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samedi 13 avril 2013

Zone euro : menaces financières et défis politiques

Les ministres des Finances de la zone euro et de l’Union européenne, qui se réunissent aujourd’hui, ont à discuter l’octroi de la première tranche d’aides à Chypre s’élevant à 10 milliards d’euros, mais aussi à analyser la situation dans d’autres « points douloureux » de l’Europe financière. Si l’octroi de la première tranche d’aides à Chypre est déjà une chose décidée, il y a moins de clarté en ce qui concerne d’autres mesures anticrise en Europe, rappelle notre commentateur Petr Iskenderov.

La crise chypriote trahit moins les faiblesses et les lacunes du système financier et bancaire national que l’absence en Europe d’un système économique et financier qui serait clair, transparent et stable.
Ce n’est pas le hasard qu’après Chypre les fonctionnaires européens se sont intéressés au Luxembourg et à l’Autriche, qui sont difficilement qualifiables de pays en difficulté. L’UE a exigé qu’ils rendent transparents leurs systèmes bancaires. La première réaction des deux pays était l’indignation, qui a pourtant vite cédé à la raison : il n’est pas bien d’entrer en conflit avec l’UE, plus précisément avec l’Allemagne.
Les risques de nature purement politiques sont d’ailleurs toujours d’actualité. En Allemagne, les élections législatives, dont les résultats pourraient être imprévisibles, se tiendront en septembre. Quant à l’Italie, depuis deux mois le pays n’a pas véritablement de gouvernement. Au micro Natalia Lessina, responsable du département des analyses du groupe russe ALOR :
« La crise politique en Italie démontre les incertitudes en ce qui concerne les chances de créer un nouveau gouvernement. De nouvelles élections législatives vont peut-être avoir lieu. Cette instabilité montre que mener la politique d’austérité sera assez problématique. Si la situation politique ne se stabilise pas rapidement, cela continuera à produire des effets négatifs sur l’euro ».
Mikhaïl Khazine, président de la société de conseil russe Neokone, est encore plus pessimiste. Dans une interview à La Voix de la Russie il a mis en doute la capacité de la BCE, du FMI et des autres acteurs financiers mondiaux de surmonter la crise.
« La crise ne peut pas être arrêtée. On ne peut qu’essayer de minimiser ses conséquences, au moins certaines. Quant à la crise, il ne fait pas de doute qu’elle va se poursuivre. La cause est dans l’existence du mécanisme assez clair et net de la divergence entre les revenus des foyers et les dépenses de ceux-ci. On pourrait certes continuer à donner de l’argent pendant un certain temps pour que les gens continuent à dépenser plus qu’ils n’en reçoivent. Mais tôt ou tard, ce sera fini ».

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