mardi 17 mai 2011
Crise de la zone euro: L'affaire DSK éclipse la situation de la Grèce
EUROPE - Les ministres des Finances se sont réunis lundi sans le directeur du FMI...
Les ministres des Finances de la zone euro se sont réunis à lundi soir. Mais l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn, qui devait participer à cette réunion, a occupé une bonne partie des esprits.Plans de sauvetage
La Commission européenne a assuré lundi que les plans de soutien à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal ne seraient pas affectés par cette affaire.L’aide financière de 78 milliards d’euros au Portugal a donc comme prévu été entérinée. A la demande de la Finlande, le gouvernement s’est engagé à ce que les privatisations envisagées soient les plus ambitieuses possibles.
Situation de la Grèce
Les ministres des Finances ont également désigné à l'unanimité le président de la Banque d'Italie, Mario Draghi, pour succéder à Jean-Claude Trichet à la présidence de la Banque centrale européenne à la fin de son mandat le 31 octobre prochain.Sur la situation financière de la Grèce, ils ont en revanche eu plus de mal à se mettre d’accord.
Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a pour la première fois admis ne pas exclure un reprofilage de la dette grecque, même si une restructuration en tant que telle restait totalement exclue.
Restructuration de la dette
Une perspective immédiatement écartée par la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde. «Toute restructuration ou rééchelonnement qui constitueraient un défaut sur un événement de crédit est hors de question», a-t-elle dit en réponse à une question sur un possible reprofilage de la dette grecque.La Grèce s’est également engagée à prendre de nouvelles mesures d'ajustement afin de tenir les engagements budgétaires pris dans le cadre du plan d'aide internationale qui lui a été octroyé en mai dernier.
L'Eurogroupe a écarté pour le moment un deuxième plan de sauvetage pour le pays.
DSK dans la nuit, menotté dans le dos, sous les flashs des photographes. La séquence fait irrésistiblement penser à celle de Lee Harvey Oswald, l’assassin de Kennedy, encadré par deux agents du FBI peu avant son propre assassinat. Le parallèle n’est évidemment pas flatteur mais il est révélateur, à lui seul, de la déchéance de l’un des hommes les plus puissants de la planète. La trajectoire météorique qui a ramené le directeur du Fonds monétaire international au rang d’un banal criminel percute forcément l’imaginaire universel. Qui n’a craint, tout au fond de lui-même, la cruauté d’un destin détruisant en quarante-huit heures tout ce qu’une vie a construit ?
Depuis hier soir, celui qui, samedi matin, était encore le favori de la présidentielle de 2012 n’est plus qu’un homme à la merci d’une procédure dont il n’est plus le maître. Que la justice punisse et répare, c’est sa raison d’être. Mais, pour un prévenu anonyme comme pour un VIP, rien ne l’oblige à ajouter à l’épreuve de la comparution et à celle de la détention, le châtiment supplémentaire de l’humiliation. Hier le spectacle offert en boucle par les télévisions du monde entier a été tout à la fois fascinant - presque hypnotique - et profondément écœurant. Il y a eu quelque chose de primaire et de sacrificiel dans l’exhibition complaisante d’une personne ravagée par sa propre histoire. Et qu’on ne nous explique pas que l’exigence du droit est difficilement compatible avec le respect des prévenus !
Le plus triste c’est qu’à première vue, les faits semblent accablants pour le prodige français de Washington. Le déni de ses amis - si on peut le comprendre - a quelque chose de choquant. À quoi bon nier certaines évidences en tentant de rhabiller les... fragilités de leur champion du châle vaporeux de «l’amour des femmes»? Il ne s’agit tout de même pas comme on le dit sur Twitter d’une «simple histoire de braguette», mais d’un crime qui peut, aussi, ravager la vie de la femme agressée.
Le petit monde politico-médiatique parisien pourrait s’interroger sur sa fâcheuse tendance à minimiser, ou à tolérer, les comportements limite (fric ou sexe ou les deux) de ses élites. Depuis des années, le personnel politique et nombre de journalistes étaient parfaitement au courant des «petites faiblesses» de DSK. Les dirigeants du PS aussi, quoi qu’ils en disent. Mais au nom du respect de la vie privé, on a laissé faire, comme autant de péchés véniels. Et au bout du compte, on a pris consciemment le risque d’une catastrophe. Elle vient de se produire avec l’explosion en plein vol d’un des prétendants à la fonction suprême que personne, semble-t-il n’a eu le courage de protéger de lui-même. Il ne faudra pas s’étonner si sa chute sidérante fracasse avec elle un peu plus la confiance des forces vives du pays envers un personnel politique en retard sur le peuple.
Affaire DSK : « Accablant et douloureux », estime Christine Lagarde
lundi 16 mai 2011
Les mensonges vont tuer l’euro
En l’espace de quelques heures, les gouvernements des pays de la zone euro sont parvenus à ruiner le peu de confiance que les citoyens plaçaient encore dans leurs plans de sauvetage. Qui croira désormais les déclarations selon lesquelles les Grecs n’ont aucune envie de sortir de l’union monétaire, quand on sait que c’est le président de l’Eurogroupe, le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui était à la tête de cette duperie ? Il commence par nier par écrit que les ministres des finances se sont réunis à Luxembourg. Puis il proclame publiquement sa confiance envers la Grèce. Et enfin, l’on apprend qu’il a invité personnellement les ministres en question.
Tout citoyen qui s’intéresse un tant soit peu à l’Union se demandera désormais, avec étonnement ou agacement, quel est le degré de gravité réel de la crise grecque. Le pays est-il à deux doigts de la faillite en dépit de toutes les aides et des discours discordants ? Cela voudrait dire qu’une autre promesse des gouvernants a fait long feu : celle qui voulait que les Hellènes remboursent l’intégralité des crédits qui leur ont été accordés, intérêts compris. Or, s’ils ne paient pas, c’est le contribuable [européen] qui couvrira les dégâts.On a menti à dessein au grand public
Ce n’est pas la première fois que les citoyens se sentent floués. Déjà, voilà un an, alors que la crise de la dette se faisait de plus en plus menaçante en Grèce et que tout portait à croire qu’Athènes avait besoin de l’aide étrangère, les responsables politiques de Berlin, Bruxelles, et d’autres capitales minimisaient la gravité de la situation. In extremis, ils ont garanti une enveloppe de 110 milliards d’euro de crédits.Le sauvetage de l’Irlande a suivi le même type de scénario. Pour commencer, les grands pays de la zone euro n’ont pas voulu admettre que le gouvernement de Dublin n’était plus capable de gérer seul la situation. Et puis, tout à coup, on a entrepris de négocier un plan de sauvetage. Enfin, cela a été le tour du Portugal. Le pays se serre la ceinture, le pays réforme, la situation est tendue, certes, mais non désespérée, nous a-t-on servi une fois de plus. Et puis l’on a appris que Lisbonne n’était même pas en mesure de payer les salaires de ses fonctionnaires – et le pays s’est abrité derrière l’aide internationale.
Un mensonge sans explication ni excuses
Pour être honnêtes, reconnaissons que les pays de la zone euro, la Banque centrale européenne et la Commission ont été – au début de la crise tout au moins – dépassés par les événements, et ont peut-être longtemps cru, en effet, que ces pays s’en sortiraient sans aide extérieure. Mais, depuis le 6 mai, les choses ont changé. Ce vendredi là, on a menti à dessein au grand public. On en a la preuve, pour la première fois. Et deux jours plus tard, toujours ni explication, ni excuses pour ce mensonge. Les responsables politiques concernés gardent le silence.S’ils sortent indemnes de cette affaire, l’union économique et monétaire en sortira en revanche affaiblie. Car cette tromperie apporte de l’eau au moulin de tous ceux qui aimeraient se débarrasser de l’euro. Et enflamme l’imagination des contribuables qui doutent de revoir un jour la couleur de l’argent qu’ils ont prêtés.
La scène politique peut peut-être ignorer encore les états d’âmes des citoyens, mais les responsables ne pourront pas échapper à la loi des marchés. Pendant la grossière erreur de communication du 6 mai, l’euro perdait encore jusqu’à deux centimes sur le dollar, et les investisseurs se réfugiaient sur les valeurs américaines. Une chose est sûre : pour faire revenir la confiance, la duperie délibérée du 6 mai doit avoir des conséquences.
Vu d'Athènes
Gardons notre sang froid
"Rien que la publication, le 6 mai après-midi sur le site du magazine allemand Der Spiegel, d'un article expliquant que la Grèce allait demander sa sortie de la zone euro, a suffi à placer le pays en état d'urgence. Tout montre que nous avons atteint un point de non retour et que la suite des évènements dépendra de la capacité du gouvernement, de la classe politique en général et de la société, à se tenir prêts a affronter la situation. L'attaque du magazine allemand et ses allégations révèlent les intentions de certains Etats membres en ces heures cruciales. Les deux prochains mois seront sans doute marqués par la pression. Il faudra faire preuve de calme, de force et de sérénité".La justice ordonne l'incarcération de DSK
La justice américaine a ordonné, lundi 16 mai, l'incarcération de Dominique Strauss-Kahn et a refusé de le libérer contre la caution d'un million de dollars proposée par ses avocats. Le patron du Fonds monétaire international (FMI) comparaissait, deux jours après son arrestation, devant le tribunal pénal de New York pour son implication dans une affaire de crime sexuel contre une femme de chambre dans un hôtel de Manhattan.
La juge Melissa Jackson a décidé de suivre les réquisitions du procureur, qui craignait une fuite du directeur du FMI en cas de libération conditionnelle.
De son côté, le parquet a fait valoir que les rapports préliminaires des experts corroborent les accusations de la plaignante et que si l'accusé retournait en France, il ne serait pas possible de le faire revenir aux Etats-Unis. Il a aussi indiqué qu'une enquête était ouverte sur une autre affaire sexuelle dans laquelle Dominique Strauss-Kah aurait pu être impliqué.
"LA BATAILLE NE FAIT QUE COMMENCER"
A la sortie du tribunal, l'un des avocats de Dominique Strauss-Kahn, Benjamin Brafman, s'est dit "déçu par la décision du tribunal" de ne pas accorder la liberté sous caution à son client, mais a déclaré aux journalistes que "la bataille ne [faisait] que commencer". "L'intention de M. Strauss-Kahn est d'essayer de rétablir son nom et sa réputation" a-t-il conclu.
La prochaine comparution devant la justice de DSK a été fixée au vendredi 20 mai, a indiqué la juge new-yorkaise qui a prononcé son incarcération.
Sans “DSK”, Athènes se sent encore plus seule
L’un des enjeux majeurs de ce qui s’est passé à New York, c’est l’effet sur la zone euro et surtout, sur le problème grec. Les experts s’attendent en effet à ce que celui-ci se complique et "DSK" [Dominique Strauss-Kahn] était un des dirigeants internationaux qui, en dehors de l’Europe, connaissait le mieux les enjeux et les problèmes européens et en particulier le cas grec.Il a été le premier a avoir accepté, dès l’année dernière, la demande grecque d’aide financière, avant que les européens ne s’y résolvent, après maintes négociations avec l’Allemagne. Il avait tendance à mieux comprendre le problème de la Grèce (et des pays du Sud en général), contrairement à de nombreux pays européens du Nord.
Dimanche 15 mai, il devait rencontrer la chancelière Angela Merkel, et lui aurait demandé, comme le confirment plusieurs sources, de donner plus de temps à la Grèce pour rembourser sa dette. Il était le premier à avoir soutenu le prolongement du remboursement de la dette grecque. Cette rencontre n’aura jamais lieu. Il devait assister au conseil des ministres européens des Finances de l’eurozone le lendemain, dans le but de trouver des solutions en vue du sommet des Vingt-Sept de juin et de prendre de graves décision. Il ne sera pas au conseil.
Le fait que "DSK" soit européen et qu’il allait probablement être candidat à l’élection présidentielle française l’a forcé à montrer plus d’intérêt à l’Europe et aux pays faibles, plus que celui dont aurait fait preuve un asiatique.
Cette tragédie soudaine a ses conséquences en Grèce, puisqu’il y a encore beaucoup de choses en suspens : les négociations avec la troïka [les experts de la Commission européenne, de la BCE et du FMI] pour le versement de la cinquième tranche du prêt de 110 milliards d’euros continuent. Les discussions aussi pour l’octroi d’un nouveau prêt à la Grèce viennent à peine de commencer. Et elles vont débuter sans la présence d’un joueur fondamental, tel que l’était "DSK". Le temps nous dira si ce qui s’est passé à l’hôtel Sofitel de New York sera décisif pour la suite du "match".
Vu de Lisbonne
Le Portugal redoute une austérité plus sévère

Exit le mécano de la crise
A présent, le FMI doit faire face à une urgence interne inédite. L’issue finale pourrait être l’arrivée d’un Chinois ou d’un Brésilien, affirmant ainsi l’hégémonie des pays émergeants et la fin du "droit européen" à nommer le dirigeant du FMI. Ce serait un prix très cher payé par l’Union européenne tout entière pour la chute honteuse d’une de ses leaders les plus prometteurs.
L'homme de la providence
Le choc est considérable : annulation du sommet du 15 mai entre "DSK" et [la chancelière allemande] Angela Merkel qui devait dénouer les dangereux désaccords à propos de la crise grecque ; convocation en urgence de l’équipe dirigeante du FMI à Washington; nomination du numéro deux, l’américain John Lipsky à la direction par intérim.Puis, en quelques mois, c’est l’apocalypse : le monde est précipité dans une crise financière sans précédents depuis la Grande dépression. "DSK" devient l’homme de la providence. Il dirige énergiquement le FMI, qui redécouvre sa vocation d’intervention. Il se précipite pour endiguer une crise après l’autre : au Pakistan, en Ukraine, en Islande. Il est indispensable d’éteindre les incendies à la périphérie de l’UE, en passant outre les jalousies de Bruxelles et de quelques Etats membres. L’Irlande, le Portugal, la Grèce deviennent les étapes régulières des tournées internationales de "DSK".
La maudite affaire du Sofitel
Stoppé avant le décollage
Grèce : UE et FMI prônent une restructuration douce
L'Union européenne et le Fonds monétaire international, soutenus par le gouvernement allemand, sont prêts à accepter une restructuration "douce" de la dette de la Grèce, du fait de la détérioration de la situation du pays, mais la Banque centrale européenne et la France restent opposées à une telle mesure, rapportait samedi le journal allemand Die Welt, en citant des sources anonymes.
"Nous ne sommes pas au courant d'une telle décision", a déclaré un représentant du gouvernement allemand, s'exprimant sous couvert de l'anonymat.
La BCE a refusé de s'exprimer, et un porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a déclaré ne pas avoir de commentaire à faire. Le ministère français des Finances n'était pas immédiatement joignable, et le FMI n'a pas répondu aux demandes de commentaires envoyées par courrier électronique.
Selon Die Welt, le FMI, la Commission européenne et Berlin, suite aux dernières prévisions pour l'économie grecque, préconisent une extension de la maturité des emprunts d'Etat grecs, rapporte le journal.
Jusqu'à présent, la Commission européenne s'était opposée à une telle mesure, craignant - tout comme la BCE - que cela ne provoque des turbulences sur le marché obligataire européen et ait des conséquences négatives pour les banques européennes, d'après le journal.
"Si l'on regarde les dernières statistiques, on voit que la situation a changé", a déclaré une source au quotidien.
C’est impossible ! Et si c’est vrai, c’est un piège. Mais si c’est un piège, comment a-t-il pu tomber dedans, lui, si intelligent ? On ne cesse ainsi de tourner et retourner les hypothèses, pour trouver un peu de raison dans cette histoire de fou. Comment un homme aussi brillant, aussi expérimenté, qui peut espérer devenir président de la République, qui accessoirement a bien assez de charme pour séduire sans contraindre — oui, comment cet homme-là pourrait-il commettre pareille folie ? Il y a dix ans, DSK avait déjà chuté sur une incroyable bêtise, une cassette compromettante oubliée dans son bureau. François Hollande avait eu alors ce terrible commentaire : « L’intelligence ne protège pas. Les gens bêtes ont des réflexes, quand les gens intelligents ont tendance à faire les malins ». Tout de même : c’est impossible ! Et si c’est vrai, c’est un piège…
DSK passe de nouveaux examens médicaux
Les photos du directeur du FMI quittant le commissariat menoté soulève des interrogations juridiques. La diffusion d'images sans son accord d'une personne menottée, si elle n'a pas été jugée et condamnée est passible d'une amende de 15000 euros.
08h51: Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, appelle les membres du parti à la "mesure" et au "silence". Au micro de RTL, il confie avoir "été très impressionné par l'annonce de cette nouvelle, ainsi que par les images que j'ai vues ce matin".
08h15:Sur RTL, Manuel Valls se dit choqué par les images de Dominique Strauss-Kahn menotté. "Cela fait près de 30 ans que je fais de la politique mais je n'ai jamais vu cela et je n'ai jamais ressenti cela. Il est un ami que je connais depuis longtemps, les images de ce matin sont d'une cruauté insoutenable. J'avais les larmes aux yeux."
Tout le PS est ce lundi sens dessus dessous. LEXPRESS.fr fait le point sur la situation. Et sur les nouveaux rôles de Martine Aubry.
08h01:"En plus de la victime présumée, la femme de chambre, il y a une victime avérée, c'est la France", commente Nathalie Kosciusko-Morizet. "Je fais confiance à la justice américaine (...) c'est tellement français de voir des complots partout, c'est quelque chose je crois qui est dans notre culture", a-t-elle ajouté.
07h50:Cette journée de lundi marque le début d'une procédure judiciaire, qui pourrait durer plusieurs mois. Il comparaîtra vers 17 heures (heure française). Un juge lui annoncera les chefs d'accusation et décidera dans la foulée de sa libération, sous caution ou pas, avec autorisation de quitter le territoire américain ou pas.
A la veille de cette journée, retrouvez toutes les infos sur cette affaire DSK ici.
7h00: La nuit est tombée sur la côte est des Etats-Unis. D'après le New York Post, Dominique Strauss-Kahn serait dans un hôpital de Manhattan pour réaliser des examens médicaux complémentaires. La victime aurait assuré que les enquêteurs pouvaient trouver des griffures sur le corps de son agresseur présumé.
5h36:La police annonce que DSK ne bénéficie d'aucune immunité diplomatique.
5h09:La garde-à-vue de Dominique Strauss-Kahn s'achève après 30 heures d'audition. Il sort menotté du commissariat de Harlem. Des dizaines de photographes sont là pour immortaliser l'hallucinante image.
Il monte ensuite à l'arrière d'une voiture de police banalisée, assis entre deux policiers.
Il n'a pas dit un mot devant la foule des journalistes.
4h39:La comparution de DSK devant un juge est repoussée à lundi. Pas avant à 17 heures (heure française).
4h11:La police de New York obtient un nouveau mandat pour examiner les vêtements du patron du FMI, à la recherche de nouvelles traces d'ADN.
Les traces d'ADN recherchées pourraient être "des cheveux, du sperme", ou autre, a-t-il précisé, ajoutant que la police souhaitait en obtenir un autre pour réaliser une fouille corporelle.
A la question de savoir si la police entend chercher des traces de griffures comme l'ont indiqué des médias américains, un porte-parole de la police a acquiescé: "Oui, c'est ce qui se passe".
3h47:Le FMI repousse la réunion consacrée à l'inculpation de Dominique Strauss-Kahn à lundi. Une source proche de l'institution indique à l'AFP que l'institution souhaitait d'abord attendre d'être fixée sur le sort de son directeur général. La situation "n'est pas simple", a indiqué une autre source proche du FMI.
23h50: La femme de chambre qui accuse Dominique Strauss-Kahn de l'avoir agressée sexuellement identifie formellement le directeur du FMI.
Un porte-parole de la police a ajouté que les enquêteurs avaient "relevé des preuves dans la chambre" d'hôtel, notamment des éléments comprenant de l'ADN.
L'employée de l'hôtel, âgée de 32 ans, avait quitté le commissariat deux heures auparavant dans une fourgonnette, cachée sous un drap blanc.
C’est un cauchemar pour l’homme, et pour sa victime présumée, mais ce n’est pas le cataclysme annoncé sur 2012. Tout juste la fin d’une illusion. Celle qui faisait d’un simple favori des sondages un futur président virtuel. D’une façon ou d’une autre, le directeur général du FMI était quasiment condamné à trébucher dans les chausse-trappes d’une campagne qui s’annonce violente. Le petit épisode de la Porsche lui avait donné une idée de ce qui l’attendait. Il avait montré, aussi, que DSK n’était pas vraiment préparé à résister au passage dans la terrible machine à laver, la terrible machine à broyer, de la présidentielle. En une semaine, les failles de sa communication, révélatrices de la fragilité de son profil, étaient apparues. S’il culminait encore dans les intentions de vote, le candidat providentiel était déjà très vulnérable, chacun le voyait bien, avant même qu’il ne se déclare... Touché-coulé. Le coup de théâtre de Times Square a seulement précipité un naufrage qui aurait pu survenir à n’importe quel moment.
Si on en croit son accusatrice -dont les allégations restent à prouver- DSK se serait pris les pieds dans le tapis (de bain) d’une tentation de trop qui l’aurait fait glisser dans le sordide. Une démonstration à l’américaine du principe selon lequel un candidat à la présidentielle ne connaît pas pire ennemi que lui-même... Car les couplets hypocrites du droit à la présomption d’innocence n’y changeront rien: quelle que soit la suite de la procédure judiciaire à Manhattan, il faudrait un miracle pour que Dominique Strauss-Kahn se relève d’une telle histoire. Il est sans doute politiquement fini et, hier soir, les acteurs de la scène politique française peinaient encore à admettre cette réalité qui va maintenant s’imposer à tous.
Son élimination n’est ni une mauvaise affaire pour le PS, ni une bonne pour Nicolas Sarkozy. Certes, les socialistes perdent leur meilleure chance de gagner -sur le papier des sondeurs- mais le président sortant perd lui aussi un concurrent qui, par son parcours, aurait constitué une cible facile... Et voilà qu’elle se désagrège trop tôt, comme l’ont d’ailleurs déploré publiquement des conseillers de l’Élysée. Jusque-là fasciné, au-delà du raisonnable, par la promesse, artificielle et prématurée, d’une victoire facile de son champion d’Amérique, le PS, lui, va bien devoir redescendre sur terre et s’impliquer dans de vraies primaires. Un réveil brutal, sûrement désagréable, mais salutaire. Le Strauss-Kahn charmeur et surdoué, irrésistible en petit comité, n’est guère à l’aise dans le cambouis d’une campagne électorale. La marche vers 2012 avait de fortes probabilités de tourner au chemin de croix et il n’y a sans doute rien à regretter de voir DSK s’effacer d’un paysage qui n’a pas fini de se transformer. Cet homme brillant était assurément dangereux pour son camp.
DSK suspecté « d’agression sexuelle » : le récit dans la presse new-yorkaise
Un porte-parole de la police new-yorkaise, cité par le New York Times, retrace l’agression présumée, dont Dominique Strauss-Kahn est accusé par une employée de l’hôtel Sofitel New York, situé 45 West 44th Street dans Times Square.
L'employée d'Accor identifie DSK comme son agresseur
La femme de chambre de l'hôtel de Manhattan, l'a formellement identifié dans un commissariat de Harlem à New York. DSK doit être présenté à un juge.
DSK va être présenté à un juge qui doit décider soit de son maintien en détention provisoire, soit de sa remise en liberté sous caution.Le directeur général du Fonds monétaire international a été inculpé dimanche par le parquet de New York d'agression sexuelle, de tentative de viol et de séquestration. Il a été arrêté samedi soir à l'aéroport de New York après la plainte d'une femme de chambre d'un hôtel new-yorkais.
Le scénario de l'agression supposée
Les faits se seraient déroulés à 13 heures dans une chambre de l'hôtel Sofitel de Manhattan. Une femme de ménage, âgée de 32 ans, serait entrée dans la suite de l'ancien ministre qu'elle croyait inoccupée pour la nettoyer. Dominique Strauss-Kahn serait sorti de la salle de bain nu. Il l'aurait alors jetée surle lit pour tenter d'abuser d'elle. La jeune femme aurait réussi à se libérer, mais le directeur du FMI l'aurait attrapée et emmenée dans la salle de bain de la chambre pour la contraindre à lui pratiquer une fellation. Selon les enquêteurs, Dominique Strauss-Kahn aurait tenté de l'enfermer dans la chambre d'hôtel. La femme serait parvenue à se libérer et aurait aussitôt prévenu des membres du personnel de l'hôtel, qui ont contacté la police. Quand les forces de l'ordre sont arrivées sur place, DSK avait déjà quitté les lieux, laissant un téléphone portable (il en aurait plusieurs) et des effets personnels. La police new-yorkaise parle d'un départ qui semble avoir été précipité.Des enquêteurs en civil de l'Autorité des ports de New York et du New Jersey sont alors partis le chercher à l'aéroport de JFK, où il avait déjà embarqué à bord d'un vol Air France qui s'apprêtait à décoller. «Nous l'avons mis en garde à vue et remis à la police de New York» (NYPD), a déclaré sous couvert d'anonymat un responsable de l'Autorité des ports de New York et du New Jersey.
Anne Sinclair n'y croit pas une seconde
Selon des sources policières, des relevés d'ADN ont été réalisés dans la chambre mais les résultats ne sont pas encore connus.Dans un communiqué, la journaliste Anne Sinclair, a pris la défense de son mari : «Je ne crois pas une seule seconde aux accusations qui sont portées contre mon mari. Je ne doute pas que son innocence soit établie», écrit-elle avant d'appeler «chacun à la décence et à la retenue».
Le FMI a assuré qu'il restait «pleinement opérationnel», après l'inculpation de son directeur général, tout en se gardant de faire tout autre commentaire. Dominique Strauss-Kahn a reçu la visite samedi soir de Philippe Lalliot, consul général à New York «dans le cadre de l'exercice de la protection consulaire», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero. «L'ambassade de France et le consulat à New York sont mobilisés», a précisé le porte-parole. «Nous sommes et restons en contact étroit avec le FMI et les autorités américaines», a-t-il ajouté, sans plus de commentaire.
Depuis quelques semaines, Dominique Strauss-Kahn est la cible en France de critiques sur son train de vie, son patrimoine étant passé au crible dans la presse. Il venait de contre-attaquer en annonçant vendredi des poursuites judiciaires contre le quotidien France Soir. La suite de l'ancien ministre dans l'hôtel Sofitel était proposée à 3000 dollars la nuit, précise à ce titre le New York Times.
La carrière du directeur du FMI a été gravement menacée en octobre 2008 après la révélation d'une liaison extra-conjugale avec une économiste hongroise de l'institution. Mais Dominique Strauss-Kahn avait été blanchi de toute accusation d'abus de pouvoir par le conseil d'administration du FMI, qui lui avait reproché une «grave erreur de jugement». Son étoile sur la scène politique française n'a pas pâli de cette affaire, DSK continuant à caracoler dans les sondages au fur et à mesure que s'approche l'échéance présidentielle de 2012.




















