invoqué par les autorités ?
Dieudonné fait-il encore de l’humour ou transforme-t-il ses spectacles en tribunes politiques lors desquelles il tient des discours condamnables ? La réponse ne semble souffrir aucune contestation. Les autorités, en tout cas, ont tranché : Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, a qualifié ses propos de « racistes et antisémites » ; Aurélie Filipetti, la ministre de la Culture, a parlé dans Le Parisien de « propagande négationniste » ; et la préfecture de Loire-Atlantique a justifié l’interdiction du spectacle, ce soir, par « le trouble à l’ordre public constitué par les atteintes au respect de la dignité de la personne humaine ».
En cause, certains propos contenus dans les sketchs de son nouveau spectacle, Le Mur, qu’il a rodé au théâtre de la Main d’Or, à Paris : sa chanson Shoah Nanas par exemple, pour laquelle il a déjà été condamné, ou ses propos sur le journaliste de France Inter Patrick Cohen (« Quand je l’entends parler, j’me dis, tu vois, les chambres à gaz... dommage. »).
Le ministre de l’Intérieur, soutenu par le président de la République et le Premier ministre, a donc engagé un bras de fer avec l’ancien complice d’Élie Semoun. Il a pressé les préfets de prendre des arrêtés d’interdiction des spectacles en cas de risque de « trouble à l’ordre public ». Ce qu’a fait le préfet de Loire-Atlantique.
Liberté d’expression
Un arrêté aussitôt attaqué au tribunal adminsitratif par les avocats de Dieudonné. Ils ont déposé un référé, qui doit être examiné ce matin, à 10 h 30.
Au pays des Droits de l’homme, peut-on condamner a priori des propos en interdisant un spectacle d’avoir lieu ? C’est la question à laquelle devront répondre les juges ce matin. Lors des précédentes tournées, à chaque fois qu’un maire a tenté d’annuler une représentation de Dieudonné, les juges lui ont donné tort, arguant de la nécessaire préservation de la liberté d’expression.
Le fait que l’ancien humoriste traîne aujourd’hui derrière lui plusieurs condamnations, notamment pour injure et provocation à la haine raciale, peut-il faire basculer la balance ?
Les juges nantais vont trancher ce matin. Et, après eux, ceux de Tours, Orléans, Bordeaux... Des villes où le spectacle de l’ancien humoriste a été interdit. Et où ses avocats ont ou vont déposer des recours en référé. Le bras de fer ne fait que commencer.
MATTHIEU DELCROIX
Hier mercredi, le tribunal administratif de Pau s’est déclaré incompétent, soulignant que le contrat de location de la salle de Biarritz, où un spectacle de Dieudonné est prévu le 14 mars, est un contrat privé et relève donc d’un tribunal judiciaire.
Le "virage libéral" annoncé par le président lors de ses voeux est la preuve que, comme pour Mitterrand, "le socialisme à la française n'est pas une bible".
Le coup de l'indignation quant à l'overdose fiscale, Mitterrand nous l'avait déjà fait. On a encore en mémoire l'une de ses interventions où il feignait de découvrir et de s'offusquer d'une réalité dont il était l'auteur. Il y a trop d'impôts, disait-il en substance, c'est intolérable. Hollande n'a rien inventé, ils sont très forts à ce jeu-là. C'est une manie socialiste : ils s'engagent avec arrogance dans une politique, elle rate, ils changent alors de direction sans vergogne, sans états d'âme, sans s'excuser, ce n'est pas de leur faute, ce n'est jamais de leur faute. En général, pour se déjuger il leur faut un an et demi.
On est frappé en effet de cette régularité d'horloge. Rappelez-vous la fin de l'année 1982. Dix-huit mois après mai 81. Dès l'été, les ennuis commencent pour Mitterrand et Mauroy. L'automne venu, dans un contexte comparable à beaucoup d'égards à celui d'aujourd'hui (croissance inférieure à 1 %, faillites multiples des PME, endettement et chômage en hausse, problèmes relatifs à l'immigration, etc.), Mitterrand fait à Figeac, dans un discours resté célèbre, une caresse aux entreprises, non sans avoir naturellement rendu Giscard et Barre responsables de la situation. Il demande au gouvernement Mauroy d'"agir pour écarter" un alourdissement des charges patronales. Deux mois plus tard, le blocage des prix et des revenus est suspendu. Le CNPF (Conseil national du patronat français, ex-Medef, NDLR) respire ! Quelques semaines plus tard, Mitterrand, dans ses voeux aux Français, s'engage à "modérer les charges sociales et financières des entreprises".
Du Sarkozy tout craché
Exactement le même schéma qu'emprunte aujourd'hui Hollande, selon le même calendrier : dans les deux cas au bout de dix-huit mois de pouvoir, dans les deux cas à quelques semaines des élections municipales. Avouez que la coïncidence est troublante. Depuis quelques mois, Hollande s'efforce de donner des gages aux patrons jusqu'à se présenter comme le "président des entreprises" (sic !) après les avoir accablés de sa morgue pour conquérir le pouvoir. Et mardi dernier, lors de ses voeux, il franchit le Rubicon : "Moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur les activités des entreprises." Et le Medef respire ! Dans Le Mondede samedi, Pierre Gattaz exulte. Un peu imprudemment ?
Reste à savoir si, à l'instar de Mitterrand qui garda Mauroy à Matignon au lendemain des municipales de mars 1983, Hollande maintiendra Ayrault. C'est une autre affaire, secondaire au demeurant, puisque, si l'on a bien compris le sens de ses propos de mardi dernier, François Hollande prend le pouvoir et n'a plus besoin d'un Premier ministre : "J'assumerai moi-même la responsabilité et le suivi de ce programme d'économies durant tout le quinquennat." Du Sarkozy tout craché, on croit rêver ! Intéressant, cet apprentissage du pouvoir, ce reniement effronté de soi-même !
L'ère du social libéralisme
Et les électeurs socialistes dans tout ça ? Bof, ils sont habitués. Cocus par nature, cocus par inceste. Lors du changement de cap des années 82-83, Lionel Jospin disait : "Les socialistes vivront mal ce plan, mais ils vont s'inoculer le réalisme." Version élégante de l'aveu cynique de Mitterrand en septembre 82 : "Le socialisme à la française, je n'en fais pas une bible." Nous, nous ne ferions pas une histoire de cette souplesse d'échine, qui après tout est une marque d'intelligence politique, s'ils ne nous fatiguaient pas, jusqu'au mépris, avec leurs protestations de vertu morale et de cohérence idéologique.
Le Hollande nouveau est donc arrivé. Miracle de Noël : nous entrons dans l'ère du social libéralisme. La gauche de la gauche y trouvera, une fois de plus, motif à l'écoeurement. Mais que peut-elle, privée de représentation, sinon tenter de soulever une opinion que la crainte du chômage rend frileuse ? Pour leur part, les ministres les plus hostiles à ce virage avaleront la couleuvre, comme à l'ordinaire. On leur donnera quelques gages compensatoires. Des réformes en trompe-l'oeil dans le domaine sociétal, de quoi faire jouir l'électorat bobo.
Quitte ou double décisif
La seule question qui vaille concerne les chances de succès de cette nouvelle donne. Et d'abord celles de la conclusion de ce pacte de responsabilité entre le gouvernement et les entreprises. Les positions de chacune des parties semblent pour l'heure très éloignées. Les exigences et les objectifs patronaux sont bien ambitieux. Ils vont faire grincer les dents du peuple. Leur réalisation suppose de la part de Hollande des efforts considérables en matière de budget social et de réduction de la dépense publique. Sa conversion soudaine au libéralisme va-t-elle suffire à lui donner l'audace nécessaire ? Dispose-t-il de l'autorité qu'il faut, au point désastreux où est tombé son crédit ? C'est un quitte ou double décisif qu'il joue là. Qu'il s'engage personnellement et en solitaire sur la conduite de sa nouvelle stratégie en est la preuve.
À moins qu'il ne trompe tout le monde par une manoeuvre en forme de rideau de fumée, en attendant un hasard incertain qui lui permettrait de se dégager du bourbier où il est enlisé, au prix d'une nouvelle volte-face. Hollande, ou l'homme de toutes les sauces. Le socialiste qui ne fait une bible ni du socialisme ni de la fidélité à soi-même.
France : problème réel de liberté ou politique de double standard ?
Dernièrement, deux événements ont déclenché une vive polémique sur la liberté dans la France actuelle. Ou plutôt sur la façon « d’appliquer » cette même « liberté ». Vraisemblablement une politique plus que contradictoire règne sous le gouvernement Hollande sur une question pourtant essentielle et tellement mise en avant par les décideurs de l’Hexagone, prêchant à chaque bonne occasion leur attachement aux valeurs démocratiques et ce aux quatre coins du monde.
D’un côté, le 20 décembre dernier, nouvelle « action » des FEMEN. Une certaine Eloïse Bouton avait alors mimé un « avortement de Jésus » dans l’Eglise de la Madeleine, à Paris. Le tout devant toutes les personnes présentes à la messe. Un « geste », si l’on peut appeler ainsi, vivement condamné aussi bien par la communauté des croyants, catholiques en premier lieu, mais également de toutes les personnes censées. Le curé de l’Eglise de la Madeleine, le père Bruno Horaist, avait alors porté plainte. Jusqu’ici, sa plainte n’avait pas eu de suites. Inna Schevchenko, la cofondatrice de la branche française des Femen, a même eu le culot d’en rigoler : « Rien ne s’est passé, Eloïse n’a pas été appelée par la police. Cela montre combien l’Eglise est devenue faible en France ».
Monseigneur Vingt-Trois, archevêque de Paris, a lui regretté le peu de réactions au plus haut niveau de l’Etat, et plus particulièrement de Manuel Valls, ministre de l’intérieur et des cultes… Il a fallu attendre ce 7 janvier pour que la responsable de cet acte soit enfin placée en garde à vue au commissariat du 8ème arrondissement de Paris. Néanmoins et connaissant l’amour des autorités françaises pour ce mouvement ouvertement extrémiste, les FEMEN n’ont vraisemblablement pas à s’inquiéter quant à leur avenir sur le sol français. On ne peut pas en dire de même de l’humoriste franco-camerounais Dieudonné, inquiété quant à lui plus que sérieusement et notamment via le même Manuel Valls, si silencieux (voire supportant) face aux activités des FEMEN mais qui dans le cas Dieudonné en a fait une affaire pratiquement personnelle, à savoir à tout prix faire interdire les spectacles du talentueux comédien.
La faute de Dieudonné ? Etre devenu et ce depuis plusieurs années l’ennemi et la bête noire du lobby sioniste sur le sol hexagonal. Et ça bien évidemment, aucun représentant du pouvoir français ne le laissera passer. Mais si l’on regarde la vérité en face, l’humoriste attire beaucoup plus de sympathie de la part de ses concitoyens que les fameuses sextrémistes, pour certaines call-girls à leurs heures perdues. Pour revenir donc à Dieudonné, à en croire Valls et compagnie, il serait un dangereux extrémiste attisant la haine dans la société. Un « extrémiste » pourtant si apprécié par nombreux représentants de la société française, que ce soit de la part des Français de souche que ceux issus de la diversité. Ainsi, plusieurs associations, notamment de jeunes issus des banlieues, ont exprimé ouvertement leur soutien à Dieudonné face à l’hypocrisie des tenants du pouvoir en France.
Effectivement, on se rend compte une fois de plus de l’application pratiquement non-voilée de doubles standards et ce sur un thème considéré comme sacré dans la République française : celui de la liberté… Une valeur qui soi-disant ne se négocie pas. Et pourtant dans la France actuelle on voit une nouvelle fois que cette « liberté » n’est pas accordée à tout le monde de la même manière, en fonction du « thème » abordé. Certains donneurs de leçon parlent aussi beaucoup d’égalité, l’autre valeur « inébranlable » de la cinquième république. Mais cette valeur a elle aussi un double sens et visiblement on n’est pas tous aussi égaux que cela. Du moment qu’un pseudo-mouvement, financé par des sources obscures attaque une église et insulte ouvertement les croyants, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, on parle alors de la « liberté d’expression ». Mais lorsqu’une personne attaque un lobby raciste, intolérant et ultra-puissant, alors il devient le paria à éliminer à tout prix…
En 2013, c’est tout juste si le président Barack Omaba n’a pas précipité son pays dans une nouvelle guerre insensée au Proche-Orient. Pourtant, c’est lui qui s’est vu décerner en 2009 le prix Nobel de la paix pour « les grands efforts en matière de renforcement de la diplomatie internationale et de coopération entre les nations ». Cette nouvelle a provoqué la perplexité générale dans la mesure où Obama était président depuis moins d’un an et n’avait eu le temps de faire quoi que ce soit qui mériterait une si haute récompense.
Les Etats-Unis n’ont jamais sympathisé avec le régime de Bachar Assad mais Washington préférait rester à l’écart des événements syriens. En effet, l’expérience des campagnes en Irak, Afghanistan et Libye lui suggérait que s’interposer dans le conflit entre le pouvoir syrien et l’opposition ne présageait rien de bon pour les États-Unis. Les militaires, c’est-à-dire ceux qui étaient directement impliqués dans ces campagnes, le comprenaient mieux qui quiconque.
Mais certains alliés des Etats-Unis les poussaient à intervenir militairement en Syrie, estime Sergeï Demidenko, expert de l’Institut d’évaluations et d’analyse stratégique :
« C’était précisément les États se tenant prêts selon le chef de la diplomatie américaine John Kerry à assumer les frais de cette campagne, qui se montraient les plus intéressés à attaquer la Syrie. Je pense aux États du golfe Persique, et au premier chef à l’Arabie Saoudite et au Qatar. Les États-Unis et l’Occident dans son ensemble étaient plutôt réticents parce que tous se rendaient compte que le régime d’Assad ne présentait aucun danger pour les pays occidentaux malgré son caractère autoritaire et ses tendances indépendantistes. »
Par contre, le régime alaouite de Damas est un ennemi aussi bien géopolitique que religieux pour les monarchies sunnites. Mieux encore, si la destitution d’Assad faisait le jeu de Doha et d’Er-Riyad, c’est parce que l’Iran, leur principal adversaire dans la région, s’en trouverait affaibli. Aussi, aux premières nouvelles faisant état d’une attaque chimique dans une banlieue de Damas, se sont-ils empressés de rappeler à Obama sa déclaration de naguère. C’est que le leader américain avait promis que l’emploi des armes chimiques deviendrait « la ligne rouge » et que les États-Unis seraient obligés d’intervenir dans le conflit syrien si elle était franchie un jour. Finalement, vers la fin de l’été, les Américains ont renforcé leur groupement aéronaval au large des côtes syriennes et ont commencé à se préparer à l’attaque. Sergeï Demidenko raconte de quoi cette attaque pourrait avoir l’air :
« Au moment où le Congrès américain délibérait de la possibilité d’une frappe contre la Syrie, Kerry a caractérisé les plans militaires de la Maison Blanche comme « des efforts très limités ». Cela signifiait que la Maison Blanche préparait une opération plus retentissante que vraiment efficace. Si cette opération était approuvée et mise en oeuvre, elle aurait l’air de celle de « Canyon Eldorado » lancée en 1986 contre Kadhafi. Les Américains se sont sont alors limités à porter des frappes contre plusieurs sites militaires et le palais présidentiel à Tripoli. »
Ce scénario n'aurait pas changé la donne en Syrie mais aurait été en revanche le moins coûteux pour les États-Unis. En même temps, Washington et personnellement le prix Nobel Obama, auraient vu leur image passablement ternie. C’est alors que les diplomates russes lui ont fait un cadeau inespéré. En effet, alors que la décision sur la frappe contre la Syrie semblait être prise, Kerry a fait comprendre que les États-Unis étaient prêts à renoncer à l’attaque si Damas détruisait ses armes chimiques. Ces paroles du secrétaire d’État ont été entendues au Kremlin qui a immédiatement proposé un contre-plan. L’accord sur cette question a finalement été réalisé à la suite des longues et laborieuses consultations entre les ministres des AE des États-Unis et de la Russie. Finalement, Damas a procédé à la destruction de ses armes chimiques, Washington a évité la nécessité de s’impliquer dans une nouvelle aventure militaire et Moscou a pu renforcer ses positions dans l’arène internationale.
Depuis le 1 er janvier, le drapeau européen flotte sur Athènes. Et si elle évite de trop pavoiser, la Grèce a quand même pris officiellement hier la présidence de l'UE pour six mois. De prime abord, on croit rêver. Donner les manettes de l'Union à la Grèce, c'est comme si l'on confiait les clefs du camion à un chauffard privé de permis pour conduite dangereuse. Mais arrêtons là le sarcasme, en dépit du caractère tragi-comique de la situation. Priver Athènes d'une présidence tournante prévue de longue date aurait ajouté l'humiliation à la crise. Et cela aurait également constitué un dramatique aveu d'impuissance de l'Union à quelques mois des élections européennes. Sauver le malheureux soldat grec, c'est peut-être aussi sauver l'Europe.
Bien sûr, il ne faut pas être dupe. Si la Grèce va un peu mieux et espère un faible retour de la croissance (0,5 %) en 2014, si elle pense même pouvoir réapparaître sur les marchés, les Grecs, eux, souffrent toujours autant des plans successifs d'austérité. Il est grand temps de leur redonner des raisons d'espérer.
En effet, si 60 % des Grecs veulent rester dans l'Union, ils sont seulement 10 % à lui faire confiance. Le Premier ministre, Antonio Samaras, à la tête d'une coalition fragile, entend bien sortir son pays de son statut « d'assisté » pour en faire « un État vraiment membre » de l'Union. Mais il appartiendra à tous ses partenaires d'aider la Grèce à réussir cette « présidence spartiate » s'interdisant toute dépense superflue.
Les signaux positifs envoyés par Athènes en matière budgétaire, sont une invite à un assouplissement des programmes d'assainissement de la dette (réduction des taux d'intérêt ou allongement de la période de remboursement). L'Allemagne, longtemps inflexible, y est prête. Il y va de l'intérêt de tous avant des élections qui pourraient voir le triomphe des populismes et des extrémismes. Dans la crise, il faut bien admettre que l'Europe n'a guère su se donner un visage avenant. Qu'il incombe aujourd'hui à une Grèce en souffrance de corriger cela n'est pas le moindre des paradoxes.
Au quatrième jour du blocage et de l’occupation par la CGT de l’usine Goodyear d’Amiens, on attend toujours une condamnation solennelle des méthodes du syndicat. Seul Arnaud Montebourg a émis une protestation, expédiée en quelques mots à l’Assemblée nationale. Mais au ministère du Travail, pas une voix ne s’est élevée, pas un mot même pour condamner la séquestration et les gestes d’intimidation exercés contre les deux cadres otages de cette violence syndicale. Pas un communiqué officiel, pas davantage de déclaration du ministre en charge, Michel Sapin, spectaculairement absent.
Un silence lourd de sens, aussi glaçant que les propos d’un Jean-Claude Mailly, le leader de FO, pour qui cette affaire « n’est pas un drame », aussi pesant que le déni du patron de la CGT, Thierry Lepaon, qui comprend-sans-cautionner-tout-en-refusant-de-condamner. Le ferait-il d’ailleurs que ça ne changerait probablement rien. Avec un mélange d’évidente mauvaise foi et de faiblesse intrinsèque, les organisations syndicales camouflent en effet derrière le paravent de leur statut confédéral un manque criant d’autorité de la tête sur les jambes, du centre national sur les sections locales et professionnelles.
A la recherche des clefs qui pourraient lui permettre un jour de déverrouiller l’emploi et de réduire le chômage, François Hollande avait déjà trouvé qu’il fallait réduire le coût du travail. Il vient de dénicher le deuxième passe en s’adressant directement, le 31 décembre au soir, aux entreprises et au patronat. Mais il lui manque toujours la troisième clef, indispensable elle aussi : celle qui permettrait enfin à la France d’avoir des syndicats à la hauteur du défi réformateur qui l’attend. Des syndicats responsables. C’est à eux que François Hollande doit maintenant proposer un « Pacte de responsabilité ». Ce serait là le vrai virage du chef de l’Etat.
Vivement qu'il n'y ait plus d'entrepreneur en France, plus de créateurs de richesse pour que l'on s'aperçoive enfin que l'argent ne pousse ni dans les champs, ni dans les ministères, mais que la richesse se créée avec de l'énergie, du talent, et surtout 95% de sueur, et aussi de la prise de risque. Entre temps, on sera passé à 10 millions de personnes avec un travail précaire. Ras le bol de vivre dans un pays ou la réussite est systémariquement mise sur le dos de la chance et pas du travail.
IL N'Y A QU'EN FRANCE OÙ L'ON PEUT SE PERMETTRE DE TELLES BÊTISES LA FRANCE AUX FRANÇAIS.
JUSTICE
Jean-Marc Ayrault - Député socialiste, Maire de Nantes, président de la communauté urbaine de Nantes Métropole, condamné le 19 décembre 1997 à 6 mois de prison avec sursis et 30 000 francs d'amende, pour "délit de favoritisme dans l'attribution d'un marché public".
Arnaud Montebourg - Ministre du Redressement Productif, président du Conseil Général de Saône-et-Loire, condamné le 23 mai 2012 par le tribunal de grande instance de Paris à 1 euro de dommages et intérêts à verser à chacun des cinq demandeurs et 3000 euros au titre des frais de justice pour "injure publique". Il a fait appel de ce jugement.
QUELQUES VÉRITÉS
Il n'y a pas lieu de désespérer parce que comme l'a dit Margaret Thatcher :"Le socialisme ne dure que jusqu'à ce que se termine l'argent des autres"
INAPTOCRATIE : un système de gouvernement où les moins capables de gouvernersont élus par les moins capables de produire et où les autres membres de lasociété les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sontrécompensés par des biens et des services qui ont été payés par laconfiscation de la richesse et du travail d'un nombre de producteurs endiminution continuelle.
A l'école primaire des socialistes, on apprend les 4 opérations :
- L'addition des impôts - La soustraction des revenus - La multiplication des fonctionnaires et des immigrés - La division du travail.
Aux élections prochaines, votez pour Ali Baba. Au moins vous serez sûrs de n'avoir que 40 voleurs. JEAN D'ORMESSON
COMPTE À REBOURS
AVANT DE LE FOUTRE À LA PORTE, ÇA FAIT DÉJÀ TROP LONGTEMPS QU'IL FAIT DES DÉGATS....CASSE TOI PAUV'CON !!!!!
« Le gouvernement a un bras long et un bras court ; le long sert à prendre et arrive partout, le bras court sert à donner, mais il arrive seulement à ceux qui sont tout près. »
Ignazio Silone
Les socialistes aiment tellement les pauvres qu’ils en fabriquent
C’est moi qui maîtrise la rareté de ma parole politique, pour dire des choses intelligentes quand j’ai besoin de les dire. — Ségolène Royal
J’étais partisan du non, mais face à la montée du non, je vote oui — Manuel Valls
«Le “canard boiteux” n'est pas à Florange, mais à Matignon! Il n'y a ni cap, ni vision.»RACHIDA DATI
La droite et la gauche, ce n’est pas la même chose — Pierre Mauroy
Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme. Le syndicalisme, c’est le contraire — Henri Jeanson
Même quand je ne dis rien, cela fait du bruit — Ségolène Royal
Stéphane Hessel à propos de Hollande:
"On n'en fera pas un Roosevelt !"
Le plus souvent, la liberté d’expression est mal comprise : chacun la revendique pour soi et pour ses amis, c’est-à-dire pour ceux dont on partage les opinions. Il s’agit de la liberté d’expression facile, qui donne lieu à un rituel de célébration inlassablement renouvelé. Mais la défense de la liberté d’expression au sens fort est plus rare. Elle devient en effet plus difficile à pratiquer dès qu’il s’agit d’exiger cette liberté pour ceux qui sont attachés à des idées très différentes, voire totalement opposées à celles que l’on chérit soi-même. C’est alors que la liberté d’expression prend toute sa signification politique : elle devient un combat pour autrui. Pour que « l’autre » puisse professer des opinions auxquelles je suis hostile. Robert Redeker
Etre homme politique, c’est être capable de dire à l’avance ce qui va arriver demain, la semaine prochaine, le mois prochain et l’année prochaine. Et d’être capable, après, d’expliquer pourquoi rien de tout cela ne s’est produit. — Winston Churchill
Quand un politicien se touche le visage il dit la vérité, quand il se gratte l’oreille il dit la vérité, quand il lève le pouce il dit la vérité ; c’est quand il remue les lèvres qu’il ment. — Baptiste Foisy
FRANCE SOCIALISTE
CONTRE LA PENSÉE UNIQUE SOCIALISTE
Nous ne pouvons, nous ne pourrons jamais l'aimer ce nouveau président, qui nous scrute comme si nous étions de mauvais citoyens. Aucune de ses paroles ne me rassure car il est contre mes valeurs. Rien ne pourra me le faire aimer car il a été élu pour de mauvais motifs. Je me sens déjà trahi par ses mensonges par exemple la république irréprochable, alors que son gouvernement ne l'est en rien [...], ou le non cumul des mandats, trahi par son comportement à l'égard de Nicolas Sarkozy et ses gestes ou ses discours équivoques au sein même de l’Élysée, (quelle inélégance à l'égard des 48,7 % de Français), trahi par sa déontologie mesquine et ses états d'âmes moralisateurs, quand on sait que la gauche aime se parer de vertu mais est rarement probe, trahi par cet imposteur de la république, ce petit président, cet énarque élitiste qui veut nous faire croire qu'il aime les gens, qu'il aime le peuple, alors qu'il nous méprise et ne s'adresse qu'à ses amis, trahi parce qu'il brosse tout le temps dans le sens du poil, mais d'économie jamais il ne parle, trahi parce qu'il a su retourner l'opinion en sa faveur grâce à la complicité des journalistes qui ont relayé l'antisarkozysme primaire à longueur d'éditos oiseux [...].Tout cela ressemble à de la petite politique. Augurons qu'il démissionne en proie aux difficultés, ou une cohabitation avec un premier ministre réformiste, ou dans le pire des cas pour nous qu'il soit battu dans 5 ans. Je ne lui souhaite en aucun cas toute la réussite parce que cette réussite ne saurait être celle de la France notre nation, il va insidieusement après avoir pris les commandes de l'ensemble des pouvoirs de la république, lui et ses amis, contribuer à la socialisation lente, rampante, sournoise des esprits.
PHILIPPE BOUVARD
LA VÉRITABLE "EXCEPTION FRANÇAISE": CE SONT LES MÊMES CITOYENS QUI DÉPLORENT QU'UN GOUVERNEMENT N'AIT PAS CONCRÉTISÉ DAVANTAGE DE PROJETS ET QUI, À LA PREMIÈRE VELLÉITÉ DE RÉFORME, DESCENDENT DANS LA RUE