samedi 4 janvier 2014
Chômage : le déni hollandais vu de l'étranger
A la suite de l'annonce des chiffres du chômage de novembre, la presse française a réagi vivement aux déclarations de François Hollande sur l'inversement de la tendance. La presse étrangère n'est pas en reste ; l'occasion pour les Britanniques de rappeler la situation désastreuse vers laquelle s'achemine la France, alors que les Allemands se montrent plus nuancés et davantage préoccupés par le sud de l'Europe.
Hugh Schofield : Il convient tout d’abord de préciser que taper sur la France fait partie du fond de commerce du Daily Mail, en bon quotidien anglo-libéral qu’il est. Je crois, par ailleurs, que la plupart des Britanniques auraient la même opinion. Si l’on regarde plus précisément le paysage journalistique britannique, on peut constater que les principaux journaux marqués à gauche comme The Guardian, The Independent, ou The Observer, s’efforcent de trouver de bonnes choses à dire sur l’économie française. Mais leurs propos ne résistent pas à la réalité de la situation, et leurs conclusions sont finalement assez similaires à ce que l’on peut lire dans des journaux de la droite libérale comme le Times ou le Daily Mail, qui sont tous unanimes pour dire que la France s’achemine vers un désastre.D’une manière générale, il faut se méfier de ce que peut dire la presse britannique au sujet de la France car tous les titres baignent plus ou moins dans le libéralisme, y compris The Guardian et The Independent. Ces deux derniers titres, même si l’on pourrait les soupçonner d’être un petit plus pro-français que les autres, sont très angoissés au sujet de l’avenir de l’économie française, et de la politique menée qui vise à augmenter les impôts et non pas à s’attaquer aux dépenses de l’État.
Plus généralement, les journaux de la droite européenne partagent le même avis sur François Hollande et sa politique économique ; ceux de gauche sont, assez logiquement, plus positifs dans leurs propos sur la conduite de la politique du président français. Aux yeux de ces derniers, François Hollande a bien analysé le problème, qui est celui de la réduction du déficit et du poids de la dette. Mais aucun des prédécesseurs de François Hollande ne s’est jamais attaqué à ce problème, et on peut noter peut-être chez lui, pour la première fois, un début d’action vis-à-vis de ce problème. Ce qui ne va pas dans son action, et qui est généralement dénoncé par la presse étrangère à tendance libérale, c’est qu’il agit sur l’impôt.
A lire également sur le jumeau maléfique de François Hollande :
>>> Exclusif : François Hollande a un jumeau maléfique (et c'est lui qui a annoncé que l'inversion de la courbe du chômage, c'était pour plus tard)
>>> Encore un coup du jumeau maléfique de François Hollande ? Le gouvernement décide de taxer les rivières
>>> “Mon pire ennemi, c’est la finance”... et pour le jumeau maléfique de François Hollande, c’est la langue française… ? Les étranges fautes de son discours sur la Centrafrique
Hugh Schofield : Concernant les récentes déclarations de François Hollande sur le chômage et les chiffres qui sont sortis le lendemain de Noël, il n’y a rien de plus risible ! Comment peut-on jouer de manière aussi flagrante avec les chiffres ? Si le gouvernement anglais avait osé dire, en dépit d’une augmentation du nombre de demandeurs d’emplois, que la courbe du chômage s’inversait, il n'aurait pas été improbable d'entendre des appels à la démission. Dire que l’on inverse la courbe du chômage n’a aucun sens, dans la mesure où tout le monde sait qu’à un certain moment, une courbe atteint son pic, et qu’à ce moment-là forcément elle entame sa descente ; mais cela ne veut pas dire que le problème a été résolu. On ne jouerait pas comme cela avec les chiffres en Angleterre ! De telles déclarations de la part de François Hollande, c’est totalement abject et décrédibilisant sur le plan politique.
Lothar Rühl : D’une manière générale, les niveaux d’emploi dans toute l’Europe sont un sujet de préoccupation majeurs pour les journaux économiques allemands, moins pour les titres plus généraux comme la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Dans son ensemble, la presse allemande ne s’occupe pas dans le détail de la situation économique de la France. Elle s’intéresse plutôt à des pays comme l’Italie, l’Espagne et la Grèce.
Hugh Schofield : Le cliché, c’est qu’il est mou et faible. Quand je rentre en Angleterre, il est fréquent que l’on me demande s’il est effectivement vrai qu’il est si mou et si faible. C’est l’un de ses principaux traits qui est relayé auprès de la population britannique via la presse, et notamment les titres économiques. Le fait qu’il n’ait pas su s’attaquer aux vrais problèmes témoigne de cette faiblesse auprès des journaux britanniques. Il donne l’impression d’être fort en ce qui concerne la politique étrangère, mais pour masquer justement ses défaites sur le plan national. Ses interventions au Mali et en Centrafrique sont perçues comme des moyens de récupérer des points dans les sondages. Ce sont vraiment les principales analyses que l’on retrouve dans les journaux britanniques.
Lothar Rühl : Principalement, il s’agit du manque de réformes structurelles que la presse allemande met en évidence à travers l’absence de base solide entre le patronat et les syndicats, ce à quoi les Allemands sont sensibles, car les rapports chez nous sont plutôt équilibrés. Les journaux allemands constatent également la faible compétitivité des entreprises françaises à l’international. Ils dénoncent également les critiques souvent formulées par la France à l’égard du niveau des exportations allemandes; sans oublier le niveau trop faible des privatisations des entreprises françaises, qui a toujours été relevé par la presse allemande : trop d’étatisme et pas assez de compétition entre acteurs privés.
Hugh Schofield : Oui, absolument. Personnellement, je ne me fie pas trop à ce type de sondage de popularité. Depuis quinze ans que je suis en France, j’en ai vu des sondages jugeant l’action des présidents français, et des commentateurs dire que l’un ou l’autre n’a jamais été aussi bas… Mais cela est davantage révélateur de l’état d’esprit général des Français. Personne ne remet en cause son caractère sympathique, mais il est évident quepersonne ne croit qu’il s’agit de celui qui mènera la France vers un avenir radieux. Ces sondages ne signifient donc pas vraiment qu’il est fondamentalement mauvais, mais plutôt qu’il n’a pas su s’attaquer aux problèmes, et donc améliorer le moral des Français. C’est une tendance assez historique en France.
On pourrait d’ailleurs comparer la situation actuelle de la France à celle de 1958,lorsque les niveaux de dette et de chômage étaient également très importants. Pour sauver la France, seule une force drastique pourrait remédier à cette situation, ce que n’incarne aucunement François Hollande.
Lothar Rühl : La presse allemande renvoie cette image, mais on ne peut pas dire qu’elle la partage. Les journaux allemands sont en général assez neutres en ce qui concerne les critiques formulées contre Hollande et le gouvernement. Ils les rapportent seulement, en précisant les raisons.
Hugh Schofield : Mais tout le monde joue avec les chiffres, avec plus ou moins de tact. Il y a néanmoins des limites à ne pas dépasser, ce que vient pourtant de faire François Hollande en affirmant une baisse tendancielle du chômage alors que l’on annonce plus de 17 000 nouveaux demandeurs d’emplois !
Hugh Schofield : L’image de l’opposition n’est également pas bonne auprès de la presse britannique. La seule chose qui est véhiculée, ce sont les déchirements au sein de cette opposition, en plus du potentiel retour de Nicolas Sarkozy. L’opposition n’est pas perçue comme crédible pour que la presse britannique lui accorde son attention. En ce moment, la seule chose qui intéresse la presse étrangère au sujet de la France, ce sont les difficultés de François Hollande et la montée du FN de Marine Le Pen.
Lothar Rühl : La presse allemande ne se réfère pas à l’opposition parlementaire française pour ce qui concerne les critiques formulées à l’encontre de François Hollande et de son gouvernement. L’opposition actuelle en France n’a pas vraiment d’écho en Allemagne.
Les bonnes résolutions de François Hollande pour une annus 2014 mirabilis
En cette fin d’année, l’heure est aux bonnes résolutions et comme cette heure n’arrive qu’une fois par an, il s’agirait de ne pas de se planter.
C’est d’ailleurs probablement faute d’avoir apporté suffisamment de soin à ses bonnes résolutions que l’annus 2013 de François Hollande fut horribilis. Pourtant, ce n’est pas faute de bons et pertinents conseils puisque fin d’année 2012, Humeurs de vaches, avait dans sa grande générosité fait cinq préconisations de bonnes résolutions à François Hollande.
Avant de remettre ça pour 2014, jetons un rapide coup d’œil en arrière et vérifions si c’est bien la peine qu’Humeurs de vaches se décarcasse à assister François Hollande dans ce choix essentiel que sont les bonnes résolutions de début d’année.
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| Faux jeton |
Première résolution pour 2013 - Ne plus avoir l’air d’un bisounours mal fagoté : Le conseil a été partiellement suivi. Il a manifestement fait des efforts mais comme il a grossi ça ne suffit pas pour lui donner un minimum d’élégance. On va dire quand même que ce n’était pas une résolution majeure.
Deuxième bonne résolution pour 2013 - virer les emmerdeurs : là, clairement, il n’a pas suivi notre conseil. Et des emmerdeurs dans son propre camp ce n’est pourtant pas ça qui manque. La seule à avoir fait les frais d’un bref et exceptionnel accès d’autorité du Président fut Delphine Batho. Ca devait être un jour ou Valérie a été particulièrement bassinante, pas de chance pour elle. Sinon, rien. Il s’est fait méchamment critiquer par tous les Verts sauf par ceux qui sont au gouvernement, ce qui lui sert de prétexte pour ne pas les virer. Le problème c’est que cela rend encore plus illisible la parole de l’exécutif. Comment voulez vous convaincre du bien fondé d’une politique contesté ouvertement et vertement par une partie de propre majorité !
Troisième bonne résolution pour 2013 - se montrer et s’exprimer mais pas n’ importe où et pas n’importe comment
C’est un conseil qu’il a suivi. Fini les plateaux de JT ou les matinales de radio. Ces interventions sont plus solennelles et c’est mieux.
Malgré tout, c’est très loin de suffire pour que l’on ait envie de l’écouter. Disons le tout crûment, il est barbant, ce n’est pas un meneur d’homme qu’on a envie de suivre. Pire encore, non seulement la forme est pénible avec son phrasé trop haché tout droit sorti d’une école de diction pour accompagnateurs de sourds-muets, mais le fond n’a pas d’intérêt. On attendait de François Hollande un discours fondateur fort de sa politique avec une vraie stratégie et des vraies perspectives. Au lieu de ça, on a eu une boite à outil et une promesse d’inversion de courbe du chômage qui réussit l’exploit d’être à la fois une aberration mathématique et une énorme erreur politique. Il va être maintenant difficile pour lui de remonter son audience. Respecter la résolution numéro 3 n’a pas suffit.
Quatrième bonne résolution pour 2013 - faire avancer l’Europe
Sur celle-ci, on peut être tout à fait catégorique, François Hollande l’a complètement évacuée, sous le tapis la quatrième bonne résolution.
A quelques mois des élections européennes, l’Europe n’a jamais eu aussi mauvaise presse dans la population. Rien n’a bougé depuis qu’il est arrivé au pouvoir à l’exception peut-être de l’accord sur la supervision bancaire dont on ne peut guère lui donner crédit. La relation franco-allemande qui est la clé de toute avancée parait distante comme jamais et François Hollande n’a pris aucune véritable initiative pour faire évoluer l’Europe. Pire encore, il ne dit rien sur l’Europe dans ses discours aux français comme si le sujet importait peu.
Enfin, la Cinquième bonne résolution 2013 était - ne plus se cacher derrière le bilan de Sarkozy
Ca a été difficile, mais il faut avouer qu’on ne l’entend plus trop évoquer le bilan de Sarkozy pour justifier son incapacité à redresser la France. D’autres s’en chargent mais lui s’en abstient et s’est tant mieux.
Bon, ce petit bilan est pour le moins mitigé non seulement parce que François Hollande n’a pas respecté nos préconisations, à croire qu’il n’avait pas lu le billet, mais également parce qu’elles paraissent, après coup très insuffisantes. Humeurs de vaches a péché par optimisme, ce ne sont pas 5 bonne résolutions qu’il aurait fallut suggérer à notre président mais cinquante.
Mais comme cinquante, ça risque de faire un peu long, restons sur ce chiffre de 5 pour l’année 2014.
Tout d’abord, il va falloir reprendre celles qui n’ont pas été considérées à leur juste valeur en 2013, et notamment la résolution 4.
Donc première bonne résolution : Faire avancer l’Europe.
Ca devient urgent, ça l’était déjà en 2013, il est presque trop tard en 2014 pour que cette année soit pour François Hollande « celle de l’explication, de la persuasion et de la pédagogie, afin de convaincre les Français que l’Europe est l’avenir de la France ».
Deuxième bonne résolution : Ne pas s’engager dans d’illusoires promesses sans être certain de pouvoir les tenir sous peine de se les prendre brutalement sur la figure une fois l’échéance atteinte.
Tout le monde aura compris à quoi il est fait allusion, pas la peine d’insister sauf pour rappeler qu’il n’y a rien de pire pour une démocratie que des promesses déçues. En voulant absolument montrer sa volonté sans faille de combattre le chômage, il s’est fixé lui-même un objectif intenable et donc non tenu. Sa crédibilité déjà flageolante va encore en prendre un grand coup dans l’aile. Alors qu’il arrête de prendre un tel risque.
Troisième bonne résolution : Prendre le taureau par les cornes en arrêtant de prendre des demi-mesures. Demi-mesures dans la diminution des dépenses, demi-mesures dans la décentralisation, demi-mesures dans le non cumul des mandats, demi-mesures dans la diminution des charges des entreprises et même demi-mesures dans l’intervention en Centrafrique. L’heure n’est plus aux demi-mesures consensuelles, et puisqu’il s’y réfère volontiers, qu’il ose suivre la trace de Schröder et tant pis pour une aléatoire ré-élection.
Quatrième résolution : Ne pas intervenir sur des sujets qui ne sont pas du ressort du Président de la République comme les histoires Léonarda ou Dieudonné. Sur ces sujets là, il se disperse et prend des risques inutiles.
Cinquième résolution : Engager, enfin, la réforme des territoires qui s’impose avec réduction du nombre de communes et suppression des départements. Cette résolution est probablement la plus difficile à prendre compte tenu à la fois des résistances dans son propre camp et notamment du Sénat, et de la difficulté technique à opérer le transfert des compétences et des budgets. Mais s’il réussit à la mener à bien ou du moins à la rendre irréversible à l’issu de son quinquennat, elle restera comme la mesure phare de son mandat et prouvera qu’il a des couillesl'étoffe d'un véritable homme d'Etat.
Attention, ce n’est pas parce que François Hollande aura respecté à la lettre ces préconisations que l’annus 2014 sera nécessairement mirabilis. Humeurs de Vaches conscient de ses limites reconnait modestement que pour les miracles, François Hollande devra s’adresser à quelqu’un d’autre.
Sur ce, je vous souhaite à tous une excellente année 2014, qu'elle soit pleine d'actualités passionnantes à commenter dans la joie et la bonne humeur tant qu'à faire.
vendredi 3 janvier 2014
La marche arrière
La marche arrière
Et si notre sacro-sainte « bagnole » avait définitivement perdu son pouvoir d'attraction ? Une chose est sûre, le marché automobile français a enclenché en 2013 sa plus sévère marche arrière depuis plus de 15 ans, avec une baisse des immatriculations de voitures neuves de 5,7 %. Et cela malgré l'embellie de 9,4 % du mois de décembre, peut-être liée à la perspective d'un durcissement du malus ou à l'augmentation de la TVA. N'empêche que depuis 2009, et la progression des ventes de voitures neuves de 11 % due à la prime à la casse, les baisses sont constantes pour nos constructeurs nationaux : -3 % en 2010, -2 % en 2011 et -14 % en 2012.
Il faut évidemment voir dans cette trajectoire les effets de la crise. Les contraintes budgétaires des ménages ont freiné le renouvellement du parc automobile. L'âge moyen d'un acheteur de véhicule neuf a progressé d'un an en cinq ans (à 52,5 ans). Les difficultés économiques ont poussé les moins de 30 ans soit à renoncer à la voiture, soit à se tourner vers le marché de l'occasion. Et la durée de détention moyenne du véhicule a aussi augmenté.
Le montant des dépenses liées à son utilisation (péage, carburant, entretien, stationnement) et une « autophobie » ambiante (contrôles radar, nouvelles limitations, pollution) sont en train de modifier notre rapport à l'automobile. Elle est passée du symbole clinquant de la réussite sociale à une vocation purement utilitaire qui explique les tendances actuelles au « low cost » ou à l'autopartage. On y ajoutera le recours aux mandataires ou à l'internet qui fragilise les concessionnaires.
Il n'y a pas que des inconvénients à cette évolution des mentalités. Elle traduit une relation moins irrationnelle et plus responsable avec la voiture. En témoigne la réduction du nombre de tués sur les routes. Mais il y a un revers à tout cela. Comme l'ensemble de l'activité industrielle française, tristement en recul par rapport à l'ensemble de la zone euro, notre secteur automobile est confronté au besoin d'innovation et de compétitivité. Bref, à un changement de modèle.
Tennis féminin : pin-up ou athlètes ?
Les lolitas de la balle jaune attirent moins le public que les hommes, mais engrangent plus d’argent. Un business qui repose sur une franche part d’hypocrisie.
C’est une expérience que chacun peut tenter : entrez dans une bou
tique Lacoste et cherchez-y une robe de tennis. Le portant, quand il y en a un, mesure au mieux 70 centimètres, perdu au fond du magasin. Pas plus de jupettes dans la vaste boutique Nike des Champs-Elysées, à Paris, alors que la marque à la virgule habille les trois meilleures joueuses du monde (Serena Williams, Maria Sharapova, Victoria Azarenka). Et c’est la même chose côté raquettes : Go Sport ou Décathlon proposera la Wilson de Federer, la Babolat de Nadal, la Head de Djokovic, voire la Kennex du Suisse Stanislas Wawrinka… mais jamais l’instrument d’une de ces dames. Car bien que 30% des joueurs licenciés à la Fédération française de tennis soient des femmes, le marché du tennis féminin reste très étroit. En outre, une jeune fille choisira plus facilement pour idole un Andy Murray qu’une Agnieszka Radwanska, quatrième joueuse mondiale au classement WTA…Or les joueuses professionnelles n’ont jamais gagné autant...
La dette, le plus lourd des boulets pour les pays occidentaux
La dette publique atteint partout des seuils impressionnants. Mais c'est probablement à l'Europe qu'elle coûte le plus cher.
Zone euro
Si les coûts d'emprunt sont redevenus abordables pour la plupart des pays de la zone euro - à part pour la Grèce, où ils flirtent toujours avec les 10 % -, la part de l'endettement public par rapport aux revenus a encore augmenté partout dans la zone euro en 2013 sous l'effet de la récession - sauf en Allemagne, où il s'est un peu résorbé. Cet endettement qui représente pour la zone euro 95,5 % de la valeur de son PIBs'alourdira encore, à 95,9 % du PIB, l'an prochain, selon les estimations de la Commission européenne. Ce poids de la dette, note Patrick Artus, constitue un frein d'autant plus important à une franche reprise de la zone euro que le très net ralentissement de l'inflation au cours des derniers mois accroît relativement les taux d'intérêt réels. Ce qui fait craindre, selon lui, un retour de la crise des dettes souveraines dans la zone euro.
Japon
Tokyo, pour sa part, doit refinancer une dette sans équivalent au monde, représentant 245 % du PIB ! Certes, en raison de la confiance accordée par les épargnants nippons, qui constituent la grande majorité des détenteurs de créances sur Tokyo, le pays se finance à des taux négatifs, compte tenu d'une inflation certes timide, mais qui a enfin succédé à une longue période de baisse des prix. En octobre, en excluant les effets des importations d'hydrocarbures, la hausse des prix a atteint… 0,3 %, un record depuis quinze ans ! Il n'en demeure pas moins que Tokyo doit trouver des ressources nouvelles pour ne pas aggraver cet endettement spectaculaire d'un pays vieillissant (la population a diminué de 250.000 personnes l'an dernier, un chiffre sans précédent). Et ce d'autant plus que le énième plan de relance annoncé en décembre par le Premier ministre, Shinzo Abe, dont le fameux Abenomics ressemble en fait de plus en plus à du keynésianisme pur jus, va coûter 40 milliards d'euros. Afin d'éviter une dérive des comptes, le chef du gouvernement s'est engagé à appliquer au 1er avril prochain la hausse de la TVA de 3 points, de 5 % à 8 %, préparée par son prédécesseur. Seul inconvénient : la plupart des analystes s'attendent à ce que cela casse complètement la dynamique de consommation.
Etats-Unis
Le contexte budgétaire s'est beaucoup éclairci à Washington. Après avoir paralysé l'Etat en octobre, le Congrès a négocié un accord permettant de le financer pour les deux ans qui viennent. Mieux encore : il a réduit la dose d'austérité programmée cette année. Les efforts de rigueur seront trois fois moindres qu'en 2013. Et, contrairement à beaucoup de pays d'Europe, il n'y aura pas de hausses d'impôt. Le pays n'en a pas réellement besoin : il a engagé l'assainissement de ses finances publiques de manière spectaculaire. Le déficit de l'Etat s'est résorbé de 38 % l'an dernier ! Il ne représente plus que 4,1 % du PIB. Les dépenses sont en baisse, grâce aux coupes dans les dépenses sociales - les allocations chômage notamment. A long terme, les Etats-Unis ne sont pas à l'abri d'une crise de la dette : celle-ci atteint 110 % du PIB et pourrait exploser avec le vieillissement de la population, qui implique plus de dépenses sociales.
Le diable est dans la contrepartie
Le diable est dans la contrepartie
C’est un domaine dans lequel François Hollande excelle : le deal, la contrepartie, la promesse sous condition, l’engagement donnant-donnant. C’est ainsi qu’il a géré le Parti socialiste pendant une décennie, et c’est ainsi qu’il a bâti son actuelle majorité. Ce savoir-faire offre un indéniable avantage : il permet à François Hollande de durer, en promettant successivement aux uns et aux autres, en navigant entre les contraires, en jonglant entre les sensibilités. Mais cette méthode présente aussi beaucoup d’inconvénients : il n’est que de voir le délabrement dans lequel il avait laissé le PS, ou encore le niveau de doute qui s’est installé depuis dix-huit mois au sein de la gauche. Pour ne pas parler de l’état du pays.
C’est pourquoi il faut prendre avec prudence le deal soudain proposé par le chef de l’Etat aux entreprises, ce « Pacte de responsabilité » liant la baisse des charges et des contraintes à une relance des embauches et du dialogue social. D’ailleurs, qui croire ? Le François Hollande qui donne le sentiment dans ses vœux de se convertir à une sorte de réalisme social-libéral, ou celui qui, dans le même discours, continue à affirmer : « J’ai confiance dans les choix que j’ai faits pour le pays », signifiant ainsi qu’il n’a pas l’intention d’en changer ?
Certes, le Medef a eu raison de prendre la balle au bond et de promettre de « participer et s’impliquer activement » dans le processus du « Pacte » : il avait tout à perdre à ne pas tenter le coup. Mais dans un pays où les entreprises ont la rentabilité la plus faible depuis 30 ans, les charges et les contraintes les plus pesantes jamais subies, on aurait aimé qu’au lieu de parler de contrepartie nouvelle, le président de la République dise simplement : « il faut réduire les charges et les contraintes pour que les entreprises puissent embaucher ».
jeudi 2 janvier 2014
Les voeux de Hollande: coup de barre à droite ?
Et si le message de voeux de François Hollande le 31 décembre à 20h annonçait, contre toute attente, un vrai tournant ? Pas un mot pour Jean-Marc Ayrault. Pas un mot non plus sur son "grand soir" fiscal. Hommage aux entreprises quand échoue l'opération "inversion de la courbe" et que l'emploi des Français dépend désormais (à 90% ?) d'elles. L'aveu que la crise a été "sous-estimée" et que les impôts, aujourd'hui, sont "trop lourds". Et surtout -et d'abord- une affirmation, qui peut mener loin: il va falloir "réduire la dépense publique". Pour la gauche, ce sera -ou ce serait- une vraie révolution.
Il est possible que François Hollande, prisonnier de la "bulle" élyséenne, réagisse aujourd'hui trop tard. Et ne parvienne plus à se faire entendre.
Il est possible que les actes ne suivent pas, même si Jacques Attali, très inquiet, presse son ami Hollande d'annoncer des "décisions" avant la fin de janvier. Dernière limite, suggère-t--il, si l'on veut éviter que tout craque.
Il est surtout possible le président de la République, esquissant ce virage social-libéral, ne soit pas suivi demain par les siens, rétifs à pareil "aggiornamento" et refusant de faire passer par profits et pertes les promesses de la campagne présidentielle ("Mon seul ennemi, c'est la Finance").
Mais peut-être François Hollande n'a-t-il plus d'autre choix, au point où en sont les choses, que d'imposer à la vieille gauche, qui a longtemps révéré Marx et Guy Mollet, ce quitte ou double: muter ou échouer, muter ou partir.
S'il va jusqu'au bout de ce pari et le gagnait, alors Attali aura eu raison de dire à son ami le président de la République qu'il resterait dans l'Histoire comme un... "très grand président". A la façon du Chancelier social-démocrate Gerhard Schröder, l'homme qui, pour avoir imposé à Allemagne et aux siens la réforme vitale de l'Etat-Providence a désembourbé son pays, perdu les élections et gagné l'estime de ses compatriotes. Mais n'est pas Schröder qui veut. Enfin... sait-on jamais ?
Du zigzag au tête-à-queue
Du zigzag au tête-à-queue
Tombés de nulle part, ces vœux présidentiels peuvent-ils finir ailleurs que nulle part ? Faute de clarification, la question restait en suspens au lendemain de l’intervention du chef de l’Etat. On avait compris que « Moi Président » s’était fracassé sur le mur des réalités. On observait que le Hollande.2013 menaçait de couler, lesté par un échec – encore inavoué – sur le front du chômage et une crise désormais reconnue « plus profonde » qu’escomptée. A-t-on assisté au soir du 31 décembre à un « tournant intime », le Hollande.2014 assumant un social-libéralisme à mille lieues de l’« esprit du Bourget » ?
Dans les mots, le Président a troqué l’art du zigzag pour la pratique du tête-à-queue. Hier, il s’agissait d’alourdir la charge fiscale sur les seuls riches, au prétexte d’un système « injuste, trop injuste ». Aujourd’hui, il est question de baisser des impôts « lourds, trop lourds ». Hier, créations d’emplois rimaient avec contrats aidés. Aujourd’hui, elles sont, semble-t-il, associées au secteur privé. Hier, les chefs d’entreprise étaient sommés de se contenter du CICE. Aujourd’hui, ils sont invités à négocier de nouvelles réductions de charges, en échange d’embauches. Hier, l’opposition était accusée de vouloir casser le modèle social français. Aujourd’hui, est érigée en priorité élyséenne la chasse à la dépense publique, jusque dans les « excès et les abus » de la Sécu…
Avant lui, d’autres présidents se sont laissés griser par la magie du verbe – sans suite. D’autres ont rêvé d’une politique qu’ils n’avaient pas les moyens de mener. D’autres encore ont eu le courage de réformer contre le dogmatisme de leur propre camp. Qui est-il, le Hollande.2014 ?
"Hollande et la purée mathématique"
L'engagement numéro un du président d'inverser la courbe du chômage n'a été inventé que pour la circonstance. C'est tout simplement du flan !
Formulée la première fois en septembre 2012, répétée jusqu'à l'insistance au point de devenir l'engagement numéro un présidentiel, l'inversion de la courbe du chômage vient de se convertir en gloubi-boulga. François Hollande s'est fendu le 26 décembre d'un communiqué propre à souligner sa modestie face au succès et, du même mouvement, nous remonter le moral : "L'inversion de la courbe du chômage est désormais amorcée."
Sur le coup (très bref, hélas), on respire déjà mieux. Et puis, assez vite, on se demande si notre président ne serait pas victime d'un double, mal inspiré, qui lui coupe régulièrement ses effets ou bien lui souffle que la meilleure façon de passer à la postérité serait de proclamer une version ultra-fabriquée du réel. Première étape du doute absolu : inverser une courbe est une expression qui n'existe pas. C'est le mathématicien Étienne Klein, sur France Inter, qui le démontre aussitôt et affirme que "cette courbe du chômage" a été inventée pour la circonstance. "C'est de la purée mathématique", assène-t-il.
L'annonce n'est que la traduction numérique de la fonction chômeur. Sincère et véridique, le président aurait pu nous dire : "Nous continuerons de notre mieux à diminuer le nombre des chômeurs..." - ou encore : "Nous tenterons l'impossible pour que cette courbe augmente moins vite qu'avant." Mais l'entretien du flou est une volonté hollandaise. Nous a-t-il dévoilé que, depuis 2012, 300 000 chômeurs ont rejoint la cohorte de ceux qui peinent et s'angoissent tous les jours ? Le chiffre officiel, celui de la baisse des demandeurs d'emplois, est en effet aujourd'hui de 17 800 personnes. Ce qui ne veut pas dire qu'ils sont sortis d'affaire.
Calculs tordus
Le calcul est plus complexe. Il est basé, d'une part, sur l'Insee (Institut national de la statistiques et des études économiques), qui publie ses résultats chaque trimestre à partir d'un échantillon de 100 000 personnes "ayant au moins 15 ans, disponibles, cherchant du travail, inscrites ou non à Pôle emploi". D'autre part, selon les critères de Pôle emploi, et la publication mensuelle de ses chiffres, cela correspond à une "personne n'ayant pas eu d'activité pendant le mois et cherchant du travail". En principe, c'est crédible. En réalité, c'est tordu. Parce que Pôle emploi classe les gens en trois catégories, A, B,C.
Si vous voyez une baisse de 20 000 chômeurs en catégorie A, ce n'est pas du tout qu'ils sont tirés d'affaire, c'est qu'ils sont descendus en catégorie B et C - pour exercer dorénavant une activité réduite. Parfois très réduite. Si un prof de maths trouve un petit boulot, deux heures de cours par mois, hop, radié, fini le chômage. Les contrats aidés, en stage ou en formation ne sont pas non plus comptabilisés - moins 16 000 en un mois. Sans oublier une forte hausse des radiations administratives, 11 000 supplémentaires sur novembre, soit faute de s'être "actualisé" soit pour non-réponse à une convocation. Le problème est que la chose (l'administration) étant totalement informatisée, celui qui est en rupture d'Internet - s'il n'a pu payer son abonnement, par exemple - est radié.
Une population entière tachée par les suicides
Les vrais chiffres ? Fin octobre, 4,88 millions de chômeurs étaient inscrits à Pôle emploi en catégorie A, B, C. Ils ne comprennent pas tous ceux qui sont perdus pour les statistiques et le beau discours de l'Élysée. Ceux qui ne se sont jamais inscrits ("on voit bien, à la télévision, les usines qui ferment tous les jours") et ceux qui ont abandonné, dégoûtés de la paperasse inutile à remplir et des interminables tunnels administratifs. Le Mouvement national des chômeurs et précaires voit dans la difficulté et le non-sens des procédures administratives un bon moyen de faire décrocher le chômeur et de l'effacer des statistiques.
Il y a aussi ceux qui meurent tous les jours et ne font plus la queue au guichet. Une personne s'immole tous les 15 jours en France pour cause de chômage. Chacun peut regarder sur Internet Le grand incendie, un webdocumentaire qui raconte ceux qui ne voient plus d'autre issue que la mort et se la donnent le plus souvent sur leur lieu de travail. On en parle à peine. Parce que c'est la population entière qui est tachée par ces suicides. François Hollande devrait adapter son discours, ne plus en faire l'enjeu d'une aura publicitaire avec sa courbe mal ajustée, mais lutter, se battre pour la création ou le rétablissement d'emplois durables. Les seules offres collectées en hausse ont été celles des contrats courts (6 mois) ou très courts (1 mois). Le coût du travail, monsieur le Président, si cela se trouve, est moins élevé que celui d'un chômeur.
2013, l’annus horribilis de François Hollande
Cahuzac, Leonarda, ras-le-bol fiscal, plans sociaux en rafale, une révolte bretonne et une popularité au plus bas : François Hollande a vécu une année compliquée. 2014 pourra difficilement être pire.
Une courbe du chômage au plus haut et une courbe de popularité au plus bas : voici résumée l’année 2013 de François Hollande.
Une popularité au plus bas
Il est le président le plus impopulaire de la Ve République. Il l’a d’ailleurs constaté le 14 juillet, alors qu’il descendait les Champs-Élysées, et le 11 novembre : jamais un président n’avait été sifflé de façon aussi massive lors de ces deux événements. Son impopularité avait été aussi très perceptible lors du déplacement à Dijon, terre pourtant favorable. Là aussi, il a été accueilli par plus de critiques que d’encouragements. Et il restera l’image de cette femme l’apostrophant en lui demandant de « ne pas se marier avec Valérie » parce qu’« on l’aime pas ».
Des scandales
Il a subi l’affaire Cahuzac, avec la démission de son ancien ministre du Budget pour fraude et évasion fiscale en mars. Face à ce scandale retentissant, François Hollande a réagi en imposant la transparence des patrimoines des politiques. Ce n’est pas porté à son crédit.
L’affaire Leonarda est le deuxième scandale qui plombe son année et qui pourrait devenir un marqueur de son image. Son intervention en direct à la télévision pour proposer à la jeune fille – « et à elle seule » – de revenir en France est dévastatrice pour son autorité, déjà contestée.
L’économie ne va pas mieux
« La reprise économique, elle est là » : François Hollande annonce que l’économie du pays va mieux le 14 juillet lors de l’interview traditionnelle du chef de l’État. Il note des frémissements dans l’économie : une croissance un peu supérieure aux prévisions et un ralentissement de la hausse du chômage Mais les chiffres du chômage de novembre sont mauvais et brisent l’élan.
De plus, l’avalanche d’annonces de licenciements et de plans sociaux invalide le discours de l’exécutif. Gad, la Redoute, Darty, Michelin, Alcatel-Lucent, Air France, Natixis, PSA : pas une région et pas un secteur ne sont épargnés. Cela rend inaudibles les quelques bonnes nouvelles
Un ras-le-bol fiscal généralisé
Hausse de l’impôt sur le revenu, réduction de niches fiscales et du quotient familial, hausse des cotisations retraites des salariés pour financer les pensions, hausse du prix du timbre, des transports, du tabac et de la TVA en janvier : le ras-le-bol fiscal a trouvé son apogée avec l’écotaxe et les « bonnets rouges ». Le conseil constitutionnel a censuré 24 articles de la loi de finances mais a préservé l’emblématique taxe à 75 %.
Amateurisme
Reculades, indécision, annonces non suivies d’effet, tiraillements et couacs au sein de sa majorité, rumeurs de remaniement : Hollande n’a cessé d’être critiqué sur sa méthode par la droite et les médias. Il avait prédit lors des vœux 2013 une année difficile, elle lui a donné raison.
Des vœux en forme d’aveux
Des vœux en forme d’aveux
Le fond et la forme : il n’y en avait pas un pour racheter l’autre mardi soir dans ces vœux présidentiels à l’heure de l’ouverture des huîtres du réveillon. Et que dire de cette cravate noire sur costume bleu… mais qui est chargé de sa com ? Que fait Valérie ?
Comme l’ont astucieusement relevé des internautes, moquant le manque de professionnalisme de la communication de l’Elysée, les regards fuyants de Hollande entre le prompteur et la caméra, ses phrases saccadées et sonnant faux, « cet hommage aux effets spéciaux de la télé roumaine sous Ceaucescu était très réussi ».
Dans une posture qui faisait irrésistiblement penser à celle des dirigeants soviétiques des années 70, François Hollande n’a témoigné aucune sensibilité pour les difficultés des Français au dernier soir d’une année particulièrement intenable pour eux.
Les mêmes engagements non tenus qu’il y a un an
Il a repris sur un ton mécanique les mêmes engagements non tenus, qu’il avait formulés quasiment dans les mêmes termes, il y a un an, le 31 décembre 2012 : inversion de la courbe du chômage, retour de la croissance, stabilité fiscale. Pas le moindre changement de cap. Ni l’augmentation du chômage, ni l’appauvrissement des Français asphyxiés par le matraquage fiscal et le recul économique, ni son échec politique constant n’existent. Rien de la colère des millions de Français dans la rue en 2013, rien des taxes ni de la TVA, de la crise et des mouvements de protestation d’à peu près tous les secteurs, rien des problèmes réels, immédiats comme l’augmentation de la délinquance, l’invasion des Roms (au point que dans une majorité de communes françaises à trois mois des municipales, cette question est considérée comme celle qui vient en tête des préoccupations des électeurs) qui va encore être aggravée par l’ouverture totale de notre marché du travail aux ressortissants roumains et bulgares.
Hollande a préféré réaffirmer son « intransigeance » face au racisme et à l’antisémitisme de… Dieudonné. C’est l’urgence. Quel combat !
Récidiviste de l’inertie
« Si ces vœux étaient sincères, ils étaient surtout stériles », a estimé Geoffroy Didier, secrétaire général adjoint de l’UMP. « François Hollande s’est ainsi affiché ce soir comme un récidiviste de l’inertie, prouvant une nouvelle fois qu’il préfère les pansements aux réformes et l’immobilisme au courage. » Stériles et « pathétiques » pour NKM, « en forme d’aveux » pour Morano.
Tandis que Marine Le Pen rappelait que ces vœux sont devenus « l’allocution du gouverneur de la province France » :
« Le président feint d’ignorer les problèmes essentiels que pose notre asservissement à l’union européenne et à l’Allemagne. Il refuse d’aborder la question centrale des frontières, économiques et migratoires. Au contraire, il méprise cette question, en moquant les “vieilles frontières” de la France, celles pour lesquelles sont tombés des millions des nôtres. Quel scandale ! Il s’enferme dans une vision archaïque de l’Europe, prétendant qu’elle nous protège, alors qu’elle nous saigne. »
samedi 28 décembre 2013
Les défis au christianisme en France
- Le réseau Riposte Catholique est un portail catholique très connu en France qui a pour l’objectif d’informer ou plutôt de réinformer ses lecteurs sur l’actualité du catholicisme en France.
Le rédacteur en chef de ce réseau est Daniel Hamiche qui a aimablement consenti de répondre aux questions de La Voix de la Russie.
VDLR. Aujourd’hui on voit se produire le processus de la libéralisation de l’Eglise catholique même au niveau du Vatican. Par exemple, nous nous rappelons très bien le discours du pape François sur la tolérance envers les homosexuels, les divorces et les avortements. La question du mariage des prêtres est relancée. La France a été toujours un pays chrétien depuis Clovis et elle occupait à mon avis la place particulière dans le monde chrétien. Quelle est la position des chrétiens français vis-à-vis de ce processus?
Daniel Hamiche.Il y a effectivement une crise aujourd’hui dans l’Eglise catholique mais en ce qui concerne des rumeurs ou des interprétations qui ont circulé autour des récentes déclarations du pape François, je crois qu’il faut revenir à la vérité des choses. L’église catholique ne changera pas sa position sur la question du mariage des prêtres et sur le côté sacré du mariage. Elle a certainement le devoir d’appliquer des pastorales particulières, par exemple pour les personnes homosexuelles mais pour autant elle ne reconnaîtra jamais le mariage homosexuel. Il faut être très prudent sur les rumeurs de presse qu’on peut lire ici et là, la position et la doctrine du dogme catholique ne changera pas. Pour ce qui est de la France, il est évident qu’aujourd’hui la foi connaît de graves attaques. Les chrétiens aussi sont de certaine manière persécutés en France. Nous sommes dans une crise de la foi et dans une crise de l’Eglise en Occident et particulièrement en France qui se traduit bien sûr par la baisse de la fréquentation des lieux de culte, la baisse d’entrée dans les séminaires et donc conséquemment par la baisse du nombre des prêtres qui sont ordonnés chaque année. Alors, il y a un renouveau qui est en train de se passer en France chez les catholiques, des jeunes générations arrivent qui n’ont sans doute pas tous les préjugés qui avaient peut-être des précédentes générations et il y a une espèce de pré-printemps comme disaient plutôt les Allemands
VDLR. On prétend que le , en Occident, vient d'affronter une terrible crise de la foi. Pourtant on révèle l'intérêt significatif des Français pour la spiritualité: les jeunes commencent à s’intéresser à la religion de plus en plus. Selon vous, quelles questions ils posent aujourd’hui à l’église et est–ce qu’elle est capable d’y répondre?
Daniel Hamiche. L’église catholique a les réponses tout à fait appropriées aux jeunes. La question, c’est toujours la transmission de ces réponses qui fait problème. Il y a un déficit de «communication» des messages de l’Eglise. Il y a trop de filtres, trop d’écrans qui empêchent à l’Eglise de faire passer son message aujourd’hui notamment aux jeunes Français et ces écrans, nous les connaissons, sont les écrans matériels et immatériels. Ce sont les mass-médias dans leur écrasante majorité qui sont porteuses des contre-valeurs dans notre société, c’est l’Etat lui-même qui est extrêmement au point qu’il est devenu laïciste avec l’arrivée au pouvoir de M. Hollande et du gouvernement de M. Ayrault. C’est la plus belle collection des personnages antichrétiens qu’on a jamais vu dans un gouvernement français depuis sans doute la révolution française ou peut-être certains gouvernements de la Troisième République de la fin de XIX siècle.
VDLR. M. Hamiche, ne croyez-vous pas que la vandalisation des églises par les représentants d’un islam dénaturé communément désigné par le terme «islamisme» est le résultat direct de la politique laïcarde menée par la France ces quarante dernières années ?
Daniel Hamiche. C’est vrai qu’il y a en France un phénomène d’islamisation de la société. Pour les raisons qui sont trop longues à expliquer il y a actuellement une faveur à accorder aux revendications des musulmans en France alors que le gouvernement, les pouvoirs publiques n’ont pas l a même sollicitude pour les chrétiens. Toutefois, en matière de profanation d’Eglise, par exemple, des profanation des dômes chrétiens qui en sont par dizaines, des centaines en France, les musulmans ou les islamistes sont extrêmement minoritaires dans ces actes et il y a eu des profanations d’églises qui sont fait par des musulmans mais c’est minoritaire. Les principaux vecteurs de ces actes de christianophobie viennent plutôt des groupes anarchistes d’extrême-gauche qui sont extrêmement nombreux en France avec très souvent l’aveuglement et le refus de voir ces actes par l’Etat et un manque de la protection des lieux de culte par les pouvoirs publics.
VDLR. Comment vous expliquez-vous le silence des autorités – celui de M. Valls notamment et de toute l’équipe Ayrault en général – face aux actes blasphématoires perpétrés contre les lieux de culte chrétiens, cimetières y compris?
Daniel Hamiche. Je crois qu’il y a à la fois un gouvernement qui est actuellement aux affaires en France, un mépris et une haine pour les chrétiens qui est expliquée et exprimée par de nombreux ministres. Par exemple, monsieur Peillon, qui est le ministre de l'éducation nationale a dit qu’on ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique.» Et on a vu la façon dont les elus de gauche ont traité les responsables de l’Eglise catholique en France lors du débat sur le dit «mariage pour tous ».
VDLR. Merci, monsieur Hamiche, pour cet entretien aimablement accordé.
Monsieur petites blagues
Monsieur petites blagues
« Il exprime ses sincères regrets pour l’interprétation qui est faite de ses propose et en fera directement part au Président Bouteflika » - cette déclaration publiée sur le site de Elysée dimanche soir a étouffé l’incendie diplomatique qu’avait provoqué François Hollande.
Connu pour son humour le président Français s’est permis de faire une blague lors de son discours dans le cadre du 70ème anniversaire du CRIF le 16 décembre, qui apparemment n’a pas été apprécié par tout le monde :
« Madame Lagarde des seaux qui ne m’a pas quitté au moins depuis 8 jours, et que je retrouve avec bonheur ce soir de retour de Guyane. Monsieur le ministre de l’intérieur qui va me quitter peut-être pour aller en Algérie. Il en revient, sain et sauf. C’est déjà beaucoup».
La réaction de l'Algérie ne s'est pas faite attendre. La presse locale et les politiques algériens ont accusé Monsieur Hollande de donner par sa blague une mauvaise image de la sécurité dans leur pays. Samedi soir le ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a estimé que la plaisanterie du Président français était un “accident regrettable” et qu’il souhaite tourner la page. Monsieur Lamamra a trouvé l’humour « hollandais » maladroit :
« Le sens de l’humour peut, j’allais dire, apporter une valeur, donner une valeur ajoutée au sens des responsabilités lorsqu’il s’exprime avec de l’élégance, avec de la mesure. A l’inverse le sens de l’humour peut être le générateur le moins-value lorsqu’il abouti à suggérer que la réalité ne serait pas celle qui sont à la portée de tous et qui peuvent être vérifiée par tous. »
Donc l’Algérie a pris “avec satisfaction” les excuses du président François Hollande. Particulièrement le ministre des Affaires étrangers a remarqué les sentiments d’amitié que la France porte à l’Algérie et le grand respect pour son peuple. Le scandale diplomatique semble être réglé.
Donc l’Algérie a pris “avec satisfaction” les excuses du président François Hollande. Particulièrement le ministre des Affaires étrangers a remarqué les sentiments d’amitié que la France porte à l’Algérie et le grand respect pour son peuple. Le scandale diplomatique semble être réglé.
Mais on sais jamais sur quel terrain va tomber le fameux savoir blaguer de Monsieur Hollande. A l’époque de sa campagne présidentielle on voyait dans son sens de l’humour une véritable arme politique. Mais en tant que Président cette arme a commencé à se retourner contre lui. Les journalistes ainsi que les députes de l’UMP se souviennent toujours l’une de ses premières plaisanteries au cours du salon de l’Agriculteur en 2013 à Paris. Sur la remarque d’une petite fille qu’elle n’avait jamais vu Sarkozy, le nouveau président lui a promis qu’elle n’allait plus jamais le voir. Amusant pour Hollande, honteux pour les militants de droite. Pour « monsieur petites blagues », comme à l’époque on l’appelait au sein du Parti socialiste, l’humour et la politique ne font pas toujours bon ménage.
L’incantation
L’incantation
Alors que les dernières statistiques sont désastreuses, le Premier ministre déclare "Nous allons gagner la bataille du chômage". Cette intervention nous rappelle le slogan du gouvernement français en 1940, imaginé par Paul Reynaud: "Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts". La débâcle est toute proche: hausse vertigineuse des prélèvements obligatoires, effondrement de l’investissement, des créations d’emplois et des bénéfices des entreprises. Mais au bord de l’abîme, il reste le verbe, l’illusion, la propagande: "nous allons gagner". Quelle sera la traduction, dans le champ de la politique, d’une catastrophe économique et sociale de cette ampleur? La seule chance de l’équipe au pouvoir serait un changement de cap radical, à l’image de celui qu’avait engagé Mitterrand en 1983, renonçant aux folies démagogiques de la dépense à tout va et de la sur-fiscalisation pour adopter une gestion rigoureuse de l’économie française, incluant des réformes salutaires qui n’avaient jamais été accomplies jusqu’alors (le découplage des salaires et de l’inflation). Or, nous ne sentons chez les dirigeants actuels, ni le courage, ni la volonté, ni la lucidité, ni le sens des réalités et de l’intérêt public, encore moins l’intelligence qui pourraient les inciter à reconnaître leurs fautes et à prendre une autre direction. Ceux-là nous donnent le sentiment de n’avoir aucune autre perspective que de s’accrocher, comme des huitres, le plus longtemps possible, à leur rocher. Dès lors, le pays va continuer à s’enfoncer en 2014, pour la plus grande joie des mouvements protestataires, uniques bénéficiaires électoralistes du désastre français. La grande leçon de cette expérience tragique: on n’improvise pas une politique à la tête d’un pays. L’accession au pouvoir et son exercice sont deux choses radicalement différentes. Parler et décider – assumer des responsabilités – relèvent de logiques opposées. Puisse l’opposition en prendre conscience en 2014 et s’organiser en conséquence: trois années ne seront pas de trop pour préparer l’alternance de 2017.
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