TOUT EST DIT

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mercredi 14 novembre 2012

Conférence de presse de François Hollande : et s'il n'y avait que 2 questions à lui poser

François Hollande donnera aujourd'hui la première conférence de presse de son mandat. Quelles sont les deux questions que vous lui poseriez et pourquoi ?


Carole Barjon : Bruno Le Roux a évoqué l'idée d'un référendum pour faire adopter la limitation du cumul des mandats. Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale a-t-il eu raison d'évoquer une consultation populaire? Songez-vous à organiser un référendum sur cette question ?
Je suis nul, mais je le sais
Je pose cette question car on constate bien qu'il y a une énorme résistance de la part de pas mal d'élus du PS. Alors que la gauche a tous les pouvoirs (exécutif, législatif, régional, etc.), le président du groupe PS pourrait tout simplement faire passer une loi, mais il en vient à évoquer l'idée d'un référendum. C'est symbolique de la grande résistance des élus socialistes vis-à-vis due la limitation du cumul, et un référendum est peut être la seule solution pour faire passer la mesure, j'ai donc envie d'avoir l'avis de François Hollande sur la question.
Vous avez évoqué la gravité de la crise à la fin du mois d'août. Est-ce parce que vous avez découvert la gravité de cette dernière à cette période ? Si oui, pouvez-vous expliquer aux Français pourquoi la crise s'est aggravée à ce point en deux mois ? Si non, pourquoi ne pas en avoir parlé plus tôt ?
C'est sous-jacent à la question : a-t-on trop ignoré la crise ?
Josée Pochat : Ma première question serait la suivante : Vous avez ratifié le traité européen après avoir pourtant promis sa renégociation, vous imposez un choc fiscal sans précédent qui touchera bien évidemment plus d'un contribuable sur dix, vous acceptez l'idée d'augmenter la TVA et de commencer à reconnaître même timidement le problème de la compétitivité française... assumez-vous le virage économique du quinquennat ?

Cette conférence de presse est un rendez-vous majeur de ce début de quinquennat, quelques jours après la sortie du fameux rapport Gallois. Il faut rappeler que le début de son mandat n'a pas été bon. Le président s'est contenté de surfer sur le rejet de l’hyper présidence de Sarkozy, comme s'il suffisait de surfer sur l'antisarkozysme pour que les Français soient comblés. Cela ne fonctionne évidemment pas, et on le voit bien aujourd'hui. Marianne l'a très bien illustré en titrant à la une « Hollande, secoue toi il y a le feu ». Cette conférence de presse est l'occasion idéale pour effacer le flottement de ces six premiers mois et utiliser ce rendez-vous avec les Français pour choisir entre communication et courage, entre déni de réalité et discours de vérité.

Ma deuxième question n'est pas très éloignée de la première car je pense que c'est le nerf de la guerre : Vous battez des records d'impopularité non pas pour avoir pris des mesures douloureuses mais pour n'avoir rien fait à part cultiver l'image d'un président normal. Aujourd'hui, ne croyez-vous pas que les Français ne souhaitent pas un président normal mais un président qui regarde la crise en face et leur tient un langage de vérité ?

On en revient finalement à cette idée de crise économique, qui est le seul vrai sujet majeur qui concerne les Français. Dans une période qui est hors norme, on ne peut se contenter de s'afficher tout sourire en président normal. Le rôle du chef de l'état est de gérer au mieux la pénurie. Les Français sont plus lucides que l'on veut bien le croire et ce sont certainement les politiques qui manquent de courage pour regarder le pays en face et dire la vérité quant à la nécessité de travailler plus et de dépenser moins si on ne veut pas continuer à s'enfoncer lentement mais surement dans le déclin.
Thomas Legrand : Je lui poserais tout d’abord la question suivante : « Fort de votre expérience des six derniers mois, ne regrettez-vous pas d’avoir utilisé les termes « jamais » et « toujours » en ce qui concerne la TVA ? »
Ma deuxième question découle de la première. Je lui demanderais s’il a quelque chose de particulier à nous dire concernant l’objectif de déficit de 3% de l’année prochaine… Il y aura une autre conférence de presse dans 6 mois, peut-il nous assurer que ces 3% seront respectés ?
Les hommes politiques ont besoin de sortir de cette exigence d’affirmation constante. Ce n’est pas parce qu’il faut fixer un cap qu’il faut forcément annoncer des chiffres exacts de croissance, de déficit et de chômage. Il faut arrêter de nous prendre pour des gamins ! On sait que le doute existe et les hommes politiques doivent savoir l’exprimer sans nous insécuriser. C’est également à nous, électeurs, de cesser de réclamer des certitudes.
Moins les hommes politiques semblent avoir de pouvoir, plus ils font preuve de volontarisme, sont péremptoires et utilisent à outrance le « jamais » et « toujours ». C’est d’ailleurs une faute qu’avait également commise Nicolas Sarkozy. L’ex président avait déclaré qu’il n’abandonnerait jamais le bouclier fiscal, c’est évidemment ce qu’il a fait… Plus les hommes sont volontaristes, plus le risque est grand que cela leur revienne à la figure. C’est vraiment de nature à décevoir les électeurs et au-delà de son camp politique, cela détruit clairement la crédibilité politique.
André Bercoff : Voici les deux questions que je souhaiterais poser à François Hollande :
Vous avez répété depuis janvier dernier dans tous les médias que vous étiez contre la TVA que vous aviez qualifiée d'inopportune, d'injuste, d'anti-sociale et autres compliments. Votre premier Ministre a en rajouté une pelletée. Aujourd'hui, changement de cap, la TVA redevient fréquentable et même appliquée. Y a-t-il donc une TVA de gauche et une TVA de droite ? Et pouvez-vous nous dire la différence entre elles ?

François Mitterrand a appris, moins de deux ans après son élection, à gérer le capitalisme avec le succès que l'on sait, mais sans jamais formuler un quelconque changement de doctrine. Il eut l'intelligence artistique de gouverner à droite tout en lançant quelques os à ronger à la gauche (trente-cinq heures, retraite à soixante ans, etc.). Au bout de six mois, Monsieur le Président, vous revenez, contraint et forcé mais non sans courage, sur bon nombre de vos promesses de campagne. Irez-vous enfin jusqu'au parcours du combattant de Schroeder en Allemagne, au risque de la défaite dans cinq ans ? Aurez-vous aussi l'audace sémantique de définir ce que signifie le socialisme aujourd'hui ? Ou continuerez-vous d'écouter les sanglots longs des violons de l'extrême gauche et des écolos, tout en prêtant à l'oreille, à l'Elysée, à vos brillants conseillers frais émoulus des banques Rothschild ou Lazard ?

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