TOUT EST DIT

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mercredi 23 mai 2012

Xavier Bertrand : "La réforme des retraites n'est pas un sujet sur lequel on peut passer en force ou en catimini pour ne pas s'expliquer devant le Parlement"

La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine a rédigé un décret préparant le retour à la retraite à 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler tôt. Elle souhaite le faire passer « fin juin /début juillet ». Pourquoi cette façon de procéder est-elle critiquée par l’UMP ?
Xavier Bertrand : D’une part à cause de la volte-face et de l’inconstance des socialistes. Lorsqu’il y a eu des mesures prises par décret, à une époque, comme les régimes spéciaux – ce qui pourtant s’expliquait, car c’était le régime des entreprises publiques – ils n’avaient eu de cesse de vociférer, de critiquer, de hurler en disant que ce n’était pas normal. Et pourtant, à l’époque, c’était dans les règles. Ce qu’ils critiquaient leur semble aujourd’hui normal. Première incohérence.

Le deuxième point, c’est qu’ils veulent passer en catimini et de force par décret parce qu’ils ne veulent pas s’expliquer devant le Parlement. Parce qu’ils craignent à la fois une surenchère de l’extrême gauche et du Parti communiste. Car je vous le dis, il va y avoir énormément de déçus avec le décret que prépare le PS. Beaucoup pensent aujourd’hui revenir à la retraite à 60 ans, alors même que dans le décret tel qu’il est prévu, il y aura beaucoup moins de bénéficiaires que ce que pensent les électeurs.
Par ailleurs, il y a aujourd’hui beaucoup d’inquiétude chez les retraités, car ils ont compris qu’il fallait payer la facture, et que non seulement tous les salariés français vont voir leur cotisation retraite augmenter et la fiche de paye baisser, mais tous les entrepreneurs vont aussi voir leurs cotisations augmenter. Je pense que le PS n’a pas envie de faire beaucoup de publicité là-dessus.
Enfin, les retraités se demandent si ça va suffire ou si, au final, on ne va pas fragiliser le système des retraites et si leurs pensions seront garanties demain comme elles l’ont été avec nous.  Le PS n’a donc pas envie, à cause de tout cela, d’avoir un débat public et démocratique, et préfère passer en force.
Vous pensez donc que ce projet peut mettre à mal l’équilibre global du système des retraites ?
Bien sûr. Aujourd’hui, s’ils appliquent la version qu’ils nous ont présenté, c’est 20 milliards d’euros qui vont faire défaut la fin de la réforme. Tout dépend de ce qui est retenu, mais on est sur une hypothèse de 20 milliards au final.
Le gouvernement annonce lui un coût d’un milliard d’euros par an jusqu’en 2017…
De 2012 à 2017, cela fait six milliards d’euros. Notre hypothèse faite à l’époque allait jusqu’à 20 milliards. On attend de savoir exactement quelle sera la facture, car il ne faut pas oublier que les régimes complémentaires seront certainement mis dans le rouge à cause de cette mesure. Il faudra donc aussi les adapter. Il faut donc s’opposer, pour l’ensemble des régimes de retraite.
Eux parlent aujourd’hui de 6 milliards, nous de 20 milliards au final, tous régimes confondus. On attend de savoir ce qu’il y a dans le projet, mais une chose est certaine, c’est que la règle voudrait qu’il y ait un débat au Parlement. Ce n’est pas un sujet sur lequel on peut passer ni en force, ni en catimini.

La réforme précédente ne permettait de financer le système que jusqu’en 2018. Cette polémique n’est-elle pas le moment de remettre le dossier sur la table de manière globale ?
Très franchement, on est sur une échéance de 2018. Je n’imagine pas les socialistes capables de mener d’ici là une réforme des retraites, pour une simple et bonne raison : la première des conditions pour réformes les retraites, c’est d’avoir du courage. En matière de retraite, ils ont su faire des rapports, mais quand il a fallu prendre des décisions ils étaient aux abonnés absents. C’est Lionel Jospin lui-même qui raconte que celui qui a été le plus virulent pour dire qu’il ne fallait pas engager la réforme des retraites avant 2002, car cela risquerait de faire perdre la gauche, c’était François Hollande, qui était à l’époque à la tête du PS. Pour engager la réforme des retraites, il faut du courage, et les socialistes n’en ont jamais fait preuve.
Comprenez-vous que les citoyens puissent avoir l’impression d’une injustice sociale, sur cette question des carrières longues ou des métiers pénibles ?
Justement, remettons les pendules à l’heure. C’est la droite et le centre qui a créé le dispositif carrière longue. Et j’ai été rapporteur du texte de la Loi Fillon qui réformait les retraites en 2004. N’oublions pas une chose : sous Jospin, les communistes ont réclamé un dispositif de carrières longues, et les socialistes leur ont dit « niet ». Il a fallu attendre que nous arrivions aux responsabilités pour que ce dispositif voie le jour en 2003. Et dans la réforme Woerth de 2006, il est clairement dit que ceux qui ont commencé à travailler de 14 à 18 ans partent toujours à 60 ans.
Ce que propose François Hollande, c’est juste un dispositif pour ceux qui ont commencé entre 18 et 19 ans ! Les socialistes aujourd’hui sont un peu comme le coucou qui vient dans le nid des autres. Ils n’ont jamais mis en place ce dispositif. Jamais. Et aujourd’hui, ils cherchent à aller plus loin, mais en le faisant financer par tout le monde. C’est d’ailleurs pour ça que beaucoup de retraités sont inquiets.
Vous avez expliqué ce matin sur France inter que les femmes seraient désavantagées par cette réforme. A quel niveau ?
Ce sont celles qui ont des carrières les moins régulières. Elles ont des périodes d’interruption, pas forcément liées à la maternité. Et le dispositif tel qu’il est retenu devrait donc concerner au trois quarts des hommes, à un quart des femmes. Notre idée a été en permanence, sur la réforme des retraites, de compenser les différences de carrière entre hommes et femmes ; or le dispositif prévu, même en prenant en compte les congés maternité, ne compensent pas ces différences. C’est profondément injuste.

Yamina Benguigui : « à qualité égale, priorité au beur »

Yamina Benguigui, la nouvelle ministre déléguée aux Français de l’étranger et à la Francophonie, estime que les emplois devraient être réservés aux immigrés par rapport au « blanc de souche ».
Yamnina Benguigui, réalisatrice, présentatrice télé (Hollande semble décidément bien sensible à cette humble profession) et chantre de l’antiracisme, a été nommée ministre dans le gouvernement Ayrault. Cette femme considère que pour les embauches, en France, « à qualité égale, priorité au beur puisqu’il a eu plus d’obstacles à franchir qu’un blanc de souche ».

Un Bogdanoff au gouvernement ?!?
Une déclaration faite par une ministre de la République française au magazine Courrier cadre, en octobre 2004. Éric Zemmour avait été condamné pour moins que cela, et il n’est pas un représentant de la république.
Il faudrait que les gouvernants arrêtent de nous mettre des pseudos politiques peoples sortis de nul part, dont la présence est uniquement due au symbole qu’ils représentent.
Au delà de ce problème de « politique show-business », présent à gauche comme à droite, en France comme aux États-Unis, si les nominations, comme ministres, de ces peoples sont toutes aussi grotesques que celle de Benguigui, tous ne se permettent pas des discours de discrimination raciale.
En nommant ministre une telle femme aux positions idéologiques anti-françaises nauséabondes, à la limite du racisme, Jean-Marc Ayrault et François Hollande ont fini de convaincre de leur irresponsabilité.
En voyant Yamina Benguigui au ministère, on comprend mieux les couleurs des drapeaux qui ont fleuri place de la Bastille le soir de l’élection de François Hollande. C’était donc cela le fameux rassemblement des Français promis par le candidat avant son élection ?

Ayrault et Aubry surjouent l'entente

Le premier ministre et la patronne du PS mettent en garde contre la cohabitation.

Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry arrivant côte à côte, souriants, à la réunion hebdomadaire du groupe des députés socialistes, dans la salle Victor Hugo de l'Assemblée nationale. La photo de famille a été préparée avec soin, mardi, en début d'après-midi, par les entourages du premier ministre et de la première secrétaire du PS. À l'approche des élections législatives, l'unité est un impératif absolu. Le temps d'une campagne, le chef du gouvernement et la patronne du PS, qui ont déjeuné ensemble récemment, surjouent leur entente, dans le but d'offrir «une majorité forte, solide et cohérente» à l'Assemblée nationale au nouveau chef de l'État. Martine Aubry, qui aurait tant voulu être nommée à Matignon, et qui a refusé un lot de consolation au gouvernement, veut se montrer exemplaire pour ses troupes, au moins jusqu'au soir du second tour. Mardi soir, elle était aux côtés du candidat investi par le PS Axel Kahn, célèbre généticien, qui affrontera l'ancien premier ministre François Fillon dans la 2e circonscription de Paris.
La maire de Lille, qui n'a presque pas siégé à l'Assemblée en 1997, avant d'être battue en 2002 par Sébastien Huyghe (UMP), a salué en Jean-Marc Ayrault «un exceptionnel maire de Nantes», et elle s'est dite «heureuse de ce duo à la tête de l'État» entre François Hollande et son chef du gouvernement. «Quand on joue collectif, on gagne. Si on ne joue pas collectif, on ne gagne pas», a lancé Martine Aubry, qui a prévenu qu'en l'absence de majorité à l'Assemblée «le changement est fini».
Très à l'aise au milieu des siens, Ayrault, qui a présidé pendant quinze ans le groupe socialiste avant d'accéder à Matignon, a mis en garde les ministres présents (dont Laurent Fabius, Manuel Valls, Delphine Batho, Benoît Hamon et Alain Vidalies), ainsi que les députés PS - peu nombreux -, contre les risques d'une cohabitation, en cas de victoire de la droite aux législatives. Dramatisant les enjeux, le premier ministre a martelé: «Une cohabitation, ce serait l'affaiblissement de la France face à nos partenaires en Europe et dans le monde», «l'application du programme de la droite, qui prévoit dès l'automne prochain une augmentation de la TVA alors que nous voulons une réforme juste», «la poursuite de la réduction des effectifs dans l'éducation nationale» et «ce serait aussi l'austérité généralisée alors que nous voulions lier rigueur de gestion et croissance pour tous».

«La France est entendue»

Tels sont les thèmes qui devraient être au cœur de la campagne législative du PS: «Voilà ce que nous allons répéter jour après jour avec Martine Aubry, dont je salue le dévouement et le désintéressement. Ensemble, nous tiendrons meetings, ensemble, nous mènerons campagne.» Le chef du gouvernement a assuré qu'à l'occasion des rencontres de François Hollande aux États-Unis, «les lignes bougent» et «la parole de la France est entendue».
Au passage, Ayrault n'a pas manqué de souligner «le bonheur» qu'il a connu en présidant le groupe socialiste à l'Assemblée «pendant quinze ans». Il s'est enfin engagé à ce que l'opposition ne soit pas, à l'avenir, «négligée». «Il n'y aura pas, à l'issue du vote, l'écrasement d'un camp par un autre», a précisé Ayrault, qui a aussi promis que «les nominations importantes» feront «l'objet d'une concertation». Mais il a taclé la révision constitutionnelle de juillet 2008 - que seul Jack Lang, au sein du groupe PS, avait votée - jugeant qu'elle ne constitue qu'une «multiplication de trompe-l'œil».

Rythmes scolaires : le changement, c’est maintenant !

À peine nommé ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon a annoncé qu’il voulait mettre fin à la semaine de 4 jours. Voilà donc le premier gros chantier annoncé : la réforme des rythmes scolaires. Pas de doute, on sent qu’avec ce nouveau gouvernement, il va y avoir du changement à l’école !

Monsieur chamboule tout
Il est des sujets fondamentaux et redondants en Royaume de France et de Navarre. Des sujets capitaux, déterminant la destinée du pays, que l’on se doit de régulièrement remettre en question. Les privilèges effarants de nos dirigeants ? Les atteintes répétées aux libertés ? Une dette et des déficits chaque jour plus colossaux ? Une bureaucratie toujours plus importante et opaque qui nuit au développement du pays ? Non, vous vous dispersez. Des sujets bien plus importants que ces sujets qui s’avèrent très secondaires en comparaison des problématiques majeures que nous allons évoquer.
Ces sujets de l’importance la plus haute, on les rencontre 110 rue de Grenelle à Paris. Au Ministère de l’Éducation Nationale. Mais il y a des saisons pour avoir la chance de les observer dans leur milieu naturel. En fait, on les observe de façon systématique voire stéréotypée à chaque changement de Ministre de l’Éducation Nationale : ce sont les inlassables rythmes scolaires, le classique poids du cartable, et j’en passe. Toujours les mêmes. Des débats à n’en plus finir depuis des décennies.
Prenons exemple sur les rythmes scolaires. Tous en ont fait une problématique centrale.
  • Vincent Peillon, notre nouveau ministre, vient de remettre le dossier sur la table.
  • Luc Chatel l’a fait.
  • Xavier Darcos l’a fait.
  • Et ainsi de suite : Gilles de Robien, Luc Ferry, Jack Lang, Ségolène Royale, François Bayrou, Lionel Jospin, et tous leurs prédécesseurs, ont réfléchi, réformé, disserté sur les rythmes scolaires. René Haby, ministre de Raymond Barre en 1977, les traitait déjà.
Tous. Absolument tous. Pour quel résultat ? Une remise en question perpétuelle, au gré de l’humeur de la rue de Grenelle, se justifiant sur les travaux de tel expert à l’instant x, dénoncés par les travaux de tel expert par la suite à l’instant y.
Dans les débats des derniers jours, la semaine de 5 jours serait la seule saine pour l’enfant. J’ai fait toute mon école primaire en ne travaillant que le lundi, mardi, jeudi, vendredi, je crois pour l’instant m’en être remis et avoir plutôt bien réussi.
L’uniformité. Un dirigisme profond, d’un temps de travail qui ne pourrait qu’être fixé par l’État, pour tous, sans alternative. Une norme, unique.
Et si tout simplement, nous redonnions la liberté à nos écoles ? Et si chaque école, avec son équipe pédagogique, avec les parents d’élève, s’efforçait de trouver par eux-mêmes la solution la plus adéquate ? En associant cette mesure avec l’abolition totale de la carte scolaire, on laisserait alors le choix aux parents de choisir l’école qui répond le mieux à leurs attentes, choisir l’école qu’ils estimeront la meilleure, la plus adaptée à leurs enfants, en fonction des particularités et des besoins de chacun de ces enfants. On pourrait qui plus est en quelques années avoir des données sur la réussite des différents modèles. Le concept de chèque-éducation se révèle par ailleurs un encouragement à la mise en place et à l’amélioration de telles pratiques.
La France est régulièrement en fin de classements dans les études internationales sur les systèmes éducatifs. La France a toujours défendu un modèle d’éducation monolithique, standardisé, uniformisé, sans alternative. Il est temps d’évoluer, et de rendre la liberté aux plus à mêmes d’évaluer ce qui est le mieux pour le bien-être et la réussite de nos enfants : leurs parents, leurs instituteurs.
La problématique actuelle porte sur les rythmes scolaires. Mais le raisonnement et les conclusions à tirer sont valables pour toutes les problématiques de l’Éducation Nationale, mais également de l’État français. La centralisation se révèle être un échec. Redonnons leur chance à la liberté et aux individus. Le changement, c’est maintenant.

À la recherche du moindre mal

La question du 1er tour


« C’est l’heure de s’entendre », comme dirait Jacques Trémolet de Villers avec Jeanne d’Arc (voir en page 4). Suivant le conseil post-électoral de Denis Sureau de se former à une bonne philosophie (ou théologie) politique –  sans laquelle « le chrétien est une proie facile pour les grands manipulateurs » (Homme nouveau du 19 mai) –, poursuivons notre amicale disputatio avec l’abbé Guillaume de Tanoüarn. Autant on saisit mal sa réticence nationaliste à un sain et légitime communautarisme, national et chrétien (cf. Présent du 16 mai), autant on comprend mieux sa défense politique du moindre mal dans Monde et Vie du 5 mai. A quelques nuances près.
Avec mon essai Politique et morale (Eléments de philosophie chrétienne, DMM, 2004), je me suis trop affronté au moralisme politique de certains objecteurs pour ne pas approuver ses paroles qui résument assez bien notre position commune : « Pourquoi l’autorité politique est-elle en droit (d’après saint Thomas) de se salir les mains ? Parce qu’elle doit toujours rechercher la fin bonne qui est proportionnelle à son activité politique. Quelle est cette fin bonne ? La paix civile, la paix sociale (…) Le but de la politique n’est pas de réaliser le bien moral, mais d’assurer les conditions sociales de sa réalisation par chaque personne. »
Le moindre mal et sa tolérance, s’ils sont assurément admis et même recommandables en politique (eu égard au bien commun) ne peuvent être appliqués univoquement (de la même manière) en morale (eu égard au bien personnel), en vertu du principe philosophique et scripturaire (Rom 3, 8) selon lequel la fin ne justifie pas le moyen. D’où la difficulté à vouloir exécuter strictement et proprement le principe de l’acte à double effet – dit aussi du volontaire indirect (1) – en (morale) politique comme on doit le suivre en morale personnelle (cf, Veritatis splendor, § 76 à 84), sinon par analogie (2).
Placer la politique dans la morale (dont elle est la servante), comme font certains thomistes (pas tous : ni Jugnet ni De Corte par exemple), est certes commode et pratique pour la division (scolastique) de la philosophie et dit bien quelque chose de juste de la politique (fin intermédiaire). Mais cela ne dit pas tout de l’activité politique (expérience complexe) qui demeure un « mixte » d’agir (morale) et de faire (art) avec sa consistance propre et donc une certaine irréductibilité. L’inconvénient des classifications, c’est que, parfois ou souvent, elles enferment artificiellement dans une seule catégorie (moralisme ou réalisme politiques) même ceux qui en franchissent les frontières. Ce n’est pas, par exemple, parce qu’on distingue moralement entre moindre mal et « moindre pire » (de manière prudentielle) qu’on n’est pas aussi réaliste en matière d’art politique. La (morale) politique connaît par réalisme une certaine loi de gradualité que rejette a priori la morale (individuelle).
Cela étant dit, même en matière électorale, le réalisme politique a tout de même, lui aussi, des limites qui font s’interroger sur certaines positions prises avant le premier tour des élections présidentielles et qui risquent de se reproduire aux législatives. C’est la question que j’ai posée relativement à ces catholiques qui, par prétendue habileté politique, au nom d’un système électoral soi-disant bipolaire, préfèrent depuis des lustres voter directement pour le « moindre pire » avortueur et mondialiste supposé « à droite » – Giscard, Chirac, Sarkozy – dès le premier tour pour éviter le pire (dit à gauche) – Mitterrand, Royal, Hollande – au second tour, affaiblissant ainsi volontairement le moindre mal – un(e) Le Pen – nettement plus satisfaisant sur ces questions vitales (3).
Ne peut-on pas considérer que c’est une action non seulement amorale, voire immorale, mais aussi impolitique (malhabile et « mal-à-droite ») ? Car ce soi-disant vote [d’idiot ?] utile alimente une mauvaise dialectique au sein du camp provie et national. Il explique sans doute (depuis des lustres également) la « machine à perdre » d’une « droite » piégée et piégeuse, à la fois victime et actrice du système de domination très efficace de la gauche. Même s’ils s’en défendent, la dictature du relativisme s’étend en fait par la soumission et la caution de ces individus à ce système de bipolarisation trompeur orienté à gauche (la preuve par Christine Boutin), dont on ne peut réellement s’échapper que par une position de claire dissidence. N’était-il pas ambigu, à cet égard, de cibler exclusivement Hollande avant le premier tour comme ennemi public n° 1 ?
Changer les termes du débat
On pourrait dire des « sarkocathos » du premier tour (de 2005 ou 2012) ce qu’écrivait Jacques Perret de certains patriotes « Algérie française » qui devenaient partisans d’un bout de chemin avec le gaullisme pour éviter pareillement le péril socialo-communiste : « Ils se trouvent une sagesse facile à s’interdire une condamnation globale, réputée passionnelle. (…) De toute manière consentir à un mal de cette espèce dans l’appréhension du pire, c’est faire le lit du pire car la nature du mal c’est d’aller au pire. » La question politique du second tour se pose bien sûr autrement : nous y reviendrons.
Mais demeure politiquement (à la fois moralement et stratégiquement) ma question du premier tour, à laquelle la proposition des principes non négociables de Benoît XVI apporte un indice appréciable, quoiqu’en prétendent certains « réalistes » : entre un moralisme politique outrancièrement abstentionniste (« Ils ont les mains propres mais ils n’ont pas de mains ») et un mauvais réalisme politique en fait manipulé (« La fin justifie les moyens »), n’y a-t-il pas, pour le premier tour, une manière à la fois habile et honnête de faire chrétiennement usage du vote républicain ? Plus que jamais, avec ce levier des points non négociables, il importe de toute façon, comme dit aussi Philippe Maxence, de « changer les termes du débat » pour que les catholiques ne soient plus condamnés à être les plus supplétifs du « moindre pire », « enfermés dans des choix impossibles qui ne répondent aucunement à la totalité de leurs principes et à la hauteur des enjeux »
(1) Il est permis dans certaines conditions de poser un acte qui produit un effet bon directement voulu, même si cet acte peut causer aussi un effet mauvais concomitant. Par exemple en calmant une douleur accélérer la mort.
(2) Cf. les exemples donnés dans Politique et morale, notamment celui des maisons closes.
(3) Même si, relativement à l’ancien programme du Front national, on peut aussi considérer Marine comme un « moindre pire » par rapport au pire de la fausse droite courbe.

A lire et à relire tous les matins durant 5 ans!


Comme c’était prévisible, Nicolas Sarkozy a été battu.

Le suicide en direct de François Bayrou, le seul homme politique capable d’appeler à voter pour un candidat tout en disant que ce candidat est nul, ne l’a pas aidé. Mais rien ne pouvait aider encore Nicolas Sarkozy. Disons qu’il a limité les dégâts : la défaite a été honorable.

Comme c’était prévisible aussi, François Hollande a été élu.
Comme c’était prévisible, François Hollande a prononcé des discours vides.
Et comme c’était prévisible, les foules extatiques ont aimé.

François Hollande aime la jeunesse et la justice. Il aurait été étonnant qu’il dise qu’il apprécie la vieillesse et l’injustice. Il aurait pu ajouter qu’il aime la santé davantage que la maladie, le beau temps davantage que la pluie, et, pourquoi pas, que l’eau mouille, que la paix, c’est beau, et que le soleil luit à midi en plein été. Des jeunes filles seraient tombées en pâmoison.

François Hollande va composer un gouvernement, et ce gouvernement sera beau comme un discours de François Hollande. Les journalistes des grands médias courbés à ses pieds trouveront ce gouvernement merveilleux.

François Hollande sera reçu par les chefs d’Etat et de gouvernement du reste du monde.

La réalité fera son retour assez vite, mais les mauvaises nouvelles glisseront sur François Hollande sans l’atteindre.

Il est socialiste, donc toute montée du chômage sera attribuée aux forces sournoises du capitalisme qui voudront que François Hollande échoue.

Les jeunes gens qui n’ont pas d’emploi et qui ont acclamé François Hollande n’auront toujours pas d’emploi sous François Hollande, mais trouveront que ce n’est pas grave, et que la misère est plus belle dès lors que François Hollande est à l’Elysée.

Et puis, des réformes fondamentales seront votées ou promises, et dès lors, des milliers de gens seront prêts à tous les sacrifices : imaginez, le mariage gay, la contraception libre et gratuite pour les mineurs. Elle n’est pas belle, la vie ?

François Hollande a dit qu’il voulait la croissance et pas la rigueur, et donc il y aura la croissance, et s’il n’y a pas la croissance, ce sera la faute des odieux capitalistes. Car les socialistes ne sont jamais responsables de rien, par définition.

François Hollande est certain que les autres dirigeants européens voudront, comme lui, pouvoir dépenser plus, et il ne doute pas qu’Angela Merkel va financer les dépenses de la France, et si Angela Merkel refuse, François Hollande dira qu’elle est odieuse et mérite de perdre les élections en Allemagne.

Un récent rapport de la Cour des Comptes annonçait que la France devait procéder à des coupes drastiques dans son budget, ce qui coïncide parfaitement avec les projets dispendieux de François Hollande, mais François Hollande dira qu’il n’a pas besoin de faire des coupes drastiques, qu’il peut financier ses projets en augmentant les impôts des particuliers et des entreprises, et si particuliers et entreprises ne sont pas au rendez-vous, il dira que c’est parce que les particuliers et les entreprises sont méchants, à moins qu’il ne dise que c’est la faute de Nicolas Sarkozy.

De toute façon, tout ce qui ira bien s’accomplira grâce à François Hollande, et tout ce qui ira mal sera la faute de Nicolas Sarkozy. Comme assez rapidement rien n’ira bien et que tout ira mal, ce sera, beaucoup, la faute de Nicolas Sarkozy.

Voici trente et un an, les partisans de François Mitterrand s’étaient rassemblés place de la Bastille. La France était censé passer de la nuit à la lumière. Deux années plus tard, un slogan servait à définir les socialistes : « la faillite nous voilà », avait tiré ironiquement pour définir le gouvernement Mauroy finissant un quotidien de droite (cela existait encore en ce temps là).

Trente et un an plus tard, les enfants de ceux qui ont acclamé François Mitterrand étaient rassemblés à la Bastille pour acclamer François Hollande. Ils ont dans la tête les imbécillités qui étaient déjà dans la tête de leurs parents, et montrent que les imbécillités peuvent se transmettre de génération en génération. Les imbéciles, dit un vieux dicton, ne changent pas d’avis. On peut ajouter au dicton : leurs enfants non plus.

La différence avec 1981, c’est que la faillite arrivera beaucoup plus vite. La faillite est quasiment déjà là. Elle n’attendait plus que celui qui viendrait la déclarer : il est là et sera bientôt à l’Elysée.

La différence est aussi que ce sera cette fois une faillite aux dimensions de l’Europe. Je l’ai écrit plus haut : elle n’est pas belle, la vie ?

Et si vous boudez votre plaisir, je vous parlerai des drapeaux sur la place de la Bastille : en cherchant bien, il devait rester quelques drapeaux français. Un drapeau américain ou israélien aurait été très malvenu. Les drapeaux de quelques régimes islamiques, par contre, étaient à leur place. Les drapeaux de la gay pride étaient tout à fait à leur place eux aussi.

C’est superbe, un peuple rassemblé dans l’harmonie et la lucidité.

Grèce: le scénario catastrophe de la sortie de l'euro

Personne ne travaille dans ce sens, assure-t-on côté européen. Mais néanmoins, quelle voie pourrait être empruntée?

Christine Lagarde, la patronne du FMI, évoquait récemment le besoin d’évaluer les «mécanismes de sortie» ordonnée du malade grec de la zone euro. Du côté du Conseil européen et de la Commission européenne, on insiste sur le fait que les traités ne prévoient pas de sortie de la monnaie unique et que de toute façon, on ne travaille pas dans ce sens. Des options sont pourtant disponibles.
Depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne en décembre 2009, «tout Etat membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l'Union» (Article 50 du traité sur l’Union européenne). Si la Grèce le voulait, elle pourrait donc sortir de l’UE et ensuite faire une demande pour adhérer de nouveau en demandant une clause de dispense de la zone euro.
Ce serait cependant «un chantier pharaonique» qui prendrait des années, selon Marianne Dony, une professeure spécialisée en droit institutionnel à l’Université libre de Bruxelles.
  • 1. Si la demande de sortie est unilatérale, l’accord fixant les modalités du retrait doit être négocié avec l’Union.
  • 2. Etre admis de nouveau dans l’UE requiert un traité d’adhésion qui doit être approuvé et ratifié par les parlements nationaux de tous les Etats membres. «Par rapport à une crise à court terme ce n’est pas du tout approprié», estime Marianne Dony.
Soit dit en passant, comme tout comme les pays des Balkans qui postulent actuellement à une place dans le cercle, la Grèce devrait, en cas d’aller-retour, préalablement remplir les critères d’adhésion. Et il n’est pas certain qu’elle puisse le faire, prévient la spécialiste en droit institutionnel.
Pour la petite histoire, l’article 50 «n’était pas conçu pour faire une opération de passe-passe de ce genre», confie Alain Lamassoure, député européen qui faisait partie de la Convention européenne. Cette «clause de divorce», qu’il avait suggérée, «est le seul moyen de s’assurer qu’à tout moment, tous les pays membres de l’Union européenne s’y sentent à l’aise».
L’article visait à fermer le clapet aux eurosceptiques:
«On pensait à l’époque essentiellement au Royaume-Uni ou la République tchèque, à un certain moment, des pays qui nous cassent les pieds en tapant à longueur de journée sur l’Union européenne. Maintenant, on est en mesure de leur dire “écoutez les gars, si vous êtes si mécontents, la porte est là vous pouvez la prendre quand vous voulez”

Protocole

Sortir de la zone euro sans sortir de l’Union n’est pas explicitement prévu dans les traités. Il est cependant possible d’annexer un protocole aux textes, estime Marianne Dony. Actuellement, il y a 37 protocoles [PDF]. Ce sont des textes juridiques rattachés aux traités qui permettent de prendre en compte, entre autres, les sensibilités de certains pays. La clause d’exemption d’adoption de l’euro du Royaume-Uni en est un exemple (Protocole 15).
Tout comme un traité, un protocole doit être soumis à l’aval des parlements nationaux, grec inclus. Pour cette raison, Richard Corbett, du cabinet du président du Conseil européen Herman Van Rompuy, écarte cette option d’un revers de la main.
«Dans une situation de sortie [de la zone euro] dans les prochains jours ou les prochaines semaines, ce qui demeure improbable et personne ne travaille en ce sens, comment diable voulez-vous avoir le temps de négocier, approuver et ensuite ratifier un protocole dans 27 parlements nationaux en temps pour que ce soit de quelque utilité?»

Sortie volontaire

Que ce soit en faisant un aller-retour hors de l’Union ou à travers un protocole, une sortie ordonnée de la Grèce de la zone euro implique une demande de celle-ci. Pas d’ambiguïté sur ce point. «Le traité nous interdit d’une manière absolue de leur imposer [de sortir de l’euro]», assure Dony.
Mais une demande de sortie de la zone euro de la part d’Athènes n’aurait pas de sens. Si la Grèce venait à avoir une nouvelle monnaie propre, elle subirait immédiatement une dévaluation immense contre l’euro. Le coût de la dette grecque en serait donc décuplé. «Parce que comme toutes les dettes sont libellées en euros, rembourser en euros des dettes alors que vous aurez des drachmes ça devient in-remboursable», juge Lamassoure.
Non seulement les banques grecques, mais aussi les entreprises et les familles grecques endettées seraient donc en faillite. «C’est toute la Grèce qui est en faillite collective [avec un scénario pareil]. Aucun Grec ne peut accepter ça, ce n’est pas notre intérêt non plus», estime Lamassoure.

Sortie désordonnée

Si les traités interdisent d’imposer une sortie de la monnaie unique, «il peut y avoir des pressions telles qu’on en arrive à ce que ce soit la Grèce qui le demande tout de même», avance Marianne Dony. Son de cloche similaire du côté de l’eurodéputé britannique, aussi membre de la Convention, Andrew Duff. «On ne peut pas pousser la Grèce hors de l’euro, elle peut tomber hors de l’euro», dit-il. Plus question de sortie ordonnée dans ce cas-là.
«Cela impliquerait que l’Etat grec ait arrêté de fonctionner comme une forme de gouvernement viable, soit politiquement soit juridiquement», explique Andrew Duff.
«Si aucun gouvernement qui puisse respecter les conditions imposées à la Grèce par le FMI et l’Union européenne ne peut être mis en place, alors il n’y aura plus d’argent et il ne sera plus possible de payer l’armée et les fonctionnaires et les gens se mettront à faire la queue [devant les banques].»
Richard Corbett acquiesce:
«Le scénario de la Grèce sortant de l’euro est un scénario de panique, chaos et krach.»

Un long week-end

L’eurodéputé Duff suggère de regarder le calendrier pour savoir quand cela pourrait se passer.
«[La sortie de la zone euro] doit se dérouler lors d’un long week-end. Il faut avoir autant de temps que possible pendant lequel les marchés sont fermés.»
Pour autant, il ne souhaite en aucun cas une sortie de la Grèce de la monnaie unique. Alain Lamassoure ne l’imagine pas non plus et s’offusque des propos tenus par des grands dirigeants laissant planer le doute. «Injurier les Grecs ou les menacer de les jeter de l’euro, ça ne peut que pousser ces partis politiques extrémistes», estime-t-il.
Richard Corbett fait un parallèle avec les Etats-Unis pour expliquer son étonnement vis-à-vis des propos «désinvoltes» de certains politiques qui parlent librement de la sortie de la Grèce de l’euro. «La Californie est dans un état de banqueroute de temps en temps, ou est proche de l’être, puis elle revient in extremis, pourtant personne ne suggère que cela puisse entraîner la Californie à sortir de la zone dollar», rappelle-t-il.
Gaspard Sebag

Réveiller la croissance, vaste tâche

Au G8 de Camp David, les pays les plus riches sont tombés d’accord pour relancer la croissance, notamment en Europe. Cela passe par un changement radical de politique par rapport à l’austérité pratiquée jusqu’à présent. Les dirigeants sont-ils prêts ?
En 1990, la Suède a connu une crise financière très intense, due à l'éclatement d'une bulle immobilière. Une crise en partie surmontée par la création de bad banks [structures de défaisance ou “banques-poubelles”] ayant permis de racheter les actifs toxiques. Les autorités sont entrées en action immédiatement pour sauver les banques en difficulté, dont les pertes atteignaient 12 % du PIB. A la crise financière a succédé une crise économique qui a réduit de 4 % la croissance réelle (corrigée de l'inflation). L'économie suèdoise a mis quatre ans à retrouver son PIB d'avant la crise.
Quels enseignements tirer de la crise suédoise ? Le bien-être économique passe par un système financier au fonctionnement normal, générant du crédit pour les ménages et les entreprises. Par ailleurs, le simple fait de stabiliser le système financier n'est pas une garantie de prospérité : il faut en même temps un plan de sauvetage pour l'économie réelle, afin de relancer la production et de créer des emplois, et un tel plan doit avoir des objectifs aussi ambitieux que le sauvetage financier.

Communiqué final 

Ces deux dernières années, l'Europe a oublié ces évidences, avec les résultats que l'on sait : on n'a pas fait baisser les primes de risque des pays à problèmes, et ceux-ci n'ont pas réduit les déficits publics comme ils auraient dû. Au contraire, dans presque tous ces pays, la dette publique a augmenté, le chômage s'est envolé, les classes moyennes se sont appauvries et la mortalité des entreprises s'est accrue. Aujourd'hui, le sommet du G8, qui s’est tenu à Camp David (Etats-Unis) propose d'éviter le naufrage complet et d'octroyer des aides non seulement aux banques, mais aussi aux citoyens. Le climat intellectuel de notre époque est-il vraiment en train de changer ? Va-t-on privilégier la croissance par rapport à l'austérité ? C'est du moins ce qui ressort du communiqué final du sommet. Il s'agit de sortir du "moment Minski" (de l'économiste du même nom), où les débiteurs ne peuvent pas payer, les créanciers ne veulent pas payer, et où tout le monde cherche à annuler la dette en même temps.
Le communiqué final du G8 reconnaît aussi que les différentes zones de la planète ne se trouvent pas au même moment du cycle : “Nous nous engageons à prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer nos économies et lutter contre les tensions financières, en reconnaissant que les mesures adaptées ne sont pas les mêmes pour chacun d'entre nous”. Cela vaut pour les Etats-Unis et l'Europe, mais aussi pour l'Union européenne, où, par exemple, la conjoncture allemande n'est pas la même que la conjoncture espagnole.

Bon sens économique 

La position du G8 doit désormais trouver sa traduction dans chacune des régions [le 23 mai, les dirigeants de l'UE se retrouvent à Bruxelles pour une réunion extraordinaire consacrée aux moyens de relancer la croissance], y compris dans les pays émergents. Le prochain G20 a lieu en juin. Ce sera sa septième édition depuis le début de la Grande Récession [appellation anglo-saxonne de la crise économique de 2008]. Lors des trois premiers sommets (Washington, Londres, Pittsburg), les participants ont défendu le même bon sens économique : crédit bon marché, relance budgétaire et aides aux banques pour empêcher l'effondrement du système financier qui s'était produit au début des années 1930.
Mais l'action politique n'a pas eu, loin de là, la force d'empêcher la hausse constante et intense du chômage, la baisse de la production et l'arrêt de la demande. Aux G20 suivants de Toronto, Séoul et Cannes, les participants n'ont pas reconnu l'insuffisance des politiques de relance et le monde s'est divisé en deux : ceux qui estimaient que l'absence de croissance restait le problème principal, et ceux qui appelaient à des politiques de stabilisation budgétaire et d'austérité pour revenir aux équilibres macroéconomiques. Les résultats sont là.
Le G20 va bientôt se réunir de nouveau, cette fois à Mexico. Il s'agit de savoir si les dirigeants vont suivre, pour l'économie réelle, le même principe rooseveltien adopté pour les finances : autant de phases de recapitalisation qu'il le faudra pour parvenir à les sauver. Si cela ne marche pas la première fois, il faut réessayer.


mardi 22 mai 2012

Copé : "Quand on vote FN, on a la gauche et on a Taubira"

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a mis en garde, mardi 22 mai, les électeurs tentés par le vote FN en affirmant que "quand on vote Front national, on a la gauche qui passe" et "on a [Christiane] Taubira", la garde des sceaux, devenue la principale cible de la droite.
Lors des législatives, les 10 et 17 juin, "la question est aussi de nous adresser à ceux de nos compatriotes qui ont voté Front national à la présidentielle et de leur dire 'attention, l'expression du ras-le-bol, de l'exaspération a pour conséquence de faire passer la gauche, parce qu'il y a une alliance objective entre Marine Le Pen et François Hollande'", a-t-il dit. Il s'exprimait dans le cadre d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale avec le président du Nouveau Centre, Hervé Morin. Les deux hommes ont d'ailleurs salué de concert le fait que leurs partis affrontent "main dans la main" ce scrutin.

"QUAND ON VOTE FRONT NATIONAL, ON A TAUBIRA"
"Je dis aux Français qui ont envie de voter Front national qu'en votant Front national, on a la gauche qui passe. Donc, quand on vote Front national, on a Taubira et l'annulation des tribunaux correctionnels pour mineurs qui ont commis des actes passibles de plus de trois ans de prison", a-t-il affirmé. "Donc, j'invite à ce qu'on fasse très, très, très attention car ce vote pour les législatives est un vote capital pour l'avenir de notre pays", a poursuivi M. Copé.
Christiane Taubira avait confirmé dimanche l'intention du gouvernement de supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs et de garantir la spécificité de la justice des mineurs, comme annoncé par François Hollande durant la campagne.

Législatives : Copé et Morin officialisent leur... par BFMTV
Une annonce qui a suscité de nombreuses critiques dans les rangs de l'UMP.
Par ailleurs, M. Copé a aussi jugé qu'il y avait "pas mal de points communs" entre le leader du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, et la présidente du Front national, Marine Le Pen. La presse pose toujours "la question de notre relation avec le Front national alors que celle-ci est parfaitement claire : il n'y a pas d'alliance avec les dirigeants du Front national", a-t-il déploré.
Et de lancer : "J'aimerais qu'on prenne, de temps en temps, le temps d'interroger François Hollande sur son alliance avec Jean-Luc Mélenchon et les Verts. Je voudrais savoir si François Hollande, lui, ça ne lui pose pas de problème de se regarder le matin dans sa glace lorsqu'il facilite des accords électoraux avec le Front de gauche, avec des gens qui font l'éloge régulier de Robespierre (...) qui expliquent que Cuba n'est pas une dictature, que Castro n'est pas un dictateur". Puis de dénoncer "le caractère scandaleux de cette alliance avec le Front de gauche".
Met-il sur le même plan FN et Front de gauche ? "Il n'y a rien de tel que de faire l'exercice comparé de leurs propositions pour voir qu'il y a vraiment pas mal de points de commun entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Dans la manière dont ils s'expriment, dans la manière dont ils stigmatisent et puis aussi dans les propositions qu'ils font...", a répondu le numéro un de l'UMP.

L'Organisation de coopération et de développement économiques anticipe une légère récession cette année (- 0,1 %) pour les pays utilisant le monnaie unique, suivie d'une légère reprise (+ 0,9 %) en 2013. Etats-Unis et Japon se redressent plus vite que prévu. Pendant ce temps, la zone euro, elle, semble devoir être durablement ralentie par la crise des dettes souveraines, malgré les progrès réalisés par ses Etats membres en matière d'assainissement budgétaire et de mise en place de pare-feux financiers.
C'est, en substance, l'analyse faite par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ces prévisions, publiées mardi 22 mai, amplifient celles qu'elle avait formulées il y a six mois.
Etats-Unis : sauf catastrophe financière ou panique des marchés, les Etats-unis bénéficieront d'un taux de croissance de 2,4 % cette année et de 2,7 % en 2013. Le taux de chômage américain devrait revenir au troisième trimestre aux alentours de 8 % (8,1 % pour l'année 2012 toute entière et 7,6 % en 2013).
Zone euro : une légère récession semble inévitable cette année (- 0,1 %) suivie d'une reprise poussive (+ 0,9 %) en 2013. Le taux de chômage continuera à augmenter inexorablement, pour atteindre 10,8 % cette année et 11,1 % l'an prochain.
France : l'Hexagone devrait éviter la récession avec une croissance annoncée de 0,6 % en 2012, mais de seulement 1,2 % en 2013. Le nouvel exécutif français table, lui, sur une hausse 1,7 % du produit intérieur brut l'an prochain. Le taux de chômage atteindra 10 % en 2013, selon l'OCDE.
L'OCDE ne voit "aucun espace pour des mesures destinées à compenser la faiblesse de la conjoncture, sauf à risquer de faire bondir les coûts financiers". L'institution, invite le gouvernement français à suivre l'exemple italien : elle préconise une réforme du marché du travail et, en matière d'austérité, recommande de choisir "les moins douloureuses afin de préserver le périmètre du service public, notamment en matière d'éducation et de santé".

Presse américaine : la place de Trierweiler en question

A l’occasion de la visite de François Hollande aux États-Unis, la presse américaine s’est interrogée sur la personnalité et la légitimité de Valérie Trierweiler. Les journalistes américains se sont attardés sur le statut particulier de la « compagne » du président Français.

La « First girlfriend » (première petite amie), voilà comment les journalistes de CNN qualifient le statut grotesque de Valérie Trierweiler, qui porte le nom de son deuxième mari, mais qui s’incruste aux sorties officielles du Président de la république, son actuel petit copain.
Le journal USA Today estime que « Hollande, comme Sarkozy avant lui, avait eu une vie personnelle avant l’Élysée loin d’être acceptable pour un président, d’un point de vue américain ». Le quotidien précise que l’étrange statut extra-conjugal de Valérie Trierweiler intéresse bien plus les Américains que les faibles changements politiques initiés par son « compagnon ».
Si Barack Obama a fait preuve d’une grande courtoisie, en recevant Valérie Trierweiler comme s’il s’agissait réellement de la femme d’un chef d’état, les journalistes du New York Times se demande, à raison, comment fera Hollande quand il sera convié chefs des chefs d’état un peu plus à cheval sur le protocole. « Comment pourra-t-il voyager dans des endroits comme l’Arabie Saoudite, où la vie hors mariage n’est pas acceptée ? », s’interroge le célèbre quotidien.
Le Chicago Tribune s’est penché sur le caractère de la First Girlfriend. Il explique que « quand un collègue de Paris Match, un magazine hebdomadaire français, a un jour dit un propos qu’elle a jugé sexiste, elle l’a giflé, ce qui lui a valu le surnom de Rottweiler ». Le journal fini son article en rappelant les deux précédents divorces de Trierweiler et en demandant si la « compagne » de François Hollande pourrait devenir First Lady aux États-Unis. La réponse des journalistes Américains est sans appel : quand les poules auront des dents, ou, littéralement, « quand les cochons auront des ailes ».
Soit Valérie Trierweiler veut rester une « journaliste indépendante » et une femme moderne sauce années 80, auquel cas, elle assume de ne pas former de famille avec Hollande, elle vit sa vie de star de la TNT et elle ne se mêle pas de politique, soit elle va aux réceptions et aux voyages officiels et elle épouse le président. 
Comme son « compagnon », Valérie Trierweiler aurait-elle du mal à faire des choix ?
JE LUI DIRAIS DE LA FERMER PENDANT CINQ ANS.

Tribunaux pour mineurs : l’angélisme socialiste au pouvoir

Il n’aura pas fallu attendre bien longtemps pour voir poindre à l’horizon l’angélisme de la gauche et du parti socialiste en matière de délinquance, notamment des mineurs. Une semaine après son intronisation, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault annonce la suppression des tribunaux pour mineurs, l’un des seuls organes chargé d’endiguer (mal) le phénomène des racailles et autres adolescents voyous.
Le sentiment d’insécurité en France est avant tout le résultat de l’impunité des sauvageons racailles qui perturbent la vie de tout le monde par oisiveté et par loisir sans crainte de répercussions. Arrêtés dix fois par des policiers excédés (qui sont d’ailleurs les premières victimes de ces nouveaux délinquants), ils sont relâchés aussi souvent par des juges laxistes… quand ils leur sont présentés.
Mais, comme on pouvait s’y attendre, l’arrivée de François Hollande a sonné le glas des efforts (imparfaits et pas assez soutenus) de Nicolas Sarkozy pour contraindre les bandes de racailles à respecter la loi. L’annonce de la suppression des tribunaux pour mineurs est une mesure emblématique de la nouvelle majorité présidentielle.
Elle démontre que le parti socialiste n’a toujours rien compris aux racines de l’insécurité en France et qu’il demeure accrocher aux vieux mythes soixante-huitards qui font de la délinquance une conséquence directe d’un mal être social… et que plutôt que de réprimer les voyous il faut les accompagner pour qu’ils s’intègrent.

Une vision simpliste et totalement utopique des réalités de notre pays (et au-delà de la psychologie humaine) qui nous promet cinq années d’angélisme délirant comme en a attesté le premier déplacement de la ministre de la Justice Christiane Taubira : elle ne s’est pas rendue à la rencontre des victimes ou même des magistrats, mais a pris part à un match de basket organisé pour des détenus.

Sarkozy bouc émissaire

Un livre de Mark Anspach : « Oedipe mimétique » nous éclaire sur le spectacle lamentable que nous venons de vivre durant cette campagne électorale. Souvenons-nous, il y a la peste à Thèbes, la claudication d’Oedipe, dont le nom signifie « pied enflé » fait consensus dans l’irrespect et la moquerie.

Et pourtant, malgré ses aveux dignes d’un procès stalinien, Oedipe est innocent, de la peste bien sûr et même, c’est fort probable, du parricide incestueux.
Dans une communauté prise de panique (prenons la France d’aujourd’hui), un individu, appelons-le « Oedipe Sarkozy », a toute les chances d’être choisi comme bouc émissaire. Car les communautés réagissent à des crises de toutes sortes en lynchant, réellement ou symboliquement, un individu devenu soudain haïssable et tenu pour coupable.
Coupable multi-usages, et dès son origine familiale, Sarkozy l’est aussi. Son nom d’abord de…rastaquouère : Sarközy de Nagy-Bosca et puis son grand-père d’origine juive, tout cela fait désordre aux yeux d’une France complaisante avec l’idéologie de l’Islam. Ainsi, notre roi boiteux était coupable d’avance : pas assez énarque, trop juif catholique. Pour la doxa majoritaire dans les médias, Sarkozy était devenu l’incarnation du mal et du désastre dont il faut purger la communauté.
Dans la farce qui commence (Taubira à la justice !) le double du roi (le pharmakos)est joué par le jovial et franchouillard Hollande. Voilà d’ailleurs un nom qui sent bon l’Europe fleurie et conviviale. Ce souverain de carnaval souhaite inverser les hiérarchies sociales et lever les interdits sexuels (le mariage gay). Quant au destin véritable du pays, il demeure obscur, oblique dans sa mise en scène démagogique.
Mais la fête terminée, le contre roi Hollande sera lui aussi expulsé, pour incompétences.

La question de la sortie de l'euro n'est désormais plus taboue, et la Grèce pourrait en faire les frais. Inflation, dépréciation et mise à plat du système bancaire... Une sortie aurait des conséquences plus désastreuses que l'austérité, pour la Grèce, mais aussi et surtout pour l'Europe et la BCE. La crédibilité de la zone euro serait en outre durablement affectée.
Encore tabou il y a quelques mois, la question de la sortie de la Grèce de la zone euro est au devant de la scène depuis quelques semaines. Elle a même pris une tournure encore plus aiguë depuis que l’impasse politique des élections du 6 mai a nécessité la tenue de nouvelles élections en juin.

En effet, on peut s’attendre à ce que la campagne électorale grecque soit dominée par le débat sur l’adhésion ou non à la zone euro, plutôt que par tout autre sujet, en ce compris la question de l’austérité qui est une condition à cette adhésion. C’est d’ailleurs tout le paradoxe de la situation actuelle : des récents sondages continuent à montrer que plus de trois quarts de la population grecque sont pour un maintien dans la zone euro, mais les partis qui s’engagent à l’assurer en poursuivant l’austérité sont sans cesse en perte de vitesse.

Les Grecs veulent demeurer dans la zone euro, mais sans austérité. Dans ces conditions, le fait que la Grèce reste ou non dans la zone euro sera très probablement une décision politique et non économique. Il faudra en effet un geste fort de la part des autorités européennes pour lever le paradoxe grec. Au cas où le scénario de sortie devait néanmoins se concrétiser, interrogeons-nous sur les conséquences économiques d’une sortie de la zone euro de la Grèce, tant pour le pays lui-même que pour la zone euro amputée d’un de ses membres.

Un tsunami économique en Grèce...

Il n’y a pas de scénario pré-établi pour une sortie d’un pays de la zone euro. Et pour cause, le cas n’a jamais été prévu dans les textes. Certains avancent même que la seule porte de sortie juridiquement valable serait une sortie de l’Union européenne. Mais soit, essayons ici de comprendre quelques implications majeures.

Tout d’abord, en cas de sortie, le problème de la dette s’efface. En effet, la Grèce déciderait plus que probablement soit de faire un défaut complet sur sa dette, soit de la rembourser en drachmes et non plus en euro. Mais la Grèce ayant alors récupéré le levier monétaire, il lui suffirait de faire tourner la planche à billet pour faire face à ses nouveaux engagements en drachmes.
Ce cas de figue peut paraître intéressant pour la reprise économique du pays, mais n’est pas sans conséquence. En effet, la nouvelle monnaie grecque serait confrontée à une défiance majeure de la part des investisseurs extérieurs, mais probablement aussi en interne. On voit d’ailleurs déjà que les sorties de capitaux se multiplient, les Grecs cherchant à sauvegarder leurs avoirs en euro. Dès lors, la nouvelle monnaie grecque se déprécierait fortement sur les marchés des changes.
La dépréciation de la drachme pourrait aller jusqu’à 80% de sa valeur de référence dans l’euro. Une dépréciation serait renforcée par l’utilisation de la planche à billet pour financer les dépenses publiques. Il s’en suivrait une inflation galopante et la spirale classique de dépréciation – inflation propre à beaucoup d’économies en voie de développement. N’oublions pas que dans le cas d’une sortie de la zone euro, la Grèce ne recevrait plus d’aide européenne pour financer ses dépenses les plus fondamentales (pensions, soins de santés, fonctionnaires, etc.).
Par ailleurs, le financement de l’économie serait durement affecté. Les entreprises grecques active en Grèce recevrait en effet leurs recettes en drachmes, et ne pourraient rembourser leurs crédits qu’en cette devise, compte tenu de sa forte dépréciation. Les entreprises étant actuellement endettées en euro feraient donc un défaut sur leur dette, ce qui n’est pas sans conséquence pour les entreprises qui se financent sur les marchés financiers internationaux. Pour celles qui sont endettées vis-à-vis d’une banque grecque, le problème serait reporté sur cette dernière. Sachant que les banques se financent aujourd’hui en euro, il ne leur serait pas possible de faire face à leurs engagements, d’autant plus qu’à ce jour elles ne survivent que grâce aux aides internationales et aux financements de la BCE.
Inflation, dépréciation et mise à plat du système bancaire sont a priori les premières conséquences pour l’économie grecque, du moins à court terme. Ensuite, on peut espérer, une fois la situation quelque peu stabilisée, une meilleure compétitivité, notamment de son secteur touristique. Mais il ne faut pas se leurrer, la transition avant de pouvoir profiter de cet avantage sera probablement pire encore que l’austérité demandée aujourd’hui. Et on peut se demander si dans l’intervalle, les touristes retourneront en Grèce, alors que le pays se trouverait dans un chaos total ?

…et un séisme en zone euro

Pour la zone euro, un tel scénario n’est pas non plus sans conséquence. On distinguera ici les effets directs et les effets indirects.

S’agissant des effets directs, ils se feront d’abord sentir sur les États et la BCE, qui sont aujourd’hui les plus grands bailleurs de fond de la Grèce. On peut chiffrer la perte à quelques 200 milliards d’euros. Par ailleurs, les institutions bancaires ayant des intérêts en Grèce (prêts aux entreprises, filiales, etc.) subiront également de lourdes pertes.

S’agissant des effets indirects, ils proviendront d’abord du fait qu’il y aura eu un « exemple » d’une sortie d’un pays de la zone euro. L’impossible sera donc devenu possible, avec toutes les conjectures que cela suppose. Si la Grèce l’a fait, pourquoi pas le Portugal, puis l’Irlande, puis l’Espagne, et ainsi de suite. La crédibilité de la zone euro en serait très probablement affectée, et cela n’est que difficilement quantifiable.
On conclura en disant que sur le plan économique, la crise grecque se résume aujourd’hui à mesurer quel scénario entraîne les pertes les moins importantes (mais des pertes, il y en aura assurément). Probablement qu’à ce jour, la balance penche encore du côté du maintien de la Grèce dans la zone euro.

Le monde perdu des socialistes

Avec François Hollande à la présidence de la République, la France s’engage de nouveau résolument dans un socialisme clairement affiché et revendiqué. Mais quelles sont donc les caractéristiques de ce socialisme à la française ? Philippe Nemo dans « La France aveuglée par le socialisme » nous en donne les principaux traits.
Georges Kaplan, dans son lumineux article intitulé « L’austérité au royaume des aveugles », s’enflamme à juste titre contre la situation complètement surréaliste et largement scandaleuse que nos « élites » politiques successives nous ont faite et ce, par pur clientélisme habilement vendu aux citoyens ébaubis :
Voilà 37 années consécutives que les gouvernements de ce pays, de gauche comme de droite, nous appliquent les mêmes remèdes : 37 années d’échecs, de chômage, de pouvoir d’achat en berne et nous en redemandons ? Mais enfin, que faut-il pour que ces imbécilités cessent (…) ? Combien de misères cette humanité devra-t-elle encore supporter avant que nous comprenions enfin qu’une économie n’est pas une somme de grands agrégats abstraits, qu’une économie ne se planifie pas, qu’elle ne se pilote pas et toute tentative en ce sens n’aboutira jamais à rien d’autre qu’une catastrophe ?
Le 6 mai dernier, le socialisme a officiellement repris possession de la France et s’est donc tout naturellement installé aux commandes de notre pays. Mais qu’est-ce donc que le socialisme à la française puisque tout, en France, relève peu ou prou de l’exception culturelle ? Dans son ouvrage à mes yeux fondateur sur le socialisme gaulois justement intitulé La France aveuglée par le socialisme (François Bourin Éditeur, novembre 2011), Philippe Nemo écrit :
En somme, la France est le seul grand pays développé où la propagande de la gauche a intégralement atteint ses buts (…) Ce qui devait arriver est donc arrivé. Éduquée par de tels maîtres et guidée par de tels prédicateurs, l’opinion s’est habituée à penser la société, l’économie, la morale même selon des schémas réduisant la liberté individuelle à la portion congrue, légitimant de plus en plus l’intervention de la collectivité, laissant de moins en moins de place aux libres initiatives des personnes, des entreprises et des groupes de la société civile.
Pour justifier et expliquer un tel état de fait, l’auteur est alors conduit à donner son sentiment, que, bien entendu, je partage en tout point, sur ce que représente réellement l’idéologie socialiste et en particulier sur les énormes dégâts commis en son nom par des hommes acharnés, contre tout sens commun, à vouloir faire le bonheur de leurs semblables selon leurs propres critères et sans le moindre respect pour leurs victimes potentielles :
Or, étant donné que le socialisme est une idéologie non seulement fausse, mais de caractère utopique et parareligieux, cette progression de la vision socialiste du monde parmi les Français a eu pour conséquence qu’il ne disposent plus aujourd’hui des catégories intellectuelles qui leur permettraient de penser scientifiquement le réel, tout spécialement les réalités économiques.
À cette aune, la pensée socialiste dit scientifique est une fieffée imposture puisqu’elle conduit, ni plus ni moins, à récuser « scientifiquement » la réalité des faits ! Mais, toujours selon Philippe Nemo, si tout ce qui précède est déjà suffisant pour condamner sans coup férir le socialisme, fût-il même d’application purement hexagonale, il ne fait aucun doute que cette condamnation doit encore s’étendre à l’immense préjudice moral subi à leur insu par les Français :
Plus gravement, le jugement moral d’un grand nombre d’entre eux [Nda : les Français] a été perverti. Ils ne jugent plus selon des principes sains relevant des morales naturelle ou judéo-chrétienne, mais selon les catégories étroites et mesquines que le socialisme leur a fait peu à peu intérioriser, selon lesquelles 1) une société de liberté est injuste par nature puisque inégalitaire, 2) tout bien que certains possèdent et que tous ne possèdent pas est illégitime et doit être confisqué au nom de la “solidarité” 3) toute résistance à ces vols et odieuse et immorale.
Aujourd’hui les médias tout puissants nous somment de nous émerveiller de l’arrivée en fanfare d’un socialisme de combat prêt à tout et en particulier à ranger la France sous ses lois, certes, mais aussi l’Union européenne et sa zone euro, le tout visant clairement à servir un universalisme à la française (sic !) sans aucun avenir dans ce type de configuration. Mais comment avons-nous fait pour en arriver là ? Simplissime :
La morale enseignée aujourd’hui à notre jeunesse ne vise plus à construire les personnalités selon l’idéal humaniste de l’homme libre, ayant une personnalité propre, superposable à aucune autre, et construisant sa vie comme il l’entend en utilisant ses talents et ses chances, mais selon l’idéal socialiste du clone visant à se fondre dans la masse.
Ce que dit Philippe Nemo, je le ressens dans mes tripes tant je peux quotidiennement le constater dans la société civile d’en bas avec une force d’inertie atterrante ! Mais les Français ayant choisi de boire le calice jusqu’à la lie, après tout laissons-les faire cette expérience des plus amères, que je leur souhaite de tout cœur ultime, et dont, peut-être, ils ressortiront enfin dégrisés d’une longue et mortelle ivresse des profondeurs…
– Philippe Nemo, La France aveuglée par le socialisme, François Bourin Éditeur, novembre 2011.

Mineurs récidivistes : peut-on vraiment accepter de laisser sans solution des parents noyés et des magistrats mal outillés ?

Christiane Taubira veut revenir sur le traitement des mineurs récidivistes par les tribunaux correctionnels sans pour autant proposer de solution alternative. Les acteurs de terrain sont pourtant confrontés à une réalité : les jeunes entrent en délinquance de plus en plus tôt et pour des faits de plus en plus graves.

Christiane Taubira propose de revenir sur la loi concernant la récidive des mineurs de 16 à 18 ans qui les amène à être jugés par un tribunal correctionnel. Cette-loi a-t-elle changé quelque chose à la situation difficile de cette délinquance particulière ?

Philippe Sévère : Il est encore beaucoup trop tôt pour dire si cette loi a servi à quelque chose. Elle n’est applicable que depuis le 1er janvier 2012. Les premiers procès la mettant en œuvre ont eu lieu en avril 2012. Nous n’avons aucun recul pour la critiquer.
Ce matin, sur RMC, je relevais que le retour sur cette loi que propose madame Taubira semble ne pas être motivé par une réflexion sérieuse. Elle ne dit pas comment elle envisage de revenir sur ce problème. Supprimer les chambres correctionnelles alors qu’elles viennent tout juste de voir le jour risque de ne pas changer grand-chose : nous n’avons même pas eu le temps d’en voir les effets.
Il faut bien distinguer le juge du tribunal car il y a souvent des confusions : le juge pour enfant ne prononce pas de peines de prison mais propose des mesures éducatives tandis que le tribunal pour enfants, en matière correctionnelle, prononce des peines d’incarcération. Il faut d’ailleurs noter que tous les quartiers pour mineurs dont nous disposons en France sont archi-pleins !
En tant qu’ancien policier, j’ai dirigé des travaux sur la délinquance des mineurs et l’aggravation de leurs actes à Paris 8. Ce qu’attendent les policiers aussi bien que les magistrats, c’est qu’on leur propose une solution pour faire face à cette réalité. Au final, que l’on propose de la correctionnelle ou autre chose, paradoxalement, on s’en moque. Mais il faut proposer quelque chose !
Dans ce domaine, on a beaucoup joué au jeu des chaises musicales. Il n’y a pas eu de politique pénale clairement annoncée. On a renforcé telle ou telle mesure tandis que l’on a cherché à renforcer les moyens des éducateurs de rue en déployant des travailleurs sociaux formés et professionnels. Je comprends la démarche de Christine Taubira qui voit dans cette loi une énième mesure sans effet. Mais c’est aussi son rôle que de définir une politique pénale vis-à-vis des mineurs. Or c’est un chantier monumental.

Mais alors que doit-on comprendre ? Qu’il n’y a aucune solution à apporter à la problématique des délinquants mineurs ?

On s’est aperçu que les jeunes entrent en délinquance beaucoup plus jeunes qu’avant, entre 8 et 10 ans. Ils sont beaucoup utilisés pour surveiller les secteurs dans les affaires de trafics de drogue qui leur donne de l’argent en quantité démesurée. Ce sont des esprits malléables.
La solution peut-être de s’en prendre aux parents : ils sont censés être responsables de ce que font leurs enfants. Cependant, il faut bien voir au cas par cas. Il y a bien des situations où la famille est totalement déliquescente et se moque de ce qu’il advient de son enfant. Dans ce cas, on peut bien prendre des mesures de rétorsions et placer les enfants. Mais que proposer à la pauvre femme qui a trois gosses à nourrir et qui travaille comme un animal ?! Elle ne parvient pas à voir s’ils sont dans la rue ou non. J’ai pu voir des infirmières qui travaillaient toute la nuit. Elles ne savaient pas si leurs mômes étaient dehors. Souvent, ils étaient dans mon commissariat. Les mères, désespérées, nous demandent de les garder. Il faut quasiment traiter au cas par cas des situations familiales avec des parents qui sont, passez-moi l’expression, dans une merde noire. Dire qu’ils n’ont qu’à s’occuper de leurs enfants, c’est facile. Mais la réalité est complexe et on ne peut pas se contenter d’un jugement de valeur généralisé.
Le service de police qui va intervenir et le service judiciaire qui doit régler le problème arrivent en fin de chaîne. L’échec de tout le reste de la chaîne, éducatif et familial, est déjà consommé. Il faut évidemment investir dans tous les services socio-éducatifs. On constate souvent que la plupart de ces jeunes sont originaires de milieux défaillants : ce déséquilibre est un facteur criminogène dès le premier âge. Si l’on veut qu’un arbre pousse droit, il lui faut un tuteur. S’il a poussé tordu, il restera tordu.
Quelles solutions faut-il mettre en œuvre ? Cela passe déjà par des investissements financiers : il faut du matériel et du personnel compétent. C’est pour cela que j’ai parlé d’angélisme. Le mot est utilisé de manière provocatrice mais il a son sens. Que l’on soit de gauche ou de droite, je ne vois pas pourquoi on ne trouverait pas de solution si la situation est parfaitement analysée. Encore faut-il qu’elle le soit.

Quel regardent portent les acteurs de terrain sur cette mesure ?

Pour les magistrats du tribunal pour enfants, c’était une charge supplémentaire. Or aujourd’hui, nous avons un manque chronique de magistrats. Tel que je le perçois, si vous avez un manque de magistrat et qu’ils doivent siéger en correctionnelle, ils ne peuvent pas être dans leurs bureaux en train de prendre en compte les dossiers concernant des mineurs.
Les policiers, eux, n’ont jamais vu la différence : les premiers jugements datent du mois dernier. Et puis qu’est-ce qu’on en attend ? On a tendance à considérer que les juridictions en charge des mineurs sont laxistes.  Mais il y a déjà beaucoup de mineurs en détention. Est-ce que les magistrats en ont condamné plus ? Je ne sais pas. Est-ce que l’incarcération apporte quelque chose ? Je ne sais pas.
Les mineurs qui multiplient les passages par le circuit carcéral ont tendance à être déjà vérolés. Ils enchaînent les condamnations et les libérations. J’ai tendance à penser qu’il faut prendre le problème comme il est : nous avons des mineurs qui, à 15 ans, sont déjà de parfaits criminels. Pour l’instant, il faut bien traiter le sujet sur le plan judiciaire. Mais il faut aussi investir beaucoup plus sur l’avenir, sur le traitement en amont de ces enfants qui commencent à dévier très tôt, dès que les instituteurs signalent des comportements à risque. Entre les enseignants et les flics, il faut des travailleurs sociaux chargés de repérer et d'aider très tôt ces jeunes pour traiter le problème à la source : le moment où ils tombent en délinquance.

 TAUBIRA ! CELLE QUI A ASSOCIÉ SON NOM À LA LOI DE 2001 SUR LA TRAITE NÉGRIÈRE -D'UNE TRÈS HAUTE UTILITÉ ET URGENCE DE NOS JOURS- C'EST FRANCHEMENT SE FOUTRE DE NOUS.

G8 : Obama soutient la façade européenne en pensant à sa réélection 


A l’instar de Jimmy Carter, mais dans un autre contexte, Barack Obama a réussi son Camp David. Au lendemain de l’élection présidentielle française, mais surtout à la veille de sa possible réélection, il était de première nécessité, plus encore que de remporter des primaires pour ses rivaux républicains, que l’Europe n’apparaisse pas désunie ; ou pire : à l’heure de sombrer.
Malgré les poignées de mains et les risettes, François Hollande compte peu dans ce calcul. Nicolas Sarkozy aurait tout aussi bien fait l’affaire. D’autant que le nouveau locataire de l’Elysée apparaissait comme un possible déstabilisateur d’une Union européenne déjà bien faible. Heureusement, son discours sur la croissance a sauvé le précaire équilibre sur lequel comptait son homologue américain.
Certes, il serait pour le moins naïf de croire que les Européens, à commencer par les Allemands et les Français, malgré leur ton conciliant, se sont mis d’accord sur le sujet. Mais peu importe ! Ce qui compte, c’est la façade – et en l’occurrence les mots, tels que repris dans le communiqué officiel du G8. Qu’elle tienne jusqu’à la fin de l’année… Pour le reste…
« Le rétablissement de l’économie mondiale montre des signes prometteurs, mais des vents contraires importants persistent », affirment – ça n’engage à rien… – les dirigeants des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, du Canada, de l’Italie, de la France, de l’Allemagne, du Japon, et de la Russie.
Un impératif : « encourager la croissance et les emplois ». Et une volonté : « Nous sommes déterminés à prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer et revigorer nos économies (…) »
Méthode Coué
Comment ? Personne ne le dit, ni même ne semble le savoir. Au point qu’ils se sont accordés pour dire que les mesures à prendre pour lutter contre la crise « ne sont pas les mêmes pour tous » !
Un petit coup dans les réformes structurelles pour faire plaisir à Angela Merkel, un autre vers les investissements pour celui de François Hollande… Qui dit mieux ?
Allez ! on déclare même, contre toutes les prévisions actuelles, qu’on se battra pour que la Grèce reste dans l’euro. Une pétition de principe, ça ne peut pas faire de mal ; et c’est même la base nécessaire du gouvernement démocratique.
Puisque on en est aux déclarations sans intérêts, pourquoi pas se risquer dans le contradictoire ? Ainsi, lesdits dirigeants déclarent soutenir « des politiques de consolidation budgétaire durables et intelligentes », et récusent, dans le même mouvement, tout protectionnisme : « Nous soulignons l’importance de marchés ouverts et d’un système commercial équitable, robuste et fondé sur des règles. »
Ben voyons ! Pendant ce temps-là, pas fous, les Américains n’auront aucun scrupule pour faire fonctionner la planche à billets ; quitte, si les dettes européennes continuent de se dégrader, à nous prêter de ces beaux dollars tout fraîchement imprimés…
Pas grave non plus. François Hollande a pu dire tout ce qu’il voulait : retrait d’Afghanistan, croissance… et être entendu. Comment cela ne l’aurait-il pas rendu heureux, alors qu’il débarque dans le vaste monde, et n’a eu, jusqu’ici, à poser aucun acte ? Ce monde de discours est fait pour lui…
Attention ! tout de même. Parce que, mercredi, à Bruxelles, privé de la tutelle du président Obama, certains de ses partenaires européens vont peut-être lui faire entendre une autre chanson.
Attention aussi à ne pas trop délaisser les Français qu’il a accablés de promesses. D’une surtout : le changement. Pour eux, cela signifie essentiellement que ça aille mieux. Et les législatives sont dans moins de trois semaines.
Alors, qu’il réfléchisse mieux à ses discours et propositions qu’il n’a réfléchi, susurrent les mauvaises langues, à sa déclaration de patrimoine. Les Européens ont toujours sous les yeux quelques cas délicats. A commencer par la Grèce – mais il ne faudrait pas que l’arbre cache la forêt.
Certes, tous ses partenaires assurent comme lui que la Grèce va aller de mieux en mieux, et surtout qu’elle restera dans l’euro. A grands coups de dollars ?
Et en respectant ses engagements, qui plus est. Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on nous sert cette chanson. Et rien, hormis le gouffre des prêts, n’a changé depuis…
Bien sûr, on nous serine que la sortie de la Grèce de l’euro coûterait une fortune. Parce que son maintien n’a rien coûté, sans doute ? Les marchés sont moins frileux que les politiques, qui l’ont déjà anticipée. Il n’y a là plus de tabou pour eux. Y compris celui de la fin de l’euro. Tout, plutôt que de voir l’argent arrêter de circuler. Et les débiteurs cesser de rembourser.
Cela risque de porter un coup terrible à la construction européenne ? Peut-être… Mais cela dérange, semble-t-il, de moins en moins d’Européens…