TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

samedi 11 mai 2013

Question de circonstances

Question de circonstances


Ils sont extraordinaires, nos révolutionnaires, fils de la Grande Révolution, élevés dans le culte du « Grand soir », qui nous gouvernent. Ils n’ont à la bouche que les mots de légalité, respect des institutions, admiration pour les forces de l’ordre…
De qui se moque-t-on ? Sinon de nous ?
Ces gens-là, jouent les provocateurs, les transgressifs, les subversifs, mais, attention ! Dites-le leur, manifestez votre mécontentement et, aussitôt, les grandes orgues du pouvoir, de l’ordre et de la morale vous joueront l’air du « Tiens-toi tranquille, vilain petit canard ».
En face, de notre côté, les autorités morales, spirituelles, religieuses, renchérissent dans le rappel de nos devoirs – nous sommes des chrétiens – donc nous devons aimer nos ennemis, tendre la joue gauche après avoir reçu une gifle sur la droite, ne pas nous transformer en zélote qui réclamerait la royauté temporelle d’un messie crucifié dont le règne n’est pas de ce monde, nous laisser dévorer comme les brebis le sont quand arrivent les loups… et penser qu’après tout, Dieu étant maître de l’histoire, sa victoire éclatera un jour, plutôt de l’autre côté de la vie… etc.… etc.…
Mais alors, pourquoi manifester ?  Pourquoi marcher ? Pourquoi crier ? N’est-ce pas déjà une pression ? Une occupation du domaine public ? N’est-ce pas fatigant, épuisant pour les forces de l’ordre ? Ne mettons-nous pas leurs nerfs à dure épreuve ? Où s’arrête notre droit ? Taubira, ta loi en n’en veut pas Taubira, Ta réforme, si tu savais, … Elle doit être choquée, la pauvre Taubira… elle doit mal dormir… se bourrer de tranquillisants… faire trois fois plus de vélo… s’énerver sur la pédale… est-ce qu’il ne faudrait pas, par hasard, ou par charité, être moins pressant ? Laisser faire ?... de toutes les façons, ce monde, qui n’est pas le nôtre, croulera demain devant notre foi… falbala …
Déjà, il y a un peu moins de quatre siècles, voyant les efforts, l’argent, les hommes, les armes que Richelieu déployait devant La Rochelle pour arracher cette place forte à l’hérétique et à l’étranger, le Cardinal de Bérulle disait « à quoi bon ? Si Dieu le veut, La Rochelle tombera… Prions et espérons… ».  A quoi, l’autre Cardinal, l’homme d’Etat répondait :« Qu’il prie, moi, je déploie mes armées. »
Nous sommes au Royaume de Jeanne. Nous sommes les compagnons de Jeanne. Tout homme qui tient une place et ne la rend pas est compagnon de Jeanne d’Arc. Et tout homme qui la rend, cette place, est un salaud. Ainsi, ou à peu près, en tout cas beaucoup mieux, parlait Péguy. Que, pour des raisons tactiques, pour des raisons de bon sens évident, nous ne harcelions pas aujourd’hui des forces de l’ordre dont il faut reconnaître que, dans l’ensemble, elles sont bienveillantes… personne ne le met en doute. Nous ne nous en prenons pas aux gendarmes, aux policiers, aux CRS, mais à ceux qui les utilisent… mais, s’il faut faire du droit et de la morale…. allons y.
De quel droit les autorités qui utilisent la force armée m’interdisent-elles d’aller jusqu’à l’Assemblée nationale, où siègent les députés qui, parait-il me représentent ? De quel droit ma liberté de circuler dans ma ville – la ville où je paie l’impôt foncier et la taxe d’habitation, la taxe sur les bureaux et la taxe sur la voirie – est-elle ainsi entravée ? Parce que je suis hostile à un projet de loi et que je manifeste mon hostilité ? Mais où est le droit qui fonde la légitimité de cette violence qui m’est faite ? L’Assemblée nationale est ma maison, mon palais, ma chambre… c’est moi qui paie, c’est moi qui vote, c’est moi le peuple.
Seraient-ils ces messieurs-dames qui utilisent contre moi la force armée dépositaires d’un droit divin ? Où est l’eau, l’huile, le chrême qui leur a donné l’onction ? Où est le sacrement qui rend inviolable cette autorité ? Ils ont été élus ! La belle affaire ! Dans quel texte, la Constitution qui définit leur autorité dit-elle que cette autorité a un fondement supérieur à ma volonté ? Pour eux, ils l’ont proclamé, rien n’est sacré, ni le mariage, ni la vie humaine à son commencement, ni la vie humaine à sa fin. Ils peuvent en disposer. Ils sont dans le relativisme absolu. Alors, moi aussi, je dispose d’eux ; leur autorité est relative. Entre eux et moi, il n’y a rien d’autre qu’un rapport de force.
Lénine le disait déjà, dans sa brutale lucidité, l’Etat c’est « détachement d’hommes armés, juges, prisons ». Les bourgeois l’utilisent contre la révolution. Le prolétaire l’utilise contre le bourgeois. Ce cynisme absolu n’a qu’un défaut : il fait fi de la conscience, de la simple humanité de ceux qui composent cet instrument d’Etat. Les policiers, les officiers, les gendarmes, les CRS, les juges, les militaires ne sont pas des jouets mécaniques. Ce sont des hommes. Des animaux qui pensent, qui parlent, et qui, même, parfois, prient et réfléchissent. Des hommes comme vous et moi.
Aussi, arrive-t-il, dans l’histoire, que, contrairement à ce que pensait Lénine, des hommes aient une vue claire de ce qu’est leur devoir, devoir d’Etat, c’est le cas de le dire. Alors, il existe une sorte d’harmonie entre le peuple et l’Etat. Alors la lutte des classes s’arrête – Marx lui-même le reconnaissait – dans les époques bénies… mais pour en arriver-là… Eh bien ! il faut travailler, lutter, prier, se battre. Jeanne ne s’est pas contentée de prier, de conseiller, de parler ; Jeanne a conduit les batailles, ce qui signifie, non seulement recevoir des coups, mais encore, mais surtout, en donner.
Que les professeurs de morale et les pontifiants d’éthique mettent une sourdine à leur propos. Si, pour des raisons d’évidente prudence, il n’est pas recommandé d’utiliser la violence dans nos manifestations, cette prudence ne découle d’aucun impératif catégorique, qui descendrait du ciel d’une prétendue morale intangible. C’est une question de circonstances, de tactique ou de stratégie, comme on voudra… qui, demain, peut parfaitement se poser autrement. C’est une décision d’opportunité, pas un cas de conscience.
Nous ne sommes pas des zélotes. Nous sommes des Francs. « Vive le Christ qui aime les Francs ! » Jésus n’a pas voulu être roi d’Israël, mais Il est venu pour être le Roi de l’Univers. Ce qu’Il est… Et toutes les nations reconnaitront Sa Gloire ! La nôtre, la nation française, comme les autres !
Et peut-être, en raison de ce qu’elle a reçue, plus que les autres ! Là est notre devoir. Là est notre vocation… qui est passée, si souvent, par l’emploi des armes. N’oublions jamais les mots du bienheureux Frédéric Ozanam, notre vocation, c’est « la gloire temporelle du christianisme ».
Cette gloire temporelle, la jeune génération l’incarne aujourd’hui sur les places des villes de France, sur l’Esplanade des Invalides – l’hôtel militaire et royal, la demeure guerrière et impériale, image de la France qui s’est faite au fil de l’épée – génération qui veille et qui prie, mais aussi génération qui  marche et qui crie, et dont le sang généreux montre déjà qu’elle est prête à aller, comme Jeanne, son modèle, jusqu’à la Victoire.

Schizophrénie à tous les étages : ces couples infernaux qui brouillent la ligne politique du gouvernement


Pierre Moscovici, ministre de l'Économie, et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, se sont encore opposés jeudi par médias interposés, cette fois sur le dossier de la reprise de Dailymotion par Yahoo!. Les deux hommes s’étaient déjà affrontés sur le dossier de la Banque publique d'investissement. Des conflits qui semblent révélateurs d'une divergence de vision de l'économie. Peut-on parler de « couple infernal » à leur sujet ? Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici peuvent-ils cohabiter longtemps dans le même périmètre ministériel, voire dans le même gouvernement ?





Thomas Guénolé : Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg n’ont pas la même vision de la politique économique à suivre. C’est une évidence. Pierre Moscovici est sur la même ligne que François Hollande : rendre les entreprises françaises plus compétitives grâce à la baisse des coûts de production, elle-même obtenue grâce à la baisse des cotisations sociales et aux crédits d’impôt. Arnaud Montebourg est sur la même ligne que Jean-Luc Mélenchon : a minima, entreprendre ponctuellement des nationalisations, comme il l’a proposé pour Gandrange ; a maxima, remettre en cause les règles du libre-échange, comme il l’avait proposé pendant la primaire socialiste de 2011.

Cette divergence de fond n’empêche pas les deux hommes de cohabiter dans le même gouvernement, car dans toute coalition gouvernementale, vous trouvez des divergences politiques fondamentales. Cela tient au fait que dans les rapports de forces électoraux, aucune ligne politique cohérente n’obtient à elle seule la majorité absolue nécessaire pour atteindre le pouvoir. Il faut donc faire des alliances qui, faute d’homogénéité de la ligne politique, ont un « ciment par défaut » : l’opposition commune à l’alliance du camp d’en face.

Par exemple, dans la coalition socialiste-communiste du début des années quatre-vingt, Jean-Pierre Chevènement et Michel Rocard n’avaient rien en commun sur la politique économique et monétaire, mais ils avaient en commun un rejet très net de la droite flanquée du centre. Autre exemple, François Bayrou et Philippe Séguin n’avaient rien en commun sur l’Europe au milieu des années quatre-vingt-dix, mais cela ne les a pas empêchés d’être dans le même gouvernement, celui d’Alain Juppé, après avoir soutenu le même candidat, Jacques Chirac.

Existe-t-il d’autres "couples infernaux" au sein de ce gouvernement ? Lesquels ?


On peut déjà citer le « couple infernal » Valls-Taubira. D’un côté, Manuel Valls, seul socialiste de droite connu à ce jour, tient sur la politique pénale un discours de répression identique à celui de l’UMP. De l’autre, Christiane Taubira tient un discours reprenant une ligne abandonnée par la gauche depuis dix ans : la prévention, la réinsertion, et la préoccupation sociale pour les conditions de vie des détenus. À l’échelle de tout l’électorat, c’est la position de Manuel Valls qui est majoritaire, puisque l’extrême droite, la droite et le centre-gauche y adhèrent. À l’échelle de la gauche, au contraire, c’est la ligne de Christiane Taubira qui est majoritaire, puisqu’elle correspond à la pensée politique historique de la gauche sur ce thème.
l'intérieur et la justice noire

On peut ensuite citer le « couple » Ayrault-Fabius qui, sans être « infernal », tient de la rivalité feutrée. Certes, Jean-Marc Ayrault est le chef du gouvernement, sous la forme d’un « super-chef de cabinet » du président de la République qu’induit le passage au quinquennat. Pour autant, Laurent Fabius, fort de sa qualité d’ancien Premier ministre de François Mitterrand et de chef d’un puissant courant du Parti socialiste, se comporte en vice-présidentde facto. Il joue ainsi un rôle de « maître censeur » sur les enjeux de politique économique – rappels à l’ordre adressés à mots à peine couverts à Arnaud Montebourg – et plus encore sur la politique extérieure, du fait de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères. Son rôle ressemble ainsi à celui d’Alain Juppé pour le dernier gouvernement de François Fillon, dans une similitude de situation très frappante.

Sans que cela soit incarné par une tension durable entre deux membres du gouvernement, l’on peut enfin citer quelques singularités incarnées tour à tour par un ou plusieurs ministres.Les positions de Vincent Peillon et de Cécile Duflot sur la dépénalisation du cannabis, les tensions entre Aurélie Filippetti et Jérôme Cahuzac quant à la publicité sur France Télévisions et à la taxation des écrans d’ordinateurs, la position à peine voilée de Manuel Valls contre le droit de vote des immigrés non-européens, le bref envisagement par Jean-Marc Ayrault de revenir aux 39 heures, le front anti-austérité Montebourg-Taubira-Duflot-Hamon, en sont autant d’exemples.

Ces "couples infernaux" représentent-ils des clivages idéologiques profonds ?


Pas toujours, mais le plus souvent, on peut en effet retrouver dans une tension au gouvernement un des grands clivages idéologiques qui traversent la gauche.

Premièrement, le clivage entre gauche social-démocrate et gauche socialiste sur la politique économique et industrielle : c’est par exemple la confrontation Ayrault-Montebourg sur Gandrange. Deuxièmement, le clivage entre gauche de la répression et gauche de la prévention : c’est la confrontation permanente Valls-Taubira. Troisièmement, le clivage entre austérité et relance : c’est la confrontation de plus en plus nette entre le bloc Montebourg-Taubira-Duflot-Hamon et la ligne de François Hollande, qu’on retrouve d’ailleurs à l’Assemblée nationale et au sein du Parti socialiste. Quatrièmement, le clivage entre gauche libérale et gauche conservatrice sur les mœurs : c’est par exemple la confrontation entre les positions de Vincent Peillon et de Cécile Duflot sur le cannabis, et la fin de non-recevoir de Jean-Marc Ayrault.

Vincent Peillon, Fleur Pellerin, Aurélie Filippetti : dans la composition de leur gouvernement, François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont opté pour des personnalités fortes au détriment d’une vraie cohérence idéologique. Après un an d’exercice du pouvoir, peut-on dire que c’était le bon choix ?

Incontestablement, l’on trouve dans ce gouvernement des profils différents à tous points de vue. Au-delà des divergences d’idées, inhérentes à la diversité des familles de pensée de la gauche française, cela va jusqu’à des positionnements en termes de clientèle sociologique, qui parfois proviennent d’abord des vies des ministres. Par exemple, Fleur Pellerin a un parcours, un vécu, elle provient d’un milieu, qui s’adressent aux très diplômés et aux chefs d’entreprise ; là où Aurélie Filippetti, sous les mêmes angles, a une fibre ouvrière marquée.

Toujours est-il que l’accumulation de fortes personnalités, chacune dotée de sa singularité, dans l’orchestre gouvernemental, constitue un vrai atout pour le gouvernement, à double titre. Cela lui permet de couvrir le spectre du « peuple de gauche » dans toute sa diversité. Cela rompt avec le déséquilibre en vigueur sous Nicolas Sarkozy, où un soliste, certes virtuose, ne laissait d’espace autour de lui que pour des choristes ou des métronomes.Encore faut-il que la polyphonie ne vire pas à la cacophonie. C’est tout le problème de l’actuel gouvernement.

Visiblement, il manque à ce gouvernement une stratégie de répartition cohérente des messages entre ministres, pour parvenir, comme dans un tableau impressionniste, à un ensemble lisible. Faute d’une telle stratégie, chacun apporte sa palette sans être encadré : d’où un rendu illisible et rédhibitoire, sauf à apprécier l’art abstrait.

François Hollande, connu lorsqu’il était premier secrétaire du PS pour son goût de la synthèse, semble avoir voulu reproduire la même méthode dans sa gestion du gouvernement. Mais celui-ci peut-il vraiment être géré de la même manière que le PS ?


François Hollande a effectivement reproduit à la tête de l’État ses méthodes de pilotage du Parti socialiste du temps où il en était premier secrétaire. Dans un premier temps, la cacophonie des courants s’exprime dans toute sa diversité et ses divergences. Dans un second temps, il rétablit la paix et fixe un agenda, par une motion de synthèse. Cependant cette dernière apporte par définition autant de frustrations que de satisfactions. En outre, avant qu’elle advienne, l’opinion publique assiste au flou et à l’illisibilité du cap, ce qui est extrêmement anxiogène par temps de crise. Enfin, cela alimente le procès en versatilité et en inconsistance de François Hollande. « Choisis ton camp, camarade ! »

vendredi 10 mai 2013

LA FRANCE SE CONVERTIT À L'ISLAM 



Sarkozy "n'a pas peur de de la concurrence"


Après les propos de François Fillon jeudi, "déterminé" à être "quoi qu'il arrive" candidat à la présidentielle de 2017, le camp Copé rappelle que la priorité est aux municipales de 2014. Quant à Nicolas Sarkozy, que son ex-Premier ministre n'épargne plus, "il n'a pas peur de grand-chose".
C'est la première réaction attribuée à Nicolas Sarkozy. En réponse aux affirmations de François Fillon depuis le Japon, qui s'est déclaré jeudi "quoiqu'il arrive" candidat à la présidentielle de 2017, l'ex-président aurait tenu ce propos, rapporté vendredi par Le Figaro: "Etre sarkozyste, c’est accepter la concurrence, on ne peut pas lui reprocher son ambition."
En déplacement à Las Vegas, où il a tenu cette semaine une nouvelle conférence, l'ancien chef de l'Etat n'a pas l'intention de presser le pas face à son ancien chef de gouvernement, qu'il qualifiait autrefois de "collaborateur". A en croire son fidèle lieutenant, Brice Hortefeux, Nicolas Sarkozy "n'a pas peur de grand-chose, et certainement pas de la concurrence". Pour autant,a assuré l'ex-ministre de l'Intérieur vendredi sur Europe 1, la confirmation de candidature de François Fillon "n'était pas sa préoccupation". "2017, ce n'est pas le sujet aujourd'hui."

"Je l'ai entendu souvent évoquer cela"

Officiellement donc, le duel entre les deux anciennes têtes de l'exécutif n'a pas commencé. Et ce, même si Nicolas Sarkozy aurait répété à ses proches qu'il pourrait "être obligé de revenir",selon Le Parisien de mardi. François Fillon, lui, ne prend plus de précaution pour montrer sa différence par rapport à l'ancien hôte de l'Elysée. "Moi, je suis engagé dans la vie politique, ce n'est pas son cas", a-t-il déclaré jeudi à Tokyo, ajoutant que Nicolas Sarkozy avait annoncé son retrait après sa défaite à la présidentielle de 2012 - ce qui n'est pas vraiment le cas. L'ex-chef de l'Etat"n'entend pas, c'est vrai, aujourd'hui se mêler à la vie politique intérieure", a indiqué Brice Hortefeux. Qui a ajouté : "C'est un engagement qu'il avait annoncé, et j'observe que c'est un engagement qu'il tient précisément à la lettre."
Jean-François Copé, de son côté, n'a pas joué la surenchère. "Je n'ai pas été surpris, je l'ai entendu souvent évoquer cela", a déclaré le président de l'UMP, invité de RTL. Le dirigeant s'est félicité que François Fillon ait "rectifié le tir en expliquant (dans un second temps sur Twitter, Ndlr) que c'était bien à la primaire qu'il était candidat". Le député-maire de Meaux a par ailleurs jugé qu'il était "très respectable de songer à l'élection présidentielle". "Mais si on veut avoir une chance de remporter l'élection présidentielle de 2017, il faut d'abord être certain d'avoir remporté les municipales de 2014", a-t-il ajouté pour prendre ses distances avec son ancien rival.
D'autres à l'UMP ont été moins prudents que le président du parti. "M. Fillon est plus préoccupé par sa carrière que par ce qu'il se passe en France", a déclaré jeudi Patrick Balkany, proche de Nicolas Sarkozy, jugeant que ce n'était pas "le bon timing". "Parler maintenant de 2017, c'est probablement un peu accélérer le calendrier", a abondé  Roger Karoutchi, directeur de campagne de Jean-François Copé lors de la campagne interne de novembre dernier. A l'inverse, dans l'autre camp, on met en avant "la détermination" de l'ancien Premier ministre. Pour Jérôme Chartier, l'un de ses lieutenants, "celles et ceux qui laissent entendre depuis plusieurs semaines que François Fillon était homme à ne pas savoir ce qu'il voulait en seront pour leurs frais." Le député de Paris a quatre ans pour parvenir à ses fins.

Faut-il se préparer à organiser un défaut de la dette en Europe ?


Mario Soares, ancien Président de la République portugaise, a appelé le 12 avril à un défaut sur la dette souveraine portugaise. Il a aussi exigé que cesse le programme d’austérité destructeur imposé par le FMI et l’Union Européenne. Allons-nous tout droit vers la catastrophe ?

Mario Soares, figure historique de la révolution démocratique portugaise et ancien Président de la République portugaise, a appelé le 12 avril à un défaut sur la dette souveraine portugaise. Appelant les partis d’opposition à renverser le Gouvernement, Mario Soares a exigé que cesse le programme d’austérité destructeur imposé par le FMI et l’Union Européenne. "Le Portugal, a-t-il déclaré, ne pourra jamais payer ses dettes. Si vous ne pouvez pas payer, la seule solution est de ne pas payer". L’hypothèse d’un défaut croisé européen est-elle une catastrophe à éviter à tout prix ou une option qu’il faut désormais envisager sérieusement et peut-être même anticiper ?

Gaspard Koenig : Aujourd’hui, à ma connaissance, seul Michel Rocard a eu le courage et l’intelligence d’envisager publiquement un tel scénario. Il est évident qu’avec une moyenne de dette/PIB dépassant les 100%, les pays de l’OCDE entrent dans une situation historique inédite en temps de paix. On approche des seuils d’ “insoutenabilité”, quand le refinancement de la dette devient trop cher. Les pays européens ont beau connaître des situations très variées, les fondamentaux sont les mêmes : un Etat-providence bâti à l’après-guerre et hors de contrôle depuis quelques décennies. Même l’Allemagne est au-dessus de 80% ! On peut discuter à l’infini l’étude de Reinhart et Rogoff, il n’empêche qu’un tel niveau d’endettement est néfaste à l’économie des pays, ne serait-ce que parce que la part des dépenses budgétaires consacrées au refinancement de la dette ne cessent d’augmenter (compressant les autres). Et je dirais même : néfaste au moral ! Nietzsche a écrit des textes toujours d’actualité sur la “culpabilité” qui naît de l’endettement. En France, les perspectives de désendettement ne cessent d’être repoussées.
Dernier point, l’équilibre ne tient que par des taux d’intérêt exceptionnellement bas, dus à l’abondance de liquidités sur les marchés. Mais c’est un château de cartes. Dans le cas de la France, de nombreux investisseurs internationaux commencent aujourd’hui à vendre leurs stocks d’obligations d’Etat. Dès que l’argent retrouvera son prix, beaucoup de pays se retrouveront le couteau sous la gorge. Il faut se préparer dès maintenant.
Nicolas Goetzmann : Le fait d’envisager sérieusement un défaut pour la France me semble être l’aboutissement du raisonnement actuel erroné sur l’austérité. Ce raisonnement fait de la situation d’endettement la cause de la crise, alors qu’il ne s’agit de sa conséquence. En d’autres termes, lorsque nous envisageons une telle option, nous tentons de soigner la crise en attaquant ses symptômes plutôt que ces causes. Voilà pourquoi cette option est une erreur.
La cause de la crise est le manque de croissance qui découle de la politique d’austérité monétaire pratiquée par la BCE. Cette politique est un puissant frein au développement économique dont la conséquence est l’explosion du niveau de dette sur PIB. La hausse du niveau de dette n’est pas la cause de la récession, elle est sa conséquence.
Ainsi, envisager un défaut représente la fin d’un raisonnement erroné, voilà pourquoi cette solution me semble inenvisageable. Cela ressemblerait à une amputation pratiquée sur un patient suite à un diagnostic erroné. La France a les moyens de parvenir à être la plus puissante économie d’Europe à moyen terme, un défaut serait un aveu d’impuissance tout autant que d’incapacité à comprendre la crise que nous vivons.

Qu'est-ce que l'histoire nous apprend sur les conséquences d'un pays qui fait défaut ?

Nicolas Goetzmann : Je renverserai la question, en me demandant quel type d’Etat fait défaut. Ce sont des économies de second, voire de troisième plan, et dont les institutions ne sont pas forcément les plus abouties. Faire des prédictions sur un défaut français, qui est la sixième économie mondiale, est inutile, les conséquences sont imprévisibles. Nous ne pouvons envisager sérieusement qu’un défaut sur un pays de cette importance puisse se réaliser dans les mêmes termes que le Zimbabwe de 2006 ou l’Argentine de 2002.
Gaspard Koenig : Elle nous apprend que tout est possible ! Les catastrophes se produisent essentiellement dans le cas des répudiations unilatérales de dette ou des défauts chaotiques motivés non pas par une « impossibilité de payer » d’un Etat, mais par un « refus de payer » lié le plus souvent à des considérations d’ordre politique ou idéologique (récemment : l’Equateur). Mais dans le cas d’un défaut limité et ordonné, les investisseurs se montrent le plus souvent rassurés de voir que la courbe d’endettement est remise sur une trajectoire soutenable, et que donc les perspectives de remboursement futur deviennent paradoxalement meilleures (bien entendu, il faut que la restructuration soit assortie de réformes structurelles). C’est ce qu’ont démontré avec force Bulow et Rogoff dans leur papier fréquemment cité de 1989 : « Debts that are forgiven will be forgotten ». L’exemple typique de ce genre de restructurations « amicales » est l’Uruguay qui a conduit une 2003 une opération d’échange acceptée par 93% de ses créanciers. Les taux sont revenus à un niveau presque normal juste après la clôture de l’échange obligataire !
Enfin, n’oublions pas que la France révolutionnaire elle-même a fait défaut en 1797 (la “banqueroute des deux tiers”). Evidemment, de nombreux rentiers ont été ruinés : c’est un choix politique. Mais les comptes du pays ont été assainis et ensuite redressés.

Comment pourrait s’organiser un tel défaut ? A quelles conditions pourrait-il être organisé pour ne pas provoquer un désastre financier ? Devrait-il nécessairement être coordonné ?

Gaspard Koenig : Selon nos calculs (lire ici), plus des deux tiers de la dette française sont détenus par des acteurs de la zone euro (en incluant les domestiques). Il est évident qu’une restructuration aura des effets en chaîne en Europe. La tendance est de toute façon évidente. Hier la Grèce, aujourd’hui Chypre, demain la Slovénie… ensuite le Portugal, comme le suggère Mario Soares, et l’Italie ? A partir de là, tout peut aller très vite. Il faut donc contrôler et anticiper le processus au niveau européen.
Le mécanisme que nous proposons pour ce défaut croisé s’inspire de celui imaginé en 2011 par les “Sages allemands” (un groupe de conseillers économiques). Les Sages proposaient de mutualiser le refinancement de la part de la dette publique excédant 60% au sein d’un « fonds de rédemption ». Il suffit de remplacer “refinancement” par “restructuration” : le fonds – qu’on pourrait appeler “Fonds d’amortissement européen” - pourrait proposer ses titres en échange de la dette actuelle (pour la part dépassant 60% du PIB) en lui appliquant un certain niveau de « haircut ». Ainsi, les Etats membres bénéficieraient de marges financières accrues pour atteindre leurs objectifs de désendettement.
La Commission européenne a annoncé en février 2013 la création d’un groupe d’experts chargé de réfléchir à l’idée du Fonds de rédemption. Que les experts élargissent donc leur réflexion et leurs calculs à l’idée d’un Fonds d’Amortissement!
Nicolas Goetzmann : La condition pour éviter un désastre financier est de ne pas procéder à un défaut. La condition pour l’éviter est de poser le bon diagnostic sur cette crise et de revoir en profondeur le mandat de la BCE, afin que cette dernière prenne enfin en compte le chômage et la croissance comme un objectif de sa politique monétaire. Cette solution permet à la fois de relancer la croissance tout en diminuant le niveau de dette, et ne provoquera pas d’hyperinflation comme semble le suggérer certains. Je ne vois pas d’hyper inflation, ni aux Etats Unis, ni au Japon, ni au Royaume-Uni, et ce pour une raison simple : leur politique monétaire n’est pas "débridée", elle est simplement équilibrée, entre maîtrise des prix et recherche du plein emploi.

Quels risques juridiques, financiers et économiques poseraient un tel processus ? Une explosion de l’euro serait-elle inévitable ?

Nicolas Goetzmann : Si vous envisagez sérieusement un défaut, il me paraît également opportun de préparer les valises de la zone euro. Si l’objectif réel du défaut est de sortir de la zone euro, je conseillerai de trouver un autre moyen. Un défaut, c’est l’ouverture vers des territoires inconnus, aussi bien en termes financiers qu’en termes politiques. Le secteur financier français est de première importance au niveau mondial, il existe là aussi un risque systémique. De plus, un défaut est également un désaveu du pouvoir politique en place sur ses actions passées. C’est un très bon terreau pour les populismes en tout genre.
Gaspard Koenig : En termes juridiques, le cas grec a montré que la restructuration est tout à fait possible en zone euro, et ce d’autant plus que les dettes sont émises en droit local. Le plus grand risque sont les banques. Or, selon nos calculs, le système bancaire français pourrait encaisser sans recapitalisation un certain niveau de « haircut » (autour de 25%) sur l’ensemble des dettes des pays « du Sud » (France, Belgique, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Irlande). Bien sûr, l’analyse reste à faire pour l’ensemble du système bancaire européen.
Une restructuration ne va pas provoquer, mais éviter l’explosion de l’euro. C’est en effet la seule alternative aux moyens traditionnels d’éponger la dette : inflation et/ou dévaluation, aujourd’hui rendus impossibles (à juste titre selon nous) par les traités européens.

A l’inverse, une restructuration de la dette pourrait-elle provoquer un choc moral salutaire pour l’Europe ?

Gaspard Koenig : C’est la seule manière d’échapper au dilemme stupide entre croissance et austérité ! Une restructuration provoquera un arbitrage générationnel : les épargnants (globalement, ceux qui ont levé la dette – via leurs représentants – ces trente dernières années) paieront via leurs assurances-vie et leurs OPCVM, tandis que les nouveaux entrants pourront bénéficier d’un nouveau souffle. Politiquement, tout deviendra – enfin – possible : les Gouvernements seront si fragilisés qu’une nouvelle donne politique sera inévitable, avec de fortes réformes libérales qui diminueront drastiquement le poids de l’Etat dans l’économie… et dans nos vies. Ce sera le moment où la génération 68 passera le relais à la génération Y ; et la dernière chance pour l’Europe de réinventer son modèle économique et social.
Nicolas Goetzmann : Je comparais une telle opération à un patient amputé par erreur. L’amputation peut être la base d’un "choc moral salutaire" mais le prix me paraît élevé. Encore une fois, la dette n’est pas la cause de ce que nous vivons et bien que les habitudes de recours à la dette doivent être abandonnées, ce n’est pas le problème aujourd’hui.
Le Japon va renouer avec la croissance malgré son niveau de 245% de dette sur PIB simplement parce que ses autorités, après 20 ans d’errance, ont fait le bon diagnostic : monétaire. Nous devons faire le même chemin et nous parviendrons à relancer la croissance. Ce retour de la croissance permettra de dégager des marges de manœuvres réelles afin de parvenir au désendettement du pays. Il serait absurde de persévérer dans cette vision de crise de la dette.

Dailymotion, le règne de l'émotion et la daimytion de la pensée


S'il vous arrive de baguenauder sur les interwebs, d'aller titiller du lolcat et vous tenir au courant de ce qui se passe en matière de nouvelles technologies (et pas seulement en venant lire ce blog), vous êtes déjà au courant de l'affaire Dailymotion. Vous savez déjà que, dans un sursaut patriotique brouillon, le bouillant ministre du Dressement Reproductif a encore une fois saboté l'avenir d'une boîte française.
Je dis encore une fois, parce que la liste des exactions d'Arnaud Montebourg est impressionnante : en un an, il a déjà glissé ses grands doigts gourds dans un nombre considérable de petits engrenages délicats, bousillant ainsiquelques belles aventures industrielles françaises, avec force coups d'éclatsmémorables et consternants. Cette fois-ci, le chien fou, encore humide de sa baignade dans les eaux troubles de ses précédents dossiersgrossièrement bidonnés, s'est glissé dans la complexe négociation entre Dailymotion, propriété à 100% de Orange, et Yahoo : le groupe américain tente en effet de racheter tout ou partie du n°2 mondial de la vidéo en ligne, afin de former un concurrent solide contre Youtube, le solide numéro un, détenu par Google.

Le Ministre intervient donc. Inévitablement, les négociations capotent, les Américains repartent, mi-consternés, mi-furieux, et le groupe français se retrouve gros-jean comme devant, ce qui est habituel et nécessaire pour la carpette qui lui sert de PDG et qui vise, on le rappelle, à une autre place au chaud (Veolia) ce qui oblige à de bonnes relations avec le pouvoir en place et une souplesse de trapéziste italien pour se faire ainsi passer dessus sans sourciller. Pour toute oraison funèbre, Montebourg aura expliqué sur les ondes, histoire d'ajouter la bêtise à l'humiliation :
« Yahoo! veut dévorer Dailymotion. Nous leur avons dit : nan d'abord, ce sera 50-50. »
Fleur Pellerin, la déléguée chargée de rattraper les boulettes d'Arnaud, est rapidement intervenue pour dire que tout ceci n'était pas bien grave, avoir des amis c'est très utile, et avec un peu d'astuce, d'espièglerie, c'est la vie de Candy la plupart des boîtes françaises lorsqu'elles ont le culot de se faire racheter par de gros groupes américains et de devenir mondiales : on sait préserver les joyaux français, que voulez-vous.
daymolition
Las.
La pauvre Fleur, aussi sympathique et télégénique soit-elle, est de la même trempe que son ministre de patron : de brillantes études dans la morne école nationaâaale d'administration de la République suivies par une brillante (mais terriblement monochromatique) carrière à bidouiller des politicarderies ennuyeuses dans des institutions d’État aussi poussiéreuses que rémunératrices. On comprend que le résultat sera à la hauteur générale de ce qui sort de ce genre de parcours : joliment nul.
On apprend en effet qu'après ses explications vasouillardes pour tenter de rattraper le bébé dont l'eau du bain avait été vidangé au kärcher par Arnaud, la déléguée, interrogée sur la reprise des négociations entre Dailymotion et d'éventuels acquéreurs, a expliqué vouloir "un état discret".
C'est, on peut le dire, un peu tard.
Maintenant, à moins de passer son temps à mater des chats rigolos sur internet, tout le monde est parfaitement au courant que Dailymotion cherche à s'étendre, qu'il est à vendre et que l’État français (ici, son bruyant épithélium en la personne d'Arnaud Montebourg) veillera à ce que cette vente se fasse dans des conditions aussi médiatisées et aussi défavorables à l'acheteur que possible. Fleur aurait d'ailleurs intérêt à ne même plus évoquer ni le nom de Dailymotion, ni celui de Montebourg, tant la devise internet "Do Not Feed The Troll" semble à ce point idoine pour cet épineux dossier.
Ceci serait bel et bien bon si, dans l'un de ces lapsus mentaux qui caractérisent nos voltigeurs de la politique française, la déléguée n'avait pas malencontreusement ajouté, tout à trac :
"Si les capitaux qui viennent, ou les partenariats industriels qui viennent dans le tour de table pour accompagner ce développement sont américains, russes, chinois, japonais, peu importe."
Je parlais de chats rigolos. C'est le moment d'en mettre un.
Le libéral assez méchant que je suis, à la lecture d'une telle déclaration, ne peut que partir en ferventes prières pour que, oui, justement, Dailymotion soit racheté par les Chinois. Oh, oui, si le Dieu du LOL existe, il faut que Dailymotion soit racheté par les Chinois. Je crois que les semaines qui suivraient une telle annonce seraient un feu d'artifice, que dis-je, une succession de feux d'artifices, un festival pyrotechnique dans la presse à base de missiles M51 décorés de couleurs criardes et de noms amusants !
Comment, en effet, imaginer les Français en général et la presse en particulier, accepter sans broncher l'idée que le fleuron français tomberait ainsi dans l'escarcelle d'un pays réputé pour sa censure internet ? Comment imaginer la composition subtile du sourire d'Arnaud Montebourg lorsqu'il lui faudra s'enfiler ses tartines matinales de Patriotisme Economique après une telle vente ?
Relisez bien la citation au-dessus du chat rigolo. Il n'y a aucun doute, aucune ambiguïté : le patriotisme économique franchouillard ne rompt pas devant une démocratie (aussi percluse de rhumatisme soit-elle), mais s'affalerait mollement devant la ploutocratie russe (Привет, товарищ Путин !) ou mieux encore devant le totalitarisme communiste chinois. Fleur Pellerin peut bien nous expliquer que c'est un problème de forme et pas de fond(s), toute personne ayant deux sous de bon sens et un pouce opposable comprend qu'elle vient ici de raconter une énorme connerie.
Franchement, le plus gros censeur de l'internet mondial au capital du français Dailymotion, ça, ça aurait de la gueule dans le Bilan Hollande et le Bilan Pellerin (le Bilan Montebourg est déjà tellement hilarant que cela passera inaperçu). En attendant, cette saillie, et par extension, toute cette affaire, montre que nos dirigeants n'ont aucune foutue idée de ce qu'ils font et ce qu'ils racontent et que l'idéologie la plus étique leur sert maintenant de fil conducteur.
Vers le gouffre.

Dailymotion, la "pépite française" sacrifiée par les caprices de Montebourg


Dans un excès de colère, le ministre Montebourg a de nouveau été… « productif » ?
Pour ceux d’entre vous qui étaient en vacances ou qui n’ont pas eu l’occasion de suivre le détail de « l’affaire Dailymotion », voici un résumé des épisodes précédents.
Dailymotion, start up de la vidéo en partage
Dailymotion est un service vidéo sur Internet où chacun peut apporter et regarder des vidéos. Le onzième plus important service vidéo sur Internet, loin derrière Youtube, dont la création ne remonte pourtant qu’à un mois seulement avant celle de Dailymotion. Ce qui a fait la différence entre les deux ? Youtube a été racheté par Google qui en a fait le leader mondial, Dailymotion a été vaillamment soutenue par le Fonds Stratégique d’Investissement qui lui a permis de devenir une « pépite française ». Chaque mois, plus de 100 millions d’internautes se connectent à Dailymotion, pour environ 2,5 milliards de vidéos visionnées, selon le cabinet ComScore.
Cherche à s’appuyer sur une major de la toile
En janvier 2011, France Telecom/Orange annonce un accord prévoyant sa montée au capital à hauteur de 49%, valorisant Dailymotion à 120 millions d’euros. Le FSI s’est ensuite progressivement retiré, au fur et à mesure qu’Orange montait dans l’actionnariat. Depuis janvier 2013, l’entreprise est devenue une filiale à 100% de l’opérateur téléphonique. Rapidement, Stéphane Richard, le PDG de FT, comprend que Dailymotion se doit de croître en Asie et sur le continent américain. L’Europe seule ne peut permettre une progression suffisante. FT n’est pas en situation d’apporter ce soutien à sa filiale. « Notre priorité est de trouver un allié qui assure le développement de Dailymotion hors d’Europe », explique Stéphane Richard, patron de France Télécom-Orange. « Nous avons envisagé plus de 60 partenaires potentiels en France et à l’étranger avant de nous focaliser sur Yahoo! »
Au secours, Montebourg s’en mêle !
C’est ainsi que nous arrivons à la semaine dernière et son actualité bondissante et rebondissante.
Jeudi dernier, 2 mai, Arnaud Montebourg annonce avoir bloqué le rachat de Dailymotion par l’américain Yahoo!
Il ne vous a pas échappé que Montebourg, ministre du « redressement productif »,  affirme avoir agi en accord avec Pierre Moscovici. Sauf que ce dernier n’a pas l’air de très bien s’en souvenir…
« Yahoo! veut dévorer Dailymotion. Nous leur avons dit : non, ce sera 50-50 », déclare A. Montebourg, sur Europe 1. L‘Américain Yahoo! souhaitait initialement racheter à France Télécom 75% du capital de Dailymotion, avec une option pour monter à 100 %. Les négociations avec FT avançaient : « J’avais pourtant refusé que Yahoo! dispose d’une option pour acheter la totalité du capital de Dailymotion, et nous étions sur le point de trouver un arrangement » déclare le Président de FT aux Échos.
C’était sans compter avec la finesse, l’intelligence, le doigté, l’ouverture d’esprit et le sens de l’intérêt général du ministre du « redressement productif » !
Un grand numéro d’apparatchik devant des partenaires médusés
C’est dans le Wall Street Journal, que paraissent les détails de l’affaire. Le refus français a été officialisé et notifié aux parties (l’une et l’autre sidérées) le 12 avril à Paris lors d’une réunion entre Arnaud Montebourg, le numéro deux de Yahoo!, Henrique de Castro, et le directeur financier de France Télécom, Gervais Pellissier. « Je ne vais pas vous laisser vendre l’une des meilleures start-up françaises ! », aurait lancé le ministre du « redressement productif » au cadre de FT médusé, ajoutant en haussant le ton « Vous ne savez pas ce que vous faites ! »
Yahoo! jette l’éponge
Une telle attitude, un tel langage, complètement incompréhensibles pour des non-Français, entraîna, comme il se doit, une rupture immédiate des négociations de la part des Américains. En voilà qui risquent de monter, avec par exemple les patrons de Titan, Mittal ou Hundaï le club des « amis de la France »… Cette rupture permit à notre ministre de se fendre d’un communiqué dans lequel il déplore « qu’à ce stade, Yahoo! et Orange n’aient pu aboutir à la conclusion d’un accord satisfaisant pour l’ensemble des parties », tout en déclarant que « le ministère du redressement productif est attaché à créer les conditions optimales du développement international de Dailymotion ». Ben voyons…
Quelques réactions des intéressés
Jeudi matin, dans  un entretien aux Échos, le patron d’Orange, Stéphane Richard, critique à mots couverts l’intervention du gouvernement, en rappelant que « Dailymotion est une filiale d’Orange, et non de l’État. C’est le groupe, sa direction et son conseil d’administration qui gèrent ce dossier. » Stéphane Richard n’ira pas bien loin dans sa critique du gouvernement. Il vise la présidence de Veolia et se doit, dans cette perspective, de ménager le pouvoir politique.
Vendredi, c’est le PDG de Dailymotion qui exprime son désappointement : Cédric Tournay se dit « évidemment » déçu que Yahoo! ait jeté l’éponge. « J’ai initié et soutenu ce projet, en accord avec Orange, notre actionnaire. Je regrette le blocage gouvernemental, parce que nous vivons dans un environnement mondialisé où nous devons, pour le bien de nos entreprises, faire des choix qui maximisent nos chances de succès sur le long terme »… « Certes, nos racines sont françaises, nos équipes aussi, majoritairement, mais nous sommes présents à Londres, à New York, à Palo Alto… Les États-Unis sont notre premier marché, représentant 35% de notre chiffre d’affaires. C’est plus que la France », résume M. Tournay. Il poursuit en affirmant que l’accord n’aurait pas été en défaveur de Dailymotion et de sa maison-mère Orange : « le projet industriel discuté avec Yahoo! et Orange était enthousiasmant pour Dailymotion, car il consistait à faire de nous la plateforme vidéo du groupe américain au niveau mondial. » « Nous aurions conservé notre identité et continué à opérer notre activité de façon autonome, mais avec une ambition décuplée. La stratégie de Yahoo! est d’investir massivement dans la vidéo. Dailymotion aurait bénéficié de ces investissements. Ce projet était aussi à l’avantage d’Orange, qui aurait continué à nous accompagner. »
Tout est à refaire, il faut trouver un partenaire pouvant assurer le développement international de Dailymotion
Montrant qu’il n’a vraiment pas compris la problématique de Dailymotion, le ministre Montebourg a tout d’abord proposé de mobiliser des financements publics, plus particulièrement le Fonds pour la société numérique des PME. Mais Stéphane Richard préférerait que l’État s’abstienne : « Nous ne cherchons pas des partenaires financiers ! Notre priorité est de trouver un allié qui assure le développement de Dailymotion hors d’Europe ». Ce à quoi M. Montebourg a répondu en affirmant que ce partenariat pouvait « parfaitement être [mis] en œuvre avec de nombreuses autres propositions que France Télécom a reçues ». Les nombreuses propositions de Monsieur Montebourg, ça ne vous rappelle rien ? Florange, Aulnay, Petroplus… En tous cas, Yahoo! a annoncé qu’il partait faire ses emplettes ailleurs et le PDG de FT a annoncé qu’il repartait à la chasse au partenaire. Bonne chasse Monsieur Richard, et soyez assuré de toute l’aide et de tout le soutien du gouvernement français…
Fleur Pellerin serait elle l’exception gouvernementale ?
Enfin, non, mon ironie n’est pas justifiée pour la totalité du gouvernement. Cette affaire aura attiré l’attention sur une personne censée, intelligente et compétente de ce gouvernement. 

Une carte démographique mondiale pour mieux comprendre nos perspectives



"Il y a plus de gens qui vivent à l'intérieur de ce cercle qu'à l'extérieur", indique le commentaire proche du cercle clair sur cette mapemonde. Ce qui est complètement fou si l'on pense aux implications en matière de consommation, d'utilisation des ressources, et de potentiel de croissance pour le monde entier...