TOUT EST DIT

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mardi 30 septembre 2014

ENA : promotion Titanic !

Loin de se contenter d’administrer, les énarques ont une véritable capacité d’obstruction et de manipulation dont ils usent et abusent.

Les énarques représentent près de la moitié des postes à responsabilité dans les administrations clés de Bercy. Si cette situation est problématique, c’est d’une part car elle engendre une culture de caste dans ces administrations et d’autre part en raison du pouvoir considérable dévolu aux énarques qui, loin de se contenter d’administrer, ont une véritable capacité d’obstruction et de manipulation dont ils usent et abusent. Mais surtout ce sont des gestionnaires calamiteux, ainsi qu’en attestent les nombreux exemples de la « promotion Titanic1 ».

Ainsi, nous reproduisons ci-dessous un bref résumé du Dossier Noir de l’ENA2 publié par la Fondation iFRAP en 2005, ceci afin d’en rappeler le constat tout à fait essentiel : le pouvoir dévolu aux énarques est tout à fait disproportionné par rapport à leurs compétences réelles. En l’espace de 15 ans, une trentaine d’énarques à la tête d’entreprises privées ou publiques ont réussi à faire perdre à eux seuls plus de 200 milliards d’euros à leurs actionnaires.
Remarques préliminaires
  • Pour chacun des énarques cités, nous donnons l’entreprise, les raisons des pertes et le montant de la perte imputable à l’énarque.
  • Le terme gestion « désastreuse » concerne une mauvaise gestion au sens strict (mauvais choix d’investissement, etc.), quand il y a eu des malhonnêtetés ou malversations, le détail est donné.
  • Le terme IF indique que l’énarque est Inspecteur des Finances, c’est-à-dire qu’il est sorti parmi les premiers lors du classement de sortie de l’ENA et appartient au corps de l’État le plus prestigieux.
  • Les pertes financières d’un énarque à l’autre peuvent atteindre des ordres de grandeur très différents mais on remarquera que les pertes sont souvent plus ou moins proportionnelles à la taille de l’organisme géré par l’énarque…
  • Pour chaque énarque ont été ajoutées les décorations reçues le cas échéant.
Voici donc la liste, divisée en trois rubriques : entreprises privées, entreprises publiques, banques et assurances.
Entreprises privées
Pierre Bilger, IF, Alstom, gestion désastreuse, a amené Alstom au bord du dépôt de bilan et à une renationalisation partielle par injection massive de capitaux publics.
Pierre Blayau, IF, Moulinex, pratique des sociétés écrans pour (mieux) rémunérer les dirigeants, dépôt de bilan, mise au chômage de 5.000 personnes et mise en examen pour « banqueroute par emploi ruineux et banqueroute par détournement d’actifs ». Chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite.
Jean-Marie Messier et Guillaume Hannezo, IF tous les deux, Vivendi Universal, gestion désastreuse, diffusion, au nom de la société, d’informations inexactes et abusivement optimistes, tromperie du public 3, 72 Mds d’euros de pertes.
Guy de Panafieu, IF, Bull, démantèlement progressif de l’entreprise pour combler les déficits, cet exercice se solde néanmoins par une perte annuelle de 253 millions d’euros en 2001 et une réduction cumulée d’effectifs de 15.000 personnes (sur un total de 21.000). Chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
André Tarallo, Elf Gabon, soupçonné de recel d’abus de biens sociaux à hauteur de 300 millions de francs, dont 84 millions prouvés, quatre ans de prison ferme et deux millions d’euros d’amende.
Entreprises publiques
Bernard Attali, conseiller référendaire à la Cour des Comptes, Air France, gestion désastreuse et politique d’investissement douteuse (notamment rachat d’actions à un proche de F. Mitterrand à un prix très supérieur à leur cours de bourse), 8 Mds de francs de déficit en 1993, aide de l’État de 4 Mds de francs et suppression de plus de 4.000 emplois.
Michel Bon, IF, France Télécom, gestion désastreuse, 68 Mds d’euros de pertes. Officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite, chevalier du Mérite agricole.
Jean-François Cirelli, Gaz de France, artifice comptable et collusion politique afin de dissimuler 12 Mds de dette de charges de retraite des salariés.
Louis Gallois, SNCF. Il a fait de ce qui était à ses débuts une des gloires françaises, le réseau le moins productif d’Occident en termes de km-voyageur par agent, associé à des taux de grève record (18 fois plus que dans le privé), des retards devenus célèbres et un déficit considérable. Chevalier de Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
Alain Minc, IF, Cérus, mauvaise gestion, 4 Mds de francs d’addition. Officier de la Légion d’honneur.
Yves Roland-Billecart, IF, Air Afrique, gestion désastreuse et mise en faillite de la compagnie, dette de 183 Mds de francs CFA. Officier de la Légion d’honneur, commandeur de l’ordre national du Mérite.
François Roussely, conseiller référendaire à la Cour des comptes, EDF, investissements hasardeux et catastrophiques, 25,8 Mds d’euros d’endettement. Officier de la Légion d’honneur, de l’ordre national du Mérite et des Arts et des Lettres.
Banques et assurances
Michel Albert, IF, Assurances générales de France, gestion désastreuse, 6 Mds de francs de pertes. Officier de la Légion d’honneur, grand officier de l’ordre national du Mérite.
Jacques Attali, maitre des requêtes au Conseil d’État, Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement : dépenses somptuaires : 560 millions de francs dépensés pour refaire le siège de la BERD, soit un dépassement de budget supérieur à la totalité des prêts consentis par la BERD aux pays de l’Est ; en deux ans, soixante vols en jets privés pour 1,4 million de livres, notes de frais exorbitantes assorties de rémunérations interdites par le règlement de la Banque.
Jean-Michel Bloch-Lainé, IF, Worms, gestion désastreuse, 14,9 Mds de francs de pertes. Commandeur de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
Georges Bonin et Patrice Chevallier, Crédit Foncier de France, gestion désastreuse, pouvoir discrétionnaire, avantages suspects accordés à certains clients, 10,8 Mds de francs de pertes en 1995, nationalisation puis liquidation.
Patrick Careil, IF, Banque Hervet, gestion désastreuse, 1,2 Md de francs de perte en 1993. Chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
Jean Dromer, IF, Banque Internationale pour l’Afrique de l’Ouest, gestion désastreuse, déficit de 393 millions de francs en 1988.
Jacques Friedmann, IF, Union des Assurances de Paris, mauvaise gestion, 2 Mds de francs de pertes, Commandeur de la Légion d’honneur. Chevalier de l’ordre national du Mérite.
Michel Gallot, IF, Société de banque occidentale, gestion désastreuse, 4 Mds de francs de pertes. Officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
Jean-Yves Haberer, IF, Crédit lyonnais, gestion désastreuse, dépenses somptuaires exorbitantes, publication de faux bilans, 15 Mds d’euros de pertes, condamné à 18 mois de prison avec sursis.
Jean-Maxime Lévêque, IF, Crédit Commercial de France et International Bankers Incorporated, mis en examen pour complicité d’abus de confiance, recel, complicité de présentation de comptes inexacts et complicité de distribution de dividendes fictifs, 1,5 Md d’euros de pertes, incarcéré 4 mois à la Santé.
Robert Lion, IF, Caisse des dépôts et consignations, gestion douteuse : il a fait construire un nouveau restaurant en prenant sa femme pour architecte. Officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
Pierre Moussa, IF, Pallas Stern, gestion désastreuse, 8 Mds de pertes puis dépôt de bilan en 1995. Officier de la Légion d’honneur et officier de l’ordre national du Mérite.
Roger Prain, IF, Banque Verne, mauvaise gestion, recapitalisation de 300 millions de francs en 1996. Officier de la Légion d’honneur, chevalier de l’ordre national du Mérite.
Jean-Claude Jolain et Raymond Fekik, Mutuelle du Mans Assurances, gestion désastreuse, attribution d’indemnités retraites dans des conditions controversées, 4,5 Mds de francs de pertes.